Tag: liquidation

  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Tarascon et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise. Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.

    Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal de Fibre Excellence avait refusé tout net de mettre la main à la poche. Aussi, « moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    C’est une partie de billard à trois bandes qui se joue actuellement entre le propriétaire, le gestionnaire et les employés de l’hôtel Première Classe de La Seyne. Ces derniers, accompagnés de représentants de l’Union Locale CGT, ont mené une action devant l’inspection du travail de Toulon, jeudi, où ils ont été reçus dans la matinée, face à une situation qui n’évolue pas.

    Depuis début février, neuf salariés sont en arrêt maladie, confrontés à une succession de retards de salaire, puis à une absence de paiement à partir de novembre. L’établissement a été placé en redressement judiciaire le 28 avril, mais rien n’évolue pour les salariés, toujours dans l’expectative et seulement indemnisés à hauteur de 50% de leur salaire. L’UL CGT de La Seyne a pourtant tenté un référé à ce sujet, en mars, mais celui-ci n’a pas été pris en compte par le tribunal de commerce. « Ce qui nous engage dans une procédure longue, sur le fond. Ça étonne l’Inspection du travail, tout comme la non-reconnaissance du tort de l’employeur », affirme Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT La Seyne.

    « On ne savait pas que le redressement allait durer six mois », s’inquiète une employée. Ses collègues et elle espéraient une évolution rapide, avec une éventuelle « liquidation pour que la propriétaire reprenne l’établissement ou qu’on ait des indemnités de licenciement et qu’on sorte de cette situation ». Celle-ci pourrait ne jamais arriver. Le gérant, Matthieu Derats, assure que ce n’est pas à l’ordre du jour, information confirmée par l’Inspection du travail. En revanche, une procédure a été engagée par la propriétaire – qui n’est autre que la mère du gérant – envers ce dernier pour mauvaise gestion. L’audience est prévue le 18 juin devant le tribunal de commerce, mais ne conduira pas au dépôt de bilan.

    Employés en arrêt et propriétaire mis en cause

    « On n’envisageait pas la démission, là, on commence à y penser », avoue l’employée, toutefois prête, à l’instar de ses collègues, à retourner au travail « si aucune solution n’est trouvée ». Ils pourraient ne pas avoir le choix : trois d’entre eux n’ayant plus droit aux indemnités, retoquées par l’Assurance maladie. Une salariée a même été soumise à une procédure de licenciement lorsqu’elle a voulu reprendre, finalement annulée, car le redressement judiciaire en cours ne le permet pas.

    De son côté, Matthieu Derats dit ne pas comprendre l’objectif de ses employés : « Avec le redressement, ils vont être indemnisés par le régime de garantie des salaires (AGS). Ils n’obtiendront pas plus, pas moins. » Et dit regretter aussi la situation : « Il y a peut-être eu des manquements, mais les salariés ont participé à la situation par leur attitude et l’abandon de leurs postes. » Quant à la question du maintien de l’activité malgré le manque d’effectif, le directeur dit travailler avec une entreprise prestataire.

    Trois employés continuent par ailleurs de travailler. L’un d’eux, arrivé fin janvier, alors que le torchon brûlait depuis longtemps, fustige le choix de ses collègues : « L’intérêt commun est la continuité de l’activité. Il y a eu des comportements, des actes de négligence, qui ont contribué à aggraver la situation de la trésorerie. » Une situation imputable, selon lui, à la propriétaire des lieux, que nous ne sommes pas parvenus à joindre. « Les difficultés viennent de ses carences et de l’activité elle-même, qui n’est pas rentable. On parle du sort des salariés : elle n’a aucune intention de les reprendre. Elle souhaite vendre, pour son intérêt capitalistique », assure-t-il.

    La CGT promet de rester mobilisée pour le paiement des salaires non versés. « L’inspection du travail envisage de saisir d’autres administrations au vu de la nature du dossier », précise Marc Louis, malgré tout satisfait de cette audience « qui a fait avancer les choses. On aimerait que ça aille plus vite, mais on en saura sûrement davantage d’ici septembre ». À l’issue du redressement judiciaire, donc.

  • La grève de la dernière chance à Kem One

    La grève de la dernière chance à Kem One

    La bombe sociale qui couvait à Kem One est sur le point d’éclater. Sur le pôle pétrochimique de Martigues-Lavéra, à Fos-sur-Mer, comme dans la région lyonnaise, l’ensemble des syndicats CGT du groupe pétrochimique appellent à la grève, ce mardi 31 mars, « pour défendre nos emplois et notre outil de travail », tel que le présente la coordination syndicale. Ils sont appuyés par leur fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) et par leurs unions locales, notamment à Martigues.

    1 300 emplois sont en jeu à l’échelle nationale. « Tous les signes sont négatifs », quant à la santé financière de l’entreprise, considère Geoffrey Del Baldo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Lavéra. Depuis notre état des lieux publié le 14 janvier, le syndicaliste poursuit son travail de « lanceur d’alerte ». Et pour cause : « Apollo a mis en vente Kem One depuis le début de l’année pour se désengager le plus vite possible », indique-t-il, à propos du fonds d’investissement, repreneur en 2021. La coordination syndicale CGT de Kem One fait état d’une dette colossale contractée par l’entreprise depuis, à hauteur de 700 millions d’euros au total, dont 230 millions « prioritaires en cas de liquidation », à comparer aux « 10 millions d’euros de dette » à la reprise en 2021. Et couplée aux « presque zéro euros d’obligations de l’entreprise sur les marchés financiers », soit un autre signal de faiblesse.

    Apollo ne répond plus

    La première des inquiétudes des syndicats est celle de l’emploi. Rien que pour le site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo fait état d’« une vingtaine de postes qui n’existent plus depuis un an et demi, deux ans », citant notamment « deux postes RH en moins, un au magasin et deux à l’inspection ». « Plein d’alternants et de CDD n’ont pas été reconduits sur le site, ce qui met en péril la formation », selon le responsable, ce qui interroge sur la politique des ressources humaines.

    D’autre part, « la direction générale nous a dit que tout était possible lors du CSE extraordinaire du 25 mars », reprend Geoffrey Del Baldo, à propos d’une liquidation ou même d’un démembrement du groupe. « La vente à des concurrents, comme à des entreprises qui ne produisent pas de PVC, ou le démembrement : il n’y a pas de limite », rapporte-t-il. « Si, demain, il y a concurrence entre nos sites, certains seront désavantagés », estime le syndicaliste, pour qui « l’affaiblissement de Kem One est celui de toute la chimie ». Ce que confirme la Fnic-CGT dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, lorsqu’elle parle de la « place stratégique au cœur de la chaîne de valeur industrielle française » de Kem One, « représentant des milliers d’emplois induits », ainsi qu’un aspect stratégique en Europe face au PVC chinois à bas prix.

    Dans leur combat, les syndicalistes de Kem One peuvent compter sur le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, qui a réagi en apportant son « soutien aux travailleurs en lutte pour la transparence et la pérennité de leurs emplois ». « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’actualité de Kem One et agir pour pérenniser les savoir-faire et les outils de production stratégiques de notre pétrochimie », considère le sénateur. L’élu prévoit d’être représenté auprès des salariés mobilisés ce mardi, à Lavéra et à Fos-sur-Mer, pour « échanger avec eux afin de déterminer quelle sera notre action » au niveau parlementaire.

    D’autres soutiens locaux sont comptés comme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, et Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF. Contactée, la direction de Kem One ne nous a pas répondu.

  • Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    C’est le dernier rebondissement dans la saga finale d’Alinéa : le groupe roumain SDC Holding est de nouveau candidat à la reprise, après avoir pourtant retiré sa première offre à la mi-février. Un dossier a été déposé en dernière minute au tribunal le lundi 2 mars, proposant de reprendre le site, plusieurs magasins, et au moins la moitié des 1 200 employés.

    Pour mieux comprendre pourquoi cette nouvelle ne constitue pas un vrai soulagement pour les 39 salariés du magasin Alinéa de Pérols, il faut remonter quelques épisodes en arrière. Créée à Avignon en 1988, l’enseigne d’ameublement est en difficulté financière depuis une quinzaine d’années déjà. En 2020, elle avait cependant en partie été « sauvée » par la famille Mulliez, septième fortune de France qui détient, entre autres, Auchan et Décathlon. L’Association de la famille Mulliez avait alors racheté dix points de vente, dont l’antenne du centre commercial Plein Sud, à Pérols. Ce n’était là qu’un soulagement temporaire : en octobre 2025, les salariés du magasin de Pérols ont été informés que l’enseigne était placée en redressement judiciaire, après avoir perdu 47 millions d’euros l’année précédente. L’enseigne Grand Frais et le groupe roumain SDC Holding s’étaient alors portés candidats à la reprise, avant de retirer leur offre chacun leur tour. Et de la proposer de nouveau donc, en dernière minute, pour le second…

    Lionel Rigal est conseiller de vente à l’Alinéa de Pérols depuis 25 ans. Il affirme : « Il n’y a plus d’espoir depuis que SDC s’est retiré la première fois. Nous nous sommes faits à l’idée de devoir chercher du boulot ailleurs. » De fait, tout le monde s’était déjà préparé à la fermeture définitive du magasin, qui a déjà entamé un immense déstockage. De plus, le dossier du potentiel repreneur aurait reçu un avis défavorable de la part de la direction : « Le juge donnera sa décision dans dix jours, poursuit le salarié. Mais il y a très peu de chances que cela aboutisse. »

    Des salariés déboussolés

    « C’est un véritable ascenseur émotionnel », se désole Lionel Rigal. Samedi 14 février dernier, il était aux côtés de ses collègues pour manifester devant l’enseigne et demander des indemnités de départ supérieures au minimum légal. Depuis, les négociations entre le principal syndicat Sega et la direction des administrateurs ont repris. Selon Aurélie Tavernier, du syndicat Force Ouvrière 34, à date du jeudi 5 février, la dernière proposition des syndicats était une enveloppe de 10,7 millions d’euros. L’avenir de cette proposition est cependant lui aussi suspendu à la décision du tribunal d’accepter ou non l’offre de SDC Holding.

    La possible liquidation de l’enseigne représente une forme de traumatisme pour les salariés du magasin de Pérols : « Nous, le personnel, nous sommes très attachés à cette boîte, poursuit Lionel Rigal. On aimait nos produits, on en était fiers. Nous étions comme une famille. » Plusieurs facteurs expliquent ce naufrage selon lui : les mauvaises stratégies commerciales, mais aussi le contexte du secteur de l’ameublement qui se dégrade en raison de la concurrence et des changements d’habitudes de consommation des acheteurs. En attendant la fermeture définitive, prévue initialement pour la fin du mois de mars, les salariés s’étaient déjà préparés à se retrouver sur le carreau : « Ce n’est pas facile, on est tous un peu déboussolés, conclut Lionel Rigal. Les clients n’arrêtent pas de nous demander ce qu’on va devenir. Mais on ne le sait pas nous-mêmes. »

  • L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    « Si on tombe, c’est toute la filière française de bois qui est en danger. » Ce vendredi, les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) de l’usine de pâte à papier de Tarascon, Fibre Excellence, ont le ton grave.

    Et pour cause : leur site et ses plus de 250 salariés sont « menacés de redressement judiciaire puis de liquidation » d’ici la fin du mois de mars. « C’est ce qui a été annoncé par notre PDG lors d’un comité social et économique extraordinaire mercredi dernier, sans mesures concrètes à la mi-février, on serait en redressement à la fin mars », explique Laurent Quinto représentant de la Filpac-CGT sur le site. Le lendemain, les syndicalistes du site étaient à Bercy, où ils enchaînent des réunions depuis décembre avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) entre quelques rencontres avec les maires environnants et en sous-préfecture. Leur objectif ? « Sauver le site et les 5 000 emplois induits ».

    Car l’usine qui produit de la pâte à papier, à partir de bois, laquelle sert ensuite de base à de multiples formes de papiers, cartons ou emballages, tourne à plein régime. En 2025, le site tarasconnais a « battu des records de production » avec quelque 230 000 tonnes de pâte produite. Mais elle fait face à une conjoncture plus que difficile. « En 3 ans, le prix du bois a pris plus de 50% », explique Laurent Quinto, évoquant un coût de plus d’une centaine d’euros la tonne. « On vend moins de 500 euros la tonne de pâte à papier », ajoute Edwige Le Gangneux, pour la CFDT. Et il faut environ 4 tonnes de bois pour faire une tonne de pâte à papier. À partir de là, le calcul est simple : « On est quasiment à perte. »

    Le site peut donc difficilement faire face à la concurrence américaine mais il est pourtant essentiel au tissu industriel local et même national. « On est l’un des derniers acteurs de la filière papetière française », insiste Laurent Quinto. Car l’usine se targue de se fournir en « bois essentiellement français » et de faire vivre une multitude de « forestiers locaux », une partie de sa matière première fournie par l’ONF. Avec une usine sœur à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne et la reprise de la symbolique Chapelle d’Arblay par le groupe, une liquidation de l’entreprise aurait en effet des conséquences désastreuses sur l’économie forestière. Et, in fine, l’entretien des forêts en Paca et Occitanie.

    Un appel à l’aide à l’État

    L’intersyndicale s’en remet donc à l’État et aux élus locaux pour tenter de sauver le site dans un territoire au taux de chômage élevé, à près de 9% selon l’Insee. Et visiblement, ils ne peuvent pas compter sur leur actionnaire principal, Domtar (ex-Paper Excellence), pas vraiment en difficulté financière, pour mettre la main à la pâte. Rappelons que ce dernier avait fait la bonne affaire de reprendre son propre site en 2021 après l’avoir lâché, via une cessation de paiement. « L’actionnaire a dit plusieurs fois qu’il n’aiderait plus le groupe. Il a déjà fermé deux usines en deux mois au Canada, et bien plus grosses que nous », commente avec inquiétude Laurent Quinto. Les représentants des salariés ne croient pas non plus à un plan de sauvegarde : « On ne peut pas faire tourner le site avec moins de salariés. Après le dernier plan on est déjà au minimum, il n’y en aura pas d’autre », abonde Florian Berthone, pour FO. Un levier que veulent actionner les syndicats serait une revalorisation du prix de revente à EDF, donc l’État, de l’électricité que produit le site via ses résidus de bois et une turbine. Ils prennent l’exemple de la Centrale de Gardanne qui revend aux environs des 250 euros le mégawattheure, contre une centaine environ pour le site tarasconnais. « Si l’on passe à 200 euros, on sort la tête de l’eau immédiatement », assure Laurent Quinto. Une prochaine réunion à Bercy est prévue le 11 février. D’ici là, les salariés espèrent recevoir le soutien des présidents de Région respectives, Renaud Muselier et Carole Delga.

  • La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La dégringolade du Football club de Martigues (FCM) n’en finit pas de faire parler. Après la liquidation de la structure professionnelle, le club Sang et Or était reparti en Régional 1 en juillet dernier, les garanties financières promises par l’actionnaire n’étant pas arrivées à temps. En août, la chute des Martégaux s’était amplifiée avec une deuxième sanction, cette fois-ci de la part de la Ligue Méditerranée de Football, qui l’avait rétrogradé en Départemental 1. Au conseil municipal, jeudi dernier, l’avenir du club aux 450 licenciés a interrogé les élus.

    Le conseiller municipal d’opposition et candidat (DVD) aux municipales Jean-Luc Di Maria a décrit un FCM « aujourd’hui en 9e division et endetté jusqu’au cou », pointant la responsabilité de la majorité : « Avec 380 000 euros de subvention par an, je vous laisse comptable de cette situation. » Pourtant, la responsabilité de trouver les fonds nécessaires pour que le club s’engage en championnat national incombait à l’actionnaire américain du club.

    Éliane Isidore, conseillère municipale déléguée aux sports, a répondu : « Cette rétrogradation n’est pas due aux dettes du FCM, mais à des décisions d’instances fédérales. (…) La situation en 2025/2026 va être la même que cette année, pas moins de joueurs, pas plus de dette. Ce n’est pas à la Ville que vous devriez vous en prendre mais aux instances pour leurs décisions inconséquentes. Dans le monde du foot, on n’a jamais vu une rétrogradation de 7 divisions. »

    La Goutte d’or libérée

    Quant à la demande de Frédéric Grimaud (LFI) de mettre en place une commission d’enquête pour « comprendre la descente faramineuse » du club et s’assurer de « la bonne gestion des deniers publics », l’élue a rétorqué : « Créer une commission qui va aller éplucher les comptes, c’est du délit d’ingérence. La Ville n’a pas de pouvoir d’enquête sur les associations et c’est une bonne chose. Quand les associations sont subventionnées à cette hauteur-là, elles ont des commissaires aux comptes. Ce sont eux qui attestent de la sincérité des finances. » Un autre dossier a fait jaser : celui de la Goutte d’or. La Ville avait acheté ce bâtiment, situé au bout du cours de Jonquières, en 2019. Après six ans de contentieux pour « récupérer notre bien et pouvoir le valoriser », c’est désormais chose faite avec l’approbation d’un protocole d’accord transactionnel de 275 000 euros que la municipalité versera à la SARL la Renaissance au titre de l’indemnité d’éviction. La société demandait initialement 550 000 euros. La Ville récupérera les locaux le 15 janvier.

    Jean-Luc Di Maria a déploré le « manque de vision » de la municipalité, l’accusant d’avoir acheté sans « stratégie » ni « anticipation ». Le premier adjoint Henri Cambessedes (PCF) a affirmé : « Le service de l’urbanisme travaille masqué pour faire en sorte que, le plus vite possible, des commerçants, des notaires, des médecins puissent s’installer dans le cœur de Martigues et rehausser la qualité de notre centre-ville. »

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    La fermeture avait été annoncée en janvier et prendra effet dès ce samedi 18h : les Galeries Lafayette marseillaises tirent définitivement leur rideau, un mois après le début de la liquidation de la marchandise. Les 145 personnes qu’employaient l’enseigne seront toutes licenciées dans la foulée. « Les Galeries n’avaient plus le prestige qu’elles ont pu avoir à l’époque, note Yacine, employé depuis un an et demi dans le magasin du Centre Bourse (1er). Et puis les habitudes changent, les gens achètent sur internet ou dans des magasins plus discount, ça ne me choque pas, c’est la demande qui évolue ». Il envisage une reconversion, dans la santé, « brancardier peut-être ». Les 145 salariés seront accompagnés par un cabinet de conseil pour mieux envisager leur avenir professionnel.

    La fin d’une époque

    Autour de Yacine, les rayons sont bien vides. Quelques articles se vendent encore, bradés jusqu’à 70%. Restent les marques qui ne « participent pas à la liquidation » : Chabrand, Lacoste et plusieurs autres exposent encore leurs articles, plein pot. à l’étage, les couloirs sont déserts. Morgan, Tommy Hilfiger, Boss, Dockers, Guess : il ne reste que les logos de ces géants du prêt à porter, dont les étals ne présentent plus une chemise. « ça fait peur quand même », souffle une cliente. Deux portants Diesel sont encore installés à l’entrée où se vendent des jeans en promo. « Bien sûr qu’on est tristes, on vient depuis l’ouverture, tonne une habituée en entrant. Quand on est du quartier, on connaît bien les lieux ! ». Patrick Durand, lui aussi fidèle de l’enseigne, voit dans cette fermeture le symbole d’un appauvrissement de la ville. « Je viens depuis que je suis gamin, j’étais là dès 77 quand ça s’appelait encore les nouvelles galeries. ça représentait quelque chose… ça ferme parce que les gens n’ont plus assez d’argent pour consommer ici », s’indigne-t-il.

    Un centre-ville moins attractif ?

    Dans une étude publiée en 2024, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Aix-Marseille établit un bilan mitigé sur l’évolution de l’attractivité du centre-ville. Alors que le taux de vacance moyen est évalué à 15% dans la zone commerciale historique, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, l’étude constate une légère amélioration sur le secteur Vieux-Port (2e), avec un passage de 13 à 11% de vacance entre 2019 et 2024. Un périmètre qui confirme donc son positionnement convivial et festif, malgré des signes de faiblesse notés sur le Quai du Port, en lien avec un turn over important. La rue Paradis conserve, elle, son statut de première de la classe, affichant un taux de vacance à 6% et étant évaluée comme « l’axe commercial le plus dynamique ». Sur les 212 commerçants interrogés lors de l’enquête, 52% assurent constater une baisse de chiffre d’affaires, allant parfois jusqu’à moins 30%.

    Informations sur la reprise des Galeries Lafayette, dans la Rue de la République avec Benoît Payan dans nos pages.

  • Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Les deux magasins Galeries Lafayette à Marseille, au Centre Bourse dans le centre-ville et de Prado Shopping près du stade Vélodrome, vont définitivement fermer leurs portes le 15 novembre à 18h, avec deux semaines d’avance sur la date initialement prévue. Cette décision a été prise, mercredi après-midi, par la direction et les instances représentatives du personnel après le succès de la liquidation des stocks, rapportaient jeudi matin nos confrères d’ICI Provence. Si les deux magasins sont ouverts, il ne reste plus que quelques articles en vente.

  • Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    La journée avait pourtant bien démarré hier matin, avec avant même l’ouverture des centaines de personnes massées devant les portes des Galeries Lafayette pour pouvoir accéder à la liquidation des deux grandes enseignes. Neuf cents clients étaient comptabilisés dès la première heure au Centre Bourse. Entre midi et deux, la foule n’a fait que croître et la tension aussi. Mouvements de foule, des bagarres et des tentatives de vols ont conduit la sécurité à fermer les portes du magasin en centre-ville. Au Prado, à Marseille Shopping, c’est tout le centre commercial qui a dû fermer plus tard dans l’après-midi impuissant face à l’incivisme de cette marée humaine. Les magasins rouvrent normalement aujourd’hui.