Tag: ligne ferroviaire

  • Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    La défense du rail s’arrête en gare d’Alès vendredi 28 novembre. Comme elle l’a déjà effectué dans plusieurs villes de la région, la CGT cheminots organise un village avec une dizaine de stands consacrés aux associations d’usagers pour échanger sur l’avenir du rail de 10 à 15h. « Il y aura des associations d’usagers du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales avec deux cents cheminots rassemblés sur la défense du service public et sur la réouverture des lignes. Le but, c’est aussi d’occuper le terrain et de présenter chaque association et son travail », détaille Éric Bringuier, le nouveau secrétaire général de la CGT des cheminots de Montpellier.

    Avec cette rencontre, la CGT veut favoriser le dialogue entre les cheminots et les associations d’usagers pour qu’elles présentent leur travail et réfléchissent à des moyens d’action communs. « Cet événement revendicatif s’inscrit dans une démarche nationale de la fédération CGT des cheminots pour développer le service public ferroviaire et notamment le maintien des lignes de desserte fine du territoire comme celle d’Alès-Bessèges, la ligne des Cévennes, ou la Rive droite du Rhône », confirme Olivier Mauras, de la CGT d’Alès.

    La CGT veut en profiter pour rappeler un certain nombre de points comme le retour à « une entreprise unique et intégrée » ou le fait de repasser la gestion des lignes régionales à l’État et non à la Région comme c’est le cas aujourd’hui. « Même si nous avons une Région pro ferroviaire avec un vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) qui est pro ferroviaire, nous sommes opposés que ce soit les Régions qui prennent en charge les lignes parce que selon les Régions, il y aura une disparité de l’offre ferroviaire. Ça veut dire qu’on n’assure pas des services publics sur l’ensemble du territoire », explique Éric Bringuier.

    Après cette phase de rencontre devant les gares où un repas convivial est aussi prévu le midi, la CGT souhaite passer à une nouvelle phase à la rentrée 2026 en étant notamment reçue par le préfet de région pour lui faire part de ses revendications. « La deuxième étape se fera par site au premier semestre 2026 pour peser sur les réouvertures de ligne et démontrer leur utilité. Nous avons fait des études sur les lignes avec une analyse du nombre de voyageurs qui pourraient les emprunter, le nombre de voitures que l’on pourrait remplacer et même les coûts induits. Le but c’est d’inciter l’État à s’investir », poursuit le syndicaliste.

    Soutenir la réouverture de la ligne Alès-Bessèges

    Ce rassemblement aura aussi pour but de rappeler la nécessité de la réouverture de la ligne Alès-Bessèges retardée et désormais prévue en deux phases avec le lancement d’Alès-Saint-Ambroix à la fin 2028 puis la poursuite jusqu’à Bessèges fin 2030. « Nous voulons expliquer aux usagers où en est la réouverture de cette ligne et les alerter sur la situation. En 2018, il y avait déjà des contraintes environnementales mais depuis, tous les ans, il sort de nouvelles contraintes. Maintenant, il y a des problèmes avec les passages à niveau. Dès qu’on règle un problème, il y en a un nouveau qui apparaît », s’agace Thierry Ferré, responsable du collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges qui a organisé plusieurs tractages fin novembre sur les marchés de Bessèges, Molières et Saint-Ambroix ainsi que dans les villages le long de la ligne des Cévennes (Villefort, Génolhac, la Grand-Combe et Chamborigaud). Le but là aussi était d’informer la population sur le retard pris sur la réouverture de cette ligne qui s’appuie pourtant sur le même tracé qu’avant 2012.

    « La ligne Alès-Bessèges est très attendue. Il y a beaucoup de potentialités avec cette ligne », confirme Éric Bringuier. En effet, entre les possibilités autour de la filière bois qui se développe à Bessèges et la desserte des lycées alésiens, cette ligne où sept allers-retours sont prévus par jour, pourrait désenclaver des zones particulièrement touchées par la désindustrialisation. « Il y a un potentiel énorme sur la vallée de la Cèze. Il y a une forte demande parce que c’est une des vallées les plus pauvres du Gard avec beaucoup de retraités et de personnes en difficulté. En plus, il y a la halte d’Alès, du lycée Jean-Baptiste-Dumas, qui permet d’amener les élèves. Cela permettrait ensuite de déployer les bus autrement. Si l’on prend un bus scolaire qui dessert par exemple Saint-Ambroix au lycée d’Alès, on pourrait enlever ce bus pour le mettre de Saint-Ambroix à Saint-Jean de Maruejols et faire du rabattement sur la gare de Saint-Ambroix. Ça permettrait de multiplier les rotations avec la même enveloppe budgétaire », ajoute Thierry Ferré.

    Le militant du rail veut en effet peser sur l’État pour que celui-ci accélère sur les études environnementales. Le collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges a de son côté prévu d’être à l’initiative d’une action en avril 2026.

  • L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    Retardée mais pas abandonnée. La ligne Alès-Bessèges, rouvrira bien en 2030, assure Jean-Luc Gibelin, le vice-président (PCF) régional en charge des transports qui table même sur le lancement de la ligne pour 2028 entre Alès et Saint-Ambroix.

    Décidée en 2016, cette réouverture a pris du retard à cause d’une législation de plus en plus contraignante. Les élus doivent en effet présenter des études sur l’impact environnemental mais aussi des démarches de « qualification du caractère d’impérieuse nécessité du service public » et des études socio-économiques. « Pour un chantier qui va durer 12 à 18 mois, il aura fallu 8 à 10 ans de procédure. C’est une période beaucoup trop longue », reconnaît Jean-Luc Gibelin, jugeant cette situation « inacceptable pour les habitants mais aussi pour les élus ». « Nous sommes très loin de la simplification promise par Emmanuel Macron. Nous avions déjà rencontré ces problèmes lors de la réouverture de la ligne droite du Rhône mais ça ne fait qu’empirer », poursuit l’élu communiste.

    Jusqu’ici, le projet devait en effet voir le jour en 2028 (après déjà un premier report), mais il a de nouveau été décalé à 2030 à cause notamment de l’étude du dossier d’autorisations environnementales de plus de 2 000 pages déposé en juillet dernier. « Nous pensons qu’il sera étudié à partir du début de l’année prochaine, donc six mois seront passés parce que nous avons reçu un premier courrier de non complétude de notre document alors que nous l’avions réalisé en partenariat avec les services de la préfecture, car le sous-préfet et le préfet sont très aidants dans ce dossier », ajoute l’élu de Salindres.

    Biodiversité

    Cette réouverture, qui s’appuie sur le même tracé qu’avant 2012, nécessite des travaux sur les voies mais aussi sur les gares. Aujourd’hui, les principaux problèmes concernent le nord de la ligne, entre Saint-Ambroix et Bessèges, où des zones humides abritant de la biodiversité se sont créées autour des caniveaux désaffectés depuis l’arrêt du trafic. La Région doit donc désormais démontrer qu’elle protège cette biodiversité, alors qu’en relançant la ligne, les caniveaux vont à nouveau fonctionner, asséchant de fait ces zones humides. La présence de chauves-souris dans les tunnels sans circulation pendant vingt ans pose également problème.

    « Nous travaillons avec les services de la préfecture pour trouver des solutions. On nous demande de trouver des lieux de compensation notamment pour les chauves-souris alors que rien ne démontre qu’elles n’étaient pas déjà dans les tunnels quand les trains passaient. Beaucoup de conducteurs de train confirment qu’ils voient des chauves-souris dans les tunnels de la ligne des Cévennes par exemple », précise le vice-président de la Région Occitanie.

    Pour respecter le nouveau calendrier, la Région a encore de nombreuses étapes à franchir avec le lancement de la phase d’avant-projet, la sélection des entreprises mandatées pour les travaux et le lancement de l’enquête publique pour supprimer cinq passages à niveau. Une procédure « qui ne va pas être simple », prévient déjà Jean-Luc Gibelin.

  • 1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    Le dernier tour de piste de Georges-François Leclerc aura été auréolé de succès. Ce lundi 3 novembre, le préfet de Région, bientôt directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a signé l’avenant du contrat de plan État-Région (CPER) 2023-2027 qui porte les engagements des deux parties à 1,1 milliard d’euros pour atteindre 1,8 milliard d’investissements dans les transports du territoire, aux côtés de la Métropole, des Départements des Hautes-Alpes et des Bouches-du-Rhône ainsi que quelques privés. À ses côtés : le ministre des Transports Philippe Tabarot (LR), le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren), la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Martine Vassal (DVD) et le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard (LR).

    Renaud Muselier salue cette somme « historique ». « C’est un contrat record boosté par les Jeux olympiques d’hiver qui va nous permettre d’accélérer le développement des transports régionaux », affirme-t-il. Et ce, principalement dans les Alpes, les Bouches-du-Rhône – qui capteront près de 50% des investissements, notamment dans le golfe de Fos-sur-Mer, « mais aussi plus largement dans tous les départements de la région ».

    Le CPER fait la part belle au rail, avec 47 millions d’euros dédiés au fret ferroviaire et 562 millions d’euros alloués à la partie voyageurs. « C’est une révolution pour tous les déplacements de la région, vous allez avoir des lignes rapides entre Marseille et Menton, des lignes de Marseille à Briançon en 3h40 au lieu de 5 heures, mais aussi des RER métropolitains sur Avignon, Marseille ou encore Nice avec un train toutes les dix minutes », détaille Renaud Muselier.

    Si le chantier principal reste la modernisation de la ligne ferroviaire des Alpes (voir ci-contre), qui devra être livrée avant 2030 avec l’échéance des Jeux olympiques d’hiver, le CPER permet aussi de traiter des « dossiers qui traînent depuis près de 50 ans », admet Renaud Muselier, comme le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc.

    Une condition au développement industriel

    Sur les 293,7 millions d’euros consacrés au volet routier, 167 millions iront à ce projet tant attendu par les habitants, mais aussi par le monde économique. Les maires concernés Gaby Charroux (PCF) et Laurent Belsola (PCF) disent leur satisfaction : « C’est un grand soulagement pour nos populations qui sont traversées par la RN 568 », confirme l’édile de Port-de-Bouc. D’un point de vue de la sécurité, d’abord, mais aussi du cadre de vie, puisque près de 1 500 habitants sont actuellement exposés à des nuisances sonores, dont plus de 800 à des niveaux critiques. « On cherche désormais à faire requalifier la deux voies en boulevard urbain par la Métropole pour pouvoir recoudre et apaiser nos villes », précise Gaby Charroux.

    Les travaux de cette nouvelle route, qui vise à délester l’actuelle voie rapide de près de 40 000 véhicules par jour (sur près de 52 000 en circulation actuellement), dont 4 600 poids lourds, devraient démarrer en 2027 pour une livraison en 2030. L’objectif de ce calendrier : être en mesure d’accueillir les nouvelles entreprises qui souhaitent s’implanter sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « C’est une condition qui était nécessaire pour permettre à l’industrie existante de se maintenir, mais aussi pour assurer le développement de l’industrie du futur, explique Jean-Michel Diaz, président du Groupement maritime et industriel de Fos et sa région. Aujourd’hui, aux heures de pointe, il faut 45 minutes pour faire Châteauneuf-les-Martigues/Fos-sur-Mer, ce n’est pas acceptable. »

    Désormais, le représentant du monde économique se concentre sur l’étape d’après, la liaison Fos-Salon, « dont on espère qu’elle arrivera dans des délais raisonnables ». Les études de cette desserte sont en cours et sont inscrites dans le CPER. « C’est un vrai bol d’air pour les industriels car ils sont pris en considération par les acteurs du territoire. » Au-delà des 210 millions d’euros alloués aux routes par l’État et la Région, au total, 636,5 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics dans les années à venir dans des travaux visant à améliorer la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos, pour des mises en service dès 2030.

  • Les JO comme accélérateur pour les Hautes-Alpes

    Les JO comme accélérateur pour les Hautes-Alpes

    Pas moins de 532 millions d’euros investis sur le ferroviaire et le routier pour enfin désenclaver les Alpes… Le volet mobilité du contrat de plan État-Région signé ce lundi 3 novembre en préfecture se veut un véritable boost pour un département jusqu’alors bien mal doté, avec 342 millions d’investissements pour la ligne ferroviaire entre Marseille et Sisteron en comptant l’amélioration de l’accès des gares aux personnes à mobilité réduite, et 190 millions pour améliorer l’accès routier à Briançon.

    Les JO ont fait des miracles. Un « prétexte, un accélérateur pour mobiliser l’action de l’État qui nous permet aujourd’hui d’avoir un programme d’investissements ambitieux à la hauteur de l’enjeu de 2030 », s’est félicité Jean-Marie Bernard, président LR du conseil départemental des Hautes-Alpes. De quoi espère-t-il « changer la vie de tous ceux qui vivent et qui viennent » dans le département.

    Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ne dit pas autre chose. « Dans moins de cinq ans, les yeux du monde entier seront rivés sur les Alpes françaises pour les Jeux d’hiver de 2030. Bien préparer cette échéance implique d’organiser un événement à la hauteur des standards », estime-t-il reconnaissant que « trop longtemps certaines vallées étaient tenues à l’écart des grands investissements, pendant trop longtemps elles ont été condamnées à l’enclavement ». Et le ministre d’insister : « Les Jeux d’hiver 2030 doivent permettre de mettre fin à ce qui était vécu à juste titre comme une injustice. »

    L’aboutissement de 10 ans de travail pour la Région

    Le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) ne cache pas non plus sa satisfaction. Il retrace « dix ans de travail et d’acharnement » de la collectivité, sans oublier au passage d’en remettre une couche sur l’ouverture à la concurrence des TER qu’il continue de porter. Au fil des contrats avec l’État, « on est passé de 2,2 milliards à 5,1 milliards [d’investissement] dans la Région et c’est grâce aux JO », analyse-t-il. Si les travaux « n’étaient pas faits sur la ligne des Alpes », c’était « pour des raisons assez simples : il n’y a pas beaucoup d’habitants », commente Renaud Muselier. Or « là il y a des Jeux, il faut les livrer, on est tous contraints », conclut-il.