Tag: Liberté de la presse

  • L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    À l’occasion de la Fête de l’Humanité et des Libertés du Cannet dans les Alpes-Maritimes, un débat animé par Anne Manauthon, membre du conseil national du PCF, a réuni Bernard Lucchetti, directeur du Patriote Côte d’Azur, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise et Emilien Urbach, journaliste à l’Humanité. Ce dernier a témoigné de son expérience de couverture de la flotille pour Gaza et dénoncé l’interdiction d’accès à l’enclave palestinienne faite aux journalistes. Bernard Lucchetti a alerté sur les difficultés à faire vivre un hebdomadaire progressiste dans les Alpes-Maritimes mais de la détermination qui anime son équipe. Quant à lui, Léo Purguette a cité Pierre Brandon, fondateur du Patriote et de La Marseillaise, décrit les progrès et la fragilité de notre journal et appelé les titres indépendants du pouvoir de l’argent à s’épauler les uns et les autres pour relever les défis du développement et de la pérennité.

  • « Transformer le SNJ pour mieux défendre la profession »

    « Transformer le SNJ pour mieux défendre la profession »

    La Marseillaise : Quels sont les temps forts de ce 107e congrès
    du SNJ ?

    Antoine Chuzeville : C’est un congrès électoral, puisque tous les deux ans, nous renouvelons nos instances nationales. Outre le débat public sur l’intelligence artificielle le premier jour, cela commence par le comité national, puis l’élection du bureau national, notre exécutif, qui désignera ensuite les secrétaires généraux et les trésoriers. Mais au-delà de cet aspect statutaire, le congrès aborde plusieurs thèmes essentiels : la question des salaires, bloqués depuis des années ; la protection des journalistes rémunérés à la pige ; la manière de traiter la crise écologique dans les rédactions ; ou encore les défis liés à l’intelligence artificielle. Nous terminerons par un temps fort consacré à la solidarité internationale, avec notamment la présence d’un confrère palestinien invité grâce à notre action, ainsi que des représentants de la Fédération internationale des journalistes.

    Est-ce un congrès de réflexion
    ou d’action ?

    A.C. : Un peu des deux. C’est d’abord un moment de rassemblement pour nos délégués venus de toute la France, y compris d’outre-mer. Nous échangeons toute l’année par mail ou visioconférence, mais ce congrès est la seule occasion de nous retrouver, de confronter nos pratiques et de repenser nos modes d’action. Le mot-clé de cette édition, c’est transformation. Le SNJ est un syndicat centenaire, solidement implanté, mais il doit évoluer : nos méthodes militantes doivent s’adapter aux attentes des jeunes générations et aux mutations du journalisme. Le débat sur cette transformation est crucial, car il dessinera ce que sera le syndicat dans les prochaines années.

    Dans quel état d’esprit arrivent les journalistes à ce congrès ?

    A.C. : Il y a toujours le plaisir de se retrouver entre confrères et consœurs, mais aussi une inquiétude palpable. Beaucoup se sentent menacés économiquement : la presse souffre d’un modèle en crise, les effectifs diminuent, les revenus publicitaires partent vers les géants du numérique. Et parallèlement, la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires – Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, et plus récemment Pierre-Edouard Sterin, entre autres – alimente la peur d’une perte d’indépendance. Ce sont des acteurs puissants, parfois hostiles à la liberté de la presse. Les exemples récents du Journal du dimanche ou du groupe Prisma montrent à quel point l’équilibre entre pouvoir économique et indépendance éditoriale est fragile. Il ne faut pas non plus oublier l’inquiétude face au développement de l’intelligence artificielle, qui pourrait menacer notre métier à terme s’il est mal anticipé ou accompagné.

    Les atteintes à la liberté d’informer semblent aussi venir du cadre institutionnel…

    A.C. : Oui, les lois et règlements se durcissent. Le schéma national du maintien de l’ordre ou encore les dispositions sur le secret des affaires restreignent notre travail. Des médias se retrouvent poursuivis pour avoir simplement fait leur métier. Hier encore, le site La Lettre a été attaqué par la Monnaie de Paris pour violation du secret des affaires après une enquête. C’est une dérive inquiétante : on instrumentalise le droit pour museler la presse.

    Quels sont les dossiers prioritaires du SNJ aujourd’hui ?

    A.C. : Nous attendons avec impatience la loi issue des États généraux de l’information, censée être présentée ce mois-ci. Si elle est bien rédigée et appliquée, elle pourrait renforcer la protection des sources, limiter la concentration des médias et promouvoir l’éducation aux médias. Mais dans le contexte politique actuel, son avenir est incertain. L’autre urgence, c’est de trouver un modèle économique durable pour les médias, notamment locaux. L’information de proximité est vitale pour la démocratie : là où elle disparaît, les citoyens perdent leur lien avec le débat public. Enfin, il y a la question du sens : beaucoup de journalistes doutent, se sentent épuisés, voire inutiles. De plus en plus de jeunes diplômés, parfois d’écoles réputées, abandonnent au bout de seulement 5 ou 6 ans. C’est une crise de vocation comparable à celle de l’enseignement. Redonner envie de faire ce métier, c’est aussi défendre la démocratie.

  • La députée RN Laure Lavalette poursuit un journaliste

    La députée RN Laure Lavalette poursuit un journaliste

    Laure Lavalette (RN) qui entend se présenter aux municipales à Toulon en mars vient de porter plainte contre un de nos confrères de Var Matin. Le journaliste a-t-il rappelé dans son article la position antiavortement d’antan de l’élue du parti à la flamme ? Non. A-t-il rappelé les propos racistes, antisémites et homophobes de son attaché de cabinet aujourd’hui licencié ? Non. A-t-il écrit qu’elle a dirigé, dans les années 1990 un groupuscule étudiant violent affilié au Front national, à Bordeaux ? Pas plus. C’est uniquement pour avoir précisé le nom de la commune où elle réside, et qui n’est pas Toulon – gênant quand on prêtant diriger cette ville – que Laure Lavalette a porté plainte. Cette révélation mettrait sa vie en danger ainsi que celle de sa famille. Le préfet est alerté. Le directeur des rédactions du groupe Nice-Matin, Denis Carreaux aussi. Il s’excuse et exige de ses équipes la modification de l’article. Un renoncement qui ne passe pas. Ce qui est certain en revanche c’est que cette atteinte au droit d’informer, typique de l’extrême droite, provoque une grande colère au sein la rédaction toulonnaise. La Société des journalistes du groupe apporte son entier soutien au collègue pris à partie. « Si sa convocation par un service d’enquête de police se confirmait, la SDJ manifestera concrètement sa présence à ses côtés jusque devant la PJ », prévient-elle. Et d conclure : « Nous ne devons pas fléchir. Non, le contenu de nos articles ne dépend pas d’influences extérieures. Nous ne devons pas donner raison à celles et ceux qui veulent restreindre la liberté de porter, dans la sphère publique, des informations d’intérêt général. » La Marseillaise apporte également tout son soutien à ce confrère.

  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    ILS ONT DIT

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »