Tag: Liberté de la presse

  • Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier, président de la Région Sud, annonce ce samedi porter plainte contre le quotidien Nice Matin. Celle-ci fait suite à l’affaire dite du « chalet ». Pour rappel, le 15 juillet dernier, le journal faisait paraître un article rapportant l’ouverture à Marseille d’une enquête pour prise illégale d’intérêt « concernant l’employé de maison de Renaud Muselier ». L’article fait suite à un précédent, paru le 5 juillet, le quotidien avait déjà révélé « un signalement adressé au procureur de la République de Marseille accuse Renaud Muselier, le président de la Région Sud-Paca d’avoir fait salarier l’employé de son chalet par une agence de communication attributaire d’un marché public ». Des faits que Renaud Muselier a maintes fois contestés. L’affaire, a ensuite été largement reprise par la presse locale et internationale. « J’ai mis en demeure tous les médias qui ont relayé de fausses informations de les retirer, annonce Renaud Muselier par voie de communiqué de presse. J’ai enfin demandé des dommages et intérêts de 2 millions d’euros à Nice Matin pour propagation de fausses informations et 1 million d’euros à tous les médias qui les ont relayées. » Le président de Région indique, dans un second communiqué « prendre l’engagement public que les sommes dont devront s’acquitter les diffamateurs seront intégralement reversées aux associations agissant dans les sports paralympiques. » Dans un autre communiqué, ce jeudi 16 juillet, la Région rappelait « faire de la prévention et de la lutte contre les atteintes à la probité une priorité de son action publique ». « Je réaffirme toute ma confiance dans notre rédaction, son professionnalisme et sa rigueur », a officiellement déclaré de son côté Simon Perrot, directeur général du groupe Nice-Matin. « Nous laissons désormais la justice faire son travail. »

  • Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    C’est un revers cinglant pour l’extrême droite beaucairoise. Le 8 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Nîmes a débouté Julien Sanchez, Nelson Chaudon et la mairie de Beaucaire de l’intégralité de leurs demandes contre L’Arlésienne et Street Press. Les deux médias d’investigation avaient été traînés en justice pour avoir enquêté en automne 2025 sur la politique discriminatoire d’attribution des commerces du centre-ville, où des témoignages évoquaient une mise à l’écart de commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Une pratique que Sanchez lui-même avait résumée, sans la moindre gêne, dès son arrivée à l’hôtel de ville en 2014 : « Le souk, c’est terminé. »

    Le juge des référés a tranché net. Il a estimé que « le caractère manifestement illicite du trouble n’est pas caractérisé » et que « l’exception de bonne foi [constitue] en l’espèce un caractère sérieux ». En clair : l’enquête est suffisamment solide pour ne pas relever de la diffamation manifeste. La justice rappelle aussi les limites du référé : apprécier « la réalité du sérieux de l’enquête », la « base factuelle suffisante » ou encore la « mesure dans l’expression » relève d’un débat au fond. Or la mairie RN avait choisi l’urgence, celle qui sert à faire taire vite, à retirer vite, à intimider fort. Résultat : un camouflet pour des plaignants qui réclamaient la dépublication des articles, le retrait des numéros papier des kiosques (en pleine période électorale, faut-il le rappeler), et pas moins de 18 000 euros de dommages et intérêts au total.

    « La justice a suivi nos arguments, les pièces fournies de notre enquête ont prouvé la bonne foi de notre travail », se félicite Me Valentine Rebérioux, avocate commune de L’Arlésienne et de Street Press. Lors de l’audience du 27 mai, l’avocate avait rappelé que la mairie avait été sollicitée à trois reprises sans jamais répondre, et que la Chambre régionale des comptes avait elle-même pointé des dysfonctionnements au sein de la commune dès 2020.

    Une victoire, mais la facture reste

    Cette victoire juridique ne doit pas masquer le coût réel des procédures-bâillons. L’Arlésienne devra avancer à ses propres frais les honoraires d’huissier pour notifier la décision à la mairie, à sa charge, donc. Ses frais d’avocat ne seront pas mis à la charge des plaignants. Aucun dommage et intérêt pour procédure abusive n’a par ailleurs été retenu. Le RN dispose encore de quinze jours pour faire appel et porter l’affaire devant la cour d’appel. L’épuisement financier et procédural des rédactions indépendantes : c’est précisément la mécanique des bâillons.

    Éric Besatti, directeur de publication de L’Arlésienne, l’avait dit sans détour à L’Humanité début juillet : enquêter sur le RN est « très difficile », car « tout le monde a peur de parler ». Sept témoignages étayent pourtant l’enquête, minutieusement recoupés. « Ce qu’on écrit, on le pense, et on le prouve », tranchait-il. Street Press comptait début 2026 une quinzaine de procédures en cours, dont les deux tiers émanant de l’extrême droite. Zéro condamnation à ce jour.

    Pendant ce temps, la mairie de Beaucaire continue de s’affranchir de ses obligations légales en ne publiant pas les procès-verbaux complets de ses conseils municipaux, contrairement à ce qu’exige pourtant la loi. Les élus d’opposition réclament depuis des années la liste des locaux préemptés, leurs attributaires et les critères retenus. Silence total. La transparence, visiblement, est réservée aux autres communes.

    Désormais, le délai de prescription de trois mois pour attaquer l’enquête au fond est dépassé : la mairie ne peut plus, juridiquement, s’en prendre au contenu des articles. Il ne lui reste plus qu’une option : répondre sur le fond. Ce qu’elle refuse depuis le premier jour. L’Arlésienne affirme rester ouverte à la publication des réponses de la Ville. Or, depuis des années, l’opposition municipale réclame déjà la liste des locaux préemptés ou loués, l’identité de leurs bénéficiaires et les critères d’attribution. Sur ces demandes comme sur celles des journalistes, la mairie fait silence radio. Mais comme le rappelait Besatti, « le journalisme est un sport de combat ». Round gagné.

    La Marseillaise est solidaire de L’Arlésienne et de Street Press. Pour les soutenir et financer leurs frais de justice : journaux en kiosques ou larlesienne.info et streetpress.com

  • L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    Dans quelques jours, le couperet tombera. Le tribunal judiciaire de Nîmes rendra, le 8 juillet, son délibéré dans une affaire qui dépasse largement les frontières du Gard : celle d’une mairie d’extrême droite qui a choisi les tribunaux plutôt que le débat contradictoire pour faire taire deux rédactions indépendantes.

    Tout part d’une enquête publiée à l’automne 2025 par l’Arlésienne et Street Press. Témoignages à l’appui, les deux médias y documentaient une politique d’attribution des locaux commerciaux du centre-ville de Beaucaire qui écarterait systématiquement les commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Sollicitée à trois reprises avant publication, la municipalité n’avait jamais daigné répondre. Elle a préféré, quelques mois plus tard, saisir la justice.

    « On ne lâchera rien »

    Le 27 mai, à l’audience de Nîmes, ni le maire Nelson Chaudon ni son prédécesseur Julien Sanchez – devenu entretemps directeur de campagne du RN pour 2027 -n’ont jugé utile de se déplacer. C’est leur avocate, Sylvie Josserand, également députée RN du Gard, qui a porté seule la charge, dénonçant une enquête relevant selon elle de « la désinformation au service d’une idéologie » et réclamant 18 000 euros de dommages et intérêts. Une formule bien pratique quand une enquête vient gratter le vernis d’une gestion locale.

    Une accusation à laquelle l’avocate de la défense, Me Valentine Rebérioux, a opposé une évidence : aucun propos précisément diffamatoire n’a jamais été désigné. Pour elle, la qualification ne fait aucun doute : « Il s’agit bien là d’une procédure-bâillon. » Une arme de plus en plus prisée par l’extrême droite locale pour épuiser financièrement et psychologiquement les rédactions indépendantes, sans jamais, ou presque, obtenir gain de cause : Street Press comptabilise à ce jour zéro condamnation sur la quinzaine de procédures similaires en cours.

    Éric Besatti, directeur de publication de l’Arlésienne, ne plie pas : « Ce procès nous coûte de l’argent, nous demande du temps pour nous défendre, mais n’entame pas notre volonté d’enquêter. » Avant de résumer : « On ne lâchera rien, on continuera de faire notre travail. » Le 8 juillet, le tribunal dira le droit. Mais le message politique, lui, est déjà lisible. D’ici là, les articles restent en ligne et dans les kiosques. À lire, à partager, et à défendre.

  • Un soutien indéfectible apporté à Christophe Gleizes

    Un soutien indéfectible apporté à Christophe Gleizes

    Après six mois passés sur la façade de l’hôtel du Département, la bâche de soutien à Christophe Gleizes a été installée, ce mardi, aux Archives et bibliothèque départementales de Marseille. Ce journaliste a été condamné en appel à sept ans de prison en Algérie, où il s’était rendu pour un reportage. Pour Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental, ce lieu dédié au savoir et à la transmission permet de rappeler qu’« un journaliste est injustement retenu loin des siens » et que la défense d’un journaliste revient à défendre « l’oxygène de notre démocratie ».

    Un concours dédié aux collégiens

    La cérémonie a aussi marqué le lancement de « Collégiens 13 Infos », concours de journalisme porté par le Département et le Club de la presse Marseille-Provence. Entre presse écrite, radio, vidéo et web, les élèves seront accompagnés par des professionnels afin de développer leur esprit critique face aux fake news et, peut-être, de susciter des vocations.

  • Les lauréats du prix RSF pour la Liberté de la presse

    Les lauréats du prix RSF pour la Liberté de la presse

    Dans la catégorie Courage, le prix a été décerné au photojournaliste birman Sai Zaw Thaike ; le journaliste mozambicain Carlitos Cadangue a reçu le prix Impact ; la journaliste argentine Julia Mengolini est lauréate de la catégorie Indépendance ; le journaliste guinéen Habib Marouane Camara a, quant à lui, obtenu le prix du journalisme d’investigation africain, tandis que le photojournaliste palestinien Abdul Hakim Abu Riash s’est vu récompensé du prix photo Lucas Dolega-SAIF.

  • Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Avec plus de 220 journalistes tués par l’armée israélienne depuis octobre 2023, il s’agit du conflit le plus meurtrier pour la profession. « Nous n’étions pas de simples observateurs extérieurs à l’histoire, nous la vivions, comme tous les autres Palestiniens », a témoigné, sur scène, le photojournaliste de l’AFP Mohammed Abed, accompagné de son confrère de Reuters, Mohammed Salem.

  • Les pros des médias en conclave à Marseille

    Les pros des médias en conclave à Marseille

    Le futur du journalisme se débat au Pharo. Plus de 1 000 professionnels des médias issus de 60 pays parmi lesquels une centaine d’intervenants seront réunis durant trois jours à l’occasion du 77e congrès de l’association mondiale des éditeurs de médias d’information (WAN-Ifra). Un événement organisé en partenariat avec CMA Media, branche médias de l’armateur CMA CGM, propriétaire de La Provence, BFM, La Tribune et du groupe M6, pour ne citer qu’eux.

    Parmi les sujets abordés à partir de lundi, l’intelligence artificielle dans les médias est l’un des principaux. Après l’avènement d’Internet puis les bouleversements provoqués par les smartphones, comment le métier peut-il faire face à ce nouveau défi que pose l’IA ? L’association organisatrice dit avoir « identifié les mesures clés que les éditeurs doivent prendre à mesure que se développe le marché du contenu généré par les entreprises spécialisées dans l’IA », qu’elle présentera aux congressistes. Et appeler à préserver la « touche humaine, ces qualités qui garantissent l’authenticité du journalisme dans un paysage dominé par l’IA ». Une ambition d’autant plus cruciale dans un monde parasité par la désinformation, exacerbée dans un contexte de montée des populismes et des guerres.

    La liberté de la presse

    plus que jamais menacée

    C’est dans ce contexte que la Plume d’or de la liberté de la presse et le prix RSF pour la liberté de la presse (lire ci-dessous) seront décernés durant l’événement. Au moment même où la liberté de la presse est à son niveau le plus bas dans le monde depuis 25 ans, selon le baromètre de RSF publié le 30 avril. En 2025, 67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier.

    En France comme en Europe, le métier fait face à une offensive sans précédent de l’extrême droite et de ses financiers. Alors que Vincent Bolloré étend son emprise sur la presse, ses relais politiques s’activent, attaquant le service public et s’en prennent à tous les journalistes qui ne sont pas à leurs bottes ou pire encore, osent combattre leur idéologie mortifère.

    Le volet financier sera également abordé en examinant notamment l’outil imaginé par la presse régionale française : une régie publicitaire nationale unique en Europe -366- qui « misait sur la force du collectif ». Et de faire le bilan au bout de 10 ans d’existence, avant de se demander « à quoi ressemblera le paysage publicitaire en 2026 : comment les agences répartissent-elles les budgets » ou comment, là encore, l’IA bouleverse la donne avec des agents IA qui peuvent désormais identifier, planifier et vendre des espaces publicitaires de manière autonome.

    REPÈRES

    Prix de la liberté de la presse de RSF

    Ce prix est décerné chaque année depuis 1992 par Reporters sans frontières à un journaliste et à un média. Vingt-quatre journalistes, photojournalistes et médias du monde entier seront récompensés dans cinq catégories : le Prix du courage, le Prix de l’impact, le Prix de l’indépendance, le Prix Mohamed-Maïga du journalisme d’investigation africain et le Prix photo Lucas Dolega-Saif. La liste complète des nominés est disponible ici. La cérémonie dévoilant les cinq lauréats internationaux e déroulera le lundi 1er juin à 13h.

    La Plume d’or de la liberté

    Ce prix récompense l’action exceptionnelle d’une personne, d’un groupe ou d’une institution en faveur de la liberté de la presse. Depuis 1961, la Plume d’or met en lumière les gouvernements répressifs et les journalistes qui les combattent. Elle a, à plusieurs reprises, permis la libération d’éditeurs ou de journalistes emprisonnés, ou leur a offert une certaine protection contre de nouvelles persécutions. La cérémonie se déroulera lundi 1er juin à 17h et sera précédée d’un discours d’ouverture prononcé parla sous-directrice générale de l’Unesco, Mariya Gabriel.

    Rencontre au Club de la presse Marseille-Provence

    Mardi 2 juin à 10h, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Leo Purguette, participe à une rencontre organisée par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud avec Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde sur le thème :« L’information de proximité, un enjeu de démocratie. »Un débat auquel participeront aussi des représentants de Marsactu et Var Matin. Inscription obligatoire par mail : contact@club-presseprovence.com

  • « La Marseillaise » mobilisée face aux attaques de l’extrême droite

    « La Marseillaise » mobilisée face aux attaques de l’extrême droite

    Faire bloc face aux assauts menés par l’extrême droite. Après l’attaque en justice pour diffamation contre La Marseillaise, son président et directeur de publication Léo Purguette et l’un de ses journalistes, Tristan Arnaud, par le député du Gard Alexandre Allegret-Pilot, un procès devait de tenir le 7 avril dernier, au tribunal correctionnel de Marseille. La présidente a choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027.

    Citoyens, élus, militants syndicaux, politiques ou associatifs, clubs de la presse de la région…. Depuis la notification de cette plainte dont s’est saisie une magistrate, de nombreuses personnes issues d’horizons divers témoignent de leur soutien à La Marseillaise dans ce combat. Les rassemblements organisés depuis plusieurs mois, à l’initiative des Amis de La Marseillaise et leur président Serge Baroni, du syndicat CGT et des personnels du journal réunissent des centaines de personnes.

    En cause, dans cette procédure initiée par le député d’extrême droite, deux articles, comme l’avait détaillé Léo Purguette, le 25 septembre 2025, jour de l’audition par la juge : « Le premier, parle de ses tweets et les qualifie de racistes, misogynes et transphobes. D’ailleurs, la plateforme X (ex-Twitter), dont on sait qu’elle n’est pas la propriété d’un bolchevique, a supprimé ses tweets et verrouillé son compte, tellement ils étaient outranciers. Le deuxième article, très classique, cite l’enquête de nos confrères du Monde, qui ont remonté le fil du parcours professionnel de ce député. Lorsqu’il était fonctionnaire de Bercy, il a attribué une subvention à une entreprise qui n’était pas encore créée. Ce qui pose évidemment quelques questions. Figurez-vous que nous citons cette enquête du Monde, mais Le Monde, lui, n’est pas attaqué, comme me l’a confirmé Philippe Broussard, de la direction de la rédaction du Monde. »

    La Marseillaise maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle à la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse.

  • Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Dans un communiqué commun, CPMM, la coopérative de distribution de la presse qui rayonne sur les Bouches-du-Rhône, une partie du Var et du Vaucluse, et son homologue lyonnaise, Oyé distribution alertent sur l’attitude des éditeurs de presse, des messageries et des pouvoirs publics qui restent sourds à leurs propositions pour consolider la filière.

    « Malgré nos propositions de revoir la rémunération et d’intégrer de nouvelles activités de livraison du dernier kilomètre pour que les dépôts puissent vivre de leur travail, celles-ci n’ont pas été retenues. Au contraire la seule réponse apportée est la casse sociale en demandant aux deux coopératives de supprimer des emplois sans que cela ne règle quoi que ce soit, pire cela conduit à une dégradation de l’accès à la presse partout et pour tous », explique un communiqué du SGLCE-CGT des deux entreprises.

    « À quoi servent ces fonds publics ? »

    « Les salariés du Livre CGT de ces deux coopératives portent un tout autre projet basé sur un niveau de rémunération suffisant et des synergies à trouver avec d’autres services de livraison d’intérêt général pour assurer la mission afin de maintenir l’objectif de la loi Bichet à savoir la diffusion du pluralisme des idées partout sur tout le territoire », poursuit le communiqué.

    Et de s’interroger : « Pour les cinq prochaines années ce n’est pourtant pas moins de 107,5 millions d’euros d’argent public qui seront directement versés aux éditeurs de titres IPG quotidiens ou hebdomadaires. Pour 2026 l’aide à la distribution passant même de 18 à 22,4 millions d’euros. À quoi servent ces fonds publics s’ils ne vont pas irriguer les outils de distribution qui en assument la mission par délégation ? »

    La section distribution du SGLCE-CGT avec les salariés des deux coopératives CPMM et Oyé Distribution, déterminés à conserver leur activité et leurs emplois ont décidé de se mobiliser. Ils ont ainsi ralenti les titres magazines dans la nuit de mercredi à jeudi.

    Une manière de sonner l’alerte et de montrer leur détermination à préserver la filière et les emplois nécessaires à son fonctionnement.

  • Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Rendez-vous dans un an… La présidente du tribunal correctionnel de Marseille a donc choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027. En pleine campagne présidentielle, alors que l’extrême droite est annoncée aux portes du pouvoir, le rendez-vous aura forcément un goût particulier. D’ici là, quatre audiences intermédiaires sont programmées en juin, septembre, novembre et février.

    À l’origine de ce marathon judiciaire, le député d’extrême droite du Gard, Alexandre Allegret-Pilot, présent mardi à la barre du tribunal sans son avocat, accuse La Marseillaise de diffamation. L’objet de son action ? Deux articles. Un premier portant sur des tweets si outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X qui n’est pourtant pas la plus prompte à modérer les publications injurieuses. Le second relatait la validation par ce député, lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy, d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée… Une affaire révélée par Le Monde que notre journaliste Tristan Arnaud n’avait fait que rapporter et pour laquelle le quotidien national n’est par ailleurs pas inquiété.

    Procédures bâillon

    Un deux poids, deux mesures qui interpelle les nombreux soutiens rassemblés mardi devant le tribunal pour suivre l’audience. Comme il y a six mois, lorsque Tristan Arnaud et Léo Purguette, président de La Marseillaise, ont été entendus par la juge suite au dépôt de plainte de l’élu d’extrême droite, ils étaient des dizaines sur les marches du palais de justice pour affirmer leur attachement au journal et à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie et de l’état de droit. Des mots dans toutes les bouches.

    Les Amis de La Marseillaise, et leur président Serge Baroni étaient en première ligne dans ce combat. « Une évidence », glisse ce dernier plus déterminé que jamais en rappelant « toutes les péripéties depuis la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce ». À ses côtés des représentants du monde associatif et militants progressistes.

    Parmi eux, Annick Karsenty, la présidente de l’association féministe Femmes Solidaires 13, Bernard Eynaud, président de la Ligue des droits de l’homme 13, Horiya Mekrelouf, la présidente du Mrap 13, Cathy Aubron, la présidente du Mouvement de la Paix, Patrice Kantarjian, le secrétaire régional de la CGT, un représentant du MNLE, ou des jeunes communistes du MJCF 13. « Je suis venu soutenir ce journal qui nous accompagne et qui plus est face à un député du Front national. RN, FN, pour moi ce sont toujours les mêmes… Ils portent plainte pour diffamation mais il faut qu’ils se regardent dans la glace et se mouchent leur nez », persifle François le Verne, secrétaire de l’USR CGT Vitrolles.

    « La Marseillaise et CPMM ont une histoire intimement liée par rapport à notre mission qui est de distribuer la presse pour la rendre accessible partout et pour tous. Le journal a toujours soutenu notre coopérative dans ses combats de la liquidation de Presstalis à la création de la CPMM, et encore aujourd’hui dans l’évolution de nos activités », apprécie Jonathan di Ruocco, adjoint de direction de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne.

    « Nous avons naturellement appelé à la mobilisation, poursuit Dylan Zeitoun, du PCF 13. On ne peut pas cautionner les procédures bâillon qui musellent la presse a fortiori quand elle porte les luttes sociales. C’est une méthode traditionnelle de l’extrême droite qui s’en prend aux médias progressistes », note le représentant du PCF 13, faisant le lien avec le poids croissant du journal dans le Gard.

    « Ce député ne respecte en rien les usages de notre République », abonde de son côté Sylvain André, maire PCF de Cendras, commune de la 5e circonscription du Gard où est élu Alexandre Allegret-Pilot. Il est venu « soutenir la liberté de la presse et la démocratie ». Il rappelle cet épisode où le conseil municipal de sa commune a décidé d’afficher le drapeau palestinien, le jour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU. « Il devait être retiré le lendemain, le préfet était au courant mais ce député s’est filmé dans la nuit en train de le retirer. On est dans le trumpisme, il ne vit que par le buzz et la petite vidéo », conclut Sylvain André. Hier encore, alors que Léo Purguette remerciait les présents et achevait son discours par un « Vive La Marseillaise et vive la résistance », l’élu d’extrême droite, lui, se mettait en scène en vidéo…

    Attachés aux valeurs de La Marseillaise

    Bernard Eynaud LDH 13

    « On doit résister ensemble mais on est inquiet car on voit aussi à droite, cette tendance qui fait bon ménage avec l’économie de marché capitaliste. Dès qu’ils peuvent supprimer des libertés fondamentales, ils s’y emploient. L’extrême droite, elle, c’est son boulot, elle est en embuscade, ce rapport de force a toujours existé, et on gagnera si on est capable d’avancer collectivement sur la justice sociale, d’égalité des droits. »

    Serge Baroni Amis de La Marseillaise

    « Ces attaques en justice ont pour but de mettre le journal en difficulté financière mais on peut compter sur tous les soutiens que l’on a. On sera plus fort qu’eux. Les Amis de La Marseillaise se développent dans le Gard et partout, on a des adhérents a qui le pluralisme tient à cœur en Belgique, dans les Ardennes, le sud-ouest, bien au-delà de la zone de diffusion. »

    Thierry Camusso Filpac CGT La Provence

    « Je suis là pour soutenir un journal qui nous soutient dans toutes les luttes et est toujours là pour nous. On ne comprend pas pourquoi ils sont encore attaqués par le Rassemblement national… c’est un journal libre qui s’exprime pour la pluralité de la presse. L’extrême droite gagne du terrain et ces gens veulent nous museler. On ne laissera pas faire. »

    Horiya Mekrelouf Mrap 13

    « C’est la place du Mrap et des antiracistes que d’être aux côtés de La Marseillaise pour contrer les attaques de l’extrême droite. Quand on l’attaque, on attaque la liberté d’expression mais aussi les fondements même de ce que représente ce journal né dans la résistance, qui s’est battu contre le fascisme, l’extrême droite et le racisme du gouvernement de Vichy, et continue ce combat. »

    Agnès Daures Élue d’opposition à Aix

    « On sait que le RN est l’ennemi mortel des travailleurs, il défend le grand capital, vote toutes les lois antisociales. Si il arrive aux affaires en 2027, il commencera par museler la presse, on en a l’exemple aujourd’hui. En plus d’être raciste, sexiste, l’extrême droite est hautement liberticide et c’est tout ce qu’on combat. »

    Pierre Rochard FSU 13

    « C’est important de soutenir La Marseillaise face à cette extrême droite qui essaie de la museler ou de s’approprier les médias. La FSU a toujours lutté contre l’extrême droite et continuera. Ce député s’exprime beaucoup sur X qui n’est pas un réseau impartial mais il s’est fait sucrer sa publication… il y a un problème. Il y a deux poids deux mesures. »

    Annick Karsenty Femmes solidaires 13

    « On est très liées à ce journal avec qui on mène un combat commun. Il y a la liberté de la presse, la possibilité de s’exprimer librement et il faut la conserver. Femmes Solidaires se bat là-dessus aussi. Ces attaques de l’extrême droite me font penser à 1938 quand on brûlait les livres, les journaux, qu’on interdisait la presse… il y a des relents nauséabonds qui arrivent dans ce pays, où qu’on soit. »

    Sylvain André Maire PCF de Cendras

    « Au-delà des idées de l’extrême droite, se replier sur soi et pointer des boucs émissaires, ce député est très virulent et ne respecte en rien les usages de notre République et de la démocratie. Il ne vit que par le buzz, la vidéo, le coup de com’, l’invective avec, je dirais même, avec un brin de méchanceté gratuite sur des élus de gauche. Il ne faut pas lui laisser un mètre. »

    Jonathan di Ruocco CPMM

    « Alors qu’on croule sous les informations mensongères et les polémiques, avoir un journal de presse quotidienne régionale qui fait un travail sérieux et porte une ligne éditoriale imprégnée par l’éthique journalistique au service des combats progressistes qu’elle met en avant, est important, comme montrer notre solidarité face aux attaques mensongères et politiques de ce député FN. »

    Cathy Aubron Mouvement de la paix

    « En tant que pacifistes, nous défendons la liberté de la presse qui est un des huit points de la culture de la paix dont nous faisons la promotion car pour nous, il n’y a pas de paix sans liberté de la presse. La Marseillaise est attaquée injustement quand on voit que Le Monde n’a pas été attaqué pour les mêmes informations. Pourquoi ? L’atmosphère est très particulière avec une banalisation de la haine. »

    Romane Massip MJCF 13

    « On est là pour soutenir La Marseillaise poursuivie en justice pour avoir simplement bien fait son travail. On sait que les élus d’extrême droite vont être à l’offensive que ce soit contre nos médias qui se positionnent à gauche ou contre les élus de gauche qui vont venir porter des politiques sociales. On ne laissera pas faire. »

    Patrice Kantarjian Comité régional CGT

    « C’est symptomatique de la période. On sait que les paroles de progrès qui n’entrent pas dans l’idéologie dominante seront contestées voire réprimées. C’est ce qui a été révélé par la presse progressiste justement avec le plan Sterin. On est peut-être dans ça et c’est bien que La Marseillaise incarne cet esprit de résistance qui donne voix aux travailleurs. »