Tag: Les spartiates

  • [Entretien] Fabien Colotti, Spartiates : « On va jouer une équipe de Gap dangereuse »

    [Entretien] Fabien Colotti, Spartiates : « On va jouer une équipe de Gap dangereuse »

    La Marseillaise : Vous êtes toujours troisièmes du championnat après les treize premières journées de Ligue Magnus. Comment analysez-vous ce début de saison ?

    Fabien Colotti : C’est un premier tiers assez positif. On voit les prémices du potentiel de notre équipe. On a connu un très gros début de saison, mais on a moins de réussite ces derniers temps, on perd des points un petit peu bêtement. Mais globalement, les plans de jeu et les ingrédients qu’il y a à l’intérieur de nos rencontres, en dehors des résultats, sont positifs. On veut vraiment imprégner une manière et une identité de jeu chez nous, avec de la compétitivité.

    Vous sortez d’une défaite pesante contre Amiens (2-3, a.p.). Comment accueillez-vous cette mauvaise passe actuelle ?

    F.C. : On essaie de se concentrer sur le contenu. Je ne pense pas qu’il soit si différent des victoires que l’on a connues en tout début de saison. On a eu beaucoup de matches aussi qui ont tourné en notre sens. Parfois, c’est plus simple, et parfois, c’est plus difficile. Le match de mardi soir l’a prouvé. On mène de deux buts, le contenu est très bon, mais sur deux petites erreurs, on se fait rapidement rattraper. Après le match tourne complètement, ce n’est plus le même scénario. Mais dans le contenu, il y a quand même beaucoup de positif et ça n’impacte pas notre bilan comptable. Il n’y a pas d’alarme. Il faut qu’on continue à travailler là-dessus.

    Qu’est-ce qui fait, selon vous, la force de votre équipe actuelle ?

    F.C. : On a un groupe plus fourni que les saisons précédentes, très homogène, avec quatre lignes complètes capables de compétitionner contre n’importe quelle équipe. Le danger peut venir de partout. On sait qu’on a des joueurs qui sont plus amenés à faire des points ou à être décisifs. On a un gros noyau de joueurs capables de faire ça, malgré les nombreux blessés que l’on a connus depuis le début de la saison. Le point positif est que ça ne se ressent pas dans la qualité de notre jeu.

    Vous affrontez les Rapaces de Gap, ce vendredi (20h) à l’Alp’Arena, une équipe que vous avez battu à six reprises lors de vos sept dernières rencontres. Comment appréhendez-vous ce duel face à votre ancien club ?

    F.C. : On affronte des équipes qui ont connu un mauvais début de saison et qui se redorent la pilule dernièrement. On va jouer une équipe de Gap dangereuse, on sait qu’ils sont très intenses et qu’ils patinent très vite. Cette année, aucun match n’est facile. Il va falloir mettre les ingrédients nécessaires pour aller chercher trois points précieux afin de partir sur une trêve de deux semaines avec l’esprit tranquille.

  • Laura Fleury, une femme de caractère à la tête des Rapaces

    Laura Fleury, une femme de caractère à la tête des Rapaces

    Dans la famille Fleury, le nom de Damien, ancien international français de renom, est bien connu du monde du hockey. Mais depuis mai dernier, c’est sa petite sœur, Laura, qui attire les regards. Elle a relevé le défi de prendre les rênes des Rapaces de Gap en devenant manager générale.

    Originaire de Caen, dans le Calvados, elle est ainsi devenue la première femme à occuper cette fonction en Ligue Magnus, l’élite du hockey sur glace français. Cette responsabilité s’accompagne nécessairement d’une certaine pression, « mais elle est davantage liée au rôle de manager et à ma volonté de bien faire qu’au fait d’être une femme », souligne Laura Fleury. Une situation qu’elle a déjà connue lorsqu’elle était directrice des ressources humaines du circuit Paul-Ricard, au Castellet. Elle n’a pourtant jamais eu le sentiment que son genre constituait un obstacle dans son parcours professionnel. « Je suis peut-être une femme bulldozer qui avance sans se soucier de ceux qui ne veulent pas suivre, ou peut-être ai-je simplement toujours été respectée. C’est ce que je préfère croire », poursuit-elle.

    Spectatrice assidue

    Depuis sa plus tendre enfance, Laura Fleury a grandi au rythme du hockey, arpentant les vestiaires et suivant de près les exploits de son grand frère, dont la passion est née dès l’âge de deux ans, à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver. « Je n’ai pas eu le choix que de suivre les traces de Damien », sourit-elle. Laura a ainsi traversé la France entière, avant de le suivre en Suède durant ses quatre premières saisons à l’étranger, afin de rester au plus près de sa carrière. Damien a ensuite poursuivi son parcours en Allemagne, en Finlande, puis jusqu’en Chine.

    Malgré leur relation fusionnelle, elle a choisi de prendre ses distances avec le hockey. Une parenthèse de courte durée, puisque son fils a décidé de perpétuer l’histoire familiale. Et six mois plus tard seulement, elle avait accepté le poste de présidente du Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), structure reliée aux Spartiates. « Le hockey fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne suis pas simplement fan de ce sport, il fait partie de moi. C’est donc tout naturellement que je m’y investis avec plaisir et que je souhaite contribuer à son développement, car il reste encore beaucoup à faire », estime celle qui n’avait jamais eu l’occasion de monter sur la glace avant la saison passée. « Mes parents n’ont pas souhaité que je pratique le hockey, car ce sport demande beaucoup de temps et d’investissement financier, entre les déplacements, les équipements et les licences », détaille-t-elle avec compréhension.

    Passion énergivore

    Après près de trois ans passés à la tête du club amateur de Marseille, installé au Palais omnisports, Laura Fleury a décidé de passer le relais à Jessye Austen, son binôme durant deux saisons, pour se consacrer pleinement à ses fonctions de manager générale des Rapaces de Gap. « Cette structure, c’est un peu mon bébé », confie-t-elle, en révélant par ailleurs que l’association était au bord de la cessation de paiements quand elle en a repris la présidence. « Gérer un club, ce n’est pas seulement prendre la lumière en tant que présidente. C’est mettre les mains dans le cambouis au quotidien. C’est extrêmement fatigant », raconte l’ancienne bénévole.

    Elle reste toutefois reconnaissante de ce que le hockey lui a apporté dans sa vie. « Ce sport véhicule des valeurs de respect, de fair-play et d’exigence. Ça demande aussi un fort investissement des familles, entre les déplacements et les week-ends de compétition. Tout cela crée une vraie proximité entre les parents, mais aussi des liens très forts entre les enfants, qui partagent ensemble des moments intenses », explique la maman de Sandro, toujours licencié au MHCA. Ils ne portent désormais plus le même maillot, mais partagent toujours la même passion.

    Rebondir dans les Hautes-Alpes

    Après une défaite frustrante au Pomge, contre Amiens (2-3), les Spartiates sont en déplacement, ce vendredi (20h), sur la glace de Gap. Les Marseillais affrontent les Rapaces, seulement 10e après 13 journées de Ligue Magnus. Face à la pire défense du championnat, Marseille a l’opportunité de retrouver le goût de la victoire et de rester collé aux basques du duo de mastodontes : Grenoble et Rouen.

    Cette rencontre est la dernière avant une trêve internationale de 15 jours, où Enzo Cantagallo et Kevin Spinozzi ont été invités à la Coupe des Nations, avec les Bleus. Les Spartiates retrouveront Grenoble, le vendredi 13 novembre.

    P.G.

  • [Entretien] « Amiens ne donne jamais de victoires faciles »

    [Entretien] « Amiens ne donne jamais de victoires faciles »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement troisièmes du championnat, avec neuf victoires après 13 journées. Comment analysez-vous ce premier tiers de la saison ?

    Fabien Bourgeois : C’est clairement un très bon début de saison. On a enchaîné sept victoires, avec de belles performances et des victoires importantes. Les deux défaites qui ont suivi nous ont permis de voir comment le groupe était capable de réagir dans les moments plus difficiles. On a su rebondir, ce qui est très positif. Globalement, le bilan de ce début de saison est très encourageant.

    Qu’est-ce qui fait la différence
    à vos yeux
     ?

    F.B. : Cette année, on a un groupe exceptionnel, avec des mecs qui travaillent tous dans le même sens. On a gardé le même noyau et la même philosophie de jeu, avec beaucoup d’intensité et de pression sur l’adversaire, mais tout le monde adhère pleinement au projet. L’aspect mental et la cohésion font une vraie différence, et ça se ressent sur la glace. Quand tout le monde s’entend bien et tire dans le même sens, c’est magique, et les victoires sont au bout.

    Vos coéquipiers reçoivent
    votre ancien club d’Amiens,
    qui vous a vaincu récemment
    (4-5, le 16
     octobre). Comment expliquez-vous cette défaite ?

    F.B. : On a maîtrisé le match pendant presque 60 minutes, puis tout a basculé en quelques instants. On s’est un peu sabotés nous-mêmes et Amiens en a profité, porté par son public, pour renverser la situation. Malgré tout, il y a beaucoup de positif à retenir. On n’a simplement pas réussi à jouer 60 minutes pleines. C’est une bonne leçon. Il faut rester concentrés jusqu’au bout.

    Après un mauvais début
    de saison, ils remontent progressivement…

    F.B. : Ils n’ont pas forcément engrangé les points en début de saison, mais la saison est un long marathon. Amiens est une équipe qui ne donne jamais de victoires faciles. Ils mettent toujours beaucoup d’intensité, avec un jeu physique et beaucoup d’impact. C’est une équipe qui ressemble aux formations nord-américaines. Si tu n’es pas prêt à 100%, tu sais que la soirée peut vite devenir compliquée. Mais quand on joue chez nous, avec cette ferveur marseillaise, c’est dur de ne pas être motivé.

  • [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    La Marseillaise : Vous êtes leaders de Ligue Magnus après neuf journées avec une seule défaite. Comment analysez-vous ce début de saison ?

    Jonathan Zwikel : Le bilan comptable est positif, avec des points précieux dans la course aux play-offs. Mais le plus encourageant reste le contenu, la cohésion et la motivation du groupe. L’équipe est soudée, suit les consignes et va dans le même sens, ce qui permet d’aborder plus sereinement certains aléas.

    Comment vous adaptez-vous
    à la vague de blessures que vous connaissez depuis la première journée de championnat
     ?

    J.Z. : Elles ont particulièrement touché des joueurs clés de notre effectif. Nous avons d’ailleurs appris qu’Albin Nilsson sera absent au moins dix jours après avoir subi une commotion sur une charge [face aux Rapaces de Gap, ndlr]. Il faut anticiper la profondeur de l’effectif, mais lorsque les absences s’enchaînent aussi tôt dans la saison, nous devons réagir rapidement. L’objectif est d’éviter de trop solliciter les mêmes joueurs, au risque de provoquer de nouvelles blessures. Nous avons donc travaillé rapidement pour trouver des solutions en recrutant Anton Gradin et Jesper Larinmaa comme jokers.

    Y a-t-il un match référence depuis le début de saison ?

    J.Z. : Notre premier match à domicile contre Briançon a été difficile, notamment en raison d’une mauvaise gestion des émotions et d’un manque de cohérence. C’est celui qui nous a le plus appris. Nous avons compris que mettre de l’énergie sans coordination ni cadre ne suffisait pas. Le fait d’avoir vécu cette expérience, puis d’avoir identifié ensemble ce qui n’avait pas fonctionné, nous a beaucoup aidés pour la suite.

    Sur quel point votre équipe
    a-t-elle le plus progressé
     ?

    J.Z. : La saison dernière, certains n’en avaient pas les moyens ou l’envie, ce qui suffisait à déséquilibrer l’équipe. Cette année, le groupe croit dans le plan et possède les capacités pour le mettre en œuvre. Cela n’empêche pas les erreurs ou les périodes plus difficiles, mais cette cohérence est essentielle.

    Quel impact aura l’enchaînement des déplacements à Rouen et Amiens, jeudi et vendredi ?

    J.Z. : Les joueurs de hockey ont l’habitude d’enchaîner les efforts malgré la fatigue et les petits pépins physiques. Amiens bénéficiera toutefois d’un avantage puisqu’ils n’auront pas joué la veille. Les joueurs savent gérer ce type de situation, même si deux matchs consécutifs restent peu fréquents.

    Que ressentez-vous lorsque vous retournez à Rouen, où vous avez débuté et conclu votre carrière ?

    J.Z. : C’est un club particulier pour moi. Ma famille, mes amis d’enfance et plusieurs personnes du club y sont toujours. C’est aussi le club où j’ai été formé et où j’ai commencé puis terminé ma carrière. J’ai toujours plaisir à y retourner et je m’y sens encore un peu chez moi. Avec le temps, l’émotion est moins forte qu’au premier déplacement, mais retrouver ces personnes et ces souvenirs reste agréable. Une fois le match commencé, je me concentre toutefois sur notre objectif.

    Quels souvenirs gardez-vous
    de votre passage à Rouen
     ?

    J.Z. : Les saisons 2009-2010 et 2010-2011 restent marquantes. Nous avons remporté deux titres de champion avec mon frère, ainsi qu’une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. Je retiens particulièrement la finale de 2010 contre Angers. Après avoir perdu les deux premiers matchs, nous avons remporté les deux suivants avant de gagner le match décisif à Rouen. Mon frère et moi jouions sur la même ligne et avions chacun marqué lors de cette rencontre. C’est un souvenir très fort que nous partageons.

    Comment analysez-vous les deux rencontres à venir ?

    J.Z. : Ce double déplacement représente un énorme défi. Rouen a construit une équipe très complète, avec de grandes ambitions et des joueurs de qualité à tous les postes. Même si nous les avons battus à domicile, gagner chez eux sera très difficile. À Amiens, il faudra enchaîner. Malgré son classement, elle possède une réelle valeur et a été pénalisée en début de saison par des blessures. C’est une équipe physique, qui joue avec beaucoup d’intensité.

  • [Entretien] Laura Fleury : « Je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre »

    [Entretien] Laura Fleury : « Je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme de l’histoire à être manager général d’un club de Ligue Magnus. Comment se passent vos premiers mois à la tête des Rapaces de Gap ?

    Laura Fleury : Ça se passe très bien. C’est un gros challenge, compte tenu du contexte autour de l’équipe de Gap, avec beaucoup de travail en tant que manager général. Mais c’est un beau défi. La dynamique et le projet commencent à prendre, même s’il reste beaucoup à faire pour construire quelque chose de pérenne et durable. On commence à poser les bases et c’est ce qui est encourageant.

    Comment analysez-vous votre effectif pour cette saison ?

    L.F. : L’équipe est composée de joueurs de qualité, aussi bien sportivement qu’humainement. C’est essentiel pour créer un vrai collectif, dont Gap a besoin aujourd’hui. Il reste des choses à améliorer, mais nous avons déjà vu de belles choses. Au-delà des victoires, l’objectif est de construire un groupe solide et de poursuivre cette dynamique.

    Sur quoi repose l’identité des Rapaces de Gap, selon vous ?

    L.F. : Elle repose d’abord sur l’histoire du hockey à Gap, son palmarès et ses victoires. Même en reconstruction, nous devons garder l’ambition de retrouver progressivement le haut du tableau et le meilleur niveau du hockey français. Le chemin est encore long, mais nous voulons avancer de manière progressive et solide. Notre identité repose aussi sur un public fidèle et connaisseur, présent depuis des générations. Sa ferveur est particulière et différente de celle de Marseille, mais elle implique une vraie exigence pour être à la hauteur de ses attentes.

    Vous avez démissionné, lundi, de vos fonctions de présidente du Marseille Hockey club amateur pour vous consacrer pleinement aux Rapaces. Est-ce particulier d’affronter les Spartiates quelques jours seulement après l’annonce de votre départ ?

    L.F. : Je mentirais si je disais que ce match n’a pas une saveur particulière pour moi. Marseille est un club de la région que je connais bien et que j’apprécie, mais ce match vaut les mêmes points que les autres. Il pourra être plus engagé en raison de la proximité entre les deux clubs, mais dès le coup d’envoi, je serai pleinement concentrée sur Gap et derrière mon équipe. La rivalité est évidemment sportive et existe à chaque match, avec une saveur particulière pour un derby, comme Briançon. Mais au-delà du terrain, nos enjeux sont communs, à savoir développer le hockey français. Je suis désolée pour mes amis marseillais, mais je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre.

  • Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Le petit rapace s’est envolé de ses propres ailes. Paul Joubert, pensionnaire des Spartiates de Marseille formé à Gap, s’apprête à affronter son ancien club, ce vendredi à 20h30, au Palais omnisports, lors de la 9e journée de Ligue Magnus.

    « Je suis arrivé à Gap à l’âge de 10 ans et j’y ai franchi les étapes jusqu’à mes 17 ans, avant de commencer à m’y entraîner en professionnel durant six saisons », raconte l’attaquant de 26 ans. « Ils m’ont donné ma chance du début à la fin, avec notamment deux finales de Coupe de France et plusieurs saisons dans le top 5. C’était une équipe forte de Magnus et je leur dois énormément. Je suis là où j’en suis aujourd’hui grâce à eux », reconnaît celui qui a d’abord été prêté dans la cité phocéenne entre 2019 et 2023, avant d’y signer définitivement.

    De nombreux Spartiates ont évolué à un moment de leur carrière à Gap, à l’instar du capitaine Fabien Colotti, son assistant Fabien Bourgeois, du gardien Florian Gourdin et du défenseur Yohan Coulaud. « ça prouve que c’était une belle place de hockey auparavant », souligne l’enfant des Rapaces, conscient que les Gapençais ont systématiquement terminé à la dernière place de Magnus lors des trois dernières saisons.

    Un homme de caractère

    Joueur complet, efficace offensivement et responsable défensivement, Paul Joubert affiche sur la glace un caractère bien trempé. « Il ne faut pas trop venir me chercher, il ne faut pas chercher mes coéquipiers, sinon, je sais que je répondrai présent », prévient-il, en assumant totalement son côté provocateur avec les défenseurs adverses.

    « J’aime faire sortir l’adversaire de son match. À chaque coup, je réponds pour lui faire comprendre qu’il n’aura pas une soirée tranquille. C’est un avantage, tant qu’il ne faut pas aller trop loin pour ne pas sortir moi-même de mon match », souligne le Haut-Savoyard.

    Sa malice lui a parfois joué des tours, notamment lors de sa première saison avec les Spartiates, où il reconnaît volontiers en avoir « fait un peu trop ». « Des fois, les joueurs pètent les plombs. Je vais toujours avoir un petit coup aux engagements. Non pas contre l’adversaire spécialement, mais parce que ça me permet d’entrer dans mon match », confie l’international français, persuadé qu’un hockeyeur ne peut pas « s’en sortir sans un minimum de caractère ». « Je ne suis pas le joueur le plus talentueux et j’utilise donc mes qualités mentales pour faire la différence. Je pense que sinon, je n’aurais pas eu la même carrière », explique-t-il, en comparant son profil à celui de l’ancien international tricolore Valentin Claireaux, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon.

    Un archipel proche du Canada que connaît particulièrement Paul Joubert, puisqu’il y a grandi une partie de son enfance. « C’est là-bas que j’ai découvert le hockey qui est le sport numéro un », raconte celui qui s’est également essayé au football et au judo sur l’île.

    « On jouait au hockey dans la rue, dans les couloirs, partout. J‘ai eu un attachement pour ce sport qui n’est pas commun. Et pour un petit métropolitain, c’était vraiment fantastique », lance le passionné des Canadiens de Montréal, club phare de la Ligue nationale de hockey nord-américaine (NHL).

    Une migration décisive dans la vie de l’ancien rapace.

    Garder le statut de leader contre Gap

    Les hockeyeurs marseillais, nouveaux leaders de Ligue Magnus depuis leur victoire dimanche sur la glace des Brûleurs de Loups de Grenoble, reçoivent les Rapaces de Gap, ce vendredi (20h30) au Palais Omnisports de Marseille, pour le compte de la 9e journée du championnat. « C’est une équipe difficile à manœuvrer », souligne Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates, très satisfait du début de saison de ses protégés. « La balle tombe du bon côté pour le moment, parce que le contenu de nos matches est bon, avec de la constance », ajoute le technicien phocéen. C.K.

  • [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    La Marseillaise : La série de victoires se poursuit avec ce quatrième succès de la saison contre les Aigles de Nice (4-3). Content de la prestation de vos joueurs ?

    Luc Tardif : Très content, parce que c’était un match difficile, même si on s’y attendait. Nice a vraiment une belle équipe, donc on savait à quoi s’attendre. Ce que j’ai aimé, c’est qu’on a trouvé les ressources pour aller chercher la victoire en troisième période, avec deux gros buts. Ensuite, on a bien fermé derrière et on a été plutôt solides. Libor (Kasik) a fait les arrêts quand il le fallait. Donc oui, je suis content du match.

    Vous avez pris une pénalité rapidement après avoir ouvert
    le score. Est-ce qu’il n’y a pas
    une volonté d’en faire trop
     ?

    L.T. : Pas du tout. Si on regarde un petit peu les buts qu’on prend, je n’ai pas aimé le premier. Il m’a dérangé parce qu’on est trop passifs. On veut être agressifs avec l’attaquant numéro un, mais le joueur qui fait la passe rentre tout seul et personne ne vient lui mettre de pression. Ça me dérange, parce qu’on lui donne trop de facilité. Le deuxième but, ça touche 50 patins avant de finir sur la crosse du joueur. Ce sont des choses qui arrivent. Après, sur le power play, on était sur de bonnes bases. On est contents d’avoir encore réussi à capitaliser ce soir. Mais on prend trop de pénalités, et c’est récurrent. On prend huit minutes à Bordeaux et, malgré ça, on fait un super travail en infériorité. Mais huit minutes de pénalité, c’est difficile à tenir. Même si nos gars sont valeureux sur piqué, ça devient compliqué. Il va falloir régler ça, sinon on va s’embourber dans les problèmes.

    On a l’impression depuis le début de la saison que le premier tiers-temps est une sorte de « round d’observation » avant d’être réellement clinique…

    L.T. : J’ai vraiment aimé notre premier tiers. Ils n’ont eu qu’une seule occasion de marquer, sur un power play. À cinq contre cinq, on ne leur a vraiment rien donné. Commencer les matchs comme ça, ça donne de la confiance. Après, j’ai vu que l’équipe n’avait pas paniqué quand on a pris ce troisième but. On est restés concentrés quoi qu’il arrive.

  • Spartiates à l’accent suédois

    Spartiates à l’accent suédois

    Il y a quasiment deux fois plus de Suédois à avoir porté le maillot des Spartiates que celui de l’Olympique de Marseille. Avec l’arrivée en dernière minute d’Anton Gradin la semaine passée, survenue suite à la vague importante de blessures, notamment sur le secteur offensif marseillais, à l’image d’Adel Koudri, Oscar Gustafsson et Emil Tavernier, la formation marseillaise a attiré son treizième joueur en provenance du pays des Trois Couronnes. « Quand on regarde des profils et qu’on veut certains joueurs, on n’est pas forcément focus sur la nationalité. Ça vient un peu en deuxième temps. Maintenant, les Suédois, ils ont des bons joueurs », reconnaît Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates. Par ailleurs, son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général du club, et Damien Fleury, directeur du développement des jeunes au Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), ont tous les deux déjà évolué dans le championnat suédois. Mais « il n’y a pas une filière en particulier », selon Luc Tardif, conscient que de plus étroites relations ont été tissées avec d’autres pays étrangers. Au classement historique des nationalités étrangères les plus représentées au sein de la structure marseillaise, la Suède n’arrive qu’en quatrième position. La République Tchèque arrive en tête avec 19 joueurs, suivie par le Canada (18) et la Finlande (16), mais devant les États-Unis (11) et la Russie (8).

    Philosophie adéquate

    Pour ce quatrième exercice en Ligue Magnus, les Spartiates comptent quatre Suédois dans leurs rangs : le défenseur Bobbo Petersson, puis les attaquants Albin Nilsson, Oscar Gustafsson et Anton Gradin. « C’est une bonne destination pour les Suédois, parce que je pense que nous sommes des joueurs assez durs. Ils travaillent fort et veulent performer en tant que membre à part entière de l’équipe. Ça correspond à la philosophie que le club met en place depuis plusieurs saisons maintenant. C’est un match parfait », lance David Åslin, pensionnaire du Palais Omnisports Marseille Grand-Est lors de la deuxième partie de saison 2023-2024. Comme Anton Gradin, et très probablement la future recrue qui devrait être annoncée prochainement selon une source proche du club, l’attaquant expérimenté de 37 ans avait débarqué dans la cité phocéenne en cours de saison comme renfort. Il a inscrit neuf buts et délivré treize passes décisives en seulement 31 rencontres de saison régulière. Lors de son départ à l’intersaison suivante, les Spartiates ont recruté trois autres Suédois : le gardien Stefan Steen, puis les défenseurs Viktor Björkung et Albin Lindgren. Le premier a été recruté comme « joker médical » afin de pallier la blessure du gardien titulaire à cette époque, Marek Ciliak, mais les deux autres se sont imposés comme des éléments forts de la défense marseillaise, surtout Björkung avec ses 7 buts et ses 30 passes décisives. Depuis Johan Hedberg, en 2012-2013, chaque hockeyeur suédois a, à sa manière, laissé son empreinte aux Spartiates de Marseille.

  • Hockey sur glace : Noa Nsonsa Kitala découvre sa nouvelle vie américaine

    Hockey sur glace : Noa Nsonsa Kitala découvre sa nouvelle vie américaine

    À plus de 7 000 kilomètres du soleil marseillais, Noa Nsonsa-Kitala s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie américaine. Sélectionné par les Black Hawks de Waterloo, club évoluant en USHL, le plus haut niveau du hockey sur glace junior aux États-Unis, l’attaquant franco-belge, passé par les Spartiates de Marseille ces deux dernières saisons, poursuit son apprentissage avec l’ambition de franchir un nouveau cap dans sa jeune carrière. « C’était un peu compliqué au départ, surtout à cause du décalage horaire, mais je me sens bien », confie le jeune homme de 19 ans.

    Il a également dû s’adapter à un nouvel environnement, au sein d’une famille d’accueil installée à Hudson, une petite ville de 2 500 habitants située au cœur de l’Iowa, un État notamment connu pour son agriculture. « Il y a beaucoup plus de champs qu’à Marseille », sourit Noa. L’attaquant, natif de Mons, en Belgique, n’a toutefois pas vraiment eu le temps de découvrir les environs depuis son arrivée, à la fin du mois d’août. Il a fait ses premiers pas avec ses nouveaux coéquipiers lors du camp d’entraînement, où il a effectué de nombreux tests et participé aux matches de pré-saison. « On m’a directement dit que j’avais une très bonne vitesse », souligne celui qui doit principalement améliorer son « jeu physique », selon ses entraîneurs.

    Un rêve de gosse

    Pour Noa, rejoindre les États-Unis pourrait, à terme, lui ouvrir les portes de la NHL, le championnat nord-américain considéré comme le plus prestigieux au monde. Depuis 2011, 28 anciens joueurs des Black Hawks ont ainsi fait leurs débuts dans la Ligue majeure. « J’essaie de me focaliser sur le présent, mais quand tu vois les noms de tous ces gars qui ont été à ma place et qui évoluent aujourd’hui au plus haut niveau, ça donne envie », confie le joueur formé aux Brûleurs de Loups de Grenoble, l’un des deux seuls Français à évoluer en USHL cette saison, avec Paulin Hostein, passé par les Jokers de Cergy-Pontoise. « Mais je vais d’abord devoir montrer ce dont je suis capable », ajoute l’international tricolore, qui vit, de l’autre côté du globe, un véritable rêve de gosse.

  • [Entretien] Luc Tardif, entraîneur des Spartiates : « C’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs »

    [Entretien] Luc Tardif, entraîneur des Spartiates : « C’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs »

    La Marseillaise : Vous vous apprêtez à débuter votre quatrième saison à la tête des Spartiates, en Ligue Magnus. Comment s’est déroulée la préparation sur la glace ?

    Luc Tardif : J’ai beaucoup apprécié l’état d’esprit du groupe tout au long de cette période. Pour moi, les résultats restent anecdotiques. Ce n’est pas ce qui compte le plus pendant la pré-saison. Ce que l’on regarde avant tout, c’est le contenu et la progression de l’équipe dans ce contenu. Il y avait quelques nouveautés à assimiler, avec également l’intégration de nouveaux joueurs. Nous avons apporté deux ou trois changements sur certains aspects de notre système. Il faut mettre tout cela en place et forcément, cela demande du temps. Mais j’ai trouvé que l’équipe et particulièrement les nouveaux joueurs se sont adaptés très rapidement. C’est donc plutôt positif. La pré-saison est désormais terminée. Nous avons encore eu une grosse semaine de travail pour ajuster certains points et insister sur plusieurs éléments. Maintenant, on a hâte que les choses sérieuses commencent.

    Durant l’intersaison, vous avez signé dix nouveaux joueurs, dont huit sur les postes d’attaquants. Quelle a été votre stratégie dans le recrutement ?

    L.T. : Notre idée directrice, cet été, était dans un premier temps de conserver les joueurs qui étaient importants pour nous. Mais la première étape a surtout été de réfléchir à la manière dont on voulait jouer, dans les moindres détails. Et à partir de là, de recruter des joueurs capables d’assimiler ces principes et de s’inscrire dans ce cadre. L’élément clé, ça a été l’intensité. C’est un mot dont on parle beaucoup dans le sport, mais nous l’avons décliné de manière assez précise, et c’est ce qui a guidé notre recrutement cet été. Sur la pré-saison, nous sommes satisfaits. Maintenant, on va voir comment se passe le début de saison. Mais, pour l’instant, nous n’avons pas de déception sur ce point-là.

    À quel point trouvez-vous que
    le niveau de la Ligue Magnus a progressé ces dernières années
     ?

    L.T. : Je trouve que les matches sont de plus en plus serrés par rapport à l’époque où je jouais, où il y avait davantage de scores fleuves. Bien sûr, un classement se dessine toujours, mais il y a encore beaucoup de changements en dehors du top 4. Je trouve que c’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs, avec beaucoup d’équipes qui peuvent y prétendre. Ce sera encore le cas cette année. On l’a vu avec les résultats de la pré-saison : tout le monde est capable de battre tout le monde. C’est vraiment attractif. Aujourd’hui, tous les matches sont difficiles à aller chercher, peu importe l’équipe. Mais notre objectif reste de nous qualifier pour les play-offs. On se concentre là-dessus dans un premier temps.

    En parlant du public, avez-vous le sentiment que le hockey a pris une nouvelle dimension à Marseille grâce à votre club ?

    L.T. : Ça devient de plus en plus un public de connaisseurs. Au tout début de notre arrivée en Magnus, même si nous avions déjà de grosses affluences en Division 1, ça restait surtout un public de spectateurs. Aujourd’hui, on a un vrai kop de supporters, qui est top. L’ambiance est incroyable chez nous et ça nous pousse à chaque match, surtout dans les moments difficiles. Je pense qu’au fil des années, des bons résultats et d’une bonne gestion, on parvient à fidéliser le public. C’est top pour la suite. On est toujours dans l’état d’esprit de vouloir s’améliorer chaque saison. Je pense que le public va, et doit, être un atout pour cette prochaine saison.