Tag: Les Ecologistes

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    Jean-Pierre Meyer est pragmatique. Le candidat (PCF) de Renouveau pour Sanary sait qu’il lui sera difficile de l’emporter dans une commune acquise à la cause de la droite depuis 1971. Mais celui qui se considère comme « conseiller municipal de la minorité, pas de l’opposition », compte « défendre (son) programme, quel que soit le résultat des élections ». Mais aussi agir en responsabilité, et poursuivre, comme depuis 6 ans, « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune », milite-t-il.

    Car sa voix, en tant qu’unique conseiller municipal de gauche, aura compté. « Le bon sens l’a emporté », affirme-t-il, notamment à travers ses propositions liées à la nouvelle ligne de bus 83 entre la gare d’Ollioules/Sanary et Six-Fours. Et Renouveau pour Sanary espère davantage peser lors de la prochaine mandature, en envoyant un (ou des) candidat(s) supplémentaire(s) au conseil municipal, et en atteignant la barre des 15% pour obtenir un siège au conseil communautaire Sud-Sainte-Baume, « là où se prennent les décisions ».

    Mais il s’agira, aussi et surtout, dans nombre d’autres communes, de porter une voix humaniste et singulière au sein des conseils municipaux. Un ensemble de valeurs qui transparaît dans les programmes des candidats. Par exemple, sur la question du logement, priorité de Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr-sur-Mer. Une évidence pour la responsable de la commission nationale logement du PCF, tête de liste de Saint-Cyr à Gauche, dans une ville qui compte 45% de résidences secondaires. La candidate veut offrir « un logement digne et accessible à tous », en écho à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et même sans fauteuil de maire, elle se battra pour que la commune respecte les 25% de logements sociaux exigés par la loi SRU, et contre l’idée que ces derniers sont l’apanage de la délinquance, alors que plus de 70% des Varois y sont éligibles.

    Un combat primordial contre l’extrême droite

    À La Seyne, trois listes de gauche – qui avancent, malheureusement, chacune de leur côté – mènent le combat progressiste. Parmi elles, celle de Stéphane Sacco (GRS), qui mène la liste de rassemblement Uni.e.s à gauche pour La Seyne, et évidemment, le combat contre l’extrême droite, dont la menace pèse plus que jamais dans la deuxième ville du Var : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli », clame Stéphane Sacco.

    Même maux, même remède à Six-Fours, où Pascal Cabras et Six-Fours à Gauche veulent contrer « l’entente bilatérale entre droite extrême et extrême droite », dans une commune où 70% des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN. « Nous sommes la seule opposition, depuis 2020, qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale » affirme Pascal Cabras.

    L’écologie, valeur cardinale d’Ollioules Autrement, liste de rassemblement menée par Claudie Cartereau (LE). « Face aux crises qui pèsent sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir autrement », martèle celle qui veut faire d’Ollioules « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ». Énergie solaire, îlots de fraîcheur, et sobriété énergétique, autant d’idée qu’elle veillera à infuser dans le débat public. Tout en prônant, comme les autres listes progressistes, la démocratie participative.

  • [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    Novice, débarqué au RN un an plus tôt, Christophe Gonzalez avait pris la mairie de Rognac avec 38,24% des voix en novembre 2024, après une gestion calamiteuse de Sylvie Miceli-Houdais (UDI). Et compte bien remettre ça, malgré des méthodes controversées, fort d’une première victoire symbolique. Un coup de tonnerre trente ans après le succès de ce qui était alors le Front national à Marignane et Vitrolles.

    Vitrolles qui a de nouveau placé l’extrême droite en tête lors des législatives et des européennes, a de quoi nourrir tous les espoirs pour Fabien Bravi, un ancien cadre des Républicains passé au RN, un temps attaché parlementaire de Renaud Muselier (Ren) et conseiller au cabinet de Martine Vassal (DVD) à la Métropole. Pour « ne pas diviser les voix de droite et faire barrage aux socialistes », entendre Loïc Gachon qui brigue un 4e mandat, le candidat DVD, Bruno Morosini, en se retirant, lui facilite la tâche.

    Berre et Miramas dans le viseur

    À Marignane aussi Éric Le Dissès, suppléant de Franck Allisio (RN) aux législatives et avec qui il a fondé le Rassemblement pour Reconstruire (RPR), y retourne, dans une ville où le RN Romain Baubry avait obtenu 65,18% des voix aux législatives.

    Arles, longtemps bastion communiste avant l’arrivée aux manettes de Patrick De Carolis (Hor.), nourrit aussi les espoirs frontistes. Lors des législatives, le candidat PCF-NFP, Nicolas Koukas (51,43%) et celui du RN, Emmanuel Taché de la Pagerie (48,57%), étaient au coude à coude, ce dernier finissant par remporter la circonscription. Pour ce premier tour, la tête de liste RN, Rémy Benson, éleveur de brebis, se fait le chantre de la ruralité.

    Les communes du pourtour de l’étang de Berre restent aussi des cibles majeures avec Miramas où le maire sortant, candidat à sa succession, Frédéric Vigouroux (DVG) a été lâché par le PCF et se retrouve confronté à une liste LFI-Les Écologistes. Ce qui pourrait profiter au candidat d’extrême droite Kilian Santana dans une ville où le RN Emmanuel Taché de la Pagerie a totalisé 55,51% des voix. À Berre, la division de la gauche, avec trois listes face au RN pourrait favoriser ce dernier. Lors des législatives, le frontiste Romain Tonussi l’avait emporté ici loin devant le candidat Renaissance, Jean-Marc Zulesi (54,67% contre 45,33%).

  • [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    La Marseillaise : Vous avez mené
    des consultations sur de nombreux sujets (école, démocratie, transports, santé, logement…). Quels enseignements en tirez-vous
     ?

    Christophe Terras : Ça répondait à un besoin. Les gens ont été contents de nous voir leur poser des questions. Certains pensaient même, au début, que c’était la municipalité qui s’était lancée dans une enquête sur l’école. Ce qu’ont révélé ces enquêtes, c’est que les gens ne se sentent pas du tout écoutés et qu’ils ont une soif de s’exprimer. Ce qui correspond tout à fait à la philosophie de notre liste, donc on en a été ravi.

    De manière plus générale, vous êtes la première liste de gauche à vous présenter à Draguignan depuis 2014. Comment évaluez-vous l’accueil que vous avez reçu sur le terrain ?

    C.T. : Beaucoup de gens nous ont remerciés en nous disant qu’ils allaient enfin pouvoir voter à gauche. Quant à l’accueil, il a été au-delà de nos espérances. On a fait du porte-à-porte, ce qui n’était pas évident, car certains militants découvraient cet exercice. Tout le monde en est ressorti ravi. On a vraiment reçu un très bel accueil de la part de la population.

    Quel sera pour vous l’enjeu principal de cette élection ?

    C.T. : Ce sera d’empêcher le Rassemblement national de prendre la ville. C’est vraiment aussi l’un de nos axes de campagne. Et, pour cela, celle-ci aura été utile car on a mis en avant des problématiques sur lesquelles le RN n’est pas à l’aise : le social, le logement, les transports, l’écologie urbaine… Ça les a obligés à jouer en dehors de leur zone de confort. Ils pensaient faire une campagne sur les SDF et les crottes de chien (sic), et il a fallu qu’ils sortent des bois sur ces thèmes. Ce qui est apparu est une méconnaissance totale de la ville et des sujets techniques.

    Vous êtes l’une des rares listes à avoir rassemblé la quasi-totalité du spectre de la gauche avec LFI, mouvement de la numéro 2 de liste, Sylvie Borgogno. C’est une satisfaction ?

    C.T. : Oui, nous sommes très fiers d’avoir eu le soutien de LFI jusqu’au PS. Ça a fonctionné loin des bisbilles nationales et, pour nous, le seul moyen que la gauche existe, c’est justement l’union de toutes les gauches. Tant qu’elle sera divisée, elle sera condamnée, dans le pays et à Draguignan encore plus, à être inaudible, voire inexistante. Évidemment, on a eu des critiques du style « jamais LFI, c’est pas possible ». Les mêmes qu’on faisait au Parti communiste il y a 20 ou 30 ans d’ailleurs. Les militants locaux ne s’y sont pas trompés et ne sont pas du tout entrés dans ce jeu-là. Ces critiques, ce sont celles de la droite, et lorsque la gauche est unie, la droite, évidemment, lui tape dessus. Mais pour nous, c’est plutôt un bon signe.

    Avez-vous déjà une stratégie établie selon les différents scénarios du second tour ?

    C.T. : Elle est limpide depuis le début : nous ne mènerons aucune stratégie qui pourrait favoriser la prise de la ville par le Rassemblement national. On a différentes stratégies qui peuvent être décidées, et notre position pour le second tour sera décidée démocratiquement, avec l’ensemble des gens qui ont participé à la campagne et l’ensemble des colistiers, qui seront invités à se prononcer avant le second tour. Mais une chose est sûre, c’est qu’on a des principes qu’on a arrêtés depuis le début, et l’un des premiers, c’est de ne pas favoriser l’arrivée au pouvoir du RN.

  • À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    Vous êtes un héros, Monsieur, je ne pensais pas vous voir ici », salue, la voix tremblante, un ado de 17 ans à destination d’Amine Kessaci. En ce début d’après-midi de vendredi, sur la place de l’Horloge, le militant antinarcotrafic, candidat aux municipales à Marseille en 3e position sur la liste de Benoît Payan (DVG), est là en appui de David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement de plusieurs partis, dont les Ecologistes où Amine Kessaci milite. Même à Avignon, sa popularité dépasse celle du candidat local. « Tu es un exemple, ton aura, ton combat sont un modèle d’engagement », ne manque pas de souligner David Fournier, qui s’était rendu, mi-novembre à Marseille, à l’hommage rendu à Mehdi, petit-frère d’Amine Kessaci, froidement abattu dans un crime considéré comme d’intimidation.

    « Je n’ai pas peur, personne ne m’empêchera d’aller tracter », assure avec force et charisme Amine Kessaci, suivi de près par un impressionnant dispositif de sécurité. En aparté, il confie qu’il est plus facile pour lui de faire campagne hors de Marseille et défendre ses idées au niveau national par le biais de son association Conscience ou le projet qu’il porte avec l’association des maires de France. « On souhaite créer un dispositif très concret de dépaysement, qui permettra entre maires de s’entraider pour sortir des jeunes des réseaux de narcotrafic en les envoyant dans d’autres villes avec un emploi et un logement », illustre-t-il. En attendant, Amine Kessaci vient dire « toute sa confiance à David pour porter la dignité dans les quartiers populaires, pour réparer ce qui a été cassé, réapporter du service public, travailler avec la police municipale, qu’il ne faut pas désarmer », glisse-t-il, dans une allusion à certaines prises de position de la France insoumise.

    Un appel au vote utile

    dès le 1er tour

    David Fournier se pose en garant d’une approche globale sur la sécurité, défendant la proximité en misant sur des postes mutualisés entre police nationale et municipale, comme celui en travaux sur la Rocade (lire page 16), sans oublier les attentions portées aux enfants (petit-déjeuner dans les écoles, bas tarifs dans les cantines) ou à la jeunesse et leurs familles (sécurité sociale de l’alimentation, mutuelle communale pour le logement et les véhicules). Juste avant de conclure la séquence, Amine Kessaci insiste sur le vote utile. « Face à la droite et son extrême, la désunion n’est pas la solution, je dis à tous les électeurs de gauche, la seule liste en capacité de gagner, c’est celle de David dès le 1er tour, quand on se dit antifasciste, il faut aussi parfois accepter de se retirer », prévient-il.

  • À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    Pour sa première campagne municipale, Caroline Moulin peut compter sur le soutien d’une gauche varoise qui a tenté l’union tant que faire se pouvait. « On a cravaché pour rassembler », affirme Jean-Pierre Luquand, coanimateur des Écologistes du Var et candidat à Solliès-Pont. Car à onze jours des municipales, c’est une autre échéance électorale qui imprègne les esprits : « On veut une issue autre aux présidentielles que le pire qui peut arriver. On a besoin d’union, de se connaître, créer des solidarités. Et même si on n’est pas d’accord sur tout, certains enjeux dépassent nos différences. »

    En marge de son meeting de présentation de ses colistiers, et pour symboliser la représentativité des forces à ses côtés (PCF, LFI, REV, l’Après, Debout !, Génération.s), la tête de liste écologiste de Hyères, unie à gauche, était ainsi entourée de candidats des villes voisines qui, comme Jean-Pierre Luquand, ont répondu à l’appel donné sur la plage de l’Almanarre, un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Ce site est emblématique avec ce tombolo ouest, ce bras de terre qui rejoint Giens, menacé par le dérèglement climatique », appuie Caroline Moulin. « On ne peut pas éternellement sauvegarder quelque chose sans étudier la faisabilité technique. »

    Des désaccords, mais un process démocratique

    Pour trouver des solutions, cette professeure de biologie promet des études et un référendum citoyen « pour savoir ce qu’on fait de cet élément difficile à entretenir, qui sert de desserte à la route de la Capte, via la route du Sel, et est saturé de voitures en été. » Et si les associations écologistes, du côté desquelles elle semble pencher, veulent en faire « un lieu réservé aux cyclistes et aux piétons » plutôt que créer « la digue en béton immergée proposée par le maire actuel », elle reconnaît que ses colistiers « ne sont pas tous d’accord entre eux », y compris sur les autres aspects liés à la préservation du tombolo (activités, biodiversité…).

    « Et le fait qu’il n’y ait pas d’accord est rassurant », veut croire Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale, présente à Hyères pour soutenir la candidate. « On est sur une liste de citoyens qui se mobilisent, qui peuvent avoir des avis différents mais proposent une méthode : plutôt qu’arriver avec une idéologie à appliquer coûte que coûte, ils ont l’écoute, la consultation, qui va se baser sur des faits et études scientifiques, puis la délibération. C’est un changement de méthode avant d’imposer des solutions. » Avec la démocratie comme juge de paix.

  • Hyères : Cyrielle Chatelain présente au meeting de présentation de la liste Hyères, Unie à Gauche

    Hyères : Cyrielle Chatelain présente au meeting de présentation de la liste Hyères, Unie à Gauche

    Pour son meeting de présentation de sa liste d’union de la gauche (Les Écologistes, PCF, LFI, l’Après, Génération.s, REV, Debout !), Caroline Moulin, candidate (Les Écologistes) de « Hyères, unie à gauche » pourra compter sur la présence de Cyrielle Chatelain, députée de la 2e circonscription de l’Isère et présidente du groupe parlementaire Écologiste et social à l’Assemblée nationale. Cette dernière rencontrera la presse locale en fin d’après-midi, avant d’assister au meeting de la candidate écologiste.

    L’Isère en partage

    Une venue dont se réjouit Caroline Moulin, qui ne tarit pas d’éloges au sujet de celle dont l’élection en tant que présidente de groupe en 2022, alors qu’elle venait tout juste de débuter son premier mandat de députée, avait surpris : « Mon père, militant communiste et électeur en Isère, avait contribué à son élection à la faveur de la Nupes : il suivait ses interventions sur la chaîne parlementaire et en disait beaucoup de bien. Elle a su réveiller en lui une écologie qui sommeillait. »

    Elle précise l’avoir elle-même rencontrée « lors des journées d’été des Écologistes à Strasbourg, en août 2025. C’est au cours d’un échange où était présente Lucie Castets que je me suis présentée à elle. Ces échanges ont été très motivants pour la suite de mon engagement. Je ne savais pas encore que j’allais être tête de liste, car je n’étais alors que future colistière ».

    Une rencontre que Caroline Moulin dit avoir provoquée par filiation iséroise, « au prétexte d’avoir grandi à Grenoble », dont la commune d’Eybens, où vit Cyrielle Chatelain, est située dans la banlieue. Alors, une fois investie comme tête de liste, elle a « naturellement pensé à elle. Je me suis permis de la contacter par mail, et sa cheffe de cabinet a pu organiser sa venue pour nous soutenir. Ce meeting avec elle va être un moment clé de notre campagne ! », espère la candidate à la succession de Jean-Pierre Giran (LR), en place depuis 2014.

  • [Occitanie] À Lattes, quatre listes font face au maire Cyril Meunier

    [Occitanie] À Lattes, quatre listes font face au maire Cyril Meunier

    Si les électeurs lui maintiennent leur confiance, ce sera son dernier mandat. Maire de Lattes depuis 2001, Cyril Meunier (sans étiquette) repart, dit-il, pour un « dernier mandat » avec deux objectifs majeurs.

    D’abord ne pas abandonner les Lattois à un sort jugé hasardeux. « Je ne laisserai pas la ville à des incompétents ». Ensuite et surtout achever les projets lancés. Celui qui se disait frêchiste du temps de Georges Frêche, puis s’était fâché avec Philippe Saurel et qui aujourd’hui travaille avec Michaël Delafosse à la Métropole de Montpellier, veut boucler le quartier Ode à la mer et accompagner le nouveau pôle autonomie santé.

    Tandis que Lattes, 8e ville de l’Hérault (17 351 habitants) regagne des résidents depuis 2013, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et continuer de construire, raisonnablement promet-il. « Si on se livre aux promoteurs, on est morts ». Depuis qu’il est en place, Lattes a construit ses premiers logements sociaux. Mais les besoins croissent : « 570 demandes annuelles au lieu de 250 » en un quart de siècle. « Si on veut que les jeunes s’installent à Lattes, il faut aussi faire de l’accession libre », prône le maire sortant sans étiquette, qui refuse la folie des grandeurs en période d’austérité. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro », insiste le maire.

    À ce sujet justement, Stéphane Herb nourrit des doutes. Tête de la liste « l’Archipel citoyen », il pointe un « double discours » du maire sortant. L’écologiste dénonce une politique d’étalement urbain avec Ode à la mer, qui grignote les terres agricoles et naturelles à l’image des hauts de Lattes près des zones humides de l’Arnel. « Avec 5 000 logements qui arrivent d’ici 2030 puis 3 000, c’est trop. » Stéphane Herb préfère la reconstruction de la ville sur elle-même mais en R+4 maximum. « Avenue des platanes, la tour Signal de 10 étages ressemble aux Folies de Montpellier. Ce n’est pas ainsi qu’on logera les enfants des Lattois ni qu’on fera du logement social ».

    Le RN en embuscade

    La liste citoyenne de gauche de Stéphane Herb a un autre cheval de bataille. Le refus des projets de chaudière CSR (combustible solide de récupération) pour traiter les déchets de la métropole à l’actuelle usine Ametyst de Garosud et celui d’Unité de valorisation énergétique (UVE) qui vise à brûler les boues de la station d’épuration Maera près de la Cereirède. « En plus de deux autoroutes et de la ligne TGV qui va couper le bois de Maurin, on va avoir deux incinérateurs ! » Deux projets du président Michaël Delafosse pour lesquels le vice-président Cyril Meunier a votés.

    Ce que Stéphane Herb critique avant tout, c’est la méthode Cyril Meunier, élu multi-casquettes, qui déciderait de tout depuis 25 ans. « Il faut arrêter de mettre les Lattois devant le fait accompli et les rendre acteurs avec des conseils de quartiers élus, avec des budgets participatifs », résume celui qui propose des maisons de quartiers à Boirargues et Maurin.

    Le maire sortant est aussi contesté sur sa droite. Son opposant historique, Jean-Noël Fourcade (divers droite), qui avait échoué pour 953 voix en 2020 (42,12%), retente sa chance. Il critique le « gigantisme » des projets immobiliers, propose de « rafraîchir les écoles », de créer un « poste de police municipale mobile », l’embauche d’un « garde champêtre contre les dépôts sauvages ».

    Forte de ses scores nationaux (Le Pen 45,59% au 2nd tour de la présidentielle 2022), l’extrême droite part à l’assaut de Lattes. Ayant obtenu 57,08% au 2nd tour des législatives, le Ciottiste Josyan Oliva est soutenu par le RN et l’UDR. Comme lui, Wassim Boughnim, proche du RN, ne cause qu’insécurité, pourtant réduite à Lattes. Une de ses vidéos a fait polémique.

  • David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    Partie du Pas-de-Calais en train de nuit pour Menton, puis Toulon et Nîmes, lundi Marine Tondelier n’est pourtant pas las du train-train quotidien en arrivant ce mardi à Avignon pour soutenir David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement, rejointe par les Verts. La secrétaire nationale des Écologistes est lancée depuis un an dans un tour de France des communes, en vue des municipales, mais en gardant à l’esprit aussi de quoi nourrir son projet pour la présidentielle de 2027, où elle a déjà annoncé sa candidature. « Avec les régionales de 2028, on s’apprête à mener la bataille politique la plus dure et la plus importante de notre vie, estime Marine Tondelier. On a tous conscience de cette responsabilité qui a un côté écrasant mais très motivant. »

    Une motivation qu’elle puise sur le terrain. En milieu d’après-midi, une visite de l’entreprise Promodal, spécialisée dans le transport combiné rail-route, était organisée. « C’est très inspirant d’aller voir les gens qui se battent et attendant des réponses de notre part », commente-t-elle à la sortie. David Fournier est lui rattrapé par les enjeux locaux de mobilité sur la LEO, plan Faubourgs ou arrêté anti poids lourds sur la Rocade.

    Au local de campagne ensuite, David Fournier salue « l’esprit fédérateur des Écologistes », qui en le rejoignant « ont impulsé la dynamique d’union de la gauche ». Marine Tondelier est sur la même « boussole », « avoir un maximum de ville à gauche ». « Sauf exceptions, de manière assez instinctive, les Écologistes ont partout été responsables pour garder l’union », assure-t-elle. Ce qui ne fut pas le cas en 2020 où Jean-Pierre Cervantès, désormais rangé derrière David Fournier, avait fait cavalier seul au 1er comme au 2nd tour.

    Marine Tondelier ne s’est pas attardée sur le cas de Sabah Badji, cheffe de file suspendue après s’être ralliée à Mathilde Louvain (LFI). « Les gens ont le droit d’avoir et de suivre leur liberté de conscience mais les résultats parleront d’eux-mêmes », projette la patronne écologiste. Et si dans d’autres communes, son parti soutient LFI, « statistiquement, il y a un isolement de LFI qui a tenu à partir tout seul partout, je pense qu’il y aura un vote utile, très fort, dès le premier tour pour les listes d’union », projette Marine Tondelier qui raconte que récemment dans un train, Manuel Bompard, coordinateur national des insoumis, lui a dit « ne plus avoir de partenaires » à gauche. « Pas mieux », intervient David Fournier, laissant transparaître à demi-mot qu’il ne serait guère enclin à s’allier avec Mathilde Louvain au second tour.