Tag: laboratoire

  • [#DisMoiPourquoi] Certaines étoiles, quand elles brillent, reflètent des rayons rouges ?

    [#DisMoiPourquoi] Certaines étoiles, quand elles brillent, reflètent des rayons rouges ?

    Andrea, 3 ans et demi, à l’école Gandié de Carpentras

    La Marseillaise relance en partenariat avec les Petits débrouillards son opération « Dis moi pourquoi ? ». Le principe : demander à un scientifique de répondre aux questions formulées par les enfants… Vous avez une question ? Donnez-nous le prénom de l’enfant, son âge, sa classe, son école et sa ville. Et envoyez à dismoipourquoi@lamarseillaise.fr

    Quand on observe attentivement les étoiles la nuit, on peut s’apercevoir qu’elles ne sont pas toutes de la même couleur. La plupart semblent plutôt blanches, mais certaines sont un peu plus bleues, et d’autres un peu plus rouges. Une étoile comme le Soleil a une température de 6 000 degrés environ en surface. À cette température la matière émet la lumière blanche dont nous avons l’habitude. La surface des étoiles plus chaudes (10 000 degrés par exemple) émet de la lumière bleue. Dans les étoiles plus froides (4 000 degrés), c’est de la lumière rouge. Parfois, les étoiles se regroupent par deux, et leur couleur se mélange car nos yeux ne peuvent pas les distinguer, mais quand on utilise un petit télescope, on peut les séparer, et voir alors deux étoiles de couleur distincte. C’est le cas de l’étoile Albireo que l’on peut voir l’été dans la constellation du Cygne. La couleur qui change avec la température, c’est quelque chose que l’on peut aussi observer sur Terre et dans notre vie quotidienne : une braise pas trop chaude dans le barbecue est rougeâtre, et sa couleur devient plus blanche quand elle est plus chaude. Dans les forges, on chauffe le métal pour pouvoir le déformer, et il devient blanc quand il est très chaud. On utilise même l’expression « Chauffer à blanc » dans ce cas ! »

  • [#DisMoiPourquoi] Si on ne respire pas par le nez quand on mange, est-ce qu’on aura moins de goût ?

    [#DisMoiPourquoi] Si on ne respire pas par le nez quand on mange, est-ce qu’on aura moins de goût ?

    Riley, 9 ans à l’école Paul Martin à Digne-les-Bains (04)

    Lorsque nous mangeons, nous commençons par mâcher les aliments dont une partie se mélange avec la salive. C’est à ce moment-là que notre nourriture entre en contact avec la langue. Certaines molécules issues des aliments et mélangés à la salive rentrent alors en contact avec les papilles qui sont les capteurs sensoriels du goût. Ces dernières reconnaissant cinq saveurs basiques : le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami. Les aliments contiennent aussi des molécules odorantes qui montent par l’arrière de la gorge jusqu’au nez lors du phénomène que l’on appelle la rétro-olfaction. Dans le nez, elles y rencontrent les capteurs olfactifs de l’odorat qui peuvent également envoyer des signaux d’information au cerveau pour décrire le contenu de ce que nous mangeons. Il est donc important de bien respirer pour ressentir un maximum de saveurs en mangeant. »

    Mikaël AKIMOWICZ. Maître de Conférences au Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

  • [#DisMoiPourquoi] Est-ce que l’appendice humain est l’équivalent du gésier des volailles?

    [#DisMoiPourquoi] Est-ce que l’appendice humain est l’équivalent du gésier des volailles?

    Mattéo, 12 ans, au collège des Caillols à Marseille

    L’appendice des humains et le gésier des volailles sont tous les deux associés au système digestif respectif des humains et des volailles, mais différent en tous points (origines différentes, fonctions différentes, localisations différentes). Alors que l’appendice est rattaché au gros intestin des humains, le gésier est une partie de l’estomac des volailles. L’appendice est utile pour la défense immunitaire du corps humain en stockant des bactéries indispensables à son fonctionnement pour les remplacer lorsque celles-ci disparaissent. Le gésier contribue à la digestion des volailles en aidant à broyer les graines grâce à des muscles puissants et de petits cailloux. Le gésier est ainsi vital pour les volailles alors que l’appendice est utile, mais pas essentiel à la vie des humains. L’appendice humain est beaucoup plus comparable au Caecas des oiseaux qui contient des bactéries qui permettent de digérer les résidus alimentaires. »

    Mikaël Akimowicz. Maître de conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

  • Le laboratoire vétérinaire des Alpes-de-Haute-Provence rénové

    Le laboratoire vétérinaire des Alpes-de-Haute-Provence rénové

    « Elle répond à un double objectif : adapter le patrimoine départemental aux enjeux de sobriété énergétique et conforter un service public sanitaire de proximité au service des habitants et des acteurs du territoire », explique le Département alpin. Isolation, nouvelles menuiseries et protections solaires : 330 000 euros ont été investis par la collectivité « pour améliorer la performance énergétique du bâtiment et le confort de ses 16 agents », détaille la collectivité. ces travaux concernent un équipement qui joue un rôle important dans la politique sanitaire départementale. Au titre de ses missions, le Laboratoire vétérinaire départemental intervient dans 3 grands domaines : santé animale, hygiène alimentaire et hydrologie. Ses 16 agents réalisent environ 88 000 analyses par an : 63 000 pour la santé animale, 17 000 pour l’hygiène alimentaire et 8 000 pour l’hydrologie.

  • Les douanes, une administration qui recrute aussi en Provence

    Les douanes, une administration qui recrute aussi en Provence

    « Moi, ça m’intéresse bien, ça me saoule les petits boulots à 31 ans. » Venu avec sa sœur depuis Paris, Mehdi découvre au fil des stands installés dans l’Hôtel des douanes ce mardi 13 octobre pour une journée portes ouvertes, toute la diversité des métiers de cette administration. De quoi « ouvrir des perspectives » se réjouit ce titulaire d’un master en électronique. Et il marque des points au stand des services support de la douane. Car il y a des besoins, reconnaît bien volontiers Anne-Sophie Peyron, cheffe du pôle des ressources humaines à la direction interrégionale des douanes à Marseille en charge de l’organisation de cette « première ».

    « On a besoin de nouveaux talents, on a besoin de nouveaux profils aussi », explique-t-elle, « la douane recrute comme toujours des juristes, des collègues qui font un petit peu de tout, mais on recrute aussi de plus en plus des profils scientifiques parce qu’on travaille de plus en plus sur la donnée, sur l’intelligence artificielle ». Au niveau géographique, si au départ, les agents ne choisissent pas leurs affectations, les postes sont répartis « sur tout le territoire », précise-t-elle, « Marseille et la région Paca au sens large. On pourrait croire comme ça que c’est bouché mais c’était il y a 10 ans, c’est fini. Il y a des occasions ».

    Motards et maître-chien ont la cote

    Laboratoire, contrefaçon, aide aux entreprises… Pour donner à voir toutes les facettes de leur mission, les douanes ont vu grand. Après la démonstration d’intervention sur le dojo, les motocyclistes, « 224 en France » ont du succès. Mais avant de pouvoir enfourcher les rutilants destriers à moteur, il y a une sélection physique et être titulaire du permis moto ne suffit pas. Position d’amazone, debout sur les cale-pieds, retourné… Lors d’une formation de 4 mois à l’école des douanes de la Rochelle, il faut apprendre « à ne faire qu’un avec la moto, l’oublier » pour faire les contrôles en toute sécurité, témoigne un agent de la branche surveillance. Alexandre, moniteur de jet ski, qui a pris le train depuis Nice s’y voit déjà. « Je kiffe », commente-t-il, bombardant de questions techniques le douanier.

    La recherche de stup’ par l’équipe cynophile remporte aussi l’adhésion. Pez, labrador noir de 7 ans, pile sans faillir devant la roue de la voiture où son maître a caché un paquet. Ce dernier raconte ne faire qu’un avec son équipier à quatre pattes. « Je suis venue pour ma fille », explique une visiteuse, « elle adore les chiens, ça l’intéresse ». L’atelier « scan » de marchandises avec le fourgon à rayons X et celui de tir virtuel, installation unique en France, impressionnent. Devant l’écran, Laurent, coordinateur sécurité, insiste « quand on sort une arme, en état de légitime défense, ce n’est pas pour dissuader mais pour s’en servir ».

    Au bureau recrutement, nombre de visiteurs laisseront leur CV, un premier pas. Quelque 361 postes sont ouverts au concours en 2026.

  • [#DisMoiPourquoi] le sucre donne-t-il des caries ?

    [#DisMoiPourquoi] le sucre donne-t-il des caries ?

    Nolhan, 9ans. CM2 à l’école primaire de Forcalquier (04)

    Nos dents sont faîtes de plusieurs couches. Au cœur de la dent, il y a la pulpe, qui renferme notamment nerfs et des vaisseaux sanguins, qui est entourée par la dentine elle-même recouverte d’émail, qui sont deux couches protectrices à base de calcium. Dans notre bouche vivent de nombreuses bactéries qui comme nous ont besoin de manger pour avoir de l’énergie. En se nourrissant de sucre et de glucide, les bactéries rejettent des éléments acides qui peuvent attaquer d’abord l’émail (apparition de tâches) puis, si l’émail est percé, la dentine (forte sensibilité au chaud et au froid). Pour éviter le dépôt de plaque dentaire qui favorise le développement des bactéries, il est important de se brosser les dents régulièrement, de boire de l’eau régulièrement et d’éviter un régime trop sucré à l’origine de la production des acides qui endommagent les dents.

    Mikaël Akimovicz, Maître de conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

    Nos dents sont faîtes de plusieurs couches. Au cœur de la dent, il y a la pulpe, qui renferme notamment nerfs et des vaisseaux sanguins, qui est entourée par la dentine elle-même recouverte d’émail, qui sont deux couches protectrices à base de calcium. Dans notre bouche vivent de nombreuses bactéries qui comme nous ont besoin de manger pour avoir de l’énergie. En se nourrissant de sucre et de glucide, les bactéries rejettent des éléments acides qui peuvent attaquer d’abord l’émail (apparition de tâches) puis, si l’émail est percé, la dentine (forte sensibilité au chaud et au froid). Pour éviter le dépôt de plaque dentaire qui favorise le développement des bactéries, il est important de se brosser les dents régulièrement, de boire de l’eau régulièrement et d’éviter un régime trop sucré à l’origine de la production des acides qui endommagent les dents.

  • [Ecologie] Comment attirer l’attention sur un poisson menacé mais pas très beau ?

    [Ecologie] Comment attirer l’attention sur un poisson menacé mais pas très beau ?

    Argyrosomus japonicus est menacé d’extinction. Ce poisson tropical est pourtant important, pour la biodiversité, des raisons culturelles et économiques. Il faudrait donc redoubler d’efforts pour le protéger. Seulement, il a un défaut : il n’a pas de charisme. Il est terne, n’a pas une silhouette très remarquable… Il fait partie des 15% des poissons tropicaux jugés les moins beaux, selon une étude de 2022. C’est cruel, mais « la perception que l’on a d’une espèce impacte le niveau d’attention et de protection qu’on lui accorde », rappelle Anne-Sophie Tribot, spécialiste en sciences sociales de la conservation de la biodiversité au laboratoire Telemme (Aix-en-Provence). Comment redorer l’image du « maigre japonais » –son nom commun- et donner envie de le protéger ? Une étude parue dans Biological Conservation montre que les sons qu’il émet pourraient aider. « C’est la première fois que nous montrons l’importance du son pour susciter de l’affect envers un poisson », ajoute la chercheuse coautrice de l’article avec Nicolas Mouquet, chercheur CNRS à l’Université de Montpellier.

    Car oui, A. japonicus émet des sons intentionnellement. Pas avec des cordes vocales, mais avec sa vessie natatoire
    -une poche qu’il remplit d’air pour contrôler sa position dans la colonne d’eau, comme un sous-marin. « Les contractions des muscles autour de cette vessie produisent des sons, précise Anne-Sophie Tribot. Cela peut servir à attirer des femelles ou à défendre un territoire. »

    Biais réduit

    Ces sons ont aussi rendu A. japonicus plus impressionnant, plus intelligent, plus sensible aux yeux des près de 1 100 participants de l’étude. Des informations au sujet de son importance culturelle, économique ou ses traits écologiques, fonctionnent aussi, mais dans une moindre mesure. « En revanche, les informations sur son statut d’espèce menacée ont peu d’impact sur son charisme », précise Anne-Sophie Tribot. Toutefois, ni les sons, ni les vidéos, ni les informations textuelles ne le rendent plus beau ou plus mignon aux yeux des participants.

    Mais le son ne fait pas tout. Pour donner envie de protéger l’espèce, les informations textuelles fonctionnent mieux. Les participants avaient une somme fictive à répartir pour protéger A. japonicus ou un autre poisson –A. neoguinaicus-, plus beau mais moins menacé. Préciser le statut de menace réduit le biais lié à l’apparence : les participants donnent moins pour protéger A. neoguinaicus… mais ils ne donnent pas plus pour protéger A. japonicus. « C’est un résultat à prendre avec précaution qui mérite confirmation », nuance Anne-Sophie Tribot.

    Le mieux, pour protéger A. japonicus, serait donc probablement de redorer son image grâce aux sons qu’il émet tout en informant sur la menace qui pèse sur lui. « C’est ce que nous voudrions tester à l’avenir, glisse la chercheuse. Et faire la même chose avec d’autres espèces. »

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards à La Rode, Toulon

    [C’est l’été] Les petits débrouillards à La Rode, Toulon

    Les Petits Débrouillards installent souvent leurs expériences au pied des immeubles, sur une place ou dans un parc. La rue devient un véritable laboratoire à ciel ouvert, où chacun peut s’arrêter, observer et participer.

    Cette présence au cœur des quartiers permet d’aller vers les habitants, y compris ceux qui ne fréquentent pas les structures culturelles ou éducatives. La science sort de ses murs et devient un bien commun, accessible à tous.

    Dans le quartier de La Rode à Toulon, Les Petits Débrouillards ont donc transformé le parc en laboratoire à ciel ouvert ! Cette semaine d’expériences sur l’alimentation a non seulement réuni tous les âges, mais a aussi favorisé la rencontre entre habitants et associations partenaires pour écouter les besoins du quartier et construire ensemble les prochaines animations. Ici, l’atelier était animé par Amélie.

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    La Marseillaise : Vous avez étudié l’impact de l’épidémie de peste de 1720 sur la population de Martigues à partir des noms de famille des habitants. Est-ce une approche commune ?

    Isabelle Séguy : Non, je pense que c’est une première. C’est une étude originale qui nous aura pris 25 ans
    – en grande partie pour réunir les conditions pour la réaliser. Cela fait longtemps que les historiens se questionnent sur l’impact démographique des épidémies de peste. Mais c’est difficile en ne se basant que sur les registres des morts. Les patronymes permettent d’aller plus loin et offrent un regard inédit en donnant un aperçu de ceux qui sont partis définitivement, ceux qui sont partis puis revenus, ceux qui sont arrivés… Cette étude pionnière fera peut-être des émules. Mais cela n’est pas faisable partout. Il faut que les données existent.

    C’était le cas à Martigues ?

    I.S. : Oui, c’est pour cette raison que nous avons choisi d’y mener cette étude. La ville a conservé énormément de documents historiques depuis le Moyen-Âge. C’est assez exceptionnel. Et des fouilles de sauvetage ont mis au jour des squelettes dans des fosses où étaient enterrés les pestiférés.

    Que reste-t-il à découvrir ?

    I.S. : Un sujet qui m’intéresse à présent est de voir dans quelle mesure l’épidémie infantile – probablement la coqueluche, peut-être la rougeole ou la variole – qui a tué un tiers des enfants en quatre mois en 1705 et l’hiver rigoureux de 1709-1710 ont pu fragiliser la population de Martigues et alourdir le bilan de la peste de 1720, particulièrement meurtrière.