Tag: La Marseillaise Week-end

  • La Biennale d’Aix est lancée, l’Italie mise à l’honneur

    La Biennale d’Aix est lancée, l’Italie mise à l’honneur

    L’événement est devenu incontournable. La Biennale d’Aix-en-Provence revient, dès ce samedi 11 avril, pour une troisième édition. Jusqu’au 14 juin, la première partie de ce rendez-vous d’art et de culture présentera une cinquantaine de « propositions artistiques », dont 66 en accès libre, et 17 dans les quartiers et villages de la ville. Une centaine d’artistes issus de sept nationalités différentes, dont 18 locaux, animeront l’événement au travers de spectacles vivants, d’expositions, de rencontres et de performances. Au total, l’événement compte 70 partenaires pour sa tenue. Et ce samedi, plusieurs temps forts ouvriront la Biennale. Pour ces premiers jours, la programmation propose notamment un spectacle de voltige, depuis le haut du cours Mirabeau jusqu’à la scène installée sur la Rotonde. « Élévations » est une création de spectacle vivant d’une heure et demie, proposée par le Collectif XY, musicalement accompagné par des musiciens venus d’Italie et d’Occitanie. « Près de quarante artistes, trente acrobates et onze musiciens transforment le cours Mirabeau, lieu emblématique en une installation vivante », décrivent les organisateurs. Départ à 17h30, sur le cours Mirabeau, ces samedi et dimanche. En ville, d’autres installations impulsent, dès ce samedi, l’ouverture de la Biennale. Entre autres, le lancement, autour d’un brunch au 3bisF, de l’exposition d’art contemporain What Remains – Ce qui reste et ce qu’on laisse, de l’artiste Ghita Skali. Ou le vernissage, dès 16h à la Galeria Ramand de l’exposition Au Cœur du Tendre, de l’artiste Aurélie Sicas.

    L’Italie, invitée spéciale

    En invitée d’honneur cette année, l’Italie, avec une multitude d’artistes originaires du pays mis en avant. Un hommage sera rendu à Hugo Pratt, dessinateur de bande dessinée, célèbre pour ses dessins de la série Corto Maltese, ses planches seront exposées à La Manufacture, dans l’exposition Rencontres avec le 9e art. Divers musiciens italiens notamment seront sur les scènes de la Biennale. Entre autres, une soirée d’artistes féminines italiennes, entre rap, pop et poésie, le vendredi 29 mai, à La Manufacture, un concert de chants napolitains populaires, avec le Duo Lyra à la harpe et la mandoline et la soprano Pascale Sicaud-Beauchesnais, le samedi 30 mai sur la promenade de l’Arc. Pour ne citer que les dates proches…

    Effets réels, un festival littéraire inédit

    Sur le même temps que la Biennale, Effets Réels, festival littéraire de non-fiction, est lancé à Aix-en-Provence et à Marseille. En France, il est le premier festival international dédié aux « littératures du réel ». Jusqu’au 12 avril, des auteurs de toutes nationalités, tels que Vanessa Springora, Francesca Melandri, Maria Sanchez, présenteront rencontreront le public. Programmation sur le site du festival.

  • Un week-end la tête dans les nuages à La Couronne

    Un week-end la tête dans les nuages à La Couronne

    Avec une dizaine de pays représentés et plusieurs régions de France présentes, la 19e édition du Festival du cerf-volant vous attend dès ce samedi et jusqu’à lundi sur la plage du Verdon, 0 La Couronne, au cœur de la Venise provençale.

    Comme chaque année, c’est l’association Coup de Vent et la Ville qui organisent cet événement de haut vol où plus d’une trentaine de cerfs-volistes internationaux et passionnés vous attendent. L’occasion d’échanger mais aussi de pratiquer ou de s’initier à cette activité qui est avant tout un spectacle et un art à partager en famille.

    Au centre de la plage, dans un espace clos vous pourrez assister à des démonstrations de pilotables, de monofils, de grosses structures, ou de cerfs-volants traditionnels. Tous vont rivaliser d’originalité pour illuminer le ciel par leur beauté et leurs couleurs, dans un ballet plein de charme, de douceur et de poésie. L’occasion également de rencontrer les professionnels qui prodigueront leurs conseils aux plus jeunes afin de les aider à la pratique du vol. Sont également au programme des lancers de boomerang ou encore des démonstrations d’aéromodélisme. Sans oublier un espace spécialement dédié au public souhaitant s’essayer à cette discipline vertigineuse.

    Si vous êtes plus spectateur qu’acteur dans ce genre de manifestations, le Jardin du Vent, à gauche du poste de secours est fait pour vous. Et cette année, c’est l’Amérique du Sud qui est à l’honneur avec la présence de cerfs-volistes venus du Brésil avec leurs cerfs-volants traditionnels que l’on appelle les « pipas ».

    Ateliers et découverte

    Vous pourrez donc y admirer les œuvres et créations de maîtres en la matière comme Martini Filho, Sylvie et Antonio Lina ou encore Maria Curty. Un lieu où il fait bon se promener pour admirer la créativité et l’inventivité des différents protagonistes présents.

    Des activités sont aussi prévues pour les minots avec des ateliers de fabrication pour enfants où chacun repartira avec sa réalisation. Ainsi qu’un lâcher de bonbons, destiné cette fois-ci uniquement aux plus jeunes et ce, en fonction de l’aérologie.

    Ateliers pour enfants

    à 10h, 11h, 14h et 15h chaque jour de samedi à lundi. Inscription sur place.

  • [Recette] Les panisses aux épices et tarama de haddock

    [Recette] Les panisses aux épices et tarama de haddock

    Pour 6 personnes, il vous faudra :

    Pour le tarama :

    – 60g de haddock

    – 37g de pain de mie

    – 22g de jus de citron

    – 15g de lait demi-écrémé ou entier

    – 1 jaune d’œuf

    – 1 pincée de sel et de poivre

    – de l’huile neutre.

    Pour les panisses :

    – 250g de farine de pois chiche

    – 625 et 125mL d’eau

    – 1 poignée de gros sel

    – du paprika fumé

    – du ras el-hanout

    – du thym et de l’origan.

    Un tarama bien lisse

    Pour réaliser le tarama, découper le haddock et le pain de mie en petits cubes et déposez dans un blinder ou dans une cuve si vous utilisez un mixeur plongeant. Ajoutez ensuite le jus de citron, le lait et le jaune d’œuf. Mixez jusqu’à obtention d’une pâte lisse. Vous pouvez mettre une goutte d’huile neutre pour faciliter, avec parcimonie pour ne pas que le mélange tranche. Quand la pâte est lisse, incorporez une pincée de sel et quelques tours de moulin à poivre. Débarrassez à l’aide d’une maryse pour déposer le tout dans un robot ou pour monter le mélange au fouet avec l’huile que vous verserez en filet, comme une mayonnaise. Quand c’est prêt, réservez et couvrez. Laissez idéalement reposer une heure au frais avant de déguster. Pour ce qui est des panisses, faites bouillir 625mL d’eau à feu vif.

    Pendant ce temps, mélangez dans un saladier la farine de pois chiche, les épices et un peu de sel. Attendez que l’eau soit à ébullition et versez les 125mL d’eau froide que vous avez gardés dans la farine, ajoutez-y ensuite environ la moitié de l’eau que vous avez mise à bouillir.

    Des panisses croustillantes

    Mélangez énergiquement au fouet. Une fois que le tout est homogène, versez la pâte dans l’eau qui se trouve encore sur la plaque à feu moyen. Mélangez tout de suite au fouet pour amalgamer l’eau et ladite pâte. Laissez ensuite chauffer tranquillement une dizaine de minutes en remuant de temps en temps. Débarrassez ensuite sur une plaque et laissez refroidir. Découpez ensuite de petits rectangles et déposez dans une huile à 180°. Laissez environ 3 minutes, égouttez sur un papier et salez tout de suite pour garder le croustillant.

    Servez le tout et dégustez. Bon appétit !

    PORTRAIT

    Fraîcheur et gourmandise

    Avec sa décoration aux allures à la fois vintage et moderne, le Bistrot Sassy vous accueille à midi ou le soir pour vous proposer une cuisine simple, fraîche et gourmande réalisée par Lucas et Alix. Fondée par Tess et son compagnon et ouvert il y a presque trois ans, ce bistrot a tout d’un grand. Petit plus, la terrasse ensoleillée où il fait bon vivre.

    167, bd Chave

    13005 Marseille

  • [Biographie] Voyage dans 4 décennies d’histoire du cinéma

    [Biographie] Voyage dans 4 décennies d’histoire du cinéma

    À notre grande honte, nous devons admettre que nous ignorions l’existence de Maurice Tourneur (1876-1961), avant que le facteur ne sonne à notre porte pour nous distribuer une enveloppe dans laquelle se trouvait un livre, sur la jaquette duquel un mystérieux monsieur, au regard doux et charmeur, nous invitait à faire sa connaissance. Bien nous en a pris d’aller directement à la table des matières, car, grâce à elle, nous sûmes qu’il nous était impossible de passer sous silence la biographie d’un cinéaste qui connut le muet, l’avènement du parlant, qui travailla aux États-Unis, revint en France, dirigea nos plus grandes vedettes, dont Fernandel, Louis Jouvet, Jean Gabin, Fernand Ledoux, Danielle Darrieux, et se mit à la traduction de romans policiers après avoir été amputé d’une jambe, suite à un accident de voiture.

    Une intense réalité

    La honte passée, elle nous revint lorsque nous apprîmes que Tourneur était le réalisateur de Volpone, sorti avant notre naissance, et interprété par Harry Baur, inoubliable dans sa recherche obstinée d’une diabolique vengeance. Preuve sans doute que la jeunesse s’intéresse, ou s’intéressait, davantage aux acteurs (surtout lorsqu’il y en a toute une pléiade) qu’au metteur en scène, au dialoguiste, ou à l’accessoiriste. Il nous aura donc fallu attendre Christine Leteux, couronnée par l’Institut Lumière, pour le savoir. Mais n’est-ce pas le rôle des ouvrages, fortement documentés, de combler nos lacunes cinématographiques ? Ce qui communique à cette biographie une réalité si intense, c’est que les moindres détails sont évoqués et décrits avec une rigoureuse précision. Chapeau bas à l’auteur ! Reste à espérer qu’un héritier de Miloš Forman, ou une héritière de Julie Taymor, en fasse un biopic.

    Actes Sud, 28 euros.

  • [Le coin de la bande dessinée] Plongée dans les nouvelles luttes féministes, face aux violences et au déni

    [Le coin de la bande dessinée] Plongée dans les nouvelles luttes féministes, face aux violences et au déni

    On ne peut plus ne pas savoir, ni ne rien faire ! Féminicides, viols, harcèlement sexuel… Malgré des avancées majeures, les violences faites aux femmes persistent. Cette somme signée Géraldine Grenet et Marie-Ange Rousseau permet d’aborder la question des violences sexistes et sexuelles de manière pédagogique par le biais d’une vaste étude socio-historique. L’objectif, atteint, était d’inscrire ces faits longtemps masqués et même excusés dans un contexte social, d’éclairer la perception de ces violences pour en comprendre les mécanismes et les dimensions politiques et juridiques. Mais aussi de montrer l’engagement et les résultats obtenus par les mouvements féministes dont le rôle est toujours indispensable.

    Leur travail des autrices transforme cette BD en un outil de transmission et de réflexion, capable de toucher un large public pour mieux comprendre ces questionnements et de donner de la voix aux femmes souvent réduites au silence.

    À travers des exemples concrets et des rencontres d’acteurs de terrain, cette BD, qui est à la fois un reportage et une encyclopédie, est complétée par de multiples notes pour aller plus loin et s’impose comme un ouvrage essentiel face à un système patriarcal de plus en plus contesté. Instructif, vulgarisant des notions parfois complexes et documenté, ce livre est aussi une arme destinée à un large public dans ce combat.

    Chez le même éditeur, il existe par ailleurs d’autres bandes dessinées qui touchent à des sujets d’actualité tels que « Tant pis pour l’amour », « IVG, A nos corps libre », « Amours » ou « Cher corps ».

    ET AUSSI

    Emma Goldman, femme et anarchiste

    Voici la première biographie dessinée d’Emma Goldman qui au tournant des XIXe et XXe siècle fut qualifiée de « femme la plus dangereuse d’Amérique ». Militante anarchiste originaire de l’empire tsariste, « Emma la rouge » a participé à tous les combats de la classe ouvrière tout en étant une pionnière du féminisme. Léa Gauthier et Hélène Aldeguer mettent à l’honneur cette figure d’une incroyable actualité. Le parti pris narratif, entre les années 1930 où elle vit à Saint-Tropez, et son parcours militant, permet d’aborder tous les aspects de ses luttes.

    Chez Futuropolis, 23 euros

    Une obsession

    Autrice à part, Nine Antico explore le désir féminin, le sien en l’occurrence, en replongeant dans son histoire et ses souvenirs. Rares sont celles et ceux qui arrivent à toucher à l’universel à partir d’eux-mêmes et Nine Antico en fait partie, parlant d’elle en évitant les écueils du voyeurisme ou de l’exhibitionnisme, le tout servi par un graphisme personnel et délicat. Le pitch ? Au lendemain d’une séparation douloureuse, elle embarque pour Venise afin de comprendre les schémas qui ont structuré ses relations sexuelles et amoureuses…

    Chez Dargaud Charivari, 29,95 euros

    Ces lignes qui tracent mon corps

    Vivant en France depuis 2011, Mansoureh Kamari se penche dans cet album magnifique, son premier !, sur son enfance et sa jeunesse en Iran, un pays où le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants et a les pleins pouvoirs sur les femmes de sa famille. Interdictions multiples, peur permanente, impuissance et incapacité à maîtriser son destin… Un témoignage indispensable de quelqu’un qui a fui cette prison pour femme et rappeler que le mouvement « Femme, vie, liberté » se poursuit là-bas malgré une répression féroce.

    Chez Casterman, 24 euros

    Rojava

    Premier volume d’un diptyque signé Aurélien Ducoudray et Sébastien Morice, cette BD suit les pas de Rojava, jeune kurde syrienne engagée dans les bataillons féminins des YPJ pour mener la lutte contre Daesh. Portant le nom de l’entité automne kurde de Syrie qui a mis en place la constitution la plus démocratique et égalitaire du Moyen-Orient, l’héroïne de cette fiction montre la complexité de la guerre, entre solidarité, humour et désespoir… Et rappelle que le conflit est aussi une bataille intérieure pour préserver son humanité.

    Chez Grand Angle, 15,90 euros

    Semmelweis, le médecin des femmes

    Isabelle Bauthian et Eva Rossetti redonnent vie au médecin qui dans la plus grande clinique de Vienne au XIXe siècle s’est véritablement préoccupé de l’état de santé des femmes venant d’accoucher et de l’incroyable mortalité qui les frappait alors, 10% en moyenne, considérée par tous les pontes comme une fatalité. Face à l’entêtement et au conservatisme de ses supérieurs, il va mener seul une lutte pour la diffusion de l’asepsie, un combat qui lui coûtera sa carrière et sa santé mentale. 30 ans après sa mort, ses préconisations seront devenues des évidences !

    Chez Steinkis, 22,50 euros

    La mère vénère

    Cru et drôle ! Camille Besse rappelle dans cette petite BD faites de strips d’une page que la maternité est un sport de combat, surtout quand elle est solo. Car le quotidien d’une mère célibataire est une course semée d’embûches. Sans tomber dans le moralisme, cet album féministe évoque les affres de la parentalité, entre quotidien, transmission des valeurs et liberté laissée à sa progéniture. Une suite de scènes succulentes et vengeresses dans un album à l’humour corrosif d’une autrice qui dessine également beaucoup pour la presse.

    Chez Glénat, 14 euros

  • [Le coin du roman] Les folles aventures d’une femme commise à un étrange sauvetage

    [Le coin du roman] Les folles aventures d’une femme commise à un étrange sauvetage

    Vous n’êtes pas sans savoir, chers lecteurs, qu’un O.L.N.I. est un Objet Littéraire Non Identifié. Si vous l’ignoriez, il vous suffit de lire La Corporation des Fabulistes de Mikaël Hirsch. Écrivain extraterrestre descendu de la planète Mars pour semer la littérature de graines qui perturbent les habitudes des lecteurs, davantage accoutumés à l’expression, plus ou moins fidèle, de la réalité qu’à l’errante imagination, dont on dit qu’elle se repaît (et c’est tant mieux) de bizarreries et d’excentricités. La seule certitude, c’est que vous êtes bien en présence d’un personnage, fictivement réel : Florence Teller, chercheuse en littérature antique, et chargée de protéger de précieux ouvrages menacés d’autodafé par des guerriers que nous qualifierons de belliqueux. Y parviendra-t-elle ? That is the question, comme disait l’autre.

    Mystérieuse liasse

    Pour l’heure, Florence s’occupe comme elle peut, jusqu’au jour où elle trouve d’étranges feuillets reliés par le même cuir. Les uns signés par un lettré malien, un autre par un compagnon de cellule de Marco Polo, et un dernier par Pythéas de Massalia, premier homme à avoir franchi les frontières d’une île mythique, et dont la statue figure sur le palais de notre Bourse phocéenne, à deux pas du Vieux-Port. Ne sautez pas la page 216, et bouchez-vous les oreilles, car un vacarme va déchirer le ciel. Fermez aussi les yeux afin d’éviter les tourbillons de poussière… Pour un roman qui reste, des milliers d’autres vivent un jour, des centaines font quelque bruit à leur apparition, puis disparaissent six mois après, sans qu’un seul lecteur puisse en dire le titre. Celui-ci restera.

    Le Dilettante, 20 euros

    ET AUSSI

    Le Carnet de Ludwig X

    Primo : nous sommes en 1944, sur le front de l’Est. Ludwig X, étudiant brillant, engagé dans la Résistance, disparaît, et sera retrouvé mort sous un uniforme allemand. Secundo : le roman est une narration, vraie ou feinte, où l’auteur cherche à susciter notre intérêt. Tertio : l’histoire racontée dans le nouvel ouvrage de Pierre Fiastre est-elle authentique, car tout est fait pour y voir un document d’archives, ou des plus incertaines ? Quarto : les lecteurs s’en contrefichent, puisqu’ils auront pris du bon temps. Parfaitement exécuté. Succès assuré.

    Melmac, 12 euros

    La délivrance de Tolstoï

    Premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature, Ivan Bounine, mort à Paris en 1953, nous offre, vingt ans après la disparition de Tolstoï, et grâce à la traduction de Marc Slonim, la biographie d’un écrivain qui passa une grande partie de sa vie à comprendre l’incompréhensible, à savoir le sens de la vie. Biographie où se mêle l’autobiographie de Bounine tant l’auteur s’identifie aux obsessions de celui qui voyait du mystique jusque dans l’aboiement d’un chien. Une écriture élégamment discrète qui nous change des romans tapageurs.

    Les Syrtes, 12 euros

    Jacques- Louis David

    Ami des Jacobins et admirateur de Napoléon, d’où les sympathies et les antipathies qu’il excita, celui qui voulut peindre l’Histoire en marche, et que l’on surnomma L’Empereur des Peintres, a trouvé en David Chanteranne son Biographe (la majuscule est mise pour donner sa pleine valeur au spécialiste de la Révolution et du Premier Empire). Lisez la vie de cet homme dont on commémore le bicentenaire de la mort, dont les tableaux prouvent qu’il prit part à tous les événements de son temps, et qu’une congestion cérébrale privera de l’usage de ses mains.

    Passés/Composés, 24 euros

    L’appel des odeurs

    Née à Tokyo, Ryoko Sekiguchi vit à Paris. Depuis 2001, elle est devenue une écrivaine de langue française, même si ses livres continuent de faire honneur à la littérature japonaise, dont on dit qu’elle est une des plus riches du monde. Tout au long de son nouveau livre, nous parvient, comme par enchantement, l’odeur d’une personne, d’un animal, d’une plante, d’un souvenir, d’une citation, d’un tableau, d’une présence, qui est, ou qui s’est enfuie. Laissez-vous tenter par des phrases harmonieuses, mises au service des bouffées de parfums répandues sur les pages.

    Folio, 9 euros

  • Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    De nombreuses initiatives avaient été prises auparavant pour ne citer que les assurances sociales mises en place en 1930. Ce fut le premier régime obligatoire mettant le patronat à contribution pour servir un minimum de prestations en cas de maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès.

    Enfin, il fallut attendre la libération de notre pays pour que, en accord avec le programme du Conseil national de la résistance soit reprise l’idée de la Sécurité sociale sous la responsabilité de notre camarade et ami communiste Ambroise Croizat avec l’investissement des dirigeants syndicaux CGT et le concours du directeur général, Pierre Laroque, qui s’exprimait encore, en 1993, en ces termes : « Lorsque s’ouvre l’année 1947, la mise en place de l’organisation Sécurité sociale arrive à son terme, les textes fondamentaux sont adoptés et publiés. Les institutions nouvelles fonctionnent, les problèmes essentiels de locaux, de personnel, de matériel sont résolus. La Sécurité sociale est devenue l’élément de la vie quotidienne des Français. »

    La Sécurité sociale dans les Bouches-du-Rhône

    L’appui de la CGT n’a jamais cessé, depuis 1945, lorsque Ambroise Croizat et Pierre Laroque sont venus à Marseille nous demander de les aider afin d’ouvrir la première caisse dans un délai prévu. Nous avions appliqué les trois huit, travaillant jour et nuit et nous avons réussi, avec enthousiasme, à édifier une œuvre qui nous plaçait en tête de toutes les nations capitalistes dans le domaine des lois sociales.

    Notre gestion des caisses de Sécurité sociale permettait d’envisager pour les assurés sociaux de meilleures prestations et de belles réalisations. La première caisse à Marseille fut édifiée au square Stalingrad où se trouve actuellement le bureau des PTT.

    Une leçon pour le présent

    C’est du passé, mais une leçon pour le présent. Le système de protection sociale français, garantissant de nouveaux droits et devoirs, fut créé après la Libération alors que le pays était exsangue ! Fondé sur la répartition et la solidarité, il a permis que le pays se relève parce que les hommes s’étaient investis et que l’État assumait ses fonctions au service de la société tout entière. Pourtant, depuis le début, de multiples tentatives d’atteintes à ce système ont été faites par les gouvernements qui se sont succédé, dirigés soit par la droite, le RPR et l’UDF, soit par le Parti socialiste.

    Aujourd’hui, des milliards peuvent être récupérés pour améliorer et développer la Sécurité sociale avec la participation des employeurs. Il faut instaurer pour les entreprises un mode de cotisation basé sur la plus-value réellement ajoutée au travail et non sur le nombre de salariés.

    Applications du programme du CNR

    Les comités d’entreprise (ordonnance du 22 février 1945 et loi du 16 mai 1946) et aussi les comités techniques paritaires de la fonction publique furent une traduction concrète des objectifs affichés dans le programme du CNR. Mais l’adoption de la loi de 1946 fut laborieuse. Nous avions affaire à un patronat qui, avec la complicité de relais à l’Assemblée nationale, était soucieux de préserver les fondements de l’économie capitaliste, la propriété privée et le pouvoir exclusif des dirigeants d’entreprises. Je me souviens que cet avant-projet d’ordonnance était fort limité, nous décevait sans pour autant empêcher les réserves patronales. Nous en avions discuté avec Ambroise Croizat et Albert Gazier, réformiste et responsable de la CGT.

    L’assemblée consultative déposa un amendement pour améliorer le texte initial mais il ne fut pas pris en compte dans l’ordonnance. Dès le 24 février, nous affichions notre volonté de faire modifier ce texte insuffisant. Il aura fallu la démission du général de Gaulle et la grande victoire des partis de gauche pour que notre proposition soit votée à l’unanimité et donne le texte qui allait devenir la loi du 16 mai 1946. C’est ce nouveau texte qui fonda véritablement les comités d’entreprise en rupture avec le passé. Mais la réaction tendait d’accréditer l’idée que les CE étaient le prolongement des comités sociaux de la Charte du travail de Vichy, pur mensonge dont le but était de démobiliser les CE.

    Avec l’ordonnance du 22 février 1945 complétée par la loi du 16 mai 1946 qui rendit obligatoire la création de comités d’entreprise dans toute entreprise ou établissement de plus de 50 salariés, élu pour 2 ans, le CE disposait d’attributions consultatives pour assurer l’expression collective des salariés. Il gérait les activités sociales et culturelles.

    Cette belle loi de progrès constituait une arme puissante entre les mains des travailleurs, pour agir sur la production, les prix de revient et les œuvres sociales.

    La loi institua aussi, pour les ouvriers du bâtiment, des indemnités couvrant une partie des risques dus aux intempéries, ce qui satisfaisait une très ancienne revendication des salariés de ce secteur, ce qu’ils doivent à Ambroise Croizat. Cette législation a été plusieurs fois remaniée. La loi de 1966, l’ordonnance du 17 avril 1947 et la loi du 28 octobre 1982 ont renforcé les attributions du comité d’entreprise : le chef d’entreprise a l’obligation de lui fournir l’information économique nécessaire et le champ de la consultation a été élargi à la formation et aux suppressions d’effectifs. Une autre loi de décembre 1993 permet aux entreprises comprenant de 50 à 200 salariés d’opter pour une délégation unique du CE et les délégués du personnel, ceux-ci disposant d’un mandat de deux ans. Malgré les attaques, la CGT demeure aujourd’hui la première organisation syndicale, comme le prouvent les élections. Mais la désindustrialisation et la montée de la crise ont contribué au déclin et la diminution du nombre de salariés par établissement a affaibli les syndicats. Plus de trois millions de chômeurs pèsent non seulement sur les recettes de la Sécurité sociale, mais facilitent une « dynamique répressive ». La diminution du nombre d’adhérents et de militants les rend moins présents sur les lieux du travail, ce qui pose le problème de la syndicalisation comme première tâche.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Le coin du polar] « Prendre un enfant par la main… »

    [Le coin du polar] « Prendre un enfant par la main… »

    Mais cette fois, ce n’est pas pour l’emmener vers demain et c’est gisant, écrasé au milieu de la cour de l’école Turgot, à l’ouverture des portes, qu’on retrouve le corps recroquevillé du petit Tom, élève exemplaire, intelligent, travailleur, mais aussi aimé de tous, professeurs et camarades de classe, pour sa gentillesse et sa compréhension. Qui ? Comment ? Et surtout pourquoi ? L’inspecteur Millet, à deux doigts de la retraite, se méfie des emballements et des solutions qui arrangeraient tout le monde, sa hiérarchie, les parents, les élus, l’Éducation nationale. Non, il ne veut pas croire à la culpabilité d’un SDF squattant à proximité de l’école, pas plus qu’il a du mal, malgré la personnalité du gamin, à se persuader que Brayan, la bête noire des autorités, et même de Monsieur P., un professeur remarquable, apprécié de tous, a pu être mêlé à ce qui ressemble de moins en moins à un accident.

    La chute de l’école républicaine

    Une semaine de fermeture de l’école n’y suffit pas. L’atmosphère est lourde, oppressante, et d’autant plus que depuis quelque temps, Monsieur P. assiste, impuissant, à la dérive de son couple.

    Si on suit avec passion les péripéties de l’enquête et qu’on manifeste un intérêt croissant pour la psychologie de l’inspecteur et du professeur comme pour le lien étrange qui semble s’établir entre eux, Décrochages déborde bien vite d’un simple cadre policier. C’est un véritable acte d’accusation contre un système scolaire à la dérive, où les cuistres de la pédagogie différenciée, qui se gargarisent des mêmes mots utilisés à satiété par les propagandistes du développement personnel et d’une psychologie de bazar très rémunératrice, tiennent le haut du pavé. Monsieur P. a aimé son métier. Il a cru, suivi tous les stages, lu tous les livres, subi les changements et les revirements de consignes ministérielles. À en être gavé. Pourtant, il l’aime, il croit à son utilité, mais le hussard noir de la République fait désormais partie des désenchantés. Qu’on ne s’y trompe pas, si Décrochages est un texte poignant et douloureux sur le mal-être en milieu scolaire, si le ton de l’auteur, professeur des écoles à Paris, peut devenir acerbe et sa plume du vitriol, son récit n’est ni un tract ni un pamphlet. Un premier roman audacieux et souvent émouvant qui révèle un véritable auteur.

    « Décrochages » de Julien Fyot Viviane Hamy Éditions 392 p. 21€90.

    À (RE)DÉCOUVRIR

    Une magnifique idée pour un superbe volume ! Les huit romans du Cycle de Harlem réunis ici, du truculent La Reine des pommes au déroutant L’Aveugle au pistolet, enrichis d’un long texte de l’auteur, Harlem ou le cancer de l’Amérique. Une occasion de relire, ou de découvrir Chester Himes, dont la vie fut un roman noir, qui donna d’un Harlem à la fois cruellement authentique et totalement fantasmé, une vision haute en couleur et sans cesse renouvelée. Sur les pas de ses deux inspecteurs noirs, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, entrez à votre tour dans un ghetto où gangsters, maquereaux, patrons de jeu, charlatans et faux messies exploitent une population condamnée à tous les expédients pour survivre.

    Cercueil et Fossoyeur : le cycle de Harlem, Chester Himes, Quarto Gallimard 1 376p 32 €

  • Les 150 ans de Gustave Bret

    Les 150 ans de Gustave Bret

    Son nom n’évoque certainement pas grand-chose aux non-mélomanes. Pourtant, Gustave Bret est certainement l’une des plus grandes figures locales de l’histoire de la musique. Né le 30 août 1875 à Brignoles, il fut l’un des chefs d’orchestre les plus éminents de sa génération, et un organiste et compositeur de grand talent, tout en s’adonnant à la musicologie et à la critique musicale.

    Il a également été l’un des principaux acteurs de la démocratisation de Jean-Sébastien Bach, jusqu’alors méconnu. Il fonda ainsi la Société Bach en 1904 et organisa de nombreux concerts voués à la diffusion de l’œuvre du compositeur allemand. Ami et collaborateur de figures telles qu’Albert Schweitzer, Claude Debussy ou Gabriel Fauré, il a toujours privilégié la transmission et le partage, plutôt que la recherche de la lumière.

    Des lectures d’archives après chaque concert

    Pour le 150e anniversaire de sa naissance, Estérel Côte d’Azur Agglomération a tenu à lui rendre hommage à travers une série d’événements gratuits, jusqu’au 11 octobre. Pour ce faire, la collectivité a organisé, pendant plusieurs semaines, une collecte d’archives et de témoignages, qui ont permis d’étayer le projet. Au total, six concerts (entièrement gratuits) au programme dans les communes de l’agglomération (Fréjus, Saint-Raphaël, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens, Les Adrets de l’Estérel).

    Ce samedi, vous pourrez profiter d’un récital voix et piano à l’église Saint-François-de-Poule de Fréjus (19h30) par Emmanuelle Blanche-Lormand, soprano, violoniste à l’Orchestre Philharmonique de Radio France et arrière-petite-fille de Gustave Bret. Vendredi 10 octobre, place à un concert d’orgue à la Basilique Notre-Dame-de-la-Victoire de Saint-Raphaël. Le lendemain, un concert de chant choral clôturera ce cycle mémoriel à l’église Saint-Jacques de Puget-sur-Argens (19h30). Chaque concert sera par ailleurs suivi d’une lecture théâtralisée d’archives menée par ses arrière-petits-enfants, dont Éric Blanche, membre du chœur de Draguignan (qui participera au dernier concert). En parallèle, une conférence patrimoniale consacrée à Bret sera donnée le même jour à 14h30 à la médiathèque Villa-Marie de Fréjus.

  • Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Élégant dans son costard, lunettes de soleil sur le nez, Éric Cantona, en ce début d’après-midi, enchaîne les prises de vues sous la direction du réalisateur Philippe Dajoux.

    Dans un décor de rêve, entre la Grande Bleue, le paysage des Trois Secs et les portiques des chantiers navals au loin, « The King », surnom du Marseillais pour ses exploits de joueur de foot, remonte l’allée, à proximité du Neptune Club et du port St-Jean. Cantona est reconnaissable entre mille. Avec sa carrure et sa manière si caractéristique de se tenir parfaitement droit, les épaules en arrière.

    « Un peu une comédie à l’italienne »

    Après plusieurs essais, le réalisateur, Marseillais lui aussi, qui a un peu vécu, enfant, à La Ciotat, juge que la prise est bonne. Éric Cantona confie : « Le tournage se passe très bien. Les paysages sont magnifiques. Je prends beaucoup de plaisir à tourner ici, avec mon ami Philippe Dajoux. Je joue un commissaire qui revient à Marseille et la série mêle enquêtes et histoires familiales. C’est un peu une comédie à l’italienne, il y a des moments émouvants, d’autres plus drôles. J’adore jouer les scènes où il se dégage une certaine émotion. »

    Directeur de production sur la série, Jean-Paul Nogues, juste après, commente : « On a tourné une séquence. On a fait une mise en place avec les comédiens, les décorateurs, la caméra, le réalisateur. On a regardé comment on pouvait articuler le texte et se déplacer dans l’espace. On a défini un cadre et un mouvement. » Il développe : « Le réalisateur intervient sur la direction d’acteurs, avec des indications de jeu, et quand il est satisfait, on passe à la prise de vue. La scripte est à côté du retour vidéo. Elle a le scénario en mains, et vérifie que le texte est bien dit. »

    Philippe Dajoux – il a réalisé le film Les collègues en 1998 – se dit « très satisfait du tournage. On a tout ce qu’il faut comme il faut. À Marseille, dans le Sud, à La Ciotat, on est gâté pour tourner ». Diffusée en trois soirées de deux épisodes l’an prochain sur TF1 (on ignore encore à quelles dates), la série campe « un policier [Joseph Batista, alias éric Cantona, Ndlr.] associé à un avocat [Samy Kaddourian, alias Bruno Sanches] qui enquête. C’est surtout une comédie familiale policière », consent à dire le réalisateur.

    Venu assister au tournage de la séquence, Renaud Muselier (Cap sur l’avenir), président de la Région Sud, ne cache pas son enthousiasme. Entièrement tournée en Provence, de mai à octobre 2025, produite par Quelle aventure ! et Empreinte digitale, la série sera soutenue, après un vote d’aide à la production le 17 octobre prochain à la Commission permanente, à hauteur de 100 000 euros. Parce que le cinéma et l’audiovisuel représentent, pour l’élu, « une économie non délocalisable, qui attire des investisseurs et fait rayonner nos territoires ». La Région apporte à la filière un financement de 7,4 millions d’euros, « de la formation à la diffusion, de la production à l’éducation à l’image ». Avec plus de 5 000 jours de tournage par an, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur« est devenue la deuxième région pour les tournages, après l’Île-de-France ».