Le déroulement d’une campagne est souvent à double tranchant. Il peut révéler les ambitions personnelles ou incarner une aventure humaine vectrice de lien au prisme de valeurs communes. C’est la seconde option que la liste d’opposition « Unis pour La Garde » a souhaité concrétiser en offrant un siège au Parti communiste, qui n’était pas représenté au conseil municipal.
Une idée venue de Joëlle Antoine. En 3e position sur la liste menée par la socialiste Julia Peironet-Bremond, celle qui milite également dans les rangs du PS a proposé de démissionner à l’aube de son deuxième mandat dans une optique de plus grande représentativité. « On a mené une super campagne avec des personnes de tous horizons. J’ai des implications dans des associations, et je me suis dit que ce serait bien de laisser ma place eu égard à mes activités, car c’est une liste d’union sur laquelle les gens s’entendent », explique la principale intéressée.
Une « union républicaine » et non pas une « union de partis », martèle Julia Peironet-Bremond, dans laquelle on retrouve des socialistes, des communistes, des radicaux, des non encartés, « et même des gens de droite », précise-t-elle. Pour la tête de liste, ce choix « matérialise une union sur le papier, et montre au PC de La Garde que cette campagne ensemble, ce n’était pas rien ». Et cela dépasse le cadre politique : « Il y a eu une franche camaraderie, et on a mis ce mot-là en action. Nous sommes fiers de voir que les valeurs républicaines nous portent tous ensemble face à la majorité LR et la liste RN. »
C’est donc Filippo Signorino Gelo, 6e de la liste, et militant communiste depuis 40 ans, qui va, pour la première fois, siéger au conseil municipal : « Quand Julia a lancé la campagne, on a eu des discussions et un vote dans la section pour aller à sa rencontre. On était quatre communistes encartés dans la liste. On a accroché sur de fortes valeurs de gauche, donc on a fait un long chemin ensemble », résume le Lorrain d’origine, débarqué à La Garde en 1989, qui espère être « associé au conseil municipal dans un arc républicain dont j’exclus le RN. On est dans une configuration tripartite, mais avec une faible majorité. Les Gardéens ont voté pour une gestion partagée, il faut donc travailler ensemble pour l’intérêt citoyen ».









