Tag: justice sociale

  • « Le patronat essaie d’enfermer la gauche dans le prélèvement »

    « Le patronat essaie d’enfermer la gauche dans le prélèvement »

    La Marseillaise : La taxe Zucman suscite de vifs débats autour du budget. Quelle est votre analyse sur cette mesure très populaire dans l’opinion ?

    Frédéric Boccara : Il y a un vrai problème de justice fiscale. Mais le problème du budget c’est d’abord que son financement est dans les mains des marchés financiers : ils prélèvent 66 milliards d’intérêts, soit l’équivalent de la dépense pour l’enseignement primaire et secondaire. C’est ensuite un problème de dépenses malsaines, qui minent l’économie, la société et son développement, donc la capacité « d’avaler la dette » par une croissance saine… Enfin, il y a les impôts. La taxe Zucman doit être regardée relativement à deux enjeux. La justice fiscale, une contribution juste des personnes et des entreprises, et une inégalité extraordinaire s’est creusée en faveur des ultra-riches que des grandes entreprises. Et l’enjeu d’efficacité. Si on prélève et que le pays s’appauvrit, ça ne va pas. Développer la France, c’est développer l’efficacité pour vivre mieux. Et la taxe Zucman ne s’inscrit pas forcément dans cette logique.

    Quels leviers envisagez-vous alors ?

    F. B. : Les économistes du PCF, avons d’autres propositions. Nous parlons d’une sorte de taxe Zucman améliorée, un impôt sur la fortune amélioré. Ce problème de l’efficacité, les uns prétendent le résoudre en disant, on va taxer les biens professionnels, les autres, on va les exclure. La question est : quelle est la contribution des biens professionnels au développement sain et efficace du pays ? C’est l’enjeu d’une partie de la richesse. Nous proposons donc une taxation minimale de toutes les fortunes, à partir d’un certain seuil, y compris biens professionnels, modulée à la hausse s’ils ne développent pas l’emploi, la valeur ajoutée, l’écologie. Il faut ainsi taxer « l’outil de non-travail ». De même pour les bénéfices. Côté ménages, il faut baisser fortement la TVA, si douloureuse pour les plus modestes, et rétablir plus de progressivité de l’impôt sur le revenu.

    Le patronat s’agite avec ce meeting du Medef le 13 octobre. Comment interprétez-vous cette réaction ?

    F. B. : Ça veut dire deux choses : le patronat est inquiet de la mobilisation sociale, et il veut serrer les boulons parce qu’il redoute aussi des défections dans son camp. Car nous voulons et pouvons emmener l’ensemble des forces de la création et du développement avec nous pour aller de la justice fiscale vers une nouvelle efficacité fiscale du prélèvement et de la dépense. Un certain nombre de couches moyennes et supérieures sont intéressées par cette vision. L’U2P, les vraies petites entreprises, a réagi très durement face au Medef, en disant : « Nous payons plus, nous voulons contribuer mais il ne faut pas nous écraser ». C’est précisément cet élément que nous reprenons. Il y a quelque chose de juste dans leur argument. Les grandes entreprises ont vu leur taux effectif d’impôt baisser de cinq points entre 2016 et 2022, quand celui des très petites a augmenté de 0,4 (étude Insee). Les grandes entreprises paient 14% de leur bénéfice, contre 21% pour les PME. Le patronat essaie d’enfermer la gauche dans le prélèvement. Nous devons prendre au sérieux l’argument de l’efficacité. Dénonçons le double égoïsme du grand capital sur les entreprises. Il fait tout, jusqu’à tricher, pour payer le moins possible d’impôts. Mais son pire égoïsme, ce sont les délocalisations. Que fait-il avec les richesses ? L’argent qu’on lui laisse (dont les aides), il l’utilise à démolir l’activité et l’économie. Entrons dans une autre relation avec les entreprises pour aller vers une efficacité qui recèle des ressorts nouveaux : l’enjeu écologique, l’enjeu des capacités et des dépenses humaines.

    La dette, souvent brandie comme un frein à l’investissement social ou écologique. C’est une contrainte réelle ou construite politiquement ?

    F. B. : Elle est à la fois réelle et utilisée politiquement, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut dire que c’est bidon. Elle est réelle car elle est dans les mains des marchés financiers, avec deux conséquences : cette dîme de 66 milliards et cette exigence que les dépenses soient faites pour le capital, les bas salaires, moins pour les services publics… c’est leur vision de la compétitivité. Mais une dette n’est pas forcément mauvaise. Je préfère parler d’avances, c’est moins moral. Or des avances pour se développer, c’est nécessaire. Nous proposons un fonds d’avances pour le développer des services publics et de l’économie, appuyé par le pôle public bancaire et financé à 0%. Et une bataille convergente sur la Banque centrale européenne. 

  • « Nous proposons une taxation minimale de toutes les fortunes »

    « Nous proposons une taxation minimale de toutes les fortunes »

    La Marseillaise : La taxe Zucman suscite de vifs débats autour du budget. Quelle est votre analyse sur cette mesure très populaire dans l’opinion ?

    Frédéric Boccara : Il y a un vrai problème de justice fiscale. Mais le problème du budget c’est d’abord que son financement est dans les mains des marchés financiers : ils prélèvent 66 milliards d’intérêts, soit l’équivalent de la dépense pour l’enseignement primaire et secondaire. C’est ensuite un problème de dépenses malsaines, qui minent l’économie, la société et son développement, donc la capacité « d’avaler la dette » par une croissance saine… Enfin, il y a les impôts. La taxe Zucman doit être regardée relativement à deux enjeux. La justice fiscale, une contribution juste des personnes et des entreprises, et une inégalité extraordinaire s’est creusée en faveur des ultra-riches que des grandes entreprises. Et l’enjeu d’efficacité. Si on prélève et que le pays s’appauvrit, ça ne va pas. Développer la France, c’est développer l’efficacité pour vivre mieux. Et la taxe Zucman ne s’inscrit pas forcément dans cette logique.

    Quels leviers envisagez-vous alors ?

    F. B. : Les économistes du PCF, avons d’autres propositions. Nous parlons d’une sorte de taxe Zucman améliorée, un impôt sur la fortune amélioré. Ce problème de l’efficacité, les uns prétendent le résoudre en disant, on va taxer les biens professionnels, les autres, on va les exclure. La question est : quelle est la contribution des biens professionnels au développement sain et efficace du pays ? C’est l’enjeu d’une partie de la richesse. Nous proposons donc une taxation minimale de toutes les fortunes, à partir d’un certain seuil, y compris biens professionnels, modulée à la hausse s’ils ne développent pas l’emploi, la valeur ajoutée, l’écologie. Il faut ainsi taxer « l’outil de non-travail ». De même pour les bénéfices. Côté ménages, il faut baisser fortement la TVA, si douloureuse pour les plus modestes, et rétablir plus de progressivité de l’impôt sur le revenu.

    Le patronat s’agite avec ce meeting du Medef le 13 octobre. Comment interprétez-vous cette réaction ?

    F. B. : Ça veut dire deux choses : le patronat est inquiet de la mobilisation sociale, et il veut serrer les boulons parce qu’il redoute aussi des défections dans son camp. Car nous voulons et pouvons emmener l’ensemble des forces de la création et du développement avec nous pour aller de la justice fiscale vers une nouvelle efficacité fiscale du prélèvement et de la dépense. Un certain nombre de couches moyennes et supérieures sont intéressées par cette vision. L’U2P, les vraies petites entreprises, a réagi très durement face au Medef, en disant : « Nous payons plus, nous voulons contribuer mais il ne faut pas nous écraser ». C’est précisément cet élément que nous reprenons. Il y a quelque chose de juste dans leur argument. Les grandes entreprises ont vu leur taux effectif d’impôt baisser de cinq points entre 2016 et 2022, quand celui des très petites a augmenté de 0,4 (étude Insee). Les grandes entreprises paient 14% de leur bénéfice, contre 21% pour les PME. Le patronat essaie d’enfermer la gauche dans le prélèvement. Nous devons prendre au sérieux l’argument de l’efficacité. Dénonçons le double égoïsme du grand capital sur les entreprises. Il fait tout, jusqu’à tricher, pour payer le moins possible d’impôts. Mais son pire égoïsme, ce sont les délocalisations. Que fait-il avec les richesses ? L’argent qu’on lui laisse (dont les aides), il l’utilise à démolir l’activité et l’économie. Entrons dans une autre relation avec les entreprises pour aller vers une efficacité qui recèle des ressorts nouveaux : l’enjeu écologique, l’enjeu des capacités et des dépenses humaines.

    La dette, souvent brandie comme un frein à l’investissement social ou écologique. C’est une contrainte réelle ou construite politiquement ?

    F. B. : Elle est à la fois réelle et utilisée politiquement, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut dire que c’est bidon. Elle est réelle car elle est dans les mains des marchés financiers, avec deux conséquences : cette dîme de 66 milliards et cette exigence que les dépenses soient faites pour le capital, les bas salaires, moins pour les services publics… c’est leur vision de la compétitivité. Mais une dette n’est pas forcément mauvaise. Je préfère parler d’avances, c’est moins moral. Or des avances pour se développer, c’est nécessaire. Nous proposons un fonds d’avances pour le développer des services publics et de l’économie, appuyé par le pôle public bancaire et financé à 0%. Et une bataille convergente sur la Banque centrale européenne. 

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

  • En Vaucluse, une intersyndicale pour la justice sociale

    En Vaucluse, une intersyndicale pour la justice sociale

    Ils étaient huit autour de la table de l’intersyndicale ce lundi 15 septembre, représentant la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU et FO, pour évoquer l’appel national à la grève et la mobilisation de ce jeudi 18 septembre à Avignon. Ils appellent à la grève et à une manifestation qui se tiendra à 10h30 au départ de la cité administrative, avec un cortège jusqu’à la place du Palais des Papes où une prise de parole unitaire aura ensuite lieu.

    « Cette journée, qui est à l’appel de l’intersyndicale, est essentielle pour la mobilisation. D’autant plus que le gouvernement Bayrou a sauté et que Lecornu est aujourd’hui Premier ministre, et on sait bien que changer de visage ne change pas la politique économique et libérale de Macron, qui sera toujours au service des plus riches ainsi que du patronat », pose d’emblée Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT de Vaucluse, en amorce de la conférence. En insistant, pendant que les participants acquiescent, qu’il « faut mettre le gouvernement sous pression syndicale » afin de reprendre « l’agenda politique et social et imposer nos exigences sociales ».

    « Bien sûr, nous voulons des moyens budgétaires qui soient à la hauteur des missions de service public et des politiques publiques. Surtout des investissements pour une transition écologique juste avec, derrière, une réindustrialisation, car il y a des enjeux liés entre eux », enchaîne Frédéric Pelleing, secrétaire général de l’UD CFDT de Vaucluse. « Si on doit revenir sur les dernières déclarations du gouvernement, on leur répond que l’on n’est pas dupe. L’abandon de la suppression des deux jours fériés n’enlève en rien les offensives antisociales qui demeurent », confie de son côté Étienne Raoul, secrétaire départemental de Force ouvrière. Avant d’évoquer plusieurs chiffres pour illustrer son propos, comme l’augmentation de 6,5 milliards d’euros du budget des armées, le fait que les 500 plus grandes fortunes de France ont dépassé les 1 128 milliards d’euros cumulés, soit trois fois plus qu’il y a dix ans, ou les milliards d’euros reversés à leurs actionnaires par les entreprises du CAC40, tandis que « le gouvernement demande toujours aux plus précaires de faire des sacrifices », poursuit-il. « Le projet de budget n’a en rien disparu. On ne va pas se laisser aveugler par l’arbre qui cache la forêt », ajoute Nicolas Odinot, secrétaire départemental du SNUipp-FSU.

    Appel à se syndiquer

    Si c’est bien la première mobilisation intersyndicale, le mouvement fait suite à celui du 10 septembre, constitué en partie de personnes sans étiquette syndicale revendiquée. Mais pour continuer le combat, Laurence de Villèle appelle « tous les citoyens et les citoyennes qui partagent nos idées d’augmentation de salaire, d’abrogation de la réforme des retraites, de plus de justice fiscale, de plus de justice sociale, de lutte contre les licenciements, pour une transition écologique, à se syndiquer ». Et ce, car « le rapport de force, c’est au sein de l’entreprise qu’il doit se produire. Tant que l’on n’arrêtera pas la production, la vente ou les administrations, on n’y arrivera pas. C’est seulement dans ce cadre-là que l’on gagnera ».

    D’autant que les orientations du gouvernement de « remettre en cause les politiques d’élévation sociale, comme l’école ou l’hôpital, font le lit d’une certaine frange politique qui est l’extrême droite », dénonce de son côté Nicolas Odinot. « On le constate de plus en plus dans nos entreprises, la digue a cédé. Il ne faut pas se cacher de cette réalité », ajoute Frédéric Pelleing. Ils souhaitent ainsi faire de cette date du 18 septembre une occasion de « vraiment peser sur les orientations budgétaires afin qu’elles soient à la hauteur de l’attente des citoyens et d’une société civile en cohérence avec le monde actuel et non pas avec les espèces de maraudes de certains autoritaristes », conclut le secrétaire FSU.

    « Changer
    de visage ne change pas la politique de Macron »