Tag: justice sociale

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • La nouvelle cuisine centrale d’Avignon se précise

    La nouvelle cuisine centrale d’Avignon se précise

    La forte augmentation de la demande de repas issus de la cuisine centrale d’Avignon oblige, la municipalité a approuvé lors du dernier conseil municipal, le samedi 20 décembre dernier, une délibération votée à l’unanimité autour de la création d’une nouvelle cuisine centrale.

    En effet, le conseiller municipal délégué à la restauration scolaire, Christian Rocci, évoque un site actuel « dimensionné selon les standards de 1999 » et donc « vieillissant, sous-dimensionné (4 800 repas par jour, avec environ 3% d’augmentation par an) et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) ».

    Un nouveau bâtiment dont la construction est envisagée « sur un tènement foncier du MIN ». Une structure avec un étage et 2 164 mètres carrés de surface de plancher. Elle aura donc une « capacité de production totale de 7 300 repas/jour (6 000 scolaires, 900 petite enfance et 400 adultes/seniors) », précise la municipalité. Le conseiller municipal ajoute que les « enjeux de consommation énergétique sur ce type d’équipements et la maîtrise des coûts de fonctionnement sont si forts que l’opportunité de recourir à un marché de conception-réalisation pour réaliser l’opération sera à considérer ». Mais aussi qu’une délibération ultérieure sera nécessaire « pour la définition des jurys de candidature et d’analyse des offres afin d’acter notamment le montant des indemnités de participation à la consultation ». Le montant de l’opération est estimé à 17 945 000 euros. Un projet qui devra donc être porté par la prochaine municipalité.

    Un choix fort

    Une délibération votée avec « enthousiasme » par le conseiller municipal d’opposition écologiste Jean-Pierre Cervantès, qui y voyait lors de ce dernier conseil municipal « un choix politique fort » qui « démontre qu’il est possible d’allier exigence de qualité, justice sociale et durabilité ». Il avait alors appuyé son propos car elle « marque à bien des égards l’aboutissement d’un cycle de transformation qui a été engagé par la Ville. Celui d’un passage d’une gestion privée à une régie municipale de la restauration scolaire ».

  • [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    La Marseillaise : Comment le PS se positionne-t-il dans la campagne municipale de Martigues ?

    Saoussen Boussahel : Nos instances nationales et départementales ont acté le soutien des listes de gauche sortantes ainsi que l’union de la gauche là où elle peut gagner les élections. À Martigues, cela nous conduit à soutenir la majorité de Gaby Charroux, on va travailler et constituer notre liste ensemble comme nous le faisons depuis 60 ans.

    Quel est le projet socialiste au sein de cette union de la gauche ?

    S.B. : Nous défendons la justice sociale, pour cela nous voulons perpétuer le modèle martégal. C’est-à-dire des services publics puissants qui répondent aux attentes de tous les Martégaux, peu importe l’âge, le quartier, ou la situation financière. Tout en préservant notre patrimoine historique, environnemental et culturel, c’est important dans la recherche de développement durable. Nous devons aussi veiller à la mixité sociale dans notre ville, pour que personne n’ait peur de l’autre. Nous misons également sur cette jeunesse qui nous dirigera plus tard. Il faut leur construire un avenir avec des perspectives, les accompagner dans leurs études et leur permettre de trouver du boulot après une formation qualitative.

    Quels « défis » dont parle Gaby Charroux vous préoccupent ?

    S.B. : Nous allons entrer dans la phase concrète du contournement autoroutier, attendu depuis 50 ans. C’est un axe important de nouvelles mobilités et un moyen de soutenir l’activité industrielle en pleine décarbonation du golfe de Fos. C’est un enjeu hyper important, avec en perspective de nombreux emplois nouveaux, amenant des familles que nous devrons accompagner et pour lesquelles il faudra adapter l’offre de service public. Cela inclut la modernisation et l’extension de l’hôpital qui est en difficulté. Il y a du travail qui nous attend pour assurer le droit fondamental à la santé pour tous.

    Quelle place à la lutte contre l’extrême droite ?

    S.B. : Une place prioritaire. Les idées fausses de l’extrême droite se basent sur la haine des gens. Le député en place a été élu, ça montre que la bataille est importante pour sauver l’idée républicaine. Ce que j’explique au quotidien, c’est que l’immigration n’est pas là pour nous mettre en difficulté, mais pour en sortir. Je rappelle aussi que les immigrés consomment, travaillent et deviennent des citoyens français. On ne peut pas laisser les racistes et les fascistes lutter contre ce modèle. Il faut le dire aux municipales et aux prochaines échéances.

  • Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    « La camaraderie et la fraternité » ont réuni les communistes de Martigues à la Salle Dufy lundi soir, comme le caractérise le maire et candidat Gaby Charroux à l’occasion des vœux de la section du PCF.

    Des vœux qui se sont déroulés juste après le rassemblement en soutien au Venezuela, auquel le PCF a appelé à participer. « l’intervention impérialiste de Donald Trump au Venezuela marque un recul démocratique et humain terrifiant » selon le secrétaire du PCF de Martigues Axel Samuel, pour qui « le combat pour la justice sociale ici est indissociable du combat pour la paix là-bas ».

    Et pour cause, « la brutalité internationale trouve un écho dans la politique que nous subissons », affirme le responsable, au travers d’un « budget d’austérité aveugle » qui « sabre nos communes, dernière ligne de défense de la démocratie et du service public ». Axel Samuel considère que face au déficit invoqué comme raison d’économie, « le véritable déficit est celui de l’humanité et de la justice sociale, et à Martigues nous leur disons que nos services publics ne sont pas des variables d’ajustement mais notre bien commun ».

    « Une perspective communiste à Martigues »

    Le maire communiste Gaby Charroux partage l’analyse. « Le macronisme à bout de souffle persiste à vouloir imposer un budget austéritaire parmi les plus violents au niveau social », tance l’édile, « alors même que plus de 211 milliards d’euros sont versés chaque année aux entreprises sans contrôle ni contreparties ».

    Face aux « logiques marchandes et au recul des services publics » induits par cette politique, le maire oppose la perspective du « modèle martégal, où nous faisons le choix de l’investissement humain, de la solidarité et de l’intérêt général ». Gaby Charroux affirme que le PCF et ses élus « ont fait le choix de protéger » Martigues et ses habitants des « effets de l’inflation, des crises internationales et du désengagement de l’État ». En réponse, « la proximité, l’écoute, et par une démocratie locale vivante et exigeante », ainsi qu’une politique « d’accès à la culture, à l’éducation, au sport, aux loisirs, aux vacances, pensée comme un droit et pas comme un privilège », selon le maire.

    Une ambition double de l’élu, pour que « 2026 soit une année de victoire » aux élections municipales, mais aussi pour « faire vivre la mémoire des 90 ans du Front populaire ».

    Et de la dissolution des ligues fascistes la même année.

  • Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Si on arrête, tout s’arrête ! ». C’est le slogan qui va résonner un peu partout en France ce jeudi, à l’occasion de la journée internationale des Migrants. Une journée décrétée par l’ONU après l’adoption de la Convention Internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille. Proclamée en 1990, elle est entrée en vigueur en mars 2003, mais n’a été ratifiée par aucun pays européen.

    Manifestation

    aux flambeaux

    Deux appels ont été lancé au national. Le premier, « Une journée sans nous », porté par la Marche des solidarités et plus de 400 organisations et syndicats locaux, appelle à la manifestation et à la grève pour l’égalité des droits, contre le racisme et le fascisme. Le second, « Né.es ici ou venu.es d’ailleurs », comptait parmi ses signataires la confédération CGT, Solidaires, Attac ou encore la Cimade.

    Des dizaines de manifestations sont prévues en France. A Marseille où ce 18 décembre, résonne aussi avec la publication de la Charte mondiale des migrants qui y a été initiée en 2016, plusieurs rendez-vous vont ponctuer la journée.

    En fin de matinée (11h30), le Collectif réquisition ambiancera en fanfare la place Bargemon où se tient le Conseil municipal. Au menu : prises de paroles, point infos, foot réquisition, cartographie collective et marche du vide. Direction ensuite la Porte d’Aix où dès 10h, des permanences d’accès aux droits « hors les murs », des tables d’information, des stands de collectifs et des ateliers pancartes sont prévus.

    Dans l’après-midi (14h30), la CNT-SO organise un rassemblement, place Henri Verneuil devant l’hôtel Golden Tulip Euromed-Joliette. Après une journée de grève le 5 décembre, les femmes de chambre de l’établissement sont en négociation. « L’occasion de les soutenir, d’échanger sur leur condition de travail, de lutter contre le racisme et de se mobiliser, alors que l’industrie hôtelière et du nettoyage exploite beaucoup de travailleurs étrangers », indique le syndicat.

    A partir de 18h enfin, depuis la porte d’Aix, une quarantaine d’organisations syndicales, associations, collectifs et partis appellent à une marche aux flambeaux vers les Réformés.

    Les mots d’ordres sont multiples : abrogation de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et de toutes les lois racistes ; présomption de minorités pour les mineurs isolés ; régularisation de toutes les personnes sans papier ; réquisition des logements vacants ; fermeture des Centres de rétention administratives ; liberté de circulation et d’installation ; justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme…

  • La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    Ce vendredi, la gauche (PCF et PS), l’Association Saint-Cyr citoyenne, écologique et sociale, ainsi qu’un groupe de citoyens ont annoncé leur candidature commune au sein de la liste « Saint-Cyr à gauche, vers une ville juste et solidaire », menée par Sylvie Vinceneux, responsable de la commission nationale logement du PCF. Comme d’autres colistiers, elle figurait sur la liste « Un nouvel élan pour Saint-Cyr », conduite en 2020 par Dominique Olivier (PS), élu municipal depuis 2015, qui fera partie de l’aventure en position non-éligible.

    Le logement en priorité

    « Seule femme tête de liste », Sylvie Vinceneux aura pour concurrents la liste de la majorité sortante conduite par Pierre Luciano (DVC), adjoint du maire Philippe Barthélémy (qui ne se représentera pas), le conseiller municipal d’opposition Yvan Maubé (DVD) et Philippe Serre (ex-PS devenu macroniste), tête de liste à gauche en 2014. Pas de liste RN en vue. Mais l’enjeu autour de ses électeurs, majoritaires lors des législatives de 2024, est primordial : « Beaucoup votent pour eux et cherchent des coupables. On s’adresse aussi à eux et on prouvera que le RN n’est pas la réponse », annonce Sylvie Vinceneux.

    Dans un « contexte de cadre budgétaire contraint qui aura des répercussions au local », la liste veut faire évoluer « une ville vieillissante et repliée sur elle-même, avec un manque de démocratie locale » où « 43% population a plus de 60 ans » et qui connaît « une baisse démographique depuis une dizaine d’années, ce qui peut avoir des effets néfastes ».

    Pour ce faire, le logement est une priorité : « 45% sont des résidences secondaires. Il y a beaucoup d’Airbnb et seulement 9% de logements sociaux alors que 70% des habitants y ont droit. Les prix ne permettent pas aux jeunes actifs de rester », détaille Sylvie Vinceneux, qui relève aussi « près de 6% de passoires thermiques ». À ce titre, le projet de constructions de logements sociaux dans le quartier Pradeaux-Gare ne doit cependant « pas exproprier une cinquantaine de familles. On proposera un contre-projet », annonce la tête de liste. Ainsi, « la solidarité » est mise en avant pour « venir en aide aux plus fragiles, dont les seniors », et lutter contre « un taux de pauvreté de 10%, avec 14% de familles monoparentales ».

    Parmi les autres sujets abordés, celui de l’écologie et de la justice sociale, avec une « préoccupation particulière pour l’agriculture, les plages et le littoral, notre bien commun », dans une ville qui devra « bâtir sans bétonner ». Dans cette logique, a aussi été abordée la question des mobilités, notamment celle de la nouvelle gare, sur laquelle « il paraît impossible de revenir en arrière quant à l’implantation », mais « qui doit répondre aux besoins en termes d’accès et de stationnement, permettre de fluidifier la circulation à Saint-Cyr et y être reliée par des transports en commun ».

    Enfin, des propositions sur des sujets communautaires (gestion de l’eau, des déchets…) seront mis au débat, avec la volonté « d’informer la population plutôt que de passer des projets en catimini », conclut Sylvie Vinceneux, qui invite « les Saint-Cyriennes et Cyriens partageant nos valeurs à nous rejoindre ».

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.

  • Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    À 15 heures précises, le cortège nîmois s’est ébranlé des Jardins de la Fontaine. Derrière les banderoles de l’intersyndicale, la foule s’est dirigée en direction de la Maison Carrée, en passant par le centre-ville, ce jeudi 2 octobre. « Le monde du travail a assez souffert », a lancé d’entrée Thierry Biville, secrétaire départemental FO, donnant le ton de cette journée : « Aucune de nos demandes n’a été satisfaite au cours des dernières semaines. Alors nous recommencerons, autant de fois que nécessaire. La justice sociale, fiscale et environnementale ne peuvent plus attendre un budget qui ne vient pas. »

    Comme le 18 septembre, la manifestation a réuni des enseignants, des agents hospitaliers, des retraités, mais avec une affluence en léger retrait : 3 000 participants selon les syndicats, 1 000 selon la préfecture. Le cortège a marqué une halte symbolique devant la préfecture du Gard à 16h30, avant de se disperser sur l’avenue Feuchères. Cette fois, les slogans ont visé un nouveau responsable politique : Sébastien Lecornu, fraîchement nommé Premier ministre, a supplanté François Bayrou dans la bouche des manifestants. Il faut dire que l’impatience se fait attendre. Rencontré le matin même par les syndicats, « M. Lecornu nous a annoncés ce matin ne pas pouvoir agir faute de budget. Nous le pouvons, nous, en maintenant la mobilisation », avait annoncé d’entrée Thierry Biville. La reconduite dans le cortège de la banderole piquante qui avait marqué les esprits le 18 septembre, sur laquelle était inscrit « Lecornu entre dans l’arène, vivement la feria », témoigne de cette pression maintenue sur le nouveau numéro 2 de l’État. Emmanuel Macron et Bruno Retailleau sont restés, eux, les autres cibles habituelles.

    « Le moment ou jamais »

    Dans les rangs, l’ambiance oscillait entre fatigue et détermination. « Il faut maintenir la pression mais c’est dur, les citoyens s’épuisent », reconnaît Melissa Gil, présidente gardoise de la CFE-CGC. Marie Dufresne, secrétaire générale de l’UD CGT 30, reste quant à elle convaincue que « c’est le moment ou jamais d’agir. Nous en avons encore dans le ventre. Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour que l’espoir que nous portons ait une portée réelle, pas seulement symbolique. » Elle rappelle que la question budgétaire n’est pas l’unique moteur de la mobilisation syndicale : l’abrogation de la réforme des retraites demeure également centrale. Elle dit également la CGT prête à reconduire une nouvelle fois la mobilisation « tant qu’un nouveau budget décent et juste ne sera pas proposé et appliqué. »

    Si la mobilisation reste syndicale, les partis de gauche, notamment le PCF, avaient relayé l’appel et étaient largement présents sur place. Dans un communiqué, les communistes dénonçaient un budget « austéritaire » et rappelaient que « le problème, ce n’est pas la dette, mais le coût du capital », qui fait écho à leur « pacte d’avenir pour la France » axé sur l’investissement public, l’emploi et la transition écologique. À la veille d’un automne social qui s’annonce tendu, syndicats et partis de gauche entendent maintenir une dynamique commune. La prochaine étape pourrait être annoncée dès la semaine prochaine.

    « Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour agir. »