Tag: Julie Frêche

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • [Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste

    [Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste

    Dans le département du Gard, alors que la liste d’union de la gauche conduite par le sortant Denis Bouad (PS) pouvait remporter le troisième siège en lice et ainsi faire élire la communiste Cathy Chaulet, elle n’arrive finalement qu’en deuxième position avec 32,16%, soit 596 voix. Elle fait moins bien qu’en 2020 et les 35,7% obtenus (663 voix) malgré la victoire de la gauche à Nîmes aux dernières élections municipales. La division aura été fatale avec notamment la candidature de la conseillère départementale Carole Bergeri (164 voix, 8,2%) et de l’insoumis Jean-Baptiste Thibaud (65 voix, 3,3%).

    C’est donc la liste d’union les Républicains avec le centre qui arrive en tête. Le sortant Laurent Burgoa (LR) totalise 601 voix (36,19%) et est réélu. In fine, la candidature dissidente à gauche de Bergeri offre le troisième siège au RN. Sylvie Josserand (RN) obtient en effet 493 voix et siégera donc au Palais du Luxembourg. Dans le département de l’Hérault, si le PS perd un siège par rapport à 2020, (là aussi à cause de la division avec les listes concurrentes de Laurence Brutus et Audrey Imbert), la liste d’union de la gauche arrive tout de même en tête avec près de 30% et le sénateur socialiste Hussein Bourgi est réélu. Sa colistière Julie Frêche va faire son entrée au Sénat. En revanche, la droite perd son unique siège avec la défaite de la liste conduite par Jean-Pierre Grand (Horizons). Ce troisième siège tombe dans l’escarcelle de l’homme d’affaires Joseph Francis. L’extrême droite RN rafle le 4e siège dans l’Hérault et sa représentante, Manon Bouquin, est élue.

  • Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Depuis 2020 dans l’Hérault, la gauche avait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Henri Cabanel, Christian Bilhac) sur quatre (Jean-Pierre Grand). Au sortir des Sénatoriales 2026, ils ne sont plus que deux dans le camp progressiste.

    Et pourtant, la liste d’union de la gauche (PS, PCF, Place publique) a réussi son pari puisque outre le sortant Hussein Bourgi, la Montpelliéraine Julie Frêche, en seconde position sur la liste, siègera elle aussi au Palais du Luxembourg. Baptisée « Pour l’Hérault, pour la France », leur liste d’union l’emporte nettement avec 793 voix sur 2710 votants (sur 2730 inscrits) et 2694 suffrages exprimés. « Je vois dans cette victoire deux motifs : la rançon du travail accompli. Durant 6 ans, j’ai parcouru ce territoire héraultais dans toute sa diversité (…). Aux côtés de l’urbain, la ruralité a un avenir à construire », s’est félicité H. Bourgi rendant immédiatement hommage à Julie Frêche qui « entre dans l’Histoire comme la première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ».

    Et Julie Frêche d’abonder. « C’est le résultat du travail, de la rigueur, de la ténacité d’Hussein ». Les deux élus socialistes étant de Montpellier, elle rassure tout de suite. « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne ». De son côté, Michaël Delafosse (PS), va devoir trouver un(e) autre vice-président(e) aux transports. Ce dimanche 27 septembre à l’annonce des résultats à la préfecture, le maire de Montpellier, grand sourire, a salué « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place Publique ».

    En seconde position, Joseph Francis crée la surprise. Habitué aux déceptions électorales sous la bannière UDI, l’entrepreneur montpelliérain partait cette fois en tant que candidat divers droite. Pari gagnant qui a convaincu 427 grands électeurs. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite. Ce n’est pas un aboutissement mais le début d’un chemin. Je serai le sénateur de la ruralité », s’est réjoui Joseph Francis.

    Mais ce que tous les démocrates redoutaient est arrivé. Avec 328 voix, la députée Manon Bouquin se hisse en troisième position du scrutin au record de listes (13 !). Suffisant pour que le RN rafle un siège de sénateur pour la première fois dans l’Hérault. Le résultat d’une « lepénisation des esprits » et de la conquête d’Agde, 4e ville de l’Hérault, aux élections municipales. À noter qu’à l’extrême droite, le vote utile a joué à plein puisque la liste Reconquête (Romain Arnoult) n’obtient que 7 voix.

    À droite, le grand perdant se nomme Jean-Pierre Grand. À 74 ans, cette l’indéboulonnable sénateur est tombé et pas qu’un peu. Récoltant à peine 145 suffrages, il est victime de la perte de son ancien fief Castelnau-le-Lez, de son départ des Républicains pour Horizons, de l’usure du pouvoir et de la division de son camp.

    Car à droite, les voix se sont éparpillées entre Malik Hamadache (Nouvelle énergie, 134 voix), Alain Berthet (Les Républicains, 129 voix) et Amaury Fretay (divers centre, 2 voix).

    Même phénomène à gauche où le PRG, qui disposait d’un sénateur sortant (Christian Bilhac), perd gros avec l’échec de la conseillère régionale Florence Brutus (139 voix). Déception également pour le conseiller départemental Aurélien Manenc (divers gauche), qui rate l’élection (4e avec 275 voix). Pour le président héraultais, Kléber Mesquida (La Convention), qui figurait sur sa liste, c’est un revers. L’élue héraultaise Audrey Imbert (DVG) n’en a pas profité (147 voix).

    Enfin, en dépit d’un faible nombre d’élus Insoumis, la liste LFI d’Alexia Laforge recueille 119 voix et celle de la piscénoise d’Agnès Gizard-Carlin (Les Écologistes) 49.

  • Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Renforcée par un accord historique avec le PCF et Place publique (PP), la liste d’Hussein Bourgi (PS) fera-t-elle mieux qu’en 2020 en faisant élire Julie Frêche, en seconde position ? C’est tout l’enjeu pour cette liste d’union de la gauche, qui semble favorite (en tête avec 561 voix en 2020) quand bien même cinq autres listes se revendiquent de gauche (lire ci-dessous). « C’est un accord national PS/PCF. En 2020, le PCF seul avait fait 84 voix. Ensemble, on aurait pu avoir deux élus », calcule le communiste Éric Bringuier, troisième de liste.

    Jeudi 24 septembre à Montpellier, le meeting de clôture en présence du maire Michaël Delafosse (PS), de la maire honoraire Hélène Mandroux et de l’ancien président du Département, André Vezinhet, a fait office de démonstration de force. Mais c’est surtout sur l’écoute et le travail de terrain que mise Hussein Bourgi. « On termine la campagne vendredi à Mauguio. Nous aurons visité autour de 250 communes de l’Hérault », précise le sénateur sortant.

    Avec ses colistiers Julie Frêche et Éric Bringuier qui représentent aussi bien la Métropole de Montpellier que le bassin de Thau, Hussein Bourgi s’est fixé quatre axes principaux. D’abord la défense des services publics qui désertent la ruralité à l’instar de la Poste qui vient de fermer à Aniane ou qui menace de le faire dans des villages du Biterrois. « On a besoin de remettre des emplois de postiers », insiste Éric Briguier. « L’accès à l’hôpital public devient de plus en plus compliqué quand on sort de Montpellier. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise privée. » En référence à la fermeture de la maternité de Ganges, le communiste ajoute : « Il est impensable qu’une femme enceinte fasse trois-quarts d’heure de route pour aller accoucher. » « Sans mobilisation des syndicats et de la population, il y a longtemps que l’Agence régionale de santé (ARS) aurait fermé le Service d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève », illustre à son tour Hussein Bourgi. Depuis son siège au conseil de surveillance des hôpitaux de Bédarieux, Lamalou et Lodève, l’élu PS défend « le maintien des postes et des amplitudes horaires ». Éric Brinquier conclut qu’il faut « repenser les maisons de santé et réformer l’ARS qui a une vision comptable de la santé ».

    La lutte contre le réchauffement climatique constitue la deuxième priorité de la liste. Interpellé par les agriculteurs dont les cultures souffrent de la sécheresse, Hussein Bourgi veut faciliter auprès de l’État les projets de retenues hivernales du Département de l’Hérault, même s’ils ne font pas l’unanimité. Il propose aussi de donner un statut aux eaux thermales de Balaruc, Avène et Lamalou pour leur réutilisation. « Des milliers de m3 d’eau se perdent qui pourraient servir à l’arrosage. »

    Créer des fonds étatiques

    Contre les pics de canicule, le sénateur PS propose un fonds étatique de 2 milliards d’euros pour aider les communes à réaliser des travaux dans les « écoles passoires thermiques ». Il évoque aussi le cas de la vie culturelle et associative dont les activités dans des salles inadaptées pourraient être mises en sommeil de mai à octobre avec un « risque d’isolement ».

    Avec sa casquette de cégétiste responsable des cheminots de Montpellier, Éric Bringuier, insiste sur le besoin de développer les transports ferroviaires moins polluants. « Un train c’est l’équivalent de 10 bus et c’est plus rapide. Il faut rouvrir des lignes ferroviaires », lance le candidat PCF à l’attention de l’État, unique actionnaire de la SNCF.

    Le troisième axe de campagne est consacré à l’adaptation au vieillissement. Partant d’une étude qui montre que la plupart des chutes des personnes âgées ont lieu à leur domicile, essentiellement dans la salle de bains et la cuisine, Hussein Bourgi demande à l’État la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour adapter les logements à la perte d’autonomie (douches à l’italienne, meubles télécommandables…). « Une personne âgée coûte moins cher à la société chez elle », argumente-t-il. Enfin, pour favoriser l’implantation de médecins dans les zones en tension (y compris les quartiers populaires), l’élu sortant propose une « exonération fiscale » limitée à un ou deux professionnels par commune pour « éviter les effets d’aubaine ». Une idée rejetée par les médecins libéraux. « Certains ont bénéficié de bourses d’études, ils peuvent rendre un peu à la société pendant trois ans », estime le parlementaire.

    Des renforts policiers

    Dernier leitmotiv : la lutte contre l’insécurité et particulièrement le narcotrafic. Co-auteur d’un rapport qui a abouti au vote de la loi Ripost, censée apporter des réponses aux infractions du quotidien, Hussein Bourgi connaît bien le sujet. Il réclame des effectifs de police nationale supplémentaires à Montpellier, Sète et Frontignan. « Il y a besoin de restaurer la tranquillité publique dans certains quartiers, comme l’Ile de Thau à Sète. » À Montpellier, il pense aussi à la sécurisation des transports en commun dont l’utilisation est croissante depuis l’ouverture de la 5e ligne de tramway. « La brigade des transports créée par Michaël Delafosse ne saurait remplacer la police nationale. » Il ajoute qu’il faudrait accroître les capacités d’accueil de gendarmes à Villeneuve-lès-Maguelone, Valras ou Capestang.

    Enfin, Hussein Bourgi se veut actif contre les violences faites aux femmes. Dans la ruralité notamment, il dit avoir repéré des « zones blanches ». « Il manque des dispositifs de mise à l’abri, d’accueil et d’hébergement des femmes victimes de violences. » Le sénateur estime qu’il serait judicieux de « mettre en réseau » l’ensemble des acteurs : hôpitaux, bailleurs, travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge et le suivi des victimes.

    LES AUTRES LISTE DE GAUCHE DANS L’HÉRAULT ET LE GARD

    AURÉLIEN MANENC (DVG)

    LISTE : Territoires d’Hérault unis et solidaires

    Maire de Lunas-les-Châteaux et vice-président de Grand Orb, Aurélien Manenc con- duit une liste divers gauche sur laquelle figure notam- ment Kléber Mesquida. Elle veut porter la voix des communes rurales de l’Hérault.

    CAROLE BERGERI (DVG)

    LISTE : Du terrain au Sénat

    Conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (Gard) et ancienne n°2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri mène cette fois sa propre liste divers gauche. Elle revendique une candidature contruite sur le terrain, au contact des maires.

    JEAN-BAPTISTE THIBAULT (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Adjoint au maire du Vigan (Gard), J.-B. Thibaud conduit la liste autonome de LFI Gard. Il met en avant les moyens des communes, les services publics, l’accès aux soins, l’eau et l’écologie, mais il manque d’ancrage local.

    FLORENCE BRUTUS (PRG)

    LISTE : Pour l’Hérault, une voix libre, utile et engagée

    Vice-présidente de la Région Occitanie et membre du PRG, F. Brutus conduit une liste classée divers gauche. Déjà candidate en 2020.

    AGNÈS GIZARD-CARLIN (Les Écologistes)

    LISTE : Les Écologistes

    Après avoir conduit une liste écologiste aux municipales de Pézenas (Hérault), Agnès Gizard-Carlin mène la liste des Écologistes aux sénatoriales. Une candidature autonome qui entend placer les enjeux environnementaux et territoriaux au cœur du scrutin.

    ALEXIA LAFORGE (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Conseillère municipale à Castelnau-le-Lez, elle conduit la liste LFI de l’Hérault et défend l’autonomie financière des communes.

    AUDREY IMBERT (Divers)

    LISTE : Engagée pour l’Hérault

    Conseillère départementale du canton de Mèze, Audrey Imbert conduit une liste officiellement classée Divers, en marge des principales formations de gauche. Elle met en avant une candidature de terrain, avec des profils variés du territoire.

  • Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    À douze jours du scrutin, le casting est désormais complet. Dimanche 27 septembre, 1 982 grands électeurs dans le Gard et 2 729 dans l’Hérault choisiront sept sénateurs. Une élection discrète, mais qui ressemble à un troisième tour des Municipales : les nouveaux rapports de force locaux vont se traduire au Palais du Luxembourg.

    Un deuxième siège pour

    la gauche dans le Gard ?

    Dans le Gard, cinq listes se disputent trois sièges. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) partent avec une longueur d’avance, sans garantie pour leur camp de doubler la mise. En 2020, la droite avait obtenu 672 voix et deux élus, contre 663 voix et un siège pour la gauche. Six ans plus tard, la donne est bouleversée : la gauche a conquis Nîmes, quand le RN a pris Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et conserve Beaucaire. L’avantage nîmois de la gauche est cependant rongé par sa dispersion. La liste d’union de la gauche, autour de Denis Bouad, « Le Gard en commun », réunit PS, PCF et PRG, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. L’objectif : transformer la victoire nîmoise en deuxième siège. Mais Carole Bergeri mène sa propre liste divers gauche et LFI part seule derrière Jean-Baptiste Thibaud. En 2020, une dissidence socialiste avait recueilli 118 voix ; la gauche n’avait échoué que de quelques suffrages à décrocher un deuxième élu. À la plus forte moyenne, chaque voix égarée peut coûter cher.

    À droite, Laurent Burgoa présente au contraire une liste unique allant de LR au centre, soutenue jusqu’à Renaissance. Malgré la perte de Nîmes, le sortant conserve un réseau dense d’élus ruraux. Mais son véritable adversaire pourrait être Sylvie Josserand. La députée RN conduit une liste où figurent les maires de Vauvert et Bagnols-sur-Cèze. Le parti à la flamme avait déjà obtenu 203 voix en 2020, avec un ancrage municipal bien moindre. Son entrée au Sénat consacrerait une nouvelle étape de son implantation dans un département où l’extrême droite a remporté toutes les circonscriptions législatives en 2024.

    Dans l’Hérault, trois sièges

    à défendre pour la gauche

    Dans l’Hérault, la gauche se présente avec une équation presque inverse : elle détient aujourd’hui trois sièges sur quatre et a donc beaucoup à perdre. D’autant que deux de ses trois sénateurs, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (DVG), ne repartent pas. Leurs retraits ont libéré deux fauteuils et aiguisé les appétits : pas moins de six listes issues de la gauche ou de ses marges se retrouvent en concurrence.

    Le sortant socialiste Hussein Bourgi, soutenu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) et allié au PCF, semble disposer du socle le plus solide, notamment à Montpellier. Sa réélection paraît à portée, mais faire entrer sa numéro deux, Julie Frêche (PS), sera une autre affaire. Aurélien Manenc (DVG), poussé par le président du Département Kléber Mesquida (PS), entend capter l’électorat rural ; Florence Brutus (PRG), soutenue par Christian Bilhac, espère maintenir une représentation radicale ; Audrey Imbert (DVG) joue sa carte, tandis qu’Agnès Gizard-Carlin pour Les Écologistes et Alexia Laforge pour LFI ont choisi l’autonomie. Une addition de candidatures risque de coûter à la gauche l’un de ses trois sièges. La droite, elle aussi éclatée, dispose toutefois d’un socle municipal solide. Le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons) repart avec Patricia Mirallès, mais doit affronter Joseph Francis (DVD), entouré de plusieurs maires, Alain Berthet pour LR et Malik Hamadache (DVD), soutenu par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’association des maires de France. À cette offre déjà fragmentée s’ajoutent Romain Arnoult (Reconquête) et Amaury Fretay (divers centre).

    118 voix pour le RN en 2020

    Et derrière cet embouteillage, le RN attend son heure. La députée Manon Bouquin parie sur l’ancrage municipal accru de l’extrême droite, notamment après la conquête d’Agde et dans un Biterrois où la droite radicale dispose déjà d’un solide terreau. En 2020, le RN n’avait obtenu que 118 voix. Cette fois, décrocher un siège ne relève plus totalement de la politique-fiction si les suffrages continuent de s’éparpiller. Gard et Hérault deviennent ainsi deux laboratoires d’un même phénomène : la capacité du RN à transformer ses performances électorales en implantation institutionnelle durable. Face à lui, la gauche conserve de fortes positions locales, mais ses divisions peuvent l’empêcher d’en récolter les fruits. Le 27 septembre, quelques dizaines de voix pourraient montrer combien l’union ou la dispersion finissent par se compter.

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.

  • Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Michaël Delafosse (PS) espérait « l’unanimité » pour « donner de la force » au projet de Service express régional métropolitain (Serm). Le président de la Métropole de Montpellier a été entendu. Mardi 23 juin, à l’exception de l’abstention de LFI, le Conseil de Métropole a voté sa feuille de route qui va être aussitôt transmise au ministère des Transports dans l’espoir que le grand Montpellier soit retenu parmi l’un des 10 projets de Serm en France (lire aussi page 16).

    Autour des grandes villes, il s’agit de bâtir un réseau de transports en commun qui maille les territoires avoisinants, une sorte de « RER métropolitain », selon le souhait d’Emmanuel Macron exprimé fin novembre 2022. Ici, le ferroviaire occupe une place de choix. En raison de la saturation de l’axe littoral Montpellier-Sète, la réalisation de la Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan (horizon 2034 jusqu’à Béziers et 2040 vers Perpignan), jugée indispensable par Julie Frêche, sera la pierre angulaire. « Elle permettra de libérer des sillons sur la ligne historique avec 4 à 6 TER par heure. Les trois gares de Nîmes (centre, Saint-Césaire et Pont du Gard) seront associées pour travailler sur les RER entre Nîmes et Sète », précise la vice-présidente aux transports. « La ligne nouvelle n’a été que trop retardée. N’oublions pas le fret. La question du lien avec le port de Sète reste entière », rappelle l’élu PCF, Fabrice Lecomte. Enfin, Julie Frêche mise sur les pôles d’échanges multimodaux (PEM).

    Si elle souhaite « réduire la forte dépendance à la voiture » (90% des déplacements), l’élue PS songe aussi à améliorer le trafic routier, notamment les trajets domicile travail (150 000 quotidiens à Montpellier). Outre le Lien cher au maire de Saint-Géniès-des-Mourgues, Yvon Pellet (PS), le dossier prévoit la réalisation du contournement routier ouest (COM) de Vinci censé « sortir le trafic de transit des quartiers et communes » mais décrié par l’écologiste Delphine Esselin qui préférerait une « deux fois deux voies limitées à 70 km/h » plutôt qu’une liaison autoroutière entre l’A709 au Sud et l’A750 au Nord. Un serpent de mer qui affole aussi l’élue Emmanuelle Mysona (DVD). « En passant de 25 000 à 95 000 véhicules par jour, St-Jean de Védas sera sacrifiée. Il faut requalifier ce projet ».

    Un rare consensus

    Quoi qu’il en soit, l’A709 doit être requalifiée avec des sorties et entrées supplémentaires (déjà promises lors du doublement de l’A9 !) afin de « désaturer les ronds-points du Zénith et des prés d’arènes », expose J. Frêche. Pour relier Balaruc-le-Vieux à Garcia Lorca ou Baillargues à la gare Sud de France (…), des lignes de cars sur voies réservées sont prévues toutes les 10-15 minutes en heures de pointe (20-30 minutes le reste du temps de 5h à 23h). Les 4 lignes de bustrams restantes compléteront le maillage à l’Est (Le Crès, Vendargues, Castries) et à l’Ouest (Pignan, Lavérune, Cournonterral). De quoi ravir les maires sans étiquette de Cournonsec (Richard Paul) ou Saussan qui pointe les temps de trajets excessifs pour les lycéens. « Plus de pistes cyclables, c’est aussi moins de voitures sur les routes », insiste Sandrine Esserméant.

    Tout en se disant « pas opposé au Serm », Antoine Bertrand et les Insoumis de Montpellier se sont abstenus, Rhany Slimane pointant une « vision incomplète, injuste et myope ». « On nous présente un projet déjà conclu qui s’appuie au moins autant sur la voiture que sur le train », regrette Nathalie Oziol, favorable à une véritable « étoile ferroviaire » et opposée au COM. La députée parle d’une « coquille vide » en raison de l’incertitude des financements de l’État. Si Michaël Delafosse (PS) ne nie pas le sujet, il retient le positif. « Cette carte est le fruit d’un travail colossal entre 9 intercommunalités*. Quand avons-nous obtenu un document qui faisait autant consensus ? ». Une référence à Georges Frêche qui avait échoué à faire sortir le tramway de la Métropole. Une hypothèse désormais possible. « Des échanges sont prévus avec Stéphan Rossignol [président du Pays de l’Or] cet été…».

    * Sète Agglo, Pays de l’Or, Lunel Agglo, Lodévois Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Pic-Saint Loup, Nîmes Métropole et Montpellier Métropole (avec la Région Occitanie ou la SNCF)

  • Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    On les pensait enterrées et voici que les Zones à faibles émissions (ZFE) pourraient refaire surface. Bien que mises aux oubliettes par l’Assemblée nationale, les ZFE pourraient ressurgir à la faveur de la décision du conseil constitutionnel. « 9 Sages [les 9 membres du Conseil constitutionnel, Ndlr] ont décidé de piétiner les votes de l’Assemblée nationale, du Sénat et l’avis de 8 Français sur 10 », rumine Laurent Jaoul (sans étiquette). Opposant de la première heure à ce dispositif qui devait améliorer la qualité de l’air grâce à un système n’autorisant que les véhicules les moins polluants à circuler dans les métropoles et grandes agglomérations, le maire de Saint-Brès n’est pas pour autant surpris par ce revirement. « Je m’en doutais parce que les Sages sont à la botte de Macron, qui est favorable aux ZFE. »

    Pour autant, au motif que les ZFE constitueraient une entrave au principe de se déplacer librement voire une sorte d’assignation à résidence pour les foyers n’ayant pas les moyens financiers de changer de véhicule, Laurent Jaoul ne croit pas à un retour immédiat sous cette forme. Après une première fronde qui a conduit à une mise au placard des ZFE, « je ne vois pas comment les maires les mettraient en place ». Le maire de Saint-Brès apporte une précision importante. « Durant sa tournée des 31 communes, le président de la Métropole, Michaël Delafosse (PS), est venu me voir. Il m’a clairement dit qu’il ne voulait plus entendre parler des ZFE », affirme Laurent Jaoul.

    Les « Gueux » sortent une application référendaire

    Officiellement, aucune annonce de ce type n’a été formulée par Michaël Delafosse. Mais sa vice-présidente qui, à l’origine, tenait à la mise en place du dispositif d’État le plus tôt possible, semble beaucoup plus souple désormais. « Nous sommes dans un État de droit. Le Conseil constitutionnel a décidé, on attend la clarification de l’État », résume Julie Frêche. L’élue socialiste rappelle que les ZFE faisaient partie de la stratégie mobilités de la Métropole parce qu’elles étaient « une obligation pour les territoires de plus de 150 000 habitants ». Si elle compte continuer à « prendre sa part » dans la lutte contre la pollution, Julie Frêche ne met plus forcément les ZFE en première ligne. « Il n’y avait aucune harmonisation, le dispositif était mal pensé. Il faudrait des mesures d’accompagnement pour les personnes en difficulté. »

    Pour elle, ce sujet complexe nécessite d’y mettre de la nuance. « Il faut le traiter avec sérieux, rigueur. Et prendre en compte la grogne. » Pour autant, Julie Frêche rappelle que « la France va devoir se positionner sur le sujet, c’est une demande de l’Europe ». Allergique aux vignettes Crit’Air, Laurent Jaoul ne l’entend pas de cette oreille. Le collectif des « Gueux », qu’il avait monté avec le metteur en scène Alexandre Jardin, reprend du service. « On va lancer une application référendaire pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grands sujets », confie Laurent Jaoul. Et devinez quoi ? Le questionnaire sur les ZFE sera l’un des premiers proposés ainsi qu’un autre sur les prix à la pompe.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.