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  • Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte (36 ans) a prolongé son contrat à Montpellier, qui se déplace dimanche 11 octobre (16h) à Tremblay, pour deux ans. Capitaine, leader dans l’âme, fidèle au MHB depuis 2016, l’ancien international (198 sélections) est un joueur à part. Et une parole à part.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre prolongation de contrat ?

    Valentin Porte : Je suis heureux et un peu fier de pouvoir durer, de me sentir bien physiquement et bien dans ce club. J’ai pris un peu de temps pour réfléchir. Ma première question, posée à Julien [Deljarry, Ndlr.] : est-ce que j’ai encore le niveau pour jouer au handball ? Et, à Montpellier ? La réponse a été positive. La prolongation de Zvonimir [Srna, Ndlr.] m’a conforté de rester. Mon boulot, c’est de rester le plus en forme possible. J’espère que le dernier jour de mon contrat, je serai aussi en forme qu’aujourd’hui. Je ferai tout pour.

    Avez-vous songé à la retraite ou à un départ ?

    V.P. : Je n’y ai pas pensé une seconde. Je regretterais de prendre ma retraite si tôt. Cela serait du gâchis. J’ai la chance de faire un métier passion. J’ai toujours dit tant que je peux jouer, je jouerai. Voir ailleurs, ça fait partie des réflexions de fin de contrat. Je suis dans un club où j’ai beaucoup évolué depuis 10 ans, que j’aide à faire évoluer aussi. Je ne me voyais pas tout quitter pour un an ou deux. J’ai besoin de me sentir bien, comme à Montpellier, pour performer.

    Quel est votre objectif pour la suite ?

    V.P. : Je suis un compétiteur. Tout ce que je peux essayer de gagner, je vais essayer de le gagner. Quand je retrace mon parcours, il me manque une ligne qui me fait un peu mal, c’est le championnat de France. On retrouve la Ligue des champions cette saison. C’est du bonheur. Quand on voit les deux premiers matchs, c’est quelque chose de différent. Ça m’avait manqué. C’est là qu’on voit à quel point on est capable de se sublimer sur ce genre de rendez-vous.

    Existe-t-il un sentiment d’usure physique et mentale ?

    V.P. : C’est plus dur aujourd’hui qu’il y a dix ans mais je me sens très bien. J’ai changé beaucoup de choses depuis la fin de ma carrière internationale. Aujourd’hui, je me sens peut-être mieux physiquement qu’il y a 4-5 ans. Je récupère mieux. Mentalement, ça va avec les résultats. L’année où on est 9e à la mi-saison, c’était dur. Le nerf de la guerre, pour moi, c’est le niveau physique.

    L’échec au JO de Paris, et l’élimination en quart de finale, a-t-il été dur à digérer ?

    V.P. : Oui et non, dans le sens où ça correspond aussi à la fin de ma carrière internationale. Que j’avais déjà actée. Ce qui a été dur à digérer, c’est de se dire, quel gâchis de finir sur ça. Cela aurait été magique de finir avec une médaille autour du cou à Paris. Ça m’a pris moins de temps de digérer ça que 2016 (médaille d’argent au JO de Rio). J’ai réussi de suite à zapper sur le fait que ça y est, c’est fini.

    À 36 ans, pensez-vous déjà à l’après ?

    V.P. : Oui, bien sûr. J’essaie de m’ouvrir le maximum de portes possibles, de voir ce qui pourrait me plaire. J’y réfléchis sans y passer toutes mes journées, parce que j’ai toujours dit qu’à trop y réfléchir, c’est peut-être le début de la fin de ma carrière de joueur.

    L’échéance de fin de carrière fait-elle peur ?

    V.P. : Aujourd’hui, on a beaucoup de clés pour s’y préparer, avec notamment l’association des joueurs pros. On a beaucoup d’exemples de sportifs qui arrêtent et peuvent finir en dépression. Ça fait peur, évidemment, parce qu’on vit dans un rêve depuis qu’on est professionnel. C’est magnifique avant la bascule dans la vraie vie. Passer de tout à rien, ça fait un peu peur.

    Vous avez justement connu un moment difficile. Y a-t-il eu un avant et un après votre dépression ?

    V.P. : Il y a clairement un avant et un après. Je suis un homme complètement différent de celui d’avant. Et c’est ça qui me permet aujourd’hui d’être plus épanoui. Sans ça, je ne pense pas que j’aurais prolongé. J’étais trop dans tout. Dans un surinvestissement permanent. Je prenais trop à cœur les choses. J’occultais tout ce qu’il y avait autour de moi. Je ramenais le travail à la maison. Je n’étais pas de bonne compagnie. Et, je ne le voyais pas forcément. C’était un gros travail à faire pour s’en rendre compte et évoluer. Avec plus de recul, j’essaie de moins mettre sur un piédestal ce métier. J’y accorde de l’importance mais quand c’est fini, c’est fini. Il y a une vie autour. C’est ça qui a changé.

  • Mathieu Smaïli face à un tournant de sa carrière

    Mathieu Smaïli face à un tournant de sa carrière

    À 27 ans, Mathieu Smaïli, enfant du club, au RCT depuis 2010, fait désormais partie des cadres du vestiaire toulonnais, malgré un temps de jeu restreint (un match cette saison, 14 l’an dernier). « C’est un mec d’ici, un leader », décrit un autre joueur du cru, le talonneur Pierre Damond. « Il connaît l’ADN du club. En tant que jeunes, on s’inspire de joueurs comme lui ou Jérémy Sinzelle, pour apprendre et progresser. Il fait le lien, il sait ce qu’est être dans cette position. » Pour Franck Azéma, qui l’a retrouvé cet été après l’avoir connu à ses débuts, de 2021 à 2023, le natif de Hyères « a toujours les mêmes qualités. Mais je le trouve plus constant, affirmé au sein du groupe ». Néanmoins, « c’est toujours à prouver sur le terrain, par la régularité et la consistance dans les performances. C’est un joueur complet, qui comprend très bien le rugby, qui travaille beaucoup pour l’équipe. On veut le voir exploser complètement ».

    Le principal intéressé aussi. À un an de la fin de son contrat, celui qui est arrivé au club en 2010 sait que son avenir est en jeu, alors qu’il doit faire face une concurrence dantesque (Brex, Fickou, Jones…). « C’est l’année où j’en ai le plus, pourtant, j’en ai eu ! », retrace-t-il. « Mais c’est excitant, il faut s’en inspirer. » Sans faire de calcul, pour l’instant : « Pour l’avenir, je ne sais pas. La direction prendra des décisions, moi aussi. Je ne vais pas dire que je n’y pense pas, car c’est mon club de cœur. Mais je donne tout sur chaque opportunité, j’essaie de m’éclater, de prendre du plaisir ».

  • Avec Tyler Ardron, l’érable se fixe en Provence

    Avec Tyler Ardron, l’érable se fixe en Provence

    Un grand gaillard d’un mètre 93 pour 110 kg a débarqué pour la première fois dans l’espace médias situé derrière le stade Maurice-David. Transfuge de Castres, le troisième ligne canadien Tyler Ardron est arrivé, cet été, pour apporter sa riche expérience à un effectif très ambitieux. À l’issue d’un entraînement du capitaine disputé sous une forte chaleur, le joueur de 35 ans s’est présenté pieds nus devant la presse. Sans chaussure, mais avec un grand sourire, il a détaillé ses premières semaines sous le maillot noir.

    « Je pense que c’était assez facile de s’intégrer parce qu’il y a des bons mecs, un bon groupe, un bon staff. C’était facile aussi parce qu’il n’y a que 4 heures de route entre Castres et ici, je n’ai pas changé de pays. » Même si on peut le qualifier de vétéran, Tyler Ardron n’est pas là pour profiter de la région et terminer en douceur une carrière commencée 15 ans en arrière. Comme les autres nouveaux éléments de Provence Rugby, il a été séduit par le projet présenté. « Mon cauchemar, c’était de faire la saison de trop. Je voulais bien finir, garder la tête haute jusqu’au bout. J’ai parlé avec Philippe Saint-André et le président Denis Philippon et le projet qu’ils ont ici m’a beaucoup attiré », explique le natif de l’Ontario, région où se trouve la ville de Toronto.

    Globe-trotteur expérimenté

    Descendre d’une division n’a pas dérangé l’international canadien. Au contraire, il signale que les infrastructures sont exceptionnelles – « je peux dire que c’est même mieux qu’à Castres » –, mettant en avant le campus, le stade et les terrains d’entraînement.

    Heureux d’être là où il est, surtout après avoir parcouru le monde pour jouer au rugby. Après avoir débuté avec les Ontario Blues, dans son pays, le numéro 8 a débarqué aux Ospreys, une province galloise, avant de se rendre en Nouvelle-Zélande pour jouer avec les Chiefs. Depuis 2020, le troisième ligne était donc à Castres où il a pu découvrir ce qu’il se fait de mieux avec le Top 14. « Déjà, je pense que ça a beaucoup changé en 15 ans. À l’époque, quand il y avait le Pro 14 au Pays de Galles, c’était une très bonne compétition. Aux Ospreys, on avait sept mecs qui allaient faire la tournée avec les Lions britanniques, donc c’était du très haut niveau, rappelle-t-il avec son fort accent anglais. Même quand je regarde le Super Rugby [le championnat majeur de l’hémisphère sud] actuellement, c’est moins bien sans les Sud-Africains, donc où il faut être c’est en France. »

    Depuis son arrivée à Aix, Tyler Ardron a joué trois rencontres sur quatre, dont celle à Colomiers, où il était titulaire. La concurrence ne lui fait pas peur et se montre en accord avec la volonté de rotation de l’encadrement aixois. La meilleure recette pour gagner, d’après lui. « Quand je regarde le Top 14, Toulouse est toujours le favori. Ils font beaucoup tourner, ce n’est pas juste les trois meilleures troisième ligne qui jouent, mais tout un groupe de troisième ligne. Je pense qu’ici, on peut faire la même chose », dit simplement celui qui est également diplômé en psychologie.

    Aurillac avant le repos

    Dernier match du premier bloc de la saison pour Provence Rugby, ce vendredi, face à Aurillac. Une rencontre aux antipodes entre le plus gros et le plus petit budget de Pro D2. Le 2e accueille le 13e dans ce qui s’apparente à un choc déséquilibré, mais les Aixois ont toujours en tête leur prestation irrégulière contre Narbonne (47-42). Il y aura l’envie de faire mieux et réaliser le 5 sur 5.

    P.G.

  • [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    Il n’y a pas le feu à la rade. C’est en substance le propos que l’on entend dans les couloirs de Mayol, où les hommes de Pierre Mignoni se sont entraînés, jeudi matin, comme pour se rassurer et se réapproprier leur antre, autrefois imprenable, et dans laquelle ils ont déjà chuté, samedi dernier, pour leur premier match à domicile de la saison face au Stade Rochelais (20-21). Un deuxième revers d’un point en autant de matches, après celui concédé en ouverture de la saison, à Bayonne (27-26), qui vient déjà mettre en branle les objectifs de solidité à la maison annoncés avant le début du championnat.

    « Ce n’est pas le départ qu’on voulait faire. Seul le résultat compte, j’aurais préféré gagner ce match, mais ce n’est pas la fin du monde, on va se reprendre le plus vite possible », tempère le directeur du rugby toulonnais, qui ne veut pas céder au catastrophisme : « Il ne faut pas faire l’erreur de tout dramatiser, de tout vouloir révolutionner après deux matches. On n’a perdu que d’un point. Peut-être que si on avait eu le ballon à la dernière touche, on aurait levé les bras à la fin. Il en manque sur des secteurs précis, mais on n’est pas à 10 km, sur des défaites qui font mal. On prend à chaque fois un point qui va compter. » Cela, face à « l’équipe qui est, pour moi, la plus en forme du moment ».

    Le constat sera-t-il différent si le RCT (2 points au classement) venait à enchaîner un troisième revers, ce samedi, à Castres (4 points) ? Peut-être, d’autant que les Toulonnais ne sont plus imposés à Pierre-Fabre depuis 2019. « Ce n’est pas un club qui nous réussit ces dernières saisons. C’est une équipe dure à jouer, très complète. On sera attendu, eux aussi ont besoin de se racheter. Ce sera un match très disputé, comme d’habitude », prévoit Pierre Mignoni.

    Albornoz de retour

    Pour répondre à ce défi, Franck Azéma et Pierre Mignoni vont opérer plusieurs changements dans le quinze de départ, confirme ce dernier : « Certains étaient prévus car des garçons méritent de jouer, d’autres car on n’était pas contents des prestations. Avec ces changements, on doit continuer à s’accrocher, même encore plus fort, pour rivaliser avec Castres. »

    L’un d’entre eux est très attendu : le retour de Tomas Albornoz, suspendu lors des deux premiers matches pour un comportement intimidant envers l’arbitre d’Argentine-Angleterre, cet été. « J’en ai parlé avec lui. C’est un garçon calme à l’intérieur, mais c’est un gros compétiteur. Il a mal réagi, ça nous arrive à tous », le défend son entraîneur, avant tout heureux de retrouver un joueur qui « dynamise l’équipe, accélère le jeu. On essaie de jouer pareil avec ou sans lui, mais on est content de le récupérer. Il a beaucoup d’excitation. Il a eu une semaine de plus pour travailler et se régénérer, il est en forme ». Une éclaircie dans un ciel toulonnais quelque peu nuageux.

    Ludlam capitaine

    En l’absence de David Ribbans, toujours trop juste, et de Gaël Fickou, laissé au repos, Lewis Ludlam sera le capitaine toulonnais, ce samedi. « C’est important d’officialiser ce capitanat, car il est très légitime. Il parle français, il est très bien intégré. Après cinq mois sans jouer, il a joué 70 minutes contre La Rochelle, sans préparation, c’est remarquable. Il va amener beaucoup d’énergie. Quand il est là, il est écouté et suivi. Quand il n’est pas là, il impacte les autres », ne tarit pas d’éloges Pierre Mignoni. « Le plus important, c’est la performance sur le terrain. En tant que capitaine, il ne faut pas juste parler, il faut faire », a rappelé le principal intéressé.

  • Aloé garde un œil sur l’OM depuis le Luxembourg

    Aloé garde un œil sur l’OM depuis le Luxembourg

    Pur produit de la formation olympienne, Baptiste Aloé poursuit son aventure à l’étranger. Après avoir porté les couleurs de l’OM, de Valenciennes, du Beerschot VA en Belgique, du FC Arouca au Portugal, du Dinamo Bucarest en Roumanie, de l’AS Nancy-Lorraine, du SA Spinalien et, plus récemment, du RE Virton au Plat pays, le défenseur ciotaden de 32 ans a posé ses valises au Luxembourg, du côté de l’US Mondorf-les-Bains. Le club luxembourgeois, qui a terminé troisième du championnat national la saison dernière, a ainsi décroché une place au tour préliminaire de la Ligue Europa Conférence, mais a finalement dû s’incliner face à la formation géorgienne du Dinamo Tbilissi.

    Un nouveau défi pour le défenseur, séduit par le projet : « J’avais envie de rejouer en première division, au sein d’un club sain, familial et bien structuré. Avec eux, les choses se sont faites naturellement », souligne Baptiste Aloé. Une nouvelle étape dans une carrière marquée par trois accessions en première division nationale. Trois montées que le Ciotaden a vécues sans toutefois être conservé par son club à l’issue de chacune d’elles.

    Une situation qui ne l’a jamais empêché de garder un œil attentif sur son club de cœur, l’OM. « Je garde toujours ce côté marseillais, ce côté formé à Marseille. Je suis fier de mes racines », lance celui qui a disputé 15 matches sous le maillot olympien entre 2012 et 2015. Le premier d’entre eux s’est produit le 4 octobre 2012 contre le club chypriote de l’AEL Limassol en phase de poules de la Ligue Europa (victoire 5 à 1). « La veille, j’étais à l’école en pleine année du baccalauréat et le lendemain, je jouais un match de Coupe d’Europe », raconte le joueur couronné du titre de meilleur joueur du centre de formation de l’OM lors de la saison 2012-2013, conscient de la chance que lui a offert Elie Baup à l’âge de 18 ans. Depuis, il n’a plus eu l’opportunité d’en disputer un. « On ne se rend pas compte quand on le vit, mais il faut profiter de ces instants, car une carrière ça va vite », ajoute le Provençal, persuadé que l’OM ne peut pas délaisser la Ligue Europa.

    L’OM manque de banc

    « Au-delà de l’enjeu financier, la Coupe d’Europe peut aussi ramener du positif, parce qu’il y a certains matches qui sont peut-être plus faciles que d’autres. Ça peut apporter de la confiance. Surtout quand on vient d’enchaîner trois défaites en championnat », insiste Aloé, pour qui l’effectif marseillais manque cruellement de profondeur de banc. « Et en plus, il y a des joueurs d’expérience comme Bamo Meïté, Neal Maupay et Faris Moumbagna qui sont en manque de temps de jeu. Il faudrait leur en donner lors des matches de Ligue Europa pour qu’ils puissent retrouver du rythme », suggère-t-il. Mais à l’Olympique de Marseille, la pression est palpable. « Il faut se rassurer sur des choses plus simples. On m’a toujours dit que quand c’est dur, on revient aux basiques. Une fois qu’il va y avoir un déclic, ça va revenir », ajoute le Ciotaden. « Ce qui est dur à l’OM, c’est que tout le monde attend des résultats rapidement. Il faut être préparé à cela. Souvent, quand un joueur sort, il fait une carrière », estime Baptiste Aloé, en citant des garçons comme Laurent Abergel, Boubacar Kamara, Lucas Perrin et Maxime Lopez. Des joueurs qui n’ont pas pu exprimer pleinement leur potentiel lorsqu’ils portaient le maillot olympien. « C’est compliqué de répondre aux attentes de l’OM quand on a 18 ou 20 ans, surtout quand tout le monde rêve de performer en Coupe d’Europe », confie-t-il, sans penser qu’il y a des dysfonctionnements dans la formation phocéenne. « Il faut juste leur laisser du temps, mais il n’y en a jamais assez à Marseille », conclut le Néo-Luxembourgeois.

  • Les supporters entre inquiétude et espoir

    Les supporters entre inquiétude et espoir

    Tic-tac. Une trentaine de supporters attendent devant le centre d’entraînement de l’Olympique de Marseille, ce mercredi, sous un soleil brûlant. Ils espèrent rencontrer les joueurs, une fois leur séance terminée, pour leur demander autographe et photo. « Kondogbia m’a donné son maillot il y a trois ans », se vante un jeune homme, arborant fièrement le drapeau de la Centrafrique, pays d’origine du milieu de terrain olympien. D’autres supporters patientent à l’ombre, assis ou adossés contre un mur tagué aux couleurs de l’OM. Mais ce qu’attendent surtout ces fans, venus des quatre coins de la France, c’est la reprise de l’OM en Ligue 1. Le club phocéen débute le championnat ce vendredi à 20h45 contre Strasbourg. Après « une saison catastrophe », les attentes pour la saison prochaine sont grandes. « J’aimerais qu’on se qualifie en Europe », exprime Angelo, 12 ans, vêtu d’un maillot de l’OM, lunettes de vitesse bleues sur le nez et casquette jaune fluo vissée sur la tête.

    Les impératifs raisonnent aussi dans les discussions et sur les réseaux sociaux. « Je pense que cette équipe va agréablement nous surprendre. Dans l’histoire du club, il y a rarement eu deux mauvaises saisons consécutives. Nous venons d’en vivre une », souligne Gilbert Deukmedjian, ancien membre du Club Central des Supporters, la plus ancienne association de supporters de l’OM, qui n’est plus un groupe officiel depuis 2016. « Pour le moment, c’est la grande expectative. ajoute de son côté l’ultra marseillais Thierry Mode, plus connu sous le nom de Titi c’est toi le boss. Les résultats vont dépendre du groupe qui va rester. S’il reste en l’état, je pense que cela peut tenir la route en Ligue 1 », considère-t-il. « Comme à chaque inter-saison, je ne lis pas et n’écoute pas ce qui se passe à l’OM. Mais cette fois, je dois reconnaître que je m’inquiète un peu. Il n’y a pas eu le moindre recrutement », se désole Gilles, supporter de la Vieille Garde Ultra, premier groupe d’ultras français.

    L’absence de recrue inquiète

    À dix jours de la fin du mercato, qui se clôture le 1er septembre, l’Olympique de Marseille n’a en effet recruté aucun joueur. Une première dans l’histoire du club, qui inquiète les supporters. « J’ai peur de la saison qui arrive. On vend tout le monde, on achète personne. Il y a un problème », regrette Adonis, 14 ans, devant les grilles de la Commanderie, pour qui son meilleur souvenir restera une victoire contre l’OL, il y a deux ans. De son côté, Soraya, 50 ans, supportrice de l’OM « depuis toujours », relativise. « Faisons avec l’équipe qu’on a. N’essayons pas encore d’acheter pour acheter et derrière, creuser la dette. Essayons d’être à l’équilibre et après on verra », soutient celle qui se souvient encore des papinades de Jean-Pierre Papin.

    L’attente s’éternisant, deux petits garçons en survêtement du club se réfugient sous l’ombre du seul palmier de l’entrée du centre d’entraînement. « Weah, Weah ! » s’écrient les supporters. La voiture du défenseur phocéen passe mais ne s’arrête pas. Seuls Ange Lago, attaquant réserviste et Jelle Van Neck, deuxième gardien, s’arrêtent pour passer un moment avec leurs supporters.

    Genesio inspire confiance

    Cette saison marque aussi l’arrivée de Bruno Genesio sur le banc phocéen. Et il a déjà gagné le cœur de certains supporters. « J’ai confiance en Genesio. Il va faire du bon travail, si les dirigeants lui laissent le temps. Cette saison, l’OM paye les erreurs de l’ancienne direction. Il faut faire avec et laisser Genesio travailler », assure Gilbert Deukmedjian. Un sentiment partagé par Thierry Mode. « C’est un très bon entraîneur, qui a déjà réalisé de bonnes choses avec Rennes et Lille. » Mais il est aussi attendu au tournant par certains. « Je dois avouer que j’ai du mal avec Genesio. J’ai le sentiment que l’OM passe d’un extrême à l’autre. J’attends de voir ce que cela peut donner », avance Gilles, de la Vieille Garde Ultra. Malgré une saison « très difficile » l’an dernier, la passion demeure chez les supporters. « En 1993, la ville s’est transformée, elle était bleu et blanc. Il y a un petit bout de tout ça qui est toujours là. C’est aussi pour ça qu’on continue à supporter l’OM, cette ferveur existe toujours », s’émerveille Soraya qui a vécu le sacre européen à Marseille.

    « Je pense que cette équipe va agréablement nous surprendre »

  • OM : Bilal Nadir file à Hambourg

    OM : Bilal Nadir file à Hambourg

    Après Hamed Traoré, Mason Greenwood et Pierre-Emerick Aubameyang, c’est au tour de Bilal Nadir de quitter l’OM. Le milieu de terrain, qui était en fin de contrat, Le Franco-Marocain est attendu dans la journée pour passer sa visite médicale et signer un contrat de trois ans en faveur de Hambourg, qui s’est maintenu en Bundesliga, après avoir retrouvé l’élite allemande en 2025.

  • Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Dans la famille Grasshoff, on demande l’aîné. À 21 ans, Loïs confirme, saison après saison, les promesses entrevues depuis ses débuts au Smuc Basket. Formé dès l’âge de 6 ans au sein du club phare de la cité phocéenne, l’arrière provençal s’est rapidement fait remarquer par Le Mans, l’une des références du basket français, où évolue également son petit frère Bastien, de trois ans son cadet.

    Prêté la saison dernière à Aix-Maurienne, le Marseillais y a vécu une expérience « enrichissante », marquée par la confiance accordée par son entraîneur, Julien Cros. Malgré une blessure à l’ischio survenue en mars, qui l’a privé de la fin de saison, Loïs Grasshoff poursuit sa progression. Il découvrira, lors du prochain exercice, un nouveau défi sous les couleurs de l’ADA Blois, toujours en Élite 2 (Pro B), où il est prêté pour poursuivre son développement. « C’est un club qui m’intéressait », confie-t-il.

    Un choix mûrement réfléchi, alors que plusieurs formations françaises s’étaient positionnées, tout comme certaines universités américaines évoluant en NCAA. « Ce n’est pas forcément quelque chose qui me faisait vraiment triper, je n’ai jamais eu le rêve américain », révèle le lauréat de la Coupe du Monde U18 de basket 3×3 avec l’équipe de France, en 2022.

    Chez les Abeilles, un club qui a évolué en Betclic Élite entre 2022 et 2024, Loïs Grasshoff retrouvera son ancien coéquipier d’Aix-Maurienne, Lucas Demahis-Ballou, avec qui il dit partager une « alchimie rare ».

    Sous les ordres de David Morabito, le Marseillais espère s’inscrire dans la continuité de son passage en Savoie, où il bénéficiait d’un rôle important avec près de 20 minutes de jeu par rencontre, un temps de jeu conséquent pour un jeune basketteur de son âge évoluant à ce niveau. Pour autant, il garde les pieds sur terre : « Quoi qu’il arrive, je dois gagner ma place sur le terrain », glisse l’ancien smuciste, conscient qu’il doit posséder « un shoot plus fiable », progresser sur « la lecture du jeu », apprendre à « casser le rythme » et avoir « plus d’aisance avec la balle ».

    Un retour à Marseille ?

    Marseillais de cœur, Loïs Grasshoff profite de chacun de ses retours dans la cité phocéenne pour retrouver sa famille et ses proches. Malgré la distance, il suit également avec attention le développement de Marseille Basketball, le projet porté par Charles Assailly et Alexandre Fassy. « Je leur souhaite le meilleur, car notre ville a besoin d’un grand club de basket », confie celui qui, comme de nombreux jeunes talents marseillais, a dû quitter très tôt sa ville pour poursuivre son rêve de devenir professionnel.

    Si le projet atteint son objectif, rejoindre la Betclic Élite d’ici à 2031, le jeune Grasshoff n’aura alors que 26 ans. Un âge qui pourrait, pourquoi pas, lui offrir l’occasion de défendre un jour les couleurs de sa ville natale. L’histoire reste à écrire.

    Les premières pierres du projet Marseille Basketball

    À l’aube de sa première saison sous l’identité « Marseille Basketball », le club phocéen, engagé en Nationale 2, a déjà posé les premières pierres de son projet sportif. Ces dernières semaines, quatre recrues ont ainsi été officialisées : le jeune intérieur Tidjiane Mammone (21 ans), l’ancien ailier de Betclic Élite Jordan Aboudou (35 ans), l’arrière Kévin Minar (22 ans), récemment passé par Fos Provence Basket, ainsi que le meneur international malgache Kiady Razanamahenina (29 ans). Dirigée par Miroslav Dobrican, entraîneur serbe réputé pour son exigence et sa rigueur tactique, la formation marseillaise dispose d’arguments solides pour viser les premières places de Nationale 2 et décrocher la montée en N1.

  • Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Palalalala, je t’ai battu ! Ça va, pas trop dur d’être nul ? », s’exclame, railleur, le cadet du petit groupe venu du centre Saint-Raphaël (14e), foyer de vie pour personnes atteintes de handicaps mentaux, pour participer à une initiation pétanque en marge du Mondial. « Trop concentré » pour répondre à nos questions, le jeune homme a été invité, comme ses cinq autres camarades, par le Département des Bouches-du-Rhône pour prendre part à une matinée conviviale autour des boules. Avec eux, six résidents du foyer Exister, installé à Peypin, ont eux aussi été conviés.

    Pour les coacher lundi matin : « Mimi » des Amis de Saint-Julien et Yannick, tous deux éducateurs en école de pétanque. Trois épreuves leur sont présentées : le point, le tir, et la boule « [Philippe] Quintais », joueur de pétanque cinq fois vainqueur du Mondial. « Sans doute l’épreuve qui repose le plus sur la chance », note Mimi. Le principe ? Parvenir à coincer sa boule dans l’un des trous creusés sur une planche à l’effigie du mythique joueur. « Ils sont bon public, partout où on les emmène ils se régalent, à partir du moment où ils arrivent motivés », glisse Arnaud Farin, éducateur spécialisé à Exister, ravi de l’enthousiasme que suscite l’activité.

  • [Entretien] Alaixys Romao : « Le contexte à l’OM n’est pas évident à gérer »

    [Entretien] Alaixys Romao : « Le contexte à l’OM n’est pas évident à gérer »

    La Marseillaise : En tant qu’ancien pensionnaire de la maison olympienne, vous avez suivi les péripéties de l’OM cette saison. Qu’en pensez-vous ?

    Alaixys Romao : C’est toujours difficile de juger, surtout quand on n’est pas dans le vestiaire. Je pense que l’élément déclencheur arrive quand ils perdent 5-0 contre le PSG. Concernant les problèmes en interne, ce sont des problèmes qui doivent rester entre les principaux concernés et ça ne doit pas fuiter dans les médias. C’est dommage d’un côté, mais quand tu vois l’investissement de certains joueurs, tu te dis que tu ne peux qu’être désabusé.

    Vous avez vous-même connu des problèmes en interne, notamment avec l’épisode du différend entre Dimitri Payet et Florian Thauvin. Comment gère-t-on ce type de situation afin
    de retrouver un collectif
     ?

    A.R. : Il ne faut pas se leurrer, il y a des tensions dans tous les clubs. Encore une fois, je pense que c’est le genre de problèmes qui se règle en interne et ça arrive beaucoup dans un vestiaire, c’est normal. Ça fait partie de la vie d’un joueur de foot. Je pense que pour cette année, il y a eu beaucoup de précipitation dans l’équipe. Avec la Ligue des Champions, la Ligue 1 et la Coupe de France, ils avaient pas mal de choses à jouer et c’est dommage d’avoir terminé ces trois campagnes sans réel succès, alors que le jeu était prometteur.

    On a énormément parlé d’un problème d’entraîneur entre le départ de Roberto De Zerbi et les résultats négatifs d’Habib Beye. Selon vous, qui est le meilleur coach possible pour l’OM la saison prochaine ?

    A.R. : Pour moi, les coaches qui ont le plus réussi à Marseille viennent de l’étranger. Mis à part Didier Deschamps bien sûr. Parce que le contexte à l’OM n’est pas évident à gérer. Il faut trouver le coach qui va pouvoir gérer tout ça. Personnellement, j’ai beaucoup aimé le travail de Pierre Sage, mais honnêtement, je le vois pas partir de Lens. Il y a l’option Bruno Génésio qui peut être intéressante aussi, je trouve. J’aime beaucoup son état d’esprit, ça peut matcher avec l’OM.