Tag: JO

  • Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Comme à son habitude, elle est entrée sur le ring avec un regard féroce et déterminé. Romane Moulai (26 ans, 1,60 m), championne du monde IBO poids mi-mouche originaire de Marseille, a pu savourer sa huitième victoire professionnelle, samedi soir à la Villa M, lors de la défense de son titre face à la boxeuse philippine Althea Shine Pores (24 ans, 1,55 m, 6 victoires, 1 nul, et 1 défaite désormais). « J’ai pris ce combat avec énormément de sérieux, parce que je savais que c’était une adversaire à la hauteur. C’était excitant, même s’il y avait un peu d’appréhension, alors que je savais que l’on était prêt », souligne la combattante toujours invaincue sur la scène principale. Après quelques rounds d’observation où elle a malgré tout dominé son adversaire, grâce à sa vitesse d’exécution et son direct du gauche dévastateur, Romane Moulai a progressivement eu la mainmise sur cet affrontement, jusqu’à la décision unanime des juges (deux des trois ont accordé le gain des dix rounds à la Marseillaise). « Elle a su gérer ses émotions, tout en déroulant sa boxe sans se mettre de pression », se réjouit Kassa Baradji, son coach au club de Drancy, en région parisienne. Dépassée, la Philippine ne savait plus où donner de la tête, dans une salle totalement acquise en faveur de l’ancienne pensionnaire du Challenge Boxing dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne. « Elle ne cesse de progresser et je crois que la boxe professionnelle lui va beaucoup mieux que la boxe amateur », lance Louis Lavaly, le célèbre entraîneur marseillais qui a découvert et formé la nouvelle coqueluche du noble art tricolore. Cette dernière, dont la priorité demeure la qualification pour les JO de Los Angeles 2028, retrouve l’équipe de France amateurs dès mardi pour un stage de cinq jours avec des test-matchs à Dublin, avant de disputer avec les Bleues le tournoi bulgare du Strandja à partir du 21 février.

    Kemil, le poing ravageur

    Quelques minutes avant le triomphe de Romane Moulai, un combat entre deux boxeurs provençaux a déchaîné les passions. Le jeune pennois Kemil Mansour (22 ans) a remporté son quatrième combat professionnel face à l’expérimenté marseillais Gianni Carullo (34 ans). « J’étais là pour faire monter la tension électrique et allumer un feu », lâche le boxeur aux poings d’acier. Ses coups lourds ont rapidement impacté son adversaire, qui a tout de même résisté jusqu’au sixième et dernier round grâce à son expérience des grands rendez-vous. « J’étais serein parce que c’est un gros bosseur. On a pris l’initiative et ça a payé », se félicite Samuel Florimond, persuadé que son poulain ira loin.

  • [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    La Marseillaise : Les Jeux olympiques de Milan Cortina s’ouvrent de l’autre côté des Alpes. Quel regard portez-vous sur eux et quels enseignements en tirez-vous pour préparer ceux de 2030 dans les Alpes françaises ?

    Renaud Muselier  : Milan Cortina, je suis ça de très près puisqu’on est les prochains. Ce sont les premiers Jeux à se faire sur des sites éclatés, nous serons les seconds donc c’est intéressant pour nous de regarder comment ça s’organise, quelles difficultés se présentent… Je serai là-bas jusqu’à lundi pour échanger avec les organisateurs et soutenir bien sûr les athlètes français et régionaux. On m’a expliqué il y a six mois que Milan Cortina c’était une catastrophe et que les Italiens ne seraient jamais prêts. Il me semble que ce n’est pas le cas. C’est comme Paris 2024 qui a été déglingué par tout le monde avant d’être un succès planétaire extraordinaire. Je crois qu’il ne faut pas trop écouter les critiques, tracer le chemin et s’entourer des meilleurs. J’aime les grands événements. C’est comme ça que m’est venue l’idée de Jeux olympiques d’hiver ici. Jeune parlementaire, j’avais suivi le dossier de Lillehammer. C’était un objectif accessible en nous appuyant sur ce qu’on a chez nous : la neige et les chalets, avec des projets sobres. Je pense que ça aura une plus-value énorme. Quand on parlera des Jeux on parlera de la France et dans ce monde complexe, où on perd ses repères, s’affronter à la loyale ce n’est pas rien. Et ça donne toujours un bonus de bonne humeur ! On en a tous besoin. Les anneaux seront pour tout le monde !

    Vous parlez de « sobriété » et pourtant, il y a une attente forte d’un héritage des Jeux dans les Alpes du Sud. Comment résoudre la contradiction ?

    R.M. : C’est l’occasion de remettre le plus possible nos montagnes à niveau. Nous n’avons jamais eu les Jeux donc c’est le nord qui en a profité qui a pu ensuite organiser des coupes du monde… C’est la discussion que nous avons eue avec nos amis d’Auvergne-Rhône-Alpes. Je leur ai dit « laissez-nous rattraper notre retard ». Maintenant qu’on a décroché les JO, on fait un budget le plus bas possible et on s’efforce de s’y tenir.

    Comment les JO de 2030 se préparent-ils ? À quel rythme ? Quelle répartition des rôles ?

    R.M. : Pour que les Jeux réussissent, il y a trois piliers essentiels. D’abord, il y a le Dijop, le délégué interministériel aux jeux olympiques et paralympiques. C’est l’État. Ça se passe plutôt très bien. Ensuite, il y a la Solideo que je préside et qui est installée à Marseille. C’est la société qui livre ou rénove les équipements avec un budget d’un milliard. Tout est en route. Enfin, il y a le Cojop. C’est le comité d’organisation, souvent c’est ce qu’on connaît le plus parce que c’était l’instance pilotée par Tony Estanguet pour les Jeux de Paris. C’est Edgar Grospiron qui s’en charge pour 2030. Là, il y a quelques difficultés organisationnelles, humaines, il y a un choc des cultures.

    Vous parlez des démissions successives ?

    R.M. : Je m’explique : on a hérité de beaucoup de gens de Paris 2024. C’est une très bonne chose parce qu’ils ont de l’expérience. Mais, en même temps, ils ont une forme de suffisance envers le territoire qui pose des difficultés. Ils ne connaissent ni la montagne ni les montagnards. L’osmose est complexe. Ils ont la culture des moyens presque illimités pour Paris alors que nous avons des moyens très limités pour la montagne. Quand vous avez quelqu’un qui arrive en mocassins pour aller voir une piste de ski dans la neige, vous vous rendez compte qu’il y a un problème d’adaptation au terrain. Mais j’ai entendu M. Grospiron et la ministre s’exprimer devant le CIO à Cortina, on va avancer. Il y a un soutien politique très fort des deux régions et de l’État. On a désormais la loi olympique sur laquelle on peut s’appuyer.

    À quoi va ressembler l’héritage de ces Jeux pour le territoire ?

    R.M. : On va avoir une modification structurelle très forte au niveau des transports. J’avais mis un astérisque dans le contrat de plan État-Région pour clause de revoyure si nous avions les Jeux. On avait déjà engagé pas mal de dossiers. Les JO sont un accélérateur. Grâce à ça, on a pu débloquer ce qu’on attendait depuis 50 ans : le contournement de Martigues-Fos ça touche 900 000 personnes. Le train Marseille-Briançon est sauvé grâce aux Jeux, il va faire 3h40 au lieu de 5h et on va refaire les 16 gares qui montent. C’est énorme, ça touche 800 000 personnes.

    Avec la SNCF ?

    R.M. : Oui, c’est la SNCF qui s’en occupe. Est-ce qu’il y aura après un appel à projet ? On n’est pas là dedans pour le moment. On a un opérateur avec lequel on s’est entendu. Les relations sont plutôt bonnes parce que tout le monde a fait des efforts. J’ajoute qu’il y a un autre volet, c’est le train de nuit Briançon-Paris qui dessert toute l’étoile de Veynes autour de Gap. Il n’y a pas énormément d’habitants mais c’est énorme au niveau du désenclavement. Il y a là un historique ferroviaire très important, c’est nous qui avons sauvé le site et les Jeux qui vont le redynamiser. L’autre volet ferroviaire, c’est Marseille-Menton, la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, le Nice-Digne dit le train des pignes…

    Au-delà des transports quel sera l’héritage des Jeux pour les Alpins ?

    R.M. : On a des problèmes de logement. Si on peut, grâce à cet événement international, sauver les forts Vauban et leur donner une destination hôtelière, touristique et d‘habitation pour les saisonniers ou les Alpins, ce sera énorme. Côté niçois, il y aura un complexe olympique avec une patinoire qui perdurera.

    Comment ces Jeux aideront-ils à penser les Alpes de 2050 ? Quelle adaptation au changement climatique ?

    R.M. : Oui c’est très important, on en tient compte. Les stations de basse montagne voire de moyenne montagne surtout lorsqu’elles sont exposées sud, sont mécaniquement en danger. On travaille la suite. Celles où il y aura les épreuves, la neige sera au rendez-vous. Même lorsqu’il y a une mauvaise saison, il y aura de la neige mais il n’y en aura pas partout. J’entends les critiques mais ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il faut donner de la perspective.

    La Région a en charge les lycées. Quelle prise en compte de la jeunesse dans la démarche des JO ?

    R.M. : On va copier le plan rugby que l’on a fait à l’occasion de la coupe du monde. On a aidé les clubs, refait les vestiaires, payé les camionnettes… Je crois que c’est plutôt réussi puisqu’on est en très bonne place au niveau des licenciés de rugby en France. Il y a un engouement réel. Nous avons déjà fait la même chose avec le plan voile en soutenant les clubs que ce soient sur les lacs ou le littoral. On accompagne désormais trente clubs de sports de montagne, on a multiplié par trois le soutien régional aux ligues de sports d’hiver et aux deux comités de ski. 800 000 euros pour les équipements de clubs et équipements de sport de proximité. On soutient 75 événements et compétitions nationales et internationales. On sort d’ailleurs de la coupe d’Europe de snowboard d’Isola. On a la coupe d’Europe de ski alpin, les championnats d’Europe de vitesse à Vars, la coupe du monde d’alpinisme à Puy-Saint-Vincent et le championnat de France de patinage artistique à Briançon. On a aussi lancé le pass Sud Montagne. Il y a déjà 7 000 jeunes qui ont déposé une demande d’inscription. C’est 100 euros pour financer la licence, la location de skis, l’équipement, les forfaits… S’ils sont abonnés Zou, ils prennent le train ou le bus, s’ils partent tôt le matin ils peuvent revenir le soir. S’ils veulent passer le week-end, ils se mettent à quatre et ils louent un studio. L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne. On va réinventer les classes de neige pour permettre à nos jeunes de savoir ce que c’est un chamois ou une marmotte.

    Serez-vous le président de Région qui coupera le ruban en 2030 ?

    R.M. : Je n’en sais rien. Ce que je sais c‘est que c’est lancé, que ça apportera un plus à la région et que ça aura fait avancer des dossiers à l’arrêt depuis 50 ans tout en montrant nos pôles d’excellence au-delà du tourisme, des cigales et de la lavande.

    « La Marseillaise » arrive ce 7 février dans les Alpes. Quel regard portez-vous sur cette démarche ?

    R.M. : Ça ne peut que me réjouir. Premièrement parce que j’ai toujours défendu la presse. J’en suis respectueux. Deuxièmement, parce que c’est malin. Je pense que tous ceux qui sont dans ces vallées et ces montagnes auront la possibilité d’avoir des informations complémentaires sur des choses qui vont arriver chez eux. C’est une formidable opportunité.

  • [Entretien] Enzo Cantagallo, hockeyeur de Marseille : « Il y a de la pression ! »

    [Entretien] Enzo Cantagallo, hockeyeur de Marseille : « Il y a de la pression ! »

    La Marseillaise : Que ressentez-vous à l’idée de représenter la France, en hockey sur glace, pour ces JO ?

    Enzo Cantagallo : C’est beaucoup de fierté. Je suis très fier de représenter notre pays sur la plus grande des scènes. Mes collègues des Spartiates étaient contents pour moi et m’ont félicité ! Il y a de la pression, c’est une très grosse compétition avec de gros adversaires, mais la fierté de représenter mon pays dans le sport que je fais depuis tout petit passe devant. On a tous fait beaucoup de chemin dans l’équipe pour en arriver là.

    Comment se déroule votre arrivée au village olympique ?

    E.C. : On est arrivé sur place, à Milan, lundi en fin de journée, au village olympique. On prend nos marques, c’est bien qu’on y soit un peu avant le début. Il y a l’effervescence des Jeux, on en prend un peu plein la vue, entre le village, les autres athlètes, les installations et la patinoire. On a eu une semaine pour se mettre dans le bain et s’acclimater. Tout le monde avance dans la même direction dans l’équipe, j’ai vraiment hâte du début. Pour l’instant, on a commencé les premiers entraînements.

    Ces entraînements justement, sont-ils particulièrement intenses ?

    E.C. : On s’est entraîné le matin, ces derniers jours. Après un bon échauffement, on monte sur la glace pendant une heure, puis on retourne au village pour des meetings techniques avec le staff et des séances en salle de musculation. Ils nous donnent aussi un peu temps pour visiter le village et profiter ! Le hockey sur glace, c’est très intense. En match, on reste sur la glace 45 secondes avant chaque changement et on tourne sur trois périodes de 20 minutes. Pas plus de 45 secondes parce qu’après on est trop fatigué. Il faut de la force pour exister dans les duels. C’est pour ça qu’on travaille particulièrement nos adducteurs, hanches et épaules pour les contacts.

    Votre premier match est programmé mercredi, contre la Suisse. Comment appréhendez-vous ce rendez-vous et les suivants ?

    E.C. : Les trois équipes qu’on va jouer, Suisse, République tchèque et Canada, sont vraiment de très grosses nations. La Suisse et la République tchèque se sont rencontrées en finale des championnats du monde récemment. Le Canada, c’est l’une, si ce n’est la meilleure nation du monde, avec quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète. Il y aura beaucoup d’adversité, ça va être quelque chose !

    Ces JO sont-ils aussi un moyen de mettre davantage en lumière votre sport ?

    E.C. : On a un rôle à jouer pour médiatiser le hockey sur glace en France. Le sport est en plein développement et on voit de plus en plus de monde dans les patinoires. D’ailleurs, c’est la première fois que l’équipe de France féminine est présente, et nous, les hommes, notre dernière participation remonte à 2002. C’est à nous de se servir de cet événement pour bien représenter le hockey français et amener de la médiatisation en France par nos performances notamment. On est sur une bonne lancée parce qu’il y a aussi, en 2028, les championnats du monde puis les JO 2030 organisés en France.

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • Les JO comme accélérateur pour les Hautes-Alpes

    Les JO comme accélérateur pour les Hautes-Alpes

    Pas moins de 532 millions d’euros investis sur le ferroviaire et le routier pour enfin désenclaver les Alpes… Le volet mobilité du contrat de plan État-Région signé ce lundi 3 novembre en préfecture se veut un véritable boost pour un département jusqu’alors bien mal doté, avec 342 millions d’investissements pour la ligne ferroviaire entre Marseille et Sisteron en comptant l’amélioration de l’accès des gares aux personnes à mobilité réduite, et 190 millions pour améliorer l’accès routier à Briançon.

    Les JO ont fait des miracles. Un « prétexte, un accélérateur pour mobiliser l’action de l’État qui nous permet aujourd’hui d’avoir un programme d’investissements ambitieux à la hauteur de l’enjeu de 2030 », s’est félicité Jean-Marie Bernard, président LR du conseil départemental des Hautes-Alpes. De quoi espère-t-il « changer la vie de tous ceux qui vivent et qui viennent » dans le département.

    Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ne dit pas autre chose. « Dans moins de cinq ans, les yeux du monde entier seront rivés sur les Alpes françaises pour les Jeux d’hiver de 2030. Bien préparer cette échéance implique d’organiser un événement à la hauteur des standards », estime-t-il reconnaissant que « trop longtemps certaines vallées étaient tenues à l’écart des grands investissements, pendant trop longtemps elles ont été condamnées à l’enclavement ». Et le ministre d’insister : « Les Jeux d’hiver 2030 doivent permettre de mettre fin à ce qui était vécu à juste titre comme une injustice. »

    L’aboutissement de 10 ans de travail pour la Région

    Le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) ne cache pas non plus sa satisfaction. Il retrace « dix ans de travail et d’acharnement » de la collectivité, sans oublier au passage d’en remettre une couche sur l’ouverture à la concurrence des TER qu’il continue de porter. Au fil des contrats avec l’État, « on est passé de 2,2 milliards à 5,1 milliards [d’investissement] dans la Région et c’est grâce aux JO », analyse-t-il. Si les travaux « n’étaient pas faits sur la ligne des Alpes », c’était « pour des raisons assez simples : il n’y a pas beaucoup d’habitants », commente Renaud Muselier. Or « là il y a des Jeux, il faut les livrer, on est tous contraints », conclut-il.

  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.