Tag: jeunes

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    « L’aventure s’enracine dans la vocation de Marseille, ville méditerranéenne où la diversité culturelle et sociale forme une unité », explique Alexis Leproux, vicaire épiscopal en charge des relations méditerranéennes. C’est lui qui a fait émerger ce projet fou : embarquer des jeunes de nationalités, religions et cultures différentes sur un navire-école pour partir à l’abordage des ports du pourtour méditerranéen. L’association diocésaine de Marseille a trouvé de précieux complices dans les associations Mar Yam et Bel-Espoir-AJD.

    Adoubée par le cardinal Jean-Marc Aveline suite à la visite du Pape François à Marseille, en septembre 2023, cette odyssée pour la paix a levé l’ancre le 1er mars 2025 de Barcelone. Huit équipages de 25 matelots âgés de 18 à 30 ans, de toutes nationalités, cultures et religions, ont pris la barre pour sillonner la Méditerranée, reliant ses cinq rives et faisant escale dans une trentaine de ports. À chaque étape, ils ont partagé avec des acteurs locaux des initiatives en faveur de la paix. Un voyage placé sous le signe de l’ouverture et du partage.

    Toutes voiles dehors

    « L’idée est de permettre à des jeunes de vivre une expérience unique de rencontres et de navigation sur de beaux voiliers, pas des navires de guerre, en particulier dans des pays où il est difficile de circuler », précise Alexis Leproux. Pour ce final dans la rade marseillaise, le diocèse a souhaité un accueil « en mer ouvert à tous, festif et populaire ».

    Une vingtaine de voiliers de tradition viendront à la rencontre du fameux trois-mâts. Une mission dans les cordes de l’association Svan, créée en 2023, qui « ambitionne d’utiliser le yachting comme passerelle sociale. C’est un loisir magnifique qui mobilise des compétences techniques et comportementales, mais cher », explique Nathalie Demaret. La chorégraphie des vieux gréements partira de la Pointe Rouge à 10h, longera la corniche Kennedy, les Catalans et le Pharo « pour que le spectacle soit visible par tous depuis la rive », indique Guillaume Wattinne. À 12h30 le Bel espoir devrait rejoindre le J4, « si le temps le permet. En cas contraire, il accostera au quai de la Fraternité ».

    L’arrivée du navire marquera l’ouverture du festival de la paix Med 25, le 25 octobre. Après les prises de parole officielles, une scène ouverte accueillera témoignages, flashmob, pièce de théâtre, danses traditionnelles méditerranéennes et diverses animations. La clôture reviendra au cardinal Jean-Marc Aveline, qui célébrera une messe à la Major, dimanche à 10h30.

  • Le RC Toulon à la rencontre des enfants hospitalisés

    Le RC Toulon à la rencontre des enfants hospitalisés

    Des étoiles dans les yeux, des ballons dans les mains. Ce lundi, les jeunes patients du service pédiatrique de l’hôpital Sainte-Musse ont reçu la visite de cinq rugbymen du RC Toulon. Et pas des moindres : les internationaux français Baptiste Serin, Danny Priso et Antoine Fritsch, l’international écossais Ben White et la légende néo-zélandaise Ma’a Nonu, double champion du monde 2011 et 2015.

    Pendant près d’1h30, ils ont fait découvrir le ballon ovale à une petite dizaine de bambins, à travers de petits exercices d’initiation qui ont laissé des sourires indélébiles sur les visages « d’enfants qui ne devraient pas être ici, car leur place n’est pas à l’hôpital, mais certains y sont obligés. Ça doit être dur pour eux et pour leurs parents, alors on essaie de venir dès que le club nous le propose », explique Baptiste Serin, venu transmettre sa légendaire science de la chistera et du jeu au pied. Mais là n’est pas la priorité : « Le rugby sert de levier, mais on ne vient pas dans l’optique de leur apprendre, mais pour partager, qu’ils voient qu’il y a des personnes un peu “connues” qui ont envie de vivre des moments sympas avec eux. »

    Ce genre de rencontre revêt un certain intérêt dans le processus de guérison des enfants, comme l’explique le docteur Paul Casha : « Le sport est indispensable au développement de l’enfant. On pourrait penser que l’hospitalisation est un frein à la pratique. La venue de joueurs, avec leur notoriété, peut être un bon encouragement pour les pratiques ultérieures, voire inciter certains à s’y mettre. Ça aide aussi pour le moral, le bienfait psychologique a un rôle important à jouer, pour avoir un environnement agréable et pas que des chambres avec des potences de perfusion. »

    Une journée portée par l’association Premiers de cordée, « qui propose des animations sportives pour les enfants à l’hôpital », explique Julia Conti, chargée de mission pour Premiers de cordée. « Cette semaine, nous sommes là dans le cadre de la semaine du sport à l’hôpital. L’idée est de s’adapter au lieu. Ce n’est pas la première fois que le RCT participe, donc ça donne une animation très naturelle et spontanée. Ce n’est que du plus, car les joueurs donnent de leur temps. De plus en plus de sportifs s’investissent chaque année. » La semaine se poursuit avec une animation badminton, mercredi après-midi, et une initiation au Qwan-Ki Do, un art martial aux influences asiatiques, créé à Toulon.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    « Cela fait depuis mars que l’on travaille pour faire une belle fête pour tous les Marseillais », se félicite Nacer Azzoug, directeur du centre social de la Rouguière. Sur le Vieux-Port, à côté de l’hôtel de ville, les centres sociaux vont investir l’espace pour proposer des animations et présenter à tous les Marseillais leur travail. De 11h30 à 20h30, des repas, spectacles, ateliers et DJ sets seront organisés sur la place Bargemon. Un emplacement stratégique pour Nacer Azzoug : « de la Solidarité à Bonneveine, on se retrouve au milieu et tout le monde se rencontre ».

    Lancé pour la première fois il y a trois ans à l’initiative de la ville de Marseille, cet événement est financé par la Municipalité, mais entièrement organisé par les centres sociaux. Après la ligue de l’enseignement et l’Ifac, c’est l’association Synergie family qui prend cette année en charge l’organisation en travail étroit avec les autres fédérations.

    « L’objectif de cet événement, c’est quand même de valoriser le travail qui est fait, qui est dans l’ombre, explique Joseph Richard-Cocher, délégué départemental de l’Union des centres sociaux. Parce que les centres sociaux ont toujours été au cœur des territoires et sont essentiels dans l’animation des quartiers. » Des villages santé, sport, culture ou encore petite enfance seront présents pour montrer les différentes facettes de ce travail.

    Diversité des activités

    Pour le délégué de l’Union des centres sociaux, la force de ces structures est leur diversité. « Tout le monde connaît les centres sociaux de son quartier, mais ils ne savent pas nécessairement tout ce qu’ils font de la garde d’enfant à l’informatique, en passant par la citoyenneté », insiste-t-il.

    Une soixantaine de centres sociaux seront présents. Un repas partagé « autour du monde » est prévu par les farandoleurs, avec des spécialités thaïlandaises, comoriennes, guyanaises et françaises. Chaque centre a pu inscrire 20 personnes pour participer gratuitement à ce repas « On aurait aimé faire plus mais en termes de logistique ça aurait été compliqué », sourit Nacer Azzoug. Pendant le repas un DJ set est prévu par The Only One Geemoney, ancien animateur en centres sociaux. À 15h30, ce sont d’autres talents issus de ces structures qui seront mis en avant grâce à une scène ouverte. Théâtre, humour, musique, de nombreux numéros d’environ huit minutes chacun vont s’enchaîner, créés par des jeunes qui fréquentent ces maisons pour tous.

    Casser les préjugés

    Pour l’adjoint (RDG) au maire chargé des Centres sociaux, Ahmed Heddadi, cet événement est aussi l’occasion de casser les préjugés qui entourent ces lieux. « Beaucoup pensent qu’ils sont réservés aux personnes précaires ou marginales. Mais ces maisons de quartiers sont pour tous les Marseillais », insiste-t-il. Il rappelle que bien qu’il y en ait plus « dans les quartiers prioritaires de la ville car ce sont des endroits où les populations sont précaires, il y en a dans tous les quartiers de la ville. Ils sont là pour tout le monde ».

    Pour le directeur de Synergie family, Frank Tortel, « c’est une belle journée qui s’annonce festive et conviviale. » Un événement qui prend chaque année un peu plus d’ampleur. Les organisateurs attendent ce samedi entre 3000 et 4000 participants sur le Vieux-Port.

    Plus d’informations sur l’Instagram @fetedesc.s.marseille

  • Santé mentale des jeunes : Nîmes tente une nouvelle approche

    Santé mentale des jeunes : Nîmes tente une nouvelle approche

    Tous les chiffres sur leur santé mentale le confirment : la jeunesse française va mal. Selon un sondage de la Mutualité française, un quart des jeunes (15-29 ans) souffre de dépression et 31% ont eu des pensées suicidaires. En 2023, 936 000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés pour un psychotrope, soit une augmentation de 5% par rapport à 2022 et 18% par rapport à 2019. Au total, c’est une augmentation de 60% des jeunes sous antidépresseurs et 38% sous antipsychotiques.

    Face à cette situation, le gouvernement qui en avait fait sa « grande cause nationale » a bien tenté de mettre en place des dispositifs comme « Santé psy étudiant » ou « Mon soutien psy » mais le manque de praticiens disponibles et le manque de moyens alloués au service psychiatrie à l’hôpital ne permettent pas d’améliorer la situation. C’est donc dans ce contexte que le Centre hospitalier universitaire de Nîmes a innové en lançant sa villa Orygen.

    Celle-ci tire son nom d’un centre australien fondé à Melbourne qui a repensé l’approche de la santé mentale des jeunes en réunissant dans un même lieu la recherche, la formation et les soins cliniques. L’objectif est d’intervenir le plus tôt possible (à l’origine, d’où son nom) pour déceler les troubles et les soigner avant d’intervenir également sur l’accompagnement des jeunes dans la société. Le CHU de Nîmes s’est donc inspiré de cette initiative pour créer sa propre villa Orygen où deux médecins pilotent l’équipe composée de trois psychologues, quatre infirmiers, un cadre de santé, une assistante sociale et une « job coach ». La prise en charge peut varier entre ateliers thérapeutiques, psychothérapies, suivi avec un job coach et/ou une assistante sociale ou encore l’accès à des appartements thérapeutiques (AEMC, centre le Peyron). Les familles se voient également proposer un accompagnement.

    130 consultations en 14 mois pour l’unité mobile

    Grâce à un financement de la Fondation de France, le CHU s’est doté de deux vans pour lancer PsyTRUCK 3.0 et ainsi aller rencontrer les jeunes sur leur lieu de travail, à l’université ou dans les quartiers. Cette unité mobile propose des consultations sans rendez-vous aux jeunes de 15 à 30 ans permettant ainsi « une évaluation rapide, une orientation adaptée et un accompagnement ciblé des jeunes en souffrance psychique ». Entre février 2024 et avril 2025, 130 consultations ont été réalisées dans le van aménagé. Ce dispositif est piloté par la psychiatre Aurélie Schandrin qui a passé une année en Australie auprès du Professeur Patrick McGorry, fondateur de la villa Orygen.

    Ce travail lancé à Nîmes a même été salué par Emmanuel Macron qui a envoyé un courrier cet été à la médecin pour la féliciter. « Avec le PsyTRUCK et les actions des équipes du docteur Schandrin, le CHU de Nîmes transforme l’accès aux soins psychiatriques des jeunes : proche, rapide et innovant. Cette démarche, saluée par le président de la République, est une reconnaissance de l’excellence médicale et scientifique de notre établissement et illustre l’impact majeur de ses innovations », a réagi Frédéric Rimattei, le directeur général du CHU de Nîmes.

    De son côté, Aurélie Schandrin a profité de la réception de ce courrier pour saluer le « travail collectif mené par l’ensemble des équipes de psychiatrie du CHU de Nîmes » et souhaite désormais « poursuivre et amplifier notre action auprès des jeunes ». La psychiatre qui a participé le 12 septembre dernier au Ferrepsy à Montpellier où étaient rassemblés au Corum les plus grands spécialistes de l’intervention précoce en psychiatrie, vient également de publier un livre* pour tenter de révolutionner les pratiques en soulignant la nécessité d’intervenir le plus tôt possible.

    *Troubles psychiques chez les jeunes – Intervenir tôt et donner de l’espoir, Éditions Érès.

  • L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    Le fond du camping municipal Bottaï s’agite dès 8h. Café à la main, un petit groupe remballe les duvets, plie les tentes et fourre des sacs d’affaires dans un mini-van gris. Les yeux collent encore, mais les mines sont enthousiastes. Autant s’habituer à cette routine qui rythmera les prochaines matinées. Jeudi 18 septembre, c’est le grand départ pour dix jeunes issus de diverses nationalités, âgés de 18 à 26 ans. Encadrés par le Point accueil jeunes (PAJ) de la Ville de Port-de-Bouc et l’association Concordia, ils enfourchent chacun leur vélo pour rejoindre Portbou, en Espagne, le 29 septembre. « Au total, on va faire 360km, détaille Nassim Braza, directeur du PAJ. Aujourd’hui, on va jusqu’à Mas Thibert. La plus grosse journée est celle qui nous permettra d’atteindre Agde : on parcourra 80km. » Mais l’exploit sportif n’est pas la fin de cette aventure initiatique. « On va promouvoir l’œuvre de Raymond Moralès en transportant deux de ses statues qu’on présentera au public », poursuit l’animateur. Les deux pièces seront remises à la commune d’arrivée.

    L’art du vivre-ensemble

    Décédé en 2004, le Port-de-Boucain, ouvrier au sein du chantier naval, avait dédié tout son temps libre à son art. Aujourd’hui, la Ville est propriétaire de quelque 200 de ses œuvres en fer, souvent immenses, toujours originales, bizarres ou fascinantes.

    Devant la statue dressée sur le cours Landrivon, Kévin, venu du Mans (Sarthe) pour participer au périple, a longuement imaginé la signification des mains et des singes figés autour d’une boîte. José, un Colombien résidant en Italie pour ses études, a quant à lui été « très perturbé » par la sculpture, « presque anxieux ».

    « J’aime plutôt la peinture ou la photo, confie Kévin. Ce périple me permet de m’ouvrir à une nouvelle forme d’art. » Mais ce sont surtout les rencontres qui animent le jeune homme, comme pour George. Ce Sud-Soudanais, arrivé à Martigues il y a un an et demi, veut profiter de ces dix jours pour « nouer des liens et travailler le français ». Nassim Braza résume : « Ils vont apprendre la vie en communauté, partager leurs traditions. Il y a le côté sportif, écologique, mais aussi artistique du voyage… C’est vraiment un projet complet qui va les faire grandir ! »

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »