Tag: Jérémy Bacchi

  • À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    La campagne municipale n’a pas manqué de s’installer, aussi, sur le marché d’Encagnane. Dans ce quartier dit populaire d’Aix-en-Provence ce mercredi matin, les militants LFI tractent d’un côté, la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes menée par Marc Pena, de l’autre. Cette fois-ci, aux côtés du candidat, se tiennent Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône et Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Ecologiste et Social à l’Assemblée nationale et députée de la 2e circonscription de l’Isère. Elle était la veille à Hyères, pour soutenir la liste Unie à Gauche. « Aujourd’hui, l’enjeu est celui de la mobilisation, dire aux citoyens que s’ils en ont marre, il y a un moyen de faire autrement et pour cela, il faut aller voter les 15 et 22 mars », assure la députée Écologiste, tract de la liste Aix Avenir en main. Elle constate : « Cela fait 20 minutes qu’on est sur le marché et déjà les questions de logement, de rénovation urbaine, les problématiques de chauffage et d’isolation, reviennent régulièrement. Ce sont des sujets sur lesquels la mairie doit tenir son rôle, dans son rapport au bailleur. Il n’empêche que ça reste des structures financées par le public, c’est un choix ou pas de faire le suivi de ce qu’il se passe. »

    « Basculer » à gauche

    Il y a urgence, pour Cyrielle Chatelain, à mener des rénovations urbaines, végétaliser, et, certes, si les communes sont en proie aux contraintes budgétaires, « dans cette situation difficile, une mairie fait quand même le choix d’investir dans certains sujets (…) Il y a un soutien (national) on est aujourd’hui ici avec un sénateur communiste, la gauche mène globalement bataille pour avoir davantage de moyens pour des collectivités, qu’elles retrouvent une liberté d’administration plus forte ». À ses côtés, Clément-Frel Cazenave (EELV), numéro trois sur la liste, rappelle que « l’écologie politique ce n’est pas juste l’environnement c’est aussi prendre en charge des problématiques sociales (…) ici, on est place Romée de Villeneuve, inaugurée il y a deux semaines : elle est totalement minéralisée. Les habitants ont été concertés sur le sujet, mais leur avis n’a pas été retenu… » Pour le sénateur Jérémy Bacchi, sa présence en soutien au candidat de gauche aixois s’inscrit dans une démarche plus large. « Je suis venu soutenir la liste d’union de gauche et écologiste qu’il conduit comme je le fais dans plusieurs communes de notre département, avec l’idée, plus largement, qu’il peut y avoir plusieurs bascules de villes dans le giron de la gauche, détaille Jérémy Bacchi. Il y a la volonté de créer les conditions pour cela : nous avons signé un accord historique dans 99% des communes que nous portons, pour créer une dynamique globale, et l’emporter dans un maximum de communes. » Ainsi entourés, Marc Pena et ses colistiers s’affairent, eux, à convaincre, distribuer les tracts, entendre les doléances d’habitants et de marchands aussi.

    Des conseils de quartier

    « Nous n’avons jamais eu de place autorisée sur le cours Mirabeau, malgré toutes nos demandes [pour les marchés d’été, Ndlr] », rapporte un vendeur de bijoux et accessoires. « Ils s’arrangent avec certains, c’est toujours les mêmes. Je connais le système. Si je suis maire je le changerai. Ce sera transparent où tout le monde peut candidater », promet Marc Pena. Un peu plus loin, on se plaint des rats dans le quartier, du manque d’arbres, des chaleurs dans les classes l’été… « Alors, qu’est-ce que vous allez changer ? », interpelle une cliente du marché. « Je vais gouverner de manière collective. Je prévois de créer ce qui existe dans la loi mais qui n’a jamais été fait à Aix, des conseils de quartier. »

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • À Fos, Le sénateur Jérémy Bacchi aux côtés de Rémi Esnault

    À Fos, Le sénateur Jérémy Bacchi aux côtés de Rémi Esnault

    Le sénateur (PCF) est venu prêter main-forte à Rémi Esnault (SE) aux côtés de René Raimondi, et son équipe de campagne pour un porte-à-porte dans les quartiers de Saint-Gervais, de la grande plage, autour de la Maison de la mer et du bord de mer vendredi soir. Ils y ont distribué le programme pour la 5e journée consécutive. Un pan entier est consacré au « littoral d’exceptions de 4 km de sable fin », dont « un vaste programme de requalification du front de mer », avec entre autres « un parcours sportif et de santé inspiré des plages californiennes » et « la modernisation de l’éclairage et l’arrivée de la 5G » sur le Port.

  • À Fos, Le sénateur Jérémy Bacchi aux côtés de Rémi Esnault

    À Fos, Le sénateur Jérémy Bacchi aux côtés de Rémi Esnault

    Le sénateur (PCF) est venu prêter main-forte à Rémi Esnault (SE) aux côtés de René Raimondi, et son équipe de campagne pour un porte-à-porte dans les quartiers de Saint-Gervais, de la grande plage, autour de la Maison de la mer et du bord de mer vendredi soir. Ils y ont distribué le programme pour la 5e journée consécutive. Un pan entier est consacré au « littoral d’exceptions de 4 km de sable fin », dont « un vaste programme de requalification du front de mer », avec entre autres « un parcours sportif et de santé inspiré des plages californiennes » et « la modernisation de l’éclairage et l’arrivée de la 5G » sur le Port.

  • Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    L’étau se resserre sur les usines de pâte à papier Fibre Excellence. La menace d’une mise en redressement judiciaire, qui inquiète les salariés depuis des mois, semblait s’éloigner avec l’annonce du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, d’un potentiel soutien, et sous conditions, à hauteur de 150 millions d’euros, la semaine dernière. Mais rien n’est acté pour l’heure et l’urgence est toujours bien présente : « On n’a plus de bois, juste de quoi tourner jusqu’à lundi. À partir de là, on s’arrête », s’inquiète Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT du site tarasconais. En bref, la promesse ministérielle n’a rien réglé : « La proposition du gouvernement, c’est de l’étalement de dettes, des garanties de prêts… Il n’y a pas de soutien direct ou structurel. » Une réunion se tient ce jeudi à Berçy avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) à laquelle participe l’intersyndicale. « Tout ce qu’on discutait au Ciri depuis des semaines tombe à l’eau, puisque les travaux sur la renégociation des tarifs de vente de l’électricité et le travail avec la filière bois passent au second plan et ne sont pas dans l’annonce du ministre », dénonce Laurent Quinto. Contactée, l’entreprise explique être toujours en train d’étudier la proposition du ministre délégué.

    Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, s’est emparé de la question et va prochainement « faire une question écrite au ministre Roland Lescure ». Il travaille également à une table ronde en préfecture.

  • [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Le communisme municipal, c’est une réalité au service des habitants »

    [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Le communisme municipal, c’est une réalité au service des habitants »

    les municipales

    Didier Gesualdi : Quelles sont les ambitions du PCF dans les Bouches-du-Rhône pour ces municipales ?

    Nos ambitions sont claires : à la fois conserver l’ensemble des municipalités où nous sommes en gestion. Il y a 9 communes communistes ou apparentées dans le département. Progresser dans l’ensemble des communes. En gagner de nouvelles, bien sûr, je pense à Arles ou Aubagne où des bascules sont possibles avec des rassemblements de la gauche conduits par des communistes ou des candidats qui nous sont proches. Nous avons construit dans ce département, face au danger de l’extrême droite, un rassemblement assez inédit, historique, avec socialistes, écologistes, Place publique, Génération.s, GRS, l’Après, Debout… Dans presque 60 communes du département, des listes de rassemblement se présenteront aux électeurs pour gagner à gauche et empêcher l’extrême droite de ne gagner ne serait-ce qu’une seule commune. Pas une seule mairie entre les mains de l’extrême droite !

    Didier Gesualdi : Comment expliquez-vous que vous êtes capables de vous entendre au niveau local et pas national ?

    Je ne vais pas dire qu’ici on est meilleur que les autres, ce serait présomptueux. Mais nous avons réussi avec nos partenaires de gauche, je les salue, parce que chacun a su faire preuve d’intelligence. Tout en respectant son propre ADN, en tenant compte des intérêts propres à chaque organisation, nous avons mis l’intérêt général, celui de la Métropole et du Département au-dessus, pour construire de manière équilibrée, respectueuse, des listes qui sont en capacité de gagner. Ça a été un travail de longue haleine, plus d’un an de discussions, semaine après semaine, quasi quotidiennement dans les trois derniers mois pour aboutir à un accord historique. J’espère qu’il se transformera en résultat historique pour la gauche et les forces vives de notre département.

    LA FRANCE INSOUMISE

    Léo Purguette : Il y a des listes d’union, mais pratiquement partout où elles existent, des listes LFI sont présentes. Comment l’expliquez-vous ? Est-ce que ça va se prolonger au second tour ?

    Nous verrons s’il y aura des listes insoumises réellement déposées dans toutes les communes…

    Didier Gesualdi : … Vous en doutez ?

    Oui, j’en doute clairement. Il y a des communes où les insoumis ont annoncé qu’ils avaient une liste et, en même temps, ils nous appellent pour nous dire qu’ils n’arrivent pas à la boucler et savoir si on est en capacité de rentrer à la table des négociations. C’est quand même assez curieux comme méthode. Fracturer l’union de la gauche et les dynamiques locales pour ensuite rétropédaler quand vous n’avez pas assez de noms pour composer la liste. Mais pourquoi ? Parce que dans de nombreuses communes, la dynamique d’union de la gauche est déjà à l’œuvre, donc les gens sollicités pour figurer sur une liste différente ont tendance à refuser, considérant qu’il ne faut pas jouer le jeu de la division. Sur le second tour, cela voudrait dire que ces listes feraient plus de 5% pour fusionner ou plus de 10% pour se maintenir. De mon point de vue, ça n’arrivera peut-être pas dans l’ensemble des communes. Les électrices et électeurs trancheront.

    Léo Purguette : À Marseille, il y a eu des mots échangés entre Sébastien Delogu et Benoît Payan. La fracture est-elle irrémédiable ?

    C’est au maire de Marseille de le dire. J’observe que Sébastien Delogu mène une campagne plutôt tournée contre le maire, alors que le véritable danger, c’est une victoire potentielle de l’extrême droite. Je regrette que des candidats se réclamant de la gauche tapent sur d’autres candidats de gauche que le RN. Je ne le ferai donc pas moi-même.

    LE BILAN

    Didier Gesualdi : Vous voulez conserver le pouvoir, mais vous en avez fait quoi dans les communes où vous l’avez ?

    Je ne dirais pas le pouvoir, mais la gestion car, précisément, ce qui fait réussir dans nos communes, c’est l’implication citoyenne et la proximité avec les habitants. Il y a une dimension de restitution du pouvoir dans nos communes. On a longtemps parlé de communisme municipal mais c’est une réalité. J’ai rencontré encore récemment, à Châteauneuf-les-Martigues, des habitants pas communistes pour un sou me disant « on aimerait avoir comme au Rove ou à Martigues un maire communiste parce qu’on voit qu’en matière de services publics, de culture, d’accès au sport, de solidarité, il n’y a pas mieux ». Nos communes le font en étant prises à la gorge par la baisse des dotations de l’État. Elles arrivent à opérer des arbitrages en faveur des intérêts de la population. C’est là notre marque de fabrique.

    Didier Gesualdi : À Marseille, vous défendez aussi le bilan ? Il est très critiqué par la droite et l’extrême droite sur les écoles, les déchets, la propreté…

    Que des opposants politiques attaquent la gauche en période électorale, quoi de plus normal ? Si on est un peu sérieux l’espace d’un instant, nul doute que la gestion municipale du Printemps marseillais a fait changer d’ère la Ville de Marseille. Toutes les enquêtes d’opinion démontrent que cette perception est partagée par les Marseillais et que le total gauche a progressé depuis 2020. Sur les écoles, un travail formidable a été fait, certes grâce aussi au plan « Marseille en grand », mais il a fallu aller chercher l’argent. Sur les déchets, la propreté, vous le savez, il y a la responsabilité de la Métropole.

    LE NARCOTRAFIC

    Léo Purguette :Vous aviez initié « l’appel de Marseille » contre le narcotrafic. Que peut une Ville face à la mafia ?

    Ce n’est pas à la Ville de répondre en priorité. On voit bien le niveau où se joue cette question : c’est l’échelle internationale avec les pays producteurs, les têtes de réseaux planquées dans des pays du Maghreb ou des Émirats… Cela dit, les municipalités, je crois que la Ville de Marseille le fait assez bien, sont des amortisseurs pour les familles, les personnes en première ligne face au narcotrafic. Quand vous doublez les effectifs de police municipale, ce n’est pas pour se substituer à la police nationale. C’est pour effectuer un travail de terrain qui ressemble bien plus à ce que faisait la police de proximité avant que Nicolas Sarkozy ne la supprime. Cette présence crée du lien social, assure la tranquillité, empêche des bascules dans les réseaux mafieux… Sur le volet prévention, une commune peut aider à sortir d’une addiction ou empêcher d’y tomber.

    L’EXTREME DROITE

    Didier Gesualdi : Il y a une montée du RN, de ses idées. Beaucoup d’habitants se disent « on ne les a pas essayés », pourquoi pas finalement ?

    Je ne sais pas si, aujourd’hui, il y a une montée du RN.

    Didier Gesualdi : Dans les enquêtes d’opinion en tout cas.

    Oui, mais je me souviens des législatives où on nous a annoncé une flambée du vote RN, une majorité absolue pour l’extrême droite, et les mêmes nous expliquaient au soir des résultats leur surprise. Deux choses : soit on a réussi collectivement à désamorcer cette poussée, soit il y a un petit décalage entre ce qui est déclaré et la réalité. Je crois qu’il y a un peu des deux. La meilleure réponse au RN, c’est de dénoncer sa supercherie. Le RN a voté 5 milliards de baisses de dotations aux collectivités. Ce sont les mêmes députés qui viennent se présenter aux municipales ! La meilleure façon de faire baisser le RN, c’est la réponse aux besoins. Quand vous avez des municipalités qui font un bon travail sur les services publics, l’éducation, la santé, la proximité, la démocratie, la culture… le RN recule. Je le dis tranquillement : quand vous prenez les chiffres de la présidentielle sur n’importe quelle commune de gauche du département, et ceux des municipales de 2020, vous voyez que des électeurs qui peuvent voter RN sur un scrutin national plébiscitent le maire communiste ou de gauche, parce que leur gestion municipale est le meilleur rempart contre l’extrême droite.

    Léo Purguette : « La Marseillaise » a publié une enquête collective sur les municipalités d’extrême droite dans le sud de la France. Quel regard portez-vous sur leur bilan ?

    Dans notre région, leur bilan est catastrophique. On se souvient des plus anciennes : Toulon, Vitrolles, Marignane… Ce fut des échecs retentissants. On a un RN qui a entamé une mue, essaye d’apparaître plus lisse. Mais le bilan est toujours le même : des villes de plus en plus fracturées, où une partie de la population est opposée à une autre, avec une pratique du pouvoir autoritaire.

    Léo Purguette : Il y a aussi des condamnations, des affaires en cours. C’est vrai au plan national avec Marine Le Pen et au plan local. Comment expliquez-vous que cela ne pèse pas sur les intentions de vote ?

    C’est assez désolant. La question de la probité est importante. Mon analyse personnelle c’est que des gens s’identifient beaucoup plus à une étiquette qu’aux individus qui la représentent. Il y a eu des enquêtes qui démontrent que des électeurs RN sont incapables de citer le nom du candidat pour lequel ils ont voté.

    LA METROPOLE

    Léo Purguette : Avec les municipales, c’est également la Métropole qui se joue.

    Souhaitez-vous un changement de gouvernance ? Une Métropole à gauche est-elle possible ?

    Je suis un communiste, un homme de gauche depuis toujours, je crois à la nécessité que la gauche puisse emporter la Métropole. Ça ne sera pas possible qu’avec Marseille, c’est la raison pour laquelle l’accord des forces de gauche et écologistes est conçu pour faire basculer d’autres villes à gauche. Ceci étant dit, au-delà de la sensibilité du président ou de la présidente de la Métropole, la question de la gouvernance devra se poser demain. La question, c’est une Métropole pour quoi faire ? Dans la dernière période, avec la suppression des conseils de territoire, il y a eu une forme de recentralisation. Les habitants des 92 communes de la Métropole lui reprochent d’avoir des centres de décision trop éloignés des citoyens. Il est nécessaire, quelle que soit la couleur de la Métropole demain, de se poser cette question de la gouvernance.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Joël Faudot :

    La situation internationale oblige chacun. Ce qu’on découvre c’est la réalité des États-Unis, sa sauvagerie sans scrupule, mais également la véritable nature de la construction européenne. Le PCF doit être à la hauteur de l’enjeu, en finir avec les discours confus, le monde attend un discours qui brise la glace.

    Le PCF a toujours eu, dans son ADN, la défense des valeurs de paix. Je le dis avec force : c’est une position courageuse qui n’a rien à voir avec de l’angélisme. On a aujourd’hui un basculement du monde avec des États-Unis et un président Trump interventionnistes plus que jamais. La France, dans ce schéma-là, a un rôle majeur à jouer. Et pourtant, on voit comment la diplomatie française a reculé au cours des 20 dernières années, à la fois avec un alignement sur les États-Unis, tout en se coupant du monde arabe, des grandes puissances comme la Russie, la Chine… et se retrouve isolée et à la botte des États-Unis. Dans la dernière séquence, on a vu comment le président de la République a emboîté le pas de Trump pour soutenir le kidnapping du président Maduro, quoi qu’on pense de lui personnellement. Je ne sais pas ce qu’espérait le président de la République en agissant de la sorte, la réponse de Trump a été de divulguer des SMS privés qu’Emmanuel Macron lui avait envoyés. On voit bien que la France est devenue la risée du monde. Elle est incapable d’être un arbitre pour la paix. On paye cet alignement sur les États-Unis. Il est temps de réaffirmer avec force la nécessité de la sortie de l’Otan. C’est une organisation qui n’a plus de raison d’être et même un objet de conflits en capacité de mettre le feu aux poudres.

    LE MONDE DU TRAVAIL

    Léo Purguette : Vous étiez au meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne, vendredi. Comment le PCF entend-il faire passer les revendications du monde du travail dans ces échéances municipales ?

    Dans les programmes que nous défendons. Nous dirigeons des municipalités qui ont toujours été du côté des travailleurs, mais aussi de la défense de l’outil industriel et productif. C’est important de pouvoir créer de la richesse et répondre aux besoins de la population ici. En lien avec les questions d’impact environnemental. Les municipalités et singulièrement les municipalités communistes sont un amortisseur des difficultés sociales et de pouvoir d’achat que rencontrent les travailleurs, grâce à leur politique culturelle, sportive, solidaire.

    Léo Purguette : Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    Pour, philosophiquement. Il faut trouver le meilleur tracé, l’enfouissement nécessaire… Je crois à l’implantation d’une industrie décarbonée. Il faut l’alimenter en énergie.

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    De porte en porte, le même message. « C’est très important de voter, il ne faudrait pas que la ville bascule au Rassemblement national », répète le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi dans les cages d’escalier de Jean-Jaurès, dans le 14e arrondissement de Marseille. Ce samedi après-midi, les militants du Printemps marseillais sont venus en nombre dans la cité gérée par Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour convaincre ses habitants de voter.

    Les listes se sont multipliées dans le secteur des 13e et 14e arrondissements, le plus peuplé de Marseille, et la campagne s’y tend déjà. L’ex-présidente (SE) de 13 Habitat accuse la maire (DVD) d’arrondissements Marion Bareille d’avoir mobilisé des agents du bailleur social ; celle-ci dénonce des pressions sur des associations et les propos du candidat LFI Mohamed Bensaada qui veut selon elle que les habitants « soient en capacité de mettre des gifles ». Mais la menace de l’extrême droite surtout est présente. Le RN y a préféré Sandrine D’Agio, nièce du sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier et ancienne maire du secteur, au conseiller départemental (RN) Cédric Dudieuzère.

    Faire bouger le bailleur

    de la Métropole

    « Nous voulons réussir là où nous n’avons pas réussi en 2020 en rassemblant largement dans ce secteur historiquement à gauche », insiste Jérémy Bacchi, qui s’était retiré en 2020 pour éviter que l’extrême droite ne conserve la mairie de secteur. Le souvenir de cette mandature est encore dans toutes les têtes. « Le RN n’a rien apporté de positif, il a fermé des services publics : le centre municipal d’animation de Bon Secours, la piscine de Font-obscure », rappelle la tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, Tina Biard-Sansonetti, ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph (14e). En face, les habitants alertent sur l’état d’abandon dans lequel se trouve la cité. La moisissure sur les murs. Les installations électriques sans protection. L’aménagement inachevé pour installer des jeux pour enfants. La crainte de voir disparaître le bus 89. « La parole que je peux donner, c’est de me battre pour le plan de rénovation », promet la candidate face aux habitants, alors que la Ville a déjà mis en demeure le bailleur métropolitain. « Ces élections peuvent avoir un impact sur la personne qui gère vos logements », insiste-t-elle. Elle promet de rouvrir le centre municipal d’animation. Et refuse d’opposer noyaux villageois et grands ensembles. « C’est ensemble qu’on se relèvera, pas les uns contre les autres. »

  • Dans les Bouches-du-Rhône, le PCF ne veut aucune commune pour le RN

    Dans les Bouches-du-Rhône, le PCF ne veut aucune commune pour le RN

    À six semaines du scrutin, la campagne des municipales s’est logiquement invitée dans les vœux de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir. C’est que dans un contexte national et international marqué par les conflits et l’instabilité, celui-ci reste marqué par la menace de l’extrême droite. Alors, face aux centaines de militants et représentants des différentes forces politiques, syndicales ou associatives rassemblées dans la maison des communistes, rue de Lyon (16e), le secrétaire départemental de la fédération, Jérémy Bacchi, lance un défi : « En plus des victoires que nous pourrons gagner, faisons en sorte qu’aucune commune ne tombe dans l’escarcelle de l’extrême droite. »

    Ce défi, il a bon espoir de le voir réalisé grâce à l’unité des forces de gauche. « Nous avons pris l’initiative de travailler à la création d’un large rassemblement sur l’ensemble du département », rappelle le sénateur communiste. L’accord trouvé entre les différents partis de gauche – hormis les Insoumis – permettra de déposer une soixantaine de listes communes dans le département. « Nous avons doublé la représentation de la gauche », se réjouit le sénateur communiste. De quoi redonner une voix aux citoyens dans ces municipalités où, en temps habituel, la gauche recueille en moyenne 28% des suffrages dans les scrutins nationaux. « Nous le devons à celles et ceux qui sont durement frappés par les politiques gouvernementales, qui n’ont que le service public comme patrimoine, pour qui l’espoir d’une vie meilleure doit devenir une réalité », lance-t-il. Rappelant les réalisations des communistes, avec un hommage appuyé au maire apparenté de Roquevaire, Yves Mesnard, président du groupe où siègent les élus communistes de la Métropole

    Défendre la paix

    Mais ces vœux arrivent aussi dans un contexte national marqué par l’adoption, placée sous le sceau d’un 49.3 que le Premier ministre s’était engagé à ne pas utiliser, d’un budget austéritaire. « 30 milliards d’euros d’austérité supplémentaire, avec parmi les premières victimes, les services publics », dénonce Jérémy Bacchi, citant les 4 000 postes d’enseignants supprimés, les 5 milliards retirés aux collectivités avec le soutien complice du Rassemblement national, la culture sacrifiée. « Nous affirmons la nécessité de protéger la culture des lois du marché, de défendre les droits de la création », lance-t-il. Les communistes, avec l’ancien député Pierre Dharréville, ont initié des états généraux de la culture. Le sénateur insiste aussi sur la bataille pour les droits des femmes, une égalité à construire « par des droits concrets, des services publics plus forts, des moyens supplémentaires ».

    Surtout, aux côtés de l’ambassadeur de Cuba en France Otto Vaillant Frías, il insiste sur une paix partout menacée. « L’existence de l’administration autonome du Rojava est en train de se voir réduite à des confettis, avec le soutien de la Turquie et des États-Unis », alerte-t-il. Face à un président de la République qui « sert de serpillière à Donald Trump », le secrétaire départemental rappelle : « La paix est un combat, mais elle exige de déposer les armes. » Et de lancer, optimiste, alors que se profile le 40e congrès du PCF : « Nous avons collectivement le stylo en main pour écrire l’Histoire de notre pays. »