Tag: Jérémy Bacchi

  • Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus sur notre Port. » Le message du syndicat CGT des dockers et portuaires du Golfe de Fos est clair à l’endroit du député RN Emmanuel Fouquart, dans un communiqué paru lundi matin. Le parlementaire d’extrême droite était invité ce lundi, à l’initiative de l’entreprise Alteo, au terminal minéralier de Fos-sur-Mer pour l’inauguration du projet Alufos de l’entreprise spécialisée dans les alumines de spécialité.

    Ce communiqué des dockers et portuaires CGT intervient après un premier communiqué du député, publié dimanche. L’élu indique avoir été « alerté par Patrick Schneider, directeur d’Alteo Gardanne, de menaces téléphoniques directes » en opposition à sa venue, citant nommément le secrétaire général du syndicat, Christophe Claret, comme initiateur. « Ces intimidations visaient d’abord à faire obstruction à ma venue. En cas de maintien de ma participation, des menaces de blocage des déchargements destinés à Alteo ont été proférées », affirme le député, s’inquiétant d’un « péril » pour l’activité de l’entreprise. C’est pourquoi l’élu RN a décidé « à regret » de ne pas participer à l’inauguration.

    « Ce député a voté contre l’augmentation du Smic »

    La sollicitude à l’égard de « l’outil de travail des salariés » invoquée par Emmanuel Fouquart pour justifier ce renoncement se heurte aux rappels du syndicat CGT.

    « Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus, ceux qui surfent sur le désespoir de la classe ouvrière, dont les masques tombent pas à pas », indique le syndicat. « Ce même député qui vote contre l’augmentation du Smic, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, qui abandonne la lutte contre la réforme des retraites, qui divise sur les thèmes identitaires raciaux, faisant le jeu du grand capital », assène la CGT des dockers et portuaires en référence à plusieurs votes du parlementaire à l’Assemblée nationale.

    De son côté, le député dénonce dans son communiqué « le chantage et les menaces sur la direction d’Alteo ». « Ces méthodes ne relèvent pas de l’action syndicale, mais de l’intimidation orchestrée par une antenne politique liée à un PCF à la dérive totalitaire », ose le député, dans un discours antisyndical et anticommuniste traditionnel de l’extrême droite française. « Ces agissements prouvent que ces structures ne défendent ni les ouvriers, ni le travail. Ils doivent nous alerter sur le danger que la CGT et le PCF représentent aujourd’hui pour notre démocratie et notre économie », conclut Emmanuel Fouquart.

    Des attaques provoquant logiquement l’ire des syndicalistes CGT, rappelant que « nous n’avons pas de leçons à recevoir de ce député RN sur la démocratie », prenant pour exemple « le maire RN de Carcassonne, fraîchement élu, qui a commencé par exclure la CGT de ses locaux ». « Pour rappel, notre organisation syndicale est représentative à 100% sur le port de Fos, avec l’ensemble des salariés syndiqués à la CGT, n’en déplaise à certains : 126 ans d’existence au service des travailleurs du port, de l’emploi et du développement de nos activités », développe le syndicat.

    « Il a tourné le dos aux salariés d’ArcelorMittal »

    Le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tout juste réélu secrétaire départemental du PCF après le congrès du parti ce week-end, a également réagi en « apportant un soutien indéfectible » au syndicat CGT des dockers et portuaires du golfe de Fos. « Ce député cherche à se refaire une virginité politique sur le dos des salariés, mais l’hypocrisie a ses limites », tance le sénateur, rappelant aussi que « lorsqu’il a eu l’occasion historique et concrète de défendre l’industrie locale et ses salariés, il leur a tourné le dos en s’abstenant sur la nationalisation d’ArcelorMittal ». « Dès qu’il s’agit de s’attaquer aux intérêts du grand capital pour protéger les emplois, le pouvoir d’achat et défendre réellement les travailleurs, il n’y a plus personne », insiste Jérémy Bacchi.

    Le syndicat rappelle enfin que « leur courant politique a voté les pleins pouvoirs à Pétain en bafouant la démocratie, a censuré la presse, dissout les syndicats et partis politiques », durant l’Occupation.

    Sollicitée, l’entreprise Alteo n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Les communistes unis face aux futurs combats

    Les communistes unis face aux futurs combats

    Une légère brise rafraîchit le barnum dressé devant la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, ce vendredi après-midi. « On a souvent tendance à dire que lorsque les cerveaux phosphorent, cela crée une chaleur particulière, sourit le secrétaire départemental réélu à la tête du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Au regard de la chaleur dans la salle, vous avez bien travaillé ! »

    Pendant trois jours ce week-end, les délégués des sections du Parti communiste ont débattu sur les plus de 900 amendements destinés à enrichir le texte choisi pour leur 40e congrès, qui viendront nourrir les débats nationaux à Lille, du 3 au 5 juillet. « J’avais ouvert mon discours en disant que la vocation du congrès est de trouver une voie commune au rassemblement de tous les communistes, partage Jérémy Bacchi. Avec un texte approuvé à 97,6%, le rassemblement des communistes a été pleinement respecté. »

    Contre l’extrême droite

    À l’issue de cette conférence fédérale, le conseil départemental a aussi été renouvelé de moitié, et largement rajeuni, avec 71% de ses membres âgés de moins de 55 ans. « Ce futur conseil départemental devra être un collectif capable d’impulser des initiatives, un outil capable de renforcer notre présence dans les luttes », précise Sophie Celton, de la section de Septèmes.

    « Nous sommes la première force politique du département, aussi bien en nombre d’élus qu’en nombre d’adhérents, insiste de son côté Jérémy Bacchi. Cela implique de lourdes responsabilités : nous devons réussir collectivement à nous hisser à la hauteur des enjeux. » Et de lancer : « Nous avons une volonté forte, d’avoir un Parti communiste à l’offensive. »

    Parmi les priorités, la lutte contre l’extrême droite, « qui partout où elle arrive au pouvoir entraîne des guerres, des conflits, la montée des nationalismes, le rejet de l’autre », énumère le sénateur. Alors il veut dénoncer sa supercherie sociale, rappelant que le député RN Emmanuel Fouquart s’est ainsi refusé à soutenir la proposition communiste d’une nationalisation d’ArcelorMittal, pourtant implanté sur sa circonscription. « L’extrême droite a une visée culturelle qui est une visée identitaire, prévient aussi l’ancien député Pierre Dharréville, qui a porté cet enjeu dans le débat. Ils sont dans une logique d’atteinte à la liberté de création, ils veulent formater les esprits et instrumentaliser le geste culturel dans la bataille culturelle qui est la leur. Nous avons besoin d’être au rendez-vous de cette bataille culturelle. »

    Pour les militants, celle-ci s’entremêle avec les combats sociaux menés sur le territoire. « Sur les questions industrielles, sur le service public, nous avons intérêt à monter d’un cran, à mener des batailles d’ampleur, appelle Jérémy Bacchi. C’est au cœur de l’entreprise que nous arriverons au mieux à mener la bataille idéologique. »

    La présidentielle en vue

    Au cœur de cette bataille, c’est la défense d’un socialisme aux couleurs de la France qui a largement animé les débats. « La perspective, c’est le communisme, l’idée qu’il faut changer radicalement le rapport des hommes entre eux pour les fonder sur une culture de connaissances, d’échanges, une bataille du bonheur, défend Luc Foulquier, de la section d’Aix. Mais cela ne se fera pas comme ça, il faut toute une série de conditions, dont le passage par le socialisme, une société qui change la nature de l’état et place comme perspective la réponse aux besoins. » En prenant en compte un contexte national, une histoire de luttes.

    Au-delà des débats sur l’écologie ou la protection de l’enfance, les échanges ont aussi majoritairement défendu la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle, qui doit être approuvée en septembre. « Je suis très conscient du danger que représente l’extrême droite, mais face à un danger imminent, il ne faut pas faire n’importe quoi, défend le conseiller national Anthony Gonçalves. Je ne crois pas que le ralliement sans discussion, sans contenu, à une candidature qu’on nous propose comme la seule manière de faire reculer le RN soit une hypothèse raisonnable, elle a toutes les chances de nous envoyer dans le mur. »

    Mais avant les échéances électorales, les communistes veulent continuer à faire vivre la solidarité internationale. « Nous aurons l’honneur de recevoir à notre initiative Fadwa Barghouti [avocate et femme du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti, Ndlr] le 2 juillet, pour poursuivre
    le rapprochement avec l’Organisation de libération de la Palestine
     », annonce Jérémy Bacchi.

    LES SECRÉTAIRES FÉDÉRAUX ÉLUS DANS NOTRE RÉGION

    Jérémy Bacchi, Bouches-du-Rhône

    Ce dimanche après-midi à la Maison des communistes des Bouches-du-Rhône, dans le 15e arrondissement de Marseille, le sénateur Jérémy Bacchi n’a pas caché son émotion au moment d’être réélu pour un troisième mandat, à la tête d’une fédération devenue la première au niveau national. « C’est le signe d’une confiance réciproque, tant mon attachement aux communistes est profond », soulignait-il en conclusion de ces trois journées de conférence fédérale, en insistant : « Vue l’ampleur de la tâche, on n’arriverait pas à tenir autant de temps si on n’aimait pas autant les communistes. »

    Après un large renouvellement de l’exécutif départemental, avec un rajeunissement des cadres du PCF, il pose d’emblée, parmi les enjeux de ce nouveau mandat, la nécessité de construire l’avenir. « Les conditions sont réunies pour faire de ce mandat, un mandat de transition, dans une fédération qui compte 2 500 militants, avec autant de jeunes cadres », pose-t-il. Pour remplir l’objectif de ce nouveau mandat, il met en avant un nécessaire travail plus collectif de la direction départementale du parti, mais aussi la nécessité de donner une visibilité plus diversifiée des représentants fédéraux dans l’expression des communistes, dans les prises de parole. « Nous arriverons à relever ce défi », assure l’ancien éducateur, qui met aussi en avant sa volonté de « donner à voir de la richesse et de la diversité » parmi les militants communistes des Bouches-du-Rhône.

    Y.S.

    Sylvie Vinceneu, Var

    À bientôt 71 ans, Sylvie Vinceneux était la seule candidate à la succession de Pierre Daspre, qui reste toutefois au conseil après ses deux mandats. Militante PCF dans les Bouches-du-Rhône depuis les années 2000, arrivée dans le département en 2021, elle était, depuis 2023, la secrétaire de la section Sud-Sainte-Baume, poste qu’elle cède à Jo Rodriguez.

    Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper la fonction de secrétaire fédérale dans le Var, après Danielle de March (1965-1994). « Elle m’a envoyé un message pour me féliciter. Avoir nommé une femme est un symbole », se réjouit-elle. Un symbole qui se retrouve aussi au sein d’un conseil rajeuni et largement renouvelé, de manière strictement paritaire (15 hommes, 15 femmes). « Cette féminisation va permettre de mieux s’adresser aux travailleuses, qu’on a du mal à faire adhérer », espère Sylvie Vinceneux, qui compte également profiter d’un mandat marqué par les nombreuses élections (cinq en trois ans) pour « aller vers les Varois et faire connaître nos propositions ».

    L’ancienne directrice d’organismes HLM, responsable de la commission nationale logement du PCF depuis 2023, portera forcément un œil avisé sur cette question très prégnante dans le Var et « étroitement liée à celle de l’emploi ». Au rang des priorités également, la paix, « dans un département militaro-industriel », et la défense des services publics « mis en péril comme on peut le voir à l’hôpital de La Seyne et à la Poste de Saint-Maximin, par exemple ».

    Ad.B.

    David Pascal, Vaucluse

    David Pascal est depuis samedi le nouveau secrétaire fédéral du PCF en Vaucluse. À 41 ans, ce moniteur éducateur dans le médico-social, marié et père de deux enfants, vit à Entrechaux, au pied du mont Ventoux. Engagé depuis une quinzaine d’années au Parti communiste, il était jusqu’ici secrétaire de la section d’Orange et membre du conseil départemental.

    Il succède à Julien De Benito au terme d’un « congrès serein et apaisé », marqué par un travail approfondi en amont ayant permis l’adoption d’une cinquantaine d’amendements visant à « enrichir le texte sans le dénaturer ». Le nouveau conseil départemental compte 29 membres à parité. « 14 camarades y font leur entrée », souligne David Pascal, « c’est aussi un rajeunissement et panel de ce que représentent nos territoires, avec des jeunes, des vieux, des actifs, des fonctionnaires, des syndicalistes, des acteurs de la lutte féministe et associatifs ».

    L’ambition affichée : renforcer la présence du parti sur les communes notamment rurales ; travailler sur la jeunesse autour de l’Université d’Avignon ; coordonner les actions fédérales sur de grandes mobilisations donnant de la visibilité ; et poursuivre le travail unitaire à gauche avec en point d’orgue la fête de La Marseillaise. « Il faut remercier Julien qui a réussi à maintenir un PCF à la hauteur dans un département qui est le laboratoire de l’extrême droite », conclut David Pascal.

    Ch.C.

    Sophie Delfino, Hautes-Alpes

    Réélue à la tête de la fédération des Hautes-Alpes, Sophie Delfino entame ce deuxième mandat sous le signe du renforcement. « Le congrès s’est bien passé, on a beaucoup débattu », souligne la professeure des collèges, âgée de 62 ans. « On s’est focalisé sur les gestes d’orga à produire pour renforcer le parti, donc le lien avec les sympathisants, les associations et les partenaires progressistes en général. » L’ambition est de redonner au PCF toute sa place dans le paysage local, alors que l’extrême droite est à l’orée du bois.

    La fête fédérale organisée samedi à La Bâtie-Neuve, près de Gap, largement tournée vers la jeunesse, sera un premier test. « Les sections étaient en sommeil, il n’y avait plus de fête fédérale, on a remis tout ça en action et il faut maintenant aller plus loin », insiste-t-elle. Pour y arriver, Sophie Delfino s’appuiera sur un conseil départemental renouvelé et resserré. « Plus énergique, plus dans l’action et l’ouverture », espère-t-elle, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux non-adhérents et aux acteurs progressistes. La culture et la formation populaire seront l’autre axe majeur. En parallèle, Sophie Delfino aspire à poursuivre son travail au Conseil national, notamment sur les questions culturelles et migratoires, en lien avec les réalités de son territoire. Enfin à l’approche des JO d’hiver 2030, avec l’ambition sera aussi de travailler de concert avec les fédérations voisines.

    Ch.C.

    Bertrand Perrin, Alpes-de-Haute-Provence

    Bertrand Perrin, 41 ans, a été réélu ce week-end pour un 4e mandat à la tête de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence, dont il est secrétaire fédéral depuis 2016. « On a fait un très bon congrès, sur le fond, avec un débat en trois temps. D’abord, les questions qui traversent la société, au travers du texte de la base commune qui a été votée très largement, ensuite le fond du parti et de son travail idéologique, puis la stratégie et l’organisation de notre fédé, au regard de notre territoire très rural, très étendu et sans grand centre urbain. » Ce travail doit se concrétiser après le congrès national à Lille dans quinze jours, où six délégués se rendront.

    Le conseil départemental a été renouvelé à 50%, « avec l’entrée de pas mal de jeunes » et une représentation de chaque territoire, un défi pour ce territoire comptant « beaucoup de petits villages avec des petites sections ». La feuille de route entend poursuivre le travail en direction des salariés et renforcer l’implantation de la fédération déjà classée 6e nationale en ratio adhérents/habitants. « On va continuer d’essayer d’amplifier l’effort en direction du monde du travail mais aussi de la jeunesse, un axe de bataille difficile car on n’a pas de structure post-bac. » L’objectif est aussi de renforcer les initiatives et de s’appuyer sur la « bataille des services publics ». Enfin, la fédération entend se tourner davantage vers le monde agricole, un axe jugé prioritaire pour le mandat.

    Ch.C.

  • Les communistes à l’heure du débat d’idées

    Les communistes à l’heure du débat d’idées

    Ce vendredi soir pour la première fois, c’est à la maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, que s’est tenu le congrès départemental du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône. Une soirée pour ouvrir un week-end entier de débats, dans le cadre du 40e congrès du PCF, deux semaines avant que les militants de la France entière ne se retrouvent à Lille. « Un congrès est un temps démocratique majeur dans la vie politique de notre organisation, pour l’adoption de nos orientations comme pour l’élection de notre exécutif », résume en introduction Jérémy Bacchi, le secrétaire départemental de ce qui est désormais la première fédération du PCF, avec un renforcement de sa base militante. Et de partager sa double exigence, au moment d’amender la base commune du conseil national adoptée par les militants : « Permettre l’expression de tous les communistes dans leur diversité, tout en travaillant à l’élaboration d’une voie commune. »

    Pour les communistes, ces échanges s’inscrivent dans un contexte national et international marqué par les courants dominants de l’extrême droite. « Jamais dans l’histoire récente le monde ne s’est trouvé autant bouleversé », alerte Jérémy Bacchi qui s’alarme de l’absence de réaction de la communauté internationale. Il rappelle le travail mené les trois dernières années, l’argent collecté pour envoyer prochainement un container humanitaire à Cuba ou à travers le Secours populaire venir en aide aux populations gazaouies, les 300 oliviers financés pour la Palestine, les mobilisations en défense de la cause kurde. En espérant renforcer la présence sur le terrain des militants.

    « La poussée de l’extrême droite et de ses idées ne s’arrête pas aux frontières de notre pays, rappelle aussi le sénateur communiste. À grand renfort de soutiens médiatiques, l’extrême droite mène une bataille culturelle sans précédent. » Il évoque ainsi l’échec d’une victoire annoncée de l’extrême droite grâce au rassemblement de la gauche, « et notre parti y a joué un rôle essentiel », l’union impulsée dans le département pour les municipales, avec la présence de listes de gauche dans la moitié des communes. « Malgré des pertes, nous voyons le parti se renforcer », salue Jérémy Bacchi, appelant à renforcer l’action politique « en lien étroit avec nos élus ».

    « Ne pas être spectateurs »

    Il appelle aussi les communistes à s’emparer de la réflexion sur les enjeux industriels et l’aménagement du territoire. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs de ce que le patronat et les pouvoirs locaux proposent », insiste-t-il. D’autant plus à l’heure où la Métropole Aix-Marseille traverse une crise existentielle. Face aux copies budgétaires rendues par la chambre régionale des comptes et la préfecture, il dénonce « une même logique d’austérité, de coupes, de réductions de dépenses ». Et de poser : « Notre position n’est pas de tomber dans le piège de ceux qui dressent les communes les unes contre les autres. C’est de bouger sur le versement mobilité avec une hypothèse, créer un établissement public dédié aux transports. »

    Après lui, la lutte contre l’extrême droite reste au cœur des débats pour la fédération. « Leurs idées s’immiscent dans la vie quotidienne, dans tous les esprits, dans toutes les conversations », alerte Ariane Lombardi, de la section de Marignane. « Le monde et notre pays traversent une crise grave, où le rapport des hommes entre eux et avec la nature sont marqués par l’exploitation, la violence et la négation de la culture », insiste aussi l’Aixois Luc Foulquier, tandis que l’adjointe marseillaise Nathalie Tessier rappelle la nécessité d’inscrire la protection de l’enfance au rang des priorités nationales. « Jeunes, retraités, familles monoparentales ou travailleurs précaires ont la même angoisse, celle de se loger dignement, qui demeure un droit empêché », défend l’élu marseillais Ibrahim Mzé. Citant l’étude nationale montrant comment le cancer frappe d’abord les plus précaires, l’adjoint à la santé Anthony Gonçalves insiste de son côté : « Tant qu’il y aura des chiffres comme ça, les communistes devront se présenter aux élections. » De quoi poser la base de ces trois journées d’échanges.

    « À grand renfort de soutiens médiatiques, l’extrême droite mène une bataille culturelle sans précédent. »

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi (PCF) s’est fendu d’un communiqué, lundi, pour « sommer l’État d’agir à la hauteur du péril » qu’est « l’aggravation considérable du risque incendie » en France et dans le département.

    Le parlementaire regrette la « livraison tardive » des quatre Canadairs commandés depuis 2024, et pointe « une impasse » pour la France que de « déléguer sa responsabilité à l’Union Européenne » et de commander des appareils de construction canadienne, soumis à la norme Itar des États-Unis limitant les exportations de matériel aérospatial.

    Ces raisons conduisent le sénateur à demander au gouvernement de mandater urgemment la Direction générale de l’armement (DGA) afin de lancer au plus tôt la production de l’Hynaero Frégate F-100, bombardier d’eau de conception française dont le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028.

    Garantir la souveraineté

    « L’implantation de la société Hynaero sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres pour y assembler le Frégate-F100 doit attirer toute notre attention », insiste Jérémy Bacchi, particulièrement au regard des « performances inédites » promises par les concepteurs, à savoir une contenance de dix tonnes d’eau contre les six des Canadairs CL-415, trois heures d’autonomie en combat du feu et une vitesse de croisière de 250 nœuds (environ 460 km/h).

    Mais, au-delà des performances, le sénateur relève que le Frégate F-100 est un appareil « free Itar », « garantissant une souveraineté française absolue et la création de plus de 700 emplois directs » sur le territoire. Les prototypes sont attendus pour 2030, marquant le début de deux ans de certification avant utilisation en action.

  • Des préconisations diversement appréciées

    Des préconisations diversement appréciées

    Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne

    « Ce ne sont que des préconisations pour le moment, car c’est le préfet qui va décider. Cependant, on est très inquiets pour la gratuité des transports sur le pays d’Aubagne. On ne peut pas d’un coup, d’un seul, supprimer ce qui a été acquis. La gratuité, c’est une institution ici. À ce sujet, d’ailleurs, je réaffirme qu’il faut se mobiliser, samedi, pour les transports de tout le pays aubagnais, à 10h devant la gare d’Aubagne (lire page 15). Il faut montrer que nous sommes mobilisés pour garder cette avancée sociale.

    Pour le reste, on est également inquiets, car on devrait aussi perdre la dotation de solidarité communautaire. Déjà que le budget était difficile à tenir, on se demande comment on va faire, on se pose des questions. ça va être très dur de tenir le budget, parce que là, on va presque perdre un million d’euros. Mais, pour l’instant, nous sommes dans l’incertitude, tant que le préfet n’a rien décidé. »

    Gaby Charroux,

    maire (PCF) de Martigues

    « D’après ce qu’on a pu voir, l’avis de la Chambre régionale des comptes est plutôt satisfaisant. D’abord, parce qu’elle se refuse à toucher aux attributions de compensation. À Martigues, cela représente 96 millions d’euros. Notre masse salariale municipale s’élevant à 92 millions, cela aurait signifié la suppression de centaines de postes municipaux. Il faut rappeler, aussi, que cet argent est une compensation de la suppression de la taxe professionnelle. Car quand les entreprises sont venues s’installer, il a fallu construire des écoles et des infrastructures, mais il faut continuer à les entretenir et les faire fonctionner. La Chambre a également décidé de ne pas proposer d’augmentation d’impôts. Ce qui signifie qu’ils font des économies sur les dotations de solidarité communautaires, en précisant le montant par ville. À Martigues, on perd 413 000 euros. À Marseille par contre, c’est 36 millions en moins, et c’est sûrement là que le bât blesse. On verra ce que le préfet décide. Mais la chambre régionale des comptes propose un axe à suivre, qui semble rigoureux et juste. Il faut rappeler que nous devons faire 140 millions d’euros d’économie sur un budget de 5 milliards d’euros. Selon moi, on aurait dû trouver des solutions au sein de la Métropole, mais je pense que l’on peut le faire. »

    Jérémy Bacchi, secrétaire du PCF

    des Bouches-du-Rhône

    « Nous ne voulons pas de l’austérité comme seul horizon. Les préconisations évoquées par la Chambre régionale des comptes mettent un coup d’arrêt aux projets de développement de notre territoire. Les répercussions sur les communes, déjà durement touchées par les coupes sombres des différents budgets de la nation, se voient à nouveau en première ligne. Elles sont pourtant un maillon essentiel de notre République, elles agissent dans la proximité pour faire vivre nos services publics et notre démocratie. Plutôt que de s’obstiner dans une logique austéritaire, il est urgent de repenser le développement de notre territoire pour créer de la richesse et donc des ressources supplémentaires à terme. Sans cela, notre territoire sera condamné au déclin, et avec lui, nos concitoyens et concitoyennes en paieront un lourd tribut. C’est pourquoi j’appelle M. le préfet, représentant de l’État, à prendre ses responsabilités pour faire prévaloir de solutions d’intérêt général ».

  • [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    Au fond de l’hémicycle Bargemon, les élus marseillais se pressent devant les listes affichées, suivant du doigt les noms inscrits. Le conseil municipal devait désigner, ce vendredi, les 1 070 délégués marseillais qui voteront, le 27 septembre prochain, aux sénatoriales avec les 111 conseillers municipaux de la ville, parmi les plus de 3 600 grands électeurs des Bouches-du-Rhône (notre édition du 26/05).

    Malgré les interrogations sur une possible division des voix de l’extrême droite entre les partisans de Stéphane Ravier et ceux de Franck Allisio (RN), « je constate, avant d’ouvrir le scrutin, que trois listes ont été déposées », annonçait le maire (DVG), Benoît Payan. Et si le Printemps marseillais, en catastrophe, fait corriger au feutre noir les dernières erreurs sur sa liste, aucune surprise ne vient bousculer le dépouillement. Aux 73 élus du Printemps marseillais s’ajoutent 704 délégués supplémentaires – à commencer par l’ensemble des élus d’arrondissement menés par la benjamine Ilyana Abideli –, tandis que les 34 membres du groupe d’extrême droite peuvent compter sur 328 voix de plus, et les quatre élus de la droite sur 38 délégués supplémentaires.

    Avec ces seules voix marseillaises, la gauche sécurise deux places au Sénat, sur les huit en jeu dans le département. « Nous pouvons en faire quatre dans une liste unie », assure l’adjoint (PS) à la sécurité, Arnaud Drouot, en amont de la séance. Les communistes ont déjà désigné le sénateur sortant Jérémy Bacchi pour conduire ce rassemblement des progressistes, à l’unanimité du conseil départemental, qui s’est tenu le 27 mai dernier.

    Ravier repart

    Tandis que Marie-Arlette Carlotti doit repartir en seconde position pour le PS, la commission nationale des investitures des Écologistes a pour sa part validé, jeudi soir, un scénario pour ses sénateurs sortants, redonnant l’investiture à Guy Benarroche. Celle-ci doit encore être validée, ce samedi, par un vote du conseil fédéral. « Cela ne devrait pas être un problème, mais j’attends respectueusement la fin du processus », confirme-t-il. Une désignation qui n’a pas été un long fleuve tranquille : la consultation des militants locaux a donné trois voix d’avance à l’adjoint des 2e-3e Thomas Laffare. « Le vote local n’était que consultatif », explique le sénateur sortant, qui pointe qu’une vingtaine de personnes n’ont pas pu participer au vote électronique, essentiellement pour des raisons techniques. Le scrutin désignait aussi l’ex-membre de la tutelle Samia Lakehal pour compléter la liste. Reste à savoir qui sera en quatrième position de l’union de la gauche. « La possibilité d’un quatrième siège dépend des autres listes et de la personne », souligne Guy Benarroche, qui anticipe un éparpillement de la droite. Quand les insoumis, sans réserves de voix, auront « bien sûr » une liste, indiquait avant le conseil Sébastien Delogu.

    L’extrême droite aussi sera bien divisée. Sur BFM Marseille, jeudi soir, le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier a confirmé qu’il mènerait bien sa propre liste. « Le devoir m’appelle », lâchait-il en ironisant sur les compliments adressés par le député RN Franck Allisio. De quoi grappiller des voix à droite, alors que les peines d’inéligibilité infligées en première instance pour prise illégale d’intérêt restent suspendues à ses appels.

    Retrouver en vidéo l’intégralité du conseil de Marseille réunit ce vendredi 5 juin pour une séance dédiée aux élections sénatoriales

  • [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    La Marseillaise : Que vous inspirent ces procès et cette réponse judiciaire ?

    Jérémy Bacchi : En amont, je veux saluer le travail des forces de police qui permet d’arriver à ces procès contre les chefs mafieux, et plus largement contre ce système. Ce travail d’investigation est la priorité. Ce volet judiciaire envoie un signal fort à ces organisations et à la population : on peut de lutter contre ces phénomènes, les choses avancent, et on ne peut que s’en réjouir.

    L’Appel de Marseille que vous avez initié préconisait une réponse politique. Vous en êtes satisfaits ?

    J.B. : L’Appel de Marseille lancé en janvier 2024 visait à provoquer un électrochoc dans la société pour que les pouvoirs publics se saisissent du sujet et adaptent notre appareil législatif aux réalités actuelles du narcotrafic. Le mois suivant, avec Guy Benarroche et Marie-Arlette Carlotti, nous avons saisi le président du Sénat pour la créer une commission d’enquête sur les narcotrafics dont le rapport a été adopté à l’unanimité du Sénat qui a adopté en 2025 une loi pour « sortir la France du piège du narcotrafic ». Sur cet aspect l’Appel a rempli ses objectifs initiaux. Mais un deuxième volet préventif en matière sanitaire et éducative, mériterait quelque chose du même type.

    Sur quoi mettre encore l’accent ?

    J.B. : Il y a quatre piliers. La protection de l’enfance est dans une situation dramatique, elle a besoin de plus de moyens. Près d’un jeune sur deux enrôlés dans les réseaux est issu de l’ASE, et les jeunes filles confrontées à la prostitution et exploitées par ces mêmes filières. Il y a ensuite le volet sanitaire pour l’accompagnement des personnes addictes car, effectivement, moins de consommateurs, c’est moins de trafic. Il y a aussi la question des relations diplomatique avec les pays producteurs de drogues. Puis il y a le levier financier avec le blanchiment de l’argent de la drogue et l’utilisation des avoirs confisqués liés au narcotrafic. Il faut prendre tous les sujets de front.

    Il y a aussi la protection des familles de victimes ?

    J.B. : Je suis intervenu la semaine passée au Sénat sur un texte que le Gouvernement, main dans la main avec la droite, a rejeté, et je le regrette, portant notamment sur la protection des personnes, militants associatifs et politiques qui dénoncent et se battent contre le narcotrafic. Mais la bataille continue.

  • Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Retoquée. Le Sénat s’est finalement opposé ce jeudi 7 mai à une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte contre le narcotrafic. Une initiative écologiste dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe, après l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille.

    Portée par Sandra Regol (EELV) à l’Assemblée nationale, le texte avait été adopté le 12 février à l’unanimité. Il propose d’étendre la protection aux membres de la famille de ceux qui dénoncent les réseaux criminels, à leurs proches mais aussi aux associations et collectifs, en inscrivant le numéro de téléphone de la personne menacée sur une liste prioritaire, en mettant en place des patrouilles autour de son domicile ou en lui confiant un dispositif d’alerte discrète de la police.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rappelé l’opposition du gouvernement à des dispositions qui entretiennent « la confusion entre protection administrative et judiciaire ». Il a aussi alerté sur les risques de « saturation des services de police et gendarmerie » estimant que « l’objectif de ce texte est déjà satisfait ».

    « Une réalité de peurs

    et de silence »

    Pour Guy Benarroche, sénateur écologiste, il s’agit pourtant d’un « sujet éminemment essentiel », considérant que l’accompagnement de ces lanceurs d’alerte relève du « devoir de l’État ». Jérémy Bacchi (PCF) est lui aussi monté au créneau. « Derrière ce texte, il y a une réalité que personne ne peut nier, celles des hommes et des femmes qui dans nos quartiers, dans nos villes s’engagent contre la criminalité organisée », pose-t-il. Reconnaissant que la proposition n’est « pas parfaite », elle pose aussi « des questions légitimes » estime-t-il, « dont la réponse ne peut être le déni ». « Dans les Bouches-du-Rhône, nous connaissons cette réalité faite de peurs et de silence », témoigne-t-il, précisant avoir accueilli à sa permanence quatre familles « dont la dernière en date a dû déménager 400 km de Marseille parce que le jeune frère de 14 ans avait refusé de s’engager dans les réseaux ».

    Conscient que le texte ne passerait pas confiait-il à nos confrères de FranceInfo, Amine Kessaci, dont la mère était présente au moment du vote à l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à se doter de « tous les moyens nécessaires » pour lutter contre des réseaux devenus puissants et violents.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.