Tag: jazz

  • [C’est l’été] Gracieux et gracile, le jazz trouve sa place à Toulon

    [C’est l’été] Gracieux et gracile, le jazz trouve sa place à Toulon

    Après son ouverture le 26 juillet avec la venue du Spanish Harlem Orchestra, le festival Jazz à Toulon poursuit sa route mélodieuse sur les « sonorités du monde. Une odyssée sonore où les frontières s’effacent au profit de l’émotion pure », indique-t-on du côté de la municipalité.

    Au total, une vingtaine de concerts, le prochain coïncidant avec la venue du quartet suisse Mohs, jeudi sur la place Bouzigues à 21h30. Mohs, comme le nom d’un géologue du XVIIIe siècle, connu pour avoir classé les minéraux selon leur dureté, à l’image des multiples textures sonores dont le groupe fait montre.

    Le lendemain, changement d’ambiance avec le concert d’Alfredo Rodriguez sur la place Raspail. Cette figure pianistique de la scène contemporaine cubaine aura l’occasion de présenter Take cover, album qui revisite des tubes tels que The pink panther ou Hotel California en mode afro-cubain.

    Sons en fusion

    Samedi 1er août, le public de la place de l’Équerre pourra quant à lui se régler au rythme de Solaxis. Porté par la saxophoniste Lisa Cat-Berro, un quintet de cuivres explorant « toutes les possibilités sonores » offertes par cet instrument. Autant de concerts qui « transforment Toulon en une scène de jazz à ciel ouvert », résume la Ville, qui programmera également Fabiola Mendez, le lundi 3 août, place Martin-Bidouré. Une joueuse portoricaine de cuatro, cette petite guitare très répandue en Amérique latine, qui ne lésine pas sur la musique folk. Des sons en fusion, dont l’organiste new-yorkais Cory Henry et le trompettiste suisse Erik Truffaz se sont aussi fait l’apanage, eux qui se produiront respectivement les 6 et 7 août sur les plages du Mourillon.

  • Quand le jazz est là,à La Londe-les-Maures

    Quand le jazz est là,à La Londe-les-Maures

    Nous attachons toujours autant d’importance à sortir des sentiers battus, en misant essentiellement sur des artistes français ou francophones qui ont le vent en poupe au sein de cette famille émergente du jazz contemporain et particulièrement créatif », estime le musicien et arrangeur Christophe Dal Sasso, directeur du La Londe Jazz Festival, qui se déploie jusqu’au dimanche 2 août sur la plage de l’Argentière.

    Au menu de sa 17e édition, quatre soirées gratuites sur la partie Ouest, et sous les pins, de la plus grande plage de cette station balnéaire varoise, qui s’ouvre ce jeudi au rythme des notes de ce flûtiste et compositeur avec The spirit of 3. Un projet qu’il porte avec la chanteuse et musicienne américaine Shekinah Rodz, nourri par un « répertoire aussi profond que festif, au croisement des rythmes méditerranéens, africains et indiens ». Un peu plus tôt dans la soirée, le groupe Radio Mezcal aura lancé les festivités avec ses notes latines, afro caribéennes et diablement dansantes. Car chaque soirée du festival se déroule sur le même principe : un « apéro » à 19h, mise en bouche assurée par des « talents locaux », une « scène jazz » autour d’une tête d’affiche, puis, vers 23h15, un « Jazz club » orchestré par le trio du contrebassiste Olivier Lalauze, « avant de laisser place à une jam-session réunissant musiciens amateurs et professionnels dans un esprit de liberté et de partage ».

    Les femmes ont voix

    au chapitre

    « Cette année, les voix seront le fil d’Ariane de la programmation. Puissantes et envoûtantes, incarnées par des artistes aux univers singuliers, capables de faire vibrer le public sur toutes les ondes émotionnelles, tantôt ouatées tantôt étourdissantes d’énergie communicative », qualifie-t-on du côté de Mouissaline Prod, équipe à la manœuvre du La Londe Jazz Festival. Vendredi 31 juillet, la chanteuse toulonnaise au timbre chaud, Andrea Caparros, sera quant à elle invitée par le Big Sud, projet qui « dessine un pont entre les grandes comédies musicales de Broadway et la Méditerranée provençale ». Une création signée du trompettiste Nicolas Folmer et Christophe Dal Sasso, aux côtés de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon.

    Le lendemain, au tour d’Abraham Réunion, trio aussi bien inspiré par le jazz que les musiques créoles, de prendre le relais. Charge enfin au groupe Buttshakers, porté par « la soul habitée » de la crooneuse Ciara Thompson, de clore le La Londe Jazz Festival, le dimanche 2 août. Son dernier album Lessons in love dans les cordes vocales, elle « incarne toute la force de ce groupe : une voix tour à tour brûlante, déchirante ou lumineuse digne des plus grandes divas de la soul ».

    www.lalondejazzfestival.com

  • [Week-end] Le Jazz s’invite à Toulon dès samedi

    [Week-end] Le Jazz s’invite à Toulon dès samedi

    Les grandes places du centre-ville et les quartiers s’animeront au rythme des performances de stars mondiales et de jeunes musiciens locaux en pleine ascension pour faire vibrer le public. Cette année, Jazz à Toulon vous donne à découvrir 20 groupes et artistes, 10 concerts nocturnes et 10 concerts OFF, qui sont des spectacles proposés à 19h, pour une 36e édition qui reste fidèle à l’ADN de l’événement.

    Ouvert à tous, le jazz qui descend dans la rue, au plus près des habitants et chaque soir les plus belles places de Toulon et de ses quartiers se transformeront en scènes à ciel ouvert. Le tout avec une programmation riche qui verra passer Alfredo Rodriguez, Fabiola mendez, Cory Henry ou encore Christiano Nascimento & WIM WELKER Group.

    Dimanche, le premier rendez-vous est donné sur la place de la Liberté dès 21h30 avec le Spanish Harlem Orchestra. Un collectif riche de ses trois Grammy Awards et composé de treize musiciens virtuoses qui s’est imposé comme l’ambassadeur le plus fidèle de la « salsa dura », une tradition née dans le quartier de Spanish Harlem à New York.

  • [C’est l’été] Jazz au Ranquet revient pour trois soirées gratuites à Istres

    [C’est l’été] Jazz au Ranquet revient pour trois soirées gratuites à Istres

    Cet événement dédié au jazz revient cette année encore sur les plages du Ranquet pour offrir au public trois soirées de concerts au bord de l’eau, les pieds dans le sable.

    Initié il y a quelques années par la municipalité, Jazz au Ranquet a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable de l’été istréen. Chaque année, le festival rassemble de nombreux curieux et passionnés, vacanciers comme habitants de la région. Ici, les mélodies et le bruit des vagues s’entremêlent pour créer une atmosphère unique, à partager en famille ou entre amis.

    Un orchestre

    de 21 musiciens

    Du côté de la programmation, les festivités débuteront ce vendredi à 20 h avec le Nitcho Reinhardt Quartet. Autodidacte passionné, Nitcho Reinhardt n’a jamais cessé d’enrichir son univers musical. Il sera sur scène aux côtés de ses deux frères, à la guitare rythmique, et accompagné du contrebassiste parisien Thierry Chanteloup. Ensemble, ils présenteront « La vie en cordes ».

    À partir de 22 h, le Big Band de Pertuis prendra le relais. Fondé en 1984, l’ensemble réunit des musiciens professionnels et amateurs chevronnés, passionnés de jazz et de musique latino-américaine. Cet orchestre de 21 musiciens interprète les plus grands standards du genre, de Count Basie à Duke Ellington, entre autres.

    Samedi, la première partie de soirée sera consacrée à un hommage à Michel Petrucciani proposé par Marc Cicero.

    En seconde partie, Ronald Baker et ses fidèles sidemen revisiteront un hard-bop groovy aux racines solidement ancrées dans la tradition du jazz. Une prestation qui promet de ravir les amateurs du genre.

    Enfin, dimanche, une soirée organisée en partenariat avec le Marseille Jazz des Cinq Continents viendra clôturer le festival. À partir de 21 h, Pierre Bertrand et La Caja Negra monteront sur scène. Le groupe, qui a sillonné la France et l’Amérique du Sud, partagera avec le public son identité musicale singulière à travers une musique vibrante, vivante et généreuse.

    Informations auprès de l’office de tourisme au : 04.42.81.76.00

  • Sous les étoiles, les Nuits musicales d’Uzès

    Sous les étoiles, les Nuits musicales d’Uzès

    Quand le jour tombe sur la cité ducale, les vieilles pierres changent de partition. Du 18 au 29 juillet, les Nuits musicales d’Uzès célèbrent leur 55e édition entre les cours du Duché et de l’Évêché ainsi qu’à L’Ombrière. Huit concerts composent une affiche cousue main, fidèle au triptyque défendu par Éric Desnoues : artistes, œuvres et lieux.

    La jeunesse donnera le premier accord avec Didon et Énée de Purcell, interprété par le Jeune Orchestre baroque européen. Seize musiciens, sélectionnés parmi plus de 400 candidats, participeront à ce dispositif d’insertion professionnelle. Le lendemain, le sopraniste Samuel Mariño fera résonner Vivaldi et Haendel.

    Du classique
    aux musiques de l’exil

    Alexandre Tharaud jouera Mozart avec l’Orchestre national Avignon-Provence, avant que Benjamin Grosvenor ne traverse Beethoven, Schumann, Scriabine et Chopin. Jean-Christophe Spinosi dirigera l’Ensemble Matheus dans un voyage symphonique tourné vers l’Italie.

    Puis les frontières s’effaceront. Avec La Sultane, André Manoukian puisera dans ses racines arméniennes pour mêler jazz, classique et musiques sacrées. Stochelo et Mozes Rosenberg feront glisser Charlie Chaplin vers le jazz manouche. Enfin, les anciens musiciens de Cesária Évora refermeront le festival en faisant revivre la morna de la Diva aux pieds nus.

    Un tarif à 10 euros est proposé pour les moins de 25 ans.

  • [Entretien] Ezra Collective : « Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration »

    [Entretien] Ezra Collective : « Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration »

    Ezra Collective est aujourd’hui l’un des ensembles les plus populaires et influents de sa génération. Figure de proue du renouveau du jazz britannique, le quintet londonien poursuit une ascension fulgurante depuis sa victoire au Mercury Prize en 2023, couronnée par son sacre comme « Groupe de l’année » aux Brit Awards, porté par le succès de son dernier album, Dance, No One’s Watching.

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous votre approche du jazz ?

    TJ Koleoso : Quand je suis arrivé au club de jeunes [Tomorrow’s Warriors], où nous avons appris le jazz, j’avais toujours eu l’impression que cette musique n’était pas faite pour des gens comme moi. C’est une question de découverte. Il suffit qu’on vous fasse écouter cette musique, qu’on vous la présente. C’est cette introduction qui vous permet ensuite d’en tomber amoureux. Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration et l’improvisation, à travers toutes sortes d’autres musiques. Il y a toujours ce dialogue qui doit exister entre les instruments. Et c’est cette philosophie que nous avons intégrée à notre musique.

    Cette année marque les dix ans de Chapter 7. Comment avez-vous évolué depuis, dans quelle direction vous tournez-vous à présent ?

    TJ.K. : En une phrase, nous sommes le même groupe avec un sens des responsabilités beaucoup plus important. Aujourd’hui, quand nous jouons ou que nous prenons des décisions, nous ne pensons plus seulement à nous. Nous réfléchissons à ce que cela représente pour un public plus large, mais aussi pour toutes les personnes autour de nous qui souhaitent évoluer dans le monde de la musique. Même au-delà. Nous partons en tournée avec toute une équipe. Il y a une responsabilité de continuer à bien jouer et à faire de bons concerts parce qu’il y a des gens qui en dépendent financièrement.

    Avec trois albums et trois EP à votre actif, est-ce que vous savez déjà à quoi ressemblera la setlist au MJ5C ?

    TJ.K. : Non, mais il y aura un mélange de chansons qu’on a déjà jouées de nombreuses fois et d’autres qu’on n’a encore jamais interprétées sur scène. On a notamment hâte de se plonger dans une bonne partie du nouveau répertoire cet été.

    Votre nouvel album sort en septembre, quelle en était l’inspiration ?

    TJ.K. : Le nouvel album s’intitule Here Because of Hope, et il s’articule autour du chemin qui mène de la douleur à la joie. Historiquement, on a toujours beaucoup parlé de la joie en tant que groupe, avec cette idée que la joie est davantage une manière de voir les choses qu’une simple émotion. Je pense que l’espoir est ce qui vient combler l’espace entre la douleur et la joie. Voilà le socle philosophique de cet album. Musicalement, ce qui en ressort est un album beaucoup plus vulnérable, plus réfléchi et peut-être plus émotionnel qui traverse différents genres musicaux comme Ezra à l’habitude de le faire.

    Le premier single est sorti. Une collaboration avec Pa Salieu.

    Ife Ogunjobi : Ce qui est intéressant chez lui, c’est sa polyvalence. Ce n’est pas un rappeur cliché. Il est capable d’évoluer dans plein de registres différents et il puise dans énormément d’influences. Pour un groupe comme le nôtre, qui ne vient pas du rap au sens traditionnel mais qui cherche à le mêler à l’afrobeats, au jazz et à d’autres styles, c’était la collaboration idéale.

    Interview traduite de l’anglais. Concert le 9 juillet, au Parc Aurélien Fabre. De 15 à 40 euros.

  • Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Après avoir fait virevolter jeudi l’Orchestre national de jazz dans le répertoire luxuriant de la cheffe et compositrice américaine Carla Bley, le Marseille jazz des cinq continents met le cap, vendredi 3 juillet, vers l’Égypte. Un pays dans lequel le chanteur et poète Abdullah Miniawy, en concert à la Vieille Charité, a émigré en 2011. Cette année-là, la Révolution égyptienne éclate en réaction notamment à la corruption du pouvoir et à l’incapacité des classes populaires à vivre dignement, se soldant par la démission du président Hosni Moubarak. En 2023, son projet Le Cri du Caire observait les cendres de cette époque.

    Voilà désormais ce « descendant contemporain de la tradition soufi », qualifie le festival, qui entremêle ses scansions à visées universelles aux cuivres rédempteurs de Robinson Khoury, Jules Boittin (trombones) et du trompettiste Erik Truffaz, dans Peacock dreams. Son dernier album en date qu’il fera entendre aux côtés de ces musiciens à Marseille, lors d’un concert dont la première partie sera assurée par Ubaq, trio basse-guitare-batterie à la musique ombrageuse et teintée d’éclats de lumière comme l’ubac d’une vallée, ce versant moins ensoleillé néanmoins sûr.

    Forces « diluviennes »

    Le lendemain, c’est la chanteuse franco-brésilienne Gildaa qui lancera le bal en ces mêmes lieux à 20h. Alternant violon, percussions et kora, cette artiste à la voix indomptable et aux Pensées diluviennes, suggère l’un de ses titres, livrera un spectacle aux accents de théâtre. Gabriel Gosse prendra le relais de la soirée à 21h. L’occasion pour ce chanteur et guitariste de défendre sur scène Mojo, son deuxième album diablement funky.

    Les 3 et 4 juillet à la Vieille Charité, à partir de 20h.
    15 euros pour les moins de 18 ans et 35
     euros en tarif plein. www.marseillejazz.com

  • Le Jazz festival va faire groover le théâtre de la Mer de La Ciotat

    Le Jazz festival va faire groover le théâtre de la Mer de La Ciotat

    C’est l’un des rendez-vous incontournables de la saison estivale à La Ciotat. Le Jazz festival est de retour et avec lui quatre soirées qui regroupent chacune deux concerts avec des artistes de renom. « Nous voulons cette année montrer que le jazz est présent dans beaucoup de musiques. Son influence a donné naissance à d’autres styles musicaux comme la soul, le rythm’n blues ou des musiques plus pop ou électro et c’est par la programmation que nous avons que tous ces styles-là sont représentés avec toujours en toile de fond le jazz », explique Jean-Pierre Artero, président et directeur artistique de l’association La Ciotat Culture, organisatrice de l’événement. Si les soirées de concerts commencent officiellement le mardi 7 juillet avec un concert blues cajun inspiré de la musique de Louisiane qui revisite les racines du blues et du jazz avant de laisser la place à un concert tribute James Brown, au théâtre de la Mer, les soirées de dimanche et lundi seront un prélude à l’événement dans les rues de La Ciotat.

    Musiques du monde

    « Il y aura des déambulations à partir de 20h à l’occasion du marché nocturne pour annoncer le début du Jazz festival, un peu à la façon des crieurs publics de l’époque », souligne-t-il. « Le New Bop Trio, un orchestre jouera de la musique comme on le faisait à la Nouvelle-Orléans. » Mercredi ce sera le funk soul hip-hop de Talis Maas et l’électro jazz de Rosaway, un duo mêlant électro, jazz et influences disco qui seront au x commandes. Parmi les temps forts, notez la soirée de jeudi avec le concert de Yuri Buenaventura, une figure incontournable de la salsa qui enflamme les scènes du monde entier avec son énergie communicative et son attachement aux musiques latines. « Je connais très bien Yuri Buenaventura qui s’est imposé dans le monde de la salsa mais ce que peu de gens savent c’est qu’il est également un très bon chanteur et musicien de jazz et c’est ce que nous allons vous faire découvrir », poursuit Jean-Paul Artero. « Vendredi, soirée de clôture, nous ferons la part belle à la chanson française mais aussi à l’univers de Line Cruz avec Four worlds qui montrera à travers sa musique que les disparités du monde quelles que soient les couleurs et les origines peuvent se mélanger harmonieusement. »

  • « Sketches of Spain » lance et chauffe le Marseille jazz des cinq continents

    « Sketches of Spain » lance et chauffe le Marseille jazz des cinq continents

    Un voyage dans les musiques traditionnelles espagnoles dont s’enivrent le trompettiste new-yorkais Michael Leonhart et le danseur-chorégraphe Israel Galvan, « l’un des plus éminents représentants du flamenco contemporain », situe Hughes Kieffer, directeur artistique du Marseille jazz des cinq continents, à propos de ce spectacle qui lance le festival, mercredi 1er juillet à 20h, à la Vieille Charité. Les deux artistes revisitent cet opus dont les premières notes éclairent sur ce que la musique et ses mélanges ont fait de plus beau. Ses ingrédients ? une sauce à base de Concerto d’Aranjuez, composé par Joaquin Rodrigo 20 ans plus tôt, liée par le génie de Miles Davis, sur des arrangements de Gil Evans. Une œuvre mélancolique et ensoleillée qui nous tabasse l’âme dont Miles Davis disait : « Cette mélodie est si forte que, plus elle est jouée douce, plus elle est forte et, plus elle est jouée forte, plus elle devient faible. »

    www.marseillejazz.com

  • « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme à diriger l’Orchestre national de jazz depuis sa création, il y a 40 ans. Y attachez-vous une importance particulière ou pas ?

    Sylvaine Hélary : Un peu des deux. J’ai postulé à l’Orchestre national de jazz en tant que musicienne, compositrice, flutiste, mais pas en tant que femme spécialement. En revanche, je mesure l’importance que cela peut par exemple avoir pour de plus jeunes musiciennes quant à leur manière de s’identifier à des figures féminines. À partir du moment où les femmes sont un peu plus visibles, qu’elles soient sur scène ou à des postes de direction, cela peut contribuer à changer la place des femmes dans la société en général : affirmer peut-être quelque chose ou rassurer, donner envie, se dire que c’est possible. Je mesure le pouvoir que cela peut avoir au niveau de la transmission.

    Si tout cela évolue aujourd’hui, c’est aussi grâce à des pionnières comme la compositrice et cheffe Carla Bley, à une époque où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main à ces postes…

    S.H. : Complètement. J’ai rencontré sa musique il y a 30 ans quand je faisais des sessions avec le saxophoniste Rémi Sciuto, à qui j’ai confié les arrangements de la plupart du programme de Carla Bley. Avant, j’avais quelques références de musiciennes françaises comme Joëlle Léandre ou Hélène Labarrière. Mais elles étaient peu nombreuses. Puis la compositrice Carla Bley m’a ouvert tout un nouveau monde. Elle m’a impressionné par sa liberté, sa manière de naviguer entre des musiques différentes : elle a aussi bien travaillé avec des pointures jazz que Robert Wyatt ou le batteur de Pink Floyd, Nick Mason. Cette touche-à-tout a développé en même temps son propre langage. Elle a aussi joué toute sa vie avec certains de ses compagnons comme Steve Swallow, le dernier en date. Elle coche tous les souhaits que l’on peut avoir quand on est une jeune femme et qu’on veut devenir musicienne.

    Le directeur du festival des cinq continents dit qu’elle « fait un jazz qui tire jusqu’à la musique contemporaine, mais comporte aussi beaucoup de mélodies »…

    S.H. : Tout à fait. Avec notre projet, on voulait donner à entendre toute sa panoplie et pas seulement un son, celui de son orchestre avec beaucoup de cuivres. On a donc aussi ajouté un quatuor à cordes pour changer un peu la couleur, avoir notre propre son et ne pas faire une pâle copie du sien. Sous des airs très mélodiques, qui rappellent des musiques de films, le son de Carla Bley est très exigeant. Et dans le même temps, elle prodigue quelque chose de très accessible. La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde. On a joué notre projet dans plein d’endroits comme l’opéra de Dijon. Les spectateurs ne la connaissaient pas bien, et pourtant, 1 600 spectateurs ont fini debout.

    Les 12 titres de votre album alternent le doux et le vigoureux. À l’image de sa personnalité ?

    S.H. : On n’avait pas envie que ça soit portrait en cire de Carla Bley, mais on se l’est approprié. On a voulu représenter plusieurs facettes de son écriture. possiblement reliable à celles de sa personnalité. Il y a à la fois des tubes comme « Utviklingssang » et « Musique mécanique », mais aussi « End of Vienna », plus chambriste que jazz. Elle a un parcours incroyable, est partie très tôt de chez elle, a même vendu des cigarettes au Birdland [club mythique de jazz new yorkais, Ndlr.]. Le monde du jazz et des musiques improvisées, à l’époque bouillonnant, a été pour elle fondateur.