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  • [Le Grand entretien] Barbara Hendricks : « J’ai choisi l’Europe pour défendre la paix »

    [Le Grand entretien] Barbara Hendricks : « J’ai choisi l’Europe pour défendre la paix »

    La Marseillaise : Chanteuse lyrique, vous explorez le jazz dans les années 90 et, depuis 10 ans, vous plongez dans les racines du blues. Est-ce un retour aux sources, quand vous chantiez dans l’église de l’Arkansas, où votre père officiait ?

    Barbara Hendricks : Quand j’ai commencé le jazz, ce n’était pas planifié. Je vivais à Montreux et j’étais amie avec le fondateur du festival. Mes enfants adoraient aller chez Claude Nobs car il y avait des tas d’appareils, comme les walkmans, avec lesquels ils pouvaient jouer. Et aussi des archives incroyables. En écoutant Duke Ellington, il m’a proposé de faire un hommage. J’ai tellement aimé l’expérience avec les musiciens que je ne voulais faire plus que ça. J’ai réalisé que je ne connaissais pas si bien mes racines que ça. Alors que les Negro spirituals étaient les chants des esclaves, pour mon père, le blues était la musique du diable. Il y a toute mon histoire dans le jazz et le blues. Le besoin de ce message de lutte pour les droits, contre l’apartheid, est devenu si fort que je reste sur ce chemin de la liberté. Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de message d’amour.

    Cet hommage à Martin Luther King réaffirme votre engagement en faveur de la liberté. Que retenez-vous de votre expérience d’ambassadrice du Haut-Commissariat pour les réfugiés à l’ONU ?

    B.H. : Martin Luther King est inspirant parce qu’il y a eu beaucoup de femmes autour de lui. Et, sans elles, il n’aurait pas pu mener la lutte qu’il a menée pour l’égalité. Les femmes, même si elles ne sont pas sur le devant de la scène, jouent un rôle important dans les mouvements d’humanité. Sans elles, on ne serait pas là aujourd’hui. à mon tour, je veux aider cette grande famille qu’est l’humanité à grandir. à l’ONU, nous avons moins de la moitié des crédits nécessaires pour aider les réfugiés. Nous faisons notre possible pour réunir des fonds. Mais, ceux qui donnent le plus pensent qu’ils peuvent exiger certaines choses. Il faut résister à ça. Je ne peux pas sauver le monde, mais dès qu’on peut agir, il le faut sans jamais perdre espoir.

    Quel regard portez-vous sur le durcissement des politiques migratoires aux États-Unis et en Europe ?

    B.H. : Aujourd’hui, nous devons affronter des moments très très difficiles avec des guerres en Ukraine, à Gaza, et des gens forcés de fuir les conflits et les persécutions alors que des frontières se ferment partout. L’arrivée de Trump est le contrecoup de ceux qui ne voulaient pas d’un noir à Washington. Quand les gens ont peur, ils voient dans celui qui est en face un ennemi. Mais ils ne vont pas chercher à se retourner vers celui qui est vraiment la cause du malheur et qui désigne l’autre comme un ennemi. C’est facile d’utiliser la peur à des fins politiques. Il faut que cela change.

    Quel serait le rôle des médias pour un tel changement ?

    B.H. : Parfois, je ne peux plus regarder les horreurs diffusées, car pour aider, il faut prendre soin de soi. Les médias ne nous montrent pas assez les moments de solidarité. Or, tous les jours, il y a des gens qui aident un voisin, un enfant. Je crois en la force de ce chemin vers l’amour, la générosité. Quand je suis venue, en avril, au Salon du Livre à Paris, j’ai passé un long moment avec une association de femmes juristes qui faisaient un travail extraordinaire. Ce sont les gens qui font du bien qu’il faut montrer. Car, si nous voyons que nous ne sommes pas seuls, nous gagnerons en espoir et en force. La peur fait oublier cela. L’amour est illimité. Aujourd’hui, j’ai vécu assez longtemps pour pouvoir dire que la générosité est le moteur le plus important pour faire avancer le monde. Il faut oser aimer.

    Vous vivez entre la Suède et la Suisse. Pourquoi ce choix ?

    B.H. : Après l’élection de Bill Clinton, (1992), il m’était devenu compliqué de choisir pour qui voter. J’ai été invitée en France pour une émission avec François Mitterrand. J’ai réalisé que les intentions qui précédaient la mise en place de l’Union européenne étaient basées sur les valeurs de paix. Le climat politique des états Unis ne me correspondait plus. Mais, sur mon passeport, j’étais Américaine. Comme mon mari était Suédois et que je vivais le plus souvent en Europe, je me suis dit que ce bout de papier ne pouvait pas me définir. J’ai donc décidé de changer de nationalité. Je suis devenue Suédoise car je voulais me mêler de politique européenne, fondée sur la paix et les droits de l’homme. Bien sûr, ce n’est pas si simple en réalité. En 2016, quand j’ai été invitée à faire un discours pour l’anniversaire du Traité de Rome au Parlement européen, j’ai volontairement centré mes propos sur ces valeurs fondatrices. Mais mes enfants vivaient en Suisse et, dès que la double nationalité a été autorisée, je l’ai demandée.

    Il y a ce concert à Aix-en-Provence, mais aussi un passage à Orange ?

    B.H. : C’est à Aix, au festival d’art lyrique en 1978 avec Les Noces de Figaro de Mozart, que les Français m’ont découverte pour la première fois. Et c’est aussi sur ses marchés que j’ai vraiment appris à parler le français, car les gens y étaient plus chaleureux qu’à Paris. Il n’y a pas une année où je ne reviens pas dans le Sud. à Orange, je vais rencontrer les élèves d’un collège qui a pris mon nom en 1995. C’était sur une décision des collégiens, alors que la ville était passée aux mains du Front national. Je me suis dit que les enfants étaient bien plus sages que les adultes qui avaient voté.

    Barbara Hendricks et son Blues Bands, les 20 et 21 novembre au 6MIC d’aix. Détails sur 6mic-aix.fr

  • « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Ce projet laisse une place importante à la musique et la composition afin que les deux dramaturgies, théâtrale et musicale, se répondent et se complètent. On sait que Jules Verne était un mélomane et qu’il a travaillé à développer le théâtre musical en son temps », rappelle à juste titre Emilie Capliez, qui adapte et modernise le roman gothique publié en 1892, Le château des Carpathes. Visible mardi 14 et mercredi 15 octobre au Théâtre d’Arles, un spectacle qui fait dialoguer la comédie à une partition jazz composée par la trompettiste Airelle Besson, autour de l’histoire originelle et fantastique d’une cantatrice nommée Stilla, « dont on cherche à immortaliser et emprisonner l’image et la voix ».

    Émancipations

    « Avec ce roman », estime Emilie Capliez, « Jules Verne s’attaque à un genre littéraire qui me fascine : le roman gothique, la littérature fantastique. Il nous plonge dans l’ambiance inquiétante d’une forêt au fin fond de la Transylvanie, avec ce mystérieux château d’où s’évapore de la fumée et autour duquel va se déployer la fable ». Une toile de fond dont la metteur en scène s’empare pour un conte musical au rythme effréné, porté par huit interprètes dont « trois instrumentistes, une actrice-chanteuse et quatre comédiens », situe Emilie Capliez qui réactualise l’œuvre de Jules Verne en émancipant ses figures féminines et en questionnant leur indépendance.

    P.A.
  • Cassis : le violoniste Nicolas Dautricourt fait vibrer Les Accords face à la mer

    Cassis : le violoniste Nicolas Dautricourt fait vibrer Les Accords face à la mer

    « C’est un événement qui me tient très à cœur », assure Nicolas Dautricourt. Reconnu par ses pairs « comme l’un des violonistes français les plus brillants et les plus attachants de sa génération », le musicien, qui se produit régulièrement dans les grandes salles internationales a choisi, pour la deuxième année consécutive, d’ancrer son festival à Cassis.

    « Je n’ai pas de sang cassiden, mais mon oncle et ma tante vivent à Cassis depuis vingt ans, je suis venu souvent », explique le concertiste qui a fait ses débuts en 2019 à la Philharmonie de Paris. S’il a connu cette année des déboires dans la préparation du festival, « ce qui m’a donné la force de continuer, c’est mon amitié avec la maire Dany Milon qui me fait confiance, et l’accueil du public. L’an dernier, les concerts faisaient le plein chaque soir », livre-t-il. Cette année, les Accords de Cassis s’étoffent d’un concert nocturne supplémentaire. « L’endroit est magique », salue le musicien. Les concerts* sont en effet donnés sur la Promenade Aristide-Briand, entre quai et mer avec, au loin, la silhouette ocre de la falaise du Cap Canaille… Une toile protège les musiciens et le public au cas où la pluie s’inviterait sans y être conviée…

    « Mon objectif avec ce festival, c’est de réunir le public autour de la musique, avec des concerts de grande qualité, où tout le monde se sente bien », déclare le violoniste. Le 20 août, Family Business ouvrira le bal. Dans « un programme surprise entre concert et jazz », évoque Nicolas Dautricourt, la cantatrice Natalie Dessay (soprano), se produira avec son époux baryton Laurent Naouri et leurs enfants Tom et Neïma. Ils seront accompagnés par celui qui fut « pianiste de Johnny Hallyday », Yvan Cassar. Le lendemain, le violoniste a invité deux lauréats de la fondation Gautier Capuçon, Luka Ispir (violon), et la japonaise Karen Kuronuma (piano), avec lesquels il interprétera le trio de Brahms. Le 22 août, le duo de piano à 4 mains explorera le répertoire, « de Rachmaninov à Gershwin ».

    À l’image de Nicolas Dautricourt, qui aime l’éclectisme en musique, le concert de clôture, le 23 août, réunira sur scène un pianiste, un contrebassiste et deux violonistes, pour donner aux « Quatre saisons de Vivaldi et à la Fantaisie des airs de Carmen des couleurs tsiganes ». Si Les Accords de Cassis enchantent les nuits, ils ne délaissent pas pour autant le jour. Du 20 au 23 août**, des concerts gratuits seront donnés dans la ville, par « de bons musiciens amateurs ».

    * À 20h30. Tarifs : 25 euros adulte, réduit 13, enfant : 10. Billetterie Office de tourisme. Tél. : 04. 28. 01. 01. 03
    ** À 11h et 17h30.

  • Seillans s’anime ce soir au rythme du jazz brésilien

    Seillans s’anime ce soir au rythme du jazz brésilien

    Le groupe Julie Meola Quartet propose ce soir, dans l’ancienne gare du village de Seillans, un concert fusion qui mélange la musique française au jazz et aux inspirations du Brésil. Le public aura la possibilité de danser sur des versions revisitées de Georges Brassens ou encore d’Édith Piaf, pour une soirée haute en couleurs.

    Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la programmation des « Voix départementales ». En effet, depuis 2016, le département du Var organise chaque été une tournée de concerts gratuits.

    En se déplaçant de ville en ville, les Voix départementales investissent les différents espaces du patrimoine varois : théâtres de verdures, parcs, jardins… Une programmation variée et dansante qui met à l’honneur des artistes locaux.

    Le concert de ce mardi se déroulera à l’ancienne gare de Seillans. Bâtiment historique de la ville, elle avait été construite en 1890 avant d’être définitivement fermée en 1950. Depuis l’année dernière, des travaux de remise à niveau du terrain ont été effectués pour permettre d’accueillir des événements culturels.

    Les Voix Départementales continuent pour encore quatre soirées : un nouveau concert de jazz à Pignans le 22 août, de la musique Celtique à Saint-Zacharie le 26 août, des reprises de musiques brésiliennes le 28 août au Beausset et enfin, une soirée de clôture à Barjols avec un groupe qui mélange le ska, le swing et le reggae.

    Ancienne gare de Seillans, mardi, 21h, gratuit