Tag: investissement

  • Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Pour ce premier conseil depuis les dernières municipales, le président du Département, Jean-Marie Bernard, a commencé par féliciter « les maires élus sur le territoire, et, à travers eux, l’ensemble des équipes municipales qui sont désormais constituées », et en a profité pour saluer le départ de Renaud Muselier, « un ami et allié de la première heure pour les Hautes-Alpes ». Des mots suivis d’applaudissements pour les succès aux Jeux de Milan-Cortina des deux athlètes paralympiques haut-alpins, Aurélie Richard et Arthur Bauchet.

    Parmi les principales mesures, le conseil départemental a voté la révision du plan pluriannuel d’investissements, passant de 525 millions pour la période 2022-2029 à 594 millions. Jean-Marie Bernard a dressé un objectif de financement supplémentaire de 72 millions pour les mobilités, nécessaires selon lui pour « désenclaver le département » et rénover le réseau routier entre la sortie de l’autoroute et la jonction avec la Nationale 94 à Montgardin, qu’il dit être « dans un état qu’on ne peut plus accepter aujourd’hui ». Le Département contribuera aussi à hauteur de 25 millions d’euros à plusieurs chantiers menés par l’État ou la SNCF en vue des Jeux de 2030, parmi lesquels ont été citées la réalisation de la rocade de Gap, la traversée de la Roche-de-Rame et l’amélioration de la desserte ferroviaire de Briançon.

    Inquiétudes pour les routes gérées par l’État

    Plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes quant aux lenteurs des chantiers sur la N94, gérée par l’État, en vue des JO. « On n’est pas là pour critiquer l’action de l’État ou des agences régionales, mais on s’aperçoit que quand le Département a la maîtrise d’ouvrages, on a tendance à aller beaucoup plus vite », a relevé Marcel Cannat, vice-président du Département des Hautes-Alpes en charge des routes. « Il y a quelques jours encore, une grue de 50 tonnes n’a pas pu passer le pont de Savines-le-Lac pour se rendre dans le nord du département. Comment on va faire avec les Jeux dans trois ans ? », a-t-il fait remarquer, mentionnant également les retards pris sur la réhabilitation de la nationale au carrefour de Montgardin et demandant au président Jean-Marie Bernard et à la députée des Hautes-Alpes Valérie Rossi, « d’insister au niveau national ». Jean-Marie Bernard a assuré avoir alerté les acteurs compétents et assuré que le carrefour mentionné « serait révisé dans les temps avant 2029 ».

    L’autre principal thème a été le suivi du plan d’action sur le logement lancé début 2025. Le manque de logement est un problème bien identifié sur le département où 40% des logements sont des résidences secondaires et 10% sont vacants. Aussi, la révision du plan pluriannuel consacre 2,1 millions d’euros supplémentaires pour aider les collectivités dans la rénovation des logements communaux.

  • Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Pour ce premier conseil depuis les dernières municipales, le président du Département, Jean-Marie Bernard, a commencé par féliciter « les maires élus sur le territoire, et, à travers eux, l’ensemble des équipes municipales qui sont désormais constituées », et en a profité pour saluer le départ de Renaud Muselier, « un ami et allié de la première heure pour les Hautes-Alpes ». Des mots suivis d’applaudissements pour les succès aux Jeux de Milan-Cortina des deux athlètes paralympiques haut-alpins, Aurélie Richard et Arthur Bauchet.

    Parmi les principales mesures, le conseil départemental a voté la révision du plan pluriannuel d’investissements, passant de 525 millions pour la période 2022-2029 à 594 millions. Jean-Marie Bernard a dressé un objectif de financement supplémentaire de 72 millions pour les mobilités, nécessaires selon lui pour « désenclaver le département » et rénover le réseau routier entre la sortie de l’autoroute et la jonction avec la Nationale 94 à Montgardin, qu’il dit être « dans un état qu’on ne peut plus accepter aujourd’hui ». Le Département contribuera aussi à hauteur de 25 millions d’euros à plusieurs chantiers menés par l’État ou la SNCF en vue des Jeux de 2030, parmi lesquels ont été citées la réalisation de la rocade de Gap, la traversée de la Roche-de-Rame et l’amélioration de la desserte ferroviaire de Briançon.

    Inquiétudes pour les routes gérées par l’État

    Plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes quant aux lenteurs des chantiers sur la N94, gérée par l’État, en vue des JO. « On n’est pas là pour critiquer l’action de l’État ou des agences régionales, mais on s’aperçoit que quand le Département a la maîtrise d’ouvrages, on a tendance à aller beaucoup plus vite », a relevé Marcel Cannat, vice-président du Département des Hautes-Alpes en charge des routes. « Il y a quelques jours encore, une grue de 50 tonnes n’a pas pu passer le pont de Savines-le-Lac pour se rendre dans le nord du département. Comment on va faire avec les Jeux dans trois ans ? », a-t-il fait remarquer, mentionnant également les retards pris sur la réhabilitation de la nationale au carrefour de Montgardin et demandant au président Jean-Marie Bernard et à la députée des Hautes-Alpes Valérie Rossi, « d’insister au niveau national ». Jean-Marie Bernard a assuré avoir alerté les acteurs compétents et assuré que le carrefour mentionné « serait révisé dans les temps avant 2029 ».

    L’autre principal thème a été le suivi du plan d’action sur le logement lancé début 2025. Le manque de logement est un problème bien identifié sur le département où 40% des logements sont des résidences secondaires et 10% sont vacants. Aussi, la révision du plan pluriannuel consacre 2,1 millions d’euros supplémentaires pour aider les collectivités dans la rénovation des logements communaux.

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».

  • Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    « C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés de Jott au CSE (Comité social et économique), la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’avenir de l’entreprise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagnée » a-t-il commenté à chaud, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion.

    Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre dite « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe » estimait Damien.

    Le groupe Amoniss, société d’investissement qui détient déjà Chevignon et Pimkie, s’est positionné avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros.

  • L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer la ville-centre. Le 14 avril, il peut faire basculer aussi l’agglomération. Ce « troisième tour » se joue au Colisée : 105 élus communautaires, 39 communes, dix-huit nouveaux maires, et un siège de président qui pèse lourd. Sur le papier, la route paraît dégagée : à ce stade, une seule candidature est officiellement déclarée, celle du maire de Nîmes. Mais, dans les couloirs, chacun vient avec ses priorités, ses craintes et ses lignes rouges.

    La force de Bouget, c’est son bloc nîmois : 37 voix (sur les 52 sièges de Nîmes) issues de sa majorité municipale. Pour atteindre la majorité absolue à l’agglo, il lui faut 53 voix : seize à aller chercher hors de Nîmes. Le travail a commencé, à la méthode : réunion collective, puis rendez-vous individuels à l’hôtel de ville avec les maires. Objectif affiché par son entourage : bâtir un fonctionnement « sans logique partisane », où la ville-centre ne dicte pas, mais entraîne.

    Le principal pivot, ce sont les communes regroupées autour d’Intérêt et esprit communautaire (IEC), groupe élargi et recomposé après les municipales. Selon les derniers comptages, 26 élus issus de 23 communes s’inscriraient dans cette dynamique, ce qui, additionné au bloc nîmois, assurerait une majorité confortable. Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, revendique une ligne de « territoire » : s’inscrire dans la majorité du président, comme hier avec Franck Proust, tout en promettant d’être « constructif et vigilant ». Le groupe pourrait être présidé par Gaël Dupret (Sernhac), et Rémi Nicolas est pressenti pour un rôle majeur dans l’exécutif.

    En face, la droite des communes s’organise aussi. Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (six sièges), a écarté l’idée de se présenter, plaidant pour un mandat « apaisé » et une intercommunalité « technique » tournée vers les projets structurants. Derrière cette posture constructive, une réalité demeure : beaucoup de maires veulent peser dans la future équipe, notamment via les vice-présidences (quinze au total). C’est l’autre négociation, la plus sensible : qui prend quoi, et avec quelles garanties.

    Les dossiers

    en embuscade

    Car au-delà de l’élection, c’est la liste des dossiers brûlants qui attend le futur président. D’abord, les mobilités : l’agglo tient les transports en commun, les arbitrages sur les lignes, les parkings-relais, les nouvelles stations, et l’équation « service /coût » qui revient à chaque budget. Dans le même bloc, la gestion des déchets et la Teom (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) restent un marqueur politique : baisse de taxe revendiquée ces derniers mois, mais vigilance des communes sur la qualité du service et les investissements.

    Ensuite, le développement économique, où l’agglo joue le rôle de machine à projets : zones d’activités, attractivité, emplois. Sur ce terrain, la zone Magna Porta, sur Manduel, reste le serpent de mer : projet remodelé (160 hectares initiaux, réduit à 54 dont 29 constructibles), débats sur les coûts et la rentabilité, promesses d’entreprises, attentes d’emplois concrets. Un dossier symbolique esquissé dès 2010, qui engage des millions, et qui cristallise la question du cap de l’intercommunalité.

    Autre sujet explosif : l’urbanisme. Le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal), l’éventuelle montée en puissance institutionnelle, et la peur des petites communes de perdre la main sur leur plan local. Ici, les maires veulent entendre une méthode : consultation, pas de passage en force, et surtout une répartition équilibrée des efforts (logements, équipements, foncier). Enfin, le nerf de la guerre : les fonds de concours. Pour nombre de villages, c’est la condition de projets très concrets (écoles, voirie, équipements) et donc une ligne rouge. À cela s’ajoutent les satellites et syndicats où l’agglo pèse : déchets, SCoT, bassin-versant… des lieux plus discrets, mais stratégiques.

    Dans ce décor, les oppositions nîmoises arriveront en ordre dispersé : le RN dispose d’un groupe conséquent (dix élus nîmois, plus un élu d’opposition à Marguerittes) et entretient le flou sur sa stratégie. La droite nîmoise, elle, se retrouvera fragmentée, avec des élus parfois non inscrits. Si l’élection de Vincent Bouget semble largement acquise, le vrai vote commence après : celui des équilibres. Une présidence fluide entre Nîmes et les 38 autres communes, ou une présidence sous surveillance permanente, à chaque dossier structurant.

  • Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Un conseil municipal pour le moins particulier. Pour nombre d’élus, il faisait office de baptême du feu, à l’instar de la conseillère de la majorité, Delphine Esselin ou encore de l’opposante Livia Jampy, qui intervenaient pour la première fois dans l’enceinte montpelliéraine au sujet du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Mais surtout, c’est le débat d’orientation budgétaire (DOB) qui a été au centre des discussions de la nouvelle assemblée.

    Porté par Serge Guiseppin, transfuge du milliardaire et élu d’opposition – néanmoins absent – Mohed Altrad, qui a pris la délégation des finances et des ressources humaines, le document présenté met en avant le maintien des taux de fiscalité et le fort niveau d’investissement. « 157 millions d’euros d’investissement sont programmés en 2026. Ce n’est pas un chiffre mais un choix politique fort. Il va renforcer nos infrastructures et, dans un contexte économique tendu, jouer un rôle d’amortisseur social, en préservant l’activité et en soutenant l’emploi », souligne Serge Guiseppin. Et de citer les grands projets portés par la mairie socialiste cette année : groupes scolaires de la Mosson, construction de la cité de l’alimentation, de l’hôtel des sécurités ou encore le projet du parc Lunaret-Lavelette-Montmaur. La taxe foncière est maintenue à 52,63%. Des résultats permis grâce à la maîtrise de la dette et à la progression de l’épargne brute. « La dette est plutôt maîtrisée. En fin 2024, nous étions à 6,7 années d’endettement. L’en-cours était lui à 1 338 euros par habitant. Dans nos comptes anticipés 2025, les épargnes brutes et nettes s’améliorent. Notre capacité de désendettement sera réduite à 6,2 ans tout en maintenant les dépenses d’équipement à 168 millions d’euros [contre 173 millions en 2024, Ndlr] », détaille Serge Guiseppin. Le tout dans un contexte national tendu – un effort de cinq milliards d’euros a été demandé par le gouvernement Lecornu aux collectivités locales, dont 3,1 millions d’euros pour Montpellier – et des turbulences internationales marquées par la guerre menée par Donald Trump.

    « On nous annonce rien »

    Des orientations qui n’ont pas manqué de faire réagir les oppositions. À gauche notamment, les critiques sont venues du groupe insoumis. « Au prétexte des coupes budgétaires gouvernementales, on ne nous annonce rien. Pas d’investissement pour le social, pas d’investissement pour l’écologie, pas d’investissement pour des budgets participatifs qui permettent aux citoyennes et aux citoyens de s’impliquer dans la vie politique de leur commune », fait valoir Nathalie Oziol, regrettant qu’il n’y ait aucune réponse apportée à la crise du logement que connaît la septième ville de France et à la planification écologique. Un constat partagé par son collègue Antoine Bertrand. Dénonçant « un budget à l’équilibre sur le papier mais en profond déséquilibre face à la réalité sociale que vivent les Montpelliérains », l’élu insoumis pointe « la seule véritable ambition qui est assumée, c’est celle de ne pas augmenter la taxe foncière. Mais posons les choses simplement : combien de personnes à Montpellier paient la taxe foncière ? Alors oui, vous protégez les propriétaires certes, mais qui protège les 70% de Montpelliéraines et de Montpelliérains qui ne le sont pas ? »

    C’est également sur ces mêmes propriétaires que la droite s’est inquiétée. « On parle de taxer les propriétaires. Mais ils tiennent la ville, ils payent des impôts, ce sont les premiers à contribuer et à porter la solidarité. Comptez-vous stabiliser le taux de fiscalité sur l’ensemble du mandat ou sur ce budget-là ? », interroge Salim Jawhari, bras droit de Mohed Altrad. La réponse de la majorité municipale ne s’est pas fait attendre : « Nous ne répondrons pas favorablement à une augmentation du taux de la fiscalité communale, c’est un engagement de stabilité. L’augmenter aurait un impact très lourd sur les ménages », précise le maire PS Michaël Delafosse. Et de continuer : « 157 millions d’euros d’investissement, c’est conséquent. Annoncer un tel niveau d’investissement marque un volontarisme. Pour l’éducation, pour la cité de l’alimentation, pour coordonner nos efforts en termes de protection avec l’hôtel de sécurité. » Avec 8 voix contre du groupe LFI, le DOB a tout de même été voté, laissant présager le même scénario pour les conseils à venir.

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    C’était une promesse de campagne. Ce jeudi 9 avril, lors du premier conseil municipal – une séance « de transition et d’installation » pour la nouvelle majorité de Robin Prétot (LR) – l’assemblée a voté à l’unanimité le lancement d’un audit des finances et des ressources humaines de la Ville.

    Alors que le débat d’orientation budgétaire était à l’ordre du jour, ce diagnostic devra permettre de déterminer les « leviers qu’on peut avoir dans l’organisation et le fonctionnement interne de l’administration pour optimiser, rationaliser, économiser un peu d’argent tout en gagnant toujours plus en efficacité dans la gestion et l’accompagnement du service public qu’on doit aux Istréennes et aux Istréens », explique le maire.

    Entre « un contexte national contraint », une « pression » qui s’accentue sur les finances locales avec une baisse des dotations et des aides de l’État, l’adjointe en charge des finances Bérengère Pons-Follea affirme : « L’année 2026 représente une année de vigilance. » Avec une attention particulière portée sur le principal poste de dépense de la Ville : la masse salariale de près de 1 600 agents. « Elle représente deux tiers du budget de fonctionnement, presque 67 millions d’euros, précise-t-elle. (…) D’autres villes de taille comparable comme Salon-de-Provence ou Aubagne ont une masse salariale respective de 42 millions d’euros et 47 millions d’euros. »

    L’avenir de la régie Nexus incertain

    La nouvelle majorité pointe également le déficit structurel « non soutenable » de la régie Nexus (un espace de réalité virtuelle et musée Micro-Folie inauguré en juillet 2025), de l’ordre de -254 000 euros pour 2025 pour 11 000 euros de chiffre d’affaires, soit environ « 50 000 euros de déficit supplémentaires par mois » d’après Robin Prétot. « Il va falloir qu’on arbitre très vite, affirme-t-il. Je n’oublie pas que derrière, il y a des gens qui travaillent. Il va falloir qu’on trouve une solution, pas seulement de transfert d’activité mais aussi de gestion des personnels. (…) C’est aussi dommage de gâcher tout cet investissement. » L’une des options étudiées réside dans le transfert vers un nouveau service public industriel et commercial « que pourrait être le
    bowling
     ». Suzel Ayot, élue d’opposition qui siégeait aux côtés de François Bernardini (ex-PS) lors du dernier mandat, affirme : « Ça ne nous avait pas échappé, nous avions prévu de prendre le sujet à cœur et de trouver une solution pour cet équipement qui a juste un an de vie, qui n’a pas trouvé son public et qu’il fallait restructurer. »

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • L’État mise sur une « douane de combat »

    L’État mise sur une « douane de combat »

    Un scanner à basse intensité, un poids lourd qui déploie carrément un portique de contrôle, une fouille de conteneur plein d’abricots d’Ouzbékistan, dits « bio », en provenance de Turquie, avec Vertige, labrador d’un an et demi, à la traque aux stupéfiants… Pour la venue de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ce vendredi, la direction régionale de la douane déploie tout son savoir-faire.

    « Ce moyen nous a permis de vraiment diversifier nos méthodes de contrôle de fret. C’est un petit scanner qui tourne autour de ce qu’on souhaite contrôler, donc essentiellement des conteneurs comme aujourd’hui », explique Michael Lachaux, son directeur, à bonne distance d’un petit camion blanc. « Cette marchandise est projetée sur l’ordinateur qui se trouve à l’intérieur », le tout en deux minutes à peine poursuit-il. « Les collègues vont faire un comparatif entre ce qui nous est déclaré et ce qui est projeté à l’image, voir s’il y a des anomalies, des incohérences. L’image est en fait similaire à une radio d’un membre du corps. C’est très facile d’interprétation », ajoute Michael Lachaux. Tandis qu’un agent démonte des trappes qui cachent les moteurs du conteneur, il précise que c’est là, planqués dans les ventilateurs, que plus de 67 kg de cocaïne ont été trouvés en janvier.

    Une nouvelle ère technologique

    Un second camion, plus gros, dispose d’un portique pour faire passer les camions dessous et passer au crible leur chargement. Un « investissement, mais on voit en quelques années comment est-ce qu’on a pu gagner en productivité », estime Michael Lachaux. C’est justement sur le renforcement de la technologie que mise le ministre pour « entrer dans un nouvel âge de la douane ».

    Pour armer cette « douane de combat », il prévoit, dans le cadre d’un « plan douane massif demandé par le président de la République », d’installer un scanner fixe à Marseille à partir de l’année 2027, « qui permettra de scanner beaucoup plus de conteneurs ». Un investissement qui dépassera les dix millions d’euros, financés par l’État et par les collectivités locales. Il devrait être implanté sur le terminal conteneur du bassin ouest.

    L’objectif : doubler le volume d’images recueillies sur l’ensemble du territoire, quel que soit le type de marchandise contrôlée, et tripler le volume d’images scannées sur les conteneurs dans les ports.

    « La technologie doit changer de camp » ose-t-il, alors que « la mondialisation vole en éclats » au profit des narcotrafiquants mais aussi « des entreprises établies qui se jouent de nos règles et de nos normes ». « Certaines plateformes extra-européennes, en particulier venant de Chine, ont multiplié les petits colis avec, on l’a vu, un nombre considérable d’infractions » balance-t-il devant Christophe Castaner, un temps conseiller Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Shein, aujourd’hui président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

    Interrogé sur un éventuel renfort d’effectifs, il assure qu’il faudra aussi en passer par là, conscient qu’il faut des agents derrière les machines, pour procéder au contrôle en cas de détection, réaliser la procédure, poursuivre les investigations avec les forces de police et de gendarmerie, et collecter en amont le renseignement nécessaire pour orienter les contrôles. Les « besoins » devraient être évalués lors de la préparation du budget 2027.

    Mireille Roubaud