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  • Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    À Orange, dans la plaine Saint-Bardon, en lisière de l’A7, les flux incessants de voitures et poids lourds sont le lot quotidien. Mais les rafales à 139 km/h beaucoup moins. « Je n’avais jamais connu ça », se désole Alexandre Arnoux. Ce producteur de fraises de même pas 30 ans risque de perdre sa production 2026 suite aux intempéries de la nuit de dimanche à lundi. « Pendant deux heures, le vent a balayé la zone et a aplati les serres », décrit le jeune agriculteur, qui a repris l’ancienne exploitation de son père il y a deux ans.

    « Une année, on a eu de la neige qui a écrasé des serres de salades, mais jamais comme ça », abonde Maryse, la maman d’Alexandre, venue, ce mardi matin, « apporter un peu de réconfort ». À savoir du café, en attendant les viennoiseries et pizzas. Car une quinzaine de personnes s’affairent sérieusement depuis le début de la matinée. « Syndicat, famille, amis, rugby… s’il n’y avait pas entraide, je serais déjà mort », remercie Alexandre Arnoux, entre deux directives, avant de remonter sur un tracteur et dégager les amas d’arceaux que les petites mains entassent progressivement, au bout des allées. Une action de solidarité a été lancée par la FDSEA de Vaucluse et les Jeunes agriculteurs (JA). « Ce n’est pas la première fois qu’on se mobilise après de tels épisodes, on fait ce que notre ADN nous dit de faire », décrit sobrement Philippe Bon, à la fois vice-président du syndicat des fraises de Carpentras et de la FDSEA 84.

    Chez Alexandre Arnoux, 1,5 ha de bâches sont inutilisables, ainsi que les arceaux, tous de guingois. « Il faut agir vite car les plants de fraises ne sont pas touchés, mais ils peuvent vite être foutus si on ne les recouvre pas à cause du risque de maladie, surtout s’il n’y a plus de système d’irrigation », décrit l’agriculteur.

    Vers la reconnaissance

    de catastrophe naturelle ?

    Dépité, mais motivé, il va devoir « déconstruire tout ce que l’on vient de monter en un mois et investir 40 000 euros ». Car Alexandre Arnoux venait d’installer de nouvelles serres, épargnées par la tempête et pas encore en culture. « Mais il faudra encore investir, sans aide a priori, car ce sont des serres inassurables, la mairie est en train de voir si la commune peut être classée en état de catastrophe naturelle, j’espère que ça aboutira », se projette-t-il.

    « On va pousser fort pour », assure Philippe Bon, alors que dès lundi, les services de l’État étaient dans le secteur pour constater les premiers dégâts. Ce mardi, on pouvait encore constater quelques stigmates avec des arbres couchés en bord de route ou des panneaux de signalisation renversés.