Tag: Intelligence artificielle

  • Quarante entrepreneurs pour faire briller le Sud à Vivatech

    Quarante entrepreneurs pour faire briller le Sud à Vivatech

    L’intelligence artificielle étant le thème de l’édition 2026, la sélection met en lumière de nombreuses entreprises qui en ont fait leur cœur de métier. Présentées ce mardi à l’Hôtel de Région, les start-up couvrent des secteurs variés tels que la santé, l’écologie ou encore la ville du futur. Leur présence sur le salon devrait leur permettre de rencontrer des investisseurs et des partenaires afin de développer leurs technologies. Elles auront également pour mission de faire rayonner la richesse créative et économique du territoire.

  • Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Pour leur 3e année d’existence, les Toulon Provence Regatta ont de nouveau offert une démonstration de l’étendue de l’histoire maritime. Des dizaines de bateaux, des vaisseaux historiques aux engins plus contemporains, étaient présents dans la rade pendant quatre jours pour des régates, défilés et visites à bord, qui ont su ravir amateurs de voile comme novices. Une édition marquée par les 400 ans de la Marine nationale, mise en valeur pour l’occasion.

    Les entreprises à l’affût

    Mais la tradition a su laisser une place à la modernité, avec l’organisation de la première Destinus AI Regatta, samedi, dans l’anse du Lido, au Mourillon. Une compétition novatrice, première mondiale du genre, diffusée en direct streaming, qui a mis aux prises plus de 25 bateaux miniatures automatisés, contrôlés par IA, et développés par des étudiants et élèves de cinq écoles d’ingénieurs et de robotique. Le tout, avec trois formats de compétitions : deux courses classiques et un « battleboat », où (presque) tous les coups étaient permis pour franchir la ligne en premier.

    Parmi ces écoles, les benjamins de la compétition étaient les élèves de l’École des Robots de Toulon, qui forme des jeunes de 7 à 18 ans. « Dès 12 ans, on propose un cursus drones nautiques. L’objectif était de créer un robot sur un élément spécial qu’est l’eau », explique son président, Jean-Michel Moreira, qui a aussi enseigné à ses élèves des éléments pragmatiques. « Paradoxalement, peu d’enfants connaissaient bien la mer. Donc on leur apprend les nœuds marins, la signalisation, l’histoire maritime… » L’enseignant voit dans la compétition « un double-objectif pédagogique : concourir face aux écoles d’ingénieurs en tant que seule école composée de mineurs. Pendant un an, les enfants se sont entraînés, avec chaque semaine des objectifs et apprentissages. Ils créent, programment, testent. Si ça ne marche pas, comprendre pourquoi, réajuster, retester. C’est le cercle vertueux de la science ».

    Pour le sponsor Destinus, spécialiste des solutions aérospatiales et de défense, leader des drones de combats européens, c’est l’occasion « de se faire connaître auprès de la DGA, des autorités marines et d’échanger avec d’autres entreprises », note Anne-Pascale Guedon, directrice générale France. Elle y voit aussi un intérêt technique : « En Ukraine, il n’y a pas de points GPS en permanence, donc l’aspect GPS automatisé est intéressant », au même titre que « voir comment se comportent ces drones sur l’eau ». « Ça développe l’intelligence collective et la connaissance », ajoute Didier Goguenheim, directeur général de l’association Toulon Var Technologies (TVT), qui accompagne des entreprises innovantes. « Les drones auront beaucoup d’applications dans le futur. Il est important de solliciter des talents et de pouvoir les rencontrer. »

  • À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    Aider à la prise de décision en établissement des priorités de prise en charge.

    C’est l’objectif du projet « Guardian » que présente le Docteur Quentin, anesthésiste-réanimateur, à l’Hôpital national d’instruction des armées à Sainte-Anne de Toulon. Sous forme de capteurs, cet outil permet d’avertir les médecins des urgences graves. L’IA intervient pour identifier les urgences sous forme de tableau. Les médecins connaîtront ensuite les patients prioritaires.

    Ces progrès scientifiques et informatiques révèlent un point. L’intelligence artificielle est une vraie révolution dans le secteur médical. « Elle pourrait avoir un réel impact dans la prise en charge », déclare le Dr Quentin, lors de son allocution. Dans des contextes de haute intensité où la communication est difficile, l’apport de l’IA est un véritable « plus ». L’intervention va bien au-delà de la gestion des urgences pour intervenir en dans des scénarios de crise sanitaire aiguë. Le gardian Opex a d’ailleurs été présenté par l’équipe de l’hôpital militaire lors du dernier Forum innovation défense, car il est tout indiqué pour « le triage des blessés » dans une zone de conflit.

    Situation de saturation

    Lors de ce débat, Marc Fournier, coordinateur médical du Samu 83, en charge de l’accès aux soins considère qu’« avoir un outil comme cette IA pour maintenir nos compétences, c’est assez important, c’est une chose qui est même excellente », assure-t-il. « On a monté le projet Guardian pour optimiser la prise en charge de patients graves, multiples et évolutifs dans un contexte de saturation », conclut le médecin militaire.

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • Le pire mais aussi le meilleur

    Le pire mais aussi le meilleur

    L’intelligence artificielle est là. Dès aujourd’hui, et il n’y a aucun déni à faire ou à entretenir sur la portée potentiellement dramatique de cette irruption dans les différents secteurs et domaines d’activité, lorsque « 5 millions d’emplois en France » sont potentiellement menacés par son avènement dans les cinq prochaines années, comme le stipule le rapport publié par Coface et l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM). Une nouvelle phase d’automatisation des tâches est devant nous, pour des métiers jusque là considérés comme « protégés » : ingénieurs, juristes, administratif, métiers créatifs…

    L’intelligence collective

    Mais cette technologie est aussi ce que l’on en fait, comme l’ont démontré ces intervenants lors des rencontres régionales autour de l’IA et la Santé. Il n’est pas tant question de « remplacer » des médecins ou les personnels soignants par des robots mais d’aider à une meilleure prise en charge personnalisée, à gérer des situations d’urgence ou d’accompagner au mieux les patients. Bref, de sauver des vies. C’est là toute l’ambivalence de cette nouvelle technologie aux applications innombrables. Et d’un choix de société : laisser faire les grands groupes privés, qui s’efforceront de développer des IA pour améliorer le rendement boursier de leurs entreprises, ou miser sur l’intelligence collective, la force des services publics et de l’intérêt général, pour développer des outils à destination de tous, pour répondre à des besoins vitaux ? Des logiques diamétralement opposées. Du pire au meilleur.

  • Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Un quadruple centenaire, quatre jours de découvertes et des compétitions de haut niveau : c’est ce que promet la 3e édition des Toulon Provence Regatta, qui se tiendront du 7 au 10 mai dans la Rade de Toulon. Un événement labellisé « 400 ans de la Marine nationale », au cours duquel « La Royale » sera largement célébrée à travers une programmation mêlant compétition, innovation et tradition. « Ce n’est pas un hasard que la Marine soit partenaire », justifie l’amiral Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée. « Nous avons un ADN commun : la mer, Toulon et sa rade magnifique, et l’esprit d’équipage. Ces 400 ans sont l’occasion de rencontrer les Français, et de rappeler que depuis 400 ans, la Marine nous protège. »

    Pour l’occasion, le patrimoine maritime mondial sera mis à l’honneur avec la présence de navires qui ont fait et font l’histoire de l’institution, et de la navigation en général : des bateaux de travail, dont certains dits « Bateaux d’intérêt patrimonial » (BIP), comme les pointus (qui défileront du Mourillon au Port le 9 mai) seront présentés. La Marine sera également présente avec une Vedette de soutien plongée (VSP). Une exposition lui sera dédiée du 30 avril au 27 mai sur le carré du port, et une soirée de gala se tiendra au Musée de la Marine le 7 mai.

    Niveau compétition, plusieurs régates et circuits côtiers sont au programme du 8 au 10 mai, dans la Rade des Vignettes : voiliers classiques, tels que le Phœnix, le Baruna of 1938 ou le JLd’A ; voiliers de classe 8 mJI, mais aussi 12 mJI, utilisés dans les plus hauts niveaux de compétition internationale, des Jeux Olympiques (1908-1920) à la Coupe de l’America (1958-1987), et des voiliers 2.4 mR.

    La « Destinus AI Regatta », première mondiale

    Il sera par ailleurs possible de visiter chacun des bateaux (gratuitement, sur réservation en ligne), chaque jour entre 17h30 et 18h30. « Nous sommes les seuls au monde à proposer cela pendant les régates », se félicite Xavier Caux, président de Twelve Med Events, structure qui organise les Toulon Provence Regatta en collaboration avec le Club de la Marine de Toulon.

    Autre exclusivité mondiale : l’organisation des régates « Destinus AI Regatta », qui mettront aux prises, le 9 mai, une vingtaine de voiliers autonomes entièrement contrôlés par intelligence artificielle, développés par des étudiants d’écoles d’ingénieurs. « Ce sera un show d’1h30 retransmis sur internet », détaille Xavier Caux. « L’objectif sera aussi d’attirer des étrangers pour l’année prochaine et que ça prenne de l’ampleur. » Cela, « sous le patronage de la DGA, qui est aussi preneuse d’innovation ».

    Programme sur toulonprovenceregatta.fr

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire. Ce week-end, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix Marseille Provence et du Département des Bouches-du-Rhône, candidate DVD à la mairie
    de Marseille.

    La dernière ligne droite

    Didier Gesualdi : Dans quel état d’esprit êtes-vous dans cette dernière ligne droite ?

    J’ai le sourire parce que j’ai une très belle liste, avec des personnes compétentes dans leur domaine que ce soit l’économie, l’éducation, la santé, le sport, la culture et avec des gens expérimentés. On déroule. On essaye de faire passer nos idées et de parler de fond.

    Didier Gesualdi : Vous évacuez les difficultés que des analystes ont pointées avec des sondages plus mauvais que quand vous avez commencé ?

    Tout à fait. Le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas plié ?

    Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

    Léo Purguette : Dans vos rencontres de terrain que vous disent les Marseillais ?

    Le mot d’ordre que je ressens, notamment depuis janvier, c’est « surtout ne lâchez pas ». Ça me fait chaud au cœur parce que je sens une population très déçue de ce qui s’est passé durant ces six dernières années. D’abord avec le « switch ». Le fait que Mme Rubirola ait gagné et qu’au bout de quelques mois elle ait été remplacée par M. Payan, ça ne passe pas du tout chez les Marseillaises et les Marseillais. Beaucoup me disent « vous avez fait plein de choses à la Métropole et au Département on espère la même chose pour la Ville ». Après, je sens aussi qu’il y a une forte montée du RN qui surfe sur les colères et les peurs. C’est vrai pour la totalité des Français, pas seulement ici à Marseille. Il ne faut pas confondre les élections. C’est une élection locale, pas nationale.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un problème de positionnement politique, êtes-vous allé trop à droite ?

    Je pense qu’il y a eu une nationalisation du débat qui vole aux Marseillais leur élection. Un maire -j’en côtoie beaucoup à la Métropole- quelle que soit la grosseur de la commune, c’est quelqu’un de très engagé, qui défend ses habitants, qui les protège. C’est ça qui m’intéresse. C’est pour ça que j’ai rassemblé de l’écologie raisonnable en passant par le centre, jusqu’à la droite affirmée. C’est pour ça que j’ai gardé mon étiquette divers droite. Ma liste ressemble à Marseille.

    La Liste

    Léo Purguette : Ne reconnaissez-vous pas, tout de même, des erreurs dans la composition des listes ?

    La mienne ?

    Léo Purguette : Oui, dans les 11-12 par exemple avec Mme Philippe, une ancienne RN qui a choqué par ses propos.

    Écoutez, il faut expliquer qu’il y a eu un changement. Il y a eu la réforme PLM. Il y aura deux urnes. Une sur le secteur, une de 111 noms pour la mairie centrale, les mêmes pour toute la ville. Les élus de secteur, je les ai laissés composer leurs listes. Après, il y a eu peut-être quelques infiltrés qui ont essayé de nous mettre un peu la panique, mais ce n’est pas très grave. L’important c’est ce qu’on propose aux Marseillaises et aux Marseillais. J’ajoute que le législateur n’est pas allé au bout et ne nous a toujours pas donné les compétences des mairies de secteur. C’est un peu dommage cette réforme à la va-vite qui éloigne les citoyens des décisions.

    Didier Gesualdi : Donc pas d’erreur ?

    Franchement je suis très fière de mes 111 noms. 49 ans de moyenne d’âge, vous allez me dire que je suis dans la moyenne… Pas tout à fait, un peu plus… On va dire hors taxe. C’est une liste qui rassemble largement, notamment des personnes qui viennent de la société civile et qui sont quand même un peu choquées de la violence de cette campagne. C’est même un climat dégueulasse, j’ose le mot. C’est une campagne en dessous de la ceinture, au niveau des caniveaux. Je regrette vraiment qu’il soit si peu question de fond.

    La campagne

    Didier Gesualdi : La violence d’une campagne vous ne la découvrez pas, il faut presque y être préparé pour devenir maire.

    Oui mais elle va crescendo, elle va avec la violence qu’on retrouve dans la France entière. Les scrutins sont de plus en plus violents, agressifs… Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on veut faire de cette ville. On a perdu six ans, on ne va pas perdre encore sept ans de plus.

    Léo Purguette : Vendredi, Jordan Bardella était à Marseille. On sent bien que le RN veut faire de Marseille un grand symbole, et en cas de victoire, un laboratoire.

    Ça vous inquiète ?

    Mais je ne me suis jamais considérée comme un rat de laboratoire. On a nos spécificités ici à Marseille. Je laisse les Parisiens là où ils sont. On s’est toujours très bien débrouillé sans eux, et on va continuer comme ça. Vous savez, les appareils, la nomenklatura parisienne… Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est Marseille. C’est pour ça que je suis restée divers droite : mon parti, c’est Marseille. Ça fait 10 ans pour le Département, 8 ans pour la Métropole, que je préside des institutions formidables. On a refait le territoire avec tous les maires qui étaient volontaires. On a fait la révolution des transports, elle est là, on la voit.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : À quoi va ressembler le second tour ? Quadrangulaire ? Triangulaire ?

    Je suis le rempart pour changer les choses, pour que le Printemps marseillais, avec la France insoumise, ne dirigent plus cette ville. Pourquoi je dis que le RN ne gagnera pas : parce que Marseille c’est 2 600 ans d’histoire, c’est du multiculturalisme, c’est des tas de personnes arrivées au fil des années. On a grandi de nos différences. On a vécu les uns à côté des autres. Elle ne sera jamais RN contrairement à ce que veulent instiller certains médias parisiens.

    Léo Purguette : Donc vous estimez être l’alternative à Benoît Payan ?

    Absolument, je suis la seule alternative. Si aujourd’hui, Benoît Payan ne parle pas de programme, ne veut pas faire de débat et qu’il agite le chiffon rouge c’est parce qu’il a eu un mandat où il n’a rien fait et qu’il espère un mandat où il ne fera rien.

    Les propositions

    Léo Purguette : Quelles sont vos propositions principales ? Vous avez beaucoup parlé sécurité.

    Effectivement vous avez raison. C’est une problématique qui revient régulièrement. Combien de fois j’ai entendu « je ne descends plus en ville parce que j’ai peur ». Moi je n’habite pas très loin, c’est vrai que sur le Vieux-Port à 20h on n’est pas très rassuré. Quand on veut aller au manège sur la place Charles de Gaulle avec les enfants et qu’on voit ce qu’il y a autour, ce n’est pas très engageant. Oui, il faut un choc d’autorité sur cette ville. Je ne suis pas dans la course à l’échalote sur les chiffres mais oui, il faut plus de policiers municipaux, plus de caméras, utiliser des drones…

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a doublé la police municipale ce que vous n’aviez pas fait en 25 ans.

    Je suis présidente de la Métropole et du Département. Comme vous le voyez, je ne suis pas Jean-Claude Gaudin. J’ai beaucoup de respect pour lui, je ne suis pas sûr que d’autres élus marseillais aient le même respect pour leur mentor d’ailleurs. Oui, il faut que le maire assure la tranquillité publique, c’est sa mission. Il faut aussi qu’il soit dans un continuum de sécurité avec la police nationale, c’est là que j’ai proposé le dispositif Argos, c’est ce qu’on fait quand il y a des incendies, des inondations. On se met tous ensemble, on fait tomber les cloisons. C’est ce qui manque à Marseille, en matière de sécurité mais aussi dans d’autres domaines. Je veux que les jeunes qui sont borderline qui commencent à tomber dans la délinquance on les récupère tout de suite pour leur donner une seconde chance. C’est pour ça que je propose des maisons de la réussite. Le métier le plus compliqué, c’est celui d’être parent, il faut les soutenir. Il faut aussi assurer aux jeunes un autre avenir.

    Didier Gesualdi : Il faut pour cela des services publics, le Printemps marseillais dit en avoir remis en place, avez-vous des propositions sur le sujet ?

    Bien sûr, là aussi, il ne faut plus travailler en silo. Vous avez la Ville qui travaille avec le CCAS, la Métropole avec la politique de la Ville, le Département avec les maisons de la solidarité… Il faut être main dans la main. C’est ma conception une fois que le débat démocratique a eu lieu. À condition d’être sérieux. Excusez-moi, quand je vois le programme du Printemps marseillais, c’est un programme intelligence artificielle de 128 pages sorti en une semaine avec des choses complètement irréalistes, dingues, qui ne se feront jamais, comme la jetée amovible dans le port ou la forêt avec des arbres centenaires sur les plages du Prado. Tout cela est illusoire. De l’autre côté on a un RN, simpliste, avec un candidat qui appelle maman Le Pen et papa Bardella pour venir à son secours. Il l’a fait monter à Notre-Dame de la Garde, vendredi. J’espère qu’il a mis les pois chiches dans les chaussures mais il ne connaît rien à Marseille. C’est un touriste électoral. Quand on propose des pass pour interdire les plages à une partie de la population, quand on veut faire un couvre-feu, quand leur candidat dans les 6-8 dit que les jeunes qui font du foot ça fait du bruit… ça fait froid dans le dos. Que fait le RN ? Il surfe sur les peurs.

    Léo Purguette : Vous êtes un peu dans une tenaille. Vous dites que la gauche est irréaliste mais pour gagner il faut aussi faire un peu rêver, donner envie non ?

    La ville a tellement pris de retard qu’aujourd’hui il faut répondre aux problématiques qui sont simples : la sécurité, la propreté, la tranquillité, mais c’est aussi des endroits comme le Centre Bourse à revitaliser. La Belle de Mai, quartier le plus pauvre d’Europe où il y a des marchands de sommeil, des squatteurs… À côté d’une gare Saint-Charles qui va être absolument magnifique. Je l’ai fait inclure dans Euroméditerranée pour aménager ces espaces. Je vais peut-être vous choquer mais ce que j’aimerais, c’est qu’un maximum de Marseillais devienne propriétaire, parce que, quand on a sa propre maison, c’est un havre de paix. Aujourd’hui, on a du mal à louer, du mal à acheter. C’est pourquoi je veux instaurer un prêt à taux zéro pour les primo-accédants et un bail réel solidaire qui permet d’acheter les murs mais pas le sol et grâce auquel vous payez 40% de moins votre logement. C’est le droit à se loger, pas le droit à spéculer.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : Vous proposez de réformer la Métropole, vous êtes à sa tête depuis un moment. Qu’est-ce qui cloche ?

    Elle est née avec les forceps, il y a 10 ans en 2016. J’ai eu l’honneur d’en prendre la présidence en 2018. Une loi a supprimé les conseils de territoires en 2022. Il faut lancer un acte III pour qu’on se recentre sur les compétences comme l’économie, la mobilité, l’environnement, la gestion des déchets… On a déjà commencé sur Aix, ça marche très bien. Marseille voulait récupérer la propreté mais au dernier moment Benoît Payan a reculé, c’était trop de travail.

    Didier Gesualdi : Il dit que vous ne lui donniez pas les moyens.

    C’est faux, il ment. Maintenant ce que je propose c’est qu’une fois les maires élus, on travaille pour qu’en 2027 on ait une Métropole stabilisée au niveau politique et financier.

    Léo Purguette : On vous entend vous projeter. Vous serez candidate à la présidence quel que soit le résultat des municipales ? Certains dans votre camp s’activent en coulisses.

    C’est normal. Personne n’est éternel. Mais on n’en est pas là. Il va y avoir un premier tour, un deuxième tour et après il y aura ce troisième tour.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jocelyne Alba :

    Bonjour Madame. Je ne partage pas vos idées mais je suis intéressée de connaître vos propositions pour les droits des femmes alors que nous approchons du 8 mars. Après tout, vous êtes seule candidate.

    C’est une question fondamentale. Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de violences sur les femmes et les enfants, quelques hommes aussi, qu’il ne faut pas oublier. Pour les faire reculer, il faut mettre en place des dispositifs. Je l’ai fait au Département, je le ferai à la Ville de Marseille. Je voudrais acheter des logements sociaux et les mettre à disposition des femmes qui subissent des violences. Il faut aussi aider encore plus les associations qui font de l’accueil. Très souvent on oblige les femmes à raconter 50 fois leur histoire, c’est très compliqué. Il faut améliorer l’accompagnement sur le plan psychologique et judiciaire.

    Par ailleurs, on dit souvent que c’est difficile de pouvoir mener de front, quand on est une femme, sa vie professionnelle, familiale et personnelle. Je souhaite instaurer un droit opposable à la garde d’enfants. C’est-à-dire avoir une priorité pour les femmes qui vont travailler pour avoir une place en crèche. Je souhaite doubler leur nombre, faire un audit très précis des places publiques, privées et des assistantes maternelles. Je propose aussi d’agir pour ceux qu’on appelle « les orphelins de 16h30 », parce qu’ils se retrouvent tous seuls en fin d’après-midi, avec des « maisons de la réussite » et de l’intergénérationnel en embauchant des personnes retraitées pour faire de l’aide au devoir. C’est important parce qu’on est tous passé par là, après une longue journée de travail, ça peut finir dans les cris… Il faut tendre la main à chacun. L’égalité femme-homme n’est pas encore là. Il faut continuer dans ce sens.

  • Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    C’est une première, j’ai 20 ans de Crédit Agricole et cela ne s’est jamais fait. » Alexandre Ferretti, secrétaire général de Sud Crédit Agricole Alpes-Provence, relaie, avec le Sneca/CGC, le mouvement de grève national prévu ce jeudi 22 janvier sur les caisses de la région. Date à laquelle se tient un comité social et économique. Débrayage ou journée de mobilisation selon les agences, ce mécontentement fait suite « à l’échec des négociations salariales, dans un contexte pourtant marqué par des résultats économiques solides », indique une intersyndicale dans un communiqué CGT-Sneca-Sniam-Sud-Unsa. De « 16 à 17 euros bruts par mois » à mettre en regard de résultats nets au troisième trimestre de plus de 3 milliards d’euros, détaille Alexandre Ferretti. Pour lui, « on ne peut pas demander de l’excellence relationnelle, de l’engagement aux salariés et ne pas les augmenter dans une région où le coût de la vie est plus important qu’ailleurs ».

    Les syndicats dénoncent également une dégradation de leurs conditions de travail. « On se rend compte avec une intelligence artificielle de plus en plus présente, la concurrence des banques en ligne, la demande croissante de nos clients, on doit être encore plus réactifs qu’avant », explique Alexandre Ferretti.

    « Le sang vert »

    Si l’engagement et « l’appartenance à l’image » restent « très forts », « on a des éléments qui nous sont présentés dans les CSE, sur l’absentéisme notamment. Nous sommes inquiets de la santé de nos collègues », témoigne le représentant syndical. Par-dessus tout ça, les réformes organisationnelles menées par le Crédit Agricole ajoutent à l’angoisse. Le projet « Efficacité » prévoit de réduire « les coefficients d’exploitation ». « On commence à perdre certains services au niveau de certaines caisses », précise Alexandre Ferretti. Si chaque caisse régionale est indépendante avec des services dits « support », dédiés par exemple à l’assurance emprunteur, ces derniers sont regroupés. « L’objectif, c’est de faire des économies d’échelle dans le temps », poursuit le syndicaliste, inquiet pour les « emplois de demain ». Si aucune suppression d’emplois n’est prévue au sein du Crédit Agricole Alpes-Provence qui rassemble quelque 2 200 salariés, les non-remplacements commencent déjà dans d’autres caisses, assure-t-il.

    « Ce qui fait notre force c’est la proximité et pour que ça tienne, il faut que les gens soient heureux », martèle Alexandre Ferretti, « les salariés ont le sang vert mais il faut voir comment on va vers ce nouveau projet d’entreprise ». Raisons pour lesquelles des « points conviviaux » sont organisés dès 8h30 ce jeudi 22 janvier sur les sièges de Gap et Aix-en-Provence pour échanger avec les salariés.

    Contactée, la direction régionale n’a pas donné suite. Une prochaine réunion de négociation au niveau local est prévue début février.

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».