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  • À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    À la Major, tutoyer les cieux avec le sculpteur Marcoville

    Pour nos déchets, il y a une vie après la vie. Et ressuscités par la poésie de l’illusionniste Marcoville, ils s’en retrouvent sublimés. À la Major, qui a séduit l’artiste par son implantation face à la mer et offre depuis le 25 octobre un écrin majestueux à sa nouvelle exposition, les visiteurs sont aux anges.

    La sacristie fait école

    Dès le seuil de l’édifice religieux franchi, le caractère le spectaculaire et monumental de l’œuvre éblouit. Les colonnes romano-bizantines se déploient en une forêt de palmiers et autres essences exotiques qui grimpent à 5 mètres de haut. Une procession de 600 anges en verre transparent sablé et or prend son envol, le long de la nef. Grandeur nature, 50 madones revêtues de dentelles translucides ou de drappés dorés et colorés veillent devant l’autel, sur un banc de 30 000 poissons en verre irisé qui s’élèvent vers le ciel en une nuée étincelante de 30 mètres de haut. Enfin, transcendance du geste du plasticien, lorsque les rayons du soleil couchant embrasent les vitraux de la Major, l’œuvre prend les allures d’un hymne à la foi.

    Exposer cet artiste hors norme, c’est une première pour la cathédrale Sainte-Marie Majeure. Comme c’est une première pour Marcoville d’exposer à Marseille. Le projet, soutenu par Michel Pezet, devait être programmé dans le cadre de Marseille Capitale culturelle européenne en 2013. Il fut ajourné. Et, après avoir investit L’église Saint-Julien de Tours ou Notre-Dame de Fourvière à Lyon, ses « Lumières célestes » descendent sur Marseille.

    C’est que le sculpteur de 86 ans est patient. Autant qu’il faut l’être depuis 50 ans qu’il récupère, cisaille, brise, raye, rouille, sable, colorie, peint, empile, assemble ou colle des milliers de morceaux de verre. Dans son atelier il transfigure chacun de ces débris à la main, grâce à des techniques, parfois complexes, de sa propre invention. Prennent alors naissance des petits poissons, des baobabs, des danseuses de french cancan ou des vierges à l’enfant qui iront alimenter ses compositions.

    Soutenu par la plateforme culturelle Pour que Marseille Vive, le projet s’accompagne d’un volet éducatif : l’artiste ira visiter des établissements scolaires pour expliquer aux écoliers l’importance du recyclage et comment l’art peut naître du rebut.

  • L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    « Aux frontières du rêve et du réel, l’univers de Katia Bourdarel mêle le corps et la nature dans un voyage entre lumière et ombre, fragilité et puissance, douceur et chaos », affiche un panneau au rez-de-chaussée du Musée Regards de Provence, qui accueille jusqu’au 15 mars 2026 l’exposition de cette Marseillaise, « De fiel, de miel et de sel ». A priori, une exposition aux saveurs fades. Jusqu’à ce que notre rétine, ne s’accommode difficilement d’une série de toiles qui paraissent être des photographies au réalisme invraisemblable. Mais quelques pas en avant, permettent de voir le détail de ces peintures, parmi lesquelles Damnatio memoriae #9 et Rebelle #1. En vis-à-vis, une statue masquée par des feuillages, et le même item entièrement drapé de blanc. Presque envie de soulever ce voile tant il paraît concret. Entre le fiel et le miel, elle est peut-être là, la pincée de sel.

    « Noirceurs et soleils »

    « Inspirée par des figures mythologiques ainsi que par des textes classiques de Platon et Ovide à Apulée », indique la commissaire de l’exposition, Amélie Adamo, « l’œuvre de Katia Bourdarel nous plonge dans une exploration intime et collective de la métamorphose. Elle résonne avec nos noirceurs et nos soleils, de l’amour à la mort ». Différentes Narcisse et odalisques sont encore bluffantes de détails, tout au long d’un parcours où les nus sont légion, dévoilant chaque pli des corps et du visage. Plus l’exposition se dévoile, plus la clarté laisse place à la noirceur, comme le suggère une nuée de corbeaux suspendus en l’air. Le chemin tout tracé vers les Nocturnes métamorphoses de Katia Bourdarel qui, au son d’une musique crépusculaire, dévoilent des beautés douces-amères, assaisonnées d’un sel qui nous comprime le cœur et les artères.

  • Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    « Comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là »

    La gestion des déchets verts reste problématique pour le Groupe Chailan, une entreprise de travaux forestiers qui a pignon sur rue et traite régulièrement avec les collectivités. Le préfet a pris le 18 septembre un arrêté de mise en demeure à son encontre, la sommant de régulariser un site de transit et de regroupement de déchets verts à Château-Gombert.

    À la suite d’une plainte, une inspection de la Dreal a constaté le 8 avril 2025 la présence au 24, rue Etienne Miège (13e) d’un tas de 950m3 de déchets végétaux, d’une benne de 30m3 de troncs d’arbres coupés et d’un tas de 380m3 de déchets broyés. Pas d’amiante, pas de gravats du BTP certes, mais plus de 1 000m3 de déchets végétaux, ce qui impose un enregistrement comme installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE).

    « C’est fini, mais avant, beaucoup de camions venaient jeter. Des fois ça sentait le brûlé et il y avait de la fumée », nous dit une riveraine qui continue de promener ses chiens sur ce terrain jonché de copeaux de bois. La Soleam est le propriétaire de cette parcelle nue qui devait bénéficier au Département au titre d’un emplacement réservé pour la réalisation de la LINEA, projet annulé par la justice.

    Interrogé l’aménageur de la Métropole confirme avoir passé une « convention d’occupation précaire jusqu’au 30 septembre 2028 » avec le Groupe Chailan qui réglait un loyer pour un « usage légal, temporaire et précaire » d’une partie de la parcelle, en l’espèce du « stockage de bois (abattage) et des volumes de “déchets verts” issus des coupes et tailles ». Mais, ajoute la SOLEAM, « le Groupe Chailan a souhaité résilier la convention avant la date butoir. L’occupation du site prendra donc fin le 10 octobre 2025 ».

    « J’ai tout bien fait dans les règles mais on a toujours une association sur le dos. Je ne faisais que du transit de déchets verts, de la biomasse », assure le gérant, Philippe Chailan, joint par téléphone. « J’ai tout arrêté. Je ne sais toujours pas pourquoi ils m’en veulent. Je suis réputé, j’ai pas de souci. Je pense que comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là. C’est le vrai fond du problème. »

    Ce n’est pourtant pas le premier manquement de cette entreprise condamnée en octobre 2023 à une amende pour 6 000m3 de déchets verts sur un terrain, avenue des Pâquerettes (13e) gracieusement prêté par le Département. Un simple « accord verbal » avec un obscur chef de service, ce qui avait fortement indisposé le tribunal, au point de débouter le Département pour « comportement fautif ».

    C’est un fait que le Groupe Chailan a longtemps été dirigé par la conseillère municipale d’Allauch, Monique Chailan-Robineau (ex-LR) qui nous dit avoir laissé les rênes « en 2007 » de l’entreprise de son « arrière arrière grand-père » à son cousin germain. « Tant mieux qu’il y ait des associations de défense de l’environnement qui surveillent, mais c’est que des broyats de branches », soupire-t-elle, trouvant qu’« on fait beaucoup de tracas aux sociétés en s’arrêtant à des choses minimes quand même ».

    Quand on lui parle de l’affaire Renaud Chervet, cet ex-directeur des marchés publics du Département condamné en décembre 2022 à 5 ans ferme pour corruption, procès au cours duquel fut évoqué le dépôt par le Groupe Chaillan d’une offre hors délai, fait révélé en 2016 par Marsactu et Le Ravi, pour un marché d’entretien des espaces naturels départementaux et des sentiers, l’élue s’inscrit en faux : « C’était l’occasion de me mettre dans la boue. Encore une histoire politique pour essayer de me mettre dans l’affaire. Si cela avait été vrai, le parquet aurait poursuivi. »