Tag: installation

  • Marseille : le Mucem ou le fait du prince

    Marseille : le Mucem ou le fait du prince

    Une autorisation a posteriori a été délivrée en juin 2026 sous la pression directe de la présidence de la République. L’article rapporte le coût exorbitant de cette « expérimentation » d’une durée d’un an qui a déjà coûté entre 200 000 et 250 000 euros de fonds publics, et dont la répartition exacte des coûts entre le fabricant Ludoparc et le créateur Ora-ïto n’est pas communiquée. Cette structure devra être entièrement démontée et le sol remis en état. Dans sa réponse à la Tribune de l’Art, la Drac déclare que « si l’expérimentation est jugée positive, un nouveau concours et un nouvel appel d’offres seront lancés pour un autre projet mieux intégré, rendant l’investissement initial totalement perdu ». Sites & Monument avait dénoncé le 22 juin ce montage dans un courriel à la DRAC. La déléguée régionale Sandrine Rolengo s’interrogeait sur « la qualité particulièrement pauvre de ces aménagements au regard de la valeur historique et architecturale du Fort Saint-Jean ». « Le choix de couleurs très visibles et invasives est une atteinte à la perception du monument ». Sans parler d’une aire de jeux inutilisable car chauffée à blanc en plein soleil !

  • Le Cratère sort de la Prairie pour animer la ville

    Le Cratère sort de la Prairie pour animer la ville

    Après une saison passée sous un chapiteau, travaux sur le bâtiment du Cratère obligent, la scène nationale relance son festival hors les murs Cratère Surface avec trois jours de spectacles dans les rues d’Alès. Si le but est d’animer la ville et d’apporter la culture au plus près des habitants, Cratère Surface se voit aussi comme « une plateforme de visibilité et d’export de la création régionale et nationale des arts de la rue », dixit Olivier Lataste, directeur du Cratère.

    Ce sera notamment le cas pour le spectacle de danse Amin de la compagnie Dyptik, place de l’Hôtel de Ville (les 3 et 4 juillet), où six danseurs vont s’exprimer autour d’un radeau échoué, entre hip-hop et musique traditionnelle.

    Autre moment fort : la compagnie Out of the blue, qui avait installé son aquarium dans la grande salle du Cratère en 2022 revient, non pas à deux mais à quatre, pour deux représentations au bord du Gardon. Entre les traditionnelles animations de fanfares, le cirque sera aussi à l’honneur sur les berges du Gardon (3 et 4 juillet), entre danse au bout d’une perche et acrobaties à plusieurs mètres de hauteur. Toujours impressionnants, les spectacles sur la roue giratoire seront à découvrir au parc du Colombier (3 et 4 juillet).

    Pays basque à l’honneur

    Chaque année, Cratère Surface met aussi la tradition des arts de rue d’un pays à l’honneur. Cette année, c’est le Pays basque qui a été choisi, avec la présence de sept compagnies dont trois qui effectueront leur première en France et deux présenteront une nouvelle création. Elles allieront ainsi cirque, danse, musique live, bal traditionnel, marionnettes, théâtre, mapping vidéo et même pyrotechnies. « Le Pays basque a une vitalité d’arts de rue très forte. L’Allemagne ou les Pays-Bas par exemple n’ont pas le niveau de la Catalogne ou du Pays basque concernant les arts de rue. C’est pour cela que nous voulions les mettre à l’honneur », explique Olivier Lataste.

  • Le parc Borély a entamé sa mue en temple de la pétanque

    Le parc Borély a entamé sa mue en temple de la pétanque

    Les géomètres sont passés vendredi, sous l’œil de Maryan Barthélémy, le directeur des événements de La Marseillaise, pour délimiter l’espace qui va accueillir les 2 000m² d’infrastructures à Borély. « Lundi, la société Colas a démarré la préparation du terrain qui sera recouvert d’un nouveau revêtement », explique Maurice Caumel, directeur technique du Mondial qui supervise l’avancée du chantier et s’assure de sa bonne tenue.

    À Borély, l’équipe mobilisée pour la mise en place, menée par Kader, s’est présentée dès 9 heures. « On a balayé tous les nids-de-poule, on les a recouverts d’enrobés à froid pour faire une surface homogène et propre », détaille le chef de chantier. « Ensuite, on a posé le gravier et, enfin, on a entouré et fermé la structure par des poutres en bois. »

    En cette période de canicule, les horaires des quatre agents sont aménagés et des bouteilles d’eau sont stockées afin de s’hydrater et supporter la chaleur.

    Objectif lundi

    C’est l’entreprise Colas qui a cette année été chargée d’assurer la confection du terrain du stade d’honneur. Fini la grosse dalle. Pour répondre aux demandes des champions souvent sollicités pour disputer les parties télévisées, le nouveau revêtement se rapproche de la surface des allées de Borély. « C’était un peu comme si on participait à Roland-Garros et que l’on faisait la finale à Wimbledon », nous avait confié l’un d’eux l’an passé. Le message a été entendu et l’organisation attend avec impatience l’avis des futurs joueurs.

    À partir de jeudi, la mise en place de « toutes les infrastructures du parc Borély, le restaurant, l’espace VIP et surtout la construction des tribunes du stade qui fera plus de 3 000 places » est soigneusement planifiée par Maurice Caumel. Objectif ? Que tout soit en place « lundi 29 juin, jour où l’équipe technique du Mondial doit débarquer pour la fin du montage des infrastructures, la sécurisation des espaces et la préparation des terrains ».

    L’accent est mis sur la prévention avec « plus de 80 agents de sécurité » sur l’ensemble des sites pour « un maximum de soin à prendre pour éviter tout problème qui pourrait se passer pendant le concours ».

    Avec un gros changement à gérer cette année. « La première partie du dimanche matin se jouera en deux sessions. Cela permettra d’éviter d’avoir 2 400 terrains à tracer ; 1 290 suffiront », rappelle Maurice Caumel. Si cela allège la surface de terrains à tracer puisqu’ils ne seront plus répartis que sur seize aires de jeu, la nouveauté inquiète. Forcément.

    Le concours se déroulera principalement au parc Borély, sur les hippodromes de Borély (13008) et de Pont-de-Vivaux (13010) mais aussi dans des clubs boulistes dont certains comme la Boule Phocéenne, ont été labellisés « Club Mondial ».

  • La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    « On est reparti en légère hausse. » Ce jeudi, dans le siège régional de RTE (Réseau de transport d’électricité) à Marseille, Gilles Odone, délégué de RTE en Méditerranée, entend rester « factuel » lors de la présentation du bilan électrique de la région Sud pour l’année passée. « La consommation est de l’ordre de 39,3 TWh [térawattheure, Nldr.], c’est 1,4% de plus qu’en 2024 », campe-t-il. Une consommation à mettre au regard de la production régionale : 17,3 TWh. « On représente un peu moins de 10% de la consommation nationale mais on ne représente que 3,2% de la production nationale », résume Gilles Odone. Lequel rappelle les particularités locales : « La production hydraulique [via les barrages par exemple, Ndlr.] c’est le premier moyen de production de la région (…) environ 40% de l’électricité consommée vient d’en dehors de la région. »

    Un bilan qui amène l’acteur à assurer que « les conditions sont réunies pour accélérer l’électrification ». Comprenez par là, le passage au tout électrique et la décarbonation de l’industrie. Et c’est justement pour ses projections vers l’avenir que l’acteur est attendu au tournant, puisque porteur du projet de construction de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts entre Jonquières (Gard) et Fos-sur-Mer en vue de cette décarbonation. « La ligne THT est aujourd’hui en instruction », élude Gilles Odone, sans rentrer dans les détails. Concrètement, RTE avance un premier chiffre illustrant les exigences à venir : « Les besoins en électricité de l’ensemble de la région sont évalués à environ 4 000 MW [Megawatt, Nldr.] à l’horizon 2030. » Et un autre qui montre aussi l’ampleur des sollicitations : « On a reçu plus de 6 000 MW de demandes de raccordement, c’est l’équivalent de la consommation actuelle de la région. »

    « Même sans Carbon… »

    Cette demande exponentielle s’explique par deux facteurs : « Il y a des besoins diffus, liés à l’électrification du pays : raccordement de bornes électriques, des navires à quai dans les ports, installation de pompes à chaleur… Il y a aussi les industriels, par exemple sur la zone de Fos, qui vont se décarboner, car ils n’ont pas le choix. » Mais la décarbonation sur le pourtour de l’Étang de Berre reste au stade de la lettre d’intention pour l’heure. Et les projets structurants de son électrification sont en suspens, voire pire comme avec l’exemple de l’usine géante de panneaux solaires, Carbon, qui a été abandonnée. « Il n’y en a pas beaucoup qui ont des décisions d’investissements », reconnaît Gilles Odone. Mais pas d’inquiétude du gestionnaire du réseau : « Même sans Carbon, on est au-delà de 6 000 MW de demandes. Nos infrastructures doivent être robustes. » D’autant que géographiquement, c’est bien cette zone qui concentre les besoins à venir : « Sur les 6 000 MW de demandes de raccordement, les deux tiers concernent la zone de Fos-sur-Mer. » Et même dans le pire des scénarios, où l’électrification des industries se ferait a minima, RTE assure qu’un renforcement des infrastructures serait quand même nécessaire : « Il y aura des sujets à résoudre. » Il cite notamment la question de la production hydraulique au regard du changement climatique. Autre argument : Sur les 4 000 MW estimés, environ 20% vient des « besoins diffus » qui sont eux aussi grandissants. En bref : « La structure du réseau très haute tension du Sud-Est n’est plus adaptée à cette hausse des consommations. »

  • Cinq expositions dédiées aux arts visuels à Marseille

    Cinq expositions dédiées aux arts visuels à Marseille

    Le tiers-lieu de la Friche la Belle de Mai accueille cinq expositions qui font partie intégrante de la Saison Méditerranée. Les installations mêlent de multiples médiums des arts visuels, de la peinture à la photographie en passant par la sculpture. Le public découvre une multitude d’artistes, dont les œuvres d’art dialoguent entre elles. Ensemble, elles forment un panorama de visuels, à l’image de ces territoires et de ceux qui les habitent, leurs cultures et leurs récits, ainsi que les non-dits.

    Parmi les propositions, la Friche accueille l’exposition collective « Autoroute Tanger-Marseille », projet de recherche-création porté par Think Tanger. « Sur la frontière du temps, une relève méditerranéenne » réunit seize jeunes artistes du bassin méditerranéen à travers une pluralité de disciplines. Autre jeune artiste, Mona Benyamin présente sa première exposition personnelle, « Jouer la montre ». Le dispositif Fraeme présente l’exposition monographique « Sur les ruines, les pierres fleurissent », de Abdessamad El Montassir, lauréat de la résidence Méditerranée à la Friche il y a dix ans.

    Une œuvre époustouflante

    Directeur de la Friche, Alban Corbier-Labasse a ajouté : « Le clou du spectacle, c’est une proposition qui émane d’un souhait de la commissaire générale de la Saison Méditerranée, Julie Kretzschmar. Elle avait à cœur de présenter pour la première fois en France l’exposition de l’artiste franco-algérienne Zineb Sedira. » Dans le film Les rêves n’ont pas de titre, d’une vingtaine de minutes, l’artiste relie les moments clés de sa vie à des événements géopolitiques plus larges.

    À la Friche, jusqu’au 21 mai. Tarifs : de 0 à 8 euros.

  • Adrien Vescovi : la Charité dans des draperies couleurs d’aube et de désert

    Adrien Vescovi : la Charité dans des draperies couleurs d’aube et de désert

    La transformation douce que l’on découvrait en soirée ce samedi, lors de l’inauguration, est le résultat d’un long processus. Six mois d’expérimentations sans relâche furent requis. Une jeune équipe – cinq ou six assistants – s’est mobilisée au milieu des pigments, des cuves, des machines à coudre et des tables de repassage d’un atelier de la Belle de Mai. Pour les chorégraphies des coursives et des arcades des trois niveaux du bâtiment, 106 assemblages de 648 draps ont été reteintés et séchés au terme de plusieurs cuissons.

    Dans la chapelle, pour les plis verticaux, l’ordonnancement et les nuances des rideaux qu’il fallait imaginer au-dessous de cette étrange coupole ovale qui s’étire en longueur, le chef d’orchestre des ellipses de cette composition a obtenu d’un mécène avisé, la Supima, l’arrivée de 800 m2 de grands lés de coton des Indes. Dans ce sanctuaire de plan complexe -avec des déambulations, des espaces secondaires, des niches et des points de repos – il fallait éprouver simultanément les rebonds d’un architecte hors normes et le chant incessant d’une lumière dont les transparences et les modifications sont multiples.

    Utiliser sans mièvrerie ni complaisance des effets de miroir, des gradations de couleurs pastel, des violines, des verts, des oranges et des roses implique une capacité d’anticipation sans faille.

    Drames et sublimations

    L’auteur de cette transformation à la fois énorme et provisoire, Adrien Vescovi, a 44 ans. Cet « ancien jeune homme », ce doux rêveur de haute taille, est un esprit remarquablement organisé, à la fois intuitif, utopiste et méticuleux. Pour que les palettes de ses draps soient en harmonie par rapport au calcaire des vieilles pierres, il fallait oublier les musées, le CIPM et l’Ecole des Hautes Études, appréhender les intuitions d’un immense architecte (Puget décède en 1694, la chapelle est achevée par son fils François, six ans plus tard) et plus de trois siècles de dégradations : le sauvetage et la réhabilitation de la Charité s’effectuèrent tardivement, entre 1970 et 1986.

    Jusqu’en 1796, mal nommée, la Charité fut un lieu de souffrances : les indésirables, des mendiants sans domiciles fixes, des malades et des vieillards s’y trouvaient enfermés. Au XIXe siècle c’est une caserne. En 1922, elle devient un lieu municipal insalubre qui accueille des personnes délogées pendant la démolition du quartier de la Bourse. En 1945 et jusqu’en 1962, des pêcheurs ou des manœuvres rescapés de la destruction du Vieux Port, 146 familles se partagent l’espace. Du linge et des draps qui sèchent sont suspendus n’importe où. Pendant la nuit, on allume de grands braseros pour se chauffer, s’éclairer et cuisiner.

    On l’aura compris : pour faire muer son évocation de l’histoire de la Charité sans que les drames supplantent la vie quotidienne, Adrien Vescovi a sublimé des gammes de couleurs infiniment douces. Ses blancs et ses bleus sont proches des aubes des fresques de Piero dell Francesca. Ses ocres relancent les nuances qu’il apercevait depuis son train, dans les déserts qui s’étendent entre Saragosse et Madrid, lorsqu’il était pensionnaire de la Casa Vélasquez.

  • Résistances tunisiennes à La Citadelle

    Résistances tunisiennes à La Citadelle

    Depuis la partie haute du Fort Saint-Nicolas, construit sur ordre de Louis XIV pour mater la soif de liberté des Marseillais, la ville, la mer et l’horizon. Obstruction. Démantelée pendant la Révolution, transformée en prison et garnison militaire jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, c’est ici qu’un certain Habib Bourguiba, alors jeune leader indépendantiste voulant libérer la Tunisie du protectorat français, fut détenu entre 1939 et 1942. Le point de départ de « Résistances & Désobéissances », œuvre d’une résidence croisée entre un artiste tunisien et un français, inscrite dans le cadre de la Saison Méditerranée à partir du samedi 16 mai à la Citadelle. « Je savais qu’il était passé par ici mais on n’en trouve pas traces dans sa biographie officielle. Pourtant, il raconte toutes ses autres incarcérations. Il était détenu dans ce fort sous le régime de Vichy et a été ensuite libéré par les Allemands à Lyon. On trouve trace ensuite de Bourguiba avec des hommes de Mussolini. C’est pour ça qu’il l’a caché », tranche Saber Zammouri, vue sur une cour et d’anciennes cellules cernées par des murs de pierre d’un rouge et blanc d’une liberté contenue. Comme les couleurs estompées de la Tunisie et de celui qui en deviendra le président entre 1957 et 1987. Père de la Tunisie moderne pour les uns, dictateur pour les autres. Sur les portes des cellules du Fort Saint-Nicolas, fines alcôves, des ouvertures qu’on se surprend à vulgairement inspecter tel un maton. Une dizaine de lucarnes sur l’enfer d’où jaillissent dispositifs et archives sonores, objets en tous genres.

    « Je parle aussi du colonialisme, de l’Empire français, des rapports historiques et actuels entre la France et la Tunisie. Pour un migrant et artiste comme moi, c’est une belle occasion pour dire quelque chose », prend à cœur cet artiste installé à Marseille depuis plus de trois ans. La dictature et le colonialisme, des prisons mentales qui s’entretiennent mutuellement. « Le colonialisme a facilité la tâche de Bourguiba à devenir ce personnage politique dominant, paternaliste et autoritaire », estime Saber Zammouri. Selon lui, deux « séquelles » d’une même pièce qui percutent sa propre histoire, lui le natif d’« un petit village dans la région de Médenine et Tataouine. Pendant la colonisation française, c’était une région militaire où il y avait même un bagne. Une gouvernance militaire très violente envers ma région, ma famille, mon village. Et après l’indépendance, c’était presque pareil. Le régime tunisien a continué à la négliger. Et dans le pays, il y avait des luttes armées et une opposition à Bourguiba qui a emprisonné beaucoup de jeunes, assassiné ses opposants comme ceux de l’Union générale des étudiants de Tunisie. C’était un dictateur, il s’est même déclaré président à vie en 1974 », ne peut qu’observer cet artiste.

    Ce dernier tisse le lien entre hier et nos jours, représentant dans son installation l’esprit de Gilbert Naccache, « l’un des fondateurs du Parti communiste tunisien, emprisonné arbitrairement par Bourguiba », mais aussi un jeune Tunisois d’aujourd’hui dont les portraits tapissent des murs du Fort Saint-Nicolas. Connue pour son esprit frondeur et révolté, sa région natale l’est aujourd’hui « beaucoup moins. 60% à 70% de sa jeunesse est aujourd’hui migrante en France », fait remarquer Saber Zammouri, barbe hirsute mais idées claires. Le fruit d’un « même système », perpétué à la suite de Bourguiba par Ben Ali et les régimes suivants. « Nous, les artistes, on a un rôle compliqué. Certains disent qu’on est instrumentalisés mais on essaye de détourner les choses et créer des espaces de dialogue. Mais je pense qu’on peut changer les choses. Peut-être même plus que les politiciens », espère-t-il.

    Gratuit sur inscription. Ouvert tous les samedis et dimanches
    à partir du 16 mai. www.citadelledemarseille.org

  • Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Oh, c’est la Vierge Marie ? », s’interrogent des touristes, smartphone en main, en découvrant la statue dorée au pied de la tour du Roi René. Bien sage, posée sur un socle et entourée d’un large périmètre interdit au public, elle attend d’être hissée sur le toit grâce à l’immense grue présente à cet effet.

    Réalisée par la maison Christofle, cette installation spectaculaire de 3 mètres de haut, incarne le pluriel de « Bonnes Mères », la toute nouvelle exposition proposée par le Mucem (18 mars- 31 août.) Jusqu’à la fin du mois de septembre, les deux figures de la Bonne Mère se feront ainsi face.

    Mère universelle et protectrice, figure qui s’adresse à tous, qui veille, rassure et rassemble : à Marseille, chacun peut s’adresser à la Bonne Mère, quelles que soient ses origines, croyant ou non. Les Marseillais n’hésitent pas à s’y rendre, quel que soit le motif. Les écharpes de l’OM déposées en offrande en témoignent.

    Pérennité des traditions

    Le Mucem invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères » puis à s’interroger : que représente la Bonne Mère et, plus largement, qu’est-ce qu’une bonne mère ? La maternité méditerranéenne y est abordée comme un objet de construction sociale, un enjeu politique et un sujet artistique.

    C’est la maison Christofle qui a réalisé la statue originelle dans ses ateliers en 1869, à l’aide de la galvanoplastie massive, avant une dorure à la feuille d’or une fois l’œuvre installée au sommet de la basilique. 157 ans plus tard, l’orfèvre signe cette réplique grâce à des procédés contemporains de modélisation en trois dimensions.

    Mucem, 7 promenade Robert-Laffont (esplanade du J4) Marseille (2e). Tous les jours sauf le mardi
    et le 1
    er mai de 10h à 18h. Tarif plein 11 euros (7, 50 euros réduit).

  • Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Des commerces enfreignent, à Marseille, ouvertement les règles d’urbanisme et d’occupation du domaine public, envahissant l’espace de terrasses fermées, poussant toujours plus loin tables, chaises, parasols et jardinières. Les compétences étant partagées entre la Ville et la Métropole, leur autorité peine à s’affirmer se bornant à dresser des PV d’infraction qui échouent au parquet.

    Au bas de la rue Paradis, un « kiosque à fleurs » offre un exemple de cette dérive. À l’origine, en octobre 2005, une autorisation d’occupation temporaire (AOT), précaire et révocable du domaine public, est délivrée pour un kiosque de 8m², bien public. L’AOT a été reconduite tous les 5 ans, sans mise en concurrence, pour de la « vente de plantes et de fleurs, toutes autres activités sont interdites sur cet emplacement ».

    Vingt ans plus tard, une construction couverte en aluminium et bois envahit la place Émile-Sicard (8e). La véranda bâtie en 2018/2019 a englouti le kiosque et emprisonne trois arbres de voirie. En septembre 2008, Martine Vassal, alors adjointe aux emplacements publics, avait signé un arrêté autorisant le fleuriste à installer devant le kiosque un « étalage de fleurs et plantes » de 10m² et un « dépôt de marchandises » de 10m². Aujourd’hui c’est un magasin de déco de 120m².

    Le 11 avril 2025, la police municipale s’est déplacée pour constater un « débordement des métrages et installation d’une structure non autorisée ». Le PV de contravention que nous avons consulté a échoué au parquet. En attendant Godot, le commerçant est taxé d’office, la Ville nous disant percevoir « autour de 7 000 euros annuels pour 70m² d’étalage et 20m² de tente métallique projetée au sol ». La Métropole, qui ne veut pas révéler la redevance perçue, nous a renvoyé à son Guide des droits de voirie, ce qui ferait une part fixe de 38,51 euros par mois et par mètre carré, plus une part variable
    de 0,5% du chiffre d’affaires.

    « Ça fait 30 ans qu’on est là. C’est la Ville qui m’a demandé d’occuper l’espace après avoir refait la place et je paye en conséquence », assure le commerçant Gilles Levy-Guedj qui dit « avoir les autorisations ». « J’ai des milliers de riverains qui sont contents, ça fleurit le quartier, ça empêche les voitures de se garer et les trafiquants de drogue d’être là. On rend les Marseillais heureux mais il y a quelques personnes mal intentionnées. » Selon lui, si la Métropole n’a pas remis en concurrence son kiosque, « c’est qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ».

    Toujours pas de mise

    en concurrence

    La mairie dit ne pouvoir poursuivre au pénal. La construction illicite serait prescrite plus de 6 ans après l’achèvement des travaux. C’est vite oublié que le domaine public est inaliénable et imprescriptible. La commune pourrait pourtant faire cesser à tout moment l’occupation illégale, y compris par la démolition des ouvrages. Mais aucune action en restitution du domaine public n’a à ce jour était diligentée. « Cela dépendra de l’analyse qui va être établie par le service juridique », dit-on en mairie. Mais le kiosquier a obtenu l’an dernier de la Métropole une nouvelle prolongation exceptionnelle de l’AOT « le temps d’initier une procédure de mise en concurrence ». Une prolongation des plus bienveillantes justifiée par le fait que « le bénéficiaire a respecté les conditions énoncées dans l’AOT initiale »…

    Interrogée, la Métropole nous dit avoir reçu le commerçant le 17 décembre 2024 en vue de prolonger son AOT abrogée en juin 2019. « Cet entretien a permis de s’assurer du maintien de l’activité de fleuriste (fleurs, plantes, sapins). (…) Au regard des premiers contrôles opérés sur l’acquittement des redevances dues, son AOT a donc été prorogée jusqu’en septembre 2026. Un constat d’huissier est d’ores et déjà diligenté. En cas de non-conformité aux obligations réglementaires, la procédure engagée pourra conduire à la résiliation définitive de son AOT. »

    Ajoutons au tableau que le commerçant a lancé en fin d’année une opération « déstockage avant fermeture » qu’il n’a pas déclarée en mairie. « La fermeture a été repoussée », nous dit le commerçant avant d’admettre qu’« on ne devait pas fermer ». La zone de chalandise ne doit pas être si mauvaise.

  • [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    C’est en extérieur, sur l’impressionnante terrasse de la bastide Saint-Joseph, qui accueille la mairie des 13e et 14e arrondissements, que s’est tenu le conseil d’installation du secteur le plus peuplé de Marseille. L’heure était à la fête : la mairie, dirigée par l’extrême droite entre 2014 et 2020, puis par la droite de 2020 à 2026, compte désormais 41 élus du Printemps marseillais sur 53 sièges.

    C’est donc sans difficulté que Tina Biard-Sansonetti, tête de liste du PM dans le secteur, a été élue maire des 13-14, dimanche. Sur 51 votes exprimés, elle obtient 39 voix et reçoit une salve d’applaudissements de la part d’un public venu en nombre. « Dans ce secteur, comme ailleurs, certains ont cherché à opposer, à diviser, à dresser les habitants les uns contre les autres, les quartiers les uns contre les autres, a-t-elle rappelé, émue. Nous, nous avons fait un autre choix, celui de rassembler, de tenir bon sur nos valeurs et de ne jamais céder à ce qui abîme notre République. Parce que nous méritons mieux, nous méritons d’être unis, solidaires et fiers de ce que nous sommes collectivement. »

    La liste d’adjoints proposée par le Printemps marseillais, seule candidate, a elle aussi été élue dès le premier tour, obtenant 40 voix sur 51.

    Foule de soutiens

    Scrutée par une foule ne sachant plus ou s’asseoir, la séance s’est déroulée au rythme d’un public plus qu’enthousiaste, scandant le nom des élus au moment de leur appel. Parmi ces soutiens figuraient Benoît Payan, maire de Marseille (DVG), ainsi qu’Amine Kessaci (EELV), désormais adjoint du maire. Sous protection policière depuis l’assassinat de son frère Mehdi, tué par des narcotrafiquants, le jeune élu a été chaleureusement applaudi dès son arrivée.

    Du côté de l’opposition, la soirée fut évidemment moins joyeuse. Sur les 12 sièges non occupés par le Printemps marseillais, 11 sont désormais détenus par le Rassemblement national, qui avait recueilli 42,56% des suffrages au second tour des municipales, contre 50,89% pour la majorité actuelle. Reste une maigre place pour Marion Bareille, maire sortante (DVD), candidate de la liste soutenue par Martine Vassal, qui avait obtenu 6,55% au 2nd tour.

    Les adjoints

    Ahmed Taoré, 1er adjoint ; Monique Cordier, 2e adjointe ; Archad Utsahoi, 3e adjoint ; Haouria Hadj-Chikh, 4e adjointe ; Antoine Cortez, 5e adjoint ; Malory Honde, 6e adjointe ; Yohann Soler, 7e adjoint ; Nawelle Benmahrouz, 8e adjointe ; Azdine Hammache, 9e adjoint ; Marion Honde-Amar, 10e adjointe ; Frédéric Pinatel, 11e adjoint, Lynda Kherbache, 12e adjointe ; Mouataz Mahmoud, 13e adjoint ; Malika Doghmane, 14e adjointe ; David Emain, 15e adjoint ; Morgane Dutertre Altese, 16e adjoint ; Mohamed Arouel, 17e adjoint ; Nouria Sirat, 18e adjointe ; Ali Makkaoui, 19e adjoint, Ilyana Abidelli, 20e adjointe