Tag: Insee

  • L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    « Réchauffement climatique, choix de consommation : les habitudes des vacanciers évoluent », constate l’Insee dans une étude menée en partenariat avec l’Agence d’attractivité et de développement de la Région Occitanie (AD’OCC) et Destination Occitanie qui charpente la stratégie touristique régionale.

    Cette étude, menée sur un temps relativement long d’un peu plus d’une décennie, de 2012 à 2024, révèle une tendance forte : « Depuis quelques années, la fréquentation touristique augmente tendanciellement moins fortement dans la région qu’au niveau national. Ainsi, entre 2012 et 2024, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques d’Occitanie progresse de 4,5% contre +11% en France métropolitaine », a calculé l’Insee. En outre, ajoutent Sophie Andrieu et François Hills, auteurs de l’étude pour l’Institut national de la statistique, cette hausse de 4,5% « n’est portée que par l’hôtellerie de plein air dont les nuitées augmentent de 19,4% alors que les nuitées diminuent dans les hôtels (-4,7%) et les autres hébergements (-12,6%) ». L’Occitanie est la cinquième des régions de France métropolitaine les plus fréquentées par les touristes en 2024 avec 55 millions de nuitées mais « Depuis 2012, le tourisme se développe au printemps et s’atténue en été », résume l’Insee qui image ce constat en chiffres : « Entre 2012 et 2024, la fréquentation touristique au printemps a augmenté de 17,7 %. »

    Pourquoi ces évolutions ? « Des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique », prévient l’Insee qui identifie cinq facteurs principaux. Le premier est le réchauffement climatique. Il « entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été et une baisse de l’enneigement en hiver. Il peut conduire les touristes à modifier leur choix de destination ou décaler la période habituelle de leurs séjours. » Deuxième facteur, « les évolutions dans les choix de consommation peuvent avoir le même type de conséquences ».

    886 000 lits sont proposés par les plateformes internet

    Troisième facteur, le vieillissement démographique entraîne le développement du tourisme des retraités « particulièrement hors des périodes scolaires et estivaux ». Quatrième facteur, « la crise Covid a eu un fort effet sur le tourisme en 2020 et 2021 et a également entraîné des changements durables de comportement ». Cinquième facteur et non des moindres, « l’offre de logements locatifs sur les plateformes numériques, en essor depuis la décennie 2010, concurrence les hébergements collectifs traditionnels ». Les logements en location saisonnière proposés par les plateformes internet comme Airbnb, Booking ou HomeAway atteignent en 2024 « des volumes offerts proches de ceux des hébergements collectifs » et représentent en Occitanie 178 000 logements représentant environ 886 000 lits. « Ainsi, la fréquentation du locatif en plateforme se développe très nettement entre 2019 et 2024, bien que moins vite que l’offre », analyse l’Insee. L’exemple d’Airbnb est parlant : entre 2019 et 2024, la fréquentation estimée des hébergements sur cette plateforme, mesurée en nuits réservées croît de 57%.

    « L’évolution de la saisonnalité du tourisme en Occitanie est essentiellement portée par les campings », renseigne l’Insee. En Occitanie « ils représentent la moitié des nuitées annuelle, hors hébergements locatifs en plateforme et hors hébergements non marchands ». La hausse de 19% de leur fréquentation entre 2012 et 2024 « est portée par le littoral qui concentre les deux tiers de la fréquentation régionale en camping ». Elle est « particulièrement forte en début de saison estivale, entre avril et juin. Dans la région, ces trois mois concentrent 25% de la fréquentation en 2024 contre 18% en 2012 ». Les nuitées en camping augmentent aussi sensiblement en septembre, note aussi l’étude. « Ainsi, la période dite des “ailes de saison”, qui couvre les mois d’avril à juin et de septembre, pèse autant dans la fréquentation de 2024 que chacun des deux mois du cœur de l’été. » Une tendance de fond.

  • Tourisme : bilan mitigé en Occitanie

    Tourisme : bilan mitigé en Occitanie

    Entre 2012 et 2024, la fréquentation touristique a progressé en Occitanie. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Insee publié ce mardi 24 mars. Mais si cette progression apparente peut sembler de bon augure, elle masque en réalité une évolution des pratiques. La période entre juillet et août, longtemps considérée comme la plus importante de l’année, recule. En 2024, ce déclin se chiffre entre 4 et 2% pour la période estivale. À l’inverse, l’avant-saison, elle, est en nette progression, avec un pic à 32 % d’augmentation sur le mois de mai.

    Une modification des pratiques touristiques liée à de multiples facteurs, révèle le rapport. Réchauffement climatique et évolution des choix de consommation, les voyageurs délaissent de plus en plus les mois d’été dans la région. Pour la saison printanière, le mois de mai reste le plus prisé par les voyageurs. Selon l’Insee, il représente à lui seul plus de la moitié de la hausse de fréquentation des hébergements collectifs de la région entre 2012 et 2024. Sur cette période, l’étude démontre aussi que les types de voyageurs évoluent. En 2024, ce sont les résidents et les touristes étrangers qui arrivent en tête des fréquentations sur le mois de mai.

    Les campings plébiscités

    Grands gagnants de l’évolution des pratiques touristiques, les campings affichent complet. Suivant les tendances de fréquentation, les réservations au printemps progressent. En 2024, près d’un quart des nuitées en camping ont été réalisées entre avril et juin. Une statistique en hausse alors qu’en 2012, seulement 18% des nuitées en camping avaient été réalisées sur la même période. Une forte augmentation au détriment des hôtels qui voient, eux, leur fréquentation reculer. Depuis 2012, ils ont en effet enregistré une baisse de près de 5% dans la région. Résultat : en 2024, l’Occitanie est la seule région où le nombre de nuitées dans les hôtels a baissé. Une situation préoccupante pour les hôteliers, également concurrencés par les locations numériques. Avec une progression de près 57% depuis 2012, les plateformes comme Airbnb ou Tripadvisor sont de plus en plus sollicités. En 2024, sur la période de mars à juin, les sites de locations ont vu leurs réservations bondir de 51%.

  • Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    L’étude réalisée par l’Insee sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, confirme la présence du plafond de verre pour les femmes. Réalisée à partir de données de 2024, l’étude, présentée ce jeudi en partenariat avec le préfet de région, met en lumière des inégalités toujours marquées, malgré une légère amélioration ces dernières années.

    Entre 2018 et 2024, l’écart de salaire a diminué de 3,5 points. En moyenne, les femmes continuent de percevoir des revenus inférieurs à ceux des hommes dans la région. Même à temps de travail équivalent, l’écart reste significatif, preuve que les inégalités ne s’expliquent pas uniquement par la durée de travail. « Ces différences s’expliquent en partie par la place occupée par les femmes dans le monde professionnel. Moins présentes dans les postes les plus rémunérateurs, elles restent sous-représentées dans les plus hauts niveaux de salaire, ce qui contribue directement à creuser les écarts », détaille l’Insee.

    Différences selon les territoires

    Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains territoires, atteignant plus de 15% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, contre 6,1% dans les Hautes-Alpes. « Ces différences s’expliquent notamment par la structure des emplois et la concentration de métiers plus rémunérateurs », ajoute l’Institut.

    Les femmes restent moins bien rémunérées dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles. L’écart est particulièrement marqué chez les cadres (-14,9%) et les ouvriers (-14,7%), tandis qu’il est beaucoup plus limité chez les employés (-2,5%).

    Les inégalités s’accentuent au fil de la carrière. Chez les jeunes de moins de 30 ans, l’écart est relativement faible : les femmes gagnent environ 5% de moins que les hommes, et ce dans presque toutes les catégories. Seule exception chez les employés, où l’écart tombe à seulement -1,1%, toujours chez les moins de 30 ans.

    Avec l’âge, l’écart se creuse fortement. Entre 30 et 49 ans, puis à partir de 50 ans, les femmes se retrouvent de plus en plus loin derrière les hommes en termes de salaire. « Cela montre des trajectoires professionnelles différentes entre femmes et hommes. » Face à ce constat, la préfecture insiste sur la nécessité d’agir : « L’importance est de porter des politiques publiques ambitieuses pour faire face à ces données. » Avec l’objectif de réduire durablement les inégalités salariales.

    En chiffres

    20,2%

    C’est l’écart moyen de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Paca. Cet écart prend en compte toutes les situations, notamment les temps partiels, situation de travail assez fréquente chez les femmes dans la région. Il donne ainsi une vision globale des inégalités salariales.

    13,8%

    À temps de travail égal, l’écart existe toujours : les femmes gagnent encore moins que les hommes. Cet écart de 13,8% exclut les différences liées au temps partiel et permet de comparer des situations similaires. Il met en évidence des écarts de rémunération qui subsistent entre les salariés hommes et femmes.

    21%

    Les femmes ne représentent que 21% des 1% des salariés les mieux payés. Elles sont donc très minoritaires parmi les postes les plus rémunérateurs. Elles sont également sous-représentées parmi les 10% les mieux rémunérés, où elles constituent 29% des effectifs. Les femmes représentent 43% des salariés du privé.

  • 11% d’immigrés dans l’Hérault, exactement comme il y a 50 ans

    11% d’immigrés dans l’Hérault, exactement comme il y a 50 ans

    Quelques chiffres pour tordre le cou aux clichés. Comme celui d’une prétendue invasion migratoire… Selon une récente étude de l’Insee publiée le 11 décembre dernier, les immigrés, c’est-à-dire « les personnes nées étrangères à l’étranger » – dont certaines ont été naturalisées – représentent, en 2022, exactement la même proportion de la population héraultaise qu’en 1975 : 11%. Comme 50 ans plus tôt, un Héraultais sur 10 est donc immigré. Une part un peu plus élevée que dans la région (9 %) et qu’en France de province (8%), faisant de l’Hérault « le 12e département de province où la part d’immigrés est la plus élevée, à égalité avec la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales ».

    Comme la population totale, la population immigrée a doublé dans l’Hérault entre 1968 et 2022, où elle atteint 130 900 personnes. Derrière cette apparente stabilité, les 50 dernières années ont connu des dynamiques différentes.

    Une population concentrée à Montpellier et Béziers

    En 1968, les immigrés représentent déjà 11% de la population héraultaise. La plupart s’installent à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de politiques publiques qui favorisent l’immigration pour pallier le manque de main-d’œuvre. Des travailleurs arrivent ainsi d’Espagne, d’Italie ou d’anciennes colonies françaises, comme l’Algérie et le Maroc. Dans le département, en 1975, plus de la moitié des immigrés étaient nés en Espagne. Entre 1975 et 1990, le nombre d’immigrés d’origine marocaine est multiplié par 2,6. Puis « la crise économique qui suit le choc pétrolier de 1973 met fin à l’immigration de travail alors que l’immigration de regroupement familial progresse. » Ainsi en 2022, cinq immigrés héraultais sur dix sont nés dans un pays d’Afrique, essentiellement au Maroc ou en Algérie. Trois sur dix sont nés en Europe, le plus souvent en Espagne.

    Cette population se concentre dans les deux grandes villes du département : un immigré sur deux vit à Montpellier (57 0000 immigrés, 19% de la population) ou à Béziers (13 000 immigrés, 16% de la population). Ils sont également plus nombreux qu’en moyenne dans le département à Lunel (16%), 5ème ville de l’Hérault. Leur part est en revanche moins élevée à Sète et Agde (10% et 8 %), 3ème et 4ème villes du département.

    Un quart d’entre eux résidaient, en 2020, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), contre 8% des non-immigrés. Les QPV les plus emblématiques sont ceux du nord-ouest de Montpellier : 34% d’immigrés aux Cévennes, 40% à la Mosson et 43% au Petit Bard Pergola. Des quartiers dans lesquels « plus de la moitié des ménages sont en situation de pauvreté monétaire », précise l’Insee.

    Ce qui nous amène à la question de l’emploi. En 2022, les trois quarts des immigrés résidant dans l’Hérault ont entre 15 et 64 ans, mais seule la moitié d’entre eux (51 %) occupent un emploi, contre 63% pour les non-immigrés de la même tranche d’âge. Les immigrés sont toutefois très présents dans les métiers en tension ou à forte pénibilité. Ils représentent 55,2% des ouvriers du bâtiment, 54,9% des maçons ou encore 35,9% des ouvriers du nettoyage.

    Autre constat : même lorsqu’ils sont très diplômés, les immigrés sont davantage exposés au déclassement professionnel, c’est-à-dire qu’ils sont surdiplômés pour l’emploi qu’ils occupent (42% contre 35% des personnes non immigrées). « Différentes raisons peuvent contraindre les immigrés à accepter un emploi pour lequel ils sont surqualifiés, par exemple la non-reconnaissance de diplômes obtenus à l’étranger, l’absence de valorisation d’une expérience professionnelle à l’étranger ou une moins bonne maîtrise de la langue française », analyse l’Insee. À noter que les immigrés arrivés depuis moins de cinq ans sont souvent étudiants ou très diplômés.

    A.G.

    * Voir aussi la chronique d’Annie Menras parue dans notre édition du 9 au 15 janvier.

  • Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    La période de recensement de la population a démarré ce jeudi 15 janvier en Occitanie. Un rendez-vous discret mais essentiel pour la vie démocratique et l’action publique, qu’a tenue à rappeler l’Insee lors d’une conférence de presse. Car derrière les questionnaires et les passages de recenseurs, c’est toute la photographie sociale du territoire qui se dessine.

    « Notre objectif est d’abord de nous compter. Et ensuite de nous connaître », a résumé Alexandre Gautier, directeur de l’Insee Occitanie. Logement, niveau d’études, mobilité, structure des ménages : les données collectées servent directement à orienter les politiques publiques locales.

    Plus de 350 textes législatifs

    Le recensement est d’ailleurs « un acte civique obligatoire, qui profite à tous ». Concrètement, l’opération dure quatre semaines dans les communes de moins de 10 000 habitants, cinq semaines dans les plus grandes. En Occitanie, 600 000 logements répartis dans 949 communes sont concernés, avec la mobilisation de 2 653 agents recenseurs.

    Les conséquences sont très concrètes. « Il régit les dotations de l’État aux communes, le nombre d’élus locaux, le nombre de pharmacies », rappelle Nadine Jourdan, cheffe du service statistique régional. Le recensement permet aussi d’adapter les équipements publics : écoles, transports, logements, services de santé. Katia Le Goaziou souligne que ces données sont précieuses pour comprendre les évolutions de la population, des familles ou encore du vieillissement. La majorité des habitants répondent désormais en ligne – près des trois quarts – mais un formulaire papier reste disponible. Les agents recenseurs sont identifiables grâce à une carte officielle tricolore. Et l’Insee insiste : la démarche est gratuite, obligatoire, déclarative et strictement confidentielle.

  • Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Si son évolution démographique est un peu moins forte que celle de l’Hérault, le Gard poursuit sa progression avec une population de 770 940 personnes en 2023, contre 744 178 au 1er janvier 2017, soit une augmentation totale de 3,6%.

    Première ville du Gard, la croissance démographique de Nîmes est néanmoins en perte de vitesse ces dernières années. Entre 2012 et 2017, elle augmentait à hauteur de 0,4% par an. Mais sur la période suivante, sa progression s’étiole, plafonnant à 0,1% d’habitants supplémentaires chaque année entre 2017 et 2023. Elle est donc passée de 150 610 à 151 839 habitants.

    Si elle est encore bien loin de détrôner la capitale départementale, la ville d’Alès affiche en revanche une dynamique inverse. Alors que la commune perdait des habitants dans la période précédente, elle présente désormais un taux de croissance annuel de 2,3%. La population de la capitale des Cévennes est donc passée de 40 219 à 46 125 résidents.

    Une santé de fer entièrement due au solde migratoire, mais qu’il faut analyser sur le temps long. Selon Katia Le Goaziou, de l’Insee, Alès serait en effet boostée par des effets de rattrapage, notamment à la faveur de programmes de construction de nouveaux logements après plusieurs décennies de stagnation (lire son entretien).

    De leur côté, les troisième et quatrième villes du Gard que sont Bagnols-sur-Cèze et Beaucaire ont plutôt tendance à perdre des citoyens ; tandis que les petites communes de Nages-et-Solorgues et Beauvoisin caracolent en tête des secteurs les plus attractifs, avec un taux de croissance démographique annuelle de 4,1% chacune.

  • Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Ce n’est pas nouveau, mais la tendance s’affirme et se confirme. Depuis 1968, la Métropole de Montpellier ne cesse de croître, sous l’effet combiné de l’attraction de sa ville-centre et du développement de ses communes périphériques. En 2023, les 31 communes de l’agglomération montpelliéraines comptaient ainsi 522 542 habitants, soit une croissance démographique de +1,6% par an entre 2017 et 2023, supérieure à celle de l’agglomération toulousaine
    (+ 1,4% par an). « Parmi les 15 plus grandes agglomérations françaises, celles de Toulouse et de Montpellier ont les plus fortes croissances démographiques, devant celles de Bordeaux (+1,3% par an) et de Nantes (+1,1 % par an) », relève l’Insee.

    Si les naissances y sont plus nombreuses que les décès, ce sont les migrations qui contribuent le plus à la hausse de la population de l’agglomération montpelliéraine, boostée par le dynamisme démographique de sa ville-centre (+1,4% par an), encore plus fort qu’en 2012-2017 (+1,2% par an). Au 1er janvier 2023, 310 240 habitants résidaient ainsi dans la capitale héraultaise, soit une hausse de + 8,8% en 6 ans.

    Rééquilibrage à l’ouest

    Si elles évoluent à des rythmes contrastés, les 31 communes de la métropole contribuent elles aussi à ce dynamisme. Castelnau-le-Lez conforte ainsi sa place de deuxième commune avec 26 058 habitants et une croissance effrénée de 27,2% entre 2017 et 2023, devant Lattes (17 351 habitants), qui progresse plus modestement (+4,7%). Le rééquilibrage progressif à l’ouest de la métropole s’illustre par des augmentations de populations supérieures à 20% à Juvignac, qui franchit la barre des 14 000 habitants (+26,8%), Saint-Jean de Védas (+33,2%) avec plus de 13 000 habitants, ou encore Cournonterral (+20,4%, 7 359 habitants), Pignan (+20,1%, 8 431 habitants) et Saussan (+30,3% 2 069 habitants). Seule commune en léger recul, Le Crès a perdu une centaine d’habitants entre 2017 et 2023 (9 226 habitants).

    De son côté, l’agglomération de Béziers Méditerranée (17 communes) continue d’attirer de nouveaux habitants, avec 133 128 habitants en 2023 contre 124 799 en 2017, soit une hausse de 6,67%. Avec une croissance annuelle de 0,9% entre 2017 et 2023, la ville centre, Béziers, y confirme son lent redressement en passant la barre des 80 000 habitants (81 545), qui correspond peu ou prou à sa population de 1968 (la ville était passée sous la barre des 70 000 habitants en 1999). Si l’on exclut Cers et Corneilhan, dont les soldes sont négatifs, les autres communes de l’agglomération enregistrent une croissance continue.

  • [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    La Marseillaise : Quelles raisons à la forte croissance dans l’Hérault qui reste pauvre ? Est-elle soutenable ?

    Katia Le Goaziou : L’Hérault a le 3e plus fort taux de croissance de France. Entre 2017 et 2023 l’attractivité s’accroît comparé à 2012-2017. Le solde naturel s’érode moins vite qu’ailleurs mais l’essentiel de cette croissance est portée par des arrivées plus nombreuses que les départs (solde de +1,1%/an au lieu de +0,9%). Le dynamisme est à Montpellier et dans sa métropole, sur le littoral (intercommunalités de Sète et Béziers). On observe une forte attractivité et un solde naturel positif car la population y est plus jeune. La croissance concerne aussi des communes plus petites sur l’axe Montpellier-Nîmes, c’est un phénomène de périurbanisation. À Montpellier, l’attractivité s’explique essentiellement par la classe des 18-24 ans (12 000 arrivées pour 7 600 départs). Ce sont souvent des étudiants. Aux âges de la vie active, les populations s’installent plus dans l’agglo (St Jean-de-Védas +4,9%, Castelnau-le-Lez +4,1% qui bénéficient des axes de transport, d’effets de rattrapage sur le logement…) ou en 2e couronne en raison de la pression foncière et du ralentissement de la construction de logements (7 500 en 2017, 2 200 en 2024). Les retraités viennent plus sur le littoral vers l’Aude et les P-O.

    Cette croissance est-elle soutenable ?

    K.L.G. : Si les jeunes restent c’est qu’il y a du travail. L’emploi, tourné vers la sphère présentielle (commerces, services) et productive (industrie, recherche), est assez dynamique mais pas assez pour absorber les arrivées, d’où un chômage élevé. À l’avenir, ce ne sera plus suffisant pour compenser le différentiel naissances/décès. Avec l’effet post-baby boom, on aura un mur démographique qui fera que cette croissance va s’essouffler peu à peu à partir de 2040.

    D’où viennent les dynamiques récentes de Sète et Béziers ?

    K.L.G. : Béziers est plutôt en bonne croissance qui ralentit avec la baisse des naissances, d’où une dynamique assez stable. Cela signifie que le profil des arrivants est probablement plus âgé qu’à Montpellier. La commune est à +0,9%/an contre +1,1% sur la période précédente. Pareil sur l’agglomération où on peut noter la forte croissance de Sérignan (+3,6%/an). Sète perdait des habitants (-0,6%/an) et en gagne depuis 2017 (+0,8%) alors que le solde naturel s’est creusé depuis 2012. Le nombre de constructions reste à Sète relativement faible. Par contre le nombre de logements vacants a baissé : 2 654 en 2016, seulement 1 850 en 2022. Il y a eu un effort particulier pour résorber la vacance. Dans le sens inverse, il y a aussi une concurrence avec le marché des résidences secondaires : 21% des logements en 2022.

    Le Gard continue aussi sa croissance mais ce n’est pas trop Nîmes qui la tire…

    K.L.G. : Dans le Gard, le solde naturel est nul donc la croissance se maintient (+0,6%/an) grâce aux arrivées. Elle est notable à Alès et autour, au pays de Sommières en limite de l’Hérault grâce à l’aire d’attraction de Montpellier qui déborde vers le Gard et autour de Nîmes. La croissance de la ville centre est quasi nulle (+0,1%/an) mais celle de son agglo est plus élevée (+0,4%/an) mais ralentit avec la baisse des naissances et la hausse des décès. Des gens préfèrent habiter à proximité pour un meilleur cadre de vie. À Nîmes, il y a une forte polarisation de l’espace entre quartiers riches et très pauvres.

    Pourquoi la tendance s’est totalement inversée à Alès ?

    K.L.G. : La ville d’Alès croît beaucoup (+2,3%/an) et l’agglo (+1%/an) également. C’est beaucoup car le solde naturel est négatif. Entre 2012-2017 et 2017-2023, on a gagné 1 point en composante migratoire. C’est une zone qui va croître très fortement. Pour comprendre, ces trajectoires de Nîmes et d’Alès, il faut regarder sur une plus longue période. Il y a des effets de rattrapage sur des programmes de construction ou autres. Depuis les années 90, la population de Nîmes augmentait de façon continue et se stabilise. À Alès, la population était stable voire en légère baisse et augmente d’un seul coup fortement. Au final, depuis 1990, Nîmes a grandi de 18% et seulement Alès de 12 %. Sur long terme, ça s’équilibre. Les tendances peuvent aussi s’expliquer par certains choix d’acteurs publics locaux.

  • L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’équivalent d’une ville comme Alès ! Chaque année entre 2017 et 2023, l’Occitanie qui a dépassé les 6,1 millions d’habitants, a accueilli en moyenne 46 600 habitants supplémentaires. La 3e croissance démographique (+0,8%/an) derrière la Guyane et la Corse, deux fois supérieure à celle de l’Hexagone (+0,4%/an).

    Décrypté dans la dernière étude de l’Insee, le phénomène n’est pas nouveau mais se confirme de décennie en décennie. Il s’explique par les migrations (+0,9%/an), le fait que les arrivées en Occitanie sont très supérieures aux départs. Car le solde naturel est lui désormais négatif (-0,1%/an), c’est-à-dire que l’Occitanie compte plus de décès que de naissances.

    Non sans disparités, la croissance est quasi générale. 11 départements sur 13 voient leur population croître, seuls l’Aveyron et la Lozère perdent quelques habitants (-0,1%/an). Dans les P-O (496 855 habitants, +0,8%/an) et le Gard (770 940 hab, +0,6%), la croissance est soutenue, portée par les dynamiques, parfois nouvelles, des grandes villes : Alès (46 125 habitants, +2,3%/an), Perpignan (121 616 hab, +0,2%) ou dans une moindre mesure Nîmes (151 839 hab, +0,1%).

    Deux locomotives

    Les deux locomotives régionales restent incontestablement la Haute-Garonne (second département de France le plus dynamique avec 1 471 468 habitants, +1,3%/an) et l’Hérault (1 230 289 hab, +1,2%), où le solde naturel y est aussi excédentaire, essentiellement grâce à leurs deux métropoles Toulouse (514 819 habitants, +1,2%/an) et Montpellier (310 240 habitants, +1,4%). Entre leurs universités, leurs organismes de recherche et leurs entreprises (aéronautique, informatique, tertiaire…), les deux mastodontes attirent notamment les jeunes étudiants et travailleurs. Ce n’est pas le cas de toutes les grandes villes : « La population diminue à Paris, est quasiment stable à Lyon et augmente modérément à Marseille », insiste l’Insee. La dynamique qui s’accroît à Toulouse et Montpellier s’étend aussi à leur couronne. La croissance est d’ailleurs encore plus forte dans les aires urbaines (respectivement +1,4%/an et +1,6%) que dans les villes centres.

    Signe d’un « étalement urbain » toujours à l’œuvre malgré la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, la population continue aussi d’augmenter dans les espaces ruraux périurbains, les communes rurales y étant « sous influence » des grandes villes. À l’image de Sète (45 337 habitants, +0,8%/an), d’Alès (46 125 hab, +2,3%) ou de Frontignan qui ont inversé leur tendance passée à la décroissance ou à la stabilité, « la population est plus nombreuse dans la quasi totalité des communes de plus de 20 000 habitants ». La hausse reste soutenue mais ralentit à Béziers (81 545 habitants, +0,9%/an) ou Narbonne (57 587 hab, +0,9%). Enfin, en raison des migrations, l’attractivité se renforce aussi dans les espaces ruraux non périurbains (+0,8%/an).

    « En Occitanie, la population augmente dans la quasi totalité des villes de plus de 20 000 habitants »

  • [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette rencontre de l’Insee auprès des citoyens ?

    Valérie Roux : C’est une démarche à la fois nationale et régionale. Nous travaillons beaucoup avec des acteurs publics et quand nous produisons de la donnée, des analyses, nous la diffusons sur notre site et par la presse. Mais nous ne sommes jamais au contact direct des citoyens, et nous nous rendons compte que nous sommes dans une période où les chiffres peuvent être source d’incompréhensions alors que nous sommes dans un monde où la donnée est omniprésente. Nous souhaitons donc vraiment que ce soit un temps d’échanges, pas seulement expliquer comment nous faisons la statistique, mais aussi écouter ce qui ne va pas, ce qui est mal compris, ce qui manque pour alimenter ensuite la façon dont on va construire nos indicateurs, voire modifier notre façon de travailler. Nous voulons avoir des citoyens représentatifs de toute la diversité de la population pour avoir un dialogue intense, par thématique.

    Quelles sont justement les principales incompréhensions que vous rencontrez ?

    V. R. : Si je peux en citer une, je dirais le pouvoir d’achat. C’est un sujet qui est fréquemment interrogé, quand on dit qu’il a augmenté, les gens n’ont pas l’impression que le leur a augmenté. Surtout que l’on parle beaucoup en moyenne, ce qui ne reflète pas forcément ce que chacun vit. On essaie de développer des outils pour mieux rendre compte de la réalité de chacun, et parfois, nos chiffres ne collent pas aux ressentis. Ils peuvent être biaisés : il y a souvent un sentiment d’inflation plus fort que ce qui est mesuré parce qu’il y a des biais cognitifs, on est plus sensibles aux biens que l’on achète fréquemment, comme une baguette, que ceux que l’on achète tous les dix ans, comme un ordinateur. Notre objectif, c’est de produire des données utiles à la compréhension de notre société et de notre économie, qui vont servir à construire des politiques publiques adaptées.

    Face à de la désinformation qui peut se propager vitesse grand V, quel rôle pouvez-vous être amenés à jouer ?

    V. R. : On nous a dit à Nantes : vous avez un rôle dans l’usage qui est fait des données que vous produisez. Si elles sont mal utilisées, vous devez corriger. Aujourd’hui, nous, on diffuse l’information, mais si certaines personnes ne l’interprètent pas comme il faut, on estime que ce n’est pas dans notre rôle de rectifier tous les mauvais usages des chiffres tellement nombreux que l’on produit. Mais cela nous interroge, nous pouvons être amenés à changer notre action. Nous ne communiquons peut-être pas assez sur les méthodes mises en place pour réaliser nos enquêtes, afin de redonner confiance dans des données de la statistique publique, qui ne doivent pas être comparées à n’importe quelle donnée sur internet.

    Vous parliez de votre rôle dans les politiques publiques, comment vos données peuvent façonner le monde autour de nous, au quotidien ?

    V. R. : Tout ce que l’on publie aide à voir les problématiques : dans la région, quand le précédent préfet est arrivé, on lui a produit une note de synthèse avec notre diagnostic, avec nos chiffres sur les différentes thématiques de la région. Cela pointe des difficultés, par exemple sur l’accès au logement. Nous travaillons aussi beaucoup avec le conseil régional sur les déplacements domicile-travail, sur la pollution, sur des projections du nombre de lycéens, pour déterminer s’il faut implanter un nouveau lycée à un endroit. Tout cela doit les aider à arbitrer.

    Les chiffres de l’Insee sont déjà au milieu des municipales. Quel éclairage pouvez-vous apporter au débat public ?

    V. R. : Cela fait partie de notre réflexion, est-ce que nous ne devons pas présenter nos travaux d’une autre façon pour que, quand les débats de chiffres vont faire rage, on puisse les trouver plus facilement, pour que les données objectives puissent être le plus partagées possible…

    Il y a aujourd’hui énormément de données autour de nous, produites soit par du sondage, soit par les big data des nouvelles technologies… À quel point le travail de l’Insee reste-t-il pertinent dans ce contexte ?

    V. R. : Nous utilisons des sources variées. Nous faisons des enquêtes sur des sujets sur lesquels c’est la meilleure façon d’avoir de la donnée, comparable dans le temps et avec d’autres pays. Mais nous utilisons aussi depuis longtemps beaucoup les fichiers administratifs, les déclarations de salaires des entreprises, les données fiscales, qui sont retravaillées pour produire de la statistique. Pour l’indice des prix, on utilise des extractions des enregistrements aux caisses de ce qui est acheté. Ce qu’on observe, c’est que la donnée, quand elle n’est pas travaillée, analysée, organisée, si sa qualité n’est pas vérifiée en amont, elle peut donner n’importe quoi.

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