Tag: insécurité

  • Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Des armes non létales, mais des armes tout de même. Comme annoncé voilà près d’un an, la présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD) a officiellement équipé ce mardi 13 janvier les agents du Groupement d’assistance et de protection (GAP) de la RTM de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Seuls 9 des 99 traminots de cette brigade dédiée à la sécurité ont pour le moment été formés, par une agence composée d’anciens militaires nous précisera Christian, membre du GAP depuis sa création en 2022, qui insiste sur le côté dissuasif et de médiation de sa mission.

    Mais tout devrait aller très vite se félicite l’élue, déjà satisfaite que tous bénéficient déjà de caméras piétons depuis le 19 décembre. De quoi réduire de 40% les incivilités à leur égard et lutter contre le fameux « sentiment d’insécurité ».

    Surtout, la candidate à la mairie de Marseille a vu là une belle occasion de pilonner sur son thème favori. « C’est une belle séquence qui renoue avec la façon de faire de la politique, avec ma majorité et mes élus, quand nous faisons des promesses, nous les tenons », martèle-t-elle, quand « la sécurité est la première de nos libertés ». Et de préciser qu’il aura « fallu se battre » pour obtenir les habilitations tant convoitées, où le soutien de « deux ministres très engagés, Bruno Retailleau et Philippe Tabarot » aura permis d’aboutir.

    Un continuum de sécurité

    En attendant les métros climatisés cet été, on saura que les agents du GAP pourront désormais dégainer s’ils jugent que leur intégrité physique ou celle des voyageurs est menacée, précise Catherine Pila, présidente de la RTM.

    Également présent, le préfet de région, Jacques Witkowski, satisfait. « Un pas vient d’être franchi, vous entrez de plain-pied dans le continuum de la sécurité », résume-t-il, considérant « vain d’opposer les forces de sécurité les unes aux autres ». Pour lui, « il faut plutôt les additionner », chacun « à sa place ». Car police nationale et CRS sont déjà présents sur le réseau. Et « les résultats sont bons » affirme-t-il, taclant Benoît Payan, maire DVG de Marseille et candidat à sa succession, qui n’a de cesse de réclamer des moyens : « Comme quoi avec 40 policiers en ville, on arrive encore à faire des choses ! » Et qu’on ne voit pas là le morcellement d’une activité régalienne de l’État. « On ne répond pas toujours aux questions de sécurité par plus d’effectifs », assène le préfet. Il prône l’utilisation de « moyens modernes » comme les caméras de rues, considérant « le débat d’atteinte à la liberté individuelle » éteint quand elles sont devenues « un élément de fiabilité de la sécurité du quotidien » et que « les concitoyens appellent à avoir encore davantage ». L’ex-gendarme Witkowski assume son côté répressif, « désolé, mais on ne se refait pas », avec du Audiard : « Quand on négocie avec un 11.43 en pogne, on est nettement plus crédible. »

  • Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Nîmes sort de vingt-cinq années de « système Fournier » comme on se réveille d’une longue nuit : groggy, traversée de rancœurs, mais aussi d’espoirs confus. Le bilan est lourd. Dans une ville parmi les plus pauvres de France, plus de 30% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics dépassant largement les 70% dans certains quartiers populaires comme celui Pissevin où les habitants subissent une double peine : l’insécurité sociale et celle de l’insécurité liée aux narcotrafiquants.

    La carte postale romaine
    – Arènes ripolinées, Maison carrée classée à l’Unesco, centre historique repeint pour les touristes – masque mal une ville à deux vitesses. Les habitants parlent d’une « ville d’en haut » et d’une « ville d’en bas », séparées par quelques rues et un gouffre social. Pendant que la majorité sortante vantait le « rayonnement » et louait son patrimoine, les immeubles lézardés du centre ancien et les barres des quartiers populaires s’enfonçaient dans l’humidité, la précarité et le décrochage scolaire.

    Sur cette toile de fond, l’insécurité est devenue l’obsession officielle. Nîmes aligne l’un des parcs de vidéosurveillance les plus denses de France – plus de 680 caméras, juste derrière Nice en ratio par habitant – sans que cela n’enraye durablement ni la petite délinquance ni les règlements de comptes liés au narcotrafic. Là où la droite promet toujours plus d’objectifs, de caméras de surveillance, les habitants réclament d’abord de l’humain : des policiers de proximité, des médiateurs, des éducateurs, du travail et des logements dignes. Les colères sont multiples : jeunes qui ne se projettent pas dans leur ville, locataires du vieux centre qui vivent dans des passoires, habitants des quartiers populaires relégués loin des équipements publics, commerçants étranglés par la hausse des charges. Les inégalités climatiques s’y ajoutent : à l’heure du dérèglement du climat, le projet « Nîmes 2035 » de Franck Proust un des candidats de la droite, avec ses palmiers de carte postale qui « ne font pas d’ombre », apparaît comme le symbole d’une droite plus préoccupée d’esthétique que de justice sociale ou de fraîcheur urbaine.

    Pourtant, les urnes ont déjà montré qu’une autre majorité est possible. En 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 28,68% au premier tour de la présidentielle à Nîmes, en 2024, lors des élections législatives anticipées, le Nouveau front populaire rassemblant la gauche devance le parti d’extrême droite RN dans la ville, quand le reste du département bascule massivement à son profit. Cette contradiction – ville votant plutôt à gauche au premier tour dans les scrutins nationaux mais bloquée à droite au niveau municipal – « Nîmes en commun » veut en faire un atout, un point d’appui.

    « D’abord on se tait, on écoute et puis on construit »

    Face à ce paysage, la force de Vincent Bouget coordinateur et leader de « Nîmes en commun » n’est pas seulement d’incarner l’union de la gauche (PCF, PS, écologistes, PRG, Place publique, mouvements citoyens), mais d’avoir patiemment construit une autre manière de faire de la politique. Depuis plus d’un an, « Nîmes en commun » laboure le terrain : film participatif s’appuyant sur les témoignages des habitants projeté dans les quartiers, plus de 110 entretiens filmés, une trentaine de réunions publiques, puis un questionnaire portant notamment sur les vœux de chacun, rempli par près de 3 000 Nîmoises et Nîmois dans tous les quartiers.

    La soirée du 11 décembre de restitution de ce questionnaire devant 900 personnes, micro et parole qui circulent, – une assemblée décrite comme un « moment démocratique rare et enthousiasmant ». Là où la droite s’est enfermée dans l’entre-soi municipal, Vincent Bouget assume un pari inverse : « D’abord on se tait, on écoute », avant de « construire un projet ». Il promet de prolonger cette méthode après le scrutin de mars, pour que la démocratie participative ne s’arrête pas au soir du vote.

    Sur le fond, la colonne vertébrale qui se dessine est claire : une ville qui « prend en compte tous les quartiers » et ne se contente plus de bichonner l’hypercentre ; une politique de sécurité globale, articulée à l’emploi, au logement et aux services publics, plutôt qu’aux seuls slogans « musclés » ; une stratégie de réhabilitation massive de l’habitat, plutôt que de nouveaux grands « projets vitrines » ; une priorité assumée à la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture ; une véritable politique écologique, où « on peut trouver mieux que les palmiers pour faire de l’ombre ». Vincent Bouget le martèle : « Face à la division, il faut faire du commun », et se présente comme « le seul à pouvoir battre l’extrême droite », non pas en moralisant, mais en proposant un espace démocratique où les habitants se reparlent et reprennent la main sur leur ville.

    « Faire du commun », ou « la guerre de succession »

    Car en face, le spectacle offert par la droite locale est aux antipodes de ce patient travail de terrain et de concertation populaire. À l’approche des municipales, sous la pression des ambitions personnelles, la majorité sortante se divise. Jean-Paul Fournier, affaibli, tire sa révérence après vingt-cinq ans à l’Hôtel de Ville, sans designer de successeur.

    D’un côté, Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole, adoubé récemment par Horizons, parti de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. De l’autre, Julien Plantier, ancien premier adjoint, qui refuse de se ranger derrière lui et finit par s’allier à la macroniste Valérie Rouverand sous la bannière « L’avenir des Nîmois ». S’ajoutera, une liste du RN, dont la dynamique est forte à l’échelle du département. Les communiqués assassins, les invectives sur « l’arrogance » de l’un ou « le mépris de l’autre » sonnent comme autant de coups de Jarnac : tout concourt à donner l’image d’un camp qui règle ses comptes sur la place publique et cherche sa survie électorale plutôt qu’il ne se préoccupe des Nîmois.

    Politiquement, cette fragmentation ouvre une fenêtre historique pour la gauche rassemblée. Publié fin novembre 2025, Un sondage Quorum pour Le Réveil du Midi dessinait les contours d’une ville en trois blocs : gauche, droite et extrême droite. Dans la plupart des scénarios, Vincent Bouget arrive en tête au premier tour, autour de 28-30%, devançant l’extrême droite RN autour de 25-27% et Franck Proust crédité de 22%. En cas de ticket Plantier-Rouverand, Proust est même relégué plus bas, et la quadrangulaire devient un cauchemar pour la droite traditionnelle. Rien n’est fait pour autant. Les mêmes enquêtes montrent que dans le cas d’une triangulaire classique, avec un RN qualifié au second tour, la droite espère encore arracher la victoire de justesse, « Nîmes en commun » considère que forte de sa diversité elle rassembler et devenir un rempart face à la menace RN et à une droite essoufflée et sans réel projet transformateur.

    C’est là que se noue la réponse à la question : Nîmes va-t-elle basculer à gauche avec Vincent Bouget porteur des couleurs de « Nîmes en commun » ? C’est possible, si la dynamique citoyenne enclenchée par « Nîmes en commun » dans les urnes, si les milliers de personnes qui ont pris la peine de remplir un questionnaire, d’aller aux assemblées votent et font voter glissent aussi un bulletin le 15 mars. Oui, si « Nîmes en commun » parvient à être entendue à la fois aux quartiers populaires aujourd’hui délaissés et à l’électorat traditionnel démocrate écœuré par la « fin de règne » chaotique aspire à un changement positif et serein. Dans un Gard saturé par la poussée lepéniste, le basculement de Nîmes serait bien plus qu’un changement de maire : un signal national, la preuve qu’une ville populaire du Sud peut encore choisir de résister et reconstruire ensemble, plutôt que de céder à la résignation ou à la haine.

    REPERES

    11 février 2025 : Projection du film-documentaire Si je vous dis Nîmes, donnant la parole aux habitants de tous les quartiers.

    Automne 2025 : Les militants et bénévoles sillonnent marchés, et quartiers pour interroger les Nîmois via un questionnaire. 3 000 réponses recueillies.

    11 décembre 2025 : 900 personnes réunies à la halle des sports Ludivine-Furnon pour débattre du résultat du questionnaire.

  • L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    Pour le dernier conseil municipal du mandat ce jeudi, à l’heure des bilans, c’est l’avenir du centre-ville de Marseille qui a occupé l’essentiel des débats. C’est que la transformation du Centre Bourse, après le départ des Galeries Lafayette, avait déjà agité le début de campagne des municipales, et la municipalité n’a pas manqué d’inscrire une délibération de principe pour promettre de racheter le foncier, afin d’accueillir une philharmonie des enfants et une cité de la mer et des sciences.

    « Aujourd’hui, vous sortez 50 millions d’euros dans la précipitation pour racheter un bâtiment comme si cela allait racheter l’insécurité et le chaos dans l’espace public », proteste à droite l’ex-maire (LR) du secteur, Sabine Bernasconi, quand le RN pointait la paupérisation du centre-ville. Le maire (DVG) Benoît Payan la reprend à la volée. « D’où sortez-vous des chiffres aussi farfelus ? » L’estimation des domaines, en effet, n’est pas encore réalisée. Ce qui ne l’empêche pas de promettre que « ce sera bien moins que 50 millions d’euros ». Mais beaucoup plus, assurément, que les 3,2 millions d’euros pour lesquels la municipalité avait vendu le foncier sous Jean-Claude Gaudin.

    L’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut de son côté plaide pour que le lieu ne profite pas qu’aux Marseillais. Et pose son propre diagnostic sur le centre-ville : « Il faut maîtriser la politique de peuplement. Aujourd’hui, on réhabilite le centre ancien en reproduisant quasi exclusivement du logement social ! » En face, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard réplique : « Le logement social, c’est le logement de tout le monde. » Et quand l’adjoint (PS) Jean-Pierre Cochet à l’économie indique que depuis 2021 la fréquentation du Vieux-Port a doublé et que la vacance commerciale a diminué, l’adjointe (DVG) au commerce, Rebecca Bernardi, énumère les préemptions qui ont fait revivre des enseignes sur la Canebière. En rappelant qu’il s’agit avant tout d’une compétence régionale et métropolitaine : « Ces gens-là font de la politique sur le dos des commerçants : ce sont eux qui ont les manettes et ils n’ont rien fait. »

    Les expulsés de l’État

    Au fil des rapports, le débat remonte de quelques rues pour s’arrêter porte d’Aix (2e), où un local doit être confié à une association œuvrant pour la biodiversité. « De quelle biodiversité parlons-nous ? La réalité, porte d’Aix, ce ne sont pas les espèces végétales ou animales, ce sont les trafics », ose à droite le général David Galtier, parlant de « colline du crack ». À l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) proteste : « Il parle d’un sujet sur lequel je revendique la paternité ! » « La biodiversité ? » moque Ahmed Heddadi (DVG). « Il y en a qui vous courent derrière, renchérit Benoît Payan. Mais vous savez quoi, vous courez plus vite qu’eux. » Surtout, il explique que ces personnes en errance ont été envoyées par l’État par bus entier, sans le prévenir, pour vider Paris au moment des Jeux olympiques, renvoyées vers un dispositif de « SAS » à la Capelette (10e). « Il est très bien géré par Adoma, sans aucune plainte enregistrée », proteste à l’issue du conseil la préfecture, promettant qu’aucune sortie du dispositif ne relève de l’hébergement d’urgence.

    « Ce fameux “SAS” existe toujours, et gère toujours des expulsions de Paris vers la province », dénonce quant à elle l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino. Et d’interpeller les bancs de l’extrême droite : « Les opérations de police, le maire en a expliqué les limites, les opérations sociales vous n’en voulez pas, les opérations sanitaires vous n’en voulez pas non plus. Vous voulez quoi ? Éradiquer les gens ? Il n’y a rien dans vos propos à part propager la haine. »

    De quoi donner le ton, avant l’examen des 160 rapports restant à l’ordre du jour, avec cette fois l’opposition de droite qui monte seule au créneau, régulièrement, jusqu’au bout. Comme un air de revue générale de tous les reproches égrenés sur les 5 000 délibérations votées sous le mandat. Et le maire de conclure en remerciant les élus, les agents de la Ville, avant de souhaiter de bonnes fêtes. « Nous distribuerons les chocolats de Pâques en conseil municipal, je vous le promets », lance-t-il.

  • Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Le retour du calme après la tempête ? La réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront, le campus Massalia, dans le 3e arrondissement de Marseille, est prévue à partir de ce lundi 15 décembre. Une annonce officiellement faite aux salariés à la suite d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu ce jeudi. « Le retour sur site est prévu à partir de ce lundi 15 décembre », explique l’entreprise, en fin d’après-midi.

    Pour rappel, le site de l’opérateur télécom avait ses portes closes depuis le 27 novembre dernier. Une fermeture qui a fait suite à des soupçons de rixes dans le quartier pendant plusieurs jours consécutifs, des confinements temporaires des salariés et plusieurs alertes syndicales. La CFE-CGC avait dénoncé un « affrontement entre deux bandes rivales cherchant à contrôler des points de deal », des salariés avait évoqué des tirs à proximité. Le tout, avant que la Préfecture de police ne nuance : « Nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange, (…) pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang. » La CGT Télécoms avait aussi déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent ». L’entreprise justifie avoir « mis en place des mesures de précaution, notamment le télétravail ».

    La préfète de police attentive

    « En étroite collaboration avec les forces de l’ordre, nous avons préparé le retour de nos salariés sur site dans les meilleures conditions, autour de la mise en place de plusieurs dispositifs, dont une présence policière renforcée », détaille l’entreprise. Avant de préciser : « Les échanges privilégiés avec les services de l’État se poursuivent très régulièrement et permettront d’adapter le dispositif. » La préfète de police déléguée, Corinne Simon, expliquait, la veille, qu’elle sera présente « sur place pour une rencontre avec les différents managers, car les salariés sont un millier ».

    Et de développer sa démarche : « L’idée est de vraiment travailler sur ce sentiment de l’insécurité. On ne nie pas les faits, mais l’objectif est de rassurer les salariés. Plus il y aura de communication avec eux, mieux on pourra adapter le dispositif. » Concrètement, le retour sur site va se faire à partir du 15 décembre pour les salariés n’ayant pas de voitures, et à partir du 17 pour ceux ayant un véhicule quatre roues. De son côté, la CFE-CGC maintient sa position. « On refuse toujours la réouverture en tant quel telle. En 15 jours, les problématiques de sécurité n’ont pas été solutionnées », juge un délégué syndical CFE-CGC du site, souhaitant rester anonyme. La CGT tient une position tout autre, en faveur d’une réouverture, avec de la nuance puisqu’elle « était contre le “Tous à Saint Mauront” dès le départ ».

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

  • À Marseille, un commerce à deux vitesses

    À Marseille, un commerce à deux vitesses

    Face à l’annonce du départ des Galeries Lafayette de Marseille, la Chambre de commerce et d’industrie avait sorti la carte d’une nouvelle étude cofinancée par les collectivités pour faire un point sur l’état du commerce en centre-ville et proposer des pistes d’amélioration. Les premiers résultats, présentés lors d’un comité de pilotage le 10 octobre et dévoilés mardi par le site d’information Marsactu, pointent un taux de vacance commerciale « considéré comme très préoccupant » dans le grand centre-ville, avec 20% de locaux inoccupés, dont près de la moitié depuis plus de sept ans, jusqu’à devenir vétustes. Mais celui-ci tombe à 11,7% dans le cœur marchand, un niveau comparable à Bordeaux ou Montpellier et en baisse sur la dernière année. Ces résultats ne dissimulent pas une fracture sociale qui s’accroît. Dans les quartiers populaires, le taux de vacance bondit, de 6 points en sept ans à Noailles ou aux Réformés, jusqu’à 10 points à Belsunce. L’étude rappelle que les dépenses sont de plus en plus contraintes pour la majorité des ménages, tandis que la consommation se tourne vers les boutiques en ligne.

    Surtout, elle pointe « une forte densité commerciale accentuée par la création de centres commerciaux ces 10 dernières années ». Fruit des choix de la droite au pouvoir. Parmi ceux-ci, le Centre Bourse et les Docks Village décrochent. Mais le départ des Galeries n’aurait qu’un « impact faible » selon les commerçants sondés, dont 34% se disaient déjà en difficultés financières, notamment face aux loyers élevés. Et déplorant les problèmes de propreté et d’insécurité.

  • La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    Trop coûteuse et plutôt inefficace sur les plans écologique et du report modal. Voilà en résumé les critiques faites par la Cour des comptes (CDC) à la Métropole de Montpellier au sujet du passage à la gratuité des transports en commun pour ses habitants.

    Volumineux, le rapport qui porte sur la contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains ne cible pas que Montpellier. Mais son regard sur la gratuité, mise en place en décembre 2023, y est particulièrement sévère. Les magistrats financiers qui veillent à la bonne utilisation de l’argent public émettent trois principales remontrances. D’abord ils remettent en cause le report modal (et donc l’argument écologique) en faveur des transports en commun (trams, bus). Selon eux, la gratuité prendrait davantage aux piétons et aux vélos qu’à la voiture. Deuxièmement, ils estiment que ce principe soulève des risques de perte de qualité de service quand la fréquentation s’accroît. Troisièmement, ils pointent la hausse du versement mobilité pour financer un coût supplémentaire jugé trop élevé (50 millions d’euros annuels contre les 35 officiels). Coût dont la Cour déplore qu’il soit de plus en plus supporté par le contribuable plutôt que par l’usager. Elle réclame ainsi des études sur la facture réelle de la gratuité et recommande de revenir à des tarifs payants assortis de réductions solidaires sur critères de revenu, plutôt que sur le statut (jeune, senior…).

    Opposante à la gratuité, Isabelle Perrein, candidate déclarée aux municipales (15-22 mars 2026) à Montpellier, a vite fait de sortir la sulfateuse. Soutenue par Les Républicains, elle estime que la CDC lui donne raison. « La gratuité des transports dans une métropole est une erreur économique, financière et écologique ». Isabelle Perrein reprend à son compte des points négatifs soulevés par les magistrats financiers ou extrapolés : « cadencement des trams dégradé, insécurité accrue, rames bondées aux heures de pointe, saleté persistante… ». Et de conclure au sujet d’une « illusion coûteuse et inefficace » qui fait pourtant le bonheur de milliers d’usagers. « Un mythe s’effondre : la gratuité des transports est une impasse ».

    La Fnaut soutient le choix de Michaël Delafosse

    Sans se montrer aussi virulent, Philippe Saurel boit aussi du petit-lait. 5 ans après avoir assuré que la gratuité était impossible à instaurer, l’ancien maire s’en prend à Michaël Delafosse qui a vivement réagi au rapport. « Il critique le magistrat qui a conduit l’enquête et déplore son approche comptable », s’émeut Philippe Saurel. Et celui qui pourrait annoncer sa candidature dans les prochains jours de s’interroger. « N’est-il pas normal que la Cour des comptes contrôle les comptes ? À moins que le fond de sa pensée soit : j’ai été élu, je fais ce que je veux avec l’argent public. L’argent public représente l’impôt et le travail des citoyens, il doit être utilisé avec respect et discernement ».

    De son côté, le maire socialiste a immédiatement réagi au rapport qui comporterait « plusieurs inexactitudes ». M. Delafosse insiste sur la hausse de fréquentation (27%) depuis un an et demi et précise que selon l’agence Atmo, la qualité de l’air s’est améliorée. Il promet qu’en octobre, une enquête de Mobility Metrix prouvera que « la part de la voiture a été réduite, au contraire de la marche et du vélo ». Enfin, il rappelle que les investissements ont augmenté pour financer la 5e ligne, l’extension vers la gare TGV ou encore créer la police métropolitaine des transports.

    De son côté, la Fédération des usagers des transports (Fnaut) soutient les choix du maire comme ceux de Carole Delga à la Région avec le TER à un euro. « La Cour des comptes se plante, elle pose mal la problématique », estime Eric Boisseau. « La gratuité est un outil politique efficace pour promouvoir les transports en commun », affirme l’expert tout en précisant le « besoin d’un service de qualité et attractif ». Quant à la critique du fait que le contribuable paye davantage que l’usager… « C’est un choix politique que les électeurs ont décidé ». Selon le principe de libre administration des collectivités, il n’appartient donc pas à la Cour des comptes d’en juger. Nul doute que la campagne électorale qui s’ouvre tranchera le sujet. Pour sa part, M. Delafosse reste ferme. « Je serai un ardent défenseur de la gratuité car elle est utile à tous et permet de mettre en œuvre l’indispensable transition écologique ».