Tag: Informatique

  • Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Ce mercredi 15 octobre, élus, experts et opérateurs se sont réunis au Pont du Gard pour une journée consacrée au très haut débit (THD) et à ses usages. L’événement, organisé par le Conseil départemental du Gard et XpFibre, a marqué une étape symbolique : celle d’un territoire désormais entièrement fibré, de la plaine camarguaise aux Cévennes.

    Depuis 2018, la collectivité s’est engagée dans un projet ambitieux : garantir l’accès au numérique à l’ensemble des habitants, quel que soit leur lieu de résidence. Ce réseau public, baptisé WiGard, a été déployé avec XpFibre et sa filiale Gard Fibre. Résultat : plus de 272 000 logements et locaux professionnels sont aujourd’hui éligibles à la fibre optique dans 303 communes, sans qu’aucune ne soit mise à contribution financièrement. « Ce choix politique fort repose sur une conviction simple : l’égalité d’accès aux nouvelles technologies est un droit pour toutes et tous », a rappelé Françoise Laurent-Perrigot, présidente socialiste du Conseil départemental du Gard. L’opération, entièrement financée par XpFibre à hauteur de plus de 300 millions d’euros, place le département parmi les douze en France à avoir fait ce pari d’une couverture publique intégrale et solidaire.

    « Un levier de transformation »

    Si les 13 000 kilomètres de fibre posés à travers le Gard impressionnent, c’est surtout l’impact concret de cette infrastructure qui a été au cœur des échanges. Télétravail, télémédecine, domotique, enseignement à distance, vidéo ultra-HD ou jeux en ligne : le très haut débit bouleverse le quotidien des habitants, des zones urbaines aux villages isolés.

    Les entreprises locales en profitent également : transfert de données accéléré, réunions dématérialisées, services en ligne facilités. Pour les collectivités, le réseau WiGard ouvre la voie à un « groupe fermé d’utilisateurs » (GFU), un système souverain et sécurisé reliant en fibre optique 77 sites départementaux – collèges, centres médico-sociaux, antennes routières – à travers une boucle interne de plus de 1 000 km. Objectif : mutualiser les abonnements, réduire les coûts et garantir une meilleure qualité de service. « Nous ne célébrons pas seulement une infrastructure, mais l’ouverture d’une nouvelle page : celle des usages », a souligné Françoise Laurent-Perrigot. Le numérique devient ici un levier de transformation durable, capable de renforcer l’attractivité économique, de rapprocher les habitants des services publics et de réduire les inégalités territoriales. La fibre, souligne-t-elle, « relie les Gardois entre eux et au reste du monde », tout en consolidant la souveraineté numérique des collectivités.

    Désormais, la priorité est d’accompagner la migration vers la fibre, alors que la fin du réseau cuivre est prévue à l’horizon 2030. Pour Lionel Recorbet, président-directeur général d’XpFibre, « la fibre n’est pas un luxe, c’est un service essentiel ». Déjà, plus de 52% des foyers éligibles sont raccordés, un taux supérieur à la moyenne nationale. Le Département compte poursuivre cette dynamique en développant les usages numériques  : formation des habitants, accompagnement des petites entreprises et innovation publique. Un fonds de 3 millions d’euros sera mobilisé pour encourager les projets locaux liés à la transition numérique, à la connectivité des zones rurales et à la cybersécurité des collectivités. Treize ans après les premières études et sept ans après le lancement du chantier, le Gard peut désormais l’affirmer : il est 100 % très haut débit.

  • Une école d’informatique privée s’installe à la rentrée à Avignon

    Une école d’informatique privée s’installe à la rentrée à Avignon

    Après Orléans et Dijon, c’est à Avignon que l’école privée Coda s’installe pour proposer des formations dans le milieu de l’informatique, avec une première rentrée prévue avec 70 élèves en septembre 2026.

    Et ce, en centre-ville, à quelques pas de la gare et des remparts, où seront proposées des formations niveau bac +3 et bac +5 dans divers domaines tels que les data sciences, le développement, l’administration de systèmes ou encore la cybersécurité et l’intelligence artificielle. Avec une possibilité d’alternance à partir de la deuxième année, les frais de scolarité s’élevant sinon à 8 000 euros par an. Les inscriptions sont désormais ouvertes pour la formation post-bac ainsi que pour les bachelors en bac +3 destinés à ceux qui ont une formation niveau bac +2 en poche.

    Un choix de ville qui s’explique par « la pénurie d’offres de formations et le tissu économique très dynamique » du territoire, précise le directeur de l’établissement, François-Xavier Beillon. Et ce, en avançant qu’il y a actuellement plus de 10 000 postes à pourvoir dans ce secteur-là. Mais le futur lieu de formation viendra plutôt « compléter » celle de l’université d’Avignon, où il est également possible de faire une licence en informatique, assure le directeur. « On a beaucoup d’entreprises et de collectivités qui ont montré un grand intérêt pour notre installation. On voit de nombreux étudiants quitter le bassin et ne jamais revenir, ce qui entraîne une pénurie chronique dans la zone », poursuit le responsable.

    La brochure de l’établissement vante également d’autres avantages tels que « le cadre de ville exceptionnel et la douceur de vivre provençale », « une ville à taille humaine favorisant les échanges », et « une bonne accessibilité » avec la proximité de la gare centre de la Cité des Papes. « On peut voir Avignon comme un village comparé à Marseille ou Toulon, ce qui est assez attirant », poursuit François-Xavier Beillon.

    Monde professionnel

    Les cours seront prodigués par des intervenants « issus directement d’entreprises et qui proposeront des cas pratiques tels qu’ils les rencontrent en milieu professionnel », confie le directeur de l’école. Et ce, à travers de nombreux travaux en groupe. « Avec cette expertise technique, les enseignants amènent la vision de l’entreprise et ses problèmes, ce qui permet une insertion professionnelle plus importante », assure-t-il.

    Deux journées portes ouvertes sont organisées sur le campus, 2 avenue du Blanchissage, le samedi 8 novembre et le samedi 13 décembre.

    Détails et brochure sur coda.school/avignon

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • À Avignon, quinze ordinateurs pour « connecter » des femmes

    À Avignon, quinze ordinateurs pour « connecter » des femmes

    Dans une des salles de l’agence France Travail de Joly-Jean, à Avignon, pas moins de quinze ordinateurs ont été offerts à quinze femmes dans le besoin ce mardi 14 octobre, dans le cadre du dispositif « Femmes connectées 2.0 ».

    Une opération lancée localement, « car on a constaté que des femmes que l’on accompagnait avaient du mal à se positionner sur des offres, notamment car elles ne disposaient pas d’un matériel informatique approprié », détaille ainsi Jean-Louis Peignien, directeur de l’agence. « Sans numérique, il est devenu très difficile de répondre aux offres. Cela favorise l’autonomie de ces femmes. Cette initiative unique, car elle n’existe qu’à Avignon, est à saluer », ajoute Aude Fredenucci, directrice de France Travail en Vaucluse.

    Des appareils issus exclusivement de dons, notamment de la préfecture, du Grand Avignon, de la CPAM, mais désormais également du secteur privé comme le groupe CGI. Chaque ordinateur est reconditionné par l’association Avenir 84, qui propose aussi gratuitement des initiations pour leur utilisation en bonne et due forme.

    Une demi-douzaine de bénéficiaires ont pu se rendre sur place et témoigner de l’utilité de ces appareils. Telle que Cassandra, 26 ans et maman de deux enfants, qui confie avec émotion être « repartie de zéro » après avoir subi des violences conjugales de son ex-mari. « À l’école de ma fille, on doit scanner des QR codes pour faire les exercices et je n’ai que mon téléphone. Mais je veux surtout reprendre mes études de RH que j’ai dû abandonner », poursuit-elle.

    Pour faire un don, contacter contact@avenir-84.org

  • Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    « Avec l’IUT Rénov, nous offrons à 800 étudiants un campus moderne, durable et exemplaire », a déclaré le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, en précisant que la collectivité a investi 3,5 millions d’euros « pour donner à notre jeunesse les meilleures conditions d’études et à notre territoire les talents dont il a besoin pour relever les défis de demain ».

    Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de rénovation du campus de La Garde, avec pour objectif la préservation des ressources. Il comprend notamment la création d’îlots de fraîcheur pour renforcer la biodiversité, des toitures végétalisées, des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un raccordement à une chaudière biomasse afin de réduire l’empreinte énergétique. Une gestion optimisée des eaux pluviales complète ce dispositif

    Dans le cadre de cette démarche d’éco-campus, l’Université de Toulon a d’ailleurs été lauréate du Prix d’excellence de la planification écologique 2024, qui récompense les initiatives financées par la Région en faveur de l’adaptation du territoire au changement climatique et écologique.

    Éco-campus exemplaire

    « Désormais, les étudiants en génie industriel et maintenance et génie électrique et informatique industrielle vont étudier dans des conditions idéales », s’est félicitée la vice-présidente de la Métropole, Josée Massi (SE). Elle a salué le regroupement de ces deux départements, qui témoigne, selon elle, de la volonté de l’Université de Toulon de « mutualiser les locaux » et de sa « capacité à créer une synergie qui sera bénéfique aux deux filières ».

    L’occasion de rappeler, également, que « ce bâtiment est la première étape d’une restructuration globale de l’IUT, autour de quatre ensembles immobiliers ». Une « politique volontariste », insiste-t-elle qui vise à donner « les moyens à notre territoire de devenir une référence en matière de vie étudiante ».