Tag: Informatique

  • [Travailleur de demain] Baptiste Gelly, derrière les cyber barricades

    [Travailleur de demain] Baptiste Gelly, derrière les cyber barricades

    Du tracteur aux écrans. C’est l’étonnante trajectoire qu’a suivie Baptiste Gelly, à 25 ans médaillé d’argent aux WorldSkills 2025 et fraichement salarié chez Pellenc ST, société installée à Pertuis (84) qui conçoit et vend des machines de tri optique pour la gestion de déchets. Son rôle ? S’assurer que les machines vendues par son entreprise, qui fonctionnent en connexion avec certains réseaux, respectent les trois grands principes de la cybersécurité : « la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données », stipule-t-il. « L’idée est de veiller à ce que la machine que nous installons chez le client n’introduise pas de faille de cybersécurité dans leur système », détaille-t-il. Le jeune homme évolue donc du « côté bleu » de la force, dénomination donnée au cyber défenseurs, c’est-a-dire spécialisé dans la défense et non dans l’attaque, classée, elle, du « côté rouge ». Car c’est comme ça qu’on apprend la cybersécurité, en opposant l’équipe des attaquants à celle des défenseurs, comme le proposent certains sites en ligne que Baptiste a beaucoup fréquentés avant sa réorientation. « La meilleure défense, c’est l’attaque », martèle-t-il, citant, notamment, ses anciens enseignants.

    Bifurcation

    Originaire de Carpentras (84) et né dans une famille de soignants, le Vauclusien a commencé sa carrière bien loin des lignes de codes, en bac pro agricole. Mais, après deux mois dans un BTS du secteur, le doute s’installe : « J’adore conduire des tracteurs, ça ne fait aucun doute. Mais faire ça toute ma vie, je n’étais plus sûr », retrace-t-il. En cause : l’épuisement physique, la faible rémunération et des horaires peu avantageux. Relié aux écrans essentiellement par les jeux vidéo, l’idée d’un avenir dans la cybersécurité émerge peu à peu. A force d’entraînements, possibles grâce aux ressources disponibles en ligne, « en très grande quantité, d’autant plus aujourd’hui » , le jeune homme confirme son inclination et finit par s’engager dans un nouveau BTS, en informatique cette fois. S’il doit attendre un an avant d’intégrer définitivement la formation, faute d’alternance, il suivra ensuite un parcours impeccable, jusqu’à l’obtention d’un bac + 5 l’année passée. Ce qui l’anime aujourd’hui : « construire des solutions pour pouvoir répondre à des problèmes de cybersécurité ». « Jusqu’à il y a 6 mois, je voulais plutôt m’orienter dans l’attaque, en tant que pentester [les pentesters sont chargés de volontairement attaquer un réseau pour découvrir la nature de ses failles, Ndlr]. Mais la conjoncture, avec le renforcement de l’intelligence artificielle, m’a poussé à rester dans mon alternance, où je me concentre sur la défense, ce qui me permet de travailler sur plein de notions très intéressantes ».

    Suppléant de l’équipe championne de France pour les WorldSkills mondiaux, Baptiste entend s’autoriser une petite respiration, après des années de surinvestissement. « Jusqu’à mon embauche, la cybersécurité c’était tous mes soirs, tous mes week-ends. Faire des compétitions travailler, étudier, je ne faisais que ça. Je crois qu’on peut parler d’une petite overdose », ironise le vice-champion national.

    LE CONCOURS

    Une deuxième place qui n’a pas créé beaucoup de surprise pour Baptiste, qui s’attendait à ce classement. « On parle beaucoup au fil de la compétition, donc on s’attendait globalement à obtenir ce résultat », se souvient-il. Candidat pour voir « ce qu’il vaut » au niveau régional puis national, Baptiste a aussi exploité le concours pour « perfectionner sa technique ». « Je crois que c’était aussi l’occasion de représenter la cybersécurité et l’école en dehors d’un cadre classique. Puis ça reste une compétition très stimulante, qui te confronte à des situations proches du réel avec un niveau de technique élevé, c’est une ligne sur le CV. »

  • [Travailleur de demain] Luis Araujo Da Costa, cador du codage

    [Travailleur de demain] Luis Araujo Da Costa, cador du codage

    Un attrait pour la machine né bien avant l’âge de coder. Luis Araujo Da Costa, vice champion de France des WorldSkills 2025 dans la catégorie « Solutions logicielles en entreprise », dit hériter son goût pour l’informatique de sa plus tendre enfance, déjà magnat des écrans en classe de primaire. « Petit, quand je rentrais de l’école, j’allais sur l’ordinateur de ma mère puis je me mettais à bidouiller des trucs. Ça m’amusait », raconte le jeune homme, comme une évidence. Et le passage au collège n’aura pas eu raison de cette passion précoce. « On a commencé à utiliser Scratch [langage de programmation graphique à but éducatif, utilisable sur le logiciel du même nom, Ndlr] en classe. J’y ai passé des heures, peut-être 10 par semaine en dehors des cours, dès la primaire puis j’ai continué au collège, se souvient-il. C’est là que j’ai commencé à apprendre à créer des sites web, ce genre de truc, ça me plaisait. » Comme un hobby donc, qu’il traîne jusque sur les bancs de l’Université Côte d’Azur, où il suit désormais une licence 3 MIAGE (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). Ce qui lui plaît dans l’informatique : mettre sa créativité au service de la résolution de problème. « On est constamment confronté à de nouvelles problématiques et nous avons tous notre façon de les résoudre, s’enthousiasme-t-il. Chacun peut venir avec son idée et c’est vraiment quelque chose que j’apprécie. Tester les différentes options, voir ce qui marche le mieux, c’est ce que j’aime le plus. »

    Viser la lune

    Passé par un BTS, qu’il qualifie de « petite erreur de parcours », Luis espère obtenir un ticket pour entrer l’an prochain à l’Ensimag, école d’ingénieur à Grenoble spécialisée dans l’informatique et les mathématiques appliquées. « En général, le parcours classique c’est plutôt d’aller en classe préparatoire puis de passer les concours pour entrer en École, détaille-t-il. Mais certaines permettent de rentrer avec un bac +2. J’ai choisi le BTS, conseillé par mes parents, car ça permettait de directement travailler si jamais je ne voulais pas poursuivre. Malheureusement, j’ai voulu continuer et l’école m’a refusé l’an dernier ». Le jeune informaticien retente donc sa chance cette année, l’occasion, peut être, de se sentir un peu plus « challenger ». Car que ce soit au lycée, dans sa spécialité NSI qu’il a jugé « un peu trop simple », ou lors de son BTS au cours duquel « il a toujours été premier », Luis a souvent constaté qu’il « était bon en informatique », sans jamais savoir « à quel point ». « C’est aussi pour ça que j’ai voulu tenter ma chance aux WorldSkills, pour voir ce que je valais au-delà de ma classe. Participer à une compétition des métiers au niveau national me permettait d’avoir un vrai point de comparaison », retrace-t-il. Exigeant, il ne souhaite pas se contenter de la deuxième place obtenue en octobre. « Ça s’est joué à vraiment pas grand-chose et je dois Reconnaître que les résultats m’ont un peu déçu », se désole-t-il. Pas question d’en rester là donc. Luis tentera sa chance aux WorldSkills mondiaux, organisés à Shanghai dans cinq mois. « Cette fois je compte vraiment bien me préparer, pour être sûr de pouvoir donner le meilleur de moi-même », promet-il. Verdict en septembre.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

    LE CONCOURS

    « Je n’aurais jamais cru aller aussi loin, s’émerveille Chloé Muliva lorsqu’on l’interroge sur sa victoire au WorldSkills France. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser mais c’est vrai que c’est agréable, en tant que fille qui évolue dans un secteur à dominante masculine, d’obtenir une reconnaissance. » Une expérience valorisante donc, mais aussi créatrice d’opportunités. « C’est vraiment une superbe aventure. C’est l’occasion d’obtenir des contacts mais aussi de découvrir des métiers que l’on ne connaît pas », liste-t-elle. Surmotivée, elle tente sa chance aux WorldSkills mondiaux 2027, avec l’équipe de France Abilympics.

  • Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Sur une feuille de papier, Noémie griffonne une sorte de tripode. « J’invente un robot », explique-t-elle, lors de la séance des Espaces publics numériques de lundi dernier. Sur le schéma, le fruit de son imagination ressemble au dessin d’une pyramide, sans base, avec une tige et une pince. Son frère Valentin, lui, opte pour la réalisation d’un chariot élévateur. Une autre participante, quant à elle, assemble une sorte de quadripède… avec une bâche au pied. « C’est un esclave, il passe la serpillière », glisse-t-elle avec espièglerie.

    Tous participent à un stage de deux après-midi accessible aux 9 à 13 ans et dédié à la construction et à la programmation d’un robot de leur conception, imaginée ou reprise de modèles proposés dans les manuels à leur disposition. « On a un petit guide pour mettre les pièces au bon endroit comme les legos » fait remarquer Valentin, qui n’a « jamais fait de robots », « c’est la première fois » qu’il en manipule. Une grande liberté est accordée aux enfants dans leur conception, « on peut leur donner des jambes, des yeux, c’est toi qui décides », explique justement l’animateur Alan Landolfi.

    Poser et résoudre

    un problème technique

    Sans le savoir, les jeunes construisent et mettent en œuvre des principes élémentaires de physique et de mécanique. Comme la transmission d’un mouvement par engrenage et crémaillère permis par servomoteurs, des petits moteurs électriques contrôlables finement. « J’arrive pas à avancer car il y a un truc qui gêne » remarque Valentin sur son chariot. « Quelque chose est peut-être mal placé », lui souffle l’animateur, et c’est bien le cas. Ou comment poser et résoudre un problème mécanique.

    De la même manière, la programmation répond à une certaine logique. Mardi, les participants ont tenté de donner vie temporaire à leurs créations à base de blocs d’instruction mis bout-à-bout. Noémie, par exemple, a programmé sa voiture-élévateur à roues indépendantes pour allumer une led rouge une seconde, lever et baisser son plateau, puis rouler. Mais sans préciser le temps, donnant une voiture filant entre les jambes des programmateurs en herbe sans s’arrêter.

    Valentin, de son côté, a réalisé un programme allumant une led verte, faisant monter, descendre, puis rouler 5 secondes son robot à petite vitesse, qui s’arrête et fait clignoter trois fois une led rouge.

    Une expérience ludique et éducative rendue possible par les Espaces publics numériques de la Ville. Ils sont équipés par Speechi, distributeurs des kits de robots développés pour l’Éducation nationale et pilotés par Arduino, un système libre très utilisé en ingénierie. De quoi susciter des vocations et créer les conditions pour y accéder par ces ateliers, toujours gratuits.

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    Une opération expresse de modernisation des équipements a été menée par SNCF Réseau samedi et dimanche dernier. Pendant l’après-midi puis toute la nuit, la centaine d’ouvriers mobilisés ont préparé les postes d’aiguillages de Rognac, Berre-l’Étang, Les Roques, Miramas et Saint-Martin-de-Crau à leur informatisation.

    L’objectif pour SNCF Réseau est de moderniser tout l’aiguillage de Marseille à Avignon, passant de l’ancienne technologie électromécanique à une télécommande totalement informatisée. Le pilotage de l’aiguillage s’effectuera à terme, à horizon 2031, depuis la tour de contrôle ferroviaire de la région Paca, située à Marseille et inaugurée le 7 mai 2025 (voir notre édition du 9/05). « La modernisation du réseau ferré est déjà en marche », s’enthousiasmait à ce titre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel.

    Chez les cheminots, cette opération de modernisation est également bien accueillie. « On voit ces travaux d’un bon œil car il s’agit d’une augmentation technologique de nos infrastructures », considère Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Miramas et aiguilleur de métier. « Le fait de passer aux commandes informatiques, qu’on utilise déjà pour les TGV et qu’il faut généraliser, permet en même temps de rénover le rail et les appareils de voirie, comme les aiguillages et les signaux qui permettent aux trains de rouler », ajoute le syndicaliste.

    300 millions d’euros

    L’ensemble du chantier de mise en télécommande de l’aiguillage courant jusqu’en 2031 est financé à hauteur de 300 millions d’euros au total par SNCF Réseau, dont 46,5 millions mobilisés pour l’année 2025.

    Les cheminots restent pour autant vigilants quant aux conséquences de l’informatisation. Robin Matta souligne que « les métiers liés à l’aiguillage informatisé sont des postes de niveau maîtrise, alors qu’à l’aiguillage mécanique ce sont des exécutants. La formation et la rémunération doivent suivre cette montée en compétences. »

    Selon le syndicaliste, les petits postes d’aiguillage comme celui de Rognac seront supprimés à terme. « Avec le syndicat CGT, nous suivons le processus de reclassement en cours pour que les agents restent sur le bassin d’emploi et puissent monter en compétences » sur les nouveaux postes.

  • Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Ce mercredi 15 octobre, élus, experts et opérateurs se sont réunis au Pont du Gard pour une journée consacrée au très haut débit (THD) et à ses usages. L’événement, organisé par le Conseil départemental du Gard et XpFibre, a marqué une étape symbolique : celle d’un territoire désormais entièrement fibré, de la plaine camarguaise aux Cévennes.

    Depuis 2018, la collectivité s’est engagée dans un projet ambitieux : garantir l’accès au numérique à l’ensemble des habitants, quel que soit leur lieu de résidence. Ce réseau public, baptisé WiGard, a été déployé avec XpFibre et sa filiale Gard Fibre. Résultat : plus de 272 000 logements et locaux professionnels sont aujourd’hui éligibles à la fibre optique dans 303 communes, sans qu’aucune ne soit mise à contribution financièrement. « Ce choix politique fort repose sur une conviction simple : l’égalité d’accès aux nouvelles technologies est un droit pour toutes et tous », a rappelé Françoise Laurent-Perrigot, présidente socialiste du Conseil départemental du Gard. L’opération, entièrement financée par XpFibre à hauteur de plus de 300 millions d’euros, place le département parmi les douze en France à avoir fait ce pari d’une couverture publique intégrale et solidaire.

    « Un levier de transformation »

    Si les 13 000 kilomètres de fibre posés à travers le Gard impressionnent, c’est surtout l’impact concret de cette infrastructure qui a été au cœur des échanges. Télétravail, télémédecine, domotique, enseignement à distance, vidéo ultra-HD ou jeux en ligne : le très haut débit bouleverse le quotidien des habitants, des zones urbaines aux villages isolés.

    Les entreprises locales en profitent également : transfert de données accéléré, réunions dématérialisées, services en ligne facilités. Pour les collectivités, le réseau WiGard ouvre la voie à un « groupe fermé d’utilisateurs » (GFU), un système souverain et sécurisé reliant en fibre optique 77 sites départementaux – collèges, centres médico-sociaux, antennes routières – à travers une boucle interne de plus de 1 000 km. Objectif : mutualiser les abonnements, réduire les coûts et garantir une meilleure qualité de service. « Nous ne célébrons pas seulement une infrastructure, mais l’ouverture d’une nouvelle page : celle des usages », a souligné Françoise Laurent-Perrigot. Le numérique devient ici un levier de transformation durable, capable de renforcer l’attractivité économique, de rapprocher les habitants des services publics et de réduire les inégalités territoriales. La fibre, souligne-t-elle, « relie les Gardois entre eux et au reste du monde », tout en consolidant la souveraineté numérique des collectivités.

    Désormais, la priorité est d’accompagner la migration vers la fibre, alors que la fin du réseau cuivre est prévue à l’horizon 2030. Pour Lionel Recorbet, président-directeur général d’XpFibre, « la fibre n’est pas un luxe, c’est un service essentiel ». Déjà, plus de 52% des foyers éligibles sont raccordés, un taux supérieur à la moyenne nationale. Le Département compte poursuivre cette dynamique en développant les usages numériques  : formation des habitants, accompagnement des petites entreprises et innovation publique. Un fonds de 3 millions d’euros sera mobilisé pour encourager les projets locaux liés à la transition numérique, à la connectivité des zones rurales et à la cybersécurité des collectivités. Treize ans après les premières études et sept ans après le lancement du chantier, le Gard peut désormais l’affirmer : il est 100 % très haut débit.

  • Une école d’informatique privée s’installe à la rentrée à Avignon

    Une école d’informatique privée s’installe à la rentrée à Avignon

    Après Orléans et Dijon, c’est à Avignon que l’école privée Coda s’installe pour proposer des formations dans le milieu de l’informatique, avec une première rentrée prévue avec 70 élèves en septembre 2026.

    Et ce, en centre-ville, à quelques pas de la gare et des remparts, où seront proposées des formations niveau bac +3 et bac +5 dans divers domaines tels que les data sciences, le développement, l’administration de systèmes ou encore la cybersécurité et l’intelligence artificielle. Avec une possibilité d’alternance à partir de la deuxième année, les frais de scolarité s’élevant sinon à 8 000 euros par an. Les inscriptions sont désormais ouvertes pour la formation post-bac ainsi que pour les bachelors en bac +3 destinés à ceux qui ont une formation niveau bac +2 en poche.

    Un choix de ville qui s’explique par « la pénurie d’offres de formations et le tissu économique très dynamique » du territoire, précise le directeur de l’établissement, François-Xavier Beillon. Et ce, en avançant qu’il y a actuellement plus de 10 000 postes à pourvoir dans ce secteur-là. Mais le futur lieu de formation viendra plutôt « compléter » celle de l’université d’Avignon, où il est également possible de faire une licence en informatique, assure le directeur. « On a beaucoup d’entreprises et de collectivités qui ont montré un grand intérêt pour notre installation. On voit de nombreux étudiants quitter le bassin et ne jamais revenir, ce qui entraîne une pénurie chronique dans la zone », poursuit le responsable.

    La brochure de l’établissement vante également d’autres avantages tels que « le cadre de ville exceptionnel et la douceur de vivre provençale », « une ville à taille humaine favorisant les échanges », et « une bonne accessibilité » avec la proximité de la gare centre de la Cité des Papes. « On peut voir Avignon comme un village comparé à Marseille ou Toulon, ce qui est assez attirant », poursuit François-Xavier Beillon.

    Monde professionnel

    Les cours seront prodigués par des intervenants « issus directement d’entreprises et qui proposeront des cas pratiques tels qu’ils les rencontrent en milieu professionnel », confie le directeur de l’école. Et ce, à travers de nombreux travaux en groupe. « Avec cette expertise technique, les enseignants amènent la vision de l’entreprise et ses problèmes, ce qui permet une insertion professionnelle plus importante », assure-t-il.

    Deux journées portes ouvertes sont organisées sur le campus, 2 avenue du Blanchissage, le samedi 8 novembre et le samedi 13 décembre.

    Détails et brochure sur coda.school/avignon