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  • À Port-de-Bouc, un nouveau journal pour les habitants de la Presqu’île créé avec les jeunes

    À Port-de-Bouc, un nouveau journal pour les habitants de la Presqu’île créé avec les jeunes

    Ils sont deux journalistes en herbe. Islem et Zakaria, âgés respectivement de 13 et 15 ans, ont passé des vacances pour le moins atypiques pour des adhérents d’un centre social. Et pour cause : ils ont participé à la collecte d’informations et à l’élaboration d’un nouveau magazine de quartier, à parution trimestrielle, destiné aux habitants de la Presqu’île de Port-de-Bouc.

    Le périmètre couvert par ce nouveau « canard » ne doit rien au hasard. Le quartier est en pleine mutation dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), qui prévoit la démolition de la barre de la Lèque et de plusieurs bâtiments des Aigues-Douces, ainsi que la rénovation des logements et des espaces publics. C’est dans ce contexte que le centre social Fabien-Menot, les services de la Ville, l’État et 13 Habitat se sont associés afin de mieux informer les habitants sur l’avenir de leur quartier, au plus près du terrain.

    En cinq matinées, les deux jeunes reporters ont posé leurs questions au maire (PCF) Laurent Belsola sur les modalités de concertation avec les habitants. Ils ont aussi rencontré Céline Félices, du service patrimoine de la Ville, afin de revenir sur les grandes étapes de l’histoire du quartier, de la fermeture de l’usine Saint-Gobain en 1958 jusqu’aux prémices du projet de renouvellement urbain, lancé en 2016. Enfin, ils se sont entretenus avec l’entreprise chargée de la démolition des logements.

    Le premier numéro de La Gazette de la Presqu’île paraîtra en juin et sera distribué directement aux habitants « Il faut que les gens lisent ce journal, car il donne des infos qu’on n’a pas à la télé », vante Zakaria.

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Elle est arrivée à l’audience de la 7e chambre de Marseille escortée par ses gardes du corps, visages masqués comme elle. Figure longiligne compressée dans son uniforme de l’Administration pénitentiaire, coiffée du tricorne, elle a retiré son épais gilet pare-balles pour s’entretenir avec ses trois avocats.

    Depuis que l’organisation criminelle DZ Mafia a mis un contrat pour l’assassiner, l’ancienne directrice du centre pénitentiaire des Baumettes est sous protection. La Marseillaise avait révélé, le 3 décembre 2024, sa suspension et son exfiltration après la diffusion, sur des réseaux sociaux, de sa mise à prix. « Marseille. 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes. » Le post sur TikTok affichait la marque DZ Mafia avec la mention « On vous parle gentiment, vous ne voulez pas comprendre. » Des menaces d’autant prises au sérieux qu’étaient interpellés, la veille, deux jeunes armés et cagoulés à proximité du domicile d’un de ses adjoints. Tout serait orchestré par un des chefs de la DZ Mafia écroué aux Baumettes après un différend sur ses conditions de détention.

    Ce mardi, la fonctionnaire aux 30 ans d’ancienneté a pris la parole au procès de deux détenus accusés d’« apologie de crime » et d’« acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique ». Ils ont relayé en mars 2015, sur leur compte Snapchat, l’appel à l’éliminer. « Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie », a-t-elle lancé à Othmane, 30 ans, en visioconférence depuis la prison de Nantes. « Ma vie a complètement changé. C’est un appel à l’assassinat réel avec pour moi un risque majeur de mourir », ajoute la quinquagénaire. « Depuis un an, je suis protégée. Je prends énormément de risques à être là. Je suis partie précipitamment pour un poste que je n’ai pas choisi. Je suis partie seule pour sauver ma vie. Un an que je suis à l’isolement. Vous avez brisé ma vie. » Son avenir professionnel ? « L’Administration pénitentiaire, je l’ai aimée, mais je vais la quitter. J’avais travaillé trois ans sur le projet des Baumettes 3. J’ai été arrachée en plein vol à six mois de l’ouverture. »

    « Je suis désolé d’avoir relayé cette info. J’ai fait le con », se repent Othmane, 11 mentions au casier, dont le viol d’une prostituée, et libérable en 2033. Il jure n’avoir rien à voir avec la DZ Mafia. « J’ai repris ça sur TikTok. J’ai vu que c’était problématique, mais j’ai tellement rien à voir avec tout ça. Je ne connais pas Marseille, je n’ai jamais été aux Baumettes. » Pour le confondre, les Renseignements pénitentiaires, dont les informations sont couvertes par le secret-défense, ont produit des captures d’écran de son compte « Cellule frappe » orné d’un émoji de Kalachnikov. « Vous participez indirectement au recrutement d’un tueur et ça banalise l’offre d’emploi pour venir tuer un représentant de l’état », lui lance la présidente.

    Sabrina, 30 ans, détenue à Rennes, a refusé de comparaître. Avec 17 mentions au casier pour de nombreux vols, la délinquante marseillaise, un temps sous surveillance pour radicalisation, a dit en garde à vue avoir « fait circuler cette story à titre informatif » sur son compte « LibérezmoiDZ », se disant « effarée à tel point qu’on était des fous à Marseille ».

    Pour le parquet, « cette affaire s’inscrit dans un contexte de déstabilisation de l’Administration pénitentiaire par le crime organisé », précédée « d’attaques concertées révélatrices d’une volonté d’intimider l’administration et la République française pour imposer sa loi ». à ses yeux, « ils sont prêts à monter dans le train du crime organisé avec l’objectif de faire une administration faible et permissive ». De requérir 2 ans dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, indemnisation de la partie civile, 5 ans d’interdiction de séjour à Marseille et de port d’armes.

    « C’est un compte privé, il n’y a pas d’apologie, pas d’intimidation », oppose Me Flore Nanchino, qui plaide la relaxe. « C’est stupide, immoral, débile, mais pas pénal. » Délibéré le 28 janvier.

  • Un atelier pour trouver de bonnes sources sur internet

    Un atelier pour trouver de bonnes sources sur internet

    Comment se cultiver ou s’informer de manière fiable sur internet ? La multitude de résultats d’une recherche Google peut décourager, parfois perdre, souvent induire en erreur. Les Espaces publics numériques (EPN) de Martigues proposent plusieurs ateliers à différentes thématiques pour répondre à ce besoin. Avec plusieurs médias et ressources à partager.

    L’animateur de l’atelier de ce lundi après-midi, Frédéric Magaud, part de la plateforme Youtube. « Il existe beaucoup de chaînes à but éducatif ou de vulgarisation scientifique », explique-t-il, parmi lesquelles on peut citer Fouloscopie, créée par le docteur en sciences cognitives Mehdi Moussaïd. Ce dernier explique entre autres la densité d’une foule au mètre carré à partir… de tomates cerises dans une caisse en bois.

    Dans un autre registre, Frédéric Magaud propose Nota Bene, une chaîne qui traite d’histoire, ou encore le Collège de France et ses centaines d’heures de cours d’universitaires en libre accès par thématique. « J’ai tendance à proposer des sources officielles pour être sûr de l’info, même si certains créateurs sont tout à fait respectables », justifie l’animateur.

    Fatia, la cinquantaine et ancienne secrétaire en quête de bonnes sources, a trouvé son bonheur. « J’utilise beaucoup Youtube pour mes différentes recherches », reconnaît-elle. Mais il n’y a pas que cette plateforme et Frédéric Magaud passe en revue d’autres ressources comme Gallica, le versant numérique en libre accès de la Bibliothèque nationale de France (BNF) où l’on peut lire Balzac ou Hugo. « C’est intéressant ! », remarque la participante, intéressée par la littérature plus que par les podcasts ou par Wikipédia.

    Que faire de l’IA ?

    Une question que se pose Fatia est celle de que faire de l’IA et de ses réponses. « J’ai Gemini sur mon téléphone pour poser des questions », indique-t-elle. « Mieux vaut utiliser Mistral », répond Frédéric Magaud, argumentant qu’il s’agit d’« une IA européenne protégée par RGPD et non soumise à la loi américaine, qui peut permettre à Google de donner des infos sur nous à tout le monde autrement ». « Et ChatGPT sait déjà tout sur nous ! », renchérit une autre participante.

    Après deux ans d’existence, les ateliers grand public des EPN sont encore source de découverte et d’étonnement à mesure qu’évolue le paysage numérique. Qu’il s’agisse de question d’intelligence artificielle, ou de mise à jour de Windows.

  • Une jeunesse en lutte contre le chômage

    Une jeunesse en lutte contre le chômage

    Six semaines pour provoquer l’engagement chez les jeunes éloignés de l’emploi, c’est l’objectif du « Lab de l’engagement », dispositif de l’antenne du Vieux-Port de la mission locale de Marseille. Autour de la table se trouvent Amir, Achraf, Félix, Maëlle, Jenna, Carlla-May et Kassim, aux côtés de leurs accompagnatrices, Coraline et Louna. Ils ont entre 16 et 24 ans et sont dans la cinquième semaine du dispositif, fruit d’un partenariat entre plusieurs associations – Citizen Campus, les Têtes de l’Art, Appel d’Aires – et financé par la Ville de Marseille.

    Au rythme de trois à quatre ateliers par semaine, ils pratiquent divers exercices en lien avec l’engagement au sens large et rencontrent des associations. « On a vu beaucoup de choses, un travail sur les médias, les informations actuelles et historiques… On a rencontré des intervenants intéressants », témoigne Amir. Son parcours résume bien l’objectif du Lab : « Au début, je me demandais ce que je faisais là. Et, au bout d’une semaine, je me suis dit que c’était trop bien. Sans le Lab, je ne me serais pas autant ouvert. » Achraf abonde : « J’ai acquis de l’expérience avec les ateliers sur la politique. On n’aurait pas eu ces informations sans le Lab, c’était bénéfique. »

    De quoi réellement les pousser vers le travail. Par exemple, Carlla-May bénéfice d’une allocation au titre de « l’engagement jeune ». « Ça me permet de mettre des sous de côté pour m’acheter du matériel et faire le métier que j’aime. Et me payer la formation adéquate », explique-t-elle. Un engagement « donnant-donnant ». Même principe pour Kassim, qui a « postulé pour être ambassadeur de la vie collégienne » suite au Lab de l’engagement. Et Amir entend redoubler d’efforts dans l’association, dont il est déjà membre.

    En bref, l’objectif du Lab est jugé atteint par la plupart des jeunes présents. « J’étais vraiment pas rassuré de faire des choses en groupe, je suis venu à reculons. J’ai appris à reprendre confiance en moi, à m’exprimer en situation de groupe alors que je n’étais pas habitué », témoigne Kassim. Il se dit même « fier » d’être sorti de sa zone de confort. Et les effets sont concrets : Si ces jeunes sont la deuxième promotion du Lab, les membres de la première « ont tous trouvé un emploi ou une formation ».

    Découverte des métiers de Twitch

    Au programme ce jour, ils découvrent le studio Twitch, service de diffusion vidéo en direct, de l’émission de la mission locale Lab’On-ID. Paul Ordonneau, co-animateur, présente les grandes lignes du format : « Notre but est d’éveiller la curiosité chez les jeunes. On a aussi des formats qui nous tiennent à cœur, avec des émissions plus axées sur le divertissement. Ça permet de parler de la mission locale d’une autre manière. » Il propose à Kassim de co-construire une future émission. Les deux échangent longuement pour établir un plan, avec l’optique de lui laisser la main. « Quel concept tu veux voir ? Tu verrais comment cette séquence… », questionne-t-il. Kassim rebondit, en proposant des variantes de concepts qu’il connaît : « Cyril Gane [combattant de MMA, Ndlr.] fait des vidéos comme ça. Faire une discussion autour du sport, j’aime bien. »

    Rapidement, il prend la main : « On pourrait faire ça avec des invités en plateau, j’animerais et je poserais des questions si nécessaire. » Les autres jeunes écoutent Rayima Ammad qui expose son travail sur la gestion du tchat et la participation des auditeurs, la création des relais de l’émission en temps réel sur les réseaux sociaux… Mathieu Jonquières s’occupe de la régie et présente les aspects techniques et les micros : « Notre objectif est de donner la parole aux jeunes sur les sujets qui les intéressent. On essaie d’avoir une approche qui amène naturellement les jeunes à la mission locale. » Présentation de métiers avec des formats vidéos qui parlent aux jeunes, pendant que les jeunes accompagnés mettent la main à la patte. C’est tout le concept de Lab’On ID : « Ça les aide à découvrir des métiers et voir qu’il y a des opportunités à la mission locale. »

    EN CHIFFRES

    +6,3%

    De jeunes de moins de 25 ans sont inscrits à France Travail et tenus de chercher un emploi (catégories A, B et C) dans la région, au 3e trimestre 2025, portant leur nombre à 63 370, dont 41 870 (+8,7%) sans aucune activité (catégorie A). Sur un an, la hausse est de 21,4%, soit 11 170 jeunes de plus.

    +7,1%

    De jeunes inscrits en catégorie A, B et C dans les Bouches-du-Rhône, soit 26 850 personnes, dont 17 950 en catégorie A (+9,3%). +6,3%Dans le Var, soit 12 920 jeunes inscrits, dont 8 630 en catégorie A (+8,8%).

    +5,3%

    En Vaucluse, soit 8 550 jeunes inscrits, dont 5 500 en catégorie A (+8,1%).

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.

  • Le grand JT des territoires du 4 octobre

    Le grand JT des territoires du 4 octobre

    Sommaire

    Véritable emblème du Finistère, le Kouign-amann est une spécialité à base de pâte feuilletée, de beurre et de sucre caramélisé. C’est pourtant en Ille-et-Vilaine qu’un boulanger a reçu le titre de meilleur Kouign-amann de Bretagne, l’occasion de découvrir ses secrets de fabrication !

  • De faux coursiers pour une vraie arnaque

    De faux coursiers pour une vraie arnaque

    Ne pas répondre au SMS réclamant des informations bancaires et couper court à toute conversation avec un interlocuteur se présentant comme son banquier… Des recommandations simples et qui peuvent sembler évidentes. Sauf que. L’arnaque dite du « faux coursier » a visiblement le vent en poupe a alerté ce mercredi 1er octobre, depuis l’Évêché à Marseille (2e), le commissaire Grégory Petri, adjoint de la division criminalité territoriale au sein du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire).

    Il ne dispose pas de chiffres, mais il l’assure : depuis cet été, ce genre de délinquance est en forte augmentation et « aucune ville du département des Bouches-du-Rhône n’est épargnée ». Telle cette affaire remontant au 24 août, concernant un couple de personnes âgées domiciliées à Aix, « peu au fait des nouvelles technologies », raconte Grégory Petri, et dont on ne sait pas comment le numéro de téléphone a été piraté. Mais, contacté par un faux conseiller bancaire qui l’alerte de possibles mouvements frauduleux sur son compte, il se laisse convaincre de remettre à un coursier, dans une enveloppe, sa carte bleue avec le code, pour tout bloquer et la détruire.

    Un mode opératoire bien rodé

    Un préjudice de « 4 300 euros », précise le commissaire, le faux coursier en train de retirer de l’argent avec la carte volée ayant été interpellé en flagrant délit, pris par la vidéosurveillance. Mais on peut rapidement atteindre des sommes plus importantes en fonction du plafond de paiement et de retrait de la carte bleue ou quand les victimes s’enchaînent, avertit le commissaire.

    Il s’agissait auparavant de baratiner au distributeur de billets ou au parcmètre pour délester des personnes vulnérables, mais les auteurs « ont revu leur mode opératoire », a pu remarquer Grégory Petri. La technique se révélant, cette fois-ci, disons plus psychologique. « La conversation peut durer plusieurs heures » a-t-il pu constater, il s’agit « à la fois de créer un lien de confiance et de faire peur », en insistant notamment sur l’urgence de la situation. Hameçonnée puis dépouillée, la victime ne porte pas toujours plainte. « Ce que nous l’incitons à faire au moindre doute au commissariat ou en ligne sur la plateforme “ma sécurité” », insiste Grégory Peri. D’autant que « cela peut être compliqué après pour être indemnisé car elle a remis sciemment ses informations personnelles », rappelle-t-il.

    S’ils parviennent à retrouver lesdits coursiers, des « petites mains », recrutées au niveau local, souvent avec une annonce à la demande sur les réseaux sociaux, ce qui n’est pas sans rappeler les usages en matière de narcotrafic, les policiers ont beaucoup plus de mal à s’attaquer au « haut du spectre », convient le commissaire. Des réseaux dont on ne sait pas grand-chose pour le moment. Quant au hameçonnage, sur le web, tout se vend, tout s’achète, un fichier de données personnelles piratées pouvant coûter 15 000 euros.

    Le meilleur moyen reste donc d’éviter de se faire abuser, insiste Grégory Petri. « La seule interaction avec sa banque ne peut être que physique ou de sa propre initiative, aucun conseiller bancaire ne demande d’informations par téléphone, cela n’existe pas », martèle-t-il.

    Toujours pour sensibiliser le public, des prospectus vont être disposés dans les banques, les commissariats et autres lieux publics.

    « Un conseiller bancaire ne demande pas d’informations »

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.