Tag: Industrie

  • « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    La Marseillaise : Dans quelle situation était Duralex avant l’appel de fonds lancé lundi ?

    François Marciano : Nous avons repris l’entreprise le 1er août 2024. Pour que la reprise soit viable, il nous fallait 15 millions d’euros. On a levé 4 millions de prêts et on a vendu le terrain et le bâtiment, pour 5,8 millions. Il nous en manquait donc 5,2 millions. Nous devions faire une première levée de fond en septembre 2024 mais nous n’étions pas prêts, la stratégie n’était pas complètement définie. C’est pour cela que l’appel n’a été lancé que maintenant.

    Vous en êtes vendredi à 20 millions d’euros promis. Vous attendiez-vous à cet enthousiasme ?

    F.M. : Pas du tout. Tous les associés ont été très surpris. On avait donné un pronostic de 3 millions en 4 semaines, et on espérait prolonger pour arriver à 5 millions. On a eu 19 millions en 24h. C’est énorme.

    Comment expliquez-vous
    cet enthousiasme
     ?

    F.M. : Pour moi, il y a trois choses. D’abord je pense que les Français en ont marre de voir partir leurs industries, et investir chez nous c’est aussi défendre l’industrie nationale. Duralex emploie tout de même 800 personnes. Ensuite, Duralex est une madeleine de Proust. Et enfin, l’usine a été rachetée par ses ouvriers. C’est une proposition d’économie sociale et
    solidaire que les gens ont envie de soutenir.

    Quelles sont les conditions des investisseurs ?

    F.M. : C’est pour tout le monde pareil, c’est 8% rémunérés par an pendant 7 ans, défiscalisé à hauteur de 18% au départ, et remboursable au bout de 7 ans. Et les investisseurs ne siégeront pas au conseil d’administration, ils auront simplement une vision sur les chiffres tous les mois.

    Et qu’allez vous faire de cet argent ?

    F.M. : L’objectif de cette première année était de réveiller la marque. Je crois que c’est chose faite. La deuxième année, l’année prochaine donc, nous voulons investir dans la nouveauté. On va repositionner Duralex sur deux segments : d’un côté sur les arts de la table, ce que nous faisions déjà, et de l’autre sur la décoration. En clair on va fabriquer tout ce qu’il y a en verre dans une maison, sauf les vitres.

    Portiez-vous un intérêt au système des Scop avant que votre entreprise n’en devienne une ?

    F.M. : Ça m’était totalement étranger. Quand on a failli perdre l’entreprise, je savais que je voulais faire une coopérative, mais je ne savais même pas que ça s’appelait Scop. Aujourd’hui je ne travaille plus qu’avec elles. D’ailleurs, il y aura bientôt une collaboration entre Duralex et 1336 !

  • [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de la réunion prévue ce vendredi ?

    Gaëtan Lecoq : C’est encore une nouvelle réunion de pseudo-négociation car la direction craint que son PSE ne soit pas homologué par l’inspection du travail de Bobigny. Ce qu’il y a dans ce PSE, c’est la suppression de plus de 600 emplois et les salariés vont partir avec des miettes alors qu’on est quand même une multinationale. Je n’attends rien de cette réunion, de toute façon, ils ont déjà leurs signataires : la CFE-CGC et la CFDT. Depuis le début, ils n’ont rien fait pour les salariés, on est seuls à se battre. Ils ne sont pas représentants du personnel mais partenaires sociaux de la direction.

    Le cabinet d’expertise Secafi, mandaté par le comité social et économique central (CSEC) d’ArcelorMittal France Nord a remis un rapportcette semaine dans lequel il pointe une mauvaise gestion. Qu’en pensez-vous ?

    G.L. : Dans ce rapport, clairement, c’est écrit que ce PSE n’est pas justifié, qu’Arcelor préfère gaver ses actionnaires qu’investir dans les outils. Ils veulent dégager du cash à court terme et n’ont pas de vision à moyen-long terme. On est en sous-investissement chronique et massif sur notre maintenance et nos installations depuis plusieurs années. La question est de savoir si Arcelor veut réellement continuer à produire en France ou complètement s’en désengager ? Les problématiques qu’on a sur le site de Dunkerque, on les retrouve à Fos mais aussi en Belgique et en Allemagne, où ils ont annoncé qu’ils ne feraient pas non plus la décarbonation. C’est plus large que la France, c’est toute l’Europe. La stratégie du groupe est de se désengager du Vieux continent et d’investir massivement dans trois pays : l’Inde, le Brésil et les États-Unis.

    La décarbonation à Dunkerque a complètement été abandonnée ?

    G.L. : Ils ne le disent pas clairement, ils ne font que retarder l’échéance depuis deux ans. Au mois de mai dernier, c’est parce qu’on a mis la pression qu’ils ont annoncé des intentions d’investissements pour un four électrique d’une valeur de 1,2 milliard d’euros. On arrive à la fin de l’année, il n’y a rien. Il n’y aura rien. Ils ne feront rien. Ils n’investiront plus un euro. Le PSE était prévu avant Noël, là on se dirige vers fin février, mi-mars. On a réussi à gratter un petit peu mais on va continuer à mettre la pression. De toute façon, il faut qu’on le retarde au maximum pour trouver une solution politique à la situation d’ArcelorMittal. Il n’y a que politiquement qu’on peut trouver une solution.

    Vous étiez au Sénat lorsque le PCF a fait voter la nationalisation qui a été rejetée. Pensez-vous que ce projet est le seul viable ?

    G.L. : Pour résumer : les groupes de gauche sont unis sur la nationalisation. Le problème, c’est que le Sénat est dominé à droite. À l’Assemblée nationale, il y aura peut-être une chance. LFI va à nouveau proposer la nationalisation lors de sa niche parlementaire le 27 novembre, porté par Aurélie Trouvé. C’est une nouvelle étape dans le conflit qu’on mène depuis juin 2024. On sera mobilisés et présents devant l’Assemblée nationale.

    Le gouvernement semble être aux abonnés absents… Avez-vous rencontré les nouveaux ministres nommés ?

    G.L. : C’est silence radio. Avant l’été j’ai eu une visio avec Marc Ferracci (ex-ministre de l’Industrie, Ndlr), qui n’a rien donné. Le gouvernement fait le mort. Soyons clairs : ils ne sont pas du tout à nos côtés contrairement à tous les groupes politiques de gauche, qui sont là depuis le début et travaillent avec nous pour essayer de trouver une solution. Le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) est à nos côtés et se rend compte qu’il est en train de se faire rouler dans la farine par le groupe ArcelorMittal. L’un des plus gros exemples dans le Nord, c’était la fermeture de l’usine de Denain il y a 40 ans. Et 40 ans après, Denain ne s’est toujours pas relevé de ce qui s’est passé. M. Bertrand le sait très bien. Si jamais le site de Dunkerque venait à disparaître, ça va être compliqué, même pour lui politiquement. Ça va être un désastre.

    L’ensemble des élus que je côtoie, à part ceux du gouvernement, ont ouvert les yeux. Il y a un an de ça, on me prenait pour un idiot, on ne me croyait pas. Depuis le début, la CGT avait raison, le PSE n’était pas encore annoncé que nous savions qu’il aurait lieu. On est dans l’entreprise, on voit ce qu’il se passe, on savait très bien qu’ils ne feraient pas les investissements nécessaires. C’est pour ça qu’il faut trouver un plan B. Si on n’arrive pas à tordre le bras de la famille Mittal, ils doivent partir et on trouvera une autre solution. Avec peut-être une idée de nationalisation temporaire.

    Les syndicats appelés à se prononcer aujourd’hui

    Les syndicats d’ArcelorMittal sont appelés à se prononcer ce vendredi sur le projet de plan social qui prévoit au total plus de 600 suppressions d’emplois. Au moment même où un rapport d’experts mandatés par le comité social et économique central (CSEC), et contesté par l’entreprise, estime que le groupe a fait le « choix stratégique assumé de privilégier la distribution » de liquidités « aux actionnaires, au détriment de l’anticipation » et de l’investissement. Le cabinet d’expertise relève ainsi que la liquidité distribuée aux actionnaires entre 2020 et 2024 (13 milliards d’euros) a été à peine inférieure à celle consacrée aux investissements industriels (15,5 milliards d’euros dans le monde).

  • À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    L’amas de palettes et de pneus enflammés d’où se dégageait une épaisse fumée noire à l’entrée du site il y a encore quelques jours a laissé place à un tas de cendres. Quelques pneus entreposés contre la grille attendent pourtant encore d’être brûlés. Derrière, un bleu de travail floqué Owens-Illinois reste symboliquement cloué sur une grande croix. Dans l’enceinte de l’usine, quelques affiches et des banderoles à l’écriture ternie par les intempéries des derniers jours continuent de flotter sur les balustrades.

    Ces dernières traces témoignent d’une lutte déjà passée qui laisse un goût amer. D’un côté, le rapport de force engagé a permis à l’intersyndicale de négocier les meilleures conditions de départ des 164 salariés prochainement licenciés. De l’autre, l’unanimité est totale (sauf peut-être pour la direction d’O-I et l’État français) pour condamner la fermeture de ce fleuron industriel gardois aux conséquences sociales, économiques et environnementales désastreuses.

    Dépités, les salariés ont tenu le piquet de grève jusqu’à l’arrêt du four, la grande majorité n’ayant pas eu le courage d’assister à son perçage et au déversement des dernières tonnes de verre liquide. Une fois le refroidissement effectué, tous ont déserté le site, bien conscients que les chances de trouver un repreneur verrier étaient devenues quasiment nulles. « Il y a encore deux mois pour qu’un repreneur se manifeste. Notre dernier espoir c’est que le préfet accorde le label “eau minérale naturelle” à Perrier et que Nestlé reprenne alors la verrerie », explique Yohan Goupille. « Il y a peut-être 1 ou 2% de chances que ça arrive », ajoute, réaliste, le délégué CGT au courant que le voisin a déjà réalisé un appel d’offres pour deux nouveaux fournisseurs.

    Un site déserté

    Hormis des gardes privés devant le portail, une réceptionniste et une poignée de syndicalistes, le site est désert, comme si une catastrophe naturelle avait poussé à la hâte 164 salariés à quitter le site dans la précipitation. Là, une chaise traîne seule au milieu d’une cour. À l’intérieur, les affiches des syndicats continuent de décorer les murs. « Il y avait tout le temps du bruit », répète Yohan Goupille qui reçoit au même moment un mail avec le planning des prochaines semaines, où des astreintes sont prévues les nuits, les week-ends, et où des tours de garde sont organisés pour quelques salariés qui devront rester sur le site entre 8 et 16 heures. « Mais il n’y a rien à faire. Ils vont se regarder dans le blanc des yeux », fustige Yohan Goupille.

    Le local CGT est l’un des derniers espaces où trouver de la vie sur le site de la verrerie. Si le syndicat va tenir deux permanences par semaine pour accompagner les salariés après leur licenciement, il sert aussi à maintenir un dernier lien social. « Ce qui va le plus me manquer, ce sont mes collègues. On passait plus de temps ici ensemble qu’avec notre famille », lance Christophe Oberlin, chargé de contrôle des bouteilles. « Je suis fier d’avoir été verrier et d’avoir travaillé sur ce site qui a fait vivre des générations. C’est surtout triste pour les jeunes parce que nous, nous ne sommes pas les plus malheureux », précise l’ouvrier de 59 ans.

    Même constat du côté de Jean-Louis Mayor, 36 ans de boutique, qui n’aurait jamais imaginé que la fin de sa carrière professionnelle coïnciderait avec la fin de la verrerie : « Du jour au lendemain, on ne va plus se voir alors qu’on se voyait presque tous les jours. Je viens d’être opéré et je suis en arrêt mais j’avais besoin de revenir voir les collègues. C’est dur. Déjà quand ils ont fermé le deuxième four, ça faisait bizarre et ça me faisait mal à chaque fois que je passais devant. Alors là… »

    En revenant à la verrerie, les salariés en profitent pour faire leurs cartons. Un sac-poubelle à la main, Yohan Goupille vide son casier, récupère ses casquettes, chaussures et bouchons anti-bruit mais y laisse sa tenue O-I. S’il arbore toujours son traditionnel sourire, le délégué syndical est gagné par la mélancolie en traversant couloirs et pièces déserts : « Ici, c’est la cantine. J’y ai mangé pendant 31 ans. Sur ce banc, il y avait toujours quelqu’un qui fumait et des gens qui discutaient. Et mon casier ! On l’a reçu en 1973. C’est mon père qui l’avait et quand il est parti à la retraite je l’ai récupéré. Au final, il n’aura connu que mon père et moi. »

    Pour les salariés qui ont connu l’effervescence d’une usine fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, le plus dur à affronter sur le site, c’est bien ce silence assourdissant, symbole de la mort de leur outil de travail.

  • [Entretien] Cécile Cukierman (PCF) : « Nous avons besoin de maîtriser l’acier »

    [Entretien] Cécile Cukierman (PCF) : « Nous avons besoin de maîtriser l’acier »

    La Marseillaise : Quels sont les objectifs de cette proposition de loi ?

    Cécile Cukierman : Notre objectif est double. Le premier, c’est de préserver l’emploi, le savoir-faire industriel là où il existe encore dans notre pays. Nous avons aujourd’hui, sur l’acier, une financiarisation plutôt qu’une mise à disposition d’une matière importante pour pouvoir développer l’industrie dans notre pays. La volonté d’ArcelorMittal de se séparer des sites de production en France remet en cause notre souveraineté industrielle. L’acier est essentiel pour l’industrie. L’industrie, étant source de création de richesse d’un pays, est essentielle, bien évidemment, pour répondre aux enjeux de transformation, que ce soit par la production énergétique, par le renforcement de la mobilité, du développement du rail. Elle est également essentielle dans tout un certain nombre de productions qui servent par la suite le médical, les ponts, les grandes infrastructures de notre pays.

    Le rapporteur LR du texte,
    Arnaud Bazin, estime qu’une nationalisation ne résoudrait «
     aucun des problèmes structurels » du secteur de l’acier.
    Que lui répondez-vous
     ?

    C.C. : En 2023, ArcelorMittal a reçu 392 millions d’euros d’aides publiques. Année après année, ce groupe a reçu des centaines de millions d’euros sans aucune contrepartie sociale et environnementale. Il a également bénéficié de quotas gratuits à l’époque d’émissions carbone. L’excédent de ces quotas est aujourd’hui revendable, ce qui constitue à la louche une aide implicite, puisque c’est eux qui pourraient récupérer, s’il y a une vente, 960 millions d’euros. La difficulté aujourd’hui n’est pas le coût que peut engendrer la nationalisation, mais combien d’argent public, directement ou indirectement, a été injecté depuis maintenant plusieurs décennies dans ArcelorMittal, qui justifierait que nous ne récupérions pas l’investissement déjà effectué, au moins par les sommes publiques.

    Mon département, la Loire, est l’un des nombreux territoires qui a connu des crises industrielles et la désindustrialisation. Nous savons aussi tous le coût qu’engendre la fermeture d’un site industriel de cette ampleur-là, au niveau bien évidemment social, de requalification des sites, la dépollution, la reconstruction, le réaménagement pour l’État, mais aussi pour les collectivités territoriales. La reconversion du site de Creusot-Loire à Firminy (Loire) n’est toujours pas terminée, alors que le site est fermé depuis 40 ans. C’est dire l’investissement financier et l’énergie humaine que nécessitent la requalification et la fermeture de sites d’une telle ampleur.

    Quid du plan acier de Bruxelles ?

    C.C. : On a aujourd’hui une contradiction. Avec Bruxelles, qui, à travers un plan d’acier demande à ce que l’on produise plus dans l’Union européenne et de manière plus vertueuse. Face à cela, nous interrogerons le gouvernement sur quelle sera la position de la France si elle ne cherche pas à préserver les sites de production sur le territoire national. On ne peut pas nous rétorquer, là encore, que les choses se réfléchissent à l’échelle de l’Union européenne et ne pas être moteurs dans la capacité à produire, demain, des sites de l’acier. On peut mentionner le Royaume-Uni et l’Italie – et je précise que je n’ai aucune appétence pour l’exécutif italien aujourd’hui ! Ces deux États ont fait le choix d’accompagner leur outil de production industrielle.

    Si nous voulons réindustrialiser notre pays et en assurer la souveraineté, nous avons besoin de maîtriser la production de l’acier.

  • La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La pression monte sur le dossier ArcelorMittal. Une proposition de loi portée par le PCF est examiné, ce jeudi 30 octobre à l’Assemblée nationale, un autre sera présenté le 27 novembre par la France insoumise, sans compter le projet de mise sous tutelle du site de Dunkerque émanant du PS… Si la gauche saisit à bras le corps la question d’une nationalisation des actifs stratégiques du sidérurgiste, le débat ne se limite pas à la sphère politique. La CGT est en train de « monter un projet et de mener des études », affirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général du site de Fos-sur-Mer.

    « On porte la revendication de nationaliser les usines du territoire parce qu’il n’y a pas d’investissements à la hauteur des enjeux pour pérenniser les outils, les installations et assurer la santé et la sécurité des salariés au travail depuis des dizaines d’années », explique-t-il, faisant part d’une inquiétude particulière pour l’enjeu de décarbonation, condition indispensable pour se maintenir en Europe après 2030.

    À Dunkerque, le groupe a suspendu un projet d’investissement massif d’1,7 milliard d’euros, dont près de 850 millions d’aide promise par l’État, qui consistait à construire une unité de réduction directe de fer et deux fours électriques, justifiant cette décision par la non-compétitivité de l’acier produit en Europe. Finalement, ArcelorMittal a annoncé qu’il « avait l’intention » d’investir 1,2 milliard d’euros, à condition de la mise en place de mécanismes de protection de l’acier européen.

    Nécessaire décarbonation

    À Fos-sur-Mer, outre l’inauguration du four poche en septembre 2024 à l’occasion des cinquante ans du sidérurgiste, la CGT déplore « aucun projet de décarbonation ». La direction, elle, dit « travailler à un projet de four à arc électrique », mais des études complémentaires seront nécessaires avant d’arriver à une décision finale d’investissement. « La nationalisation permettrait d’engager les financements nécessaires, affirme le secrétaire général CGT du site. Selon les études de nos experts, si on décarbone et qu’on nationalise les actifs de l’entièreté des sites, il y en a pour 4,6 milliards d’euros. Si on ne le fait pas, en cas de désengagement d’ArcelorMittal, ça coûtera 7,7 milliards d’euros par an aux contribuables et à l’État, car il faut bien comprendre qu’on ne pourra pas continuer avec des hauts-fourneaux traditionnels vu les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’UE. Donc les instances vont être plus coercitives pour forcer les entreprises à réduire leur empreinte carbone en 2030 puis à atteindre la neutralité 2050. »

    Réduction de 10% des effectifs à Fos-sur-Mer

    Reprendre le contrôle public de ces unités permettrait également de sauvegarder l’emploi dans les usines, mises à mal ces derniers mois. Le site dunkerquois est sous le coup d’une restructuration dans le cadre d’un vaste plan de suppression de plus de 600 postes au niveau national. À Fos, en septembre 2024, la direction avait annoncé réduire ses effectifs de 10%, après avoir pérennisé le fonctionnement à un seul haut-fourneau en juillet, « ce qui correspond à une baisse d’activité du site d’environ 40% », précise-t-elle.

    Le 8 octobre, un incendie a contraint le site à arrêter le haut-fourneau et l’aciérie et à prolonger l’arrêt programmé de la chaîne d’agglomération. Les équipes ont été réorganisées. « On est passé de 2 jours de chômage partiel à 9 ou 10 par mois selon les salariés postés ou les journaliers », détaille Stéphane Martins de Araujo. La direction du site envisage le redémarrage de l’aciérie début décembre, dans un mode temporaire. Malgré ce calendrier, « les travailleurs sont dans un état de stress », assure le secrétaire général CGT.

    Pour sauver ArcelorMittal, la CGT et la gauche poussent pour une nationalisation. Ainsi, les sénateurs communistes présentent ce jeudi lors de leur niche parlementaire, une proposition de loi visant à la « nationalisation des actifs stratégiques d’ArcelorMittal situés sur le territoire national » (lire ci contre), cosignée par les socialistes et les écologistes. Si l’idée fait son chemin, le gouvernement s’y refuse. Lors d’un débat télévisé le 13 mai, interrogé par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le président Emmanuel Macron avait balayé cette revendication d’un revers de main : « Je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal, parce que ce serait dépenser des milliards d’euros. » Pourtant, le groupe, qui se goinfre d’argent public, a dégagé un bénéfice net de 805 millions de dollars au premier trimestre 2025, tout en prévoyant plus de 600 suppressions d’emplois sur sept sites français.

    REPÈRES

    600

    C’est le nombre d’emplois que la direction d’ArcelorMittal a annoncé, en avril dernier, vouloir supprimer sur sept sites français : Dunkerque et Mardyck (Nord), Florange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Mouzon (Ardennes), Desvres (Pas-de-Calais) et Montataire (Oise). Parmi lesquels 200 seront délocalisés.

    Les syndicats appelés à se prononcer le 7 novembreLes syndicats du groupe sont appelés à se prononcer sur le projet d’accord de plan social, le 7 novembre prochain, selon les informations de l’AFP. Pour être conclu, le texte devra être signé par des syndicats représentants au moins 50% du personnel. Avant ça, une dernière réunion de négociation est fixée le 4 novembre. La CGT ArcelorMittal, qui n’a pas l’intention de signer le document, pousse pour la nationalisation et soutient la proposition des sénateurs communistes soumise au vote ce jeudi dans le cadre de leur niche parlementaire.

    298

    millions d’euros. C’est le montant des aides publiques dont a bénéficié le groupe sur la seule année 2023, dont 195 millions à titre de taux réduits sur les factures d’énergie. Cette somme a été révélée par l’entreprise elle-même lors de l’audition de son président Alain Le Grix de la Salle par la commission d’enquête sénatoriale.

    Le plan protectionniste de l’UE pour « sauver » le secteur

    Le 7 octobre, la Commission européenne a présenté une batterie de mesures pour sauver le secteur de l’acier sur le continent qui compte plus de 2,5 millions d’emplois directs et indirects, en particulier en Allemagne, en Italie et en France. Sur l’année 2024 seulement, quelques 18 000 emplois directs ont été supprimés, une véritable saignée. Ainsi Bruxelles entend, entre autres, faire passer les droits de douane de 25% à 50% et diminuer de moitié les quotas d’acier étranger pouvant être importé sans surtaxe dans l’Union européenne.

  • Acier rouge et mains d’or

    Acier rouge et mains d’or

    L’histoire est connue : la multinationale ArcelorMittal a fait main basse sur les hauts-fourneaux, en France et en Europe, et s’est servie des infrastructures publiques et des subventions de l’État pour augmenter ses profits à moindres frais. Cette prédation s’est réalisée au détriment d’une vision industrielle stratégique à long terme et donc de l’emploi. Une fois gavée, la multinationale ferme boutique et continue à considérer l’acier comme un vulgaire produit à cash. Cette logique court-termiste de milliardaires sans scrupules met en péril les sites de production d’acier vitaux pour l’avenir de toute l’industrie. Française et européenne.

    Outil industriel

    Face à cette menace de voir disparaître leurs derniers hauts-fourneaux et peu soupçonnables d’être des révolutionnaires, les parlementaires britanniques n’ont pas craint de voter une loi pour prendre leur contrôle. Ce jeudi, la France a l’opportunité d’ouvrir le chemin de la nationalisation des actifs d’ArcelorMittal, grâce à la proposition de loi des sénateurs communistes. Ce serait, au-delà de la dimension morale après tant d’argent public offert sans aucun engagement, d’une efficacité totale pour sauver les emplois et muscler un outil industriel indispensable, qui doit absolument réussir le virage de la décarbonation.

    Il y a aussi une dimension cruciale dans cette bataille de l’acier. Les déserts industriels font le lit du vote d’extrême droite. Rien de fatal, car dans nos territoires, on veut plus que jamais, comme le chante Lavilliers « travailler encore, travailler encore, acier rouge et mains d’or ».

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».

  • Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    « C’est un compromis qui n’est pas trop mal », lance Yohan Goupille, le délégué syndical CGT qui a mené les discussions avec la direction d’Owens Illinois aux côtés de FO et la CFE-CGC. Les dernières discussions avec la multinationale américaine se sont donc déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre derniers et ont permis aux syndicats d’arracher encore quelques avancées.

    « Au niveau des indemnités supra-légales, nous avons obtenu 25 000 euros nets d’impôt pour ceux qui ont moins de 20 ans de boîte et 20 000 euros pour ceux qui ont plus de 20 ans d’ancienneté », détaille le syndicaliste. « Il y a une différence pour tenter de rétablir un peu d’équité par rapport à l’indemnité de licenciement qui est basée sur l’ancienneté. Ensuite sur le congé de reclassement, il y en a plusieurs à Vergèze. Pour les moins de 50 ans, ce sera 16 mois pour les salariés sans formation de reconversion et 18 mois pour ceux qui suivent une formation. Pour les plus de 50 ans, ce sera 22 mois et 24 mois. On a essayé d’avoir 24 mois pour tout le monde mais on n’a pas réussi. Nous avons aussi obtenu des reclassements rapides pour que les jeunes puissent retrouver du boulot plus rapidement et puissent sortir avec une prime en plus ».

    Jeudi 23 octobre, les organisations syndicales ont tout de même rendu un avis défavorable à ce PSE pour continuer à marquer leur opposition à la fermeture du site. Mais tous étaient plutôt satisfaits des concessions arrachées par les syndicats. Désormais, les salariés vont devoir s’organiser au jour le jour puisqu’aucun calendrier précis n’est établi. Ils savent uniquement que le PSE prendra fin le 31 octobre. Ils recevront ensuite une lettre de licenciement, qui ne sera pas effectif avant les premiers jours de janvier 2026. D’ici là, un repreneur a encore deux mois pour manifester son intention de relancer l’activité sur le site de la verrerie. Durant cette période, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) doit valider ou non le plan social et les licenciements pour raison économique. Même si le site gagnait de l’argent l’an dernier, les syndicats n’imaginent pas l’instance s’opposer à cette fermeture. « Vu notre gouvernement et ses orientations, la Dreets va le valider. Depuis le début de l’année, aucun plan de licenciements n’a été retoqué par les Dreets. Parfois ils reviennent sur quelques petits points mais jamais sur le plan en lui-même  », fustige Yohan Goupille.

    Entre désarroi et colère

    Depuis le perçage du four à la mi-octobre, lançant de fait la fin de la fabrication de bouteilles à Vergèze, les salariés sont partagés entre tristesse et colère. Et depuis l’arrêt définitif du four, puisque les dernières gouttes de verre ont été vitrifiées et le four a été complètement refroidi, ils ne sont plus très nombreux à revenir sur le site. « De jour en jour, il y a moins de monde. Ceux qui ont la formation d’équipier de seconde intervention sont restés parce qu’ils ont été formés à la sécurité incendie. Ils sont 5-6 par équipe à tourner. La direction a établi un ordre de présence jusqu’au lundi 27 octobre », précise Bruno Santiago, également responsable syndical CGT. « Même nous, les élus, nous allons tourner. Nous sommes 12 élus à la CGT, nous allons faire deux groupes de 6 pour rester sur le site. Mais on ne va pas être là toute la journée alors qu’il n’y a rien à faire  », ajoute Yohan Goupille.

    Plus les jours avancent, plus le site se met en veille. Les installations électriques sont arrêtées les unes après les autres, les compresseurs ont été stoppés, l’unité de production d’oxygène aussi, et toutes les machines de contrôle ont été éteintes. Condamnés à passer encore quelques heures au milieu de ce site, considéré il y a encore quelques semaines comme un fleuron de l’industrie gardoise, les salariés sont gagnés par la mélancolie et la résignation. « Il n’y a plus un bruit dans l’usine et ça devient très stressant. Les gens sont assis sur une chaise ou marchent pour se dégourdir les jambes mais ils ne font rien. La direction fait donc venir du personnel alors que ce n’est pas nécessaire. Les salariés sont là pour la sécurité au cas où il y aurait un feu mais je ne vois pas d’où pourrait venir le feu puisque le four est arrêté », regrette Bruno Santiago qui doit rencontrer la direction prochainement pour la convaincre de mettre les salariés en indisponibilité totale jusqu’à leur licenciement.

  • Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Que va devenir le site qui abritait jusqu’ici 164 salariés à partir de 2026 ? Comme l’oblige désormais la loi Florange, un cabinet spécialisé a été mandaté pour trouver un repreneur. Si aucun verrier ne s’est pour l’instant manifesté, le groupe Alixio aurait reçu quatre offres de reprise mais personne n’est pour l’heure en capacité d’évaluer leur sérieux. Les élus régionaux planchent actuellement pour évaluer leur « faisabilité ».

    Selon ces offres, la création d’emplois industriels est évaluée à 30 emplois pour l’offre la moins ambitieuse et 110 (sur une prévision sur trois ans) pour la plus optimiste. Mais la CGT ne croit absolument pas au sérieux de ces annonces. « C’est du pipeau ! Comme Alixio n’a pas de devoir de résultat, ils nous ont envoyé des gens pour nous présenter des projets mais ils ne tiennent pas la route. Il y avait une entreprise espagnole qui recyclait de la poudre de métal de voiture mais je ne vois pas comment Perrier laisserait venir une telle entreprise où il y aurait des risques de pollution. De toute façon, on n’a reçu aucun business plan, on ne sait rien », prévient Yohan Goupille. Pour le délégué syndical CGT, le site sera récupéré par Perrier : « C’est Nestlé qui va reprendre le terrain pour faire du stockage et de la logistique. Mais il n’y aura pas de réindustrialisation du site ».

    La nationalisation sur la table

    Plusieurs forces politiques de gauche appellent donc à une nationalisation temporaire pour laisser le temps de trouver un verrier qui souhaiterait investir dans l’usine, qui a besoin d’un nouveau four dont le coût est estimé entre 40 et 60 millions d’euros. « Après l’échec de ceux qui ont entretenu depuis de longues semaines l’idée « d’un repreneur », la proposition de nationalisation temporaire constitue la réponse possible et réaliste au maintien de la verrerie et des emplois. Cette proposition est aujourd’hui soutenue par le syndicat FO, des salariés de la verrerie, des maires du département et de nombreux habitants », a réagi La France insoumise (LFI) du Gard dans un communiqué publié le 21 octobre. En théorie, un repreneur pourra toujours se manifester jusqu’au 31 décembre.

  • L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’opposition progressiste d’Ollioules alerte les habitants de la commune, ainsi que ceux de la métropole toulonnaise, sur les conséquences « d’un projet industriel » au pied du patrimoine culturel emblématique de Châteauvallon, scène nationale. « Un site niché dans un amphithéâtre naturel, au cœur d’un somptueux massif forestier, qui fait l’objet de nombreuses protections », précise l’élu municipal Christian Bercovici (PCF).

    « Ce projet prévoit la transformation d’un ensemble bâti en activité de métallurgie, de peinture industrielle et de logistique, ce qui constitue une rupture radicale, voire une atteinte directe, non seulement à la nature, mais aussi une atteinte symbolique et culturelle », ajoute sa collègue, la conseillère d’opposition (Les Écologistes) Claudie Cartereau, en pointant « le bruit des camions et des machines remplaçant le bruissement des pins et des voix d’artistes ». Et d’ajouter : « Pour nous, ce projet ne relève pas d’un aménagement compatible, mais constitue une dissonance écologique et culturelle totale. »

    Enquête publique

    Le groupe d’opposition appelle donc les Ollioulais à mettre leur grain de sel dans ce dossier et à intervenir dans le cadre de l’enquête publique actuellement en cours, portant sur la modification du Plan local d’urbanisme n°3. Ce dernier comprend Le changement d’affectation du zonage UDp en Udpb, c’est-à-dire en secteur toujours majoritairement pavillonnaire, mais autorisant une densification plus importante. « Cela permettrait notamment la régularisation d’actes contestables au regard de la légalité », précise Christian Bercovicci.

    Les citoyens sont invités à déposer leurs commentaires et réserves, au plus tard ce jeudi 23 octobre au service de l’urbanisme de la ville d’Ollioules, ou à les adresser directement en ligne au commissaire enquêteur à l’adresse suivante : mtpm.plu@metropoletpm.fr en précisant en l’objet de leur requête.

    Le collectif Sauvons Châteauvallon*, composé de riverains, est également fortement mobilisé contre le projet qui, dénonce-t-il, « prévoit de transformer le chemin de Châteauvallon en autoroute à camions pour un complexe métallurgique ».

    Pour le maire (LR) de la commune, Robert Beneventi, il s’agit sauver de l’industrie à Châteauvallon. « Mais celle-ci est éteinte depuis plus de 30 ans », répliquent les opposants, jugeant un tel retour au cœur de la forêt et dans des quartiers résidentiels totalement inapproprié.

    *Contact mail :

    sauvons.chateauvallon@gmail.com