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  • [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    La Marseillaise : L’arrivée de la mécanisation a transformé les métiers ouvriers. L’apparition de l’intelligence artificielle (IA) générative va-t-elle transformer celui des cadres ?

    Matthieu Trubert : Alors effectivement, dans le cas de l’IA générative, si le paradigme est de réduire la masse salariale, de remplacer l’humain par la machine, tous les métiers de type journaliste, traducteur, doubleur, développeur sont un peu en première ligne. C’est typiquement le genre de métier où il est assez facile, et je parle en termes d’organisation, pas en termes de qualité de travail rendu, que la technologie fasse écran à l’homme et le remplace. En fait, in fine, c’est toujours une question de choix de l’organisation du travail. Là, il s’agit du scénario du pire, où l’humain n’a plus vraiment de contrôle sur ce qui est produit.

    D’autant que, d’un point de vue uniquement productiviste, nous n’avons pas beaucoup de recul sur l’efficacité de l’IA…

    M.T. : On vante souvent les gains en productivité qu’apporterait l’introduction d’une IA générative. Mais ça n’est jamais vraiment mesuré. Tout ça est avancé au doigt mouillé. On va introduire la technologie en décrétant que ça fonctionnera forcément très bien. Il y a assez peu de temps et de moyens donnés à l’expérimentation pour conclure qu’effectivement, ça va bien répondre aux besoins. C’est pour ça qu’on assiste parfois à des retours en arrière. [En Suède, l’entreprise Klarna, après avoir dit adieu à de nombreux employés au profit de l’IA, a été forcée à un retour en arrière, ses clients manifestant un mécontentement croissant, Ndlr].

    On peut aussi se poser la question de la dette technologique. Typiquement, sur les métiers du développement, on va avoir une IA qui va générer énormément de code sur lequel les développeurs seniors pourront porter un regard critique, selon la volumétrie qui est produite, évidemment. Mais quand ces personnes quitteront l’entreprise, qui sera en capacité de porter ce regard ? Et le jour où ça commencera à ne plus fonctionner, qui va être en capacité de régler le problème ? Plus personne n’a la maîtrise du système. C’est ce qu’on appelle la dette technologique.

    Si toutefois il y avait gain, n’y a-t-il pas une meilleure façon de l’exploiter que la réduction de la masse salariale ?

    M.T. : Le danger avec l’IA, et c’est le cas avec toutes les transformations numériques, c’est qu’on favorise l’accélération du travail à son amélioration. Le meilleur scénario suppose que l’IA nous décharge effectivement d’une partie de nos tâches, sans que nous soyons juste poussés à davantage produire. Dans ce cas, plein d’options, autres que la réduction de la masse salariale, sont possibles : investir dans la formation, investir dans la réduction du temps de travail…

    L’IA n’est-elle pas, de toute façon, confrontée à un certain plafond de verre énergétique ?

    M.T. : Clairement, il va y avoir un problème. Aux États-Unis, ils prévoient de créer un data center qui fait 1,5 fois la taille de Paris et qui va consommer 4 fois la consommation électrique annuelle de la capitale. Donc, on va se heurter à de gros problèmes aussi bien en termes d’exploitation des matériaux stratégiques qu’en termes d’artificialisation des sols, de stress hydrique ou électrique. Mais il est possible d’utiliser une IA plus sobre, qui tourne de manière localisée sur notre ordinateur ou notre téléphone. Elle n’a pas besoin de faire tourner des data centers. Ça pourrait être une manière plus raisonnable d’utiliser l’IA.

  • La Région représentée au congrès mondial des médias

    La Région représentée au congrès mondial des médias

    Juste à côté de l’auditorium principal qui concentre les échanges du congrès mondial des médias, la Région Sud inaugurait son stand, lundi après-midi, avec la volonté d’envoyer un message à l’égard d’une profession qui connaît de nombreuses difficultés et doit relever d’importants défis avec la numérisation des usages et l’arrivée de l’intelligence artificielle.

    C’est François de Canson, successeur désigné de Renaud Muselier à la tête de la Région, qui s’est chargé du discours.

    « Les journalistes sont des femmes et des hommes qui écrivent, enquêtent, questionnent, racontent et alertent parfois. Des femmes et des hommes qui portent une responsabilité immense, celle d’éclairer nos sociétés », a-t-il indiqué. « Nous vivons dans une époque de tensions géopolitiques, de guerres à frontières, d’instabilité démocratique, de bouleversements technologiques, d’intelligence artificielle, de désinformation, de fragmentation du débat public… Jamais le besoin de presse n’a été aussi fort. Quand une société doute, elle cherche des repères, lorsqu’une démocratie tremble, elle a besoin de journalistes solides », a souligné le vice-président de l’institution.

    « Des acteurs précieux pour nos démocraties »

    « La liberté de la presse, la liberté d’expression ne sont jamais acquises, elles doivent être défendues juridiquement, politiquement, culturellement et surtout protégées », a affirmé François de Canson, assurant qu’« à la Région Sud, nous savons ce que vous représentez, vous êtes précieuses et précieux pour nos démocraties, pour l’intelligence collective, pour maintenir l’espace de raison saturé de faux ».

    Il s’est enfin félicité du choix de la région et singulièrement de la deuxième ville de France pour l’organisation de ce congrès mondial des médias, car « Marseille est une ville de circulation des idées, des peuples, des récits, des cultures. Une ville qui connaît le tumulte du réel, une ville profondément journalistique ».

    Le vice-président de la Région était accompagné par Jean-Christophe Tortora (La Tribune/CMA Médias), Véronique Saadé (CMA Médias), Michel Laugier, sénateur (Union centriste) des Yvelines et rapporteur du budget de la presse à la Haute assemblée pour couper symboliquement le ruban d’inauguration du stand.

    Parmi les participants, on notait la présence de Jean-Louis Pelé (La Provence), Laurence Bottero (La Tribune), Guilhem Ricavy (Var-Matin), Simon Perrot et Baptiste Bize (Nice-Matin) et Léo Purguette (La Marseillaise).

    L’info de proximité au centre d’un débat au Club de la presse Marseille-Provence

    « L’information de proximité, un enjeu de démocratie » : tel est l’intitulé du débat organisé, ce mardi 2 juin à 10h, par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud, à l’occasion du congrès mondial des médias.

    Aux côtés de Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Léo Purguette, et des représentants de Marsactu et Var Matin.

    Inscription obligatoire par mail : contact@club-presse-provence.com

  • Au Pharo, les médias questionnent la place de l’IA

    Au Pharo, les médias questionnent la place de l’IA

    Ils viennent d’Espagne, du Kenya, d’Inde, d’Arménie, d’Allemagne, du Venezuela ou de Norvège. Ils sont journalistes, éditeurs, patrons de presse ou sponsors. Ils se réunissent autour de l’une des plus belles vues de Marseille pour débattre du futur de l’information. Lundi s’est ouvert le 77e congrès mondial de l’Association mondiale des éditeurs de presse (WAN-IFRA), organisé avec CMA Media, au Palais du Pharo.

    Dans l’auditorium, des centaines de personnes assistent, en début d’après-midi, à la séquence d’ouverture durant laquelle un hommage est rendu aux journalistes sur les terrains de guerre, en Ukraine, en Palestine, au Soudan et en République démocratique du Congo. « La seule chose qui s’oppose à l’oubli et à l’invisibilité, c’est le journaliste prêt à se tenir debout », martèle Ladina Heimgartner, présidente de la WAN-IFRA et PDG de Ringier Médias Suisse. Elle fait applaudir les journalistes qui exercent dans la bande de Gaza, pour « leur courage, leur bravoure et leur refus de baisser les bras ». Ces derniers ont été récompensés de la « Plume d’or » (lire ci-contre) en début de soirée.

    Un « risque » ?

    Une « opportunité » ?

    Face à l’assemblée, elle lance le débat sur « la technologie qui transforme tous les aspects de notre travail » : l’intelligence artificielle. Un thème largement évoqué par toutes les parties prenantes, à travers des discours ou discussions informelles. L’inquiétude qui assaille la profession transcende les frontières. « Il ne faut pas prendre cela à la légère. La mission des médias d’information n’a pas été aussi importante depuis la Seconde Guerre mondiale », renchérit Ladina Heimgartner.

    Une menace ou une révolution ? « Bien sûr, nous devons nous adapter à ce changement, sinon, il se produira sans nous », estime pour sa part Véronique Saadé, présidente de CMA Média. « L’IA représente un risque, mais c’est aussi une opportunité extraordinaire ; elle doit toutefois rester un simple outil. C’est le jugement humain qui doit avoir le dernier mot », appuie celle qui dirige la branche presse de l’armateur, désormais troisième groupe de médias privés en France.

    À la tribune, la ministre française de la Culture Catherine Pégard, ancienne journaliste, appelle à ne pas opposer « innovation » à la « création » : « Il faut que s’affirme d’urgence le dialogue sur les droits d’auteur qui pour nous, vous le savez, sont un principe. » Dans ce contexte de pression financière pour les médias, la vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie de la Commission européenne, Henna Virkkunen, suggère « un soutien accru aux médias indépendants ».

    Un appel à réveiller

    la profession

    Puis, c’est Arthur Gregg Sulzberger, président du New York Times, qui envoie la charge la plus lourde. « Notre profession s’est montrée trop discrète, trop passive et trop fragmentée face aux abus commis par les entreprises qui provoquent la révolution de l’intelligence artificielle », abonde-t-il. Et accuse les géants de l’IA d’organiser « un vol sans scrupule de propriété intellectuelle qui se déroule à une échelle sans précédent », dénonce-t-il devant ses pairs. Le titre new-yorkais de renommée internationale poursuit actuellement devant les tribunaux OpenAI, créateur de ChatGPT. « Le résultat, c’est qu’on va vers un avenir où il y aura de moins en moins de journalistes pour accomplir le travail coûteux et difficile que représente le reportage d’investigation », averti Arthur Gregg Sulzberger, sous les applaudissements.

  • [Entretien] Rima Abdul-Malak : « Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans le Sud-Liban »

    [Entretien] Rima Abdul-Malak : « Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans le Sud-Liban »

    La Marseillaise : Les défis liés
    à l’intelligence artificielle
    seront abordés lors de ce congrès. Comment appréhender ce que certains qualifient de «révolution» ?

    Rima Abdul-Malak : Ce n’est pas le cas en France grâce à notre législation sur les droits voisins mais ailleurs, quand on effectue une recherche sur Google, l’IA en fait le résumé. Ce qui signifie qu’on n’a plus la liste des articles sur lesquels on peut cliquer. Ces AI Overview [fonctionnalités intégrées au moteur de recherche Google Ndlr], drainent tout une part de trafic qui avant allait vers les articles de presse. Le New York Times a, par exemple, perdu 40% de son trafic en quelques mois. Ce phénomène touche l’ensemble des médias. Mais l’IA peut aussi être un outil, notamment sur les traductions qui nous prennent beaucoup de temps. Nous avons des projets de développement vers l’Amérique du Sud avec des produits spécifiques comme des newsletters, par exemple. L’IA sera un outil pour nous aider à aller plus vite, même s’il faudra toujours de la relecture et de vrais journalistes pour éditer. On essaie de voir les opportunités de l’IA et de se prémunir face aux menaces. Face à cette ère de l’intelligence artificielle, notre capital principal, c’est l’humain. Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans les villages du Sud-Liban pour décrire ce qui s’y passe.

    « L’Orient-Le Jour » est un média indépendant, ce qui est rare
    dans la région. Comment vous
    tenez financièrement et réussissez
    à vous développer
     ?

    R.A.-M. : On tient par le soutien de nos actionnaires qui compensent notre déficit même s’il n’est pas aussi énorme que d’autres médias ainsi que par quelques dons et mécènes. Mais les abonnements restent le pilier de notre modèle économique donc on ne peut pas se permettre de les perdre et on doit aller en chercher des nouveaux. Ce n’est pas pour autant qu’on va renoncer à nos projets de développement. Le pire face à l’IA, c’est d’être tétanisé, sidéré et de se recroqueviller sur un modèle ancien. Il faut au contraire innover, expérimenter, tester des nouvelles choses, quitte à se tromper mais en tout cas essayer.

    Votre journal est-il ciblé
    par des prédateurs ?

    R.A.-M. : Des prédateurs, non, mais on vit des pressions multiples parce qu’il y a toujours des articles qui ne plaisent pas à certains : partis politiques, chefs d’entreprise, etc. On peut avoir des procès, des intimidations, des menaces. On n’est pas très bien vu par le Hezbollah puisqu’on est très critique de son idéologie et de sa stratégie. Au début de la guerre, une cyberattaque menée par un groupe, les Fatimides, se revendiquant de la mouvance du Hezbollah, a ciblé la MTV (Murr Television), une grande télé libanaise. On s’est dit que ça pouvait nous arriver donc on a dû renforcer notre sécurité informatique. La situation de polarisation et de guerre qu’on vit nous oblige à être extrêmement vigilants et à redoubler tous les efforts de sécurité. Quand on a des journalistes qui se déplacent, par exemple dans le Sud-Liban, là, c’est la crainte, plutôt, d’être ciblés par Israël. Vingt et un professionnels de la presse locale ont été tués depuis deux ans et demi. On a toutes ces menaces et pressions cumulées mais on n’a pas eu de tentative de rachat ou d’OPA sur notre journal. Depuis 101 ans, on a un actionnariat divisé en quatre familles, ce qui donne à la fois une certaine diversité et une solidité. Leurs descendants, continuent, pour l’instant, à tenir très précieusement à ce média, espérons que ça dure. Ce qui fait notre différence, c’est qu’on n’est financé ni par des partis politiques ni par des monarchies du Golfe contrairement à tous les grands quotidiens autour de nous. La rédaction a une totale liberté.

    Comment informer dans un théâtre de guerre comme c’est le cas actuellement au Liban ?

    R.A.-M. : C’est aussi une guerre de l’information donc il y a énormément de manipulations, de désinformation, de récits alternatifs. Là aussi, l’IA est utilisée pour produire des fausses informations, de vidéos et de photos. On a dû renforcer dans la rédaction tout ce qui est fact-checking, vérification des sources, recouper toutes les informations, vérifier et analyser les vidéos amateurs qu’on reçoit avant de les publier. C’est l’intérêt de chaque protagoniste du conflit de produire des informations qui servent sa propagande.

    Ministre de la Culture, vous étiez l’une des rares à exprimer vos inquiétudes face à la montée de l’extrême droite notamment lors
    de la reprise du «
     JDD » par Vincent Bolloré. Quel est votre regard
    sur le paysage médiatique français
     ?

    R.A.-M. : Mes inquiétudes exprimées en 2022-2023 se confirment. Il n’y avait pas beaucoup de voix qui s’élevaient à l’époque, malheureusement. Est-ce que c’est trop tard ? Il n’est jamais trop tard mais il est un peu tard quand même. Ces médias, maisons d’édition, réseaux de distribution sont déjà aux mains de Vincent Bolloré et de ses entreprises. Mais il y a d’autres acteurs dans le paysage, littéraire, médiatique, audiovisuel, cinématographique, qui permettent de préserver un minimum de diversité. À cela s’ajoutent les aides du ministère de la Culture destinées à la presse, au cinéma, à l’édition. À un an de l’élection présidentielle, il faut faire de la pédagogie, expliquer à quoi servent ces aides, pourquoi il y a un audiovisuel public en France et que sa privatisation serait une énorme erreur économique, sociétale et culturelle. Ce n’est pas un sujet de droite ou de gauche mais de service public et de diversité de l’écosystème. Si jamais l’extrême droite arrive au pouvoir en France -ce que personnellement, je ne souhaite pas- le risque, c’est que tout cela soit coupé.

  • Les pros des médias en conclave à Marseille

    Les pros des médias en conclave à Marseille

    Le futur du journalisme se débat au Pharo. Plus de 1 000 professionnels des médias issus de 60 pays parmi lesquels une centaine d’intervenants seront réunis durant trois jours à l’occasion du 77e congrès de l’association mondiale des éditeurs de médias d’information (WAN-Ifra). Un événement organisé en partenariat avec CMA Media, branche médias de l’armateur CMA CGM, propriétaire de La Provence, BFM, La Tribune et du groupe M6, pour ne citer qu’eux.

    Parmi les sujets abordés à partir de lundi, l’intelligence artificielle dans les médias est l’un des principaux. Après l’avènement d’Internet puis les bouleversements provoqués par les smartphones, comment le métier peut-il faire face à ce nouveau défi que pose l’IA ? L’association organisatrice dit avoir « identifié les mesures clés que les éditeurs doivent prendre à mesure que se développe le marché du contenu généré par les entreprises spécialisées dans l’IA », qu’elle présentera aux congressistes. Et appeler à préserver la « touche humaine, ces qualités qui garantissent l’authenticité du journalisme dans un paysage dominé par l’IA ». Une ambition d’autant plus cruciale dans un monde parasité par la désinformation, exacerbée dans un contexte de montée des populismes et des guerres.

    La liberté de la presse

    plus que jamais menacée

    C’est dans ce contexte que la Plume d’or de la liberté de la presse et le prix RSF pour la liberté de la presse (lire ci-dessous) seront décernés durant l’événement. Au moment même où la liberté de la presse est à son niveau le plus bas dans le monde depuis 25 ans, selon le baromètre de RSF publié le 30 avril. En 2025, 67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier.

    En France comme en Europe, le métier fait face à une offensive sans précédent de l’extrême droite et de ses financiers. Alors que Vincent Bolloré étend son emprise sur la presse, ses relais politiques s’activent, attaquant le service public et s’en prennent à tous les journalistes qui ne sont pas à leurs bottes ou pire encore, osent combattre leur idéologie mortifère.

    Le volet financier sera également abordé en examinant notamment l’outil imaginé par la presse régionale française : une régie publicitaire nationale unique en Europe -366- qui « misait sur la force du collectif ». Et de faire le bilan au bout de 10 ans d’existence, avant de se demander « à quoi ressemblera le paysage publicitaire en 2026 : comment les agences répartissent-elles les budgets » ou comment, là encore, l’IA bouleverse la donne avec des agents IA qui peuvent désormais identifier, planifier et vendre des espaces publicitaires de manière autonome.

    REPÈRES

    Prix de la liberté de la presse de RSF

    Ce prix est décerné chaque année depuis 1992 par Reporters sans frontières à un journaliste et à un média. Vingt-quatre journalistes, photojournalistes et médias du monde entier seront récompensés dans cinq catégories : le Prix du courage, le Prix de l’impact, le Prix de l’indépendance, le Prix Mohamed-Maïga du journalisme d’investigation africain et le Prix photo Lucas Dolega-Saif. La liste complète des nominés est disponible ici. La cérémonie dévoilant les cinq lauréats internationaux e déroulera le lundi 1er juin à 13h.

    La Plume d’or de la liberté

    Ce prix récompense l’action exceptionnelle d’une personne, d’un groupe ou d’une institution en faveur de la liberté de la presse. Depuis 1961, la Plume d’or met en lumière les gouvernements répressifs et les journalistes qui les combattent. Elle a, à plusieurs reprises, permis la libération d’éditeurs ou de journalistes emprisonnés, ou leur a offert une certaine protection contre de nouvelles persécutions. La cérémonie se déroulera lundi 1er juin à 17h et sera précédée d’un discours d’ouverture prononcé parla sous-directrice générale de l’Unesco, Mariya Gabriel.

    Rencontre au Club de la presse Marseille-Provence

    Mardi 2 juin à 10h, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Leo Purguette, participe à une rencontre organisée par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud avec Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde sur le thème :« L’information de proximité, un enjeu de démocratie. »Un débat auquel participeront aussi des représentants de Marsactu et Var Matin. Inscription obligatoire par mail : contact@club-presseprovence.com

  • Des vérités qui dérangent

    Des vérités qui dérangent

    L’avènement de l’intelligence artificielle crée un nouvel univers paradoxal. Il est en capacité de noyer chaque individu sous un raz-de-marée de posts, images, messages, dont la véracité n’est pas avérée,
    met à mal et fragilise l’ensemble des rédactions puisqu’il représente une menace concrète pour de multiples fonctions et métiers et exige, dans le même temps, un surcroît de journalisme, pour vérifier et valider -ou non- les dites « informations ». À cela s’ajoute le jeu des algorithmes, maintes fois dénoncé lors des récentes campagnes électorales, comme vecteur d’un entre-soi qui fait fi de la moindre vérification. L’abandon successif du fact-checking par Twitter puis Facebook en dit long sur cette volonté d’ouvrir les vannes de la « liberté d’expression » qui, aux États-Unis, permet à chacun de dire tout et son contraire, sans les limites légales qui existent -encore- en Europe.

    Une boîte de Pandore

    Une boîte de Pandore, une faille abyssale dans laquelle se sont engouffrés les manipulateurs, les tenants d’une « vérité » parallèle et alternative, qui préfèrent tout bonnement remettre en question un raisonnement cartésien pour faire la part belle aux « croyances ». Donald Trump a lui-même enfermé ses fans et followers via son propre média dans un monde de post-vérités, à l’instar d’un vaste mouvement d’extrême droite passé à l’offensive médiatique en multipliant les saillies complotistes ou climatosceptiques.

    À côté de ça, des dizaines de journalistes sont morts cette année, tués par balles ou par des bombes, pour démêler le vrai du faux, rapporter simplement le témoignage du réel. Celui qui dérange.

  • À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    C’était il y a deux ans, en avril 2024. Quarante citoyens rendaient leurs propositions concernant l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de la Métropole de Montpellier. Réunis au sein d’une convention, ces derniers ont donc auditionné plusieurs experts pendant un mois. « Ça leur a permis d’éclairer leurs décisions. C’est un peu un reflet de la société montpelliéraine, certes, mais au-delà française et européenne sur son avis à l’instant T. Finalement, à l’échelle de l’IA, deux ans, ça paraît loin, mais ça permet de poser des bases de réflexion et sur lesquelles les gens se sont accordés. Alors ce sont des grands principes, mais des principes dont on verra à l’épreuve du temps comment ils évoluent », détaille Manu Reynaud, adjoint au maire délégué à la ville numérique et à l’intelligence artificielle souveraine.

    Avancer pas à pas

    Maîtrise de l’impact environnemental de l’IA, garantie de la protection de la vie privée, transparence, démocratiser l’IA auprès du grand nombre, telles sont ces recommandations que l’on retrouve dans la convention. « Il est essentiel qu’en toutes circonstances l’IA reste sous contrôle humain, fait valoir la convention. […] Le développement de l’IA est très rapide. Les règles juridiques suivent mais doivent s’adapter et sont souvent en retard sur les avancées technologiques. C’est la raison pour laquelle des principes éthiques doivent encadrer, de façon volontaire, l’utilisation des IA. » Excepté une recommandation relative à la vidéosurveillance, toutes les autres ont été adoptées en Conseil de Métropole. « On a une feuille de route opérationnelle qui permet de décliner ces principes métier par métier parce que quand on parle d’IA aujourd’hui, il faut bien être clair que dans le langage commun, on parle du numérique », poursuit Manu Reynaud.

    Au-delà de cette convention citoyenne, la collectivité de gauche entend mettre en place un Comité métropolitain de l’IA et du numérique au mois de septembre prochain – une recommandation portée par la convention citoyenne. « C’est un organisme auquel on donne des rapports et qui permet à un moment donné une transparence sur l’utilisation d’un certain nombre de services. Tout l’intérêt résidera dans la gouvernance de ce comité pour en faire quelque chose qui puisse permettre aussi de solliciter des avis, notamment de personnes qualifiées, extérieures à la collectivité. L’idée est d’avoir une gouvernance globale par rapport aux usages qui sont faits dans la métropole, justement pour pouvoir confronter les points de vue sur les différents choix : des choix de logiciels ou encore des choix de stratégie », insiste l’élu écologiste.

    Car l’IA et le numérique plus largement prennent une place croissante dans la société. Encadrer ces pratiques et ces usages est plus que nécessaire. L’accaparement et le vol de données, question de souveraineté face aux géants de la tech, le risque d’uniformisation de l’information, la prolifération de fake news, autant de problématiques qui deviennent des défis pour les collectivités. « Les sujets du numérique en général passaient jusqu’à maintenant assez hors du radar, parce qu’ils étaient relégués à des questions purement techniques et parce qu’on fait confiance aux techniciens. On pense alors que le numérique c’est neutre. Et quand c’est neutre, c’est indolore, incolore, c’est bien ça qui est dangereux. On commence à voir apparaître une prise de conscience au niveau de la société, une certaine défiance vis-à-vis des technologies proposées et de leur but recherché. On en arrive quand même à une prise de conscience qui commence à émerger à travers l’IA, sur la question du numérique et sur le rapport à nos données », soutient Manu Reynaud.

    Le futur comité pourra donc répondre à certaines de ces problématiques afin d’aiguiller les élus dans la prise de décision. De plus, pas moins de 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française spécialisée pour les collectivités territoriales. Une manière de lutter face au ChatGPT et aux autres logiciels américains. « On essaie d’avancer au fur et à mesure pour intéresser les gens à la question, les acculturer à un certain nombre de questions et puis essayer de tracer des pistes », espère Manu Reynaud.

  • [Quoi de neuf] « L’IA est une machine, elle ne pense pas… »

    [Quoi de neuf] « L’IA est une machine, elle ne pense pas… »

    Françoise Verna :

    Valérie Bussières, vous êtes psychanalyste, comme vos deux collègues, et déléguée régionale de l’Association de la Cause freudienne (ACF) en voie domitienne. Pourquoi l’association s’empare pour son colloque*, le 6 juin, de l’Intelligence artificielle, avec cette interrogation : « L’IA, ça vous parle ? »

    Valérie Bussières : Pourquoi on parle à une machine ? Et est-ce que la machine nous parle ? Cette thématique de l’IA « parle » effectivement à de nombreuses personnes. Elle est connectée à notre société et aux enjeux contemporains. Mais c’est aussi en lien avec l’Association de la Cause freudienne qui met au travail les concepts de la psychanalyse et l’idée de transmettre la psychanalyse.

    Olivier Nottale : Dans la psychanalyse, la parole est centrale. En quoi l’entrée en jeu de l’IA, de plus en plus performante, vient percuter votre travail ?

    Caroline Nissan : Les réponses seront une séquence du colloque où il sera question du « transfert »** tel que l’on peut l’entendre dans la psychanalyse. Et du « transfert » à la machine. Qu’en est-il de ce « transfert » ? Et qu’en est-il du savoir qui sera en jeu quand on interroge la machine ? Il y a là un enjeu de taille car dans la séance analytique, la rencontre avec un psychanalyste se fait en présence. Il y a le corps, la temporalité. Il n’y a pas cet échange avec un partenaire « en miroir ». C’est tout le but de ce colloque.

    Françoise Verna : Allez-vous expliquer le 6 juin ce que l’on entend par « intelligence artificielle » ? La définition est importante ?

    Valérie Bussières : Dans notre colloque, nous avons invité un mathématicien, Olivier Ripoll, qui est aussi un expérimentateur en IA. Il nous dépliera ce qui fait énigme, quelque part. C’est une inquiétante étrangeté car il y a quelque chose qui nous cause mais qui reste en même temps une boîte noire. C’est une machine, elle ne pense pas. Ce terme d’« intelligence » pose d’ailleurs problème.

    Caroline Nissan : Un des points que nous aborderons c’est aussi la question du silence et de la temporalité. Les patients nous le disent. Une jeune femme que j’ai vue il n’y a pas longtemps m’a dit : « Je parle à l’IA mais en fait ce qui ne me plaît pas c’est que c’est tout et tout de suite. »

    Françoise Verna : Justement, comment appréhendez-vous l’usage de l’IA par les patients ?

    Caroline Nissan : Certains de nos patients et de nos analysants utilisent l’IA. Ce qui est intéressant, c’est de chercher quels usages ils en font. Effectivement, il y a peut-être deux ans maintenant, dans des affaires liées à l’IA, deux adolescents avaient été poussés au suicide et cela avait reconduit à un reformatage de l’IA avec des messages diffusés pour s’adresser à un praticien en cas de propos suicidaires.

    Olivier Nottale : Le danger est aujourd’hui dans l’intimité des chambres, notamment des adolescents. Comment agir, prévenir ?

    Valérie Bussières : Cette question sera développée, le 6 juin, par un autre de nos invités, Gilles Mouillac. C’est un psychologue clinicien qui travaille dans un centre assez particulier à Bordeaux, le Nom Lieu, qui accueille des jeunes entre 15 et 25 ans, psychotiques et autistes, souvent en situation d’exclusion sociale. Le point de départ du travail, c’est une accroche par le numérique sous toutes ses formes : photo, jeu vidéo etc.

    Françoise Verna : Si je vous entends bien, il ne s’agit pas de diaboliser l’IA ?

    Valérie Bussières : lors de la préparation du colloque, il y a un an, en lisant divers auteurs, deux axes se distinguent : l’IA est soit une dystopie soit une utopie. La psychanalyse n’a pas à se positionner. C’est plutôt une troisième voie : savoir se renseigner, qu’est-ce l’IA… Le colloque sera divisé en deux temps : les causes, cette machine qu’est-ce que c’est ? Puis, pourquoi on parle à une machine ? et, ensuite, quel usage on peut faire de l’IA. On s’interrogera dans l’après-midi sur les conséquences dans la civilisation, qu’est-ce que cela modifie dans les liens sociaux.

    Olivier Nottale : Un concept va aussi être expliqué et mis en débat lors de ce colloque : l’effet Eliza. Pouvez-vous d’ores et déjà nous éclairer ?

    Stéphanie Cahuzac-Morel : Dans les années cinquante, la question de la distinction entre l’homme et la machine se posait déjà. À la grande stupéfaction de son inventeur [Eliza fut le premier robot conversationnel à usage psychologique], il y a eu [de la part des utilisateurs] une supposition de « savoir » de la machine. C’est cela l’effet Eliza, croire que la machine sait. Toute la question pour nous sera de montrer quelle est la structure de ce savoir supposé dans ses différences avec la supposition de savoir que fait un patient à un analyste. Cet effet Elisa vient indiquer qu’il y a quelque chose de marquant du côté du sujet.

    *Colloque « l’IA, ça vous parle ? » samedi 6 juin, Palais des congrès, La Grande-Motte, de 9h15 à 18 heures Colloque ouvert au public (40 euros l’entrée). Tarif réduit pour les étudiants : 5 euros. ** « Le transfert » est indispensable à la cure psychanalytique : il s’établit dans la relation, en présence, entre la personne en analyse et l’analyste.

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  • « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « Dès lors qu’on décide d’utiliser l’intelligence artificielle, il faut toujours avoir en tête les écueils de manière à ne pas en faire un usage disproportionné », estime Stéphane Audebeau, enseignant en Sciences économiques et sociales (SES) au lycée Joliot-Curie de Sète. « Ce qu’on doit dire aux élèves, c’est de freiner la tentation quasi naturelle qui est en train de se mettre en place sur l’IA en mettant en évidence les risques qu’elle comporte, notamment les erreurs car les données ne sont pas forcément fiables », poursuit-il. « Un élève qui utilise l’IA sans réflexion, ça ne donne pas forcément une très bonne note. » D’ailleurs « il y a très longtemps que je ne donne plus, ou très rarement, de devoirs à la maison », précise-t-il. « Aujourd’hui 95% des travaux à la maison, voire certains travaux en classe, sont faits par l’IA », abonde Guillaume Marsault, professeur d’histoire-géo au lycée de Gignac et co-secrétaire départemental du Snes FSU de l’Hérault, qui a co-organisé, à l’automne, un stage sur l’IA proposé par le syndicat. « Le fond du problème, c’est que l’élève n’a aucun regard critique par rapport au résultat que lui donne l’IA. Faire faire le travail par quelqu’un quand on sait ce qu’on fait, ça peut se réfléchir. Mais quand on prend sans recul ce qui est proposé, c’est dramatique », estime-t-il. « L’écueil, c’est que l’IA peut faire disparaître toute réflexion sur les compétences et les connaissances à acquérir », renchérit Stéphane Audebeau.

    D’où le défi auquel se trouvent confrontés les enseignants  : composer avec l’IA, puisqu’elle est là, mais faire en sorte, pour eux-mêmes comme pour les élèves, de l’utiliser avec mesure et à bon escient. « L’administration et les corps d’inspection voient ça comme une véritable utopie, sans aucun esprit critique. On fonce dedans sans réfléchir », déplore Guillaume Marsault. « Par moments ça peut être intéressant », admet Stéphane Audebeau, « mais à d’autres moments on passe par l’IA pour faire des choses qu’on est capable de faire nous-mêmes », estime-t-il.

    « Pour nous c’est

    une utopie totale »

    « Il m’arrive de l’intégrer à ma pratique pédagogique pour faire travailler des sujets bien précis aux élèves, à partir de documents que je leur fournis et non de n’importe quelle source. Mais l’IA ne doit être qu’une ressource parmi d’autres. Il faut faire attention à ne pas tomber dans l’emballement que tentent de nous imposer l’administration et les inspections », estime le professeur de SES.

    « L’IA a certes des qualités, c’est notamment un bon outil de reproduction. Elle est capable d’exécuter parfaitement toutes les tâches répétitives. Par exemple on lui donne un exercice de maths et on lui dit : décline-le moi 42 fois, elle va le faire et c’est un gain de temps pour les enseignants. On sait aussi que des IA travaillent sur les corrections de copies. D’un point de vue technique, elles sont capables de faire le boulot. Le problème, c’est d’envisager que ça puisse remplacer un enseignant », avertit Guillaume Marsault. « Pour nous c’est une utopie totale. C’est bien pour ça qu’aucun ordinateur n’a jamais remplacé un enseignant. Ce qui fait la qualité de l’enseignement c’est la relation humaine entre un groupe d’élèves et un enseignant dans une salle de classe. À notre sens, c’est irremplaçable. Notre crainte serait qu’à moyen terme, il y ait une sous-éducation uniquement avec des IA pour les pauvres et, pour les élites, toujours des enseignants. Ce serait le plus grand danger », estime le représentant du Snes.

    Il pointe enfin comme une vraie préoccupation « le coût environnemental de l’IA », derrière laquelle se cachent de gigantesques serveurs affamés d’électricité et d’eau, véritables gouffres énergétiques. Sans oublier « le problème de la protection des données. On sait par exemple qu’une partie des données de l’Éducation nationale est sous-traitée à Amazon : ça pose d’énormes problèmes d’un point de vue éthique mais aussi géopolitique : que ferait-on si, du jour au lendemain, Trump décidait, en représailles de je ne sais quoi, de couper les ponts ? Tous les serveurs mères et 80% des serveurs sont aux États-Unis actuellement », illustre Guillaume Marsault.

  • Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés…

    Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés…

    De quoi se nourrit l’intelligence artificielle (IA) dont les chabots (ChatGPT, Claude etc.) saturent notre quotidien ? De l’activité humaine. Deux chercheurs en sociologie de Telecom Paris, Clément Le Ludec et Maxime Cornet, ont travaillé sur la chaîne de travail de la donnée francophone.

    Les travailleurs du clic, ces invisibles

    La démonstration des deux sociologues est implacable : pour fonctionner, l’IA a besoin de données fiables et vérifiées. Seul l’être humain sait. Donc pour « nourrir » les agents IA, l’étiquetage des données est forcément humain et a été délocalisé dans le Sud global, notamment à Madagascar et sur le continent africain. Un travail à la tâche, peu payé, pas du tout valorisé et effectué par ces travailleurs du clic, sans relâche et sans fin. Car en dépit de notre tendance tenace à croire que la machine peut « penser », il n’y a rien de plus faux. La machine est incapable de reconnaître un objet si l’humain ne lui a pas appris, à force de répétition et de codes, à le reconnaître. Ces travailleurs invisibles sont la face cachée et très sombre de l’IA. Ce n’est pas la seule.

    Car la collecte de données est le nerf de la guerre des multinationales de l’IA. Elles se livrent une guerre sans merci et imposent aussi un discours aux citoyens, celui d’une nouvelle révolution post-industrielle. Discours qui vise à servir leurs intérêts financiers. Car si l’IA est d’un usage précieux, notamment pour diagnostiquer des maladies, elle est aussi mise au service de la mort. Reconnaissance faciale, fichage, ces outils ont servi notamment dans la bande de Gaza à l’armée israélienne et aux États-Unis, l’IA est mise au service de la chasse aux étrangers. C’est une forme de technofascisme désormais documentée, notamment par les auteurs de Apocalypse Nerds, comment les technofascistes ont pris le pouvoir. Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet. Les milliardaires propriétaires des systèmes numériques sont pour l’essentiel des néo-fascistes trumpistes. Ils promeuvent un univers de violences et de répressions et font du marché le carburant de leur développement. Peut-on leur laisser la main sur l’IA ? La résistance s’impose.