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  • Hérault : vive opposition au projet de McDo à Laroque

    Hérault : vive opposition au projet de McDo à Laroque

    L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans la petite bourgade de 1 700 âmes. En effet, lors d’un événement organisé par la mairie dans le cadre d’octobre rose, Aisha Ghanty, une habitante de Laroque, a eu vent d’un projet de McDonald’s sur la commune, confirmé par la suite par le maire.

    « Dès que je suis rentrée chez moi, j’ai lancé la pétition pour informer la population. Très vite, beaucoup de personnes m’ont contactée. Nous avons alors organisé des réunions publiques pour informer la population. Nous avons aussi fait des tracts pour alerter et la population nous a encouragés à continuer parce qu’elle est opposée à ce projet », explique Aisha Ghanty. Début novembre, la pétition en ligne* dépassait en effet les 2 400 signatures. « Nous avons aussi fait signer des pétitions papier. Nous n’avons pas fait le compte mais nous avons au moins 300 signatures », ajoute Aisha Ghanty qui a ensuite créé une association** pour organiser la riposte et pousser pour l’abandon du projet.

    Si une contre-pétition s’est également ouverte en ligne pour vanter « une commodité bienvenue » qui attirerait « visiteurs » et « où nos jeunes peuvent se retrouver après l’école », elle n’a réuni que 250 signatures. De son côté, le maire (SE) Pierrick Ciribino joue l’ambiguïté en répétant à plusieurs reprises qu’il se positionnerait lorsqu’il aura plus d’éléments.

    McDo vise la ruralité

    Un discours qui révulse Aisha Ghanty. Si la Laroquoise avance de nombreux arguments pour s’opposer à l’implantation du fast food (nuisances sonores, odeurs, circulation difficile dans ce petit village, augmentation des déchets, malbouffe, menace sur la santé publique ou encore concurrence déloyale pour les autres restaurants aux alentours), c’est bien l’esprit du projet jugé « contraire à celui du village » que l’habitante dénonce. « Les Laroquois ont tous un bout de terrain où ils ont des poules, des œufs, font quelques légumes. Pour eux, McDonald’s c’est la référence de la malbouffe et de l’Américain qui débarque dans les Cévennes avec une position dominante », s’agace-t-elle.

    En réalité, la situation à Laroque n’est pas rare. McDonald’s a en effet lancé une nouvelle stratégie d’expansion en visant principalement la ruralité. L’objectif est annoncé : McDo veut avoir un restaurant à moins de 20 minutes de chaque Français. De nombreux villages s’opposent donc à cette extension ces derniers mois. À Laroque, les opposants au projet ont désormais prévu d’adresser une lettre à la population.

    * Non à l’implantation d’un fast food à Laroque sur Change.org

    ** Mieux vivre à Laroque (6 Lotissement les Soleiades)

  • Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    « La Réussite de nos Élèves est Prioritaire. » Ce slogan, inscrit sur une banderole accrochée devant les grilles du collège La Dullague, à Béziers, reflète l’état d’esprit des parents, enseignants, personnels et élèves de cet établissement scolaire. Un sentiment de ras-le-bol général. Depuis 2019, ceux-ci militent pour que le collège soit classé en REP+. « Cela nous permettrait d’obtenir plus de moyens humains et financiers. Les élèves pourraient être moins par classe, les équipes auraient plus de temps. Ce qui leur permettrait d’effectuer plus de sorties, comme aller au musée par exemple », souligne Karen Anicet, représentante de parent d’élève Apeco.

    L’obtention de ce précieux Graal est un parcours semé d’embûches. « La carte REP+ a été mise en place en 2014 et devait être revue tous les cinq ans. Mais en 2019, rien n’a bougé. La réponse est la même chaque année, la rectrice nous soutient mais tant que la carte n’aura pas été revue, rien n’avancera », soupire Florian Georges, professeur d’histoire-géographie. Pourtant la situation se dégrade d’année en année. « Notre IPS (Indice de position sociale, Ndlr) est de 75, le plus bas, alors qu’en moyenne en France, l’IPS est de 106. La moitié de nos élèves provient du quartier Iranget-Grangette, un quartier prioritaire de la ville où le taux de pauvreté dépasse les 70 % », note une professeure qui a préféré rester anonyme.

    Le ministère ne bouge pas

    Preuve en est, « en 2020, le quartier faisait partie du top 20 des plus pauvres de France, aujourd’hui, nous sommes dans le top 5 », complète Karen Anicet. Le taux de boursiers a également explosé ces dernières années. « Nous en comptions 70 % en 2024, nous sommes passés à 84 % cette année, et encore, 58 dossiers sont toujours en attente », poursuit Florian Georges. Conséquences ? Un taux de réussite au brevet très bas et des élèves en difficulté pour la poursuite de leurs études. « L’éducation prioritaire a été conçue pour l’égalité des chances et lisser les inégalités. Mais on n’a pas ça ici, c’est du déterminisme social. Que vont devenir nos élèves ? On n’arrive pas à les orienter, ils sont sans solution », fait valoir une professeure. En cinq ans, ce ne sont pas moins de 2000 élèves qui auraient pu bénéficier de moyens plus importants et donc plus de chances pour la suite.

    Pourtant, l’établissement coche toutes les cases pour le fameux label : IPS bas, taux de boursiers élevé, part importante d’élèves venant de quartiers populaires. Chez le personnel, c’est l’incompréhension. « Certains collèges ont obtenu le classement et ne sont plus dans les critères aujourd’hui. Mais ils continuent à être en REP+ », s’indigne Karen Anicet. Alors, pour tenter de bouger les lignes, une délégation – ainsi que 4 autres collèges dans la même situation dont Lucie-Aubrac à Béziers – voulait se rendre à Paris afin de rencontrer le ministère, ce 5 novembre. « Le ministre nous a finalement contactés pour nous proposer une visio à la place de l’audience », reprend un enseignant.

    Mais rien n’a bougé. À l’issue de la visio, seule piste évoquée : la révision éventuelle de la carte en 2027… « On est abandonnés par le ministère, nous sommes les oubliés de l’éducation prioritaire », soupire Karen Anicet. Le personnel et parents d’élèves ne s’avouent pas vaincus. « On réfléchit pour monter réellement à Paris cette fois-ci ».

  • Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Mardi 28 octobre à Lunas. Alors que quelques ouvriers s’affairent sur un chantier, un pylône électrique cède. Bilan : un mort et deux blessés graves. Deux semaines plus tôt, c’est le corps sans vie d’un bûcheron qui a été retrouvé à La Salvetat-sur-Agout alors qu’il officiait sur un chantier d’une forêt privée. Fléau invisible, la mort au travail est pourtant un enjeu de sécurité majeur dans le monde du travail. Chaque année, on estime en France que deux personnes en en moyenne en sont victimes chaque jour. Pourtant, la problématique semble peu intéresser la sphère politique et médiatique.

    Pour mettre en lumière ces drames invisibles, le député LFI Sylvain Carrière organise une réunion publique à Grabels* en présence de l’eurodéputé insoumis Anthony Smith. Ancien inspecteur du travail, ce dernier a fait de la mort au travail le fer de lance de ses combats au Parlement européen. En ce sens, le député avait organisé avec sa collègue Marina Mesure deux journées d’échange en novembre 2024 avec différents acteurs pour trouver des solutions. 14 recommandations en sont ressorties, afin de tendre vers l’objectif de zéro mort au travail.

    3 200 décès dans l’UE

    Car le constat est accablant. Si on dénombre 3 286 personnes décédées au travail en 2022 dans l’UE – sur 3 millions d’accidents – le chiffre semble sous-estimé. « Il y a une difficulté de la comptabilité des morts en Europe parce que les États ne comptent pas forcément de la même façon. Donc il n’y a pas d’homogénéité et il y a plein de configurations possibles : comptabilise-t-on les suicides ? Les décès survenant 24h après l’accident au travail ? », interroge Anthony Smith. Sans compter les autoentrepreneurs, les salariés ubérisés qui ne sont pas comptabilisés. En cause notamment le faible nombre d’inspecteurs du travail – 1 800 pour 20 millions de salariés -, qui impacte le nombre de contrôles et donc la prévention des risques. Surtout que la situation s’aggrave. « Depuis 2010, le nombre d’accidents au travail ne baisse plus en France. On a construit une législation qui détruit les droits sociaux. Les ordonnances Macron de 2017 ont par exemple supprimé les CHSCT [Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail], et on se retrouve aujourd’hui dans les entreprises de 50 à 300 salariés sans aucune instance dédiée à la santé, à la sécurité au travail », soupire Anthony Smith.

    Si toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées, les jeunes et les travailleurs précaires sont les plus touchés. « Les jeunes ont 2,5 fois plus d’accidents graves et mortels que la population générale. Or on doit prendre deux fois plus de temps pour former les jeunes  », reprend l’eurodéputé. Mais force est de constater que l’économie prime sur la sécurité. « C’est insupportable que le coût d’une vie humaine soit moins important que celui de la réalisation d’un chantier », s’indigne Anthony Smith, dénonçant l’aveuglement des États à ce sujet. « Il existe des moyens mais c’est un problème de volonté politique. Les morts au travail ne sont pas une somme de faits divers mais un fait social ». Parmi ces leviers qui pourraient être actionnés, le renforcement de la formation des employeurs et des employés ou encore la mise en place d’une « présomption de la responsabilité de l’employeur  » et d’un « crime d’employicide ». « L’homicide au travail n’est pas reconnu. Or, un employeur responsable d’un accident mortel devrait être jugé comme un criminel. Mais le code du travail prévoit au maximum 10 000 euros d’amende, il faut donc des dispositions plus répressives. »

    *Le 7 novembre à 19h, à la salle Richard-Campos de Grabels.

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »

  • Hérault : Terratis terrasse le moustique

    Hérault : Terratis terrasse le moustique

    Dans le monde de l’innovation c’est une sacrée reconnaissance. Mi-octobre, la société Terratis a appris qu’elle était lauréate du grand prix I Lab, de Bpi France (Banque publique d’investissement). À la clé : un chèque de 500 000 euros pour continuer de développer son projet d’usine de moustiques stérilisés, destinée à venir à bout du principal nuisible de nos étés. « C’est une belle récompense. Le jury a compris combien notre solution pouvait avoir un impact sur l’habitabilité et sur la santé. Parce que notre technologie permet à la fois de réduire l’usage des pesticides et d’éviter les transmissions de maladie quand on vise le moustique-tigre », détaille Clélia Oliva, chercheuse à l’IRD et fondatrice de Terratis.

    Créée en 2024, la société Terratis s’est donné pour mission d’élever des armées de moustiques mâles stérilisés, avant de les lâcher dans les zones infestées et de les laisser produire des générations entières d’œufs inféconds… Jusqu’à l’éradication locale de l’espèce. Cette année, la société a testé sa technologie auprès de deux collectivités territoriales : à Brive-la-Gaillarde dès le printemps dernier, et dans le quartier Malbosc de Montpellier, depuis mi-août.

    700 000 mâles produits par semaine

    Dans son usine pilote, située à la Mosson, Clélia Oliva et son équipe produisent actuellement 700 000 mâles par semaine. Un effectif capable de couvrir environ 150 hectares. « L’année prochaine, on vise les 1,5 million de moustiques par semaine. Et en 2028, notre future usine aura une capacité finale de 100 millions de mâles stériles par semaine, pour 40 000 hectares », explique la chercheuse.

    Grâce au grand prix I Lab, l’équipe R et D (recherche et développement) de Terratis va passer de 4 à 6 personnes, sur 15 employés au total. Grâce à ces éléments supplémentaires, Clélia Oliva espère pouvoir « pérenniser l’élevage et améliorer les performances du sexage ». Cette opération consiste à séparer les mâles des femelles le plus tôt possible, pour appliquer la technique de stérilisation à un stade précoce.

    Actuellement, la société Terratis est aussi en pleine discussion avec la métropole de Montpellier pour étudier les possibilités d’implantation de la future usine, qu’elle espère proche de l’usine pilote. Courant 2026, elle devrait aussi initier une levée de fonds pour lancer le projet industriel. Une innovation prometteuse, et d’intérêt public.

  • La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    Le parrainage républicain est une tradition qui remonte à la Révolution française. À l’époque, deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant ainsi au sein de la République française. Aujourd’hui, ce trinôme, composé d’une personne migrante (ou d’une famille), d’un citoyen et d’un élu, « contribue à sensibiliser l’opinion publique sur le droit à la citoyenneté des sans-papiers, des exilés et réfugiés et s’inscrit dans une volonté commune de mettre en place une autre politique d’immigration et d’accueil. Cet événement a une dimension chaleureuse, festive, mais aussi politique et médiatique : il s’agit de montrer que les citoyens de notre pays tiennent à ce que l’on reste une terre d’asile », détaille dans un communiqué la Ville de Montpellier. Jusqu’au 21 novembre, la collectivité lance un appel à volontaires auprès de la population montpelliéraine souhaitant rejoindre cette démarche coordonnée par l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) à l’occasion de la journée internationale des migrants, en décembre. Une initiative à laquelle s’associent également les élus de la collectivité volontaires et les bénévoles des associations mobilisées, qui orientent les personnes à parrainer.

    « Il y a des parrains citoyens qui proposent de recevoir la personne à manger, de faire des courses ensemble, d’aller au cinéma, voir des matchs de foot, des spectacles… Chaque parrainage dépend de ce que chacun y met, c’est très ouvert », décrit Michel Calvo, délégué à la ville fraternelle et solidaire. « Les personnes migrantes, durant les premières années sur le territoire, ne voient bien souvent que des gens spécialisés dans l’obtention d’un titre de séjour. L’idée du parrainage, c’est d’offrir un accompagnement d’humanité plus que de spécialiste », résume l’élu.

    Une première rencontre se tiendra le jeudi 27 novembre à 18h à la Maison des relations internationales de Montpellier pour que les trinômes se forment en vue de la cérémonie de parrainage républicain, qui aura lieu mercredi 17 décembre à l’hôtel de ville à l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes.

    * Pour candidater,
    une adresse mail a été créée
     : parrainagesrepublicains@montpellier.fr Via ce mail, il s’agit simplement d’exprimer
    son souhait de parrainer et d’indiquer son nom, prénom, adresse et numéro de téléphone.

  • Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Le secteur du funéraire est soumis à de fortes pressions concurrentielles, si bien que les familles endeuillées voient grimper le prix des obsèques de leurs proches », explique Éliane Lloret, maire de Sussargues et présidente des services funéraires de la Métropole.

    Face à ce constat et désireuse d’avoir les mains libres pour mener la politique qui lui paraît la bonne en matière de funéraire, la collectivité a décidé de procéder à un changement de statut juridique des Services funéraires de Montpellier Méditerranée Métropole (SFMA), adopté en conseil métropolitain le 14 octobre. D’une Société d’économie mixte (depuis 2015) qui comptait des actionnaires privés – la Métropole étant toutefois déjà largement majoritaire (82%) – la SFMA est devenue une Société publique locale (SPL). Un choix politique fort qui « découle d’une volonté de maîtrise d’un service public du funéraire de qualité, avec le maintien d’une juste tarification », insiste Éliane Lloret.

    Confrontée à une « démographie galopante, qui fait qu’on a vraiment une demande de plus en plus forte en termes de funéraire », la Métropole a déjà entrepris une extension du complexe de Grammont, dont les travaux ont débuté. De manière générale, la mortalité en France s’accélère et les prévisions démographiques démontrent un accroissement fort du nombre de décès à compter de 2030 et 2040.

    Un début des travaux prévu en janvier 2026

    Aussi, afin de « rééquilibrer le territoire en matière de service funéraire pour les familles de l’ouest de la métropole », la collectivité a décidé de créer un nouveau complexe funéraire à Juvignac, « dont la réalisation, la gestion et l’exploitation seront confiées à une structure dont la Métropole restera actionnaire principal, dans le cadre d’une future procédure de délégation de service public, sans mise en concurrence ».

    Pour ce faire, la Métropole va acquérir un terrain de 4 000m², adjacent à l’actuel cimetière communal de Juvignac. « Les travaux devraient débuter à partir de janvier 2026 et il faut compter environ 3 ans pour que le nouveau complexe funéraire soit opérationnel », indique Gilbert Saintemarie, directeur général des services funéraires de la Métropole.

    Le site de Juvignac « proposera les mêmes services que le complexe funéraire de Grammont, mais à une échelle moindre », développe Gilbert Saintemarie. « A priori, il y aura des salons de présentation où les défunts pourront être présentés à leur famille et veillés jusqu’au jour des obsèques ; deux salles de cérémonie ; un espace de crémation et la possibilité d’en créer un second ou bien de le consacrer à un nouveau mode de sépulture ; un espace de convivialité où les familles pourront se retrouver après la cérémonie ; enfin il y aura également un service funéraire dédié à l’accueil des familles pour organiser les obsèques », énumère le directeur général des services funéraires de la Métropole.

    « On a été confrontés, pendant le Covid ou plus récemment en janvier dernier, à des pics de décès. C’est dans ces moments-là qu’on mesure combien apporter ce service à l’ouest de la métropole sera utile pour réduire les délais entre le moment du décès et celui de la crémation ou de l’inhumation, afin d’éviter aux familles d’attendre 9,10, 14 jours pour rendre hommage à leur défunt. »

  • De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    Le rectorat se dit impuissant ? Le ministère fait la sourde oreille ? Qu’à cela ne tienne ! Les enseignants de La Dullague et Lucie-Aubrac iront directement frapper, le 5 novembre, à la porte du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Aux côtés de représentants de deux autres établissements dans la même situation (Montesquieu à Evry-Courcouronnes et Julia Nicolas, à Fort-de-France), avec lesquels ils ont formé un collectif, quatre enseignants de ces deux collèges biterrois porteront en haut lieu, chiffres à l’appui, leur demande d’un classement urgent en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).

    « Ce collectif correspond aux établissements qui ont un IPS (indice de position sociale) extrêmement bas. La moyenne nationale des IPS est de 106 et nos établissements, eux, sont à moins de 76, chiffre qui correspond à la moyenne des REP + », explique une enseignante biterroise qui a souhaité rester anonyme. « Plus de la moitié des élèves de La Dullague sont issus du quartier prioritaire de la ville Iranget/Granget, qui est le 5e le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 71% », poursuit-elle. « Quant aux boursiers, ils étaient 71,5% en 2024-2025. Et on m’a dit que c’était encore pire cette année… »

    La situation est telle que malgré l’engagement constant des équipes pédagogiques, « c’est l’effondrement ». « Quand on est confronté à une population scolaire aussi marquée par la précarité, ça se traduit par de gros problèmes au niveau des résultats – moins de 60% de réussite au brevet, ce qui est catastrophique – mais aussi des problématiques sociales, avec des choses très lourdes et beaucoup de violence. La corrélation est très nette », assure l’enseignante biterroise.

    « Seul le classement en REP+ permettrait de garantir une réponse structurelle efficace, en cohérence avec les principes de justice sociale et d’égalité des chances portés par l’École de la République », estiment les établissements mobilisés dans un courrier en date du 7 octobre adressé, à l’époque, à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne.

    « Tous les ans on nous dit : ce sera pour l’an prochain »

    Cela permettrait notamment « de pérenniser des moyens, alors qu’aujourd’hui à chaque année, il faut se battre. Je pense notamment à des effectifs réduits, qui font toute la différence. Ça créerait aussi une stabilisation des équipes dont on aurait bien besoin », détaille l’enseignante biterroise.

    « La carte de l’éducation prioritaire, établie en 2014, devait être revue tous les quatre ans à compter de cette date afin de tenir compte des évolutions des contextes sociaux. Or nous voilà en 2025 et il ne s’est toujours rien passé… Depuis 2018, on nous explique que ce sera pour la rentrée prochaine, si bien qu’on a déjà deux générations de collégiens qui sont passées entre nos murs, soit plus de 1 000 élèves qui n’ont pas eu droit à l’égalité des chances. Ce n’est plus possible, on parle de l’avenir des enfants ! », s’indigne-t-elle.

    L’enseignante souligne toutefois la bonne volonté du rectorat. « Depuis trois ans que nous nous mobilisons activement, il porte un regard bienveillant sur nos établissements. On est suivi, des moyens ont été octroyés. Ils font le maximum dans leur domaine de compétence. Mais la révision de la carte de l’éducation prioritaire, donc notre classement en REP+, n’est pas de leur ressort  ». Aussi, les représentants des établissements du collectif ont-ils décidé d’aller directement interpeller le ministre de l’Éducation, pour lui faire part de l’urgence de leurs situations respectives et l’enjoindre de prendre un arrêté pour modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le 5 novembre, une délégation se présentera donc au ministère, dans l’espoir d’être reçue. De leur côté, pour « soutenir les professeurs qui vont à Paris défendre notre collège », les parents d’élèves de La Dullague organisent un rassemblement devant l’établissement le même jour à 9h30.

  • À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    Après 25 ans de règne sans partage, la droite perdra-t-elle son siège de premier magistrat à Sète ? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement citoyen Nouvelle Page. Ce collectif, qui planche depuis plusieurs mois sur un programme en vue des élections de mars prochain, a désigné sa tête de liste le 11 octobre en la personne de Laura Seguin. La conseillère municipale d’opposition a ainsi été élue au terme d’une votation citoyenne -par 492 votants- aux côtés de huit autres candidats, dont Véronique Calueba, qui portait la liste d’union en 2020.

    Officiellement présentée le 17 octobre en présence de partis la soutenant (PCF, LFI et Les Écologistes), Laura Séguin espère tourner la page Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire car condamné pour détournement de fonds publics. « Il faut mettre un terme à un système à bout de souffle, qui gère non pas le bien commun mais des intérêts particuliers », fait valoir Laura Séguin. Pour ce faire, la candidate mise sur la transparence et le renouvellement d’une démocratie mise à mal. « Il faut rendre le pouvoir aux citoyens en arrêtant cette confiscation du débat. Cela se joue à deux échelles : les quartiers, en créant des Assemblées avec des budgets participatifs pour que les riverains décident eux-mêmes des projets, mais également au niveau de la Ville, où les grands projets d’aménagements, de mobilité, seront soumis à une concertation avant toute prise de décision », souligne-t-elle.

    Miser sur la solidarité

    La démocratie participative sera donc un axe fort de Nouvelle Page, tout comme le logement, l’Île Singulière étant victime du surtourisme. « Nous voulons faire du droit au logement le pilier de notre campagne. Le tourisme, c’est bien mais jusqu’à un certain point. S’il affecte la population pour se loger à l’année, il faut une régulation plus stricte. Nous nous baserons sur la loi Le Meur afin d’instaurer des quotas par quartier », poursuit Laura Seguin. Une attention particulière sera portée aux plus précaires, dans un contexte où « les inégalités se creusent, 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, taux beaucoup plus important dans certains quartiers, notamment l’Île de Thau ». Et ainsi développer du logement social. Si la Ville de Sète est un peu en dessous du seuil de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU (21%), « cette production ne répond pas aux besoins des populations. Il faut également du logement très social et plus grand, des T4 pour loger des familles », soutient Laura Seguin, qui compte se baser sur la réhabilitation de logements vacants et la valorisation de l’existant.

    Plus de transparence, de logements et également de solidarité. « On veut mettre l’accent sur la jeunesse, les aînés. Il y a beaucoup de centres sociaux pour adolescents à redynamiser. Pour les aînés, nous avons plus de retraités donc nous soutiendrons le service à la personne afin de créer des emplois durables dans le soin. » Un programme toujours en construction, tout comme la liste. Les prochaines votations pour désigner les colistiers sont prévues les 8 et 24 novembre. Seule ombre au tableau, toute la gauche n’est pas rassemblée derrière Nouvelle Page. En effet, le socialiste Sébastien Denaja s’est également porté candidat. L’union impossible ? « Nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement avec une méthode de travail collective avec différentes composantes de gauche. Nous avons pris acte de la candidature de Sébastien Denaja. »

  • La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    Mettre les arts méditerranéens à l’honneur. Tel est le credo de la Biennale des arts de la scène en Méditerranée, qui s’ouvre dès le 6 novembre dans une pluralité de lieux héraultais : Montpellier, Sète, Juvignac, Villeneuve-lès-Maguelone. Théâtre, danse, musique, lecture, une diversité d’arts est représentée. Tout comme un subtil équilibre géographique : la plupart des pays du bassin méditerranéen seront présents pendant ces trois semaines de manifestations culturelles.

    Un travail de longue haleine opéré par les 14 structures organisatrices de l’événement comme le théâtre des 13 Vents de Montpellier, le théâtre Molière à Sète ou encore la scène conventionnée d’intérêt national juvignacoise L’atelline. « Chaque structure a des missions particulières, des disciplines auxquelles elle s’attache, donc la programmation dans son aspect pluridisciplinaire reflète aussi la diversité des partenaires », souligne Olivier Saccomano, codirecteur du théâtre des 13 Vents.

    Dialoguer entre artistes

    Ainsi, en fonction des disciplines et des pays, des artistes sont sélectionnés et ont carte blanche pour présenter leurs projets. « Le travail artistique nous intéresse et après les artistes sont parfaitement libres -heureusement- de travailler sur le sujet qui leur importe. Parfois, c’est assez proche de l’actualité, parfois c’est beaucoup plus lointain. La Méditerranée n’est pas une thématique de travail. C’est une situation géographique, politique, historique dans laquelle des artistes travaillent », reprend Olivier Saccomano. Et le codirecteur d’insister sur le dialogue offert entre les artistes, qui pourront partager leurs expériences. Le public n’en est pas oublié pour autant puisque plusieurs rencontres avec les artistes sont organisées tout au long de la Biennale.

    Certains axeront ce dialogue sur la question des migrations – tragiquement importante en Méditerranée – notamment la compagnie italienne Kepler-452, venue présenter « A place of safety, voyage en Méditerranée centrale » (13/11 à 19h et 14/11 à 21h au théâtre des 13 Vents). Une pièce documentaire s’inspirant de l’expérience des metteurs en scène Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, qui ont suivi des humanitaires à bord du Sea-watch 5 et ont pu recueillir des témoignages de migrants ou de sauveteurs en mer. Dans cette période de troubles internationaux, le Proche-Orient n’est jamais bien loin. C’est le cas dans la pièce « Dans l’ombre du martyr », écrite par le fondateur du théâtre palestinien François Abu Salem juste avant son suicide, qui sera jouée pour la première fois en France (15/11, à 21h au théâtre des 13 Vents). Retraçant le témoignage du frère d’un martyr de la seconde intifada, la pièce « est rejouée par l’acteur orignal, Waseem Khair, en respectant la mise en scène d’origine, les costumes, c’est une espèce d’archive vivante », détaille Olivier Saccomano.

    D’autres font le choix de délaisser l’actualité internationale, comme Nicolas Heredia qui présentera « On fera mieux la prochaine fois » (12/11 à 21h, 13/11 et 14/11 à 19h à la Bulle bleue), pièce dans laquelle les comédiens de la Compagnie de la Bulle bleue réinterprètent des interviews d’acteurs de cinéma. En somme, une programmation éclectique qui reflète la diversité de la culture méditerranéenne.

    * Programme complet à retrouver sur : www.13vents.fr/basm-2025/le-programme25.