Tag: Hérault

  • « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    Ciné-débats, ateliers, visites de fermes, balades, marchés, dégustations… Du 22 novembre au 7 décembre, l’édition automne-hiver 2025 de « Manger comme on sème, le festival des 4 saisons » propose près de 90 événements destinés à promouvoir l’agroécologie paysanne et les circuits courts, sensibiliser aux enjeux de sécurité alimentaire, valoriser les agriculteurs du territoire ainsi que tous les acteurs engagés dans une alimentation durable.

    Initialement impulsée par la Métropole de Montpellier, « cette dynamique a gagné les communautés de communes voisines » (Pays de l’Or Agglomération, Pays Cœur d’Hérault et la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), aujourd’hui partenaires. À raison de deux éditions par an, au printemps/été et à l’automne/hiver, les agriculteurs du territoire et les acteurs engagés pour une alimentation durable proposent, durant deux semaines, de nombreux rendez-vous. Objectif : « Sensibiliser, pour que ça diffuse et que ça devienne une évidence », explique Isabelle Touzard, vice-présidente de la Métropole en charge de l’agroécologie et de l’alimentation. « Les citoyens sont demandeurs de ces rencontres avec des maraîchers, des personnes qui élèvent des animaux, qui font du pain… Sans oublier la notion de convivialité, à laquelle l’alimentation est très associée », poursuit l’élue.

    « On s’ouvre à la pêche »

    Parmi la multitude de propositions recensées en ligne sur le site de la plateforme Bocal*, qui offre une vision globale de l’offre alimentaire durable sur les quatre territoires partenaires du festival ainsi que le Syndicat mixte du Bassin de Thau, on retient une nouveauté cette saison : « On s’ouvre à la pêche », explique l’élue.

    Le vendredi 28 novembre, une rencontre est ainsi organisée de 18h30 à 20h à la médiathèque de Palavas-les-Flots autour des « petits métiers », du poisson de saison en circuit court et de la ressource halieutique (gratuit, sans inscription). Un atelier ludique et pédagogique à destination des enfants de 7 à 12 ans sera également proposé, toujours à la médiathèque, les 28 et 29 novembre pour découvrir les différentes techniques de pêche et évoquer l’intérêt nutritionnel des aliments de la mer (gratuit, sur inscription au 04.67.50.42.49). Autre temps fort, autre suggestion : la Maison pour tous Jean-Pierre Caillens, future Maison de l’alimentation solidaire de Tournezy, à Montpellier, organise le 5 décembre, de 9h à 14h, des ateliers de cuisine d’ici et d’ailleurs suivis d’un repas partagé !

  • Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    « Cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est importante : il faut rendre cette question visible, notamment dans cette période de grande inquiétude sur notre capacité à assurer nos missions auprès de toutes les femmes, y compris les plus isolées et les plus précaires, celles vers lesquelles il faut aller en priorité », estime Aline Faucherre, présidente du Centre sur l’information des droits des femmes et des familles (CIDFF) de l’Hérault.

    Les CIDFF – il en existe une centaine en France – constituent le premier réseau pour l’accès au droit des femmes en France, avec la mission de les rendre actrices de leur autonomie personnelle, professionnelle et sociale. « Les CIDFF ont des juristes qui informent gratuitement les femmes sur leurs droits. Sachant que notre CIDFF héraultais s’est voulu dès le début très engagé sur la question des violences faites aux femmes, qui est un signe flagrant – peut-être le plus évident – de l’inégalité persistante entre les femmes et les hommes », souligne Aline Faucherre.

    Chaque année, l’association reçoit 17 000 personnes, dont 80% de femmes – il y a aussi des couples qui viennent pour de la médiation familiale -, dans l’un de ses 50 points d’accueil répartis sur le département. « Mais avec les baisses de subventions, nous avons dû fermer des permanences dans des endroits où des femmes venaient et où le besoin existait. Par exemple Lunel, une permanence sur le Biterrois aussi », déplore la présidente du CIDFF 34. « On a dû réduire la voilure mais jusqu’ici on a pu maintenir l’activité, sans opérer de licenciements [il y a eu des départs non remplacés, Ndlr.] », souligne Aline Faucherre.

    En juin, l’ensemble des CIDFF avaient fermé symboliquement une journée pour obtenir de l’État l’argent nécessaire au financement du Ségur de la santé. « On a été heureusement surpris quand, en août 2024, on nous a dit que nos salariés y étaient éligibles, mais on a été très refroidis quand on s’est rendu compte que l’État n’avait pas prévu de nous verser les 5 millions nécessaires à ces augmentations. Finalement notre mobilisation a porté ses fruits pour 2025, mais l’inquiétude demeure pour 2026. »

    « 10% de moins partout »

    Outre cette question du Ségur, les CIDFF font face à une baisse généralisée des subventions : « Globalement il y a 10% de moins partout. Ou presque : du côté des CAF, dans l’Hérault, on est très bien soutenu, par exemple. Mais je ne jette pas la pierre, je sais que les collectivités comme les départements ou les mairies, sont très en difficulté », soupire Aline Faucherre.

    La question est : que fait l’État pour financer cette prétendue « grande cause nationale » ? « Quand l’Espagne, il y a plus de 20 ans, a fait des violences faites aux femmes une grande cause nationale, il y a eu un plan transversal avec de la prévention, de la répression, des financements, des tribunaux spéciaux, de l’éducation, des personnels qualifiés… un plan pluridisciplinaire qui a coûté très cher. La Fondation des femmes disait, il y a deux ans, qu’il manquait en France un milliard pour les droits des femmes. Ce milliard manque toujours… On n’a eu que des coups de pouce », déplore la présidente du CIDFF 34.

    Or « qui dit moins de subventions dit moins de professionnels de premier recours sur les territoires. Il y a un lien avec l’augmentation des féminicides : les femmes qui meurent sont celles qui n’ont trouvé personne à qui parler, et qui restent dans leur enfermement, sous l’emprise du conjoint violent ». Face à ces fermetures contraintes de permanences, l’association cherche des solutions. « Il y a par exemple des départements qui ont mis en place des bus itinérants. On peut aussi imaginer des permanences dans des Maisons France Services ou des visio… On est au début d’une réflexion pour trouver comment pallier ce manque, afin de rester présentes auprès de celles qui en ont le plus besoin. Car ce sont les femmes isolées, dans les territoires ruraux, qui sont les plus vulnérables. »

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    La Marseillaise : Quelles sont les missions de l’Observatoire ?

    Stéphanie Canovas : Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une persistance des phénomènes de violences faites aux femmes. En 2019, on a été le troisième département le plus touché par les féminicides. Par contraste avec ces chiffres, il y avait une mobilisation du secteur associatif et institutionnel très forte. Ces acteurs avaient envie d’agir à l’échelle intradépartementale, de fluidifier les parcours des femmes victimes, de mieux travailler ensemble. On s’est donc dit qu’il nous manquait un lieu d’observation des phénomènes et de compréhension des différentes modalités de leur expression. L’idée était de comprendre pour mieux agir. Observer, comprendre, agir, c’est le triptyque de l’Observatoire. Piloté par le Département, l’État, la CAF et l’université Paul-Valéry, sa spécificité est de croiser des regards. À la fois ceux des premières concernées, le regard des professionnels de première ligne et celui d’universitaires, d’enseignants-chercheurs qui travaillent sur la sociologie de ces phénomènes pour nous aider à produire de l’action.

    L’Observatoire mène des travaux envers les jeunes, notamment. Ces violences commencent dès le plus jeune âge ?

    S.C. : Oui. Par exemple, un groupe de travail a documenté le fait que les jeunes sont peu captifs de nos campagnes de communication habituelles. Quand on parle de violences conjugales, on l’a vu aussi en les interviewant, ils ne sentent pas concernés, ce sont des choses pour les adultes. Par contre, quand on leur demande s’ils ont déjà géolocalisé leur copain ou copine pour savoir ce qu’il ou elle faisait, la majorité du groupe l’a fait. Les jeunes ne sont pas plus violents qu’avant, mais en regardant de plus près, on voit qu’il y a de la « romantisation de la jalousie ». Par exemple le fait de ne pas aimer voir son copain/copine « liker » le compte d’une autre personne sur les réseaux, c’est plutôt la tendance et du coup l’idée de la possession de l’autre et l’idée d’être possédé par un autre devient un marqueur d’affection, d’amour. L’autre dimension, c’est que – ça prend d’autres modalités d’expression – les réseaux produisent des éléments de suivi des corps en continu, ce qui échappait aux relations sociales avant. Nous sommes donc en train de réfléchir à une mallette pédagogique pour que notre capacité à sensibiliser les jeunes augmente et soit structurée sur le département.

    En 2024, il y a eu 450 100 cas de violences sur l’année, un chiffre qui se stabilise après plusieurs années de forte augmentation. Le résultat des politiques ou de la libération de la parole ?

    S.C. : L’explication est multifactorielle. Ce n’est pas que la parole n’était pas posée, mais parfois elle n’était pas entendue. Et effectivement, grâce au mouvement MeToo, au Grenelle des violences conjugales, etc., on a permis que cette parole soit prise en compte. Pour autant, il faut se dire que la parole des femmes victimes de violences est sous-évaluée. En moyenne, seules 17% des femmes victimes portent plainte. Au sein du département, notre prisme est plus large donc on rentre dans le sujet via l’action sociale, la protection de l’enfance. Dès lors on a une parole qui arrive en dehors de la question du dépôt de plainte. Pour autant, le chantier, pour moi, reste entier : plus de 400 000 femmes victimes de violences en France chaque année. On parle peu aussi des enfants qui sont à côté d’elles et qui sont désormais reconnus victimes par la loi. On a des enjeux de cohésion sociale, de sensibilisation au plus tôt. Il y a des questions sur lesquelles on a avancé, sur la judiciarisation des phénomènes. Pour autant, sur la dimension de prévention, il y a encore beaucoup de travail.

    Les maisons des femmes sont un dispositif mis en place ces dernières années. Est-ce une bonne solution ?

    S.C. : On est vraiment très chanceux puisqu’on est un des seuls départements qui a deux maisons des femmes, à Montpellier et à Béziers. Elles font un travail remarquable. Cette entrée santé est particulièrement opportune. En plus, l’intérêt de ces maisons est que vous avez un médecin, une sage-femme qui vous répondent, il y a une prise en compte du corps parce que le corps chez les femmes victimes de violences dit beaucoup, parfois ce qu’on n’arrive pas à dire avec les mots. Il y a aussi toute une dimension au-delà du soin. Par exemple, la maison des femmes de Montpellier héberge une permanence de l’association Cicade, qui aide les femmes pour le droit des étrangers. Elle héberge le Centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF), avec des juristes, des conseillères en insertion professionnelle. Donc vraiment l’idée de maison, ça évoque tout de suite l’idée du refuge.

    La société évolue dans le bons sens, mais est-ce assez vite ?

    S.C. : Oui, je crois qu’il faut vraiment porter ce message d’égalité, ce paradigme de l’égalité, à tout endroit. Par exemple, on parle des « nouveaux pères actuellement ». C’est une idée qui est sortie il y a une quarantaine d’années et qui donne à penser qu’il y a une évolution dans les rôles sociaux attribués dans la parentalité. Quand on étudie la question d’un peu plus près, on voit qu’effectivement il y a des rôles et des familles où la question de la répartition des tâches a beaucoup évolué. Mais cette répartition n’est pas tout à fait équitable : plutôt à 35% pour les pères et 65% pour les mères. Les femmes ont aussi la charge mentale de la santé, les pères s’en occupent rarement seuls avec l’enfant, a contrario de la mère. Mais je suis vraiment optimiste, j’ai l’impression que ça bouge, je suis chargée de cours en fac, quand je vois les jeunes générations, je sors de cours un peu boostée avec un optimisme irrésolu, parce qu’ils n’ont plus du tout envie de rester cantonnés à des images, des vieux clichés de virilité y compris pour les garçons, ils n’ont plus envie d’être assignés à ces places.

    Pourtant on assiste à un retour des mouvements masculinistes ?

    S.C. : À chaque fois qu’une société progresse et milite pour l’avancée des droits de minorités – les femmes sont minoritaires au sens sociologique du terme – une part de la société résiste, et là, sur ces courants masculinistes, c’est diffus. Vous allez avoir des revendications autour de pères qui ne seraient pas entendus par la justice, des revendications de jeunes hommes se disant célibataires à cause des mouvements féministes. Donc on va avoir des mouvements protéiformes mais avec un point commun, la remise en question de ce modèle d’égalité de la société et une assignation à des rôles hiérarchisés, qui sont bien entendu en défaveur des femmes. Il faut vraiment être attentif à ces mouvements.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les jeunes n’ont plus envie de rester cantonnés à
    des vieux clichés
    de virilité. »

  • Des femmes et des lions veillent désormais sous le pont

    Des femmes et des lions veillent désormais sous le pont

    C’était un lieu sans charme. « Un peu glauque, pas très rassurant de nuit », se souvient Farah Ajili, alias Fahrenheit. Un passage bétonné tout gris, frontière imaginaire entre le quartier de Figuerolles et la cité Gély, le quartier gitan de Montpellier. En le traversant, l’idée est venue à Farah de redonner vie à cet endroit. De créer du lien en couleurs. « Je voulais remettre de la luminosité sous ce pont et permettre aux femmes de se le réapproprier, qu’il soit un peu leur espace et qu’elles n’aient plus peur de le traverser le soir », explique la jeune femme, qui décide d’associer à son projet une autre artiste peintre muraliste, Amélie Béral, spécialisée dans la peinture animalière.

    Soutenues par l’association Ademass, implantée à Figuerolles et qui les aidera notamment à obtenir les autorisations nécessaires, les deux artistes se lancent, chacune d’un côté de la route, dans une fresque monumentale (6 mètres de haut sur 12 de long) à dominantes bleu et orange, couleurs de Montpellier.

    Trois femmes, trois parcours de vie

    Fahrenheit, déjà à l’origine d’une belle fresque d’hommage aux licières* à l’entrée de Lodève, choisit de réaliser, à partir de photographies, les portraits en noir et blanc de trois femmes du quartier. À gauche, Eda. « C’est ma muse. Je la peins un peu partout depuis que j’ai commencé. On peut trouver son portrait à Marrakech, en Allemagne, à Paris… C’est une femme qui vit actuellement à la Paillade, qui a une très belle plume et dont le parcours de vie m’a beaucoup touchée. Elle a travaillé avec l’association Ademass sur la “grande parade métèque”, ce qui crée un lien avec le quartier. Je me suis donc dit qu’elle avait sa place sous ce pont », confie Fahrenheit.

    Le portrait situé au centre de la fresque représente Ornella Dussol, à la fois comédienne et médiatrice au théâtre du quartier, La Vista. « C’est une femme qui a un peu bouleversé les codes de sa communauté. On n’a pas l’habitude de voir une gitane dans ce milieu-là. Elle a permis d’introduire au théâtre La Vista beaucoup de connaissances sur la communauté gitane et de briser certains stéréotypes ».

    La troisième femme, plus âgée, s’appelle Marie. « Je ne l’ai pas rencontrée mais on m’a beaucoup encouragée à la peindre. C’est une femme qui, pendant plus de 20 ans, a nourri beaucoup de monde dans le quartier. Elle faisait de la cuisine qu’elle mettait à disposition. Elle a habité pendant longtemps à deux maisons du pont, avant d’être atteinte de la maladie d’Alzheiemer et d’aller vivre dans sa famille à la cité Gély ».

    Trois femmes, trois parcours de vie, trois figures du quartier en miroir desquelles Amélie Béral a peint trois lions, reflet de « l’énergie de ces femmes fortes ». Mais aussi référence aux statues de lions qui ornaient le parc de la Guirlande, auxquelles les habitants étaient attachés et dont les têtes ont été détruites par le passé.

    Fruit d’un projet entièrement bénévole, ces deux fresques, réalisées du 13 au 18 octobre, sont offertes par les artistes à la Ville. Elles seront inaugurées en présence des habitants à l’occasion d’une soirée festive vendredi 21 novembre à partir de 17h30, rue du Faubourg Figuerolles.

    * Femmes de harkis qui ont tissé, à partir de 1964, des tapis d’exception pour le Mobilier national

  • « La Marseillaise » inaugure ses nouveaux locaux à Montpellier

    « La Marseillaise » inaugure ses nouveaux locaux à Montpellier

    Le 56 rue de l’Industrie au sud de Montpellier, au cœur d’un quartier en pleine transformation urbaine et culturelle, desservi par le tramway, est une adresse qui résonne parfaitement avec La Marseillaise Hebdo d’Occitanie : un lieu de travail pour les journalistes et le service commercial du journal et de rencontres et d’émulation avec deux radios associatives historiques, Radio Clapas et Radio Divergence qui composent ce pôle médias inédit et novateur.

    Vendredi 28 novembre, à partir de 18h, se déroulera l’inauguration de nos locaux en présence des personnels et de la direction de La Marseillaise et de nombreuses personnalités, consœurs et confrères. Citons d’ores et déjà la venue de Guy Partage, maire de Varages, Christian Bastid, vice-président du Département du Gard qui représentera la présidente du Département, Laurence-Perrigot. Le mouvement social répond présent avec Aurélie Lajoue de la Direction de la CGT de l’Hérault. Sont aussi annoncés Hervé Martin, adjoint de Montpellier, délégué à la Ville Sportive, Chrystel Férignac de La Carmagnole et Christian Assaf, Conseiller régional qui représentera la présidente de la Région Carole Delga.

    Rendez-vous à partir de 18h au 56 rue de l’Industrie, 34070 Montpellier, ligne de tram 4b Garcia Lorca, arrêt Restanque..

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Évaluer en toute discrétion son exposition aux violences conjugales de toutes sortes, puis recevoir gratuitement un diagnostic personnalisé et si besoin des conseils pour s’orienter auprès de professionnels. Voilà les services que propose gratuitement la plateforme Opale Care*.

    Créé en 2024 par l’entrepreneuse montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, cet outil digital unique de prévention, diagnostic et de suivi, propose de combler un manque pour les victimes. « J’ai été moi-même victime de violences conjugales sexuelles et psychologiques. J’ai créé la plateforme dont j’aurais eu besoin à l’époque », résume cette passionnée de French Tech.

    Elle explique que la multiplicité des atteintes (psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives, cyberviolences), complique souvent la prise de conscience des victimes, des femmes à 87% parmi les 271 000 plaintes déposées en 2023 (sachant que seules 14% des victimes réclament réparation). « Le sujet est souvent abordé sous l’angle de la femme battue, ce qui invisibilise toutes les autres formes de violences, laisse entendre que le reste n’est pas grave. »

    Pour avoir dû elle-même partir en quête d’informations, elle décide d’en faciliter l’accès. « Le numérique est un énorme levier », assure Vigdis tandis qu’Opale Care compte déjà 7 500 utilisateurs. Discret, le questionnaire anonyme de 200 occurrences (20 minutes) permet de lever les doutes ou sortir du déni. « Il catégorise les choses sans avoir le tabou de la réponse. » Sans interlocuteur physique à qui se confier, « il n’y a pas de gêne ni de honte. C’est parfois plus facile que de faire la démarche d’appeler un numéro d’urgence ou se déplacer dans une association. »

    Via une analyse juridique de ce que la loi interdit, la version pro d’Opale Care pousse l’expertise jusque dans l’entreprise pour l’inciter à « protéger et accompagner ses salariés ». Quel que soit le cadre des violences, les victimes sont renseignées sur les aides publiques (CAF, banque, assurance…) auxquelles elles ont droit et si besoin redirigées vers des associations ou professionnels compétents.

    Plus d’infos sur : opale.care

  • Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    « Neuf personnes détiennent 90% des médias ». Derrière cette formule, une réalité inquiétante : une concentration médiatique croissante entre les mains de quelques milliardaires. Neuf personnes maîtrisent la quasi-totalité du débat public et des moyens d’information pour 70 millions de citoyens.

    Cette concentration a des conséquences : influences, pressions et menaces sur les journalistes, subordination et instrumentalisation des organes de presse au service d’intérêts privés, unanimisme idéologique sur des sujets essentiels (libre marché, dette publique, conflit israélo-palestinien).

    Pour justifier cette concentration les milliardaires et leurs affidés ont un argument juridique : la propriété privée est un droit « inviolable et sacré ». Notre ordre juridique garantirait ainsi une appropriation des entreprises d’information qui ne saurait être remise en question sans violer l’Etat de droit.

    La réalité est pourtant toute autre. Aucun droit fondamental n’est absolu et tout droit fondamental coexiste avec d’autres droits, eux aussi fondamentaux. Les juridictions suprêmes organisent cette coexistence en se fondant sur des critères de « proportionnalité », « d’intérêt général » ou « d’objectif légitime ».

    Or, en concentrant les moyens d’information, les milliardaires portent une atteinte disproportionnée à nos droits fondamentaux. Sont ainsi menacés : le droit à bénéficier d’une information sincère et d’une libre diffusion des opinions, la liberté de conscience, la liberté de la presse, le droit à des élections libres issues d’un débat public équitable, le droit à vivre en démocratie (c’est-à-dire sous l’empire de la volonté générale).

    Le pluralisme des médias a rang d’objectif constitutionnel

    De cette contradiction entre droits fondamentaux naît une problématique qui n’est pas un impensé juridique. Notre Constitution garantit ainsi la liberté de la presse en exigeant du législateur qu’il garantisse le pluralisme et l’indépendance des médias (Article 34 de la Constitution).

    Sur cette base, les juridictions suprêmes ont pris position : Le Conseil constitutionnel élève le pluralisme des médias au rang d’objectif constitutionnel impliquant la mise à l’écart des intérêts privés et du marché (Conseil constitutionnel, Décision DC n°84-181, 11 octobre 1984).

    Et selon la CEDH tout accaparement des médias par une « fraction économique » constitue une atteinte démocratique (CEDH, Arrêt Centro Europa c. Italie, 2012, 001-111396).

    La lutte contre la concentration médiatique est donc juridiquement fondée. Face à l’accélération du phénomène et à la multiplication des dérives il revient aux professionnels et aux citoyens de se saisir de ces arguments. L’éviction des grandes féodalités financières hors de la presse est devenue un impératif démocratique.

    Par Olivier Bonijol, avocat au barreau de Montpellier

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