Tag: hébergement

  • Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    La préfecture de Vaucluse a activé ce vendredi 21 novembre le plan Grand froid « en raison des tensions sur les dispositifs d’hébergement d’urgence ainsi que des prévisions des températures ressenties en Vaucluse sur les tout prochains jours », précise-t-elle dans un communiqué de presse.

    Des mesures d’accueil d’urgence sont donc mises en place, avec notamment un centre d’hébergement exceptionnel pour les personnes sans abri, mis en place ce vendredi à partir de 15 heures à Avignon. Celui-ci se situe à la maison municipale Mérindol, au 15 rue Paul-Mérindol, et ce grâce à la mobilisation des services de la ville d’Avignon, du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), de la Croix-Rouge et du Secours populaire, aux côtés des services de l’État. Dispositif déjà activé en début d’année.

    Un lieu d’une capacité maximale de 43 places qui sera ouvert chaque jour de 15 heures à 9 heures le lendemain. « Une évaluation quotidienne des besoins sera conduite par les services de l’État permettant le maintien de cet accueil jusqu’au radoucissement des températures », ajoute la préfecture. L’orientation des personnes en demande d’hébergement d’urgence vers le centre est réalisée uniquement par le SIAO en appelant le 115, joignable 24 heures sur 24. Un numéro qui peut également être utilisé pour signaler une situation préoccupante.

    La préfecture assure ensuite dans le même communiqué que le SIAO « continue d’assurer la coordination, le suivi des capacités d’hébergement d’urgence ainsi que l’orientation des demandes d’hébergement vers l’ensemble des structures adaptées » et appelle les maires « à la plus grande vigilance et à faire preuve de solidarité en accueillant toute personne en difficulté qui leur serait signalée ».

  • Apt : de grandes fissures obligent à évacuer 56 habitants

    Apt : de grandes fissures obligent à évacuer 56 habitants

    Mercredi dernier, 32 foyers, soit au total 56 personnes, ont été évacués de quatre immeubles de la résidence Saint-Michel, à Apt. Tous ont été relogés à ce jour par la municipalité ou par leurs propres moyens.

    « Comme je m’y étais engagée, personne n’est abandonné ! Je suis soulagée que nous ayons trouvé un hébergement d’urgence pour toutes les familles sans solution », se réjouit dans un communiqué la maire d’Apt, Véronique Arnaud-Deloy. Et ce, accompagné d’images de la résidence où l’on voit d’immenses fissures sur les murs des immeubles. Sont concernés par l’évacuation, dont le délai était fixé à ce jeudi 6 novembre, les immeubles Rosiers 1 et 3 et une partie de l’immeuble Les Glaïeuls 3.

    Capteurs de mouvement

    Une évacuation qui fait suite « à l’alerte enregistrée par les capteurs de mouvements et aux conclusions d’une expertise diligentée sur le terrain », précise la Ville d’Apt dans un premier communiqué émis ce jeudi 30 octobre. Des capteurs posés après une première alerte il y a deux ans. En effet, le bâtiment Les Hortensias avait été évacué en novembre 2022. « Il est absolument déchirant d’avoir à prendre une décision aussi lourde de conséquences. Je m’attends à ce qu’elle suscite le désarroi, la confusion, voire la colère. Cependant, il m’est humainement impossible de faire courir le moindre risque à des habitants de la ville », poursuit l’édile de la capitale du Luberon. Concernant la suite, la Ville poursuit ses efforts sur l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), chargée d’analyser l’état de dix copropriétés privées et d’en diagnostiquer l’évolution. Mais aussi la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS), chargée de répondre aux attentes des habitants désireux de se reloger de façon pérenne.

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Le tribunal administratif a débouté un des 23 copropriétaires du 51 boulevard Dahdah (4e), en péril depuis 2019, qui contestait le recouvrement par la ville de Marseille des frais engagés pour reloger l’occupant de son logement.

    Interdit d’accès et muré, l’immeuble aux Chutes-Lavie est un ensemble collectif du XIXe siècle de type « courée ouvrière », organisé en 42 lots de copropriété depuis 1952, et qui a toujours concentré une population précaire exploitée par des investisseurs, dont certains connus pour être des marchands de sommeil. Sur la fin, il était devenu le dernier refuge de migrants. Son évacuation avait mobilisé des collectifs (Les expulsé.es du Bd Dahdah, Collectif du 5 Novembre, Al Manba/Soutien Migrant.e.s 13).

    Deux ans après l’évacuation d’urgence du 14 novembre 2019 de ces gourbis, la Ville a émis, en décembre 2021, contre la plaignante, deux titres pour une somme totale de 18 000 euros, mis en recouvrement par le fisc. La propriétaire objectait qu’elle n’avait pas signé de contrat de bail, mais une « convention d’occupation précaire » pour la mise à disposition gratuite d’une « pièce à vivre et d’une salle de bains avec toilettes » de 21,87 m2. Le tribunal a estimé qu’« une telle convention ne fait pas obstacle à ce que le logement occupé soit considéré comme sa résidence principale ».

    11 mutations immobilières depuis octobre 2021

    Une autre copropriétaire a été déboutée en avril 2025, obligée de rembourser 12 500 euros de nuitées hôtelières. Elle soutenait sans la moindre preuve avoir proposé en vain un hébergement de 30 m2 à Simiane-Collongue (20 km de Marseille) à son locataire, à qui son employeur proposait de lui prêter un véhicule. Des allégations sans preuve. « à supposer cette proposition établie, compte tenu de la distance entre les deux logements », la requérante « ne peut être regardée comme ayant satisfait à son obligation de relogement dans des conditions correspondant aux besoins de son locataire, ce qui justifiait que l’autorité territoriale se substitue à elle », cingle le tribunal.

    La copropriété est visée depuis plus de dix ans par un arrêté préfectoral d’insalubrité du 17 avril 2015 pour ses parties communes dégradées, suivi le 18 octobre 2016 d’une mise en demeure d’agir. Dix ans plus tard, les arrêtés de péril et d’insalubrité sont toujours actifs. Sous l’égide de la Métropole, l’opérateur Urbanis Aménagement devait organiser son expropriation. Pourtant aucune déclaration d’utilité publique n’a jamais vu le jour. Et, alors qu’il est toujours muré, en péril, insalubre et interdit d’accès, le « 51 Dahdah » a fait l’objet de 11 ventes de lots depuis 2021.

  • La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La fuite en avant du propriétaire du 31, rue Barthélémy se poursuit, continuant, malgré les interdits, de décloisonner et diviser les grands appartements de 140 m² de ce bel immeuble marseillais, pour les exploiter en meublés saisonniers sans autorisation de changement d’usage.

    Alors que la société MessieursDames (propriétaire de l’immeuble racheté 1,7 million d’euros en octobre 2023) et la société Lovely Keys (qui loue les neuf meublés touristiques créés au rez-de-chaussée et au 1er étage) sont assignées, lundi prochain, par la Ville de Marseille devant le tribunal judiciaire, aux côtés de trois autres investisseurs, pour violation du règlement sur le changement d’usage, des travaux dangereux et non autorisés ont été entrepris la semaine dernière, au 3e étage.

    « Un jour de plus

    et ça s’effondrait »

    « Lundi dernier, ça s’est mis à trembler de partout », relate Julie, en état de choc et qui vivait en colocation au 4e étage. « En quelques jours, ils ont tout pété, tout détruit. C’est samedi en revenant qu’on a découvert de grosses fissures. Les portes ne fermaient plus, le sol s’affaissait. C’était la panique totale. Un jour de plus et ça s’effondrait. C’est du mépris et de la mise en danger. » Les marins-pompiers et techniciens de la Ville ont constaté la déstructuration du 4e étage avec une descente du plancher. Les 3e et 4e étages sont désormais interdits. Aidés par des membres du Collectif du 5-Novembre et des amis pour déménager leurs affaires, Julie et ses deux colocataires ont trouvé refuge loin de la rue Barthélémy. « J’ai mis 7 ans de vie dans des sacs et là je dors chez des amis. »

    Ce mardi, des ouvriers évacuaient des gravats. Interrogé par La Marseillaise sur la situation de son immeuble et de ses locataires, dont une jeune étudiante en « bail mobilité » au rez-de-chaussée, Mehdi Guenouni, le gérant des deux sociétés, a répondu très posément : « Il n’y a pas de situation. Il n’y a pas de péril. » Il n’a pas souhaité davantage s’exprimer.

    « C’est un exemple assez sidérant de la dévitalisation d’un immeuble qui passe de l’habitation classique à la location hôtelière sauvage en chassant les habitants et en fracturant leurs murs », commente Dominique Dias, expert appelé par des locataires. Les travaux opérés sur la base de déclarations préalables visant un « changement de destination de bureau en hébergement hôtelier » ne sont pas réguliers. En effet, à la suite d’un recours contre trois déclarations préalables et après visite d’un inspecteur de l’urbanisme, des illégalités ont été constatées. « L’analyse approfondie des pièces de ces trois dossiers a mis en lumière plusieurs éléments susceptibles de conduire à un retrait pour fraude de la décision implicite de non-opposition dont vous bénéficiez depuis le 13 juin 2024 », avait signifié l’adjoint à l’urbanisme, éric Méry, dans une mise en demeure du 17 décembre 2024. « Des éléments précis et concordants laissent penser que les surfaces objet du changement de destination étaient en réalité des surfaces d’habitation, et non de bureau », écrivait la Ville. Les déclarations décrivent des travaux « sans modification des structures porteuses » or, « contrairement à ce que laissait penser sa présentation, le projet de changement de destination s’accompagne nécessairement de modifications des structures porteuses du bâtiment et aurait donc dû, à ce titre, faire l’objet d’une demande de permis de construire ».

    En conclusion, pour la mairie, « les trois projets visent à la création d’un grand nombre de meublés de tourisme » qui « engendrera inévitablement des nuisances sonores graves pour le voisinage, notamment la nuit ». Avertissements et assignation n’ont pas empêché la fuite en avant.