Tag: Hausse des salaires

  • Un deuxième round pour les énergéticiens

    Un deuxième round pour les énergéticiens

    « Le constat est que le mouvement s’ancre. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plutôt positif alors que des dizaines de milliers d’énergéticiens entamaient, ce jeudi, leur troisième jour de grève.

    Autour de lui au sein de la Bourse du travail de Marseille, on retrouve Sébastien Koch, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence et Jean-Michel Roccasalva, leur homologue de la centrale de Gardanne. Et tous font part d’un mouvement social « bien suivi » dans les industries électriques et gazières. « Le mouvement a pris, il se poursuit. Il y a des particularités sur chaque site avec différentes formes de piquets mais il y a bien un impact », explique Sébastien Koch. Avant de prendre des exemples concrets : « Il y a eu des baisses de puissance de production sur des sites nucléaires, le réseau était tendu. Cette nuit, on a reçu des messages dans les salles de commande des sites partout en France autour de la sécurité du réseau et des risques de black-out. »

    Localement, Nicolas Davan énumère les points chauds de la région : « Il y avait des grévistes sur tous les sites d’Enedis, avec deux opérations filtrage. Les deux terminaux méthaniers de Fos étaient en grève, pareil pour Cycofos et Combigolfe [deux centrales à gaz dans les Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Pour rappel, la fédération des mines-énergie CGT, à l’origine de l’appel à la grève, revendique une hausse des salaires au niveau de la branche et une baisse drastique des factures pour les usagers. Autant de points évoqués en réunion avec la préfecture des Bouches-du-Rhône, plus tôt dans la journée puisque les syndicalistes avaient rendez-vous avec celle-ci. « On nous a écoutés mais il faut que ça soit suivi. Il y a urgence à ce que nos revendications remontent à notre ministère de tutelle, puisqu’il ne sera peut-être plus là dans quelques jours… », laisse en suspens Sébastien Koch.

    Le 9, 10 et 11 dans le viseur

    Jean-Michel Roccasalva, fort de son expérience de luttes sociales à la centrale, rappelle que la CGT est prête à aller au bout : « L’idée est de mettre en difficulté le patronat pour aller chercher des revendications légitimes. Il va falloir que les entreprises et le ministère entendent notre colère. Les baisses de charges sont les prémisses. On peut aller beaucoup plus loin. » D’où un ajustement de la stratégie de l’organisation syndicale en vue de la poursuite du mouvement. « Lundi, on va faire le bilan sur tout ce qui a été fait puis on va reconstruire une nouvelle séquence forte : les 9, 10 et 11. Certains sites et grévistes vont tenir jusque-là », développe Nicolas Davan.

    Ils espèrent concrètement insuffler « un nouvel élan » autour de la date du 10 pour laquelle de nombreux appels au « blocage du pays » sont lancés. Confédéralement, la CGT appelle également à la grève ce jour. « Le ras-le-bol que les gens exprimeront le 10 septembre et notre lutte ne sont pas antinomiques. Les énergéticiens seront dans l’action le 9, le 10 et le 11. Les luttes sociales ne se soustraient pas », conclut Sébastien Koch.

  • Très chère rentrée

    Très chère rentrée

    La rentrée scolaire est synonyme de dépenses de plus en plus lourdes pour les familles.

    Pour celles aux revenus faibles, – près de 100 000 (97 036 précisément) dans le seul département des Bouches-du-Rhône – l’allocation de rentrée scolaire, versée à partir de ce mardi, est une bouée qui permet de ne pas complètement couler. Plus de trois millions de ménages sont concernés en France. Mais malgré
    la crise économique et sociale, cette année sa revalorisation est scandaleusement minime, de l’ordre de 1,7 %.

    Cette hausse très modeste (entre 7 et 8 euros par enfant) est en deçà des prévisions de l’inflation, c’est-à-dire de l’augmentation générale des prix. Une inflation qui frappe en priorité les citoyens pauvres et les travailleurs aux revenus au plancher.

    Réduction des inégalités

    Cette décision du gouvernement est d’autant plus condamnable qu’une récente étude (2023) de
    la Caisse d’allocations familiales, met en relief
    la faible proportion de cette aide dans le coût annuel de la scolarité des enfants et adolescents. L’allocation représente seulement un tiers des dépenses réelles des familles. Créée il y a 51 ans, cette allocation participe certes à la réduction des inégalités sociales à l’école mais sans les gommer. Elle est aujourd’hui insuffisante. Au-delà d’une politique de l’emploi et de l’augmentation des salaires qui nécessitent radicalement d’autres choix, il y a l’action immédiate des collectivités locales. Elles viennent épauler les familles en agissant pour assurer, par différents dispositifs, une rentrée la plus égalitaire et solidaire possible. Loin des économies coupables du gouvernement.