Tag: Handisport

  • Première réussie pour les amputés olympiens

    Première réussie pour les amputés olympiens

    Après « une année de découverte », la section OM pour amputés a officiellement disputé son premier match au sein du championnat de France, samedi à l’OM Campus, face au Paris FC. Une rencontre inédite qui s’est conclue par un joli succès des Marseillais (3-2).

    « Ça fait trois mois qu’on se bat, qu’on s’entraîne très souvent ensemble et là, pour nous, c’est un honneur de pouvoir représenter l’OM et d’apporter cette victoire aujourd’hui », sourit Romain Abellan, auteur d’un doublé contre les Franciliens, dont une sublime reprise de volée imparable. Au-delà des individualités techniques, c’est avant tout le collectif olympien qui a fait la différence. « On est une famille, on est des frérots. On joue tous avec le cœur ici », partage l’ancien pensionnaire du centre de formation du Nîmes Olympique, avant d’être amputé de la jambe gauche suite à un staphylocoque doré.

    Préparation musclée

    Afin d’être fin prête pour le grand jour, la section OM pour amputés a débuté sa préparation trois mois auparavant. « On est passés d’une séance tous les dix jours à deux, voire trois séances toutes les deux, trois semaines », souligne l’entraîneur Karim Belounis, conscient que les entraînements ont eu un impact significatif sur la condition physique de ses protégés. « Le fait de pouvoir béquiller, ça demande un gros effort au niveau du cardio, au niveau de la musculature, donc du haut du corps », développe l’ex-sélectionneur adjoint de l’équipe de France pour amputés.

    « Ces trois derniers mois ont été intenses physiquement, parce qu’on reste des joueurs amateurs. On a un travail la semaine, puis faut trouver les ressources pour aller s’entraîner derrière. Mais le coach ne nous a pas lâchés », insiste Romain Abellan, fier de voir que leurs efforts ont porté leurs fruits. Ils ont terminé ce premier week-end de compétition en étant invaincus, après leur victoire, dimanche, face à l’ES Lanfonnet (2-0).

  • Badminton : Emma Reymond sur deux tableaux

    Badminton : Emma Reymond sur deux tableaux

    Ils sont sourds ou malentendants, sportifs de haut niveau, mais ne peuvent pas participer aux Jeux olympiques, ou Paralympiques.

    Néanmoins, ces athlètes ont « leurs » jeux mondiaux. Les Deaflylimpics, une épreuve internationale réservée aux sportifs souffrant de ce handicap. Pour pouvoir intégrer ce circuit particulier, la personne doit avoir une perte auditive supérieure à 55 décibels. Et en compétition, elle ne peut pas avoir ses prothèses auditives.

    Cette année, c’est à Tokyo que se retrouvent les 3 000 athlètes, représentants 70 nations. Parmi eux, dans l’épreuve de badminton, figure Emma Reymond. La Vitrollaise est une habituée des grands rendez-vous internationaux. Elle est engagée sur deux tableaux. En individuel et en double mixte, avec son complice Xavier-Guillaume Valledor.

  • Eric d’Argent se lance dans sa ruée vers l’or aux mondiaux de para-surf

    Eric d’Argent se lance dans sa ruée vers l’or aux mondiaux de para-surf

    Avant même de savoir parfaitement nager, Eric d’Argent était déjà sur une planche de surf.

    « Je suis né et j’ai grandi à Carro. J’avais la Méditerranée sous les yeux en permanence et grâce au club du Lou Martegue Surf Club et Michel Léali, j’ai pu faire du surf un plaisir, une passion, une addiction ! », confesse-t-il. Malgré une attaque de requin à la Réunion, qui lui a coûté une partie de sa jambe gauche en 2011, Eric d’Argent n’a jamais renoncé à pratiquer le surf. « Être sur une planche, cela a été un vecteur de bien-être qui m’a permis de retrouver un équilibre », explique-t-il.

    En France et en Europe, Eric est devenu une référence. « J’ai surfé sur toutes les mers, y compris à Tahiti sur la fameuse Teahupo’o. Montré que, malgré le handicap, il est possible de dépasser ses limites. »

    Cette saison, il a glané deux nouveaux titres, en France et en Europe. « Il me reste à aller chercher un sacre mondial. Mais c’est la marche la plus dure à franchir », reconnaît-il. Eric d’Argent va disputer son neuvième championnat du monde. « Il y aura de la concurrence, avec les 140 meilleurs mondiaux. Y être, c’est déjà une victoire », note-t-il.

    Après d’intenses séances d’entraînement, sur la côte landaise, le Martégal est prêt à se lancer dans une nouvelle ruée vers l’or. Il compte déjà deux titres par équipe et a été quatre fois vice-champion. Il espère que cette fois sera la bonne.

  • Pierre De Garam prêt pour les Deaflympics

    Pierre De Garam prêt pour les Deaflympics

    Marseille sera représentée aux Deaflympics d’été, à Tokyo (15-26 novembre). Pierre De Garam, seulement 18 ans, fait partie de l’équipe de France de tennis qui se rendra au Japon pour cette compétition regroupant les sportifs sourds et malentendants du monde entier. Mis en retrait du mouvement paralympique, ces athlètes ont aussi le droit à leur rendez-vous international tous les quatre ans. Après Caixas do Sul (Brésil), le Japon est l’hôte cette saison.

    Alice, la mère de Pierre, a accepté de nous répondre, puisque son fils est actuellement en stage. « Pierre est sourd profond, il porte un appareil auditif, mais parle presque comme vous et moi. » L’histoire de Pierre De Garam avec le tennis a débuté, par hasard, lorsqu’il avait 8 ans. « Par hasard, parce qu’il y avait des courts de tennis où nous nous sommes installés et il y est rapidement allé avec son frère jumeau », raconte Alice. Jusqu’à ne jamais quitter le sport ces dix dernières années.

    Le Japon, un rêve qui va devenir réalité

    Champion du monde juniors en double mixte et champion d’Europe en double, le jeune tennisman est désormais en seniors. Il doit s’habituer à jouer contre des joueurs avec un niveau plus élevé, mais se classe actuellement au 17e rang mondial en simple. L’envie de participer à cet événement japonais était immense et il s’en est donné les moyens. L’athlète, licencié à Luminy, s’est notamment mis au crossfit l’année dernière, pour s’entretenir physiquement. « Tokyo, c’était vraiment son rêve. On a attendu la réponse durant un mois cet été. C’est génial pour lui, ça lui fait vivre des choses exceptionnelles », développe Alice.

    Le rêve serait aussi de revenir en France avec une médaille autour du cou. En simple, le défi sera immense, en double, son statut de top 10 pourrait lui permettre de se rapprocher d’un podium. Pierre De Garam, classé 15e aux tableaux de la FFT, sera donc en lice dès le 16 novembre et espère être présent jusqu’aux finales, le jour de la clôture des Deaflympics 2025.

  • Le Varois Louis Hardouin en lice à l’Eurobasket en Bosnie-Herzégovine

    Le Varois Louis Hardouin en lice à l’Eurobasket en Bosnie-Herzégovine

    Le club d’Hyères bien représenté aux championnats d’Europe de basket-fauteuil, qui se tiennent cette semaine en Bosnie-Herzégovine. Six de leurs joueurs sont concernés, dont le chef de file Louis Hardouin, habitué aux compétitions internationales. À 27 ans, le Francilien est l’un des expérimentés du groupe. Il a évolué à Bordeaux, Meaux puis à Vigo et Wiesbaden. Des expériences à l’étranger qui ont été bénéfiques pour lui : « J’ai pris le meilleur des deux championnats pour l’ajouter à mon jeu et progresser. » S’il a préféré l’aspect collectif de la ligue allemande, le joueur a pu développer son style à travers ces années. Plus petit en taille, Hardouin est à l’aise derrière la ligne à 3 points et joue avec son explosivité pour être dangereux proche du panier.

    Avec l’objectif de se qualifier au Mondial

    Le basket marque sa vie depuis qu’il a dix ans. Atteint d’arthrogrypose depuis la naissance, c’est-à-dire une raideur au niveau des articulations, il a toujours été un fan du sport, avec comme objectif l’équipe de France. Lors de cet Euro, les Bleus visent clairement un top cinq. « Les cinq premières places sont qualificatives pour le Mondial et les deux nations suivantes vont en barrages. Cinquième, c’est à peu près notre place lors des derniers championnats d’Europe », raconte Louis Hardouin.

    Après la déception paralympique à Paris [balayés en quarts de finale par les États-Unis, Ndlr], les Bleus veulent rebondir dans les Balkans. La compétition a bien débuté avec deux succès de suite, mais deux défaites ont mis la France dans l’embarras. Finalement qualifiée lors de la dernière journée, l’équipe de France a bien le top cinq dans le viseur.

  • Au carrefour de la recherche et des performances sportives

    Au carrefour de la recherche et des performances sportives

    Les Rendez-vous Carnot se tenaient, ce mardi, en plein cœur de Marseille. Le but du rassemblement ? Mettre en lien les entrepreneurs et leur donner accès au meilleur de la recherche publique française. Lors de ce salon, de nombreux stands ont présenté des nouvelles technologies liées au sport, des innovations au service de la performance des athlètes, mais aussi de leur santé. Trois d’entre elles retiennent l’attention, de par leur utilité pour l’entraînement personnel ou la prévention de séquelles cérébrales.

    L’entreprise Multi Wave et Amidex – le fonds d’investissement de l’université Aix-Marseille – ont co-financé un projet d’IRM mobile. Cette petite machine d’environ un mètre de haut doit servir à faciliter l’accès au scanner et répondre à des problèmes immédiats, comme lors d’un AVC. « Nous sommes en train de pousser les performances de la machine pour ensuite obtenir une certification », explique Jonathan Bartoli, responsable des projets et subventions pour Micro Wave. Les avantages de cet IRM, agir plus rapidement et permettre un suivi dit « longitudinal ». C’est-à-dire être dans la prévention, intervenir au moment d’une blessure et poursuivre lors du processus de guérison. Cette machine est facile à utiliser mais elle est encore au stade de la recherche. Pourtant, les potentiels clients se présentent déjà. « Des fédérations internationales nous ont déjà contactés , la NBA, le monde de la moto, le ski… », énumère Jonathan Bartoli. Avec l’idée d’étendre les compétences de l’IRM au reste du corps dans les années à venir.

    La réalité virtuelle entre en piste

    Quelques mètres plus loin, le projet Revea est lui aussi bien concret. Né d’un appel à projets de la Fédération française d’athlétisme, il permet d’optimiser les capacités d’anticipation des relayeurs de 4x100m grâce à la réalité virtuelle. L’athlète porte un casque de réalité virtuelle sans fil et doit ajuster en quelques foulées sa course en présence de jumeaux numériques. À la suite de l’entraînement, coach et sportif reçoivent un rapport d’analyse des performances. Ce dispositif 100% tricolore a déjà été utilisé en amont des Jeux olympiques 2024 et servira pour les prochaines échéances internationales. « L’outil est entièrement paramétrable. Le principal risque est que l’environnement soit trop éloigné de la réalité et que l’athlète soit perdu lorsqu’il est en piste. Le paramétrage est donc primordial », détaille Martin Eguiziona, doctorant travaillant sur ce projet. Le salon n’oublie pas non plus d’aider les athlètes handisports. Utilisable en rugby ou en athlétisme, un fauteuil équipé de roues connectées pourrait aider les sportifs à connaître exactement la puissance qu’il développe. Des capteurs sont placés au-dessus de la roue et les données sont envoyées sur une application smartphone. L’objectif, à terme, est de le rendre accessible aux professionnels, pour qu’ils adaptent leur préparation physique en fonction des résultats.

    Des projets à l’état embryonnaire pour certains ou déjà développé pour d’autres, avec le but de placer la performance au centre de l’attention.