Tag: Handicap

  • Un nouveau lieu inclusif pour les sourds et malvoyants à Marseille

    Un nouveau lieu inclusif pour les sourds et malvoyants à Marseille

    Ce mercredi 5 novembre à 11h, l’Institut régional des sourds et aveugles de Marseille (Irsam) a présenté la Villa Saint-Louis et son superbe site, au pied de Notre-Dame de la Garde. Futur lieu de vie et d’inclusion, il ouvrira au public début 2026. L’Irsam, qui accompagne les jeunes et adultes présentant une déficience ou un handicap sensoriel, s’attache à travers ce lieu à favoriser leur autonomie au quotidien.

    « C’est un tiers-lieu qui remplira trois objectifs, présente Ambroise Arnaud, le président de l’Irsam. Il s’agit d’abord d’un habitat inclusif. Ce sera ensuite un lieu de vie sociale et partagée ouvert à tous, et enfin une entreprise adaptée, que nous avons nommé Le Répit de Notre-Dame », ajoute-t-il, rayonnant. « Ce Répit permettra non seulement d’accueillir les visiteurs et pèlerins qui montent et descendent, mais permettra également aux résidents que nous accompagnons, de pouvoir travailler et donc de s’épanouir davantage », poursuit-il.

    Le Répit de Notre-Dame

    En plus de bénéficier d’un panorama exceptionnel, la bâtisse proposera des salons type lounge, un espace à louer pour les entreprises, un espace de restauration dans un esprit épicerie de quartier, et plus encore. « L’activité de restauration sera tenue par des personnes potentiellement déficientes visuelles ou cognitives », décrit Julie Giraud, pilote du projet pour l’Irsam. « Et la vie collective se passera aussi au niveau des jardins : on a quatre restanques magnifiques, qui vont être aménagées pour avoir un potager, un terrain de pétanque, une terrasse pour le café », détaille-t-elle.

    Le tiers-lieu mettra à disposition dix appartements. Trois accueilleront des personnes suivies par l’Irsam, comme Camille, 32 ans, malvoyant, qui travaillera au Répit de Notre-Dame. Il sera le tout premier locataire. « Cela représente pour lui la concrétisation d’un long travail personnel de développement de son autonomie. Lorsqu’on présente une déficience visuelle, plier son linge ou se faire à manger n’est pas si simple » raconte Jérémy Brakha, accompagnant éducatif et social.

    Pour les autres appartements, des locataires volontaires seront sélectionnés pour prendre part à ce projet de vie. Le site promet donc un souffle nouveau. Il a été offert il y a quelques années par la Congrégation des Sœurs immaculées de Marie à l’association Irsam. « C’est un projet de rénovation qui a pris du temps car on voulait vraiment mettre ce lieu au profit des personnes qu’on accompagne », explique Julie Giraud. « On aimerait louer à partir de février, glisse-t-elle, et ouvrir les lieux communs à partir de mars »… Pour le plus grand bonheur de ce quartier touristique, jusqu’ici pauvre en propositions de restauration.

  • Mobilisation contre « la répression » dans le social

    Mobilisation contre « la répression » dans le social

    Ils étaient une quarantaine à s’être regroupés devant le siège de l’Association d’accueil des personnes handicapées de l’Hérault (APSH 34) basé à Malbosc. Ils reprochent à la direction un management « toxique » qui se traduit par la convocation de deux salariés pour une éventuelle sanction. « La direction reproche à ces deux salariés, lors d’un week-end, de ne pas avoir alerté leur cadre d’astreinte car les toilettes d’un logement étaient bouchées et d’avoir laissé le résident dans des conditions indignes. Sauf que les salariés ont trouvé une solution pour le week-end et le problème était résolu le lundi. Les raisons de ces convocations deviennent de plus en plus lunaires », explique José Théron, secrétaire général de la CGT Action sociale dans l’est de l’Hérault.

    Conséquence des coupes dans les budgets ?

    Si la CGT a tiré la sonnette d’alarme c’est que la situation à l’APSH34 n’est pas rare. « On constate une multiplication des mesures disciplinaires, des entretiens préalables à sanction et des licenciements pour inaptitude. Le management se durcit alors que nous sommes dans un secteur qui manque de personnel », confirme le syndicaliste. Pour illustrer son propos, José Théron s’appuie sur la situation d’une infirmière convoquée la semaine précédente par son employeur, le Pôle d’urgence sociale de l’Avitarelle, en vue d’un possible licenciement : « Elle a déjà eu 25 jours de mise à pied sans salaire. On ne connaît pas encore la sanction mais on se dirige vers un licenciement. Elle est accusée de harcèlement, de non-respect de la hiérarchie et du lien de subordination. C’est délirant ! D’autant qu’elle est soutenue par l’équipe avec laquelle elle travaille. »

    Depuis plusieurs mois, les syndicats de l’action sociale de l’Hérault multiplient les manifestations pour dénoncer les coupes budgétaires dans ce secteur et montrer leurs conséquences sur les usagers mais aussi sur les structures et les employés. « Il y a des baisses de budget au niveau de l’ARS ou du Département. Ce sont donc des économies faites sur le dos de personnes accueillies. Comme la masse salariale représente 80 à 85% des dépenses des structures, on comprend pourquoi elles essaient de se séparer d’une partie de leur personnel », précise José Théron.

  • L’état défend sa mobilisation « très forte » pour les AESH

    L’état défend sa mobilisation « très forte » pour les AESH

    Sept mois après avoir été interpellé par une question du député (PS) Laurent Lhardit, le gouvernement assure, dans une réponse publiée ce mardi, de sa « mobilisation très forte et durable » pour accompagner les élèves en situation de handicap sur la pause méridienne.

    Pendant un an, la municipalité marseillaise avait multiplié les alertes, contrainte de prendre en charge les postes d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) depuis la rentrée 2024, alors même que la responsabilité en était revenue à l’éducation nationale. « On comptabilisait, en octobre 2024, 306 élèves accompagnés sur la pause méridienne, soit 49,3 équivalents temps plein d’AESH recrutés » dans les Bouches-du-Rhône, se défend le ministère dans sa réponse. En précisant que « tous les enfants en situation de handicap ne relèvent pas d’un besoin d’accompagnement sur le temps de pause méridienne ».

    « Depuis la rentrée 2025, la loi est appliquée à Marseille, reconnaît l’adjointe (PM) chargée du Handicap, Isabelle Laussine. Pour autant, c’est chaotique, il n’y a pas les moyens nécessaires. » Et de témoigner : « Sur certaines écoles où il y avait 4 ou 5 AESH, il n’y en a plus qu’une, c’est catastrophique ! » Rien que pour Marseille, la municipalité estime les besoins à plus de 400 AESH pour 600 enfants. Désormais, ses services juridiques travaillent pour réclamer à l’état les 3 millions d’euros dépensés sur l’année scolaire passée, pour la prise en charge des élèves concernés face à la carence de l’état.

  • Le Téléthon prend de la hauteur jusqu’à la Sainte-Victoire

    Le Téléthon prend de la hauteur jusqu’à la Sainte-Victoire

    Au pied de la Sainte-Victoire, Victoria, Tom, Alice et Louis s’apprêtent à gravir l’un des flancs de la montagne. D’ici quelques semaines, le Téléthon rayonnera un peu partout en France (5 et 6 décembre). Mais, ce vendredi matin, les élèves officiers de l’école nationale des sous officiers de sapeurs pompiers (Ensops) lancent les premières actions locales. Ce jeudi matin, épaulés par les équipes de l’AFM Téléthon (voir ci-dessous), les élèves de la 120e promotion ont enfilé les baskets, malgré la pluie, pour accompagner ces quatre jeunes âgés 8 à 19 ans jusqu’au Prieuré Sainte-Victoire, à l’aide de trois joëlettes et un fauteuil tout-terrain prêtés par le Parc national des Calanques de Marseille et l’association Dunes d’espoir.

    L’action a aussi été coorganisée avec l’association des Amis de la Sainte-Victoire. « Dans notre promotion, nous avons deux parents d’enfants en situation de handicap. On a voulu faire une action qui puisse montrer notre soutien à leur engagement au quotidien », explique le lieutenant Thomas Chabay. La promotion, nommée « ambassadrice » et responsable d’organiser une mission en vue du Téléthon 2025, s’est constituée en équipe chargée de projet.

    Informer sur la maladie

    Le lieutenant Chabay poursuit : « étant donné qu’on était proches de la montagne Sainte-Victoire, on a fait le lien avec la symbolique portée dans le nom et proposé un défi sportif solidaire qui est l’une des valeurs du métier de pompier. »

    « L’ascension de la Sainte-Victoire est quelque chose qui permet de fédérer le collectif (…), il y a une vraie culture du sport, de l’effort, de la cohésion dans énormément de casernes en France, précise Salomé. Il y a des initiatives qui sont portées, chaque année, par des dizaines de milliers de projets pour lever des fonds à l’intention de l’AFM Téléthon. »

    Une cagnotte en ligne est accessible sur les pages de l’Ensops. Si elle n’est pas directement liée à l’ascension de ce jour, la promotion espère que la médiatisation de la randonnée permette de l’étoffer. En milieu d’après-midi, ce jeudi, 210 euros avaient déjà été récoltés. « Mais le Téléthon, c’est aussi mettre en lumière les pathologies et montrer au travers de ces enfants accompagnés sur cette ascension que le handicap n’empêche pas d’avancer dans la vie », note le Colonel Laurent Kihl, directeur de l’Ensosp.

    « C’est une super expérience pour Tom (16 ans), dans un environnement de pompiers qu’il affectionne, dans l’environnement Téléthon qui est une organisation qui a du sens pour lui, forcément. Il est pressé, il attend ça depuis des semaines, ajoute Alexandra, sa mère. Le souhait de Tom n’est pas de bénéficier des fonds, mais à travers les pompiers, cette action, participer et aider les autres enfants en situation de handicap. » En route donc, pour une journée de randonnée sur 10 km. D’autres actions internes à l’école seront également organisées pour soutenir le Téléthon et collecter des fonds. Eva Bonnet-Gonnet

  • Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Depuis la rentrée de septembre, le second degré est sous tension. Dans le sillage de plusieurs collèges de l’Hérault, Louis-Germain a débrayé durant trois jours la semaine dernière pour dénoncer une école inclusive au rabais. Le mercredi 15 octobre, un rassemblement a également été organisé devant le rectorat, tandis qu’une délégation était reçue par l’entourage de la rectrice.

    « Nous avions treize AESH, mais nous en avons perdu trois cette année. Ce sont des départs forcés, on n’a pas eu le choix. Le Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé) nous a réparti.es autrement parce qu’il manquait de personnels dans le premier degré », explique Isabelle, accompagnante d’élèves en situation de handicap et syndiquée à la FSU.

    Dans le détail, trois accompagnatrices du Pial sont actuellement en congés maternité, parental et arrêt maladie, mais l’Éducation nationale ne prévoit aucun remplacement pour ces personnels spécifiques. Mécaniquement, le bahut a perdu 84 heures de présence. À échelle du Pial, les AESH restantes ont donc été redirigées en priorité sur les élèves bénéficiant d’une notification individualisée – puisque la loi les concernant exige une application stricte – au détriment des notifications mutualisées, dont l’application a été rabotée. « On est donc passé de six heures par élève chaque semaine, à deux ou trois heures. Mais malheureusement, le handicap ne s’arrête pas au bout des trois heures de suivi », s’indigne Olivier, AESH lui aussi (Sud Éducation).

    À leur côté, les parents sont consternés. « Dans ce collège, nous n’avons que des classes de 30 élèves. Elles sont surchargées, donc l’absence d’une AESH impacte forcément l’ensemble du groupe », témoigne une mère présente devant le rectorat. Sans compter la perte de chance pour les élèves porteurs de handicap, dont certains « décrochent » littéralement.

    Contacté, le rectorat se retranche derrière le règlement. « La MDA (Maison départementale de l’autonomie) notifie à hauteur de 3 ou 4% d’élèves en plus chaque année, mais nos dotations n’augmentent pas autant… Et le Département de l’Hérault a affecté tous les AESH dont il disposait début septembre. On ne peut pas nier qu’il y ait des tensions, et on comprend les difficultés des personnels, mais ce n’est que le témoignage d’un Pial qui fonctionne comme il doit fonctionner », réagit Sandy-David Noisette, directeur académique adjoint des services de l’éducation nationale dans l’Hérault.

    Réunis en intersyndicale mercredi 15 octobre, Sud Éducation, la FSU, la CGT, FO et la CNT réclament une « alerte d’urgence pour l’Hérault » comme celle qui avait été lancée en Seine-Saint-Denis l’année dernière. « Le problème existe dans toute l’académie, mais l’Hérault est le département qui regroupe le plus d’établissements, et nous manquons de tout  : AESH, médecins scolaires, médecins de prévention… », détaille Jordan Homps (Snes FSU). Les syndicats appellent donc l’ensemble des établissements de l’Hérault à faire remonter leurs difficultés pour évaluer plus précisément les manques… Avant d’envisager une action collective courant novembre.

  • Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Juste derrière le lycée Fourcade, le chemin piétonnier de Vallat Saint-Pierre, qui longe le ruisseau éponyme, est désormais jalonné d’équipements sportifs. Ce « parcours santé » Vita (vie, en latin) est aujourd’hui accessible à tous. Sur plus d’un kilomètre en nature, dix-huit modules sportifs, inaugurés samedi dernier, sont répartis sur trois sections.

    à commencer par « l’initiation à la marche pour personnes sédentaires ou en reprise d’activité », qui s’adresse aux usagers à mobilité dite très réduite, en grandes difficultés pour marcher. « Ces parcours, en accès libre, ça n’existe nulle part ailleurs. C’est un projet innovant, rapporte Jean-François Garcia, adjoint délégué au sport et à la santé de la Ville, médecin de profession, à l’initiative du projet. Ce parcours d’initiation à la marche existe dans les Ehpad ou les IME à destination des personnes qui séjournent dans ces établissements. »

    Trente mètres plus loin, une autre section conçue pour les usagers à mobilité réduite (PMR). Composée de cinq modules, elle permet la pratique d’une activité physique adaptée. L’équipement a été réalisé de façon à travailler le corps dans sa globalité : motricité, coordination, équilibre, tonus et fonctions cognitives. Un QR code, affiché à proximité des installations, toutes sections confondues, permet d’accéder à des vidéos d’exercices, conçues par les équipes de la Ville (service des sports et communication).

    Inclusion par le sport

    En longeant le ruisseau, la dernière section du parcours propose des modules dits de « sport classique », davantage dédiés au travail de l’équilibre et de la souplesse, avec la coordination plutôt que la fitness. « L’objectif de ce parcours reste celui de la santé pour tous, précise Jean-François Garcia. Les modules de fitness, on en voit partout, mais ils ne sont pas accessibles à une certaine partie de la population. Cette aire est conçue pour cela. Sur les 18 modules du parcours, 10 sont accessibles et PMR ou activité physique adaptée (APA). Cela s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap moteur, d’un trouble du spectre autistique, souffrant d’obésité ou de diabète. On voit trop de personnes sédentaires, une attitude mauvaise pour la santé. Certains ne peuvent simplement pas pratiquer le sport parce qu’ils n’ont pas de lieu adapté et accessible. »

    Ce projet vise également à favoriser « le brassage entre personnes valides et non valides », en créant un lieu « de vie intergénérationnel et interquartiers », propice au lien social, précise l’adjoint. Son emplacement stratégique, à proximité d’un lycée, du centre-ville, du quartier Notre-Dame (ancien quartier prioritaire, désormais territoire à fort enjeu), d’un parcours de promenade familiale et d’un city-stade, renforce cette ambition.

    Le coût global du projet s’élève à 220 000 euros, dont 33% financés par le Département.

  • Un tiers des jeunes en souffrance psychique

    Un tiers des jeunes en souffrance psychique

    Ce lundi, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, organise une conférence sur la santé mentale des jeunes dans le cadre d’un nouveau cycle de rencontres mensuelles intitulé « Enfance en débat », consacré aux grands enjeux de l’enfance. Intitulée « Santé mentale des jeunes : un défi collectif vers une société engagée », cette journée va mettre en relief une réalité inquiétante : selon une étude de grande ampleur menée par L’inserm, un tiers des jeunes de 18 à 24 ans déclarent être en souffrance, de l’anxiété aux troubles psychiatriques.

    L’enjeu est aussi au cœur du travail d’une commission parlementaire sur la prise en charge de la santé mentale et du handicap. Le 22 septembre, son rapporteur, le député socialiste de Gironde, Sébastien Saint-Pasteur, estimait que « le compte n’y est pas », un an après que le sujet eut été érigé en « grande cause nationale » par l’ancien Premier ministre Michel Barnier.

    Le handicap et la santé mentale sont « deux sujets qui se rejoignent par rapport aux délais et aux difficultés de prise en charge mais aussi dans le manque de professionnels », a déclaré le député socialiste. La Commission poursuit cette semaine ses auditions et devrait rendre publiques ses préconisations à la fin de l’année.

    Partenariat avec Disney

    Ce manque de moyens publics pour répondre aux besoins des plus jeunes est illustrée par la décision du gouvernement de lancer un partenariat avec le géant américain du divertissement Disney. Cette campagne de sensibilisation à la santé mentale à destination des enfants dévoilée le 9 octobre, s’appuie sur les personnages du film Vice-Versa. Un livret d’information à destination des enfants du CP à la 6e, « Parlons santé mentale », met en page les personnages et des visuels inspirés du film d’animation à succès de Pixar, filiale de Disney. Il sera mis à disposition des enseignants partout en France dans les prochains jours, après les vacances scolaires de la Toussaint. Des affiches, un livret à destination des parents, et un spot d’information complètent le dispositif. « Plus de 40% des 18-24 ans présentent des signes de dépression », a souligné Michaël Nathan, directeur du Service d’information du gouvernement (SIG), lors d’une conférence de presse jeudi 9 octobre. Il a précisé que Disney n’avait pas été rémunéré dans le cadre du partenariat, décrit comme un outil d’information sur la santé mentale parmi d’autres. Il a rappelé que le ministère de l’Éducation nationale utilisait aussi la mini-série Adolescence, diffusée sur Netflix, sur les dangers des réseaux sociaux et des mouvements virilistes chez les adolescents. « On a là des outils qui correspondent exactement à ce qui est impactant » chez les plus jeunes, « toutes les études, tous les experts nous disent que sur ces questions (…), si on l’aborde directement en termes de (…) de message sanitaire, on n’atteint pas nos objectifs », a expliqué Thibaut de Saint Pol, délégué interministériel à la jeunesse, lors de la conférence.

    Une institutrice de la Drôme confie que « sur Eduscol », outil de ressources pédagogiques pour les enseignants, « on a du matériel mais ces supports ne sont pas adaptés aux enfants actuels. Il nous manque des ressources clés en main, des supports parlants, colorés… », ajoute-t-elle, affirmant que « tout le monde utilise Vice Versa (…), la gestion des émotions, c’est un vrai sujet dans nos classes ».

    Elle interroge toutefois : « j’utilise La couleur des émotions d’Anna Llenas, un classique de la littérature jeunesse » en classe, « pourquoi ne promeut-on pas ce genre de livres ? ». Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale du FSU-Snuipp, affirme que « le ministère ne devrait pas avoir à conclure des partenariats avec des (intermédiaires) privés pour combler ses manques, particulièrement avec des multinationales ». L’enquête Talis, menée par l’OCDE auprès des enseignants et chefs d’établissements, « dit bien que les compétences socio-émotionnelles en France sont moins travaillées que dans les autres pays » car « nous manquons de formations », constate-t-elle.

    À SAVOIR

    Étude Mentalo

    C’est la première grande étude nationale sur le bien-être mental des 11-24 ans menée par l’Inserm. Elle les questionne plusieurs fois dans l’année, afin de suivre l’évolution de leur bien-être et d’identifier les facteurs qui y sont associés. Lancée en mai 2024, elle s’achèvera en 2026.

    Les filles plus touchées

    Le bureau Europe de l’OMS a publié en octobre 2023 les données issues de l’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC). En France, la santé mentale s’y dégrade particulièrement à 15 ans et parmi les jeunes filles qui déclarent plus souvent que les garçons un mal-être.

    Huit ados sur dix se disent en bonne santé

    8 sur 10 des élèves de collège et de lycée se perçoivent en bonne santé. Un tiers des élèves interrogés se sont déclarés en excellente santé selon une étude menée par l’Inserm. Mais seuls la moitié d’entre eux ont un bon niveau de bien-être mental.

    Risque de dépression

    14% des collégiens et 15% des lycéens présentent un risque important de dépression. Le fait de manquer d’énergie, de se sentir découragé et d’avoir du mal à réfléchir sont les trois principaux symptômes dépressifs déclarés par les adolescents.

  • À Cassis, le collège Gilbert-Rastouin a été équipé d’une entrée sécurisée

    À Cassis, le collège Gilbert-Rastouin a été équipé d’une entrée sécurisée

    Accolé à une pinède, le collège, situé avenue des Gorguettes, a été, dans les années 1960, conçu par « René Egger, qui a construit beaucoup de bâtiments scolaires et universitaires dans la région », éclaire Sylvia Doudekova. Elle-même architecte à i-lot architecture, son agence (Marseille) « a gagné le concours de maîtrise d’œuvre du collège fin 2019, début 2020. Les études ont été réalisées jusqu’en 2022, et le chantier de mai 2023 à fin 2024 ».

    Sur ce site singulier, où René Egger a positionné 4 plots, situés sur différents plans, « le projet portait notamment sur la réorganisation de l’entrée de l’établissement, ni identifiable ni sécurisé. La loge était par exemple à l’étage du bâtiment A, nous l’avons redescendue. Des portiques ont été installés à l’entrée du collège », amorce-t-elle.

    « Boîte aux maux »

    Entourée, lundi matin, notamment par Béatrice Bonfillon-Chiavassa, conseillère départementale déléguée aux collèges, et Marie-Pascale Zanettin, l’architecte poursuit la visite. Entre la cour haute et la cour basse, « nous avons créé une liaison élargie, avec un emmarchement plus large, prolongé par des gradins », commente-t-elle. L’extension créée, « un socle en béton brut qui soutient une charpente en acier galvanisé elle-même support d’un complexe de couverture végétalisé sur bac acier », l’a été sur l’espace de la cour, triangulaire. Dans ce bâtiment, la vie scolaire donne sur la cour haute, et sur un toit végétalisé lui aussi en forme de triangle et une salle polyvalente, sur la cour basse.

    « Ce projet répondait à de véritables besoins », a souligné la principale du collège. « Il nous manquait une salle polyvalente, la mise aux normes handicap, la rationalisation de certains espaces comme la loge, le bureau des surveillants. Le préau fait aujourd’hui près de 630 mètres carrés, alors qu’on n’en avait pratiquement pas… » « Les travaux, qui ont coûté 6,7 millions d’euros, ont été d’envergure, dans un site occupé, ce qui n’est jamais facile », a observé la conseillère départementale. Un peu avant, le Département des Bouches-du-Rhône a offert une nouvelle « boîte aux maux », qui se trouve, au collège, dans un local dédié. « L’intérêt du dispositif est que l’élève peut informer de sa situation en toute discrétion. Chaque fois que quelque chose est signalé, les membres de l’équipe Phare qui lutte contre le harcèlement scolaire, s’en emparent », précise la principale.

  • Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent, dans un communiqué commun, la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Education 34, qui ont déposé, le 6 octobre, une alerte sociale « pour dénoncer les conditions de travail dégradées des personnels de l’Éducation nationale, notamment en matière d’inclusion scolaire ».

    20 ans après le vote de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la réalité semble bien loin du compte. « La loi a certes permis une prise en compte de ces élèves, mais cette ambition ne s’est pas accompagnée des moyens nécessaires », déplorent les syndicats mobilisés. « Depuis le premier jour de la rentrée, un nombre inédit d’écoles nous ont alertés sur le manque cruel de moyens financiers et humains à leur disposition. »

    Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel, au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé qui ont pourtant eux aussi besoin de cet accompagnement pour progresser », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH).

    « Si les Pial priorisent les accompagnements individuels, c’est parce que la loi oblige à les accompagner. Alors que pour les élèves qui ont un accompagnement mutualisé, c’est beaucoup plus flou, donc plus difficile pour les familles de se retourner contre ça », confie l’AESH montpelliéraine. L’accompagnement mutualisé « consiste surtout en du scolaire  : reformuler des consignes, réexpliquer ce que l’enseignant vient de dire, etc. En accompagnement individuel, on va avoir des élèves beaucoup plus lourdement handicapés, qui ne sont pas forcément au niveau de la classe dans laquelle ils sont scolarisés  », détaille Clémence Cimier.

    « À l’école Léo Malet, où je travaille, sur 38 élèves notifiés pour un accompagnement individuel ou mutualisé, 15 n’ont aucun accompagnement. Et on ne parle que d’une école, imaginez à l’échelle du département… », illustre la représentante de la FSU-Snuipp, qui assure que des écoles sont concernées dans tout l’Hérault. « Privés de cet accompagnement, les enseignants doivent donc gérer à la fois les élèves en situation de handicap, les élèves non-lecteurs mais qui n’ont pas forcément d’accompagnement parce que les dossiers ne sont pas montés, les élèves allophones qui viennent d’arriver en France, les élèves dits “classiques”… ça devient trop. Tout ça entraîne de la souffrance, tant pour les enseignants que pour les AESH  », assure Clémence Cimier. « On n’a pas l’impression de ne pas pouvoir faire correctement notre travail ». Sans compter la fatigue  : « Accompagner uniquement les élèves qui ont des accompagnements individuels, donc des handicaps plus sévères, c’est une plus grande fatigabilité. Car on en accompagne plusieurs toute la journée, dans différentes classes, et ces enfants-là on ne peut pas les lâcher du regard, il faut être tout le temps là. Ils peuvent faire des crises, se jeter par terre, se frapper… », témoigne la représentante de la FSU Snuipp 34.

    « Le ministère porte la responsabilité de l’altération de la santé de ses personnels, qui tiennent seuls l’École à bout de bras, comme des conditions de scolarisation de tous les élèves, notamment ceux et celles porteurs et porteuses d’un handicap », estiment les syndicats mobilisés. Au lendemain de cette alerte sociale, ils « attendent des retours concrets, tant au niveau national qu’au niveau départemental ». « À l’aune des réponses reçues », ils « prendront leurs responsabilités quant aux suites à donner à cette alerte.  » Une rencontre était prévue jeudi 9 octobre avec la Dasen de l’Hérault.

  • À Martigues, un tiers-lieu géré par et pour les personnes en souffrance psychique

    À Martigues, un tiers-lieu géré par et pour les personnes en souffrance psychique

    « Ici, les gens qui ont des problèmes psy sont accueillis par des gens qui en ont aussi », lance le président du Groupe d’entraide mutuelle de Martigues (GEM), Julien Dupré, à l’occasion des portes ouvertes, jeudi après-midi, de ce tiers-lieu autogéré, situé quai Kléber.

    L’objectif ? « Sortir les personnes handicapées ou malades au niveau psychologique de l’isolement, les ouvrir à l’extérieur, à la vie sociale, amener à l’autonomie en préservant le libre choix d’activité en fonction de ses capacités », résume-t-il.

    Cet adhérent qui franchit le pas de la porte en est un exemple. Fabien Burgio sort un jean neuf de son sac, tout juste venu du magasin, sous les félicitations de ses pairs. « Je vais voir mon beau-père demain, alors je me présente bien, c’est important », détaille-t-il. « Tout à l’heure, il était stressé, mais il y est arrivé », se réjouit le trésorier, Karim Daineche. Fabien Burgio confie avoir « du mal à sortir, à prendre le bus à cause de la foule et du regard des gens ». « Mais ça me fait du bien de venir ici depuis trois semaines, reconnaît-il. ça me permet de voir des gens qui me correspondent, avec qui je peux discuter », avec moins de difficulté.

    Principe de pair-aidance

    La particularité du GEM est de fonctionner selon le principe de la « pair-aidance », comme l’indique Julien Dupré. Un prisme militant assumé par le président, lui-même schizophrène : « Certains pensent qu’il n’y a rien à faire pour les personnes handicapées, que les malades mentaux ne sont que des bouches à médicaments. Nous, on pense que la vie sociale est nécessaire et qu’il faut donner aux gens le pouvoir et les outils pour se réaliser. »

    Des outils comme ceux dont dispose le GEM. Dans une salle dédiée, le trésorier a disposé une borne d’arcade et deux ordinateurs. « Chacun dispose de son dossier, il y a aussi un raccourci au site Coursinfo, pour apprendre à utiliser un ordinateur », détaille Karim Daineche.

    Parmi les activités du GEM, un atelier théâtre, un groupe de parole et des ateliers antigaspi en partenariat avec le Secours populaire de Martigues. Plus encore, « on a déjà fait de la plongée sous-marine, du paddle », rappelle le président, sans oublier le camping à La Couronne, l’an passé. « Au printemps prochain, on vise le Vaucluse », indique le trésorier.

    Mais une difficulté subsiste. Sonia Suez, coordinatrice, regrette ne pas disposer de véhicule. « On finit par tourner en rond, après 7 ans d’existence. On n’accueille pas des enfants, on ne peut pas forcer les gens à faire quelque chose, ni juste prendre des cafés. Nos subventions nous obligent à un résultat », mais ne suffisent plus à passer ce cap. Une demande a été adressée en ce sens à l’ARS, tutelle de l’association.