Tag: grève

  • La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    Lancée vendredi avec un préavis posé jusqu’au 30 mars, la grève des chauffeurs-livreurs de la cuisine centrale d’Avignon a entraîné encore mardi l’annulation de la distribution des repas dans une dizaine de cantines scolaires sur les 36 que compte Avignon, uniquement dans l’extra-muros. Dans le centre-ville, les repas sont en effet délivrés par une société qui utilise des vélos-cargos.

    Assemblée générale chaque matin

    Soutenus par les syndicats des Territoriaux de la CGT et de FO, les grévistes qui se réunissent en assemblée générale tous les matins pour décider de la suite du mouvement protestent contre les conditions dans lesquelles sont menées les investigations autour de vols de grosses quantités de viande dans la cuisine centrale découverts en fin d’année dernière. Une affaire révélée en plein conseil municipal par l’élue RN Anne-Sophie Rigault, candidate arrivée à la deuxième place dimanche. Une enquête administrative interne avait alors été lancée.

    Dans un tract commun, les deux syndicats dénoncent une campagne de diffamation à l’encontre des « lanceurs d’alerte » dont les « conditions de travail se sont fortement dégradées ». « Les agents demandent une enquête administrative impartiale et transparente, ils pensent que ce n’est pas le cas pour l’instant. Chaque agent doit pouvoir être entendu et la vérité doit être recherchée sans pression ni arrangement », justifient les syndicalistes.

    La mairie de son côté estime que seuls cinq chauffeurs sont en grève et a permis depuis lundi aux parents dans les groupes scolaires concernés, tous prévenus par mail au jour le jour, de donner aux enfants un pique-nique et de laisser leurs enfants sur place durant la pause méridienne. « On a été prévenu et on se débrouille, on prépare des sandwichs… » commente Sonia, mère d’élève devant une école du quartier de Montfavet avant d’ajouter : « Je ne suis pas au courant des motifs de la grève ni combien de temps elle va durer mais ils ont sans doute leurs raisons. »

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    On va perdre plusieurs centaines d’euros avec la reprise ! » Bruno Bilny, représentant syndical CGT pour l’entreprise PY Facility, s’inquiète du passage des salariés sous pavillon d’Onet Accueil d’ici le 1er avril. Une inquiétude telle qu’une « cinquantaine de salariés » sont en grève, depuis ce samedi 14 mars, dans les gares de Marseille Saint-Charles, de Toulon, d’Aix-TGV et Avignon-TGV.

    Un passage dans le cadre d’un appel d’offres, lancé par la SNCF qui est donneuse d’ordre sur le marché de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR). « On fait monter et descendre les personnes à mobilité réduite dans les trains, on les aide et accompagne », explique Amandine Benoit, également représentante CGT. D’habitude, les reprises se déroulent sans accroc : « Tous les 5 ans, nous sommes soumis à des appels d’offres, avec souvent des reprises, il n’y a jamais eu de problèmes. » Mais cette fois, il y a un couac puisque le transfert ne concerne pas « les conquis sociaux précédents ». Les salariés perdraient « tickets restos, chèques vacances et Noël » tout en payant « une mutuelle plus chère ». Cerise sur le gâteau : « Notre 13e mois, la prime d’été, le dimanche payé double, tout est indexé sur le salaire. Là, la nouvelle direction a annoncé que tout allait être mis en une prime fixe et pas indexée », conclut Bruno Bilny.

  • Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Depuis le 5 mars, des lycées marseillais s’activent suite aux annonces début février de la baisse des moyens attribués par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, pour préparer la rentrée 2026. Alors que les personnels éducatifs et les lycéens en lutte ont décidé de reconduire le mouvement le 17 mars, l’intersyndicale de l’éducation des Bouches-du-Rhône (FSU, CGT Éduc’action, SUD Éduc, FO-Fnec, Sgen-CFDT) annonce « soutenir leur mobilisation et appelle à une journée de grève et de mobilisation départementale dans tous les établissements ».

    Une mobilisation d’ampleur attendue

    Le 17 mars, Marthe Bonifay, professeure de lettres et histoire au lycée Denis-Diderot (13e) et CGT Éduc’action, s’attend à « un mouvement massif ». « Nous avons rarement vu autant de professeurs mobilisés, affirme-t-elle, avec presque une soixantaine d’entre nous présents à la réunion d’information syndicale en cette veille de grève. » Même chose dans les autres établissements qui se soulèvent depuis deux semaines. À Marseille, les lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Nelson-Mandela (12e) et Antonin-Artaud (13e) ont connu des blocages et des grèves depuis le 5 mars. Les enseignants du lycée Mongrand (6e) déclarent que plus de 90% des professeurs étaient en grève le 10 mars.

    Pour encourager à rejoindre le mouvement, « un travail de sensibilisation a été conduit », explique Maria Ignacio, enseignante au lycée Antonin-Artaud (13e) et membre du Snes-FSU 13. Elle raconte qu’une « assemblée générale des établissements en lutte s’est réunie le 10 mars pour décider collectivement des actions », mais aussi que « des temps de discussion avec les élèves et parents d’élèves sont organisés pour éclairer les raisons de la mobilisation ». À l’initiative du Mouvement des parents d’élèves 13 (MPE13) une réunion d’information s’est d’ailleurs tenue au lycée Montgrand lundi soir.

    Le 17, un rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille, avant de se rendre à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), où une demande d’audience a été déposée par les syndicats. Une AG des personnels en lutte se tiendra ensuite à la Bourse du travail à 14h.

    Faire converger les luttes

    Le mouvement de colère a démarré quand l’annonce des dotations horaires globales (DHG) pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignement dans les établissements, a révélé des réductions considérables dans de nombreux lycées du département. « On accuse le coup d’années successives de restrictions budgétaires qui obligent à une gestion de la misère. On demande simplement des moyens à hauteur des besoins, pour préserver le service public de l’éducation », fulmine Marthe Bonifay. « Et les élèves comprennent parfaitement les enjeux, ils savent qu’ils vont en payer les frais. » Le lycée Diderot était de nouveau bloqué par les lycéens ce lundi. Elle conclut : « Face à la stratégie de division du rectorat qui cherche à nous mettre en compétition pour la distribution des heures, nous appelons à un mouvement de convergence de la lutte. » Une nouvelle journée de grève a déjà été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Ces lycées qui dénoncent la baisse des dotations

    Grève, blocages, mobilisations… Depuis maintenant une semaine des lycées de Marseille protestent contre la baisse des dotations horaires globales (DHG) prévue pour la rentrée 2026. Ces enveloppes budgétaires, qui déterminent les heures d’enseignement hebdomadaires, se voient réduites dans de nombreux lycées.

    Au lycée Denis-Diderot (13e), qui perdrait 70 heures de sa DHG, les élèves ont bloqué l’établissement dès 7h30 ce jeudi 12 mars. Selon un professeur d’histoire-géographie présent sur place, plus de soixante lycéens étaient mobilisés, et une trentaine d’enseignants en grève.

    Grande journée

    de mobilisation mardi

    Dans un communiqué, Marthe Bonifay, enseignante au lycée Diderot et de la CGT Educ, rappelle les revendications du mouvement : « Nous ne voulons ni classes surchargées, ni options ou spécialités supprimées. » Le « personnel en lutte » du lycée déplore par ailleurs que « la seule réponse des autorités soit la police ». Présentes dès 7h, les forces de l’ordre auraient organisé un corridor pour laisser passer des élèves et des professeurs. Le lycée Antonin-Artaud (13e) est également « rentré dans la danse » ce jeudi matin, raconte Jean Cugier, professeur d’EPS et secrétaire académique Snep-FSU. Contre la baisse de 60 heures de sa DHG et les « économies faites sur le dos des jeunes » , les lycéens ont bloqué l’établissement. Au lycée Montgrand (1er), déjà mobilisé depuis mardi, un communiqué de presse indique que 70% des enseignants se sont mis en grève le même jour.

    Un appel à une mobilisation générale a été lancé pour mardi 17 mars. Un rassemblement doit se tenir aux Réformés à partir de 11h. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine.

  • Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Devant le centre social Estaque Bassin de Séon, une trentaine de personnes se sont réunies à l’appel de la CGT Uspaoc jeudi 12 mars au matin. Les salariés, soutenus par des habitants du quartier, s’indignent de l’annonce de la suppression du poste d’animatrice famille dans l’établissement. Le centre social est l’un des quatorze que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13 à Marseille. En poste depuis quinze ans et élue du personnel, Sabrina Mahfoud raconte avoir été « très surprise » d’apprendre « dans un mail de convocation à une réunion du CSE » le 7 février que son poste était sur la sellette.

    Le désarroi des salariés et des habitants du quartier

    « On ne peut pas faire les choses comme ça ! », déplore Nadia Timricht, déléguée syndicale CGT Uspaoc et agente-secrétaire à la Ligue de l’enseignement 13 depuis 18 ans. Elle ajoute : « C’est une fédération qui prône des valeurs de solidarité. Mais la solidarité doit aussi s’appliquer aux salariés. »

    Une habitante de l’Estaque, retraitée et fidèle du centre social, s’inquiète : « Si le poste d’animatrice disparaît, qui va s’occuper de nos ateliers ? » Inauguré en 2013, le centre social était l’aboutissement d’un long combat qui avait mobilisé les riverains pour répondre aux besoins des familles et des enfants.

    Après une première vague de suppression de postes en 2025, six autres emplois seraient concernés en 2026. Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque, explique « soutenir les collègues des autres structures » mais qu’il est « difficile pour eux de se mettre en grève car cela représente une grosse perte de salaire ». Les employés demandent l’abandon du plan de licenciement et à « retrouver du bien-être dans leur travail, où on ne vient plus avec le sourire ».

    Contactée, la Ligue de l’enseignement 13 annonce avoir reçu la déléguée syndicale le 11 mars et rester « pleinement attachée au dialogue social ». Elle précise que les postes supprimés « résultent d’un contexte économique et financier particulièrement contraint » et qu’elle « travaille à trouver des solutions de reclassement pour les salariés concernés ».

  • Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    Élèves et personnels des lycées se relaient pour être entendus à Marseille

    « Ce sont les élèves qui sont en ligne de mire. Ce sont leurs conditions d’apprentissage qui sont remises en question. » Réunis devant le lycée Montgrand (1er), les enseignants ont reconduit leur grève, ce mercredi. Déjà mobilisés la veille, avec plus de 90% des personnels en grève, ils ont profité, mercredi matin, du « relais des lycéens », explique Didier Castino, professeur de lettres et de membre de la CGT Educ, en désignant l’amoncellement de poubelles qui bloquent l’entrée de l’établissement. Avant de continuer : « On a vraiment des revendications qui se complètent. Avec les élèves qui se mobilisent, on ne peut qu’embrayer. »

    Convergence

    Au lycée Montgrand comme au lycée Diderot (13e), enseignants et élèves se sont mobilisés, mercredi, contre la suppression des heures d’enseignement prévue par les dotations horaires globales (DHG). Les critiques concernent aussi « la suppression des 4 000 postes annoncée pour la rentrée 2026 » et « la baisse des moyens pour l’éducation, tandis que de l’argent, il y en a pour financer la guerre et l’armée », explique a CGT Educ 13 .

    Les personnels éducatifs et les élèves se rejoignent aussi sur la crainte de voir des établissements qui accueillent des publics scolaires déjà fragiles mis encore plus en difficulté. La perte de 100,5 heures, soit 9,2% de sa dotation, signifierait par exemple, pour le lycée Montgrand, « la suppression des groupes de soutien en première, qui sont mis en place pour que les élèves puissent réussir leur bac de français », indique une professeure. Des lycéens mentionnent « des classes surpeuplées qui monteraient à 35 élèves ». Au lycée Diderot, la même crainte s’exprime. « On va perdre le dédoublement des classes dans la formation professionnelle », redoute un professeur d’histoire-géographie.

    Une assemblée générale des établissements mobilisés, réunie à la Bourse du travail mardi, a voté un appel à la grève plus large pour le mardi 17 mars. « Pour faire aboutir nos revendications, nos luttes et nos grèves doivent converger », note la CGT Educ 13, qui appelle « les établissements durement touchés par des pertes d’heures à rejoindre le mouvement ».

    Un rassemblement est prévu à 11h le 17 mars au kiosque des Réformés à Marseille, pour réunir personnels, élèves et parents. Les enseignants des lycées Montgrand et Diderot ont annoncé une nouvelle grève, ce 12 mars. Un moyen de mettre la pression sur leurs chefs d’établissement, reçus ces jours-ci par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. Contacté, le rectorat rappelle que que « la période (…) est consacrée aux échanges avec les établissements afin d’identifier (…) les besoins pour la rentrée (…). Les dotations sont fixées (…) par la baisse démographique, l’objectif demeure inchangé : être au plus près des besoins des élèves et leur garantir les meilleures conditions possibles. Le retrait des emplois dans les lycées (…) de l’académie représente moins de 1% des moyens dont dispose les lycées (-0,6%) ».

    Gardanne : grève au collège Pesquier

    À Gardanne, les enseignants se sont mis en grève, les 10 et 11 mars. Ils dénoncent l’absence de réponse du rectorat devant « la recrudescence des faits de violence » dans l’établissement, qu’ils attribuent au « manque de moyens », comme l’explique Johanne Guedini Souche, professeur de français. Des postes de proviseur adjoint, de professeur de musique ou d’assistant social sont vacants depuis le début de l’année scolaire. Une délégation de l’établissement a été reçue par le directeur d’académie des Bouches-du-Rhône, mercredi. Celui-ci réaffirme « sa vigilance particulière quant à la dotation des collèges du département », note le rectorat.

  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».

  • La grande colère des salariés du médico-social

    La grande colère des salariés du médico-social

    Alors que des négociations à Tours sont en cours ces 10 et 11 mars à l’occasion de la « Mêlée » de Nexem, le principal syndicat patronal, les quatre organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et Sud) ont appelé les salariés de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) à se mobiliser pour réclamer de meilleures conditions de travail et de rémunération à leurs employeurs.

    Des salaires pour sortir la tête de l’eau

    Devant le siège social de l’Agence régionale pour l’intégration (ARI), l’un des plus gros employeurs du médico-social de la région Paca avec 1 500 salariés et plus de 50 établissements, Didier Zika ne décolère pas : « Chaque année, l’ARI réalise un excédent budgétaire grâce aux postes non pourvus. » L’éducateur spécialisé, en poste depuis 13 ans dans une des structures spécialisées de l’ARI et délégué syndical, déplore l’absence de réponse de la direction sur le sujet des salaires alors même « que les conditions de travail se dégradent d’année en année et qu’on a un turn-over énorme, avec des salariés exposés plus qu’ailleurs aux risques psychosociaux ». Ces départs en cascade, ce n’est pas la preuve d’un « secteur en crise d’attractivité », mais plutôt « d’un dysfonctionnement et d’un mal-être de tous les travailleurs de la Bass », renchérit Bernard Cresta, délégué syndical CGT Araimc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le financement du secteur s’est réduit de 20% en 25 ans, tandis que les salaires réels de la branche ont reculé, écrasés par l’inflation, jusqu’à s’aligner sur le Smic.

    Le sens au travail

    Un ras-le-bol partagé par Sandrine et Haroune, éducateurs spécialisés à l’institut médico-éducatif Les écureuils, géré par l’association Fouque. Les deux témoignent de la difficulté à se projeter dans un métier « dont les conditions de travail finissent par rendre maltraitants ». Christian Barbe, instituteur spécialisé et délégué syndical dans le même IME, raconte que « le recours systématique à l’intérim » est « un problème pour l’accompagnement des enfants, qui ont besoin de repères ». Une autre mobilisation a eu lieu devant le siège social de l’Unapei mardi après-midi, avec les mêmes mots d’ordre.