Tag: Gratuité des transports

  • Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Le Vidourle n’a pas bougé, mais la frontière semble moins épaisse. Vendredi 25 septembre, Michaël Delafosse (PS) était à Nîmes à l’invitation de Vincent Bouget (PCF). Après une réunion de travail à l’hôtel de ville, les deux maires ont pris la direction du cadereau d’Uzès, où Nîmes Métropole déploie depuis des décennies sa stratégie contre les inondations. Un déplacement technique, mais aussi politique : depuis l’élection de Bouget, les deux élus multiplient les occasions de s’afficher ensemble.

    Cette fois, c’est Montpellier qui venait regarder le savoir-faire nîmois. Depuis le traumatisme des inondations de 1988, Nîmes a investi massivement dans la prévention. Le dispositif Papi 3 Vistre, prévu jusqu’en 2028, représente plus de 126 millions d’euros, dont environ 100 millions de travaux. Les tunnels des cadereaux d’Uzès et des Limites doivent notamment faire passer leur capacité d’écoulement de 8 à 80m³ par seconde. Une expérience que Delafosse, confronté aux risques liés au Lez, à la Mosson et aux épisodes méditerranéens, est venu observer. Un sujet loin d’être théorique : cinq jours plus tard, le Gard et l’Hérault étaient placés en vigilance rouge pluie-inondation face à un nouvel épisode méditerranéen remarquable.

    Des selfies aux dossiers

    « Les sujets de coopération et les ambitions collectives ne manquent pas ! Les rendez-vous sont pris », a résumé Vincent Bouget à la fin de la visite. Une formule qui dépasse largement les eaux pluviales. En effet depuis mars, les images communes s’accumulent. Au handball d’abord, terrain idéal pour mettre en scène la nouvelle relation. Le 6 juin à la Sud de France Arena, puis le 13 septembre au Parnasse, Delafosse et Bouget ont posé côte à côte à l’occasion des derbys entre le MHB et l’Usam. Avec une règle du jeu affichée par le maire de Montpellier sur les réseaux sociaux : « Notre seul sujet de rivalité est sportif, et seulement 60 minutes, car à la troisième mi-temps, c’est la convivialité qui gagne ! »

    Il faut dire que la donne politique a changé. En mars, Bouget a remporté Nîmes à la tête d’une liste d’union de la gauche, tandis que Delafosse était réélu à Montpellier. Deux des principales villes de l’ex-Languedoc sont désormais dirigées par des majorités de gauche. Mais leur proximité s’exprimait déjà en amont du suffrage. Pendant la campagne nîmoise, l’expérience montpelliéraine sur la gratuité des transports avait déjà servi de référence. Delafosse était venu à Nîmes défendre le dispositif et, en février, Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée des mobilités, s’affichait aux côtés de Bouget sur ce dossier.

    La rivalité n’a pas totalement disparu pour autant, le transport aérien restant le principal dossier sensible. Delafosse plaide pour une rationalisation des plateformes du littoral et envisage pour Nîmes une spécialisation davantage tournée vers la Sécurité civile, la maintenance ou la logistique. Bouget défend lui aussi ces activités, tout en cherchant à assurer la pérennité de l’aéroport nîmois. Un désaccord de fond, même si les échanges entre les deux collectivités se veulent aujourd’hui plus apaisés.

    À voir Bouget et Delafosse multiplier les signes de rapprochement, Louis Nicollin aurait sans doute trouvé quelques mots fleuris pour commenter cette nouvelle entente cordiale. Mais par-delà les vieilles rivalités, et derrière les selfies de derby, les deux exécutifs ont surtout des dossiers très concrets à partager : mobilités, climat, logement, développement économique ou services publics. Autant de sujets qui dépassent les frontières administratives et sur lesquels chacun veut désormais s’inspirer de l’expérience du voisin, pour une coopération à double sens dont les contours restent à définir. Sur le parquet, chacun garde son maillot ; en dehors, Bouget et Delafosse semblent bien décidés à jouer collectif.

  • Les militants du collectif écologiste Vaï font leur rentrée

    Les militants du collectif écologiste Vaï font leur rentrée

    Après un « été électrochoc suite aux canicules et aux mégafeux », l’heure est à une « écologie populaire et citoyenne de rupture face à un bloc réactionnaire ».Tels sont les mots de Sébastien Barles, fondateur du collectif Vaï et ex-adjoint au maire de Marseille. Né il y a un an et demi, Vaï affirme porter un projet radical, renonçant « au modèle des petits pas ».

    Lors de cette rencontre, les membres ont rappelé leurs objectifs : « Nous portons quatre grandes exigences : la gratuité des transports métropolitains, une politique de rénovation thermique des bâtiments, l’autonomie alimentaire et énergétique et un plan de désimperméabilisation de la ville », énumère Sébastien Barles.

    Les militants ont apporté leur « soutien total aux mobilisations lycéennes », tout en condamnant les auteurs de violences, de la part des civils comme des policiers. Ils ont aussi rappelé les actions réalisées par le groupe, comme des banquets citoyens, en réponse aux banquets polémiques organisés par le Canon Français.

  • [Exclusif] Un moratoire sur l’abandon de la gratuité des transports sur le pays d’Aubagne

    [Exclusif] Un moratoire sur l’abandon de la gratuité des transports sur le pays d’Aubagne

    La très forte mobilisation dans le pays d’Aubagne face à l’annonce de la fin de la gratuité des transports commence à payer. Selon nos informations, le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, a annoncé lors d’une rencontre avec le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, qu’il comptait mettre en place un « moratoire » sur la fin de la gratuité pour les transports en commun dans le pays d’Aubagne et de l’Étoile.

    Une solution qui était déjà glissée par le sénateur PCF Jérémy Bacchi dans une tribune publiée dans La Marseillaise. Si la durée de ce moratoire est encore indéterminée, celui-ci devrait courir au moins jusqu’à la fin de l’année 2027. « C’est une vraie victoire, mais on n’a pas encore gagné la guerre », souffle-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville d’Aubagne.

    Cette nouvelle sera annoncée à la population à l’occasion de la réunion publique organisée ce mardi soir, à 18h30, à l’Espace Bras d’Or d’Aubagne. Un rendez-vous qui était déjà prévu et que le maire de la ville avait annoncé lors du dernier conseil municipal, à l’occasion du vote d’un vœu réclamant le maintien de la gratuité, le 30 septembre dernier. La pétition lancée par la municipalité d’Aubagne a atteint près de 15 000 signataires et commence à faire tache d’huile au-delà du pays d’Aubagne.

    Si elle n’est pas encore inscrite dans l’ordre du jour prévisionnel, la fin de la gratuité pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans dans le reste de la Métropole devrait quant à elle bien être soumise au vote du conseil métropolitain, le 15 octobre prochain, à travers l’approbation d’une nouvelle tarification sociale.

  • Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Rares sont les maires du Pays d’Aubagne et de l’Étoile à s’exprimer contre la fin de la gratuité des transports que Nicolas Isnard, le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille Provence, soumet au conseil métropolitain le 15 octobre, lors du vote du budget. Jean-Pierre Squillari (DVG) à Aubagne et Frédéric Szabo (DVD) à la Penne-sur-Huveaune ont affirmé leur ferme opposition à sa suppression. Michel Lan, le maire (DVC) de La Destrousse a lui aussi émis des réserves.

    Jeudi, Bernard Destrot est sorti du bois sur Facebook dans une position d’équilibriste qui se voulait claire mais reste floue. Si le maire (DVD) de Cuges assure qu’il prendra « le vote qu’il faut pour défendre son maintien », entre les lignes, il défend surtout le « principe » de gratuité, « un véritable soutien au pouvoir d’achat » et une politique qui encourage l’usage des transports collectifs, mais moins la mesure de gratuité totale.

    Conscient des difficultés budgétaires auxquelles sont confrontées les collectivités et la Métropole, l’élu estime surtout que d’autres solutions doivent être recherchées avant de faire contribuer les usagers. « Nous devons travailler sur les coûts du réseau », affirme-t-il.

    Adaptations de l’offre

    Partisan d’une « solution alternative », il plaide ainsi pour une analyse approfondie des fréquences, des horaires, du taux de remplissage des lignes et des coûts d’exploitation. Selon lui certaines lignes desservant sa commune « circulent une grande partie de la journée avec une fréquentation particulièrement faible ». Des adaptations de l’offre seraient donc possibles « sans remettre en cause l’essentiel du service rendu ».

    Pour préciser sa position, son cabinet nous livre « la trame d’un courrier adressé à Nicolas Isnard ». Face à une décision « aujourd’hui très mal perçue par une partie importante de la population », il y demande l’examen d’autres scénarios. Le maire évoque un « maintien de la gratuité pour certaines catégories de population », un « dispositif spécifique pour les habitants des communes éloignées des services » ou une « tarification adaptée aux trajets scolaires ».

    Persuadé qu’une solution intermédiaire existe, Bernard Destrot sollicite un échange avec le président et les services métropolitains pour qu’« une étude spécifique puisse être menée pour Cuges-les-pins avant toute décision définitive ». La gratuité pour les siens mais pas pour tous.

  • Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Les places manquent ce mercredi soir dans l’espace des Libertés d’Aubagne. Six jours après l’annonce par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de la suppression de toutes les gratuités des transports, le conseil municipal de la ville a voté un vœu solennel lui demandant de renoncer à ce choix. Un vœu qui « condamne avec la plus grande fermeté la décision unilatérale » et « exige le gel immédiat et le retrait sans condition de ce projet d’assujettissement tarifaire ». Y sont jointes les plus de 10 000 signatures récoltées en seulement quatre jours sur la pétition lancée par la municipalité pour défendre la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, ainsi que la demande d’une table ronde institutionnelle réunissant l’exécutif métropolitain, les douze maires du pays d’Aubagne et de l’Étoile ainsi que les représentants du tissu économique et des usagers.

    « Mandat impératif »

    « Il y a quelques jours à peine, par une déclaration unilatérale, sans le moindre débat avec les exécutifs communaux ni les représentants des usagers, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, a fait savoir qu’il entendait supprimer la gratuité des transports, résume le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari dès l’ouverture du conseil. D’un simple trait de plume, il voulait supprimer dix-huit années d’une conquête sociale, environnementale et humaine qui faisait l’honneur de notre territoire. » Face à cette « menace directe et sans précédent [qui] pèse sur la vie quotidienne de nos 42 000 concitoyens et les 100 000 habitants de notre bassin de vie », l’édile avait démissionné immédiatement de la présidence de la commission métropolitaine des transports, comme il l’annonçait à La Marseillaise. « Ce ne sont pas des tickets de transports que la Métropole veut réintroduire, mais un péage sur la vie quotidienne », dénonce-t-il. Et d’écarter les uns après les autres les arguments du président de la Métropole. Face à un coût estimé inférieur à 2 millions d’euros, « le gain net serait dérisoire », la billettique pesant jusqu’à 40% des recettes. D’autant plus que la gratuité était déjà assumée par le conseil de territoire. Il refuse également qu’un principe d’égalité juridique nivelle vers le bas l’accès aux transports, face à des tarifs déjà hétérogènes. Et pointe la double peine pour les employeurs qui devront payer la moitié des abonnements en perdant l’attractivité apportée par la gratuité. Surtout, il salue la « déferlante » des signatures sur la pétition lancée par la municipalité, « un mandat impératif du peuple d’Aubagne » et tend la main à l’opposition après la lettre écrite par l’ancien maire (LR) de la ville Gérard Gazay au président de la Métropole, refusant la fin de la gratuité.

    Peine perdue. Celui-ci s’emmêle les pinceaux en reprochant au maire d’avoir voté contre le budget métropolitain, quand celui-ci s’opposait aux coupes dans la dotation de solidarité communautaire. Et reproche à son successeur de ne pas avoir été informé plus tôt de la décision du président de la Métropole. « Défendre Aubagne ce n’est pas seulement protester, c’est négocier », lance-t-il sous les huées. En indiquant ne pas prendre part au vote sur le vœu solennel, selon l’habitude de son groupe. « Monsieur Gazay, les Aubagnais jugeront », réplique Jean-Pierre Squillari.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    La Marseillaise : Vous dites que supprimer la gratuité des transports ne résoudra pas les difficultés financières de la Métropole. Pourquoi ?

    Jean Pugens : Le budget de la Métropole, c’est 5 milliards et le trou annoncé sur le budget 2026 qui n’est pas voté, c’est 144 millions, aujourd’hui réduit à 53. La gratuité sur le pays d’Aubagne et de l’Étoile, c’est 2 millions, et pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans sur l’ensemble de la Métropole, c’est 10 millions estimés… Ces 12 millions ne résoudront donc pas la problématique. Surtout que ça n’interviendra que sur le budget 2027.

    Vous faites le lien entre gratuité et transition écologique. Comment en évaluez-vous l’impact ?

    J.P. : Sur la fréquentation. À Aubagne, elle a été multipliée par trois avec la mise en place de la gratuité en 2009. Après, il n’y a pas de réelles études, mais on sent une montée en puissance, surtout aujourd’hui, avec le prix de l’énergie et du carburant : les gens veulent prendre les transports en commun.

    Pourquoi être opposé à la tarification sociale qui est proposée ?

    J.P. : La tarification sociale permet de préserver les plus démunis, c’est certain, mais pour mettre en place le tarif social, il faut des moyens de contrôle. On y est opposé parce que ça n’a pas été estimé par la Métropole, ça va coûter cher et on n’y gagnera rien. Après, sur un autre aspect, ça stigmatise les plus démunis qui doivent se justifier d’être pauvres. Beaucoup ne vont pas demander cette tarification, ils ne savent parfois même pas qu’ils y ont droit, donc derrière, il y a un non-recours aux droits. L’accès libre règle bien mieux les choses.

    Pourquoi demandez-vous un bilan du plan mobilité métropolitain ?

    J.P. : Le plan mobilité a été voté en 2021 avec des objectifs, notamment réduire la part de la voiture et les rejets de CO2, améliorer la fréquentation des transports en commun… Supprimer la gratuité, c’est remettre des barrières et bloquer à nouveau leur accès. On demande cet audit car comme la chambre régionale des comptes l’a signalé, il n’y a aucun indicateur dans le plan. On est sur des orientations qui étaient bonnes il y a six ans, mais aujourd’hui, on ne sait pas où on en est, ni ce qu’on peut mettre en œuvre pour y arriver. On a besoin de le mesurer pour repositionner la politique de la Métropole sur les transports.

    Quelles mesures portez-vous pour répondre à la question financière ?

    J.P. : Aujourd’hui, la question financière, on la renvoie aux politiques qui ont à décider. Nous, nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien. Deux options ont été posées par le préfet sur les dotations financières d’équilibre et de solidarité. Les communes doivent se mettre d’accord. Après, un autre sujet commence à se poser, celui du millefeuille métropolitain et départemental, il y a peut-être là des économies à faire. On demande aussi l’utilisation des fonds verts européens et nationaux qui n’ont pas été mobilisés par la Métropole pour décarboner les transports. On demande aussi le retour de l’argent des dividendes des tunnels et parkings métropolitains qui tombent dans les poches des actionnaires de Vinci. On peut trouver de l’argent pour développer des politiques qui vont dans le sens de l’amélioration du climat.

    Le versement mobilité est une autre option sur la table ?

    J.P. : Nous portons ce sujet depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, le président de la Métropole a signé une tribune avec l’association France urbaine en ce sens. Si le versement mobilité montait au même niveau que Paris, c’est 1% de plus, on gagnerait 220 millions. Or, la gratuité totale estimée sur la Métropole, c’est 202 millions. Par contre, on ne partage pas du tout le point de vue de Nicolas Isnard qui dit que c’est le budget de transport qui créé un déficit. Il y a d’autres choses qui créent du déficit. C’est pour ça aussi qu’on réclame cet audit du plan.

    L’équité de traitement des usagers du territoire est souvent avancée contre la gratuité ?

    J.P. : L’équité, selon M. Isnard, c’est que tout le monde paye, et paye plus cher puisqu’il parle d’augmenter la part du ticket. En 2025, avec la gratuité pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans, l’équité a progressé, et on demande à l’étendre à tous les retraités. La gratuité totale est finançable. C’est cette équité qui amènera un véritable progrès social.

  • [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    La Marseillaise : Comment avez-vous vécu l’annonce de Nicolas Isnard, président de la Métropole (LR), qui dit vouloir supprimer la gratuité des transports ?

    Erwann Bouisseren : Ça a été une surprise, qui s’est transformée en colère juste après. C’est inadmissible. C’est une décision complètement descendante de la part de Nicolas Isnard, le président (LR) de la métropole. Sur le coup, nous avons été abasourdis, surtout venant de quelqu’un qui disait vouloir une « Métropole des maires » [formule utilisée lors de son discours d’investiture le 7 avril dernier, ndlr]. Le conseil métropolitain doit encore voter le 15 octobre, mais reste qu’il prend cette décision tout seul, en amont. Ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner.

    Et il s’agit pour vous d’un choix qui relève du « non-sens »…

    E.B. : C’est un non-sens, en vue de la crise climatique, dont on a déjà constaté les effets. On sort d’une période caniculaire, avec des pompiers morts dans les mégafeux. On traverse maintenant une crise énergétique, avec le gasoil qui atteint bientôt les 2,50 euros le litre. Les gens vont devoir réutiliser leurs véhicules personnels, et on va réencombrer les routes et engendrer plus de pollution, c’est un non-sens complet. Ça va être un coût en plus pour toutes les familles qui vont devoir prévoir un budget en plus pour que les enfants puissent aller à l’école ou participer à des sorties extrascolaires. En période de crise énergétique, c’est inacceptable. C’est un contresens complet. Sachant qu’en plus, c’est un levier pour l’emploi dans un territoire (…) qui permet aux gens de se déplacer librement et d’aller au travail et de trouver un emploi. C’est aussi un levier économique pour tous les commerces. C’est complètement absurde…

    L’objectif affiché est de résorber le déficit budgétaire, que répondez-vous ?

    E.B. : Ils ne savent pas faire autrement que de faire des économies. Ils ne savent pas aller chercher les recettes. Pourtant, elles existent : il y a des compétences qu’on doit récupérer, comme le tunnel prado-carénage, les parkings, la redevance spéciale liée au traitement des déchets. On devrait aussi porter le versement mobilité [contribution financière payée par les employeurs publics ou privés pour financer les transports en commun, ndlr] à 3,2%, comme c’est le cas à Paris, alors que les transports ne sont pas gratuits. Sachant que ça peut aussi être intéressant pour les entreprises, qui lorsque la gratuité est effective, elles n’ont pas besoin de payer 50 à 70% des transports de leurs employés. (…)

    La mairie d’Aubagne a notamment créé une pétition d’opposition. Quelles sont les prochaines étapes ?

    E.B. : Des choses se dessinent. Pour l’instant nous informons les agents de la Métropole mais aussi les citoyens en général. Nous les invitons à signer la pétition mais aussi à interpeller leurs élus. C’est important. (…) Depuis 30 ans nous n’avons plus d’acquis sociaux : on sabre, on fait des économies. Ça devient insupportable.

  • Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Cette première intervention, en l’occurrence un point presse samedi matin qui a rapidement tourné à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le cours Foch, à Aubagne, « c’est le premier acte de la résistance », lance Maurice Marsiglia, le président de l’association Se déplacer en liberté et l’une des chevilles ouvrières de ce long combat pour la « gratuité des transports en commun ».

    « Pas question de se laisser faire », « il faut s’organiser ! », « aller manifester », « signer la pétition lancée par la mairie ! », « et informer dans vos associations, tout le monde est concerné ! » Les échanges fusent entre les participants. Car l’heure est grave. « Cette gratuité a été mise en place par l’Agglo d’Aubagne, en 2009, c’est une réussite », résume Yves Mesnard, le maire honoraire (DVG) de Roquevaire. Ils sont aussi venus de La Bouilladisse, de Belcodène, d’autres communes environnantes directement touchées par ce séisme, dont l’épicentre est à… Salon-de-Provence. « C’est honteux d’avoir fait une telle déclaration sans même en avertir les élus du territoire », dénonce Maurice Marsiglia. Et sur le fond, rien ne tient. « Les prétendues économies réalisées correspondent à 0,9% des 144 millions d’euros de déficit de la branche transport de la Métropole… », tranche Christine, membre de l’association, armée d’un solide argumentaire. À Rolland Bourglan de pointer les coûts faramineux pour remettre le réseau en payant, ce qui devrait réduire à néant les dites « économies ». « Sur le plan social comme écologique, alors que la moitié des grands réseaux urbains passent ou sont passés à la gratuité, cela ne va pas dans le sens de l’histoire… », conclut-il. Puis l’élu écologiste Denis Grandjean, délégué à la mobilité, apporte le soutien de la Ville aux militants qui s’apprêtent à livrer une dure bataille. Bataille qui s’apparente à une course contre la montre, « il y aura un vote sur cette question en séance, le 15 octobre prochain », pose Maurice Marsiglia.

    « Nous allons aussi nous mobiliser, lance Erwann Bouisseren, de la CGT Métropole, la gratuité concerne l’ensemble des salariés et des entreprises de ce territoire ! » Tous les citoyens, sans exception.

  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.