Tag: Gratuité des transports

  • À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    Douze jours après les pillages et à la veille d’un nouveau samedi de mobilisation dont on peine à mesurer la teneur, si ce n’est sa ténébreuse coloration Halloween, les commerçants du centre-ville de Marseille veulent du concret. Plusieurs associations réunies par les Entrepreneurs Sud, le syndicat des PME présidé par Alain Gargani, font passer leurs messages.

    Le premier s’adresse à la population. « Des commerces restent encore debout dans un environnement éteint », plaide Guillaume Sicard, président de la fédération Marseille centre. « Il faut dire aux Marseillais : revenez samedi en centre-ville. Un commerce sur deux était fermé le week-end dernier mais beaucoup vont rouvrir. Venez nous soutenir, venez même nous saluer, ça nous fera plaisir. Et si vous pouvez acheter, c’est encore mieux. »

    Dans la 2e ville de France, 528 commerces ont été touchés : 331 sont sinistrés et 118 entièrement pillés, rappelle Alain Gargani avant que Corinne Innesti, présidente les Entrepreneurs 13, ne souligne qu’en 2023, 479 commerces avaient été vandalisés lors des émeutes. Pour être accompagnés, les commerçants comptent sur l’appui de l’État et « des aides directes ».

    « Garantie émeutes »

    Les regards se tournent vers « le fonds de solidarité national qui n’a pas encore atterri ». Quinze jours après, il y a urgence insiste Alain Gargani souhaitant un traitement des dossiers « au cas par cas » et un engagement « à hauteur de la perte non prise en charge par les assurances et les fonds » de la Région et du Département. Autre enjeu la qualification d’émeutes pour la journée du 17 octobre qui engagerait la responsabilité de l’état mais ouvrirait la garantie émeutes des contrats d’assurance.

    « Le pouvoir économique, institutionnel et politique local a été bien plus efficace que l’État », enchaîne Daniel Salenc. Futur président les Entrepreneurs 13 et ex-candidat RN aux municipales de La Ciotat, il réclame l’élargissement du chômage partiel « aux commerçants restés ouverts » mais dont le chiffre d’affaires s’est malgré tout effondré.

    Autre sujet : la sécurisation des manifestations, insiste Alain Gargani avant que les commerçants ne posent leurs revendications. À la Métropole, ils demandent la gratuité des transports et des parkings, à la municipalité de l’éclairage public à la tombée de la nuit, au préfet la possibilité de travailler tous les dimanches jusqu’au 24 décembre. Sur ce point « un accord favorable » est espéré, conclut Alain Gargani.

  • Face à la vie chère, des collectivités « bouclier » en Occitanie

    Face à la vie chère, des collectivités « bouclier » en Occitanie

    À la caisse du supermarché, les maires ne peuvent pas faire baisser l’addition. Mais sur celle de la cantine, du bus ou de la médiathèque, ils peuvent agir. Face à la vie chère et à l’austérité, les collectivités tentent d’alléger les dépenses contraintes. Une autre manière de défendre le pouvoir d’achat, sans avoir la main sur les salaires.

    À Montpellier, Michaël Delafosse a baptisé cette politique « bouclier social ». Depuis décembre 2023, tramways et bus sont gratuits pour les habitants de la métropole, munis du Pass gratuité. Une frontière tarifaire demeure : les non-résidents continuent de payer. Côté alimentation, à la cantine, les repas coûtent 50 centimes pour certaines familles en grande précarité. Plus original : une Caisse alimentaire commune, soutenue par les pouvoirs publics, réunit 600 foyers qui cotisent selon leurs moyens et reçoivent chaque mois de 100 à 220 euros en monnaie alimentaire à dépenser dans des commerces conventionnés. Le CCAS propose aussi des paniers de légumes à 3 ou 5 euros. Enfin, dans 14 communes, les 15 premiers mètres cubes d’eau sont gratuits pour les abonnés disposant d’un compteur individuel. S’y ajoutent une mutuelle communale et, pour les locataires montpelliérains, l’encadrement des loyers. L’enjeu est de rendre ces dispositifs accessibles sans multiplier les démarches pour les familles.

    À Nîmes, la nouvelle majorité de Vincent Bouget a avancé ses premières mesures dès la rentrée, et a distribué des kits de fournitures scolaires aux élèves du CP au CM2, avec une dotation portée à 60 euros par enfant. Depuis le 1er septembre, les bibliothèques sont gratuites pour tous : près de 1 000 inscriptions ont été enregistrées à la mi-septembre, trois fois plus qu’un an auparavant à la même période. La Ville a également consacré 100 000 euros aux vacances de plus de 1 000 jeunes. Une mutuelle municipale reste à l’étude et un centre de santé est annoncé au Mas de Mingue en 2027.

    Le prix de la gratuité

    Les Départements disposent aussi de leviers. Le Gard plafonne à 3,50 euros le repas dans ses collèges publics. Dans l’Hérault, les aides permettent à certaines familles de payer un euro ; le Département soutient également deux épiceries solidaires itinérantes et met en avant la distribution de 16 tonnes de produits frais et la transformation d’invendus en 20 000 bocaux. La Région revendique, elle, 74 millions d’euros pour la rentrée des lycéens : ordinateurs, manuels, premiers équipements et transports scolaires gratuits pour les ayants droit. Carole Delga assure vouloir « protéger plutôt que de laisser faire ».

    Reste la question de la facture. À Montpellier, la Métropole a relevé en 2026 son taux de taxe foncière sur le bâti de 0,16% à 5,8%. « L’impôt n’est jamais agréable, mais c’est ce qui finance le commun et la qualité de vie », défend Michaël Delafosse. Des choix de redistribution, donc, mais des boucliers inégaux selon les territoires et les publics. Et aucun tarif social, aussi utile soit-il, ne remplace une hausse des salaires ou des pensions.

  • Aucune voix contre la hausse des tarifs de la RTM

    Aucune voix contre la hausse des tarifs de la RTM

    La présentation des augmentations de tarifs de la RTM pour la plupart des usagers, en amont du conseil métropolitain, a déclenché un tourbillon de colère sur les réseaux sociaux. Une floraison de pétitions a recueilli des signatures par centaines en moins d’une journée, après la mobilisation déjà lancée, cet été, par l’Union syndicale des retraités CGT.

    Mais l’indignation a été bien plus mesurée dans l’hémicycle, au moment de voter la grille tarifaire qui tourne la page de la gratuité, un vote qui n’a recueilli aucune opposition. La plupart des élus du pays d’Aubagne ont fait le choix de s’abstenir, leur gratuité étant pour l’instant maintenue. L’ancienne présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, a fait le même choix, elle qui avait étendu le dispositif à davantage de bénéficiaires. Ainsi que l’extrême droite, qui prône coupes dans le fonctionnement et chasse à la fraude.

    « Avancée à reconnaître »

    « Cette réforme essaie d’apporter de la justice dans les transports, elle permet de protéger le pouvoir d’achat des plus modestes », défendait la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali. Elle insiste sur le « bouclier social » inscrit dans ces mesures, avec la gratuité maintenue pour les moins de 11 ans, un abonnement annuel à 20 euros pour les lycéens et étudiants boursiers, les bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), les retraités non imposables, et les rabais à venir en fonction du quotient familial. « Bien sûr que nous aurions aimé garder une gratuité, mais il faut un peu de cohérence, pour la dignité même de la personne, il est important de dire qu’elle contribue, même si la somme est modique. » L’adjoint marseillais (EELV) à la jeunesse, Amine Kessaci, vient à sa rescousse : « Vous portez quelque chose d’un courage absolu, mettre des réponses politiques à un cri, celui de la jeunesse mobilisée. »

    Peu importe que l’élu d’opposition (Ren.) Romain Simmarano rappelle la promesse de campagne d’une gratuité pour les moins de 26 ans. « La gratuité est difficile à tenir lorsqu’elle est appliquée trop largement », expose plus crûment le maire (DVD) de Saint-Mître-les-Remparts, Vincent Goyet.

    Le vice-président (PCF) du groupe de la gauche métropolitaine, Laurent Belsola, doit lui adopter une position d’équilibriste. « La mise en place d’une tarification solidaire constitue une avancée qu’il faut savoir reconnaître : celle de faire en sorte que le prix des transports ne soit pas un obstacle à la mobilité », estime-t-il. Il salue le moratoire obtenu par le pays d’Aubagne, où les transports sont gratuits depuis 2009. « Nous devons nous donner les moyens d’aller plus loin, notre ambition doit être de lever tous les freins à la mobilité », ajoute l’édile de Port-de-Bouc.

    De quoi rappeler la motion présentée par la présidente de la RTM pour demander au gouvernement le déplafonnement du versement mobilité payé par les employeurs. Une demande qui était aussi inscrite dans la motion présentée par le président (LR), Nicolas Isnard, dénonçant les coupes du projet de loi de finances, mais qui a été retirée pour recueillir l’assentiment de l’extrême droite.

    Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, remercie de son côté le président de la Métropole, avec un moratoire qui « évite une rupture brutale », le fruit de la mobilisation des habitants, rappelle-t-il. « Partout en France, la gratuité n’est plus regardée comme une anomalie, mais comme la réponse la plus moderne, la plus juste face à la crise du pouvoir d’achat et le dérèglement climatique », défend-il. Pourtant concerné par cette même gratuité, le maire (DVD) de Roquevaire, Eric Bouillé, accepte de l’abandonner, « une question d’équité, d’équilibre et de solidarité », assure-t-il. Le vice-président (DVG) aux transports Frédéric Vigouroux alerte de son côté : « Le modèle économique des transports n’est plus assuré. »

    Une crainte d’autant plus forte pour l’intercommunalité qui, enfin, a adopté un budget à l’équilibre. Mais qui regarde avec inquiétude l’année qui arrive. « Nos travaux démontrent que nous sommes face à un Himalaya », alerte le vice-président aux finances, David Ytier.

  • Les retraités défendent la gratuité des transports

    Les retraités défendent la gratuité des transports

    « Nous continuons de porter la gratuité pour les usagers », défend Jean Pugens, membre du bureau de l’USR. Tandis que les militants syndicaux ont déjà obtenu plus de 1 100 signatures, « nous n’allons pas nous arrêter là », assure-t-il. « Nous ne sommes pas confrontés à un problème de dette, c’est une position dogmatique », défend la co-animatrice du groupe d’action LFI d’Aubagne, Mireille Fouqueau, face à l’érosion des dotations aux collectivités, tandis qu’à ses côtés, Cédric Garcia, militant du collectif Résistance Handi droit, salue les avancées tarifaires. « Mais ça ne concerne pas toutes les personnes en handicap », déplore-t-il, rappelant les infrastructures inadaptées.

  • Les retraités défendent la gratuité à Marseille

    Les retraités défendent la gratuité à Marseille

    « La tarification sociale stigmatise les plus démunis, qui doivent justifier qu’ils sont pauvres pour avoir droit aux réductions », dénonce Jean Pugens, représentant de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. La Métropole Aix-Marseille-Provence prévoit de remplacer la gratuité des transports des seniors par une tarification sociale. Les retraités non imposables paieraient désormais 20 euros par an.

    Les manifestants proposent d’absorber le coût de la gratuité des transports par l’augmentation du Versement Mobilité, cette contribution patronale versée par les entreprises de plus de onze salariés. « Ce n’est pas une problématique financière, mais bien politique, de revenir en arrière sur un acquis mis en place par la gauche en 2009 », affirme Jean Pugens. Il alerte également sur l’enjeu environnemental de l’augmentation globale des prix des tickets. « À partir du moment où on remet des barrières économiques pour entrer dans les bus, on va se retrouver avec des gens qui vont reprendre leur voiture », prédit le syndicaliste. Il rappelle que « la Métropole s’est engagée à doubler la participation des usagers dans les transports en commun ».

    Mobilisés, les retraités n’ont pas été reçus par la municipalité, mercredi, et appellent à une nouvelle manifestation devant le conseil métropolitain, au Pharo, ce jeudi à 13h30.

  • Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Trois semaines après les premières annonces, c’est depuis la tour La Marseillaise que la Métropole Aix-Marseille a présenté à la presse ce mardi après-midi la nouvelle grille des tarifs de la RTM. Une grille qui vient enterrer définitivement les gratuités dans les transports en commun étendues le 1er septembre 2025, et qui s’appliquera à compter du 1er novembre prochain si elle est approuvée en conseil métropolitain ce jeudi.

    « Demain, si chacun contribuera au financement des transports, chacun le fera aussi en fonction de sa situation », résume ainsi le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard, en défendant une évolution « courageuse ». « Quelque chose de rouillé, il fallait le dérouiller, il fallait en avoir le courage politique », insiste aussi la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali.

    2 euros le ticket

    À Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes, le ticket prend 20 centimes et passe à 2 euros, comme le révélait La Marseillaise ce mardi. Pour ceux qui l’achètent auprès des conducteurs de bus, il coûtera désormais 2,50 euros. à Aix, Aubagne, à l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, il s’élèvera à 1,40 euro. Pour les zones les moins desservies, il passe à 1,20 euro. De la même manière, les abonnements augmentent de 14%,pour s’établir à 56,50 euros le pass mensuel à Marseille. Les prix restent inchangés pour les lignes interurbaines.

    Mais c’est la nouvelle tarification sociale que mettent davantage en avant les élus. Les enfants de moins de 11 ans pourront encore accéder sans payer au réseau de transports en commun. Les jeunes de moins de 26 ans, qu’ils soient boursiers ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les plus de 65 ans non imposables pourront bénéficier d’un nouveau pass au tarif symbolique de 20 euros par an. Un tarif qui profitera aussi aux bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). « C’était une vraie demande de leur part, et c’est une première », souligne Samia Ghali, rappelant le retard pris dans l’accessibilité. Tandis que le Printemps marseillais promettait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les étudiants non boursiers ne profiteront pour l’instant que d’une baisse de 20 euros par an sur leur abonnement, avec un pass à 200 euros sur la zone marseillaise. Les lycéens en revanche sont exclus de ce dispositif. Quant aux plus de 65 ans imposables, ils bénéficieront pour leur part d’une réduction de moitié sur leur abonnement. Enfin, une tarification solidaire est mise en place pour les plus précaires, de -80% pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 500 euros par mois, de -50% en dessous d’un quotient de 650 euros, et de -20% pour un quotient inférieur à 810 euros par mois. Dans l’immédiat, ces gratuités bénéficieront à 100 000 usagers environ, estime la Métropole, pour deux tiers aux jeunes du territoire. « L’histoire nous donne raison, le pouvoir d’achat des jeunes, c’est le pouvoir d’achat des familles », souligne Samia Ghali, évoquant le mouvement lycéen. Le bouclier tarifaire mis en avant concerne donc environ 20% des usagers seulement, tandis que la nouvelle grille doit rapporter 21,6 millions d’euros par an à la RTM à partir de 2028. « Nous essayons d’améliorer le réseau, justifie le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Mais ce ne sont pas les recettes de la tarification qui vont le permettre, nous avons besoin d’augmenter le versement mobilité. » Lequel n’est pas inscrit dans le projet de loi de finances.

  • Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Trois semaines après l’annonce, par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de l’abandon des différents dispositifs de gratuité des transports, la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali doit dévoiler ce mardi les nouvelles grilles tarifaires de la régie. Des tarifs qui ont déjà été présentés lors de la conférence métropolitaine des maires qui s’est tenue le 8 octobre, et qui seront soumis au vote de l’hémicycle ce jeudi. Pour entrer en application dès le 1er novembre.

    « Nous allons repenser les tarifs de nos transports, qui n’ont pas bougé depuis 2017, annonçait ainsi depuis son fief salonais Nicolas Isnard, à la veille du salon des maires des Bouches-du-Rhône . Nous allons passer à une tarification sociale, au détriment de la gratuité, ce qui laissera la place à un système plus juste. » De quoi tourner la page de ces gratuités étendues par sa prédécesseure, Martine Vassal (DVD), aux moins de 11 ans et au plus de 65 ans imposables, le 1er septembre 2025. Le président de la Métropole reconnaissait une position de principe : « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu. Vous avez des retraités aisés qui ne paient pas alors que des salariés au Smic paient plein pot ! » En reconnaissant que les difficultés budgétaires métropolitaines avaient accéléré l’application d’une nouvelle grille tarifaire. « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », expliquait alors l’édile salonais.

    « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y aura un bouclier mobilité pour les jeunes en précarité », expliquait Samia Ghali à la sortie de la conférence des maires jeudi 8 octobre. Un « bouclier » que le président de la Métropole a présenté le même jour au Forum des entrepreneurs. Ainsi les collégiens, lycéens, étudiants et apprentis pourront bénéficier d’un pass annuel à 20 euros, « au prix de fabrication du badge », pour tous les transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une tarification sociale pour les boursiers non imposables et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. La gratuité doit également être maintenue, pour les enfants âgés de moins de 11 ans.

    Au-delà de cette annonce, d’autres pistes sont évoquées en coulisses. Les personnes âgées de plus de 65 ans non imposables, qui bénéficiaient déjà de la gratuité avant le 1er septembre 2025, pourraient bénéficier du même tarif à 20 euros, tandis que les autres auraient une réduction de moitié sur leur abonnement. Les personnes percevant l’allocation adulte handicapé (AAH) auraient droit à la gratuité, tandis que les familles bénéficieraient d’un quotient familial.

    « Une régression sociale »

    Mais revers de la médaille, une augmentation de 14% sur l’abonnement est évoquée pour les salariés. Et le ticket à l’unité doit augmenter de vingt centimes, pour passer à 2 euros. Si elles sont confirmées ce mardi, ces pistes apporteraient à la RTM environ 20 millions de recettes supplémentaires sur une année pleine.

    Avant même les annonces, l’union syndicale des retraités CGT dénonçait l’abandon de la gratuité pour les seniors, « une régression sociale et environnementale inacceptable » alors que la mesure « a fait la preuve de son efficacité ». Les retraités CGT rejettent ainsi la tarification sociale, « car elle est discriminatoire et stigmatise les retraités les plus démunis qui devront sans cesse se justifier ». Et prévoient de se rassembler jeudi devant l’hémicycle métropolitain.

  • Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Loin du psychodrame budgétaire traversé par l’intercommunalité depuis le mois d’avril, les maires de la Métropole Aix-Marseille retrouvaient un front uni ce jeudi à l’occasion de leur conférence, au palais du Pharo, soudainement rassemblés par la perspective de nouvelles coupes imposées par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Un sujet qui a occupé la majeure partie des échanges à huis clos. « Cela me fait plaisir d’entendre certaines personnes parler de services publics », souriait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, à la sortie de l’hémicycle, face à la perspective d’une « catastrophe pour le service public et ceux qui en ont besoin ». Avec environ 60 millions d’euros en moins pour la Métropole, estime la maire (UDI) d’Aix Sophie Joissains, qui déplore : « On prend sur les services publics locaux pour rembourser les intérêts de la dette ». L’hémicycle devrait voter une motion pour dénoncer ces coupes, le 15 octobre, tandis que les idées fusaient pour les dénoncer, jusqu’à la proposition d’un sit-in à Paris. Charge au président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, de les recueillir.

    Mais pour le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, cette conférence était aussi l’occasion de saluer « une victoire directe du terrain » après le moratoire sur l’abandon de la gratuité dans le pays d’Aubagne. Alors que la nouvelle grille de la RTM doit être dévoilée mardi, il portera une motion pour demander au gouvernement une hausse du versement mobilité payé par les entreprises.

  • [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    Au lendemain de l’annonce d’un moratoire sur l’abandon de la gratuité dans les transports en commun du pays d’Aubagne, révélé dans nos colonnes, le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, salue « une très bonne nouvelle » pour les habitants concernés. « Cette première victoire est celle d’un territoire rassemblé pour défendre un acquis social auquel il est profondément attaché », appuie-t-il en remerciant ceux qui se sont mobilisés depuis l’annonce par le président (L)R de la Métropole Aix-Marseille Nicolas Isnard, le 24 septembre dernier, de toute forme de gratuité dans les transports du territoire. « Nous avions demandé la suspension de cette mesure annoncée dans la précipitation, c’est désormais chose faite », apprécie le parlementaire qui, dans une tribune publiée le 30 septembre dernier dans nos pages, estimait qu’il était « urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés ».

    « Dans un contexte de hausse du prix des carburants et de difficultés persistantes pour le pouvoir d’achat, la gratuité des transports est plus que jamais essentielle au quotidien de milliers d’habitants », rappelle-t-il désormais. En appelant à poursuivre la mobilisation et à rester « unis et vigilants pour que cette suspension ouvre la voie au maintien durable de la gratuité dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile ».

    C’est que sur le territoire, des voix continuent de se lever pour défendre cet acquis vieux de dix-sept ans. L’élue (DVG) d’opposition à Roquevaire, Hélène Spinelli, a ainsi publié, ce mardi, le courrier envoyé le 1er octobre dernier par son groupe au maire de la commune, lui demandant de clarifier sa position et de présenter les actions engagées « pour garantir cette gratuité face aux évolutions institutionnelles ».

    L’eurodéputée LFI Marina Mesure a de son côté pris la parole au Parlement européen, ce lundi, pour dénoncer le « choix cynique » de la Métropole. Elle a réclamé que les fonds européens dédiés à la transition écologique versés à l’intercommunalité soient « strictement conditionnés au maintien de la gratuité des transports en commun dans le pays d’Aubagne ».

  • À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    « Une première victoire, la suite au prochain numéro… » C’est devant une salle tout acquise à la défense de la gratuité des transports que le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), a fait un point de situation après l’annonce, le 24 septembre, de la suppression de cette dernière par le président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Nicolas Isnard (LR). Avant de suspendre sa décision, ce lundi, avec un moratoire .

    Pas question de revenir sur un acquis vieux de dix-sept ans. « Il m’a parlé d’un moratoire “indéterminé”, qu’il dure encore en 2027, 2028 et au-delà ! » s’enflamme l’élu. Il prévient, fort « de la déferlante populaire » matérialisée par les 14 000 signatures recueillies sur une pétition : « On n’a pas gagné la bataille, il faut rester mobilisés, ne pas baisser la garde. » Et de craindre le « piège tactique ». Le maire d’Aubagne espère aussi que le « front républicain va tenir », affichant le soutien de ses homologues de La Penne-sur-Huveaune, La Destrousse, Belcodène, Saint-Zacharie et Peypin. Une représentante de la France insoumise apporte aussi son soutien. Dans la salle, Jadran Svrdlin au nom de l’Union locale CGT, rappelle que la gratuité n’est pas un coût, mais un choix politique, celui de « financer collectivement » les modes de déplacement.

    « Comme des bêtes »

    Les témoignages affluent. « Ma mère a 73 ans. Elle était en dépression, mais depuis qu’on habite Aubagne, elle reprend du poids, elle sort », raconte un jeune homme. Sans ça, « on ne mange plus, comme des bêtes », s’emballe une retraitée. Le syndicat lycéen, de retour de manifestation, en rajoute une couche.

    Pour Maurice Marsiglia, président de l’association Se déplacer en liberté (Asdel), c’est « la mobilisation qui a fait que M. Isnard a reculé ». Il annonce que l’Asdel prépare un argumentaire à destination des associations et des élus, propose de regrouper les associations en collectif et s’indigne de la mise en place de la tarification sociale. Une manière de « montrer du doigt les pauvres », estime-t-il, quand « 30 à 40% des ayants droit n’y ont pas recours ». Il explique que dans la Métropole, le versement mobilité, source de financement des transports, s’élève à « 2% de la masse salariale des entreprises de plus de onze salariés ». L’Asdel réclame « depuis très longtemps un alignement sur celui de la région parisienne à 3,2%, soit 220 millions d’euros ». De quoi renflouer les caisses. Revenir sur la gratuité, c’est « aller contre le sens de l’histoire », estime Roland Bourglan, qui a rejoint l’Asdel, précisant que « 47 réseaux sont dans la gratuité en France, soit un tiers des réseaux urbains de taille comparable ».

    Le maire d’Aubagne appellera au final à un pacte territorial pour la défense de la gratuité, comme bouclier non négociable, proposant aux habitants de s’en faire les ambassadeurs.