Tag: Gratuité des transports

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.

  • Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    « C’est la suite logique de notre première réunion. On veut continuer à appuyer nos élus et faire la lumière sur cette question de la gratuité », souligne Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), qui appelle au rassemblement samedi, à partir de 10h au Pôle d’échanges d’Aubagne.

    L’objectif : défendre le maintien de la gratuité des transports en commun dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, en place depuis 2009 et menacée par le budget de la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros. En effet, après que les élus de la collectivité ont refusé de voter leur budget, jugé unanimement « intenable », sa gestion a été déléguée à la préfecture qui a, dans la foulée, saisi la Cour régionale des comptes (CRC) pour son élaboration (lire page 2 à 4). Une situation qui inquiète les défenseurs de la gratuité, l’institution portant un regard critique sur le système. « La gratuité (..) entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s’accompagnant que d’un report modal des automobilistes très limité », lit-on dans un de ses rapports, rendu public en septembre 2025.

    « Un bien commun »

    Mais, pour l’Asdel, comme pour de nombreux élus et citoyens locaux, un retour en arrière est inenvisageable. L’association avait d’ailleurs déjà appelé à la mobilisation à la fin du mois de mai, lors d’une réunion publique qui avait rassemblé 450 personnes. L’occasion, pour Maurice Marsiglia et ses soutiens, de revenir sur l’impact financier du système : « La gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la Métropole, ce qui est totalement anodin sur une dette de 123 millions d’euros », avait-il alors défendu. Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, avait lui aussi rappelé son attachement à cet acquis social vieux de 17 ans : « La gratuité est notre bien commun. Elle fait partie de notre paysage et de notre fierté. On ne parle pas d’une utopie mais d’un acquis qui passera bientôt l’âge adulte. » Au-delà du bouclier financier qu’elle peut constituer pour les ménages, la gratuité est aussi défendue pour ses impacts positifs sur la santé publique et l’environnement.

    *Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    La gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile remise en cause ? C’est la crainte de Maurice Marsiglia, militant de la gratuité depuis le début de sa mise en place. Entretien pour mieux comprendre les enjeux des transports gratuits.

    La Marseillaise : Comment fonctionne actuellement le système de gratuité dans les transports ?

    Maurice Marsiglia : Dans les douze communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, les bus et tramways sont entièrement en accès libre, pas uniquement pour les habitants mais pour tous les usagers. Le système est financé depuis 2009 par les entreprises locales de plus de 11 salariés, à hauteur de 2% de la masse salariale. Dans notre association, Se déplacer en liberté, nous souhaitons élargir la gratuité à l’ensemble de la Métropole. Pour cela, il faudrait augmenter la contribution des entreprises à hauteur de 3,5%, comme cela se fait déjà en Ile-de-France. Selon nous, le projet est réaliste, c’est seulement un choix politique.

    Cette proposition va à l’encontre
    de la direction que semble prendre la nouvelle Métropole. Que savez-vous de ses intentions à l’égard du projet
     ?

    M.M. : La direction de la Métropole n’a jamais répondu à nos sollicitations. Elle a seulement communiqué sur la dette de 123 millions d’euros et son envie de faire des économies, avec dans le viseur la gratuité des transports. C’est pourquoi nous nous préparons en organisant une réunion publique ce mercredi 27 mai.

    La gratuité est-elle une cause importante de cette dette ?

    M.M. : Les chiffres sont clairs : la gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la métropole. Donc c’est totalement anodin sur une dette de 123 millions. Pour nous, le problème, c’est qu’on fait payer aux habitants une mauvaise gestion. Des projets comme le Val’Tram ou le Bus + coûtent énormément à la collectivité et leur conception est mal pensée. La gratuité, quant à elle, profite à tous de manière concrète.

    Quels sont ses effets justement ?

    M.M.  : Premièrement, elle a permis d’augmenter le pouvoir d’achat des habitants. Selon les familles, les économies vont de 50 à 60 euros par mois. La fréquentation des transports a aussi explosé, aujourd’hui on compte trois fois plus d’usagers qu’avant la gratuité, avec un fort impact sur la qualité de l’air. Et les incivilités ont presque disparu.

    Qu’attendez-vous de cette réunion publique ?

    M.M. : Nous souhaitons réunir un maximum d’habitants et élus pour expliquer les effets positifs de la gratuité et laisser chacun faire des propositions. Nous devons faire pression sur la Métropole pour éviter le pire : que l’on revienne à un système payant.

    Réunion publique le 27 mai à 18h à la salle du Bras d’Or à Aubagne, entrée libre

  • [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    La Marseillaise : Cette hausse de la taxe foncière était-elle inévitable ?

    Renaud Calvat : Oui. Le débat qu’on peut avoir, c’est quel niveau de taxe foncière. La Métropole a été créée en 2015 en recevant des dépenses dynamiques des communes et des recettes statiques. Cela peut marcher un an, quatre ans… mais au bout d’un moment le différentiel est énorme. C’est une erreur originelle liée à la loi Mapam. Des compétences ont été transférées : l’urbanisme, la voirie… et un calcul a été fait à l’époque pour savoir ce que chaque commune dépensait. Sauf que cela n’a pas été harmonisé. Certaines mairies mettaient beaucoup d’argent pour désherber, d’autres préféraient les MJC, le soutien scolaire… Depuis, il y a eu de l’inflation mais aussi de nouvelles routes, des lotissements, des arbres plantés à entretenir… Tout cela se fait avec la même somme d’argent qu’en 2015. À cela s’ajoute l’argent que nous prend l’État : 12 millions d’euros au titre de la contribution aux retraites des fonctionnaires par exemple.

    Des maires de droite en ont conclu qu’alors, il ne fallait pas faire la gratuité des transports…

    R.C. : Je suis en total désaccord, cela ne changerait rien. Que les gens payent le service en achetant un ticket ou un impôt, c’est toujours le citoyen qui paye. Le seul moyen de ne pas avoir de dépense, c’est de la réduire. Tout le monde trouve normal de payer un ticket de tramway mais le coût de gestion de la route est aussi important et c’est l’impôt qui finance. Si vous voulez moins de recettes (pas de hausse fiscale), il faut moins de dépenses. Or, tous les maires nous demandent plus de services publics.

    Pourquoi n’avoir choisi que la taxe foncière (payée par les propriétaires) et pas les entreprises ?

    R.C. : Sur la Contribution foncière des entreprises (CFE), on est déjà sur un taux (36,58%) comparable aux autres Métropoles. Sur le versement mobilités, on est au maximum légal. En revanche, le taux de la taxe foncière était historiquement bas, en raison d’un choix politique voulu en 2001 par Georges Frêche lors de la création de l’Agglomération. La recette du foncier bâti c’était à peine 2 millions d’euros pour les ménages contre 300 millions pour les impôts des entreprises. Avec l’ancien taux de 0,167%, pour une taxe foncière de 1 200 euros, seuls 5 euros allaient à la Métropole [le reste à la commune, Ndlr.] ! Les propriétaires payaient entre 2 et 7 euros, avec le nouveau taux (5,8%), ce sera entre 70 et 250 euros par an en fonction du logement (fois 36 !). On a l’un des taux les plus bas de France. Ce sera la seule hausse du mandat et avec l’usine CSR, on vise à terme une baisse de la taxe sur les ordures ménagères (14,62%).

    C’était ça ou réduire les services publics ?

    R.C. : Oui. On a des dizaines de milliers d’habitants qui vont dans les médiathèques, à la piscine… Le coût réel c’est 7 euros de l’heure, pas un habitant ne paye cela. Ce sont des choix politiques. Un piéton pourrait râler en disant qu’il n’a pas besoin de route, ou un contribuable d’école s’il n’a pas d’enfant. Le principe même de l’impôt c’est de mutualiser les coûts pour un meilleur service à un meilleur prix. La vraie question c’est : l’impôt est-il excessif au vu du service en face ?

  • Les maires du pays aubagnais ne lâcheront pas la gratuité

    Les maires du pays aubagnais ne lâcheront pas la gratuité

    Ils sont décidés à « ne pas se laisser tondre », comme le répète, Jean-Pierre Squillari, le maire (DVG) d’Aubagne. Alors que la Métropole Aix Marseille Provence doit trouver 130 millions d’euros pour boucler son budget et pourrait envisager dans « des économies de bout de chandelle » la remise en cause la gratuité des transports en commun sur Aubagne et le pays de l’Etoile, neuf maires du territoire montent au créneau.

    Réunis lundi, veille de conseil métropolitain, à la mairie de la Destrousse, ils affichent leur unité et leur ferme opposition à tout retour en arrière. Cette gratuité, instaurée il y a 15 ans, « ne coûte que 2 millions », rappelle Jean-Pierre Squillari. « La gratuité n’est vraiment pas le sujet », abonde Véronique Miquelly, la maire (DVD) d’Auriol pour qui « les difficultés sont d’abord liées au désengagement de l’État ».

    Autour de la table, ils défendent l’aspect social, « 500 euros par an pour un couple » glisse le maire d’Aubagne, et écologique d’une mesure « exemplaire » qui a essaimé jusqu’à Tallinn, capitale d’Estonie et plus près de nous, Montpellier. « Il faut une vision à long terme », insiste Eric Bouillé, maire (DVC) de Roquevaire dont la commune située « dans un goulot d’étranglement voit passer 25 000 voitures par jour ». « Alors que le Val’tram arrive on perdrait la gratuité qui sera une clé de la réussite de cette politique publique ? », s’interroge Ambrozio Dolphi, maire (DVD) de La Bouilladisse.

    « On ira au combat »

    « La gratuité, on l’a payé, nous la retirer serait une anomalie. (…) S’il faut aller au combat on ira, il est hors de question de voter une délibération en ce sens », renchérit Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive, venu en soutien de ses voisins même si le bassin de vie de sa commune est « plus tourné vers Aix ». Bernard Destrost, le maire (DVD) de Cuges souligne, lui, les effets bénéfiques « en termes de sécurité », quand à Marseille, des centaines de milliers d’euros sont engagés dans la chasse aux fraudeurs. Les yeux tournés vers les élections sénatoriales, Michel Lan, le maire (DVD) de La Destrousse entend rappeler à ceux qui lui opposent que « la gratuité n’existe pas », que le versement mobilité des entreprises dont le Sénat a refusé d’aligner son montant sur celui de la région Ile de France, peut être discuté.

    Dénonçant des choix qui ont coûté cher sur la réalisation du Val’tram ou du bus à Haut niveau de service, Jean-Pierre Squillari place le sujet au niveau des conquêtes sur le travail des enfants, la gratuité de l’école publique et les congés payés : « Rien n’est acquis, c’est la lutte qui compte », martèle-t-il. « Il n’y a pas que le problème des 2 millions, il y a aussi la question de l’équité qui va être un bâton dans la roue », note dans la salle Maurice Marsiglia (Se déplacer en liberté), appelant à « ne pas se passer des habitants et des citoyens dans ce combat ».

    « Un combat qui doit être mené à l’échelle de l’ensemble métropole », insiste Yves Mesnard, l’ancien maire (DVG) de Roquevaire, un des artisans de la mise en place de la gratuité sur le pays aubagnais, soulignant que la menace pourrait aussi peser sur la gratuité partielle instaurée pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans à Marseille.

  • La CGT refuse les coupes à la RTM

    La CGT refuse les coupes à la RTM

    Après l’annonce d’un manque de 123 millions d’euros pour boucler les budgets métropolitains et le refus de l’institution de les voter ce mardi 28 avril (notre édition du 22/04), la CGT RTM appelle à une mobilisation forte pour refuser que les usagers et les salariés ne payent l’addition. « La situation budgétaire de la Métropole est aujourd’hui utilisée pour préparer de nouvelles attaques contre le service public des transports et contre les salariés de la RTM », pointe l’organisation syndicale, dans un communiqué, jeudi soir. Avant de préciser : « Soyons clairs, ce ne sont ni les traminots, ni les usagers qui sont responsables du déséquilibre financier actuel. Depuis des années, les choix politiques ont conduit à un sous-financement chronique des mobilités, tout en exigeant toujours plus de service, d’investissements et de restructurations. »

    Craignant une ouverture à la concurrence et que l’intégration de l’ex-régie départementale des transports (RDT 13) ne serve de prétexte à son démantèlement, la CGT RTM avertit qu’elle refuse toute remise en cause des conditions de travail et des statuts, toute dégradation de l’offre de transport, toute externalisation ou mise en concurrence, toute hausse de tarif pénalisant les usagers. La CFE-CGC de son côté « appelle à une vigilance accrue quant aux arbitrages qui seront rendus ».

    Réserves de la CCI

    Après le refus du président de l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), Philippe Korcia, de toute augmentation du versement mobilité pour financer les transports, c’est le président de la CCI, Jean-Luc Chauvin, qui a interpellé, vendredi, le président (LR) de la Métropole pour alerter sur « un risque réel sur l’attractivité » si l’institution obtenait du gouvernement la hausse de cette taxe versée par le patronat. « Les entreprises ne sauraient être les seules pénalisées », pointe-t-il, ciblant la gratuité du pays d’Aubagne et une qualité du réseau « pas au rendez-vous ». Et de demander de participer aux décisions en matière de transports.

  • La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    À une semaine de l’adoption du premier budget métropolitain de la mandature, avec quelque 123 millions d’euros à trouver pour équilibrer les comptes, la conférence métropolitaine des maires, qui se tient ce mardi après-midi au Pharo, aura du pain sur la planche. Une rencontre qui sera l’occasion de poser la première pierre de cette « Métropole des maires » que promettait son nouveau président (LR) Nicolas Isnard, et d’en éprouver la solidité des fondations.

    « Cette instance a pour ambition de fonder les piliers d’une gouvernance métropolitaine renouvelée, reposant sur la transparence et la reconnaissance pleine et entière du rôle des maires dans l’action publique locale », défend celui-ci dans le courrier d’invitation envoyé aux maires le 9 avril dernier.

    « Fenêtre d’opportunité »

    Mais, ce mardi, l’urgence budgétaire supplante le reste. « Ce temps d’échange nous permettra de réaliser un point de situation exhaustif sur les finances de notre institution (…) afin d’arrêter ensemble les décisions structurantes pour l’avenir », promet Nicolas Isnard dans son invitation.

    Côté pile, les opposants aux projets métropolitains emblématiques que sont le Boulevard urbain Sud (BUS) et le tramway des Catalans espèrent obtenir enfin gain de cause. « Bien sûr qu’il y a des projets qui pourraient être revus », répondait Nicolas Isnard à l’issue du débat d’orientations budgétaires face à la presse. Dès le 16 avril, dix associations écologistes l’ont interpellé avec le maire de Marseille pour qu’ils se prononcent « pour l’arrêt immédiat du prolongement du Boulevard Urbain Sud ».

    « Il y a une fenêtre d’opportunité politique », reconnaît de son côté la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard, qui doit exprimer sa position sur l’extension du tramway jusqu’à la place du 4-Septembre en conseil d’arrondissement lundi. « Il faut vérifier le niveau d’engagement des dépenses et remettre la somme pour un autre projet de transports », défend-elle, alors que s’ouvre le 4 mai prochain une enquête publique.

    Côté face, la menace plane en particulier pour la gratuité dans les transports en commun, dans le pays d’Aubagne ainsi que pour les plus de 60 ans et moins de 11 ans sur le réseau RTM. « La gratuité elle n’existe pas », répète ainsi Nicolas Isnard.

    Reste donc à savoir si la conférence des maires aboutira sur un front uni pour demander à l’État une augmentation du plafond du versement mobilité que peut lever la Métropole, et si la promesse de son président qui assurait que « les attributions de compensations [les sommes reversées aux communes] sont intouchables » tiendra. Tout comme les promesses de campagne, notamment sur la propreté. « On fera avec les moyens qui sont les nôtres », répondait Nicolas Isnard, alors que reste en suspens la question de l’harmonisation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères entre Marseille et les autres communes.

  • La mobilité des Avignonnais, défi majeur pour les acteurs locaux

    La mobilité des Avignonnais, défi majeur pour les acteurs locaux

    Ce jeudi 26 mars, il n’y avait pas que des étudiants et des enseignants à l’université d’Avignon. Car se tenait dans les locaux de l’établissement la 4e édition du Forum de la mobilité, organisé en partenariat avec France Travail.

    Un sujet majeur dans le département. Car en dehors des grandes communes, Avignon en tête, l’accès aux transports en commun est difficile et de nombreux foyers n’ont pas de voiture. « D’après des études, 30% des personnes ont abandonné une opportunité professionnelle car il y avait un problème de mobilité pour s’y rendre. Aujourd’hui est l’occasion de montrer qu’il y a des accompagnements et des aides pour que ce ne soit plus le cas », explique Sophia Kantach, conseillère France Travail. « Et cela concerne tout le monde. Il faut enlever ces freins », abonde sa collègue à France Travail, Solange El Kasser.

    La coopération avec l’université ne doit rien au hasard : l’établissement rencontre lui-même des problématiques liées aux déplacements. « On s’est rendu compte que 50% de notre bilan carbone vient des déplacements. On cherche à éloigner le plus possible les étudiants et salariés de la voiture individuelle », précise Stéphane Sammartino, enseignant-chercheur et chargé de mission sur la mobilité à Avignon Université. Différentes pistes sont étudiées sur les deux campus, dont celui de l’Agroparc, situé à quelques kilomètres. Parmi les projets : des casiers pour laisser des affaires sur place et ainsi favoriser l’usage du vélo.

    Étoile ferroviaire

    La mobilité était également un des grands thèmes des dernières élections municipales en Cité des papes. Avec le plan Faubourg qui a notamment été vivement critiqué. Ou encore la gratuité des transports en commun, sujet notamment porté par les candidats de gauche et, depuis plusieurs années, par les élus écologistes. Les adeptes du vélo, comme Marie-Lise, bénévole pour l’association Roulons à Vélo, se réjouissent « d’un bel effort » sur le développement des pistes cyclables, ces dernières années. Un travail de collaboration entre la municipalité et l’université qui devrait se poursuivre. « C’est un partenariat de longue date. L’université est un vecteur d’attractivité avec 10 000 étudiants sur le territoire. Ce qui oblige à travailler sur la mobilité de ces personnes et à les accompagner, car c’est un sujet complexe. De montrer qu’Avignon est une ville où il est facile de bien vivre », pointe Olivier Marquet, directeur de la mobilité à la Ville d’Avignon.

    Des améliorations sont à attendre, notamment avec le développement du projet de RER métropolitain, dans lequel la Ville d’Avignon était jusqu’ici pleinement mobilisée. La poursuite de cet engagement n’est cependant pas assurée avec la nouvelle mandature. Le dossier final doit être déposé auprès des services de l’État en cette fin d’année 2026. Ce Serm, pour Services express régionaux métropolitains, devrait également desservir le Gard et le nord des Bouches-du-Rhône. Des études ont été lancées par plusieurs collectivités pour un total de 1 million d’euros. L’État en porte la moitié, le reste étant partagé par la Région (200 000 euros), le Grand Avignon (110 000), la Ville d’Avignon (50 000) et, de manière moindre, par les Départements de Vaucluse et du Gard, ainsi que les intercommunalités de Carpentras, Luberon Monts de Vaucluse, Sorgues du Comtat, Pays des Sorgues et Monts de Vaucluse et Terres de Provence – au nord des Bouches-du-Rhône.

  • L’urgence sociale bouscule la campagne

    L’urgence sociale bouscule la campagne

    Ce mercredi après-midi, militants du RN et du Printemps marseillais se regardent en chiens de faïence, face aux portes du supermarché de la place du 4-Septembre, dans le 7e arrondissement de Marseille. Les premiers parlent aux passants de « salles de shoot », d’une « union des droites ». « Avec Benoît Payan, pour votre pouvoir d’achat ! », répètent en boucle les seconds.

    C’est que l’envolée des prix des carburants a mis un brutal coup de projecteur sur les questions de pouvoir d’achat. À la pompe à essence voisine, le prix au litre du gazole frôle les 2 euros. Presque cinquante centimes de plus que le pic d’octobre 2018, déclencheur de la mobilisation des gilets jaunes. « Je suis surpris de voir à quelle vitesse on arrive à un panier de 100 euros », partage un préparateur de commandes du supermarché, au moment de prendre sa pause. Le lien entre la vie chère et les municipales n’est pourtant pas évident pour lui. « Ce sont des problématiques trop dépendantes des politiques internationales, pointe-t-il. Mais les mesures de gratuité, oui, cela correspond plus aux municipalités. »

    Gratuité des transports

    Ainsi ce lundi, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal s’était-elle empressée de promettre un « bouclier carburant », avec un ticket unique pour les transports en commun et des parkings relais gratuits « dès que le prix moyen du Sans-Plomb 95 ou du Gazole dépasse 2 euros le litre ». Le Printemps marseillais de son côté a fait tirer des tracts « pour le pouvoir d’achat » ce mercredi. Façon de boucler une campagne qui avait commencé en janvier sur les enjeux de solidarité. « À un moment où l’État ne joue plus son rôle, nous devons nous montrer ambitieux et assumer notre rôle de bouclier social et financier pour accompagner les Marseillais », insiste le maire (DVG) sortant, Benoît Payan.

    Les communes ont beau ne pas avoir la main sur les hausses du Smic, des pensions ou des minima, elles ont beau ne pas être, comme les conseils départementaux les chefs de file de la solidarité, elles restent en effet l’institution la plus proche des habitants. Déjà mises en place dans de nombreuses municipalités, les mesures pour faciliter l’accès aux droits, au service public, les gratuités d’usage se déclinent aujourd’hui dans de nombreux programmes, principalement à gauche.

    À Marseille, le Printemps marseillais met ainsi en avant le doublement de valeur du kit scolaire distribué à chaque rentrée aux écoliers, la demande auprès du ministère d’un encadrement des loyers, un tarif progressif sur l’eau avec les premiers mètres cubes gratuits, la gratuité de la cantine scolaire pour 15 000 écoliers ainsi que des petits-déjeuners distribués dans les établissements des quartiers prioritaires… Mise en place dans le pays d’Aubagne depuis quinze ans, la gratuité des transports en commun est désormais défendue jusqu’à 26 ans à Marseille aussi bien par les insoumis que par Benoît Payan ou par Martine Vassal, qui l’a déjà étendue jusqu’aux moins de 11 ans et propose aujourd’hui la gratuité des fournitures scolaires. Chez LFI, qui a épargné de ses critiques pourtant violentes le bilan social de la majorité sortante, c’est la cantine qui doit être totalement gratuite. « L’école est gratuite pour tous, la cantine aussi doit l’être », défendait Aurélien Bournoeuf (17e sur la liste) début mars.

    Mutuelles communales

    D’autres propositions ont fait largement leur entrée dans le débat public à l’occasion de ces municipales. C’est ainsi le cas des mutuelles communales, défendues notamment par les communistes. Elles sont inscrites dans les programmes de la gauche de Marseille à Aix-en-Provence en passant par Aubagne. « Par le volume de contrats que la Ville est en capacité de poser sur la table, on peut faire baisser considérablement le prix, résumait en janvier l’adjointe sortante (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. On estime à peu près à 30% le coût minoré des mutuelles municipales par rapport à une mutuelle individuelle ou d’entreprise. » Une réponse directe à l’envolée des tarifs après les coups de boutoir des gouvernements macronistes successifs contre la Sécurité sociale.

    Retour sur la place du 4-Septembre. Au bord de la route, les militants du Printemps marseillais insistent face aux passants sur le barrage contre l’extrême droite. « Pour combattre le RN, il faut des choses concrètes, rétorque une ancienne adhérente du PS, cabas à la main. Il leur demander ce qu’ils proposent sur l’économie. Rien ! C’est là-dessus qu’il faut se battre ! »