Tag: Grand port maritime de Marseille

  • Le Grand Port maritime dévoile son futur siège social

    Le Grand Port maritime dévoile son futur siège social

    Les visuels léchés projetés sur écran géant tranchent avec les ferronneries usées des halles Eiffel du J0, qui fait face à la place de la Joliette. Ce jeudi matin, le groupe Eiffage et l’architecte arlésienne Corinne Vezzoni sont venus présenter au public le projet retenu par le Grand Port maritime de Marseille – Fos pour reconstruire son siège social et restaurer ses hangars de la fin du XIXe. « Plus qu’une réalisation architecturale, c’est une promesse rendue d’un port qui veut s’ouvrir sur la ville et ses habitants », insiste le président du conseil de surveillance, Christophe Castaner. Tout en rappelant « le cœur battant » que sont les bassins Est pour Marseille, avec leurs 14 500 emplois.

    Sur scène, son directeur général Hervé Martel énumère les ambitions de ce projet : reconstruire un siège social « digne d’un grand port international », concilier ouverture sur la ville et continuité de l’activité portuaire, valoriser ce patrimoine maritime. Un chantier complexe, en site occupé, qui doit ainsi démarrer en 2026 : il faut faire avec Les terrasses du port voisines, avec cette voie royale qui sera déplacée, et surtout avec les quarante escales annuelles des postes à quai attenants. La livraison du nouveau siège est prévue pour 2028, celle de la halle rénovée, ouverte au public, pour 2030.

    Maintenir l’activité

    Et puis les visuels défilent, présentés par l’architecte Corinne Vezzoni. Le siège actuel, qui date des années 1950, rasé, ce sont de nouveau les trois pignons des halles qui font face à la place de la Joliette, bordés par un jardin. À l’extérieur, des soubassements de béton fait à partir de pierre concassée, et surtout contre le soleil, des claustras inspirés des anciennes tuileries, « comme une grande dentelle de terre cuite » posée en travers des fenêtres. Côté sud, une passerelle permet d’installer des restaurants au-dessus des quais rendus accessibles. À l’intérieur, la structure restaurée couvrira un espace muséal géré par Kleber Roussillon en lien avec la grotte Cosquer, un amphithéâtre. Finies les barrières du port : de grands battants en façade interdiront l’accès aux quais lors des escales. 16 000m² de bureaux doivent encore être commercialisés.

    Cela a un prix. Un partenariat public-privé de 120 millions d’euros, le Port louant son siège pendant vingt ans avant d’en être propriétaire. « C’était le seul cadre permettant de mobiliser un financement privé et de garantir un accompagnement sur le long terme », justifie Hervé Martel. « Nous avons rendu un avis défavorable », pointe le secrétaire général de la CGT du Port, Pascal Galéoté. Mais de rappeler surtout : « C’est un nouvel outil pour les travailleurs du port, mais nous avons veillé à maintenir les fonctionnalités maritimes. Au-delà du J1, il y a une nécessité de garder des espaces pour continuer à travailler. Il faut maintenir les espaces portuaires. »

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »