Tag: gestion

  • Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Au collège Katherine-Johnson (15e), le problème révolte presque à l’unanimité : ce jeudi, 83% du personnel était en grève pour dénoncer l’absence d’un gestionnaire à temps plein, indispensable pour que « les dépenses courantes soient convenablement assurées ».

    Depuis septembre, le bon fonctionnement de l’établissement est empêché par un manque de personnel dans le service de gestion, pour l’instant géré par une seule personne en temps partiel. Une situation insoutenable que professeurs, élèves et parents dénoncent. Un rassemblement s’est tenu à 10 heures devant les grilles du collège. « On ne demande pas de traitement de faveur, on ne demande pas de moyens supplémentaires par rapport aux autres établissements, s’agace Julien Marec, professeur d’histoire et représentant du Snes-FSU, plus grand syndicat du second degré. On demande juste à avoir un poste de gestionnaire complet, comme partout, pour que le collège tourne. »

    « Des familles galèrent,

    ce n’est pas normal »

    Car le dysfonctionnement du service de gestion a de sérieux impacts sur le quotidien des élèves, enseignants et autres personnels. « Le gestionnaire, c’est celui qui s’occupe de tout ce qui est financier, souligne Mathilde Tailleu, professeure de mathématiques. Dès qu’il faut signer une facture, payer des fournitures à l’infirmerie pour que l’infirmière puisse travailler correctement, distribuer les bourses aux élèves, c’est par lui que ça passe. »

    Alors, faute d’une gestion correctement pourvue, des « bourses se retrouvent retardées, voire gelées », et des voyages scolaires suspendus. « On est dans un collège d’éducation prioritaire renforcée, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de familles boursières. La situation n’est pas acceptable, dénonce l’enseignante. Et il y a aussi la question des voyages. Nous avions obtenu, grâce à un long travail des professeurs, une bourse Erasmus + qui devait nous permettre d’organiser trois voyages scolaires, en Grèce, en Italie et en Espagne. Pour l’instant, la situation est gelée. »

    Les surveillants, eux aussi présents au rassemblement de jeudi, s’inquiètent. « On fait la grève avant tout pour les bourses. Déjà qu’il y a des situations compliquées, que des familles galèrent, ce n’est pas normal », souffle l’un d’entre eux. Et Elias, en classe de troisième dans le collège Katherine-Johnson, d’ajouter : « C’est dommage parce qu’on reste tout le temps ici, dans nos quartiers. On aimerait bien voyager, pour changer d’air. »

    Hedi Ramdane, conseiller municipal (DVG) du secteur des 15e et 16e arrondissements, était lui aussi sur place pour appuyer la mobilisation. « On rajoute de la pauvreté à la pauvreté, c’est inadmissible », s’indigne-t-il. Sollicité depuis novembre par les personnels du collège, le rectorat a fini par répondre au Snes-FSU, jeudi matin, promettant un rendez-vous dans la semaine de la rentrée. Samia Ghali, conseillère municipale (DVG), a elle aussi demandé à ce qu’un entretien soit organisé en présence de représentants du corps enseignant et des parents d’élèves.

  • Suez et Seramm innovent pour les eaux marseillaises

    Suez et Seramm innovent pour les eaux marseillaises

    « Quand on va voir l’OM, on n’imagine pas l’ampleur de l’usine qu’il y a dessous. » Sous le parvis Ganay par lequel on accède à la tribune du Vélodrome du même nom, les équipes du Seramm (Service d’assainissement Marseille Métropole) ne sont pas peu fières de présenter Géolide, la station d’épuration, au directeur général de Suez, Xavier Girre. Lequel n’hésite pas à la décrire comme « une merveille de capacité de pilotage et d’anticipation ».

    Et pour cause : plus de 4 hectares de systèmes hydrauliques se trouvent sous les pieds des Marseillais et traitent plus 200 000 m3 d’eau par jour. Cet ouvrage, au cœur du système d’assainissement qui traite les eaux de Marseille et de 17 communes, est situé à la « confluence des réseaux d’assainissement ». « Il n’y a pas autant d’ouvrages souterrains et de cette taille-là ailleurs en France », résume fièrement Olivier Jourdan, directeur des usines du Seramm. « Marseille a une place particulière pour Suez. Le site est exceptionnel, il y a un enjeu d’innovation et de volume avec les phénomènes météorologiques plus marqués », abonde le directeur général, Xavier Girre.

    Vestes orange fluo estampillées Seramm sur le dos, les travailleurs de l’équipe de maintenance évoquent « 4 200 équipements répartis sur quatre sites avec la station et deux sous-stations et un bassin d’orage ». Ces derniers réagissent notamment aux alertes du poste de contrôle « phare » via leur astreinte 7 jours sur 7. « L’intégralité du système est sous haute surveillance grâce à des experts présents 24h/24. Il y a des milliers d’informations qui remontent au travers de la supervision », explique Mathieu Luciani, responsable du poste. En clair, un centre névralgique doté de technologies nec plus ultra. Il énumère : « Nous exploitons une centaine de stations de pompage et avons déployé 200 capteurs sur le réseau. » Avec ces outils, la Seramm supervise les flux en temps réel. « Là, nous avons le barrage de la Pugette qui détourne l’Huveaune et permet de préserver les plages et le littoral », précise Mathieu Luciani au directeur général, en montrant une vidéo issue des caméras de surveillance.

    « Maximiser les fluides »

    De quoi démontrer la capacité à « maximiser les fluides hydrauliques dans les réseaux en stockant sur les bassins », selon les besoins. Ce vendredi, « on est encore assez haut sur l’Huveaune » du fait des pluies régulières de la semaine. Autre fleuve en surveillance au poste : celui des Aygalades. À moins de 10 minutes à pied du poste, on retrouve aussi le bassin de stockage Ganay de 50 000 m3, « l’équivalent d’un immeuble de sept étages enterré pour stocker le surplus » en cas de fortes pluies.

    Le fort épisode orageux du 21 septembre dernier, lors duquel des inondations avaient frappé violemment Marseille, est encore dans toutes les têtes. « On a eu un retour de pluie de 15 ans », se remémore Mathieu Luciani. « On a eu la démonstration très concrète de l’efficacité du dispositif », approuve Xavier Girre. C’est d’ailleurs son 3e déplacement à Marseille en 7 mois. Et le DG ne cache pas l’importance qu’il attache à la cité phocéenne et ses infrastructures. « Nous avons développé, ici en particulier, une expertise unique dans la gestion des eaux de pluie et des eaux usées pour préserver le territoire et la Méditerranée », assure-t-il.

    Avant de souligner que, dans la région, « un habitant sur cinq est desservi en eau potable et un habitant sur deux bénéficie du service d’assainissement de Suez » grâce au travail des plus de 2 000 salariés locaux. « On apporte nos solutions techniques, nos innovations au service du territoire », insiste-t-il. Et notamment en vue « de l’enjeu du réchauffement climatique », comme le souligne Nicolas Cotiche, directeur général du Seramm. Il rappelle que « l’histoire de l’assainissement de la ville a commencé il y a plus de 130 ans, quand la ville subissait une épidémie de peste et de choléra ». D’où « l’enjeu de santé publique » qui reste plus que jamais d’actualité.

    Amaury Baqué
  • Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Un professionnel de la gestion locative a été condamné pour avoir perçu des loyers malgré l’arrêté de mise en sécurité de 2022 sur le Gyptis, ce bidonville vertical de la Belle de Mai évacué en mars 2023. Un symbole de la lutte contre l’habitat indigne.

    Alors que plus d’un millier d’immeubles marseillais sont frappés d’un arrêté de mise en sécurité (péril), des propriétaires sans scrupule exigent de leurs locataires le versement de loyers quand l’immeuble n’est pas interdit d’occupation. C’est le cas de locataires de la Maurelette (15e), qui subissent pour certains des pressions pour continuer de verser des loyers malgré le péril des parties communes depuis 2019.

    Gabriel Saghroun, 62 ans, a écopé de 6 mois de prison avec sursis et de 15 000 euros d’amende. Sa société civile immobilière Batim est condamnée à 35 000 euros d’amende. La société possède 24 locaux dans le 1er et le 3e arrondissements, qui ont généré près de 70 000 euros de revenus, en 2021. L’habitat indigne n’est pas étranger à cette société : un des cinq appartements qu’il possède au Gyptis se trouve, depuis juillet 2022, sous le coup d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Les deux prévenus sont condamnés en outre à une interdiction d’acheter ou d’être usufruitier d’un bien à usage d’hébergement pendant 5 ans. S’ils échappent à la confiscation du bien, c’est en raison de la
    procédure d’expropriation en cours du Gyptis par l’établissement public foncier Paca. M. Saghroun et sa SCI devront restituer à la famille victime les 3 600 euros de loyers indûment payés, leur verser solidairement 4 000 euros de préjudice moral et 1 500 euros de frais de justice.

    « Des locataires vulnérables »

    L’affaire débute avec un signalement de la Ville de Marseille concernant la situation de l’appartement 253, au 10e étage du Gyptis, 7-9, rue Cristofol (3e) et de la plainte du couple de locataires à qui M. Saghroun a dit de ne pas écouter la mairie. « Tu dois payer, on trouvera une autre solution. » Quand le couple évacué a demandé à être relogé, la société Batim a alors remis à la mairie un document faisant croire que le couple avait résilié le bail avec un état des lieux effectué ce jour-là. Bien qu’il n’ait pas été saisi du délit de faux sur la résiliation, le tribunal a tenu compte du « comportement procédural du prévenu » et notamment de la production d’un « document dont le caractère authentique est largement questionnable ».

    M. Saghroun affirmait que le couple ne payait plus le loyer depuis l’arrêté de péril, alors même qu’il leur avait remis des quittances. Il soutenait que le couple était parti en novembre 2022, laissant les clés à des squatteurs et que si ses locataires étaient revenus au moment de l’évacuation, c’était uniquement pour bénéficier des dispositifs de relogement mis
    en place par la mairie. Contrairement aux allégations du prévenu, le tribunal a retenu que le couple s’était réellement acquitté de 9 mois de loyer indus, que toutes les quittances comportaient bien le tampon de la société Batim, et que les locataires produisaient des factures d’électricité dûment acquittés pour l’appartement 253.

    Les juges de la 6e chambre retiennent que des relances ont bien été adressés par SMS au couple, qu’elles ont été « particulièrement insistantes et abusives sur l’ensemble de la période ». « Ce comportement révèle de la part des prévenus le mépris tant de ses locataires qu’il sait économiquement et socialement vulnérables, que de l’autorité municipale et préfectorale, et ce par appât du gain » a tranché le tribunal, qui considère « les faits sont d’autant plus graves que Gabriel Saghroun est un professionnel de la gestion locative ».

  • Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Venir en aide à ceux qui aident. En décembre dernier, Ladapt Méditerranée, les Établissements médico-sociaux publics du Haut-Var et ceux du Var, sous l’égide de la Communauté 360 du Var portée par l’Union pour la gestion des établissements des caisses de l’Assurance Maladie (Ugecam), ont signé une convention pour le lancement de la Plateforme du Répit du Var.

    Une avancée majeure pour le soutien aux aidants familiaux de personnes en situation de handicap dans le département. Elle constitue une réponse en cohérence avec les orientations de l’Agence régionale de santé (ARS) et les politiques publiques de soutien aux aidants et de prévention de l’épuisement, avec le concours des acteurs institutionnels et médico-sociaux du territoire varois.

    Cette convention rassemble les partenaires institutionnels et médico-sociaux autour d’une ambition commune, impulsée par l’ARS : proposer aux aidants un parcours d’accompagnement lisible, accessible et coordonné. L’objectif est de garantir une couverture départementale complète et réduire les inégalités territoriales, afin que chaque aidant puisse accéder à des solutions de répit adaptées à ses besoins, et quel que soit son lieu de vie. En croisant les expertises et en mutualisant les ressources existantes, les partenaires apportent des réponses concrètes, coordonnées et adaptées aux besoins du terrain.

    Un numéro unique :

    0 800 360 360

    La Plateforme de Répit du Var a pour mission d’accueillir, écouter, informer, orienter et soutenir les aidants. En plus de conseils, elle propose aux aidants de l’écoute, du soutien psychologique et des groupes d’expression, des ateliers collectifs, mais aussi des solutions de répit adaptées aux besoins : temps libéré (interventions ponctuelles de courte durée permettant à l’aidant de souffler de 1 à 4 heures par jour, jusqu’à 5 jours par an), temps de répit (journées d’accompagnement de la personne aidée, offrant à l’aidant la possibilité de se libérer entre 5 à 8 heures, jusqu’à 8 jours par an), et des solutions de relayage (intervention d’un professionnel au domicile auprès de la personne aidée, permettant à l’aidant de s’absenter entre 1 et 5 nuits). Elle propose aussi des séjours de répit « aidant-aidé » dans un cadre agréable et adapté, pour se ressourcer en duo (jusqu’à 6 jours/5 nuits).

    La Plateforme s’appuie sur le numéro unique et gratuit de la Communauté 360 du Var, permettant aux personnes d’être rapidement orientées vers des solutions adaptées : 0 800 360 360, disponible du lundi au vendredi de 8h à 20h. À ce titre, les prescripteurs, professionnels de santé, travailleurs sociaux et acteurs de proximité sont invités à relayer l’information et à orienter les aidants vers la Plateforme.

  • Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    « La mayonnaise a pris. » Mario Martinet, maire (DVG) de Berre-l’Étang, a donné une conférence de presse, vendredi matin à la salle Alain-Bombard, pour annoncer le lancement de sa campagne pour les élections municipales de mars 2026, avec sa liste Berre avenir.

    « Personne n’a envie de partir », indique d’emblée le maire-candidat, qui a dressé un rapide bilan. S’il devait retenir une chose, Mario Martinet tranche : c’est le centre médical. « Berre était un désert médical », selon le mairel, tout en soulignant « en même temps la réanimation du centre mutualiste Gabrielli », anciennement Oxance. Si la Ville cherche encore un spécialiste, « nous avons récupéré les médecins et on fait en sorte que les Berrois puissent se soigne,r car c’est essentiel », affirme le maire. Et ce n’est pas tout : « Nous allons l’accompagner pour qu’il bénéficie d’un IRM », annonce le candidat.

    « Dans la vie, il y a trois piliers que sont la santé, le logement et l’emploi », estime l’élu. Sur ce dernier point, l’édile craint pour le complexe pétrochimique LyondellBasell de Berre, actuellement en vente, « normalement réglée à la fin du premier semestre 2026 avec un groupe d’investisseurs allemands », avance-t-il.

    « Mon cœur est à gauche »

    La raison qui pousse Mario Martinet et son équipe à rempiler est simple. « Nous n’avons pas terminé certains projets », en particulier la piste cyclable de la coopérative vinicole à la plage. Mais, aussi, la réhabilitation de la chapelle Notre-dame de Caderot, dont le plancher s’effondrait, retardée par des fouilles archéologiques. « Les travaux devraient débuter en 2026 », d’après l’élu.

    L’ambition du maire est de « changer l’image de Berre », cette ville « où on venait pour travailler » et où l’on vient désormais aussi vivre et se divertir. Festives de Berre, Nuits de Berre, concerts gratuits de Gims ou Vitaa, mais aussi les sports constituent une offre que le maire veut continuer à développer. Notamment avec l’aménagement d’un gymnase au quartier Fernand-Léger pour le club de basket ou encore des anciens hangars avec quatre salles de sport pour le taekwondo et la boxe, entre autres.

    Mario Martinet, ancien socialiste, présente sa gestion comme politiquement neutre, même s’il affirme que « [s]on cœur est à gauche ». Et reste fidèle à cet engagement : « Mon adversaire essentiel est à l’extrême droite. »

    Le prochain rendez-vous de la campagne sera celui du bilan face à la population, vendredi 6 février à 18h30, salle Alain-Bombard. Liste et programme seront annoncés le 27 février à la salle polyvalente.

  • Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    On est au fond du trou, criblés de dettes », s’inquiète Michaël de Dios, secrétaire adjoint du syndicat CGT de l’usine Kem One de Fos-sur-Mer. Ce dernier et son homologue du site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo, nous ont sollicités, vendredi 9 janvier, pour livrer leurs inquiétudes sur l’état et la gestion de la société chimiste, propriété du fond d’investissement états-unien Apollo global management, alors que débutent, ce mercredi, les négociations annuelles obligatoires (NAO).

    Car, cinq ans après l’acquisition de Kem One par Apollo, les comptes ne sont pas bons, selon les syndicalistes. « On a payé 38 millions d’euros sur les intérêts de la dette en 2025, affirme Geoffrey Del Baldo. C’est comme si on commençait l’année dans le négatif. » « C’est approximativement le résultat net qu’on faisait avant, abonde Michaël de Dios. Tout ce qu’on gagne passe dans le remboursement des intérêts de la dette. »

    La conjoncture économique n’aide pas. « La dette grossit à cause du contexte de la chimie », détaille Didier Chaix, délégué syndical de Kem One au niveau national. « Il a fallu réemprunter 200 millions d’euros, cette année, car le marché du PVC est déprimé en prix et en volumes. 2026 est une année charnière et les interrogations se posent sur le maintien de l’activité », estime le syndicaliste.

    Un air de déjà vu

    Les syndicalistes pointent le besoin d’investissement. Pour Didier Chaix, « même dans une période compliquée, il faut investir pour préparer l’outil de production pour les bonnes années ». En substance, la CGT « prend ses responsabilités », selon le délégué central, et demande à Apollo de « ne pas piloter Kem One sur son activité, mais sur son avenir », parlant d’un « monstre financier de 900 milliards de dollars pour lequel ça ne devrait pas être un problème de sortir quelques dizaines de millions pour l’outil ».

    L’utilisation de l’argent est au cœur des critiques. « On est shooté aux consultants imposés par Apollo », tance Didier Chaix. « Entre 2024 et 2025 ça nous a coûté 25 millions d’euros. On sera très loin de cette somme pour nous aux négociations annuelles », fait-il remarquer. « Ça n’apporte aucune plus-value », juge Geoffrey Del Baldo, qui abonde : « Pendant ce temps, on a des retards de paiement auprès des sous-traitants. Avec le manque de trésorerie, des électriciens et échafaudeurs ont été payés avec trois mois de retard. » « L’image de Kem One est celle d’un mauvais payeur et on pense avoir perdu des clients comme ça », déplore-t-il.

    Et pas que des clients. « Nos dirigeants ont perdu la confiance des salariés », lance Michaël de Dios, indiquant que « les cadres, ouvriers, jeunes apprentis, fuient Kem One. On n’arrive pas à recruter et les gens partent ou veulent partir » déplore-t-il. Didier Chaix confirme et constate « beaucoup de démissions, de ruptures conventionnelles et de CDD qui ne sont pas reconduits et ça dégrade les conditions de travail de ceux qui restent ».

    Le doute, pour ne pas dire la défiance, s’installe. « Partout où Apollo est venu, ils n’ont rien investi et font payer les intérêts de la dette jusqu’à la bascule », s’insurge Michaël de Dios. Le passage du fond d’investissement entre 2011 et 2014 à Ascométal, à proximité, s’était soldé par un redressement judiciaire. « Il y a intérêt à ce que les propriétaires trouvent une solution, car notre activité impacte la filière », conclut Didier Chaix.

    Contactée, la direction de Kem One n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais. Le syndicat CGT de Lavera appelle à la mobilisation devant l’entrée, ce mercredi dès 7h.

    « Apollo nous fait payer sa dette jusqu’à la bascule »

  • Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Réunis en association, copropriétaires et locataires de la résidence qui dénonçaient une situation glaciale après une fuite dans le réseau de chauffage ont été reçus à l’hôtel de Ville. Derrière la panne, une situation tendue avec l’administrateur provisoire devra s’éclaircir en préfecture où une réunion doit être programmée la semaine prochaine.

    Mi-décembre, deux appartements inondés révèlent une fuite dans le réseau de chauffage collectif. Depuis le 22 décembre, tout a été coupé. « Voilà un mois que ça dure et nous n’avons aucune garantie de rétablissement rapide. Pire, déplorent les copropriétaires, l’entretien se dégrade, les espaces verts sont à l’abandon, le passage piéton pour accéder à l’école est verrouillé, et on subit une explosion des montants des appels de fonds, on n’obtient ni les devis ni les factures des travaux, qui sont décidés sans concertation. » Dans le bâtiment C2, deux dames accusent également le coup : « L’ascenseur qui dessert les 12 étages est en panne depuis deux mois. » L’administrateur provisoire de l’agence Perier-Giraud, qui a repris il y a 5 ans la gestion de la résidence après la défaillance du syndic Citya, était autour de la table à l’hôtel de Ville. La réunion en préfecture, dont la date reste à fixer, devra permettre de lever l’opacité sur cette gestion et de restaurer la confiance des copropriétaires. Soudés, ils préviennent : « Si rien ne bouge, on bloque le boulevard de Plombières. »

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    « C’est au-delà d’un marchand de sommeil car on ne dort pas là-dedans. L’indignité ne fait pas débat. C’est pire qu’une bête dans un trou ! » a vivement lancé la procureure Anne-Sophie Larrouy au procès de Christian Castel, 67 ans, un agent immobilier et contrôleur de gestion qui loue une cave comme habitation au 48 rue Curiol (1er).

    C’est un lot en sous-sol de 17 m² avec une pièce principale de 9 m² sans fenêtre, sans chauffage, acheté il y a 15 ans pour 15 000 euros et estimé à 23 000 euros. Un sbire récupère pour lui le loyer en espèces : 300 euros par mois et 40 euros en plus pour l’électricité. C’est tout moisi, la porte trop petite laisse passer l’air. Aucun éclairage naturel. L’horreur. Le parquet demande 2 ans de prison : un an ferme et un an de sursis probatoire avec injonction de soins « pour travailler la problématique de la compréhension de la souffrance aux autres ». La procureure ajoute une amende de 20 000 euros pour lui, 40 000 euros pour sa SCI, 5 ans d’interdiction d‘acheter un bien immobilier et d’exercer la profession d’agent immobilier, plus la confiscation de la cave.

    Des habitants de l’immeuble avaient dénoncé cette situation scandaleuse à la mairie dès 2018. Il faudra attendre juillet 2024 et un constat de police qui lançait les poursuites pénales pour soumission d’une personne vulnérable à des conditions d’hébergement indigne et refus de reloger le jeune locataire de cette cave moisie, frappée d’un arrêté préfectoral d’insalubrité en 2024 doublé, en février 2025, d’une astreinte de 200 euros par jour de retard à le reloger.

    La victime, absente et pas constituée partie civile, est un jeune homme de 22 ans, dans une grande précarité sociale, économique et physique. C’est un ancien mineur de l’Aide sociale à l’enfance parfois hospitalisé en psychiatrie. « Je m’y sens mal, mais c’est quand même mieux que le 115 » a-t-il dit. Il travaille dans la restauration, gagne 716 euros par mois, ne touche pas d’aide.

    « J’ai aidé et c’est tout

    pour ma pomme »

    Présent ce mardi matin à l’audience, le prévenu n’a pas daigné attendre sa comparution vers 16h. Se disant « angoissé », il a quitté le tribunal en laissant une lettre qui reprend son audition devant les services de police. Le couplet du bon Samaritain mal informé. « J’ignorais que je n’avais pas le droit de la louer. C’est correct et habitable. Je m’en servais à l’origine comme bureau. C’est vrai qu’il y a des traces de moisissures, mais c’est le locataire qui a dégradé. Je ne suis pas un marchand de sommeil. J’ai aidé comme j’ai pu des personnes dans le besoin réel. Résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. »

    « L’indignité, c’est le logement que nul ne mérite », dénonce Me Jorge Mendes, conseil de la Ville de Marseille, partie civile dans tous ces dossiers d’habitat indigne. Il demande 1 154 euros pour le temps engagé par les services municipaux et 1 000 euros de préjudice moral. L’avocat fustige « l’immoralité des locations de ce genre de trou à rats, qui dégage 25% de rentabilité annuelle à son propriétaire ». La Ville a depuis relogé de façon pérenne la victime. Le prévenu est par ailleurs mis en cause pour location de caves au 100 rue Saint-Savournin.

    Délibéré le 6 janvier.

  • La nature retrouve ses droits sur une partie des berges de l’Huveaune

    La nature retrouve ses droits sur une partie des berges de l’Huveaune

    Une cabane d’observation, des pas japonais, une passe à poissons et une voie verte… Une nouvelle promenade le long des berges de l’Huveaune est inaugurée ce lundi 8 décembre au niveau Pomme-Heckel (11e).

    Le résultat d’un vaste chantier entamé en septembre 2022 et qui s’est terminé cet été explique l’Epage Huca, établissement public d’aménagement et de gestion des eaux qui a réalisé les travaux pour le compte de la métropole Aix-Marseille Provence, en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Il aura fallu extraire quelque 65 000 mètres cubes de remblais pollués par des métaux, des hydrocarbures et de l’amiante avant de laisser la place au fleuve dont le lit a été élargi. Des berges ayant été créées en rive droite et gauche.

    Quelque 6 000 arbres et arbustes ont également été plantés pour 18 000 mètres carrés d’espaces végétalisés. De quoi rendre le site accessible au public, lui offrant un nouvel espace de balade mais aussi d’éviter le pire en cas de crue décennale. Le fleuve atteindrait alors un débit de 155 mètres cubes par seconde contre un seul en temps normal, provoquant selon les calculs de l’Epage près de 2 millions d’euros de dégâts.

    Avec cet aménagement, 150 habitants et autant de professionnels sont désormais protégés contre les inondations assure l’établissement public. Le tout pour un investissement de 7,8 millions d’euros, la Métropole, l’Agence de l’eau et l’État assurant chacun 30% du financement du projet. Le reste étant fourni par le Département, la Région et la SNCF.