Tag: Gendarmerie

  • La gendarmerie et le RCT unis contre le harcèlement scolaire

    La gendarmerie et le RCT unis contre le harcèlement scolaire

    Quand la notoriété et la discipline se marient au service d’une cause importante. Ce mardi marque le début d’une campagne de sensibilisation au harcèlement scolaire au sein de 14 collèges du centre-var, menée par la compagnie de Gendarmerie de Brignoles, avec le soutien du Rugby Club Toulonnais.

    Elle se matérialise par l’intervention de gendarmes et de la maison de la protection des familles de la Valette-du-Var au sein des établissements, et par la distribution de 64 000 sets de tables dans les cantines scolaires des établissements concernés, sur lesquels on retrouve des messages et conseils pour lutter contre le harcèlement scolaire, avec, en fond, des images des joueurs du RCT. Des affiches seront également diffusées sur une cinquantaine d’abribus du réseau Mouv’enbus et sur Pronote, l’espace numérique dédié à la vie scolaire.

    Un dispositif de communication qui a été pensé, sur la forme, pour « matérialiser le fait que le harcèlement scolaire se manifeste sous différentes formes, à l’école mais aussi dans la continuité dans l’espace public, les transports et au niveau numérique », indique le Chef d’Escadron Raphaël Micillino. Sur le fond, la campagne a été construite avec « l’idée de transmettre des clés de compréhension aux élèves, et de mettre en éveil la sensibilité critique sans être dans un climat anxiogène, pour faciliter l’identification ».

    L’enjeu est important, autour d’un « phénomène qui prend de l’ampleur. L’école est un lieu d’éducation, d’émancipation et de protection où les violences n’ont pas leur place. Le harcèlement se nourrit de stéréotypes liés au genre, à la couleur de peau… Pour lutter, il faut de la sensibilisation et de la prévention », appuie le gendarme.

    Des joueurs

    au collège de Garéoult

    Dans la lignée de la campagne de prévention aux violences intrafamiliales menée l’année dernière, celle-ci « s’inscrit dans l’enjeu plus global de la protection de l’enfance. On a inauguré à Brignoles une salle Mélanie, propice à la libération de la parole des mineurs. Donc on a voulu lancer une campagne thématique dans les établissements scolaires ».

    Et pour ce faire, la notoriété des rugbymen demeure, pour Raphaël Micillino, un « formidable vecteur de sensibilisation. Je suis convaincu qu’un message porté par un club ou un sportif de haut niveau a davantage de visibilité et de poids ». Outre le prêt de leur image, deux des joueurs phares du club, Charles Ollivon et Baptiste Serin, tous deux internationaux français, interviendront au collège de Garéoult, le jeudi 28 mai, autour d’un exercice de question/réponse.

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Retoquée. Le Sénat s’est finalement opposé ce jeudi 7 mai à une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte contre le narcotrafic. Une initiative écologiste dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe, après l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille.

    Portée par Sandra Regol (EELV) à l’Assemblée nationale, le texte avait été adopté le 12 février à l’unanimité. Il propose d’étendre la protection aux membres de la famille de ceux qui dénoncent les réseaux criminels, à leurs proches mais aussi aux associations et collectifs, en inscrivant le numéro de téléphone de la personne menacée sur une liste prioritaire, en mettant en place des patrouilles autour de son domicile ou en lui confiant un dispositif d’alerte discrète de la police.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rappelé l’opposition du gouvernement à des dispositions qui entretiennent « la confusion entre protection administrative et judiciaire ». Il a aussi alerté sur les risques de « saturation des services de police et gendarmerie » estimant que « l’objectif de ce texte est déjà satisfait ».

    « Une réalité de peurs

    et de silence »

    Pour Guy Benarroche, sénateur écologiste, il s’agit pourtant d’un « sujet éminemment essentiel », considérant que l’accompagnement de ces lanceurs d’alerte relève du « devoir de l’État ». Jérémy Bacchi (PCF) est lui aussi monté au créneau. « Derrière ce texte, il y a une réalité que personne ne peut nier, celles des hommes et des femmes qui dans nos quartiers, dans nos villes s’engagent contre la criminalité organisée », pose-t-il. Reconnaissant que la proposition n’est « pas parfaite », elle pose aussi « des questions légitimes » estime-t-il, « dont la réponse ne peut être le déni ». « Dans les Bouches-du-Rhône, nous connaissons cette réalité faite de peurs et de silence », témoigne-t-il, précisant avoir accueilli à sa permanence quatre familles « dont la dernière en date a dû déménager 400 km de Marseille parce que le jeune frère de 14 ans avait refusé de s’engager dans les réseaux ».

    Conscient que le texte ne passerait pas confiait-il à nos confrères de FranceInfo, Amine Kessaci, dont la mère était présente au moment du vote à l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à se doter de « tous les moyens nécessaires » pour lutter contre des réseaux devenus puissants et violents.

  • Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le débat concernant la détention provisoire du couple soupçonné d’être à la tête d’une communauté sioniste sectaire, qui devait initialement avoir lieu jeudi dernier et avait déjà été reporté à lundi, a de nouveau été reporté à ce mardi à 15h, a indiqué le procureur de Digne-les-Bains à La Marseillaise lundi. « Les délais sont courts et on n’a pas eu le temps de les voir pour discuter avec eux de la façon dont on aborderait le débat, donc on a demandé le renvoi », explique Me Patrice Reviron, l’un des deux avocats du couple.

    Selon la défense, « c’est un dossier qui repose sur des histoires exhumées des années 1990 en Belgique et des années 2000 jusqu’à 2021 en Suisse ». Le couple interpellé mardi dernier avait également fait l’objet de signalements et d’accusations dans ces deux pays. « Il y a eu une demande d’entraide internationale déposée en Suisse. Il y a une procédure actuellement dans ce pays. Cela fait plus d’un mois qu’ils savaient qu’il y avait une instruction ouverte contre eux en France », détaille Me Reviron. « Ils auraient pu fuir en Israël sans aucun problème, ils ont un logement en Israël, ils ont la nationalité israélienne », précise-t-il.

    Une autre enquête

    en Suisse

    Le ministère public du canton de Vaud, en Suisse, avait ouvert en 2022 une enquête pénale contre l’homme mis en cause, Philippe Angot, surnommé Haïm Goël, pour usure et contrainte, en raison notamment d’allégations de pressions financières sur certains de ses adeptes, selon le journal la Tribune de Genève. Huit plaintes avaient alors été déposées. L’enquête policière relevait que l’homme faisait « la morale à ses fidèles, s’immisçant dans leur vie privée pour pouvoir les manipuler et les diviser et n’hésitant pas à les humilier en public », rapportait la Tribune de Genève. La police constatait « que les membres finançaient le train de vie confortable du prévenu au détriment de leur propre situation financière, que plusieurs ex-adeptes avaient cru devenir fous, et que la plupart d’entre eux enduraient toujours des séquelles ».

    Selon leurs avocats, le couple avait quitté sa Belgique natale dans les années 1990, puis avait passé 20 ans en Suisse avant de revenir à Bellaffaire en 2023. Haïm Goël se revendique pasteur, à la pensée « à cheval entre le judaïsme et le christianisme, d’obédience messianique », précise Me Reviron. Âgés de 70 et 77 ans, les deux individus sont actuellement incarcérés à la prison des Baumettes à Marseille.

    Selon leurs avocats, le signalement qui avait alerté le procureur et qui était à l’origine de l’ouverture de l’enquête en décembre 2025 était « un signalement de la cellule renseignement de la gendarmerie », et non pas d’une personne se disant victime du couple. Une seule plainte a été déposée en France, selon eux. Les faits reprochés au couple concernent la période de 2020 à 2026.

    « On nous dit que tous les actes de la vie privée des gens doivent passer par la prière avec Philippe Angot. Ce n’est pas ça, c’est qu’il est préconisé, quand il y a des difficultés, de passer par une prière collective, mais ce n’est pas spécialement ni en présence de Philippe Angot, ni obligatoire », affirme Me Reviron. L’avocat comprend tout de même « qu’on considère que c’est une communauté et qu’ils ont certains rites ». Une troisième personne vivant et travaillant en Suisse est actuellement incarcérée en France.

    Le nombre de signalements pour dérives sectaires « reste stable » à « une quinzaine par an » dans le département, « contrairement à la tendance nationale », en augmentation, selon Fabienne Monmarson, sous-préfète et directrice de cabinet. La préfète pilote la lutte contre les dérives sectaires, avec la sensibilisation, le renforcement des sanctions et l’accompagnement des victimes, précise-t-elle.

  • Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Il n’y a pas que des yachts et des villas que les juges confisquent aux trafiquants. Le tribunal de commerce était le théâtre vendredi d’une vente exceptionnelle organisée par l’Agrasc avec les Domaines d’objets confisqués. 350 lots de bijoux, d’or, de montres, de vêtements et de maroquinerie de luxe issus des scellés des tribunaux de Marseille, Aix-en-Provence, Draguignan et Nice sont partis sous le marteau des commissaires-priseurs.

    Portée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués et son partenaire, les Domaines qui l’organisaient, cette vente a permis de mettre en exergue que « la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs mais aussi à restituer aux citoyens ce qui leur revient, tout en témoignant de la fermeté des institutions face à la criminalité organisée et aux trafics » explique Charlotte Hemmerdinger, la directrice de l’Agrasc.

    « Cette vente représente déjà tout le travail accompli en amont par les enquêteurs de police, de gendarmerie, des douanes. Elle permet à l’État de récupérer des sommes non négligeables » souligne pour La Marseillaise, Franck Rastoul, le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, présent avec des chefs de juridiction pour le lancement des enchères. « Il faut évidemment des réponses pénales contre les trafics et notamment des peines d’emprisonnement, mais on sait très bien que pour lutter il faut être capable d’infliger une sanction patrimoniale pour reprendre l’argent généré par les trafics et ces biens de luxe vendus qui sont des vecteurs de blanchiment. »

    Estimée à 750 000 euros, les organisateurs espéraient atteindre 1,2 million d’euros. « On verra à la fin, mais il ne faut pas perdre de vue que ces sommes considérables sont à mettre en regard avec les millions d’euros qui chaque semaine sont générés par les reventes de stupéfiants. On ne peut que se féliciter de la multiplication de ces ventes vertueuses qui sont la partie émergée de l’iceberg. C’est la réaction de l’État face aux trafics et l’Agrasc joue un rôle essentiel », ajoute M. Rastoul.

    Le procureur et les claquettes Louboutin !

    L’appât du gain et un goût immodéré pour le luxe tapageur qui motivent les délinquants s’exposent dans les vitrines surveillées par des vigiles. Des bagues, des colliers, des boucles de grands joailliers Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Mauboussin ou Chopard sont âprement bataillés, à la fois en direct dans la salle et en ligne pour les enchérisseurs discrets ou très éloignés sur les plateformes de vente Drouot.com et Moniteurdesventes.com. Mise à prix 12 000 euros, une bague de marque inconnue en or gris ornée d’un diamant ancien de 5,87 carats, a été adjugée à 24 200 euros. tous les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe de 11%. Réservés aux professionnels, plusieurs lots de plaques d’or étaient proposés dont un de 620 gr d’or à 24 carats adjugé 71 920 euros.

    Les hommes n’étaient pas en reste pour se disputer des articles de grandes marques d’horlogerie : des montres Rolex, Hublot, Chopard, Audemars Piguet, Breitling, Patek, etc. Une Rolex GMT-Master II mise à prix 30 000 euros s’est vendue 54 000 euros. Une montre Werk en titane et or rose s’est vendue 32 200 euros pour une mise à prix de 6 000 euros. Débuté à 12 000 euros, un chronographe-bracelet Tourbillon Jules Audemars est parti à 27 500 euros. Le coup de marteau pour une superbe montre Yacht-Master en or rose estimée à 8 000 euros s’est posé au prix triplé de 24 500 euros.

    « 4 000 personnes sont inscrites ce matin à cette vente, et j’ai vu qu’il y en a des terres australes françaises, de Polynésie et sur trois continents avec des inscrits au Mexique, à Macao et Hong Kong », se réjouit Alain Caumeil, le directeur national des interventions domaniales (DNID). « Nous sommes en pointe ici dans la lutte contre le blanchiment », intervient Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille qui souligne que son tribunal contribue à « 73% des confiscations remises à l’Agrasc sur l’ensemble du ressort de la cour d’appel et qui rentrent dans le budget de l’État. Ce sont des politiques partenariales qui portent leurs fruits ». D’exprimer avec humour le regret de ne pouvoir par déontologie participer à une enchère : « Un lot m’aurait beaucoup plu, les claquettes Louboutin ! » Estimée à 80 euros, la paire de « Pool Slides » d’occasion en caoutchouc rouge avec des traces d’usure, peut-être celle que portait l’épouse d’un caïd le jour de son interpellation, est partie à 140 euros. Les enchères se sont achevées par la vente d’un rare sac Hermès, dessiné par et pour Jane Birkin, clin d’œil peut être au duo de gangsters Bonnie & Clyde.

  • L’État mise sur une « douane de combat »

    L’État mise sur une « douane de combat »

    Un scanner à basse intensité, un poids lourd qui déploie carrément un portique de contrôle, une fouille de conteneur plein d’abricots d’Ouzbékistan, dits « bio », en provenance de Turquie, avec Vertige, labrador d’un an et demi, à la traque aux stupéfiants… Pour la venue de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ce vendredi, la direction régionale de la douane déploie tout son savoir-faire.

    « Ce moyen nous a permis de vraiment diversifier nos méthodes de contrôle de fret. C’est un petit scanner qui tourne autour de ce qu’on souhaite contrôler, donc essentiellement des conteneurs comme aujourd’hui », explique Michael Lachaux, son directeur, à bonne distance d’un petit camion blanc. « Cette marchandise est projetée sur l’ordinateur qui se trouve à l’intérieur », le tout en deux minutes à peine poursuit-il. « Les collègues vont faire un comparatif entre ce qui nous est déclaré et ce qui est projeté à l’image, voir s’il y a des anomalies, des incohérences. L’image est en fait similaire à une radio d’un membre du corps. C’est très facile d’interprétation », ajoute Michael Lachaux. Tandis qu’un agent démonte des trappes qui cachent les moteurs du conteneur, il précise que c’est là, planqués dans les ventilateurs, que plus de 67 kg de cocaïne ont été trouvés en janvier.

    Une nouvelle ère technologique

    Un second camion, plus gros, dispose d’un portique pour faire passer les camions dessous et passer au crible leur chargement. Un « investissement, mais on voit en quelques années comment est-ce qu’on a pu gagner en productivité », estime Michael Lachaux. C’est justement sur le renforcement de la technologie que mise le ministre pour « entrer dans un nouvel âge de la douane ».

    Pour armer cette « douane de combat », il prévoit, dans le cadre d’un « plan douane massif demandé par le président de la République », d’installer un scanner fixe à Marseille à partir de l’année 2027, « qui permettra de scanner beaucoup plus de conteneurs ». Un investissement qui dépassera les dix millions d’euros, financés par l’État et par les collectivités locales. Il devrait être implanté sur le terminal conteneur du bassin ouest.

    L’objectif : doubler le volume d’images recueillies sur l’ensemble du territoire, quel que soit le type de marchandise contrôlée, et tripler le volume d’images scannées sur les conteneurs dans les ports.

    « La technologie doit changer de camp » ose-t-il, alors que « la mondialisation vole en éclats » au profit des narcotrafiquants mais aussi « des entreprises établies qui se jouent de nos règles et de nos normes ». « Certaines plateformes extra-européennes, en particulier venant de Chine, ont multiplié les petits colis avec, on l’a vu, un nombre considérable d’infractions » balance-t-il devant Christophe Castaner, un temps conseiller Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Shein, aujourd’hui président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

    Interrogé sur un éventuel renfort d’effectifs, il assure qu’il faudra aussi en passer par là, conscient qu’il faut des agents derrière les machines, pour procéder au contrôle en cas de détection, réaliser la procédure, poursuivre les investigations avec les forces de police et de gendarmerie, et collecter en amont le renseignement nécessaire pour orienter les contrôles. Les « besoins » devraient être évalués lors de la préparation du budget 2027.

    Mireille Roubaud

  • La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic, qui a marqué le Vaucluse en 2025 avec plusieurs fusillades mortelles notamment à Avignon, restera en 2026, comme en 2025, « la priorité numéro 1 », assure le préfet Thierry Suquet, lors d’une conférence de presse pour faire le bilan de l’activité des services de sécurité publique au cours de l’exercice.

    Entouré des représentants des forces de police, de gendarmerie et des parquets d’Avignon et de Carpentras, le préfet chiffre cette lutte sur 2025 et entend la poursuivre. La préfecture affirme que 11 points de deal ont été fermés en un an. Il en resterait 19 sur le territoire, contre 30 en 2024 et 66 en 2022. Mais aussi 364 armes saisies, soit 11,7 % de plus qu’en 2024. Dans le même temps, 4 653 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées en zone police et gendarmerie. Une progression liée notamment à la loi contre le narcotrafic de juin 2025. Celle-ci a notamment permis 4 fermetures administratives de commerces dont le lien avec des activités illégales avait été constaté. « Quand c’est lié à la délinquance, ces fermetures sont très importantes car cela permet de taper dans le porte-monnaie. Les saisies, cela fait parfois plus mal aux délinquants que d’aller en prison », glisse le colonel de gendarmerie William Mialon.

    Du côté de la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine, qui affirme que le Vaucluse « s’est approprié très rapidement les nouveaux dispositifs », on se réjouit également d’une collaboration plus poussée entre les services dans ce combat. « C’est une stratégie qui paye. Il n’y a pas un jour où on ne travaille pas un dossier en lien avec le narcotrafic. Il faut être cohérent et coordonné sur ce sujet », ajoute-t-elle. « Les trafics et la délinquance s’adaptent. Ces dossiers nécessitent plus de technicité », ajoute Hélène Mourges, procureure de Carpentras, qui assure que sa juridiction a deux fois plus de dossiers liés au trafic de stupéfiants que d’autres de taille similaire. D’autant que le nombre de tentatives d’homicide a également augmenté de 28 % avec 45 faits en 2025. Et que « bon nombre de ces faits ont un lien, direct ou indirect, avec des réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic », assure la préfecture.

    Violences familiales

    « Les stupéfiants, et les addictions en général, y compris à l’alcool, sont aussi présents dans énormément de dossiers de violences par exemple, notamment intrafamiliales », poursuit Hélène Mourges.

    La lutte contre les violences intrafamiliales est d’ailleurs pointée comme la deuxième priorité des forces de sécurité. Car celles-ci ont nettement augmenté sur le département avec une hausse de 32,5 % des interventions de la police et de la gendarmerie, avec 1 946 actes. Mais surtout quatre homicides en contexte familial.

    Mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes, dans un territoire qui a été le théâtre du procès des viols de Mazan. En 2025, il y a eu 3 842 plaintes de femmes majeures enregistrées, soit une augmentation de 7,2%. Et souligne qu’en 2025, il y a eu moitié plus de peines d’emprisonnement dans des affaires liées à ces violences. Tout en restant vigilants sur d’autres facteurs comme la sécurité routière ou encore les atteintes aux biens.

  • Le sommet de la pyramide de la DZ Mafia interpellé

    Le sommet de la pyramide de la DZ Mafia interpellé

    C’est une opération « inédite », souligne ce samedi matin le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone. Plus de 900 gendarmes ont été mobilisés depuis ce lundi 9 mars pour interpeller 42 personnes soupçonnées d’appartenir à la DZ Mafia. Une « attaque de la structure » décrivait-il, qui pour la première fois met en œuvre la nouvelle qualification d’association mafieuse créée par la loi narcotrafic. Parmi eux, « ce que l’on peut désigner comme le triumvirat de la DZ Mafia » explique le colonel Olivier Leblanc, commandant de la section de recherche de Marseille, indiquant qu’a aussi été ciblé « un échantillonnage de chefs de points de deal, de lieutenants, de logisticiens, prêts noms, investisseurs et blanchisseurs ». Quatre millions d’euros ont également été saisis, sous forme de numéraire, de cryptomonnaies, douze biens immobiliers, dix-huit véhicules. « Quand dans les quartiers nord les camions-plateau ont enlevé les véhicules de luxe dans lesquels les trafiquants se pavanaient, il y a eu un soulagement, les gendarmes ont entendu des personnes qui leur disaient merci », confie Nicolas Bessone.

    Féminisation des réseaux

    Au total, 26 personnes ont été mises en examen des chefs de groupement criminel, blanchiment aggravé et participation à une organisation criminelle, dont 15 ont été placées en détention provisoire. « La DZ Mafia n’est pas une construction policière ou journalistique : certains de ses membres entendus dans cette procédure reconnaissent son existence et y appartenir », tient à souligner le procureur de la République en pointant son origine marseillaise : 20 des personnes déférées viennent des Bouches-du-Rhône.

    Il met aussi en avant l’âge moyen des personnes déferrées, de 28 ans. « Ce n’est pas nos jeunes adolescents qui sont utilisés par le réseau, souvent maltraité comme de la chair à canon. Ce sont des personnes d’un âge plus avancé, ce qui démontre qu’on arrive au cœur de la structure de la DZ Mafia », explique-t-il. Cinq des mis en examen étaient déjà incarcérées, mais surtout, six autres étaient totalement inconnues de la justice.

    Preuve de la féminisation de ces réseaux, neuf des vingt-six personnes déférées sont des femmes. « Elles peuvent avoir le rôle de relais pour sortir des informations, des rôles de logisticiennes dans les vecteurs de blanchiment », explique Nicolas Bessone. Il décrit les méthodes utilisées pour communiquer dans les quartiers haute sécurité, à l’occasion des parloirs, par messages codés sur la téléphonie légale, sur une ligne présentée comme celle d’un avocat, aujourd’hui mis en examen, ou par son ordinateur.

    Deux rappeurs interpellés

    Le blanchiment des profits « considérables » du narcotrafic a aussi été au cœur de l’enquête, avec plus de 900 comptes bancaires analysés, une centaine de personnes impliquées identifiées. « Selon les propres déclarations des personnes mises en examen, les cadres dirigeants dégagent par personne chaque mois un bénéfice net de 300 000 euros, illustre le procureur de la République. Ces sommes ne sont pas flambées, mais réinvesties ou blanchies. » C’était le cas au travers des réseaux sophistiqués mis à jour avec la saisie de 55 kg d’or en lien avec les mafias italiennes en septembre dernier, à travers aussi des sociétés locales de location de voitures de luxe, ou encore à travers le label de rap « Youleuh Records », « un relais publicitaire pour la franchise auprès de la population pénale notamment », explique Nicolas Bessone. Deux rappeurs sont mis en examen, KITKVT placé en détention provisoire et Dika. « Cette vague d’interpellation n’est qu’un début, annonce-t-il. Avec le matériel probatoire accumulé, nous allons remonter les circuits de blanchiment plus sophistiqués. » Même si le commandant de la section de recherche reconnaît : « Il serait bien présomptueux de dire que c’est la fin. De nombreux coups ont été portés à la DZ Mafia, c’est un coup supplémentaire. »

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Trois ans d’enquête auront été nécessaires, impliquant une équipe commune à la France, l’Italie, la Belgique et la Suisse avec aussi le soutien d’Europol, pour venir à bout d’un réseau de blanchiment et de trafic de cocaïne au profit de la Camorra et de la ‘Ndrangheta, indique le Parquet de Marseille, ce jeudi 26 février. Jusqu’à cette opération coordonnée dans les quatre pays, le 23 février.

    En France, une soixantaine de gendarmes de la section de recherche de Marseille ont notamment été mobilisés et ont interpellé quatre personnes. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, mais aussi des biens estimés à 5 millions d’euros, de la cryptomonnaie pour 60 000 euros et 26 000 euros en numéraire. Trois autres personnes ont été arrêtées côté italien.

    Des millions d’euros blanchis

    Les enquêteurs ont remonté la piste de l’argent, explique Europol dans un communiqué. « Ce qui a commencé par des mouvements financiers suspects a révélé un système de blanchiment sophistiqué au service de membres de la Camorra et de la ‘Ndrangheta. Derrière des sociétés écrans, de fausses factures et des investissements de luxe, des millions d’euros provenant du trafic de cocaïne étaient blanchis et réinvestis à travers l’Europe », précise l’agence européenne de police criminelle.

    Menée en France par la section de recherche de la gendarmerie des Bouches-du-Rhône, sous la houlette de la JIRS (Juridictions inter-régionales spécialisées) de Marseille, l’enquête permet d’identifier un ressortissant monténégrin, à la tête de plusieurs sociétés en lien avec des sociétés italiennes, qui fera partie des interpellés. Installé dans la région de Cannes avec sa compagne, il vit avec son gendre italien, connu des autorités italiennes pour blanchiment d’argent, fraude et infractions liées aux armes, poursuit Europol.

    Un réseau de blanchiment est mis au jour, lié à un trafic de cocaïne à grande échelle importée d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le groupe criminel étant soupçonné d’avoir coordonné des expéditions maritimes de grandes quantités de drogue. « Très structuré », le réseau mis en place s’appuyait sur « d’importantes ressources financières, des crypto-actifs, des déplacements transfrontaliers hebdomadaires en véhicules de luxe équipés de » caches « sophistiquées » et des entreprises « s’étendant sur plusieurs juridictions ».