Tag: Gauche

  • [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    « C’est avec une détermination joyeuse que j’ouvre ce nouveau mandat », assure Olivia Fortin devant le conseil d’arrondissement réuni en séance en plein air, sur le parvis de la mairie, à la Villa Bagatelle.

    L’élue du Printemps marseillais, qui avait recueilli 51,51% au 2d tour, a été largement reconduite à la tête du 4e secteur, qui regroupe les 6e et 8e arrondissements, grâce aux 32 voix de son groupe, obtenues à la majorité absolue. L’élection s’est déroulée sous la présidence intérimaire de Micheline Abours (PCF), doyenne de l’assemblée et 10e adjointe, accompagnée d’Espérance Laggiard comme secrétaire. Le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) et son adjoint (EELV), Amine Kessaci, étaient présents, accompagnés du sénateur (EELV) Guy Benarroche.

    L’opposition fait figuration

    Huit élus de l’extrême droite (UDR), emmenés par Jean‑Baptiste Rivoallan au nom de Franck Allisio (RN), sont dans l’opposition. Deux élus divers droite, conduits par Catherine Pila pour la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal, complètent l’assemblée dans l’opposition. Les deux têtes de listes étaient d’ailleurs absentes de ce premier conseil. Aucune autre candidature n’a été présentée face à celle du Printemps marseillais, et aucune prise de parole n’est intervenue.

    Cela n’a donc pas empêché Olivia Fortin de faire élire les 16 adjoints d’arrondissements proposés par le Printemps marseillais, soit le maximum autorisé. La maire présente une équipe décidée à « fédérer et cultiver du lien », une force « à partir de laquelle construire un projet de transition écologique, économique et sociale », en partenariat avec « la Métropole au service de tous », et dans un « nouvel élan construit ensemble » pour ce deuxième mandat. « La fraternité est exigeante car elle n’est jamais acquise, elle mérite qu’on se batte pour elle », conclut Olivia Fortin. Les embrassades ayant ponctué la remise des écharpes en témoignent.

    Les adjoints

    Jean-Marc Pantalacci-Bonnaffous, 1er adjoint ; Anna Sinsoilliez, 2e adjointe ; Cyprien Vincent, 3e adjoint ; Bania Medjbar, 4e adjointe ; Pierre-Emmanuel Vidal, 5e adjoint ; Marie-Hélène Amsalem, 6e adjointe ; Anthony Canali, 7e adjoint ; Dominique Morand, 8e adjointe ; Eliott Perenchio, 9e adjoint ; Micheline Abours, 10e adjointe ; Christophe Monnier, 11e adjoint ; Pauline Rossell, 12e adjointe ; Zacharie Bruyas, 13e adjoint ; Dona Richard, 14e adjointe ; Laurent Benac, 15e adjoint ; Camille Langlais, 16e adjointe.

  • Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Être la première femme à occuper ces fonctions, qui plus est une femme issue de l’immigration, me remplit de fierté et montre avec force à quel point Peyruis est une commune tolérante, juste et accueillante, qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, comme certains voudraient le faire croire », a déclaré Lila Desjardins en regardant en direction des deux nouveaux élus RN du conseil municipal. La nouvelle maire a également tenu à s’adresser à sa petite-fille, présente lors du conseil d’installation : « Je veux lui dire que, si naître fille est plus simple aujourd’hui, le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas terminé. Le chemin est encore long. Je lui souhaite de devenir elle aussi cheffe de son village, mais elle a beaucoup plus d’ambition que moi, puisque son village, c’est Lyon ».

    Seule candidate au poste de maire, Lila Desjardins a été élue par 18 voix contre cinq bulletins blancs, équivalents aux cinq sièges de l’opposition.

    « Opposition constructive »

    L’ancien maire, Patrick Vivos, qu’elle a largement battu dimanche dernier, a pris la parole pour lui souhaiter « beaucoup de courage » et promettre une « opposition constructive ». Les deux nouveaux élus RN n’ont eux pas demandé la parole.

    L D.

    Les adjoints

    Premier adjoint, Joël Mercadier, directeur d’ASA. 2e adjointe, Chantal Michel, cadre de la fonction territoriale. 3e adjoint, Frédéric Julien, agent territorial. 4e adjointe, Françoise Crest, professeure de français. 5e adjoint, Hafid Essaidi, retraité. 6e adjointe, Floriane Idini, agent immobilier.Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal qui se tiendra le 14 avril.

  • [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?

    Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.

    Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.

    Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?

    E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.

    En dépit du fiasco agathois,
    la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles
     ?

    E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.

    La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?

    E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.

  • Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Si le Rassemblement national (RN) ne réussit pas le raz-de-marée qu’il s’était fixé, force est de constater que ce dernier – et plus largement l’extrême droite – s’ancre un peu plus dans l’Hexagone. De 17 villes en 2020, il se retrouve à la tête de 62 municipalités en 2026. « Il y a aussi toutes ces villes où des listes sans étiquette l’ont emporté et on voit que certaines penchent à l’extrême droite  », analyse Sophie Mazas, avocate et membre de la LDH. L’Occitanie n’échappe pas à la règle : Agde, Bagnols-sur-Cèze, Carcassonne, toutes sont tombées dans les griffes de l’extrême droite. « Le RN profite de circonstances particulières pour être élu : soit du contexte local, comme à Agde avec les affaires judiciaires de l’ancien maire, ou du maintien des listes au second tour comme à Castres », tempère Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    En effet, le front républicain ne sort pas grandi de ces élections. « Certaines listes n’appellent pas à faire barrage. Si on veut éviter que l’extrême droite soit élue, il faut se retirer. Ne pas le faire participe à sa banalisation », poursuit Serge Ragazzacci. Une banalisation qui témoigne également de la porosité entre la droite et l’extrême droite. À l’instar d’Agde, où le maire sortant Sébastien Frey, arrivé troisième au premier tour, s’est retiré mais sans appeler à voter contre le RN, qui s’est imposé. Une douche froide pour les progressistes agathois. « Pour certains, ce second tour a fait l’office d’une claque. Ils ont été choqués. Nous allons nous rassembler et surveiller les projets de la majorité et s’y opposer en fonction », avance Arthur Labatut (PRG). Tête de liste de gauche éliminée au premier tour, ce dernier annonce la constitution d’un collectif citoyen « sur des thématiques sociales et environnementales » fin avril.

    Tambouille politique

    D’un autre côté, l’abstention progresse fortement. Avec 42,18% au second tour, celle-ci progresse de quatre points par rapport à 2014. Inquiétant pour des élections réputées mobilisatrices. « On constate que les partis politiques n’arrivent plus à répondre aux enjeux démocratiques, aux attentes des citoyens, à débattre du fond et à apporter des solutions », se désole Sophie Mazas. Les tambouilles politiciennes participent également à cette désillusion. « Il y a une responsabilité des politiques. Cette division et ces accusations entre les partis de gauche qui durent depuis des mois et qui semblent continuer ne créent pas de dynamique positive en termes de vote. Ça obère toute discussion sur les projets et le débat ne porte pas sur les choses du quotidien. Les potentiels électeurs de gauche n’y ont pas trouvé leur compte et ne se sont pas déplacés », observe Serge Ragazzacci, regrettant que « les partis passent plus de temps à se taper dessus que sur le capital. » Pendant ce temps, les idées d’extrême droite, elles, gagnent en visibilité – notamment sur la sécurité – et participent à fracturer l’État de droit. « Le travail de sape réalisé par l’extrême droite a atteint nos institutions, notamment la justice et le fait de ne pas respecter ses décisions. Or, envisager un monde sans justice est très dangereux, il va falloir y faire face  », soutient Sophie Mazas, qui a publié une tribune en ce sens dans L’Humanité.

    Alors pour contenir la vague brune et remobiliser les déçus, le syndicaliste appelle notamment la gauche à se ressaisir des questions sociales, à retrouver des marqueurs : « Nous, on continuera à faire ce qu’on fait : former nos militants, descendre dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Mais il faut aussi qu’il y ait des mesures de progrès social. On ne peut pas être moralisateurs sur l’extrême droite si de l’autre côté on n’a pas d’intentions politiques d’établir la justice sociale  ». Des intentions politiques qui doivent être portées par les citoyens eux-mêmes, pour Sophie Mazas. « On appelle tout le monde à rejoindre des syndicats, des associations et à participer à cette réflexion pour repenser notre mode de fonctionnement et ensuite porter nos revendications.  »

  • Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Chacun jugera. Car d’un côté, la victoire à Nîmes est historique. La gauche engrange dans le département l’une de ses plus belles victoires à l’échelle nationale. Unie sans LFI, elle remporte la préfecture nîmoise dirigée depuis plus d’un quart de siècle par la droite. Avec ce succès, communistes, socialistes et écologistes engrangent de nombreux élus.

    Toujours du côté des victoires, la gauche est parvenue à conserver la plupart de ses fiefs au Vigan, à Barjac, Bessèges ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues. « Nous avons quinze maires communistes élus dans le département, auxquels il faut ajouter des sympathisants. On a perdu une petite commune mais on progresse de trois communes au total », se réjouit le vice-président du Département (PCF) Christian Bastid. Les socialistes se félicitent aussi d’avoir conquis Saint-Maximin près d’Uzès. Il est aussi à noter que de nombreux maires à la sensibilité de gauche mais non encartés ont conservé leur fauteuil, notamment dans les Cévennes, malgré une poussée de la droite et de l’extrême droite.

    Recul face au RN

    Mais la victoire à Nîmes ne peut faire oublier plusieurs reculs inquiétants. Hormis Nîmes, les Écologistes n’ont par exemple plus aucun élu communal dans le département. La maire d’Anduze, ancienne membre des écologistes, est aussi tombée au premier tour. Les socialistes perdent également Vauvert, où Jean Denat s’est incliné face au député RN Nicolas Meizonnet.

    Engagée sur une liste citoyenne à Beaucaire, la gauche progresse en nombre de voix mais pas en nombre de sièges dans la quatrième ville du département. Mais c’est surtout à Alès où, désunie, elle n’aura aucun élu municipal après son désistement pour barrer la route à un RN qui culmine à 45% au second tour. À Bagnols, communistes et socialistes disparaissent aussi du conseil municipal où la seule opposition de gauche à la maire Pascale Bordes (RN) sera Jérôme Jackel (membre de Debout ! le petit parti de François Ruffin).

    Ces reculs, notamment dans la ruralité, sont pris au sérieux par les états-majors des partis à deux ans des élections départementales où la gauche devra indéniablement faire face à la montée du RN. « L’enjeu des Départementales sera d’avoir des candidats qui parlent vrai, proche des territoires, comme ça s’est fait à Bessèges », se projette déjà Christian Bastid. La gauche espère surtout s’appuyer sur le travail à Nîmes pour rayonner sur le département. « Nous mesurons à Nîmes la très grande responsabilité à réussir qui nous incombe pour démontrer aux Gardois qu’une équipe de gauche est capable de changer leur vie », résume ainsi Pierre Jaumain, le premier secrétaire du PS dans le Gard.

  • Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Il y a ceux qui siégeaient depuis longtemps (Philippe Saurel, Max Lévita, Jacques Domergue, Mustapha Majdoul…) et qu’on ne verra plus. Et il y a ceux qui vont connaître leur baptême du feu.

    Si les électeurs montpelliérains ont joué la continuité avec Michaël Delafosse, le conseil municipal va changer de visages. Sur les 69 nouveaux élus qui siégeront pendant au moins 6 ans (probablement 7), 33 vont faire leurs premiers pas. 22 sont issus de la liste Delafosse, 7 de chez Oziol et 4 de la liste Altrad.

    Dans la majorité municipale, on connaissait déjà Muriel Ressiguier pour avoir été députée LFI avant de se fâcher avec Jean-Luc Mélenchon. À ses côtés, siégeront le doyen de la fac de droit Guylain Clamour, la médecin biologiste Tal Anahory, l’ancienne candidate PS aux législatives Fatima Bellaredj, l’ex-Verte Jacqueline Markovic (Place Publique) ou Stéphane Hernandez, voix de la communauté gitane. On peut ajouter la jeune Émilie Biondi (PRG), la militante du collectif de la 5e ligne Éliane Urtado ou l’écolo Grégoire Delforge. À noter que Jean-Louis Gély, l’ex-adjoint d’Hélène Mandroux ainsi que la directrice de la SPA, Annie Benezech, font leur retour. Et que Serge Guiseppin était jusqu’ici élu dans l’opposition.

    Côté LFI, seule Alenka Doulain siégeait déjà. Font leur entrée : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, l’ex-chef de cabinet de René Revol, l’ex-écolo Julia Mignacca, l’enfant de Saint-Martin Rhany Slimane, Livia Jampy, suppléante du député Sylvain Carrière, Kamel Moufid et Nicolas Hillaire. Enfin, chez Mohed Altrad, vont faire leurs gammes Marie-France Boisbault, Lilit Aghajanyan, David Nocca et Jérémy Orzechowski. Stéphanie Jannin et Patricia Mirallès étaient jusque-là élues sur la liste de Philippe Saurel.

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (LSeyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    Dans la petite zone commerciale à proximité de l’école Joseph-d’Arbaud, les municipales sont dans toutes les bouches. En sortant du Vival, une habitante glisse à son ami : « Je suis allée au meeting de Maurizot. »

    Dimanche, celui qui était conseiller municipal d’opposition depuis des décennies a remporté le scrutin municipal, avec 48,24% des suffrages exprimés. S’il se présentait comme candidat divers droite, il avait rallié le label La Provence qu’on aime créé par le RN. Jean-Philippe Murru, membre de l’Union locale CGT, n’est pas dupe : « Il est affilié à l’extrême droite, même si lui ne le présente pas comme ça. »

    Élue communiste à la mairie pendant trois mandats avant de raccrocher en 2014, Rita Serafini est « furieuse » de ce résultat. « En 1995, j’ai monté le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples à Fos. On faisait la semaine de l’éducation. À l’époque, on pensait que ce n’était pas utile, tout le monde vivait en bonne harmonie. Je m’aperçois maintenant que ça a changé. C’est affolant comme ça a glissé vers le RN. L’entreprise de normalisation a bien fonctionné. »

    La militante anti-raciste l’a vu venir : « Aux dernières législatives, on a perdu un super député en la personne de Pierre Dharréville. À Fos, l’extrême droite a fait 62%. Quand on a eu le résultat, on aurait pu faire des actions, dénoncer. On n’a rien fait et on en paie le prix fort. » Elle appelle désormais à un sursaut des forces progressistes : « On a perdu une ville de gauche quoi, j’ai l’impression qu’on ne se rend pas compte. »

    Car les risques existent. « On a quand même des services publics développés, une solidarité envers la population, note Rita Serafini. Il ne faut pas qu’on y touche. » Jean-Philippe Murru s’inquiète aussi des rapports que la CGT pourra avoir avec la future majorité. « Jusqu’ici, on avait de bons rapports en termes de moyens, de relais d’information… qu’on risque de perdre. On aura probablement moins d’appui politique pour faire remonter les problèmes hors du giron de l’entreprise. Alors qu’on a de grosses batailles à mener. »

  • Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Au terme d’élections municipales qui ont vu l’extrême droite se maintenir ou l’emporter dans six communes du département (Fréjus, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Six-Fours, Salernes, Puget-sur-Argens), la fédération varoise du PCF fait le bilan.

    Si « la gauche était unie au premier tour dans plusieurs villes », la désunion, notamment à La Seyne et à Toulon, « les deux villes les plus importantes du département », fruit « de petits calculs politiciens irresponsables », est pointée du doigt. Au même titre que l’éloignement « des préoccupations du monde du travail et des quartiers populaires, avec une image brouillée au niveau national par les votes à l’Assemblée nationale », responsable du « recul » global des forces progressistes. « Les communistes ont agi pour rassembler les habitants sur des enjeux de progrès. Cela n’a pas suffi pour remporter des victoires », déplore le PCF 83, qui salue tout de même « les élus de gauche qui, dans leur diversité, vont siéger dans des conseils municipaux ».

    « Un travail en direction des abstentionnistes »

    Les communistes soulignent aussi « l’effondrement de la droite aux manettes depuis des décennies. Cette droite qui, par son implication dans différentes affaires judiciaires, ses allers-retours vers la macronie, sa porosité avec l’extrême droite, a ouvert la voie à cette dernière ».

    Pour contrer cette avancée, il faudra donc « poursuivre l’engagement contre l’urbanisation à outrance, la spéculation immobilière, la casse des services publics, leur privatisation », tout en défendant « l’emploi, le pouvoir d’achat, des logements accessibles, l’accès à des soins de qualité, le vivre ensemble ».

    Enfin, eu égard au taux d’abstention qui dépasse les 40% dans le département, le PCF Var mènera « un travail en direction des abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, le monde du travail, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes. »

  • M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre réélection ?

    Michaël Delafosse : Je veux d’abord exprimer ma satisfaction et ma reconnaissance en direction des Montpelliérains qui nous ont accordé leur confiance et les remercier. Durant cette campagne, ils nous ont fait part de leur grande fierté d’avoir tenu nos promesses, rendu les transports gratuits, s’attaquer à la rénovation des quartiers populaires. Une campagne qui s’adresse à l’intelligence des gens, où nous avons porté un projet global pour la ville, dans chaque quartier, avec une envie de poursuivre la transformation de Montpellier. Ils nous ont également beaucoup salué dans une campagne qu’ils ont pour beaucoup trouvé très violente, comme si notre vie démocratique était en train de se trumpiser. Si ça ne s’était vu qu’à Montpellier, ce ne serait pas grave. Mais dans plein d’endroits dans notre pays, la violence s’est déchaînée dans le débat démocratique.

    Plus de la moitié des inscrits ne sont pas allés voter au second tour, comment les mobiliser ?

    M. D. : La crise démocratique ou l’abstention se passe partout en France, d’élections en élections. Je ne vais pas m’en réjouir, c’est un phénomène qui est préoccupant. À Montpellier, sans doute beaucoup de gens ont dit « l’élection est jouée » et s’en sont peut-être un peu détournés. Mais je ne veux pas tirer d’analyse hâtive sur la cause de cette abstention. Cela montre que la défiance à l’endroit de la politique est forte, comme la capacité de la politique à changer les choses. Nous nous efforçons d’y répondre. Quand on promet la gratuité des transports, on donne la date, le jour et l’heure de sa mise en œuvre. Oui, la politique peut changer les choses. Et donc, ça ce sont des éléments. Beaucoup de nos concitoyens sentent qu’aujourd’hui il y a des leaders politiques qui déclament, mais qu’à la fin les réalités sont inexistantes. Et de ce point de vue, l’action du Président Macron est assez révélatrice. Moi j’ai souvent cette phrase, la France des procédures obère la France des projets.

    Et donc la question de la perception du choix apparaît très souvent difficile et je pense que ça joue aussi dans cette abstention. Après, ça dit aussi qu’il y a des gens qui ont des problèmes et tout ça leur apparaît parfois très loin, notamment dans les quartiers populaires. Alors je le dis, je suis élu par une majorité mais je serai évidemment respectueux de tous et de toutes.

    LFI a été votre principal adversaire à Montpellier mais on a vu à l’œuvre des alliances entre insoumis et socialistes. Comment va se passer la cohabitation ?

    M. D. : C’est à eux de le dire. Ce que je constate, c’est que LFI, depuis le premier jour en conseil municipal [en 2020], combat l’action d’une des villes qui a mené l’une des politiques les plus à gauche et les plus écologistes de France. J’ai toujours dit qui était mon adversaire et mon ennemi : l’extrême droite. Et d’ailleurs je n’ai pas fait des tracts contre les autres, j’ai fait des tracts pour Montpellier et pour les gens. Moi j’ai été caricaturé, attaqué par une composante qui se réclame de la gauche. Le respect de la parole, ça compte. Quand on prend une position nationale de clarté, il faut s’y tenir. On peut prendre une position autre, mais dans ce cas-là, on s’y tient. Je constate, dans des villes où l’alliance a eu lieu, alors qu’elles apparaissaient imperdables pour la gauche, une partie des électeurs se sont détournés. À Brest, à Clermont-Ferrand, etc.

    Nous sommes très différents du style : l’outrance contre la pondération, la constance des convictions face à parfois des cheminements douteux quand on vote contre la gratuité des transports. D’ailleurs, les élus LFI au conseil municipal auront un premier test puisque c’est dans le budget que figurera la gratuité des transports. Et donc s’ils ne le votent pas, ils seront cohérents avec leur position passée, mais qu’ils ne viennent pas ensuite nous faire la leçon.

    Quels sont les premiers projets que vous allez lancer ?

    M. D. : N’espérez pas de pause dans l’action. Il y a plusieurs choses. Mais évidemment, l’installation de l’antenne du CHU à la Mosson est un sujet prioritaire pour moi. Nous allons commencer à travailler sur le plan infrastructures sportives 2035 et nous présenterons le premier gymnase qui va être rénové pour répondre à la pratique amateure. Nous allons travailler sur le musée Fabre en lançant les travaux pour son bicentenaire d’extension, ça va être le symbole de l’engagement de la ville en faveur de la culture. Nous allons travailler sur les enjeux des projets qu’on va mettre en concertation : la mise en œuvre du plan trottoir, sur le sujet des bus tram. Et d’ailleurs il y aura beaucoup de temps de participation.