Tag: Gauche

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3 000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS, et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme

    et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ». Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée à tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au côté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant par mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a demandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la présidente socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

    Bram (Aude), Léo Purguette

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ».  Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au coté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant pas mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a démandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann,

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la président socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

  • [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    Bram accueille samedi 19 septembre, la 6e édition des Rencontres de la gauche initiées par Carole Delga. L’élue socialiste, présidente de la Région Occitanie, y convie militants de tous horizons, personnalités de toutes disciplines, élus locaux, nationaux et européens. Une édition particulière comme elle l’explique à La Marseillaise dans cet entretien exclusif.

    La Marseillaise : Avant les rencontres de Bram, vous avez dit : «À 200 jours du premier tour de l’élection présidentielle, notre responsabilité collective est immense. » Au regard du nombre des candidatures à gauche, comment proposer un grand projet progressiste qui permette à la gauche de l’emporter ?

    Carole Delga : La France est un peuple politique, mais sur le terrain les Français n’ont franchement pas encore la tête à la présidentielle, préoccupés par la rentrée, le prix de l’essence et les difficultés à la fin du mois. Donc il est toujours temps de débattre à gauche et dans l’immédiat pour ma famille politique, ses militants, ses sympathisants de désigner notre candidat. J’appelle d’ailleurs tous les citoyens intéressés, particulièrement celles et ceux qui ont pu s’éloigner de la politique ces dernières années, à s’inscrire sur la plateforme Choisir 2027 avant le 5 octobre. D’autres partis ne prennent pas cette peine, sans aucun processus démocratique. Nous, même si j’ai conscience que rien n’est parfait, nous débattons. Et nous choisirons dans 20 jours celui ou celle qui, au lendemain de la primaire, devra rassembler le plus largement possible.

    Après bientôt 10 ans de présidence Macron qui ont tant abîmé notre société, je suis convaincue que les Français n’ont jamais eu autant besoin de la gauche. Et pour moi, celui qui a le projet le plus crédible, à la fois pour redresser la France, pour porter sa voix à l’international et battre le RN, c’est Raphaël Glucksmann.

    Bram est à la fois un moment convivial et de débats. Est-ce que justement ce n’est pas ce qui fait défaut à la gauche, ces temps de débats sur le fond ?

    C.D. : Dans l’histoire de la gauche, il y a toujours eu des débats engagés, parfois vifs, et tant mieux. Hélas, ces dernières années, le débat d’idées a trop souvent laissé sa place à la politique du spectacle, aux petites phrases médiocres, parfois aux invectives, à des mises en scène désastreuses sur les réseaux sociaux. C’est la triste représentation de responsables politiques qui ne parlent plus qu’à eux-mêmes. C’est cruel, mais c’est ce que j’entends tous les jours sur le terrain. C’est aussi pour cela que j’ai voulu lancer les Rencontres de la gauche, à Bram. Parce que nous avons besoin de parler à tous les Français. Je suis fière d’amener ces débats de fond dans un petit village, loin de Paris, et de permettre aux gens d’ici de débattre de l’avenir de la France avec des personnalités reconnues au niveau national.

    À Bram, on ne donne pas de grandes leçons. On construit ensemble. C’est comme ça qu’avec ma majorité à la Région, socialistes, communistes, radicaux, écologistes, place publique, citoyens, on propose depuis 10 ans, avec travail et humilité, des solutions pour les Occitans et les Catalans.

    La Nupes puis le NFP ont permis de susciter l’espoir à gauche et d’obtenir un nombre conséquent de députés. Le refus de tout accord électoral de Raphaël Glucksmann -que vous soutenez- avec Jean-Luc Mélenchon et LFI n’hypothèque-t-il pas les chances de la gauche aux législatives qui suivront la présidentielle ?

    C.D. : Ma conviction, c’est que ce type d’accord, en vérité plus technique que politique, ne fonctionne pas bien longtemps. Certes, cela permet à certains de sauver quelques circonscriptions. Mais à terme, on ne construit pas son parcours politique avec des alliances contre nature. Nous l’avons vu dans de nombreuses villes, lors des élections municipales. Pour ma part, je n’ai jamais transigé et je ne transigerai jamais. Il faut une rupture claire avec la direction de LFI, sans quoi nous perdons notre raison d’être. Le populisme, c’est non. Le communautarisme, c’est non. Les dérives antisémites, jamais de la vie. Sans clarté, comment voulez-vous que les gens nous fassent confiance ? La moindre des choses, quand on s’engage en politique et qu’on sollicite la confiance de nos compatriotes, c’est d’être sincère et cohérent.

    Nous célébrons les 90 ans du Front populaire. À l’époque, les gauches avaient d’énormes différents, des conceptions très clivantes. Mais face à la montée du fascisme, ces formations ont su s’unir. Ne peut on pas en tirer des leçons pour aujourd’hui quand les extrêmes droites menacent ?

    C.D. : L’an prochain, ce n’est pas une élection présidentielle comme les autres. Nous sommes à un moment de bascule pour la France et l’Europe. Dans ce monde dangereux, avec les bouleversements internationaux et la multiplication des conflits, l’urgence climatique qui nous prend à la gorge et le déclassement qui mine notre pays, les Français sont inquiets et parfois découragés. Les populistes, et en particulier l’extrême droite, sont les champions pour profiter de ces peurs et de ces colères. Et je le dis à tous ceux qui seraient tentés : le projet du RN est mortifère. Un programme de haine contre l’étranger, contre l’immigré, contre la femme voilée. Un programme qui s’assied sur la Justice et l’État de droit. Un programme qui nous mettrait au ban de l’Europe. Cela ajouterait du chaos au chaos. Mais je garde une conviction profonde, de mon expérience des dernières campagnes que j’ai gagnées largement contre le RN : on ne combat pas Marine Le Pen avec des tambouilles électorales. On la combat avec une candidature crédible, un récit positif et des solutions apportées aux Français.

    Vous avez consacré un ouvrage à Léon Blum intitulé « Quand Vichy jugeait le Front populaire ». C’est un des visages, si ce n’est l’incarnation du Front populaire. C’est un parcours qui vous inspire humainement et donc politiquement ?

    C.D. : Humainement et politiquement, ça a été toujours pour moi un repère, un exemple. Léon Blum, c’est la droiture d’un véritable homme d’État, pétri de courage, d’humilité, de sincérité et de volonté. Il était à la fois intellectuel et proche du peuple, aussi à l’aise dans les cercles littéraires parisiens que dans les vignes de sa circonscription à Narbonne.

    Blum est resté debout alors qu’il était une cible : tant pour sa politique de justice sociale qui a transformé le pays que parce qu’il était juif. J’ai voulu raconter le procès de Riom. Un procès fait non seulement à un homme, mais au Front populaire et surtout à la République que le régime de Vichy et les nazis voulaient abattre. En somme, un procès contre la démocratie et la souveraineté du peuple. C’est un moment décisif de notre histoire que doivent connaître les nouvelles générations.

    À travers le procès de Riom, j’ai voulu raconter la victoire de la conviction, de la force des faits face à l’injustice. C’est un formidable message d’espoir, la vérité peut triompher.

    Vous vous êtes engagée, avec votre majorité du conseil régional d’Occitanie, pour l’industrie et notamment pour que l’usine Fibre Excellence continue son activité en portant un projet de reprise. En quoi ce combat est essentiel ?

    C.D. : Fibre Excellence, c’est le dernier fabricant de pâte à papier en France. Concrètement, il produit de l’emballage papier – une alternative incontournable à l’emballage plastique – et aussi du matériel sanitaire – nous avons vu pendant le Covid combien il était primordial d’avoir une production française . C’est un combat à la fois économique, social et écologique, pour ne pas dépendre à 100 % des importations nord-américaines, chinoises ou brésiliennes.

    C’est aussi un combat politique que je mène face à ceux qui, parfois obnubilés par la start-up nation, délaissent la France des usines, des ouvriers, des territoires. Fibre Excellence, ce sont des salariés avec un savoir-faire unique. J’ai défendu jusqu’au bout auprès du tribunal la solution des deux sites. Aujourd’hui je pense aux salariés de Tarascon qui ont perdu leur emploi. On ne les laissera pas tomber : pour garantir la sécurité du site, pour empêcher son démantèlement et proposer un nouveau projet avec la Région Sud.

    À Saint-Gaudens, 270 salariés attendent toujours d’être fixés sur leur sort depuis plusieurs mois. Avec mes équipes, nous travaillons d’arrache-pied pour trouver des industriels en capacité de bâtir un modèle économique robuste. Les deux investisseurs intéressés doivent maintenant finaliser leur projet de reprise. Nous avons jusqu’au mois de décembre pour convaincre le tribunal de commerce.

    Les actions du conseil régional que vous présidez sont importantes pour la vie quotidienne des habitants. Les Régions ne devraient-elles pas avoir encore plus de leviers budgétaires ? Une fiscalité « de combat » ? Faut-il une nouvelle étape dans la décentralisation ?

    C.D. : Je suis convaincue qu’il faut renforcer les pouvoirs locaux et laisser l’État se concentrer sur le régalien. Les Français aussi, puisqu’ils sont 75% à demander plus de prérogatives pour les Régions. Ils sont même 2 sur 3 à être favorables au fédéralisme. Pourtant, Emmanuel Macron a clairement mené, avec mépris, une politique de recentralisation ces dix dernières années. Il a sciemment asséché les budgets des collectivités, et en particulier des Régions. En 2026, l’État les a ponctionnées d’un milliard d’euros. Je refuse la logique qui affaiblit les échelons de proximité, alors même qu’ils portent majoritairement l’investissement public et des politiques utiles au quotidien : école, transports, santé, etc.

    Demain, si on veut retisser du lien social et territorial, il faudra engager un nouvel acte de décentralisation, fondé sur une répartition claire des compétences, la confiance et l’efficacité de l’action publique. C’est une réponse nécessaire au sentiment d’abandon que ressent une partie de la population qui doit s’accompagner par une nouvelle politique de l’attention que je présenterai, dans le cadre des Rencontres de la Gauche, demain à Bram.

    Les Rencontres de la gauche 2026 : information et inscription sur caroledelga.fr

  • Toulon Provence Méditerranée : une Métropole « résolument tournée vers l’avenir » pour faire face aux défis

    Toulon Provence Méditerranée : une Métropole « résolument tournée vers l’avenir » pour faire face aux défis

    À l’ordre du jour de cette séance publique, le rapport d’activité 2025 pour commencer, qui illustre de façon concrète toutes les actions réalisées. L’occasion pour la présidente de la Métropole de mettre en avant « les moyens importants » dégagés pour les mettre en œuvre, avec ici plus de 460 millions d’euros consacrés au fonctionnement et plus de 246 millions à l’investissement.

    Avec pour objectif de poursuivre sa stratégie de développement économique et touristique et de continuer, à travers son nouveau Plan de mobilité 2025-2035, d’assumer une politique volontariste pour réduire la part de la voiture, comme en témoigne l’augmentation des pistes cyclables dans le Port du Levant. Avec en ligne de mire également « la modernisation des transports en commun » et le lancement des travaux du Bus à haut niveau de service (BHNS). « Parce que la mobilité dans la métropole c’est un tout, un ensemble de moyens déployés pour faciliter ce qu’on appelle l’intermodalité, c’est-à-dire passer d’un mode de transport à un autre », insiste-t-elle.

    Solidarité avec

    les pompiers en grève

    Un bilan et des ambitions déclinés également au niveau de l’amélioration de l’habitat, de la préservation de l’environnement et en faveur de la transition écologique, avec notamment un nouveau Contrat de baie et la sécurisation du Faron afin d’adapter les espaces publics pour faire face au changement climatique.

    « En cette rentrée c’est surtout vers l’avenir que nous devons tourner notre regard », insiste Josée Massi. Un nouveau projet métropolitain, qui incarne les priorités du mandat sera prochainement présenté au conseil.

    La présidente de la Métropole a ensuite mis au vote un don de 300 000 euros au Service départemental d’incendie et de secours du Var (Sdis 83). Et précise : « C’est un sujet d’actualité puisque les sapeurs-pompiers sont mobilisés pour réclamer davantage de moyens humains et matériels. À notre échelle nous les soutenons ! »

    Concernant le dossier Grand prix de France du Castellet, la collectivité a pris acte du rapport d’observations accablant de la Chambre régionale des comptes et a accepté de contribuer à l’apurement de la dette par une avance de 1,6 million d’euros, tout en continuant à se réserver le droit de contester ultérieurement devant la justice tout ce qui pourra l’être.

    La gauche réagit

    L’élu d’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS) a profité de la délibération portant sur la rénovation thermique de l’école Victor-Hugo, à La Seyne, pour tacler le maire RN, en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles « les bâtiments qui en ont le plus besoin n’ont pas été intégrés à cette opération ». C’est-à-dire les préfabriqués abritant 10 classes. « Ils sont aujourd’hui dans un état très dégradé, constituent de véritables passoires thermiques et 3 sur les 4 bâtiments sont diagnostiqués avec présence d’amiante », insiste-t-il. En tout ce sont 35% des enfants de cet établissement qui ne bénéficieront pas d’une amélioration de leurs conditions d’apprentissage.

    Piqué au vif, le maire a répliqué que ces préfabriqués allaient être prochainement enlevés. Sans dire ce qu’il adviendra des 162 élèves qui y suivent aujourd’hui les cours. T.T.

  • [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    Des partis politiques de gauche (du NPA au PS) et assos (LDH, Libre Pensée, Mrap…) qui appellent à manifester, dimanche 20 septembre (14h au Peyrou à Montpellier) contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, tous ne placent pas le curseur au même niveau.

    Au PCF, Clara Gimenez rappelle le désengagement de l’État qui « n’investit plus dans les services publics, ni la police ni la Justice ». La secrétaire du PCF héraultais estime qu’il faudrait un « renforcement des moyens de la police nationale en l’encadrant et la contrôlant » et ceux de la Justice pour avoir des « moyens d’enquête » garantissant in fine des « procès équitables ». Du côté du NPA, le jeune anticapitaliste surnommé « Kiks », appelle à « la fin des LBD et grenades de désencerclement », au « désarmement de la police municipale » et même à la « dissolution de corps spéciaux » tels que la BAC.

    Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à rejeter en bloc les prétextes de cette loi adoptée (par la droite et le RN avec le soutien du gouvernement) à l’Assemblée nationale dans l’attente de son examen au Sénat. À savoir que le texte controversé serait un « bouclier juridique » nécessaire pour protéger les policiers dont la vie peut être mise en danger ou qu’il s’agirait d’une simple « protection fonctionnelle renforcée ».

    Un « pas vers le fascisme »

    Christine Maillard (Amnesty International), y voit une « remise en cause de l’État de droit ». « Qu’auraient donné les cas de Nahel, assassiné à Nanterre en 2023 ou d’Olivier Gomes abattu en 2020 par un policier condamné à 10 ans de prison, s’il n’y avait pas eu d’enquête ? »

    Le fait qu’un policier ou un gendarme qui use de son arme soit présumé avoir agi de manière légitime jusqu’à preuve du contraire, ce qui « n’existe nulle part en Europe », constitue une « inversion de la charge de la preuve », alerte Alban Desoutter (Libre Pensée 34). Un basculement au vu de la loi actuelle (l’agent doit prouver que son tir était absolument nécessaire et proportionné) qui choque Coralie Mantion. « Ce n’est pas aux familles en deuil d’enquêter et de prouver que le tir était disproportionné », recadre l’écologiste pour qui « la police est là pour protéger la population et la Justice pour contrôler la police ». Elle pense notamment aux dérapages verbaux d’un policier violent à Carcassonne. « Toute la police n’est pas raciste mais on voit le besoin de plus de contrôles. »

    Gilet jaune historique du rond-point des Prés d’arènes, Gilbert Rigal se souvient que trop de ses collègues de lutte ont été éborgnés. « C’est une incitation à plus de violence contre les gilets jaunes de demain. La répression devient la seule réponse aux mouvements sociaux », s’insurge celui qui évoque une sorte de « permis de tuer ».

    À l’instar des contrôles au faciès qui les ciblent déjà, les populations racisées des quartiers populaires semblent elles aussi fragilisées. « Des jeunes, notamment des musulmans, risquent d’être tués. Cette loi va aggraver la situation, c’est un pas de plus vers le fascisme », alerte Stéphan Steiner (LP 34). Christine Maillard n’en pense pas moins. « Cette loi a une origine fasciste, cette proposition figurait dans le programme de Jean-Marie Le Pen dans les années 2000. » Dans l’histoire, ce n’est pas un détail.

    « Il s’agit d’une inversion de
    la charge
    de la preuve »

  • La présidentielle au cœur du débat à Bram

    La présidentielle au cœur du débat à Bram

    Cette sixième édition des Rencontres de la gauche, le 19 septembre, s’annonce exceptionnelle puisqu’elle se tient à huit mois quasiment jour pour jour du premier tour de l’élection présidentielle fixé au dimanche 18 avril 2027.

    Carole Delga, à l’initiative de ces rencontres, lancées en 2021, ne s’y trompe pas. À quelques mois de la présidentielle « notre responsabilité collective est immense », prévient l’ancienne ministre de François Hollande. Et de développer : « Car cette échéance décisive ne saurait se réduire à une confrontation de personnalités. Elle doit permettre aux Françaises et aux Français, au cours d’une véritable campagne électorale, de choisir entre des projets, des visions de la société, des chemins d’avenir clairement assumés. »

    Si Carole Delga a déjà choisi son candidat, Raphaël Glucksmann, député européen, et co-président de Place Publique, le débat prévu samedi après-midi sur la présidentielle sera ouvert aux autres candidats de la primaire des sociaux-démocrates. Ainsi sont annoncés parmi les participants, la présence de Ségolène Royal, Jérôme Guedj ou encore Emmanuel Maurel.

    Mais si la course à l’Élysée sera fort logiquement au cœur de cette édition 2026, ces rencontres ne perdent pas le fil des origines. « Depuis six ans, les Rencontres de Bram poursuivent cette ambition : contribuer à l’élaboration d’un projet de progrès pour notre pays. Un projet fidèle à nos valeurs sociales, républicaines, fraternelles, laïques, féministes, antiracistes, européennes, universalistes. Un projet qui refuse la brutalisation du débat public et oppose à la résignation une espérance crédible » développe Carole Delga en introduction d’un programme dense avec de nombreuses tables rondes et ateliers animés par des intervenants réputés à l’instar de l’économiste Jacques Attali, François Gemenne, politologue et co-auteur du 6e rapport du Giec ou encore la diplomate Laurence Tubiana et la philosophe Gabrielle Halpern.

    Côté personnalités politiques nationales et européennes, outre Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, l’écologiste et sénateur de Paris Yannick Jadot sera là ainsi que Paul Magnette, président du PS belge.

    Pour le PCF, Léon Deffontaines, porte-parole du parti qui a élu Fabien Roussel comme candidat, fera le déplacement et Guillaume Lacroix, conseiller régional et président du Parti Radical de Gauche (PRG) est aussi attendu.

    Pour Carole Delga, « Bram est devenu le symbole de cette République en commun que j’appelle, que nous appelons de nos vœux. La seule réponse digne au conservatisme, au populisme et à l’extrémisme qui abîment notre démocratie. » Ce sera aussi sans nul doute une des étapes importantes dans la désignation du candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle.

  • Les cinq qualifiés pour la primaire sociale-démocrate

    Les cinq qualifiés pour la primaire sociale-démocrate

    Le patron du PS, Olivier Faure, l’ex-ministre et candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj, mais aussi Raphaël Glucksmann, le patron de Place Publique et Emmanuel Maurel, le chef du parti Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), sont les cinq candidats retenus pour cette primaire.

    Exit Philippe Brun

    Le député socialiste Philippe Brun, qui devait être également sur la ligne de départ, a été suspendu par le parti socialiste « à titre conservatoire », suite à des accusations d’une militante portant sur des « faits susceptibles de relever d’une caractérisation pénale », a précisé la direction du parti socialiste en expliquant sa décision. L’intéressé affirme avoir appris « avec stupeur » sa suspension, assurant « ignorer ce qui [lui] est reproché ». Les accusations portées à l’encontre du député sont multiples et portent sur « le registre du harcèlement », des « violences physiques » et celui de « l’emploi familial », indique la direction du PS. La décision a été votée ce mercredi matin par le bureau national du Parti socialiste « à l’unanimité moins une opposition et trois abstentions » en vertu de « la défense des droits des femmes ».

    C’est loin d’être le seul aléa qu’a connu cette primaire, longuement débattue en interne, et à laquelle l’ancien président de la République François Hollande a refusé de participer, préférant se positionner comme un dernier recours, tout en ménageant le suspense autour de sa candidature. Dernièrement, ce sont les velléités de participation à la primaire du député de la Somme et fondateur du mouvement Debout ! François Ruffin, qui ont remis le feu aux poudres. Avec une sortie de Raphaël Glucksmann qui a fermé la porte à cette éventualité en considérant que « les militants socialistes ont tranché, on ne change pas les règles en cours de jeu ». Un refus qui a fait dire à François Ruffin que sa candidature pouvait faire peur…

    Raphaël Glucksmann favori

    Pour l’heure, l’eurodéputé et coprésident de Place Publique fait office de favori à un mois du premier tour de la primaire prévu les 9 et 10 octobre prochains ; le second aura lieu les 16 et 17 octobre. Il a la faveur des sondages pour la présidentielle en étant crédité entre 10 et 14% des intentions de vote, mais le premier secrétaire du parti socialiste se positionne en challenger direct. Avec des sondages le portant jusqu’à 5% des intentions.

    Reste que le député socialiste Jérôme Guedj, le député du Val-d’Oise et ancien député européen Emmanuel Maurel et Ségolène Royal qui entend bien retenter sa chance, peuvent toujours créer la surprise. D’autant que l’ensemble des candidats auront l’occasion, à plusieurs reprises, de confronter leur point de vue avec d’ores et déjà trois débats télévisés programmés, le 23 septembre sur LCI, le 1er octobre sur France 2 et le 4 octobre, dans la dernière ligne droite, sur BFMTV.

  • Le tribunal administratif valide l’élection de Boccaletti à la mairie de Six-Fours

    Le tribunal administratif valide l’élection de Boccaletti à la mairie de Six-Fours

    « En rejetant les protestations contre l’élection municipale et métropolitaine de mars dernier, le tribunal administratif vient de juger que M. Frédéric Boccaletti restera le maire de notre commune, Six–Fours-les-Plages, jusqu’en 2033 », déclare dans un communiqué l’ancien tête de liste du rassemblement de la gauche, l’apparenté communiste Pascal Cabras.

    Acte est donc pris. Ce qui n’empêche pas de rappeler que « la campagne électorale a été menée de manière déloyale par les deux autres listes candidates ». Et que c’est le refus de telles manœuvres et manipulations qui avait conduit les progressistes à saisir la justice.

    Une mauvaise nouvelle pour la ville

    Le rejet de ce recours « est une mauvaise nouvelle pour la ville et la métropole », estime l’ancien candidat de gauche. Et de poursuivre : « L’occasion a été manquée de marquer un coup d’arrêt à un maire d’extrême droite qui brutalise la vie locale depuis le 22 mars ». L’occasion aussi de rappeler la « répudiation » brutale de sa première adjointe sans étiquette, au bout de cinq mois à peine, « alors que la présence de celle-ci lui avait permis son élection ». Une duperie manifeste des habitants estime Pascal Cabras.

    « Un maire aussi, ajoute-t-il, qui cherche à transformer en arène chaque conseil municipal en limitant l’expression démocratique de chaque élu de son opposition, en coupant les micros ou en perdant son calme… »

    Et qui a interdit aussi l’accès à toute salle communale au PCF après sa mobilisation du 27 mai pour la Journée de la résistance. Ce qui fait déjà beaucoup.

  • Échanges tendus entre maire et opposition en conseil municipal de Manosque

    Échanges tendus entre maire et opposition en conseil municipal de Manosque

    Les échanges ont à nouveau été virulents entre le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) et son opposition en conseil municipal, jeudi soir. Alors que les élus d’opposition Claire Henriroux (écologiste) et Sébastien Aubert (DVG) étaient prévus et affichés à l’écran du conseil municipal comme représentants à la commission locale du secteur patrimonial remarquable, ce sont les noms de Fabrice Durnerin (RN-UDR) et Patrick Rousset (Regain Manosquin) qui ont été mis au vote. « C’était acté de longue date, depuis juin. J’ai encore les mails de la mairie qui me disent que j’y suis. Comme je suis un peu plus piquante que M. Rousset, ils l’ont mis à ma place », a regretté l’élue écologiste. « M. Galtier s’empresse de satisfaire le RN », a-t-elle accusé à l’issue du conseil municipal.

    « Sur table, on change les noms. Cela s’appelle la démocratie. On va pas refaire le débat à chaque fois. Si vous êtes pas d’accord avec ça, vous allez au tribunal administratif », a répondu le maire à l’élue d’opposition pendant le conseil municipal.

    Une dotation de l’État

    en baisse

    Claire Henriroux a également questionné le conseiller municipal délégué aux commerces, Pierre Bianco, concernant les critères d’indemnisation des commerçants suite aux travaux de renouvellement urbain du centre ancien, affirmant avoir été contactée par plusieurs commerçants « incrédules » concernant ces critères d’indemnisation. Le conseiller municipal délégué aux commerces et le maire lui ont répondu que le seul critère était la perte de 25% de chiffre d’affaires. « Pas une seule ville en France a mis 80% de compensation sur les travaux, il y a plein de villes en France qui ne font pas d’indemnisation. On est le plus arrangeants possible. Si les commerçants ne déclarent pas tout le chiffre d’affaires qu’ils font, c’est compliqué d’aller compenser », a affirmé Camille Galtier. S’en est suivi un échange tendu entre le conseiller d’opposition DVG Sébastien Aubert et le maire concernant l’existence ou non de commerçants ayant « des chiffres d’affaires parallèles », non déclarés. « Vous déformez mes propos, ce n’est pas la première fois », a lancé Camille Galtier au conseiller d’opposition. « La période estivale ne nous aura pas servi à faire baisser le curseur au niveau des attaques personnelles », lui a répondu Sébastien Aubert.

    Les conseillers municipaux ont par ailleurs voté une modification du budget, adopté en février, en raison notamment d’une « dotation forfaitaire de l’État en baisse significative et forte de 265 617 euros » et de l’augmentation du prix des carburants, a expliqué le conseiller municipal délégué aux finances Pascal Antiq.

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.