Tag: Gauche

  • [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    La Marseillaise : Quel est le principal enseignement du sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise et Experts et territoires sur les intentions de vote pour le premier tour des élections municipales de Nîmes ?

    Stéphane Zumsteeg : Nous voyons que, petit à petit, il y a une possibilité que la ville de Nîmes bascule à gauche. La liste conduite par Vincent Bouget est à un niveau assez élevé avec des intentions de vote à 29%. Cela correspond à l’étiage de la gauche si l’on compare ce résultat aux scores des municipales de 2020 de l’ordre de 28% pour la gauche et aux Européennes de 2024 avec 38%.

    Comment expliquez-vous cette position de la liste Nîmes en commun conduite par Vincent Bouget ?

    S.Z. : L’analyse que nous pouvons faire c’est qu’au fur et à mesure que nous nous rapprochons du premier tour, le 15 mars, la liste de Vincent Bouget bénéficie d’un réflexe de vote utile de l’électorat de gauche. Nous pouvons penser que même si LFI reste sous la barre des 10% et n’appelle pas à voter pour Nîmes en commun, leurs électeurs pourraient, eux, le faire. Car la tête de liste de Nîmes en commun, Vincent Bouget, est communiste et que l’essentiel pour ces électeurs est d’une part de faire basculer la ville de Nîmes à gauche et éviter l’arrivée de l’extrême droite.

    Votre enquête place le candidat de l’extrême droite RN à 26% comment analysez-vous ce score ?

    S.Z. : Le candidat du RN Julien Sanchez est dans une situation compliquée même si son score, 26%, est élevé. On ne voit pas de réserves de voix pour le RN.

    Un rapprochement de l’extrême droite avec les candidats de droite est-il possible au second tour ?

    S.Z. : Ce n’est pas du tout la ligne officielle de Marine Le Pen, elle a été très claire là-dessus, avec Jordan Bardella cela serait peut-être autre chose. Rappelons qu’en 2020, aux municipales, la liste RN avait obtenu 14,5% à Nîmes. Mais la situation en 2026 n’est pas comparable. En 2020, le taux d’abstention était de 67,58%!

    Le RN a depuis 2020 réalisé 29,8% aux élections européennes de juin 2024. Si à la présidentielle de 2022, le RN a obtenu 20,1%dans la ville de Nîmes, n’oublions pas qu’Éric Zemmour a réalisé dans cette même ville le score de 9,9%. Le total de l’extrême droite était donc haut.

    La droite nîmoise est divisée mais peut-elle fusionner au second tour?

    S.Z. : Avec respectivement 22% pour Franck Proust et 16% pour Julien Plantier, une fusion des deux listes au second tour mettrait la droite dans une situation favorable. Mais si la liste de Julien Plantier se maintient, les possibilités de l’emporter pour Franck Proust sont limitées. Au second tour, le rôle des outsiders sera décisif.

  • À Briançon, la gauche dédie sa semaine à la jeunesse

    À Briançon, la gauche dédie sa semaine à la jeunesse

    Johanna Jelensperger est la candidate au poste d’adjointe à l’éducation sur la liste de gauche. Elle-même mère d’un adolescent de 17 ans, elle déplore « qu’en dehors du lycée, il y ait peu de lieux où s’intégrer pour les jeunes, pour se rencontrer, et exprimer leur créativité ». C’est pourquoi durant cette semaine, elle est allée à la rencontre des jeunes adultes et adolescents, pour écouter leurs préoccupations.

    Après un temps d’échange public sur le sujet lundi, au Barboteur, la liste de gauche est allée à la rencontre des lycéens mercredi. Une discussion prolongée de façon inopinée le lendemain, puisque Johanna Jelensperger est retournée au lycée ce jeudi 5 mars, où les lycéens bloquaient l’entrée de leur établissement contre la suppression de 80 heures d’enseignement.

    Inquiets face à l’extrême droite

    Deux sujets sont revenus avec insistance. « Déjà, beaucoup de lycéens étaient inquiets de voir autour d’eux certains se faire happer par les vidéos de Jordan Bardella sur les réseaux sociaux, sans même s’apercevoir qu’il s’agit de politique », explique Johanna Jelensperger. Ensuite, « la question du manque de mobilité dans un territoire escarpé, que ce soit la place pour le vélo ou les transports en commun ».

    Parmi ses propositions pour la jeunesse, la liste promet la création d’un campus connecté pour suivre des études supérieures à Briançon, se former ou se réorienter. Mais aussi la création d’un tiers-lieu dédié aux jeunes briançonnais, pour se rencontrer, échanger et exprimer leur talent.

  • À Apt, Céline Celce mise sur une écoute maximale pour convaincre

    À Apt, Céline Celce mise sur une écoute maximale pour convaincre

    Il est un peu plus de midi, ce jeudi. À deux pas de l’Hôtel de ville d’Apt, devant son local de campagne, Céline Celce finalise le parcours du jour pour un porte-à-porte minutieusement préparé, rue par rue. « On ne part pas pour du boîtage mais vraiment pour du tractage », insiste la candidate (Génération.s) de l’union de la gauche pour « Apt renouveau ». Bien sûr, si après un coup sonnette sans effet, un tract finira dans la boîte aux lettres – sans d’ailleurs jamais retirer ceux des candidats adverses – Céline Celce met un point d’honneur à dialoguer.

    « On consulte la population depuis un an et on la consultera surtout encore après les élections, on est les seuls à proposer des commissions municipales avec l’intégration des citoyens, des élus référents de quartier », développe l’actuelle élue d’opposition. Une place pour le budget participatif est prévue dans le programme, « on le demande chaque année par amendement au conseil municipal et c’est refusé », souligne-t-elle. À ses côtés, son colistier Thomas Viens abonde : « Les gens nous disent vouloir se sentir impliqués dans les décisions, il n’y a pas de volet démocratie non plus dans le programme de Jean Aillaud ». Ce dernier, actuel premier adjoint, conduit la liste DVD, après le renoncement de la maire Véronique Arnaud-Deloy (LR) de se représenter. Dominique Santoni, présidente LR, du Département figure en 2e position sur la liste.

    Dès la première porte, une jeune fille ouvre. « Je ne vote pas à Apt mais mes parents suivent de près la campagne », glisse-t-elle. Preuve dans la seconde, son papa, Vincent, arrive. Directeur d’école, il a « un quart d’heure pour manger » mais prendra largement le temps de discuter avec la candidate « qu’il a reconnue ».

    L’accès à la santé fait parler

    Il est beaucoup question d’accès aux soins avec la perspective de la fermeture du centre médical des Druides, où Céline Celce prévoit de racheter les murs puis de les louer aux médecins. « J’ai fait plusieurs réunions publiques, mon cœur penche d’un côté mais je regarde les programmes plus que les étiquettes politiques », confie-t-il. Céline Celce et Thomas Viens ont le sentiment que les habitants ont envie de changement. « Il y a des mécontentements, ce n’est pas normal que la capitale de Luberon ait perdu 2 000 habitants en 10 ans, il n’y a plus de tribunal, de maternité et maintenant plus de bloc opératoire à l’hôpital, liste Céline Celce. Mais il faut faire de notre enclavement une force en misant sur la proximité, créer des emplois non délocalisables car notre avantage c’est qu’on ne se fera jamais englober par une autre ville et on ne deviendra jamais une cité-dortoir. » La suite de la déambulation permet d’évoquer pêle-mêle, « le taux de pauvreté de 27% dans la ville », des « rencontres avec les chefs d’entreprise qui ne m’ont jamais fermé la porte », ou, côté commerces, « la création d’une rue de l’artisanat et relancer le dispositif zéro rideau de fer avec des fresques » sur les devantures closes.

    Après quelques polis refus, un homme entame une discussion. Aptésien depuis 6 ans, « plutôt de gauche », il évoque les risques d’inondation du Calavon et de ses dangereux méandres pouvant altérer la sécurité de murs. « J’entends beaucoup parler de sécurité, de caméras, moi je suis plutôt pour plus de présence humaine », expose-t-il. « Les caméras sont là, on ne va pas les enlever, on souhaite une police municipale qui prévient autant qu’elle intervient », juge Céline Celce. Dans dix jours, outre Jean Aillaud, elle se mesurera à une liste d’extrême droite, incarnée par Patrick Bonnet, et une autre portée par Christophe Carminati – DVG aux yeux de la préfecture bien que ce dernier se revendique au centre -. À noter que Céline Celce et Christophe Carminati ont été élus en 2020 sur la même liste de Dominique Thévenieau (DIVC). « Il refuse toutes discussions depuis un an, ma porte reste toujours ouverte », assure la candidate au sujet d’un éventuel rapprochement au second tour.

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».

  • À Gap, la liste citoyenne de Charlotte Kuentz met en avant sa différence

    À Gap, la liste citoyenne de Charlotte Kuentz met en avant sa différence

    « Notre mouvement citoyen n’a pas d’autre ambition que le territoire et la ville de Gap, affirme Charlotte Kuentz. Historiquement, nous sommes ancrés à Gap, forts d’un score de 33% aux dernières municipales. » Selon elle, la non-affiliation partisane de sa liste lui permet de ne pas dépendre d’injonction et de stratégies nationales. « Nous mettons toute notre énergie sur des dossiers municipaux sur lesquels on travaille depuis des années, auprès des habitants. »

    Parmi ses axes de campagne, Charlotte Kuentz entend rééquilibrer un budget municipal qu’elle estime presque entièrement dédié à l’investissement au détriment du fonctionnement. Sa liste promet aussi la rénovation du stade nautique et la création d’une maison des jeunes pour accueillir les activités créatives, ce que la médiathèque actuelle, trop vétuste, ne permet pas.

    Créer une mutuelle municipale

    Autre proposition phare, elle promet la création d’une mutuelle municipale. « Elle sera accessible à tous mais que les étudiants, jeunes travailleurs ou retraités ont plus de mal à accéder à une mutuelle », détaille la tête de liste. Enfin, Ambitions pour Gap veut aménager des « rues d’enfants », c’est-à-dire végétaliser, et rendre plus conviviaux les espaces autour des écoles. « Des lieux où la socialisation se fait en priorité lorsqu’on est jeunes parents », explique Charlotte Kuentz. La liste tiendra sa dernière réunion publique le 10 mars au Tempo.

  • À La Fare-les-Oliviers, Joel Yerpez et sa liste jouent la carte de la proximité

    À La Fare-les-Oliviers, Joel Yerpez et sa liste jouent la carte de la proximité

    « Être écouté, se sentir en sécurité, pouvoir se déplacer facilement, bénéficier de soutien lorsque le besoin s’en fait sentir » : Joël Yerpez a construit un programme sur mesure pour les habitants de La Fare-les-Oliviers. Il présentera sa liste, composé entre autres de dix conseillers municipaux (dont lui) démissionnaires de la majorité, ce mercredi 11 mars au centre culturel de La Fare-les-Oliviers. « Ce sera l’occasion pour les colistiers de dialoguer avec les habitants ». Nommé « Parcours de vie à La Fare-les-Oliviers », son programme contient des idées conçues « en se mettant à votre place, en suivant vos parcours de vie », explique-t-il. Ancien adjoint à l’urbanisme puis premier adjoint du maire sortant, il est élu depuis plus de vingt ans et dit connaître les « contraintes de l’action municipale ».

    Une proximité avec les habitants

    Joël Yerpez veut mettre en place « des consultations citoyennes et des réunions publiques pour les projets majeurs ». Fort de son expérience d’adjoint à l’urbanisme, il compte « repasser la ville en double sens », alors que le passage en sens unique par le maire sortant Jérôme Marciliac avait secoué le village et est loin d’avoir fait l’unanimité.

  • La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    « Votre présence nous confirme la nécessité d’une candidature comme la nôtre », lance Laurence Jouanaud (PCF) aux soutiens venus au meeting de mercredi soir, à la salle Michel-Blasco de La Mède. L’enseignante retraitée y présente le programme et la liste d’union de la gauche « Un élan pour l’avenir » qu’elle conduit avec ses 34 colistiers qui « ont en commun les mêmes valeurs de justice sociale ».

    Parmi les candidats mis en avant, Marc Lopez (PS), présenté comme « le compagnon de lutte idéal dans la campagne », Élodie Thiebaut, conseillère municipale sortante, Guy Defrance (EELV), également sortant, Jacques Messeguer (PCF), ancien adjoint à l’éducation de Vincent Burroni (PS). Figure aussi sur la liste Cyril Mistral, sapeur-pompier professionnel et président du moulin associatif Les moulins d’Olive, produisant de l’huile. Mais également Sylvie Grosseau, « châteauneuvaine depuis 1966 qui se battra contre l’abandon des quartiers périphériques » selon Laurence Jouanaud, ou encore Toomaï Boucherat, chercheur associé au CNRS.

    La santé sujet n° 1

    « La justice sociale signifie des services publics forts et accessibles à tous » développe Marc Lopez, qui veut répondre à « l’insécurité routière, physique et des biens. Nous voulons un poste de police nationale, combler les municipaux vacants et former les agents », par exemple à l’accueil de femmes victimes de violences. Et propose de créer une « plateforme de veille sociale avec les associations pour lutter contre l’isolement et l’habitat indigne », bref, « les insécurités sociales comme environnementales ».

    Élodie Thiebaut, ancienne infirmière, fait de la santé « un sujet primordial ». « Avec un médecin pour 3 000 habitants, c’est difficile. Le maire sortant s’en remet à l’État, mais nous avons une volonté en attendant », affirme-t-elle, proposant d’« assurer la disponibilité des locaux et le financement du matériel et des internes pour leur installation » sur la ville.

    Un habitant demande : « Pourquoi vouloir municipaliser l’eau ? ». Guy Defrance répond que « l’eau qui passe par Châteauneuf va à Martigues, mais ils paient moins cher que nous. C’est politique, nous voulons passer en régie ». « C’est les actionnaires qui coûtent cher » complète un autre. Un dernier remarque qu’il s’agit d’une compétence de la Métropole. Jacques Messeguer l’affirme : « En votant pour nous et pour les listes de gauche partout, on récupérera la Métropole. » L’ambition est affichée.

  • À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    Pour sa première campagne municipale, Caroline Moulin peut compter sur le soutien d’une gauche varoise qui a tenté l’union tant que faire se pouvait. « On a cravaché pour rassembler », affirme Jean-Pierre Luquand, coanimateur des Écologistes du Var et candidat à Solliès-Pont. Car à onze jours des municipales, c’est une autre échéance électorale qui imprègne les esprits : « On veut une issue autre aux présidentielles que le pire qui peut arriver. On a besoin d’union, de se connaître, créer des solidarités. Et même si on n’est pas d’accord sur tout, certains enjeux dépassent nos différences. »

    En marge de son meeting de présentation de ses colistiers, et pour symboliser la représentativité des forces à ses côtés (PCF, LFI, REV, l’Après, Debout !, Génération.s), la tête de liste écologiste de Hyères, unie à gauche, était ainsi entourée de candidats des villes voisines qui, comme Jean-Pierre Luquand, ont répondu à l’appel donné sur la plage de l’Almanarre, un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Ce site est emblématique avec ce tombolo ouest, ce bras de terre qui rejoint Giens, menacé par le dérèglement climatique », appuie Caroline Moulin. « On ne peut pas éternellement sauvegarder quelque chose sans étudier la faisabilité technique. »

    Des désaccords, mais un process démocratique

    Pour trouver des solutions, cette professeure de biologie promet des études et un référendum citoyen « pour savoir ce qu’on fait de cet élément difficile à entretenir, qui sert de desserte à la route de la Capte, via la route du Sel, et est saturé de voitures en été. » Et si les associations écologistes, du côté desquelles elle semble pencher, veulent en faire « un lieu réservé aux cyclistes et aux piétons » plutôt que créer « la digue en béton immergée proposée par le maire actuel », elle reconnaît que ses colistiers « ne sont pas tous d’accord entre eux », y compris sur les autres aspects liés à la préservation du tombolo (activités, biodiversité…).

    « Et le fait qu’il n’y ait pas d’accord est rassurant », veut croire Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale, présente à Hyères pour soutenir la candidate. « On est sur une liste de citoyens qui se mobilisent, qui peuvent avoir des avis différents mais proposent une méthode : plutôt qu’arriver avec une idéologie à appliquer coûte que coûte, ils ont l’écoute, la consultation, qui va se baser sur des faits et études scientifiques, puis la délibération. C’est un changement de méthode avant d’imposer des solutions. » Avec la démocratie comme juge de paix.

  • Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    « À Auriol on paie chaque jour l’incohérence totale de l’aménagement du territoire », observe un homme dans le public.

    Il s’agit de Thierry Fabre, un des 33 colistiers de la liste Auriol en commun. Celle-ci, emmenée par André-Pierre Dufresne, 35 ans, se retrouve « autour des valeurs républicaines et laïques qui feront d’Auriol une ville citoyenne, solidaire et durable ». Un peu avant, Bruno Mathieu, également sur la liste, a lui aussi constaté : « Auriol s’est développée trop rapidement, sans cohérence. Des quartiers se sentent déconnectés. » Aujourd’hui ville de 14 000 habitants, Auriol en comptait 9 005 en 2000, et 3 000 en 1968. « Il faut arriver à conjuguer vitalité économique et maîtrise de l’urbanisme », a-t-il prôné. L’équipe s’engage à « sensibiliser les habitants à la fragilité de la ressource en eau, réduire les fuites sur les réseaux. » Pour « l’Huveaune, nous souhaitons entretenir, curer le réseau pluvial, et éviter que la rivière ne s’assèche l’été ».

    Tarification sociale

    À ce respect de l’environnement, s’ajoute l’impératif social. C’est un des chevaux de bataille de Pascale Fréchet. Dans une commune où il y avait 9% de chômeurs en 2023, où vivent « 550 familles monoparentales », la liste citoyenne de sensibilité progressiste veut par exemple instaurer « une tarification sociale pour la cantine, l’accès à la culture. Nous voudrions créer un centre municipal de santé, car Auriol compte 10 médecins, il en faudrait 17 pour une ville comme la nôtre. » L’équipe entend augmenter le nombre de logements sociaux, mettre en place des « loyers solidaires ». « Il faut renforcer le rôle du centre communal d’action sociale et ses moyens », poursuit la colistière. Auriol en commun veut également mettre les crèches en régie publique. La liste prévoit de nouveaux équipements sportifs. Elle veut agir dans le sens d’un accès à la culture « égal et égalitaire ». Elle envisage « une bibliothèque itinérante ». Mais aussi « un grand festival qui mette en valeur notre patrimoine exceptionnel », a détaillé Jean-Philippe Gros, colistier. La jeunesse sera placée « au cœur de nos projets », a-t-il également promis.

  • [Entretien] Martine Assandri : « Faire vivre la démocratie locale à Embrun »

    [Entretien] Martine Assandri : « Faire vivre la démocratie locale à Embrun »

    La Marseillaise : Contrairement à 2020, il y a cette fois une liste de gauche à Embrun. À quel besoin répond‑elle ?

    Martine Assandri : Il y a eu, aux dernières élections, une forme d’essoufflement car il est extrêmement difficile d’être dans l’opposition dans cette ville et le passage de relais ne s’était pas fait comme nous l’espérions. La mairie agit sur le mode « je décide vous suivez ». Très peu de nos propositions ont été entendues. L’une des rares fois où c’est arrivé, mon collègue à la tête de l’opposition, à l’époque, avait sorti le champagne au conseil municipal ! On a une vraie envie de changement, vingt-cinq ans, ça suffit. à Embrun ou ailleurs, une mairie qui ne change pas finit par lasser.

    Comment votre liste « Uni.e.s pour demain » entend-elle faire mieux ?

    M.A. : Un fil rouge anime toutes nos propositions : faire vivre la démocratie locale, renouveler la pratique de la politique municipale. Ce fil rouge va traverser nos thèmes principaux : le logement, la jeunesse et la transition écologique. On veut relancer une activité agricole et commerciale, recréer du lien avec les associations, notamment en créant un vrai centre social municipal, qui n’existe pas à ce jour. Pour ce faire, chacun, du plus jeune au plus âgé, doit avoir sa place dans une ville plus équilibrée, plus sociale et solidaire.

    Quels outils comptez-vous mettre en place ?

    M.A. : Notre position est que tout projet entraînant un budget municipal important soit proposé aux citoyens. Mais pas qu’on leur soumette un projet déjà ficelé sur lequel ils n’auront pas la main, un type de pseudo-consultation comme on a déjà actuellement sur la ville et qui ne correspond en rien aux attentes des citoyens. Il s’agit d’associer la population à tout projet qui engagerait notre ville sur plusieurs années.