Tag: Gard

  • L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    La traditionnelle conférence de presse de rentrée du syndicat des Costières de Nîmes s’est tenue ce mardi 7 octobre à Nîmes. Comme chaque année, les vignerons de l’appellation gardoise y ont présenté leur bilan et leurs perspectives.

    Si les volumes récoltés en 2025 accusent une baisse d’environ 10%, la qualité du millésime suscite un optimisme largement partagé. « Les vendanges ont commencé très tôt, dès la mi-août, avec des conditions idéales pour les blancs et les rosés, puis une arrière-saison clémente qui a permis d’attendre la maturité des rouges », résume Jérôme Castillon, vice-président du syndicat. Le constat est clair : les vins de 2025 affichent déjà une belle fraîcheur, une acidité marquée pour les blancs et rosés et un équilibre aromatique prometteur pour les rouges. « Ça goûte très bien et c’est prometteur », glisse-t-il avec le sourire.

    Sur le plan quantitatif, les chiffres traduisent un contexte plus fragile. Les 2 980 hectares de vignes en production représentent 8% de moins qu’il y a deux ans. La canicule de juin puis celle d’août ont affecté certains cépages, notamment la roussanne et la syrah. Résultat  : environ 110 000 hectolitres produits en 2025, contre 140 000 en 2023. Une tendance baissière que le syndicat suit de près, d’autant qu’elle touche l’ensemble du vignoble français. Au-delà du volume, les responsables mettent en avant la « sagesse » des producteurs dans la gestion des stocks. Avec entre 12 et 14 mois de vin en cave, les Costières évitent une saturation du marché et maintiennent leurs prix, un équilibre jugé essentiel dans une filière viticole globalement en crise. « Nous travaillons pour le long terme, avec des jeunes qui s’installent et une forte implication de tous », insiste Cyril Marès, président du syndicat.

    Produire mieux, pas plus

    Car le défi est aussi environnemental. L’appellation, qui couvre 24 communes autour de Nîmes, s’adapte au réchauffement climatique grâce à des pratiques innovantes. Plus des deux tiers des parcelles sont irrigables, et un projet pilote d’« irrigation localisée » affine l’apport en eau grâce à des capteurs. De nouveaux cépages venus d’Italie, d’Espagne ou du Portugal sont également testés pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse.

    Parallèlement, la biodiversité est au cœur des préoccupations. Inventaire des espèces présentes, installation de nichoirs et gîtes pour la faune auxiliaire : l’AOC veut préserver son terroir, menacé par des projets d’aménagement tels que la future ligne Très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. « Il s’agit de protéger notre paysage et nos conditions de production  », rappelle Cyril Marès, mobilisé aux côtés d’autres acteurs locaux.

    Dans un contexte de consommation en berne, en France comme à l’export, avec des reculs marqués en Chine et aux États-Unis, l’AOC mise aussi sur la proximité avec les consommateurs. Ouvert en juin dernier, le Verre des Costières, « ambassade urbaine » située sur l’esplanade Charles-de-Gaulle à Nîmes, propose dégustations, tapas et rencontres pour faire découvrir la diversité des vins. Le calendrier d’animations se veut dense et festif  : ateliers de dégustation à thèmes, soirées accords mets-vins, rendez-vous gourmands de fin d’année et, bien sûr, la grande balade gastronomique Vignes Toquées, dont la 16e édition aura lieu les 6 et 7 juin 2026. Le menu sera signé par Julien Caligo, chef gardois fraîchement étoilé à Calvisson. De la fraîcheur des cuvées 2025 à l’inventivité des projets à venir, les Costières de Nîmes entendent poursuivre leur trajectoire. « L’objectif n’est pas de produire plus, mais de produire mieux », conclut Aurélie Pujol, directrice du syndicat.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    Depuis l’annonce du non-remplacement de Jean-Paul Fournier après vingt-cinq ans de règne, Nîmes vit au rythme d’une primaire à ciel ouvert. L’entrevue du mardi 30 septembre entre Franck Proust, premier adjoint et président de Nîmes Métropole, et Julien Plantier, son prédécesseur à l’Hôtel de Ville devenu dissident, n’a rien réglé. Elle a, au contraire, confirmé la divergence stratégique : Proust plaide pour un pilote unique à la Ville et à l’Agglo au nom de la « cohérence » ; Plantier n’envisage que la mairie, la tête de liste et le nom sur l’affiche. Les proches du maire sortant l’assurent : l’accord espéré par Fournier n’est plus à l’ordre du jour. « Pas pour l’instant », souffle Plantier, qui cultive l’option d’alliances latérales.

    Car l’orbite de droite et du centre se densifie. Valérie Rouverand, porte-voix de la majorité présidentielle, avance ses pions et n’exclut pas une entente… si elle fait sens électoralement. À la périphérie, Yvan Lachaud, longtemps banni, redevient un acteur : étiquette Horizons en poche et vieux comptes à solder, il s’offre comme relais, voire pivot, pour recomposer un attelage. Dans ce jeu d’équilibristes, chacun teste son rapport de force, publie des soutiens, quadrille les quartiers, verrouille les réseaux économiques et associatifs. Les ego font le reste.

    Les dossiers de fond n’en disparaissent pas pour autant. Sécurité et narcotrafic minent le débat public, l’adaptation climatique, la mobilité (bustram, vélo), le logement social et Magna Porta s’invitent dans tous les éléments de langage. Proust met en avant l’entregent acquis à Paris et Bruxelles et promet des mutualisations Ville-Agglo « trop longtemps reportées ». Plantier, 39 ans, docteur en droit, joue la carte du renouvellement et promet une méthode « au plus près des habitants », épaulé par une part non négligeable d’anciens adjoints désormais tombés en disgrâce. Au-dessus de la mêlée, Jean-Paul Fournier martèle son avertissement : divisés, « ils sont voués à l’échec ». Message reçu… mais pas entendu.

    Une primaire à ciel ouvert

    Concrètement, la droite pourrait se présenter en trois, voire quatre listes au premier tour : Proust, Plantier, Rouverand et, selon les configurations, un ticket estampillé Horizons. Une telle dispersion transformerait le 1er tour en véritable primaire, avec une question clé : le perdant se désistera-t-il réellement pour le mieux placé ? Dans les coulisses, certains jurent qu’un engagement existe pour se ranger derrière celui qui sortira en tête. Encore faudra-t-il le tenir le soir venu.

    Cet éclatement n’a pas échappé aux autres camps. Le RN, traditionnellement moins haut à Nîmes qu’ailleurs dans le Gard, observe et attend de dévoiler sa tête de liste. À gauche, en revanche, l’union patiemment construite autour de Vincent Bouget (PCF) sous la bannière Nîmes en commun est d’ores et déjà sur les rails. Dans une ville où la pauvreté touche une large part des habitants, le bloc progressiste mise sur la cohérence programmatique et la discipline d’appareil. Si la droite s’éparpille et si deux listes de centre-droit restent en lice au second tour, l’arithmétique peut soudain sourire à la gauche unie. D’ici là, tout se résume à une équation simple pour les héritiers de Fournier : additionner ou se soustraire.

  • Ne laissons pas mourir la verrerie de Vergèze

    Ne laissons pas mourir la verrerie de Vergèze

    Une multinationale américaine a décidé de rayer d’un trait de plume une usine en pleine santé. Cela se passe à Vergèze dans le Gard. Pour les 164 salariés, passé la stupeur c’est désormais la colère
    et la détermination qui dominent. Ils tiennent le piquet de grève depuis des jours face à Owens Illinois, entreprise qui s’est fait beaucoup d’argent grâce à leur travail. Ce groupe n’a pas investi sur le site et entend délocaliser la production de bouteilles en verre, l’emblématique bouteille Perrier, dans les Vosges alors que l’usine Perrier est voisine de la verrerie ! Ce Monopoly sur le dos des salariés, des habitants et de tout un territoire est insupportable. Fermer la verrerie, c’est condamner la vie sociale de la commune. 400 emplois indirects sont aussi menacés. Plus de 564 familles au total. Un carnage social.

    Prédateurs

    Qui aidera et soutiendra ces sacrifiés de la mondialisation capitaliste ? Pour l’heure, les pouvoirs publics sont muets. Où sont les grands discours sur la réindustrialisation ? La crise de régime, le chaos politique provoqué par Macron brouillent les véritables préoccupations et aspirations des Français : travailler, s’éduquer, se soigner. Pour sortir de ces impasses, les forces sociales et politiques progressistes doivent impérativement sortir de leurs querelles, pour présenter un front uni et proposer des alternatives. Parmi elles, les nationalisations temporaires. Elles sont indispensables pour arracher les entreprises viables des mains de prédateurs qui, tel Owens Illinois, font ce qu’ils veulent au mépris de la vie de travailleurs et de leurs familles.

  • Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Au sortir de la crise Covid, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en période d’inflation ou aujourd’hui de tensions internationales, « la réindustrialisation n’est pas une posture mais une volonté politique », assure Jalil Benabdillah. Dans une région qui accueille 45 000 habitants de plus chaque année, « il nous faut créer 22 000 à 24 000 emplois pour ne pas que le taux de chômage augmente », rappelle le vice-président régional délégué à l’économie.

    Une équation complexe qui passe forcément par la préservation ou, à défaut, la réorientation du tissu industriel occitan. Mais aussi la formation. « On est à l’écoute du besoin des filières. Il faut donner aux gens toutes les chances d’avoir un emploi, les former sur des emplois qualifiants, non délocalisables. »

    L’équivalent de 3,7% du PIB de l’Occitanie est dédié à la recherche-développement et à l’innovation, secteur qui concentre 50 000 emplois, 35 000 chercheurs. « On a les atouts pour générer de la valeur sur nos territoires. On a les moyens pour garder nos talents et améliorer notre attractivité », positive Jalil Benabdillah qui annonce qu’un « plan consacré à la réindustrialisation et à la résilience sera voté en novembre » par le Conseil régional.

    Renaissance du site SAM

    Voilà des années que la Région de Carole Delga agit à son échelle, notamment pour tenter de protéger les activités et les salariés menacés. Le poids de la présidente des Régions de France ne suffit pas toujours. Dans le bassin de Decazeville près de Rodez, la fonderie SAM a fini par fermer en 2021 après une longue bataille politico-sociale. Mais la Région n’a pas baissé les bras. L’été dernier, elle a racheté le site, l’a fait dépolluer et avec l’aide de l’État ou l’agence Arac, a déjà remis aux normes trois bâtiments (A, B, D) en vue d’une prochaine commercialisation. « Le groupe irlandais Paragon ID est intéressé par le bâtiment C. D’autres entreprises pourraient venir dès 2026, les discussions sont avancées », révèle Jalil Benabdillah.

    Du côté de la verrerie Owens Illinois de Vergèze (Gard), le combat n’est pas encore perdu mais mal engagé. « Il reste trois semaines pour qu’un verrier se manifeste, à ce jour nous n’avons pas de piste », concède le vice-président régional qui veille à maintenir le contact et un dialogue social permanent avec les syndicats et la direction. Quoi qu’il advienne, la Région, qui a déjà missionné un cabinet pour travailler sur 3 ou 4 hypothèses de réindustrialisation, ne lâchera pas l’affaire. « On accompagnera les salariés pour leur trouver du travail, une formation. Des propositions seront faites aux syndicats », promet Jalil Benabdillah.

    Port-la-Nouvelle a le vent en poupe avec l’éolien

    La Région s’active aussi en coulisses pour pousser les secteurs industriels émergents. À Port-la-Nouvelle (Aude), où les premiers flotteurs viennent d’être installés, 435 millions d’euros ont déjà été investis (une enveloppe de 55 ME va suivre) en faveur du parc d’éoliennes en mer. Dans le cadre de sa stratégie de « première région à énergie positive d’ici 2050 », l’Occitanie veut faire de La Nouvelle « le premier port de maintenance des éoliennes ». S’ajoute un soutien aux dossiers photovoltaïques à l’instar de ce nouveau projet de recyclage de panneaux qui devrait voir le jour en 2026 ou 2027 en Ariège. « Ce sont des activités créatrices d’emplois, on vise le marché nord-espagnol », révèle Jalil Benabdillah. Lequel cherche à convaincre les chefs d’entreprise de s’implanter dans les territoires plus ruraux.

    Dans les zones sinistrées aussi à l’image de Béziers au fort taux de chômage et de pauvreté. C’est là que se développe Genvia, futur géant de l’hydrogène dont certains s’impatientent du développement poussif. « Depuis 2021, 120 emplois ont déjà été créés, 80 le seront l’an prochain, 1 500 sont visés d’ici 2030 », liste l’élu lui-même chef d’entreprise qui appelle à la patience. « Le business plan et la réalisation peuvent être en décalage. Ce sont des process lourds avec des nouvelles technologies qui ont un temps de maturation », rassure-t-il. En gage, l’élu indique que 23 demandeurs d’emploi ont participé à la première session de formation Eden. Et que 19 contrats de professionnalisation ont été signés avec des entreprises partenaires.

  • Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    La santé mentale s’invite dans les salles obscures nîmoises. Du 10 au 13 octobre, le cinéma Le Sémaphore accueille pour la première fois le festival Cinéma à la folie, nouveaux regards sur la santé mentale. Un événement inédit qui associe art et sensibilisation, pour briser les clichés persistants sur les troubles psychiques.

    Imaginé par la Fondation Érié, le Fipadoc et le Festival La Rochelle Cinéma, ce festival parcourt huit villes françaises en octobre, de Nantes à Nîmes. À l’affiche, douze films (fictions et documentaires) qui explorent avec sensibilité les réalités de la dépression, de la schizophrénie, du stress post-traumatique ou encore de l’addiction numérique. Isabelle Carré, marraine du festival, et le réalisateur Nicolas Philibert en sont les parrains engagés, convaincus du pouvoir du cinéma à « libérer la parole et briser les tabous ».

    Six films à découvrir

    À Nîmes, six films seront projetés gratuitement au Sémaphore. Le festival s’ouvrira vendredi 10 octobre avec Le Soleil de trop près de Brieuc Carnaille, avant une rencontre avec l’équipe et Aurélie Schandrin, cheffe du pôle psychiatrie du CHU de Nîmes. Samedi 11, place au documentaire Le Souffle du canon de Nicolas Mingasson, suivi en soirée des Rêveurs d’Isabelle Carré, en présence de professionnels de la Maison des adolescents de Nîmes. Dimanche 12, le public pourra découvrir Nos folies ordinaires d’Adèle Flaux et Jérémy Frey, puis replonger dans le classique Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Enfin, lundi 13 octobre, la projection d’Emprise numérique d’Élisa Jadot permettra d’aborder la question brûlante de l’impact des écrans sur la santé mentale des jeunes. Au-delà des films, chaque séance se prolonge par un débat réunissant réalisateurs, experts, associations et personnes concernées. Un espace d’échange précieux pour témoigner, informer et rapprocher les expériences.

  • « Notre affaire » : un procès, une BD, un débat au Prolé

    « Notre affaire » : un procès, une BD, un débat au Prolé

    C’est un rendez-vous où littérature, justice et actualité se croisent. Vendredi 10 octobre, à 18h30, le Prolé, rue Jean-Reboul à Nîmes, accueille une table ronde consacrée à Notre affaire, bande dessinée collective publiée aux éditions L’Iconoclaste. Un ouvrage qui revient sur le procès des viols de Mazan, l’une des affaires judiciaires les plus marquantes de ces dernières années. Et la date n’a rien d’anodin : la rencontre a lieu au lendemain du procès en appel (6-9 octobre), devant la Cour d’assises du Gard, du seul accusé ayant choisi de maintenir son recours, quand cinquante autres hommes avaient été condamnés en première instance pour les violences sexuelles infligées à Gisèle Pélicot.

    Au cœur de cette soirée, deux invités majeurs. Louise Colcombet, grand reporter et chroniqueuse judiciaire au Parisien, fut la première à révéler l’affaire. Elle a suivi de bout en bout les audiences de la Cour d’assises d’Avignon, devenant la voix par laquelle ce récit s’est construit. À ses côtés, le journaliste et romancier Mathieu Palain, dont les travaux interrogent sans relâche les racines de la violence masculine. Auteur du podcast Des hommes violents sur France Culture, de l’essai Nos pères, nos frères, nos amis ou encore du roman Les hommes manquent de courage, il poursuit ici un engagement au long cours.

    Ensemble, ils ont coordonné une œuvre graphique ambitieuse : 23 dessinateurs et 12 experts ont prêté leur plume et leur regard pour découper ce procès en trente séquences. Chaque chapitre mêle récit, portraits et pages documentaires, pour dénoncer la culture du viol et éclairer le travail de la justice.

    Mais cette sortie s’est accompagnée d’un épisode douloureux. Le lendemain de la publication de Notre affaire, l’illustratrice Flore Baudry a pris la parole publiquement pour accuser l’un des dessinateurs participants, Hippolyte, de violences graves commises à l’époque de leur relation. L’éditeur, ainsi que les coordinateurs et l’ensemble des auteurs, ont affirmé n’avoir jamais eu connaissance de ces accusations. Dans un communiqué, les éditions L’Iconoclaste ont dit leur désarroi : « Nous sommes rattrapés par notre sujet. » Une polémique qui a profondément marqué l’équipe éditoriale.

    Malgré cette controverse, la table ronde organisée par la librairie L’Eau Vive entend replacer le livre dans sa fonction première : restituer une affaire judiciaire qui a bouleversé l’opinion et poser les jalons d’un débat citoyen. L’animation de la soirée sera assurée par Marine Del Rio, professeure d’Histoire-Géographie et référente égalité filles-garçons au sein de l’Éducation nationale. L’événement arrive à un moment où la justice continue de s’écrire. Le procès en appel rappelle que, au-delà d’un verdict historique, les questions soulevées restent brûlantes : comment entendre la parole des victimes, comment juger équitablement, comment prévenir la répétition de tels crimes ?

    Pour les organisateurs comme pour les auteurs, Notre affaire n’est pas seulement un livre, mais un outil. Un outil pour dire, pour transmettre et pour comprendre. Comme le rappelle l’esprit du projet, cette histoire n’appartient pas qu’à une victime ou à un prétoire. Elle interroge l’ensemble de la société. En ce sens, « ce n’est pas seulement son affaire, c’est la nôtre ».

    Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

  • À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    Derrière l’épaisse fumée noire qui s’élève dans le ciel de Vergèze, la circulation se poursuit devant le site de la Verrerie du Languedoc. Les klaxons de soutien accompagnent le crépitement des palettes qui brûlent sans discontinuer depuis le 25 septembre et l’annonce des propositions de la direction d’OI pour le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Il faut dire qu’ici, la verrerie, indissociable de l’iconique bouteille verte de Perrier, est une institution. Sur ce bassin de vie, beaucoup connaissent quelqu’un qui travaille ou a travaillé sur cette plateforme industrielle, l’une des dernières dans le Gard.

    Comme pour beaucoup d’usines, s’en est même devenu une histoire de famille. Vincent, par exemple, occupe le site depuis l’annonce des premières propositions de la direction, aux côtés de son gendre Charley. « Ici sur le piquet de grève, il y a beaucoup de jeunes qui ont des crédits. Mon gendre, ça fait sept ans qu’il est embauché ici. Il a deux enfants avec ma fille donc je suis doublement touché », précise le mécanicien industriel de 57 ans, salarié de la verrerie depuis 38 ans. Quelques chips dans les mains, ses petites filles sont présentes et s’amusent sur le parking de la verrerie. « On veut leur apprendre qu’elles peuvent être confrontées à la même situation et qu’on a des moyens de lutter », explique leur mère qui n’a pas de travail fixe. Malgré tout, son mari Charley garde le sourire. Face à cette situation pesante pour les salariés et leurs familles, il continue d’animer les discussions pour maintenir l’optimisme dans les rangs. « J’ai la chance d’être soutenu par ma famille mais ça crée des conflits parce que cette semaine je n’ai pas été présent à la maison. Quand je suis rentré, c’était 3-4 heures pour dormir. C’est dur et le combat n’est pas fini », raconte-t-il.

    Un peu plus loin, l’une des seules femmes en combinaison souhaite garder l’anonymat. Mais elle qui vient d’être recrutée en intérim est aussi triplement concernée. Outre son cas personnel, son père et son mari travaillent sur le site. Ils perdront tous leur emploi à la fin du mois. « On vient d’acheter une maison. On ne sait pas ce qu’on va faire. Ça nous paraît encore irréel. Tant que la lettre de licenciement ne sera pas arrivée, on ne réalisera pas », précise-t-elle. Samedi 4 octobre, Micka, qui n’a pourtant travaillé que quelques mois sur le site comme cariste, est venu préparer une paella pour « un moment de convivialité entre les salariés » : « Mon grand-père livrait le site et mon père travaillait ici. Quand j’étais petit, il m’emmenait aux manifestations. Aujourd’hui, c’est une triste page qui se tourne. Ce qui est particulier ici, c’est la solidarité entre salariés, qu’ils soient syndiqués ou non, personne n’est laissé de côté ». Beaucoup de retraités de la verrerie ou de Perrier se relaient aussi pour apporter leur soutien aux salariés en lutte.

    « On ne comprend pas pourquoi on ferme »

    Ici règne toujours une réelle fierté d’appartenir à l’un des fleurons français. Car c’est bien à Vergèze qu’a été créée cette bouteille verte que les publicités hautes en couleurs de Perrier sont parvenues à faire connaître dans le monde entier. « On ne sait toujours pas pourquoi on ferme et qu’on met 164 familles sur le carreau parce qu’on est en licenciement économique alors que le site gagne de l’argent », ajoute Charley.

    Dans un communiqué envoyé le 2 octobre, la direction d’Owens Illinois se justifie par « un contexte difficile pour l’industrie du verre en France » et elle affirme qu’elle « n’a malheureusement pas d’autre choix que d’envisager une réorganisation de ses activités couvrant plusieurs sites en France, dont celui de Vergèze, pour renforcer sa compétitivité et assurer la pérennité de ses activités en France sur le long terme, ainsi que les emplois qui y sont attachés ».

    Des arguments réfutés par les salariés : « Le contexte social et politique en France leur permet de pouvoir fermer une usine d’une entreprise qui fait 59 millions d’euros de bénéfice en 2024. Ici à Vergèze, le niveau de profitabilité est de 7%. Ils ont racheté l’entreprise quand le four était neuf et ils n’ont fait aucun investissement depuis. Ils ont pressé le fruit et quand il a été complètement sec, ils l’ont jeté avec 164 familles. Notre capacité de production va être transférée à 600 km d’ici dans les Vosges sur un site qui est à -8 %. La raison c’est que notre four arrive en fin de vie et qu’il faut le renouveler. Un four c’est entre 50 et 70 millions d’euros. Dans les Vosges, le four a trois ans… », explique Jacky Cortier, le délégué syndicat CGT qui demande aujourd’hui « de partir dans la dignité ».

    « Non-sens écologique »

    Le groupe américain, leader mondial dans l’embouteillage, parle même de « contexte économique particulièrement tendu ». Au niveau mondial, le groupe a pourtant réalisé des résultats records au premier trimestre 2025. Son action a par exemple été au plus haut pendant 52 semaines et son chiffre d’affaires a dépassé les attentes à 1,6 milliard d’euros (1,55 milliard anticipé). Mais cette fermeture marque aussi un « non-sens écologique » comme le détaille Jacky Cortier : « Aujourd’hui, nous avons un mur à franchir pour livrer le client. Demain, ils vont faire venir 6 000 camions supplémentaires par an pour que Perrier soit livré. En ce moment, comme la livraison de notre verrerie est bloquée, les bouteilles sont fournies par une entreprise portugaise. On a arrêté un camion l’autre jour et les bouteilles partent d’Espagne et transitent par Brest pour arriver à Vergèze. C’est honteux ».

    Face à une telle situation, la solidarité s’organise. Tous les élus locaux ont apporté leur soutien et plusieurs communiqués d’organisations politiques (notamment du PCF, des Écologistes et de la FI) ont fait part de leur solidarité auprès des salariés. La maire de la commune, Pascale Fortunat-Deschamps (SE), s’est rendue à deux reprises sur le site début octobre et appelle à un grand rassemblement. Force Ouvrière a également offert les grillades aux salariés mobilisés sur le site vendredi soir. Comme d’autres, le syndicat réclame une nationalisation temporaire, le temps de trouver un repreneur qui pourrait assurer l’investissement d’un nouveau four.

    Le four arrêté

    Face aux actions de ces salariés et notamment après le blocage du site voisin de Perrier qui aurait coûté « 300 000 euros par jour à Nestlé » selon la CGT, la direction France d’OI a réagi en dénonçant « avec la plus grande fermeté les actions en cours ». « À cela s’ajoute le blocage illégal du site et la dégradation des installations de sécurité, qui compromettent gravement la sûreté du site de Vergèze. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le site abrite une installation classée Seveso », précise-t-elle avant d’annoncer jeudi 9 octobre, l’arrêt du four « dans les prochains jours » car c’est la « seule option permettant de rétablir la sécurité ».

    Des propos qui ont révulsé les salariés. « Je suis devant le site depuis jeudi (25 septembre, Ndlr), j’assure la sécurité du site et je filtre l’accès du site pour faire tourner notre outil de travail et j’empêche toute personne extérieure de rentrer. Ce matin, nous avons encore eu l’arrivée d’un camion d’air liquide qui nous a demandé d’éteindre notre feu car l’air liquide est nécessaire pour la combustion de notre four. Nous avons éteint le feu, le camion est rentré et quand il est sorti, nous avons rallumé le feu. Nous ne sommes pas là pour tout brûler parce que si on fait sauter le silo, il n’y a plus rien à 20 km à la ronde. Tous les salariés en sont conscients », précise Vincent. Pour preuve, les salariés ont sorti plusieurs extincteurs près du feu et des lances à incendie étaient aussi déployées à l’entrée du site. Mais le lendemain de l’envoi de ce communiqué, OI a dépêché sur place une dizaine d’agents privés censés sécuriser l’accès au site. Sauf que ces équipes partent à 19 heures tous les soirs laissant donc, de fait, la responsabilité de l’usine aux salariés.

    Une autre affaire a tendu les négociations. En effet, trois salariés ont été mis à pied à titre conservatoire après une altercation avec le directeur du site. « Cette altercation s’est déroulée devant deux membres des renseignements généraux. Le directeur a reconnu devant nous qu’il n’y avait eu ni menace physique ni verbale. En réalité, la direction France veut avoir un atout à jouer dans les négociations. Ils veulent s’en servir comme monnaie d’échange. Les trois salariés sont convoqués le 14 octobre », s’agace Jacky Cortier. Les trois salariés ont été contraints d’être mis en maladie pour éviter de voir leur salaire suspendu.

    Des négociations qui avancent

    Dans ce communiqué, la direction France d’Owens Illinois annonçait la suspension des discussions localement « tant que les conditions de sécurité sur le site n’auront pas été rétablies ». Les organisations syndicales ont de leur côté demandé d’être reçues par la direction Europe d’OI pour poursuivre ces négociations. Finalement, une nouvelle salve de négociations a tout de même bien eu lieu à Lyon mardi 7 octobre avec la direction France, avec à la clé plusieurs avancées concédées par le groupe américain.

    « Il reste encore deux réunions donc on va essayer de gratter un peu mais ça commence à prendre une bonne forme. Il y a encore à négocier parce qu’il en manque encore un peu par rapport aux exigences des salariés. Ils ont augmenté la prime de la clause de bonne fin. Ils ont progressé sur le congé de reclassement et sur tous les points importants que l’on demandait. Mais après ces grandes lignes, il y a aussi plein de petits détails à voir », explique Yohan Goupille, délégué syndical CGT qui négocie depuis le début de l’annonce de la fermeture du site. Il a présenté les premières conclusions de ces négociations aux personnels jeudi 9 octobre car toutes les décisions sont prises de manière collégiale. « Le problème c’est que rien n’est signé donc si les salariés ne sont pas d’accord, OI passe en force avec les conditions les plus basses de départ ».

    Deux nouvelles phases de négociations sont prévues les 13 et 17 octobre ainsi que les 20 et 24 octobre. D’ici là, les salariés ont décidé de rester mobilisés car ils ont bien compris que seul le rapport de force avait permis d’obtenir des avancées du côté de la direction.

  • Au Vigan, la grande fête cévenole de la nature

    Au Vigan, la grande fête cévenole de la nature

    C’est une première pour la cité cévenole. Du vendredi 10 au dimanche 12 octobre, Le Vigan réunit sous une même bannière quatre de ses rendez-vous annuels : la Fête de la forêt des Cévennes, les Journées mycologiques, la Foire Miel & Frigoule et la journée dédiée au Parc national des Cévennes. Ensemble, ils composent une seule grande manifestation : « Le Vigan fête la nature ». « Jusqu’ici, chaque manifestation vivait de son côté. En les réunissant, on crée une synergie nouvelle, plus conviviale, on favorise les échanges entre acteurs du territoire », explique Mathieu Eybalin, coordinateur de l’événement. Près de 4 000 visiteurs sont attendus pour cette édition inaugurale, au cœur d’un territoire inscrit à l’Unesco.

    Une synergie inédite

    Le programme s’annonce riche. Vendredi, la Fête de la forêt mettra en avant la filière bois et ses métiers, à travers visites, animations et projections. Les Journées mycologiques, elles, dévoileront dès le matin leurs ateliers pour les scolaires avant d’ouvrir au grand public un espace d’exposition consacré à des centaines d’espèces de champignons. Samedi, c’est le Parc national des Cévennes qui prendra le relais, avec randonnées, conférences, balades au fil de l’eau et une grande journée de sensibilisation autour de la biodiversité. En parallèle, la Fête de la forêt se poursuivra du côté de l’Espérou, entre sorties thématiques et rencontres avec des professionnels. Dimanche marquera le grand final au parc des Châtaigniers. Démonstrations de bûcherons, mikado géant de grumes, exposition de plus de 300 champignons, marché forestier et ateliers autour du miel et des plantes médicinales pour clôturer. Petits et grands pourront fabriquer des bougies en cire, goûter différents miels du territoire ou s’essayer à la grimpe d’arbres.