Tag: Gard

  • Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Fermé en septembre 2023 faute de médecins, le service de psychiatrie de jour du Vigan ne fonctionnait plus qu’en mode dégradé, absorbant uniquement les situations les plus critiques. Jeudi 6 novembre, il a enfin retrouvé une activité complète, au sein de l’hôpital local. Une respiration pour tout un territoire confronté à une dégradation alarmante de la santé mentale des plus jeunes. « On ne prenait en charge que les situations les plus graves, pour ne pas laisser les parents dans la détresse », rappelle Jean-Luc Sauvaire, directeur du Mas Cavaillac, qui a porté le dossier. Grâce à une « belle rencontre » avec Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès, puis au feu vert de l’ARS, la réouverture a pu être lancée. L’Agence a confirmé un financement « à 99,9% ».

    Le CMPEA accueillera désormais des enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, souffrant de troubles du comportement ou de pathologies psychiatriques. Une nouvelle équipe a été réunie : un psychiatre à temps plein sur le Vigan, un médecin rattaché à Alès, deux infirmières en pratique avancée, des infirmières et une psychologue du développement. Jusqu’ici, environ 500 jeunes étaient suivis. « La réouverture va être un tsunami : on pourrait atteindre 800 à 900 jeunes. Ça va être délicat », prévient Jean-Luc Sauvaire.

    Un territoire à la demande « exponentielle »

    Les deux partenaires ont établi une répartition géographique : l’AEMC couvrira le bassin Ganges–Le Vigan, tandis que l’hôpital d’Alès renforcera Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve et Quissac. « La solution va renforcer les deux zones », assure Christian Cataldo.

    Les prises en charge seront limitées à douze séances, avec un axe fort : accompagner les parents et orienter vers les professionnels adaptés. Dans un territoire où les besoins sont « exponentiels », cette réouverture apparaît comme un soulagement attendu.

  • Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Fournier, et ambiance électrique samedi 15 novembre au matin, au conseil municipal de Nîmes. Pour Jean-Paul Fournier, qui ouvrait son 25e et ultime rapport d’orientation budgétaire (ROB) en tant que maire, l’heure était au bilan. « Depuis un quart de siècle, notre cap a été maintenu », affirme-t-il, revendiquant une ville « transformée sans perdre son âme ». À ses côtés, l’adjoint aux finances, Frédéric Escojido, déroule un contexte économique tendu : inflation, hausse des taux, dotations stagnantes. « Le ROB est un exercice de transparence, le miroir de l’action menée », assure-t-il.

    La majorité met en avant une méthode : rigueur sur les charges, maîtrise de la masse salariale, investissement soutenu. Depuis 2020, 330 millions d’euros auraient été injectés dans la ville, et l’encours de dette poursuivrait sa baisse pour atteindre 174,5 millions d’euros fin 2025, avec un ratio de désendettement à 4,9 années. Pour 2026-2028, l’exécutif table sur une épargne nette en progression et 165 millions d’euros d’investissements possibles.

    Mais l’opposition ne partage pas l’optimisme. Pour Vincent Bouget (PCF), « certains voyants passent au rouge ». L’élu conteste le niveau réel de la dette, qu’il estime à 264 millions d’euros « si l’on inclut les budgets annexes du Cadereau et de l’Anru ». Il pointe aussi la baisse du fonds de roulement et une capacité d’autofinancement amputée : « Ce plan d’intervention n’est ni sincère ni financé. C’est un catalogue de Noël, démagogique et électoraliste. »

    Même tonalité chez Valérie Rouverand (Renaissance), qui souligne une ville « parmi les plus taxées » en France et une fracture territoriale croissante : « Les investissements se concentrent sur un centre élargi, au détriment des quartiers. » Évincé de la majorité et désormais candidat, Julien Plantier juge la situation « solide », mais davantage héritée d’une inertie que d’une vision. « Ce ROB est un document comptable, pas un projet pour la ville », tranche-t-il, regrettant l’absence de ligne directrice sur les grands équipements.

    Face aux attaques, le premier adjoint et candidat, Franck Proust, monte au créneau. « L’équilibre est un acte politique fort », martèle-t-il, rappelant que « plus de 50% des investissements sont financés par l’épargne brute ». Et de viser la gauche : « Le Département affiche plus de 13 années d’endettement. La peur va changer de camp. » Un débat tendu donc, prolongé par quelques couacs techniques et des échanges particulièrement vifs, notamment entre l’adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade, et Vincent Bouget, autour des investissements culturels. À quatre mois du scrutin, le ROB aura surtout servi de répétition générale aux candidats déjà lancés dans la bataille des municipales.

  • Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    À Nîmes, la succession de Jean-Paul Fournier (LR) s’enfonce dans le casse-tête pour la droite. Huit mois après l’annonce de la candidature de Franck Proust, et près d’un an après la dissidence de Julien Plantier, aucun accord solide ne s’est dessiné entre les deux héritiers du maire sortant. Pendant ce temps, le Rassemblement national avance ses pions, tandis que Renaissance tente de capter l’électorat modéré.

    Depuis plusieurs semaines, les négociations entre Franck Proust et Julien Plantier ressemblent à un psychodrame permanent. Selon une source Objectif Gard, un troisième rendez-vous est attendu pour « affiner l’accord », même si, dans les faits, Plantier chercherait surtout à « faire perdre du temps » à son rival. Car si Proust propose un partage des responsabilités – premier adjoint, premier vice-président de l’Agglo et transmission du flambeau en 2033 – Plantier veut peser davantage : organisation de la campagne, conception du programme, composition de la liste… et un véritable partage du pouvoir. Même la perspective d’un accord minimal pour le second tour, évoqué récemment par Proust comme un « désistement mutuel », reste fragile.

    La campagne de Proust peine, elle aussi, à s’installer. Son entrée officielle en campagne il y a quelques jours a acté la rupture avec Plantier, tout en révélant quelques failles : un site internet lancé avec un bug, des tensions autour de la place de certains élus, et un changement dans l’organisation interne de la mairie qui voit le conseiller spécial Gérardo Marzo regagner l’administration. Là encore, les interprétations divergent : simple réorganisation selon la mairie, mouvement stratégique pour « préparer l’avenir », glisse une source de l’opposition.

    Le centre avance, le RN guette

    À cette droite en recomposition répond un centre déterminé. Valérie Rouverand, présidente de Renaissance dans le Gard, assure bénéficier du soutien verrouillé d’Horizons et, bientôt peut-être, d’Édouard Philippe. Là où la droite traditionnelle se déchire, elle mise sur un ancrage personnel. À l’extrême droite, le RN cultive le suspense autour de Julien Sanchez. L’eurodéputé, moins présent à Bruxelles qu’à Paris, attendrait une éventuelle dissolution pour officialiser sa candidature. « Il espère une guerre à droite », selon une source Objectif Gard. Une division qui pourrait lui ouvrir un espace inattendu dans une ville longtemps verrouillée par la droite républicaine.

    Au final, la droite nîmoise avance en ordre dispersé, entre calculs individuels et rancœurs anciennes. L’union reste possible… mais chaque jour qui passe rend l’équation plus incertaine. Ce qui pourrait bénéficier à une extrême droite en embuscade, ou à une gauche qui consolide chaque semaine son projet au sein de Nîmes en commun, derrière les figures de Vincent Bouget et récemment Amal Couvreur.

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Elles sont partout : dans la sphère familiale, professionnelle, sur les lieux d’études, de soin, dans l’espace et les transports publics, dans les milieux culturel, sportif, politique… Malgré le mouvement #MeToo, qui a libéré la parole et permis une certaine prise de conscience, « les violences sexistes et sexuelles ne régressent pas », observe Marine Trégan, de Solidaires 34, membre de l’interorga féministe de Montpellier. « 141 féminicides ont été recensés en 2024. 213 000 femmes subissent des violences conjugales et 94 000 des viols ou tentatives, dont 8 000 sur leur lieu de travail, chaque année », liste-t-elle.

    « Macron et son gouvernement se vantent de faire de l’égalité hommes-femmes une priorité, de la lutte contre les violences faites aux femmes une grande cause nationale, mais à côté de cet affichage politique, ce qu’on constate ce sont des politiques de casse sociale qui ne cessent de fragiliser les plus précaires, dont les femmes font clairement partie. Or, on sait que la précarité économique, la difficulté de subvenir seule à ses besoins expose d’autant plus aux violences », dénonce Marine Trégan.

    Ces politiques austéritaires fragilisent également les associations, qui manquent de moyens (voir page 7). « On a un gouvernement qui n’est pas du tout dans le soutien des associations féministes, qui ont pourtant acquis une expertise depuis des décennies sur ces questions-là, qui sont les mieux formées et qui sont indispensables aux victimes. Le fait que le Planning familial de l’Hérault, par exemple, ait un budget incertain chaque année, qu’il doive faire un appel aux dons, qu’on ne sache pas s’il va pouvoir continuer à exister, c’est dramatique », illustre la militante.

    « Montée des idées réactionnaires »

    Cette austérité va également porter atteinte au service public « et donc empêcher des politiques ambitieuses de prévention des violences, d’éducation. Car ce n’est pas simplement en sanctionnant les violences une fois qu’elles ont eu lieu qu’on les éradique », insiste Marine Trégan. Dans l’Éducation nationale, un programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) vient bien d’être adopté, malgré de nombreuses attaques. Une avancée, pourrait-on penser, « sauf qu’il n’y a pas les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre : pas d’heures dédiées et les personnels de l’Éducation nationale ne sont pas encore suffisamment formés. Sans oublier que les associations, qui interviennent depuis longtemps dans les établissements sur ces questions, voient leurs subventions des collectivités locales rognées d’année en année. On constate même parfois une défiance des pouvoirs publics à leur encontre. Dans l’Académie de Montpellier par exemple, on a appris qu’elles n’auraient plus de droit d’intervenir sur des séances d’Evars dans les écoles », dénonce la représentante de l’interorga féministe de Montpellier.

    Marine Trégan pointe par ailleurs « une montée des idées réactionnaires. Ces dernières années, des études montrent qu’il y a un fossé qui se creuse parmi les jeunes générations entre des jeunes femmes de plus en plus conscientes des inégalités avec une volonté de faire changer la société à ce niveau et des jeunes hommes de plus en plus exposés à des discours masculinistes, qui valorisent une virilité dominatrice. On le constate clairement sur les réseaux sociaux. Il y a des idées qui proviennent de l’extrême droite, qui valorisent l’exercice de la force et de la domination des hommes sur les femmes. Ce sont des choses très inquiétantes en termes d’évolution des mentalités », estime la représentante de Solidaires 34.

    Aussi, l’interorga féministe de Montpellier, qui rassemble syndicats, associations, collectifs féministes et organisations politiques, appelle à se mobiliser massivement samedi 22 novembre pour une manifestation qui partira à 14h de la place Albert 1er. À Béziers, deux rendez-vous sont prévus à l’initiative des organisations syndicales CGT, Solidaires et FSU et des collectifs féministes LesRosies et Les Simone veillent : le samedi 22 novembre à 10h30 sur le parvis du théâtre et le mardi 25 novembre à 16h30 devant la Maison des femmes (4 rue Jean Prévost). À Sète, un rassemblement est organisé le 22 novembre à 12h devant les Halles. À Lodève, le rendez-vous est fixé mardi 25 à 12h sur le parking de la sous-préfecture. À Nîmes, enfin, un rassemblement aura lieu le 22 novembre devant Carré d’art à 15h30, avant une déambulation jusqu’au tribunal.

    Ciné-débat le 28 novembre à Nîmes

    Le Zonta Club Nîmes Romaines, qui regroupe des femmes engagées pour promouvoir et soutenir l’autonomie des femmes et des filles, organise une soirée ciné-débat dans le cadre de la campagne mondiale Zonta says no to violence against women, le 28 novembre à 20h15 au Cinéma Sémaphore, à Nîmes. Cette soirée s’articulera autour de deux temps forts. D’abord la projection du film L’Amour et les forêts de Valérie Donzelli, adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt décryptant les mécanismes et la dérive de l’emprise narcissique d’un mari sur sa femme suivant une rencontre amoureuse. La projection sera suivie d’un débat en présence notamment de la présidente du CIDFF du Gard (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) et d’autres acteurs engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

  • Les violences envers les femmes s’aggravent

    Les violences envers les femmes s’aggravent

    « Jeudi 13 novembre 2025, à Malakoff (92, Hauts-de-Seine), une femme a été poignardée à mort par son ex-compagnon au domicile de celui-ci alors qu’elle venait récupérer ses affaires. Il a ensuite menacé de se suicider avant d’être interpellé ». En cette fin d’année, sur le mur numérique de femmages (terme qui prend le contre-pied du mot hommages), l’association Nous toutes recense les féminicides en redonnant aux victimes une identité, un âge et les circonstances de leur assassinat ou meurtre.

    Selon Nous toutes, au 17 novembre, « on dénombrait 142 féminicides depuis le début de l’année ». Parmi eux, celui perpétré le dimanche 29 juin à Avignon (84, Vaucluse) : « Jessica, 37 ans, a été poignardée à mort par son mari devant leurs 4 enfants. Leur fille de 16 ans a également été blessée. Il avait déjà fait preuve de violence envers les enfants. » Depuis le début de l’année, au moins 42 enfants sont désormais orphelines ou orphelins suite à un féminicide, complète Nous toutes. Élise, elle, avait 80 ans. Le mercredi 29 janvier, à Portiragnes dans l’Hérault, l’octogénaire, « a été assassinée par son mari qui a été retrouvé pendu à proximité. L’auteur se serait plaint à de multiples reprises du comportement ” agressif” de sa femme. Rien ne justifie un féminicide, et ce, quelles que soient les raisons invoquées : la maladie, les troubles psychiatriques » martèle Nous toutes.

    Pour toutes ces femmes, le samedi 22 novembre, à l’occasion de la journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », Nous toutes sera dans la rue « contre les féminicides, les violences patriarcales, sociales et d’État, la destruction des services publics qui impacte plus fortement les femmes et les personnes minorisées, les guerres, les génocides et la montée des fascismes partout dans le monde. » Plusieurs organisations, syndicats et associations se mobilisent pour la même cause dans le Gard et dans l’Hérault (lire page 6). Cette journée revêt une dimension internationale. Fixée le 25 novembre par l’ONU partout dans le monde, elle donne lieu à de vastes mobilisations à l’heure où le masculinisme prospère notamment sur la toile. Dans l’Union européenne « 30,7 % des femmes ont subi des violences physiques ou des menaces et/ou des violences sexuelles » selon une enquête « menée de 2020 à 2024 sur les expériences subies par des femmes âgées de 18 à 74 ans vivant dans l’Union européenne en matière de violence physique, sexuelle et psychologique, y compris la violence au sein du couple mais aussi hors couple, ainsi que les violences subies sur le lieu de travail », expliquent les auteurs de l’enquête dont Eurostat (office statistique de l’Union européenne). En France, En 2024, « les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %) » selon les chiffres publiés le 10 octobre par le ministère de l’Intérieur. Sachant que seule 1 victime sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité, la « stabilité » doit être interrogée. Il est trop tard pour une jeune gardoise. Jeudi 9 octobre à Cornillon, « Lætitia, 37 ans, handicapée, a été retrouvée morte dans le coffre d’une voiture. Elle a été poignardée. Son compagnon a été interpellé », renseigne le mur de femmages 2025. « Près de 80% des femmes handicapées sont victimes de violences. Elles sont 4 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que le reste de la population féminine », précise Nous toutes.

    Victime de violences, appelez :

    Enfance en danger : 119

    Violences femmes info : 3919

    Par sms, si vous ne pouvez pas parler : 114

    En cas d’urgence : 17

  • Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Vos enfants font du sport avec une association, vous cotisez à une mutuelle ou fréquentez la recyclerie du coin ? Sans le savoir, vous participez déjà à l’économie sociale et solidaire (ESS). Dans le Gard, ce secteur emploie plus de 24 000 personnes et regroupe près de 2 300 structures : coopératives, associations, fondations ou mutuelles qui, chaque jour, placent l’humain avant le profit.

    Depuis le 1er novembre, le Mois de l’ESS bat son plein à travers tout le département. Organisé par le conseil départemental du Gard, en partenariat avec la Cress Occitanie et la Maison de l’ESS, il a débuté avec le festival Mouvemen’T(é) à Junas, porté par l’association Les Survoltés. S’y sont déjà succédé un séminaire régional des ressourceries à Uzès, un webinaire du CNFPT sur les tiers-lieux et un atelier autour du numérique responsable à la Filature du Mazel. Les prochains rendez-vous se tiendront notamment à Nîmes, pour aborder les liens entre ESS, banque et achats responsables : le 14 novembre, les Rencontres de l’achat responsable réuniront associations, mutuelles et acheteurs publics à l’Hôtel Mouret. Plus tard dans le mois, une formation à la gestion comptable associative est prévue le 21 novembre.

    Une feuille de route jusqu’en 2028

    Pour la présidente socialiste du Département, Françoise Laurent-Perrigot, « l’Économie sociale et solidaire ne cherche pas à supplanter le modèle économique général, elle lui est complémentaire et souvent palliative ». Des propos confirmés par la vice-présidente Hélène Meunier, qui voit dans ce modèle « une redistribution plus équitable des richesses et une participation citoyenne renforcée ».

    Le Schéma départemental de l’ESS 2024-2028, voté ce printemps, prolonge cette ambition. Coconstruit avec plus de 200 acteurs gardois, il fixe une feuille de route : soutenir les coopérations locales, valoriser l’innovation sociale et renforcer les liens entre institutions et structures solidaires. Le mois de l’ESS se clôturera le 28 novembre avec les Rencontres du mécénat aux Archives départementales, avant un dernier rendez-vous, le 6 décembre à Castillon-du-Gard, pour célébrer cette économie du sens et de la proximité.

  • Les communistes veulent toujours sauver l’usine de la verrerie à Vergèze

    Les communistes veulent toujours sauver l’usine de la verrerie à Vergèze

    Si l’activité et le four sont arrêtés depuis la fin octobre sur le site de la verrerie à Vergèze, laissant 164 salariés sur le carreau, la fermeture de l’usine est officiellement prévue pour le début 2026. Mais d’ici là, un repreneur peut toujours se manifester. C’est pourquoi les communistes gardois pensent pouvoir trouver une issue favorable pour ce site emblématique du département. Mardi 18 novembre, ils ont d’ailleurs rencontré le préfet du Gard pendant 1h30 pour demander à l’État de s’investir davantage dans ce dossier.

    « Le préfet est à l’écoute », confirme l’élu départemental Christian Bastid (PCF). « Nous avons voulu rappeler que pour nous, la bataille n’est pas finie. Certes Owens-Illinois (O-I) s’en va alors qu’ils ont touché de l’argent public au passage. Mais nous pensons que le groupe Nestlé peut s’engager à la fois à reprendre les salariés et la verrerie. Ils ont les moyens de reconstruire un four. Pour eux, le problème n’est pas financier au vu des profits qu’ils font. »

    En effet, en février dernier, Nestlé annonçait de nouveaux résultats record et un bénéfice net de 10,9 milliards de francs suisses (soit 11,4 milliards d’euros). « Nous avons aussi beaucoup insisté sur le fait que Nestlé touchait des aides publiques, même si on ne parvient pas à connaître la somme exacte », poursuit le communiste.

    Le préfet impuissant

    Tous les acteurs de la verrerie ayant rencontré Jérôme Bonet reconnaissent son implication dans le dossier. « Il nous a confirmé qu’il avait bien rappelé à O-I que c’était à eux de mettre aux normes le site et de le dépolluer. Il a également réaffirmé qu’il était attentif sur l’emploi », confirme C. Bastid.

    Mais concernant la reprise par Nestlé ou une nationalisation temporaire du site, le préfet a confirmé qu’il ne pouvait rien. « On lui a demandé d’interpeller le ministre de l’Industrie sur cette question mais il a refusé car il ne croit pas que ça puisse avoir un impact », ajoute Christian Bastid qui a également abordé l’avenir de la source Perrier : « Le préfet est très inquiet sur la suite. Aujourd’hui, Perrier ne prolonge plus ses CDD, il y avait 1 000 salariés et ils sont maintenant autour de 850. »

  • [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    Depuis le 15 octobre, l’exposition TransUrbaNîmes investit les murs de la Faculté d’éducation de Nîmes. Présentée dans le cadre de la mission photographique Regards sur la Ville, cette édition 2025 réunit dix artistes gardois autour d’un thème aussi poétique qu’essentiel : les métamorphoses urbaines. Cinéma disparu, collège fantôme, sites industriels ou quartiers en reconstruction… leurs œuvres racontent une ville en perpétuel mouvement. Le 4 novembre, les visiteurs avaient pu rencontrer les artistes lors d’une soirée d’échanges organisée par NegPos, structure à l’origine du projet. Pour Patrice Loubon, son directeur artistique, « TransUrbaNîmes interroge les états transitoires de notre espace urbain, les traces qui résistent et celles qui s’effacent ».

    L’urbanisme en transition

    De la démolition des tours de Pissevin captée par Jocelyn Banabera à la fermeture du cinéma Le Forum, immortalisée par Chantal Auriol, chaque série d’images documente un morceau de mémoire. Gwenaëlle Bourriaud explore la poésie du quotidien dans le même quartier, tandis que Marcelle Boyer saisit l’atmosphère d’un collège déserté. Sarah Malclès s’attarde sur la mobilisation citoyenne face à la bétonisation de certains secteurs, et Yann Roubeau fixe sur pellicule les vestiges industriels du site de la Sernam. Entre regards documentaires et approche sensible, TransUrbaNîmes dresse le portrait d’une cité en mutation, où la photographie devient archive vivante d’un patrimoine souvent éphémère. Une exposition à la fois esthétique et citoyenne, qui rappelle combien les images peuvent préserver ce que la ville efface.

    Jusqu’au 15 janvier 2026
    à la Faculté d’Éducation de Nîmes (62 rue Vincent-Faïta). Entrée libre du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Fermeture du lundi 22 décembre 2025 au 5 janvier 2026

  • L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    Retardée mais pas abandonnée. La ligne Alès-Bessèges, rouvrira bien en 2030, assure Jean-Luc Gibelin, le vice-président (PCF) régional en charge des transports qui table même sur le lancement de la ligne pour 2028 entre Alès et Saint-Ambroix.

    Décidée en 2016, cette réouverture a pris du retard à cause d’une législation de plus en plus contraignante. Les élus doivent en effet présenter des études sur l’impact environnemental mais aussi des démarches de « qualification du caractère d’impérieuse nécessité du service public » et des études socio-économiques. « Pour un chantier qui va durer 12 à 18 mois, il aura fallu 8 à 10 ans de procédure. C’est une période beaucoup trop longue », reconnaît Jean-Luc Gibelin, jugeant cette situation « inacceptable pour les habitants mais aussi pour les élus ». « Nous sommes très loin de la simplification promise par Emmanuel Macron. Nous avions déjà rencontré ces problèmes lors de la réouverture de la ligne droite du Rhône mais ça ne fait qu’empirer », poursuit l’élu communiste.

    Jusqu’ici, le projet devait en effet voir le jour en 2028 (après déjà un premier report), mais il a de nouveau été décalé à 2030 à cause notamment de l’étude du dossier d’autorisations environnementales de plus de 2 000 pages déposé en juillet dernier. « Nous pensons qu’il sera étudié à partir du début de l’année prochaine, donc six mois seront passés parce que nous avons reçu un premier courrier de non complétude de notre document alors que nous l’avions réalisé en partenariat avec les services de la préfecture, car le sous-préfet et le préfet sont très aidants dans ce dossier », ajoute l’élu de Salindres.

    Biodiversité

    Cette réouverture, qui s’appuie sur le même tracé qu’avant 2012, nécessite des travaux sur les voies mais aussi sur les gares. Aujourd’hui, les principaux problèmes concernent le nord de la ligne, entre Saint-Ambroix et Bessèges, où des zones humides abritant de la biodiversité se sont créées autour des caniveaux désaffectés depuis l’arrêt du trafic. La Région doit donc désormais démontrer qu’elle protège cette biodiversité, alors qu’en relançant la ligne, les caniveaux vont à nouveau fonctionner, asséchant de fait ces zones humides. La présence de chauves-souris dans les tunnels sans circulation pendant vingt ans pose également problème.

    « Nous travaillons avec les services de la préfecture pour trouver des solutions. On nous demande de trouver des lieux de compensation notamment pour les chauves-souris alors que rien ne démontre qu’elles n’étaient pas déjà dans les tunnels quand les trains passaient. Beaucoup de conducteurs de train confirment qu’ils voient des chauves-souris dans les tunnels de la ligne des Cévennes par exemple », précise le vice-président de la Région Occitanie.

    Pour respecter le nouveau calendrier, la Région a encore de nombreuses étapes à franchir avec le lancement de la phase d’avant-projet, la sélection des entreprises mandatées pour les travaux et le lancement de l’enquête publique pour supprimer cinq passages à niveau. Une procédure « qui ne va pas être simple », prévient déjà Jean-Luc Gibelin.