Tag: Gard

  • Pissevin retrouve un lieu de culture

    Pissevin retrouve un lieu de culture

    Fermée en 2023 pour des raisons de sécurité liées au narcotrafic, la médiathèque Marc-Bernard a rouvert ce mardi 4 novembre à Pissevin dans un bâtiment provisoire flambant neuf. Située rue Edgar-Poe, à proximité du groupe scolaire Paul-Langevin, cette structure de 273 m² symbolise pour la municipalité la continuité du service public culturel dans un quartier en pleine transformation.

    À l’intérieur, l’atmosphère est lumineuse et chaleureuse : près de 10 000 documents en libre accès, une salle d’animation, des postes informatiques, un espace petite enfance et des coins lecture pour tous les âges. « 60 % des inscrits sont des enfants », rappelle Valérie Travier, directrice des bibliothèques, qui souligne « le travail de terrain mené sans relâche par les équipes depuis la fermeture du site d’origine ». La médiathèque, qui a coûté 690 000 euros, bénéficie d’un cofinancement de l’État à hauteur de 40 %. Un dispositif de sécurité renforcé accompagne cette réouverture, avec vidéoprotection, rondes de police et contact quotidien entre les agents municipaux et les forces de l’ordre.

    L’opposition dénonce une réponse tardive

    Lors de l’inauguration, Daniel-Jean Valade, adjoint à la Culture, a insisté sur la portée symbolique de ce retour : « Aucun narcotrafiquant ne nous empêchera d’irriguer la culture partout dans Nîmes. Nous ne faisons pas de différence entre Pissevin, la garrigue ou le centre-ville. » Pour le sous-préfet Mathias Nieps, présent aux côtés de l’adjoint et de Claude de Girardi, adjointe à la rénovation urbaine, cet équipement « est un outil essentiel pour la mixité sociale et la réussite du projet de renouvellement urbain ».

    Mais dans les rangs de l’opposition municipale, le ton est plus réservé. Les élus de gauche dénoncent une réponse tardive et un manque de moyens structurels. « Deux ans et demi sans médiathèque dans un quartier prioritaire, c’est beaucoup trop long », critique l’élu communiste Vincent Bouget. « Ce nouvel espace est bienvenu, mais il ne saurait masquer l’abandon dont Pissevin a été victime. Une cabane provisoire ne remplace pas un vrai lieu de culture. » Du côté des écologistes, on s’interroge sur la cohérence du projet : « La médiathèque aurait dû être rouverte bien plus tôt et intégrée dans une stratégie culturelle globale à l’échelle des quartiers populaires », estime Amal Couvreur, élue d’opposition. « On applaudit la réouverture, mais elle arrive après des années de désengagement ».

    La municipalité défend pour sa part une stratégie progressive, adaptée à la requalification urbaine du secteur. La construction d’une médiathèque définitive est déjà prévue à l’horizon 2029-2030, dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU). « L’équipement sera central, moderne, et ouvert à tous les usages : culture, numérique, citoyenneté », promet Claude de Girardi. En attendant, la médiathèque temporaire Marc-Bernard doit renouer le lien avec les habitants. « Cela manquait aux enfants, mais aussi aux parents, qui savaient que leurs enfants étaient dans un bon endroit », confie Youssef, habitant du quartier. Une ouverture qui oscille donc entre bouffée d’air frais pour certains, et symbole d’une politique culturelle de « rattrapage » pour d’autres.

    La médiathèque Marc-Bernard est ouverte mercredi et samedi, de 10h à 17h et mardi, jeudi, vendredi, de 13h à 7h.

  • « La douleur chronique coûte cher à la société »

    « La douleur chronique coûte cher à la société »

    La Marseillaise : Comment définissez-vous les douleurs chroniques ?

    Éric Viel : Si l’on s’en tient à la définition des sociétés très savantes, c’est une douleur qui dure plus de six mois même si dans certains pays c’est à partir de trois mois. Mais il y a des douleurs chroniques continues, c’est-à-dire que les gens ont mal 24 heures sur 24, et il y a des formes de douleurs marquées par des accès douloureux et des périodes d’accalmie d’une ou deux heures ou de plusieurs jours. On distingue trois grandes entités pour ces douleurs. La première, ce sont les douleurs musculo-squelettiques donc colonne vertébrale et les membres, qui représentent 30 à 35% des patients. Ensuite il y a les douleurs neuropathiques, c’est-à-dire une douleur liée à l’atteinte du système nerveux. Cette douleur peut être causée par des médicaments comme dans le cas des traitements du cancer par exemple. Enfin, il y a toutes les douleurs de l’extrémité céphalique, c’est-à-dire de la tête et du cou, comme les migraines par exemple.

    Quelles sont les conséquences pour ces patients ?

    E.V. : La première, c’est une réduction d’activité physique. La deuxième, c’est l’absentéisme professionnel qui peut avoir des conséquences économiques si le patient perd son boulot par exemple. Le troisième, c’est l’isolement social parce que si vous ne travaillez plus, si vous ne sortez plus, vous finissez par vous isoler. Ça, ce sont les grands aspects. Mais il y a aussi tous les aspects de la vie de tous les jours, c’est-à-dire des troubles du sommeil, une anxiété qui se développe ou des syndromes dépressifs qui apparaissent. La vie quotidienne est impactée, les tâches domestiques ne sont plus possibles à faire, c’est très difficile de s’occuper d’enfants en bas âge par exemple et les relations sexuelles sont souvent très perturbées. Mais ce ne sont pas les seules conséquences. La douleur chronique coûte aussi très cher à la société parce que souvent il y a une errance, le diagnostic n’est pas fait, ou les traitements spécialisés ne sont pas mis en œuvre, donc ce sont des patients qui vont consommer beaucoup de médicaments, qui vont aller en consultation très souvent, qui vont aller aux urgences. Tout cela a un coût très important.

    Comment fonctionne le Centre d’évaluation et de traitement de la douleur de Nîmes ?

    E.V. : Déjà, tous les patients que l’on reçoit sont envoyés par un professionnel de santé. Il y a des pathologies prioritaires comme toutes les douleurs liées aux maladies cancéreuses, soit à cause du cancer lui-même, soit à cause des traitements. Ensuite, soit le diagnostic est déjà posé et les patients sont en échec de traitement. On nous les adresse alors pour des traitements plus spécialisés ou pour la mise en œuvre d’une technique qui ne se fait pas ailleurs. Soit on ne connaît pas la cause et il y a alors toute une démarche diagnostique pour comprendre la cause de la douleur et surtout le mécanisme de la douleur qui nous permettra d’identifier le meilleur moyen de la traiter. À Nîmes, on reçoit presque une centaine de patients par jour. Il y en a une cinquantaine qui viennent en consultation et nous avons aussi dix lits d’hospitalisation de jour permettant d’administrer certains médicaments en perfusion. Ils accueillent entre 30 et 40 patients tous les jours. En volume, c’est un des plus gros centres de traitement de la douleur de métropole.

    Justement, sur quoi vous appuyez-vous pour traiter ces douleurs ?

    E.V. : Il n’y a pas que des médicaments à avaler. Il y a aussi des techniques interventionnelles comme de la kinésithérapie qui est souvent indispensable. Les gens qui ont mal ont tendance à ne plus bouger ou à bouger de moins en moins. Or, ça aggrave les choses. Le mouvement, c’est la clé, en particulier pour les douleurs musculosquelettiques. On peut aussi infiltrer, utiliser des techniques dérivées de l’anesthésie, comme la péridurale ou la neurostimulation électrique. Plus rarement, il y a aussi des techniques chirurgicales.

    Beaucoup de patients concernés disent avoir manqué d’écoute de la part des médecins. Les médecins doivent-ils être plus formés aux douleurs chroniques ?

    E.V. : Oui. Comme je suis responsable de l’enseignement de la douleur à la Faculté de médecine de Montpellier, je ne peux qu’être d’accord. Il existe des diplômes d’université complémentaires mais encore faut-il que le médecin ou l’étudiant s’y inscrive. Ce n’est pas obligatoire. Aujourd’hui nous travaillons aussi à en faire une spécialité à part entière. Car pour l’instant, ce sont des médecins issus d’autres disciplines qui s’occupent de traiter ces douleurs chroniques. Le maillage des centres de la douleur en France n’est pas non plus suffisant en France. Il y a Nîmes et Montpellier mais après, autour de chez nous, les centres les plus proches sont à Lyon, Marseille et Toulouse.

    Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui souffrent de douleurs chroniques et qui ont arrêté de chercher un traitement ?

    E.V. : J’ai beaucoup entendu : « Pour moi, il n’y a pas de solution, on m’a tout donné et ça ne marche pas. » Quand on a erré pendant des mois ou parfois des années, quand on a essayé je ne sais combien de traitements et que ça n’a pas fonctionné, on cherche dans tous les coins ce qu’on pourrait faire, on cherche sur internet, on cherche le coupeur de feu…parce que c’est désespérant. Ça mange la vie. Mais je dirais qu’il ne faut pas lâcher. Il faut discuter avec son médecin, qu’il soit spécialiste ou pas, et peut-être venir dans un centre de la douleur. Et rien n’empêche de mixer les médecines dites conventionnelles, c’est-à-dire les médicaments et les techniques interventionnelles avec des médecines dites complémentaires. Il ne faut pas négliger l’hypnose, l’acupuncture, la sophrologie, la méditation, les techniques de relaxation qui sont efficaces. Quand l’indication est bien posée, ça marche. Ce n’est pas l’hypnose, l’ostéopathie, l’acupuncture ou même les médicaments qui vont tout régler, mais c’est l’association de toutes ces techniques.

  • CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    Les agents du CHU de Nîmes Carémeau ont cessé le travail ce jeudi 6 novembre, à l’appel de la CGT. Un préavis de grève local a été déposé pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance. Le rassemblement, organisé à partir de 12h devant l’entrée principale du CHU, a réuni plusieurs dizaines d’agents de différents services, déterminés à faire entendre leurs revendications.

    « Nous demandons simplement les moyens de bien faire notre métier », résume Nathalie Argenson, infirmière au CHU. Au cœur des revendications : la mise en place dès janvier 2026 d’une protection sociale complémentaire avec participation financière de l’employeur, mesure attendue depuis plusieurs mois. Le personnel hospitalier réclame également une négociation pour faciliter l’accès aux soins pour les agents au sein même de l’établissement afin d’alléger des dépenses de santé souvent lourdes pour ces derniers. Les grévistes demandent par ailleurs l’augmentation des effectifs du service social, jugés insuffisants pour répondre à la montée des besoins, ainsi que la gratuité de certaines prestations internes comme le logement temporaire, la conciergerie ou les chambres de garde.

    Gagner le meilleur pour mieux soigner

    La question salariale fait également partie des revendications : le syndicat demande le respect du taux de 33% de part saisissable du salaire, afin de mieux protéger les agents en situation de dettes ou de difficultés financières. Au-delà des chiffres, les hospitaliers du CHU de Nîmes disent se battre pour « le respect et la dignité » d’un métier qu’ils jugent de plus en plus fragilisé. La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation et à un dialogue réel avec la direction. « Cette grève n’est pas un coup d’éclat, mais un avertissement. Si nous n’obtenons pas d’avancées, nous irons plus loin », préviennent les représentants syndicaux.

    Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de malaise durable au sein du corps médico-social, marqué par une perte d’attractivité des métiers, des salaires jugés trop bas et une charge de travail en hausse constante. Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans les hôpitaux comme dans les Ephad, traduisant des « manques de moyens structurels et un sentiment d’abandon  » selon Nathalie Argenson. À Nîmes comme ailleurs, les soignants disent aujourd’hui leur exaspération face à un système qu’ils estiment « à bout de souffle ».

  • Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Gel des pensions en 2026 et sous-indexation probablement jusqu’en 2030, suppression de l’abattement de 10% remplacé par un forfait de 2 000 euros, doublement des franchises médicales, gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (minimum vieillesse des retraités les plus modestes)… Premiers concernés par les mesures austéritaires en rafale contenues dans le projet de loi de finances 2026 présenté par le gouvernement, les retraités sont descendus dans la rue ce 6 novembre pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un acharnement.

    Dans le Gard (Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze) comme dans l’Hérault (Montpellier, Béziers, Lunel, Clermont-l’Hérault et Bédarieux), ils ont répondu présent à l’appel national lancé par le « groupe des 8 » (CGT, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble et Solidaires). Une colère que n’a pas désamorcé le recul consenti, le 31 octobre, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’est dit prêt à revenir sur le gel des pensions de retraite et des minima sociaux. « Rien n’est acquis, d’autant qu’on ne sait même pas si le vote du budget ira jusqu’au bout. Si on devait passer par des ordonnances, c’est le budget initial qui serait remis sur la table, lequel prévoit le gel des pensions. À l’heure actuelle, on est dans le flou total, ce n’est pas le moment de se démobiliser », considère Jean-Yves Barbier, de la FSU retraités 34, qui dénonce « une vampirisation à tous les étages ».

    « On est vraiment

    le cœur de cible »

    « L’année blanche coûterait en moyenne 350 euros par an à un ménage dont la personne de référence est un retraité : 320 euros de baisse de pension, 20 euros de hausse d’impôt, 10 euros de baisse de prestations sociales. Un salarié, lui, perdra 105 euros et un chômeur, 180. Ce sont les retraités les plus touchés, on est vraiment le cœur de cible », dénonce assure Michel Andreu, de la CGT retraités 34. « Pour les pensionnés en dessous de la pension médiane (1 600 euros), qui sont souvent des personnes seules et parmi elles une majorité écrasante de femmes, perdre 300 euros par an est dramatique », insiste Jean-Yves Barbier. « La suppression de l’abattement fiscal de 10% au profit d’un abattement forfaitaire de 2 000 euros représente, quant à elle, des ponctions de 300 à 800 euros d’impôts supplémentaires pour les gens qui ont une pension supérieure à 1 600 euros. » Sans oublier, pour tous, le doublement des franchises médicales « qui augmente le reste à charge sur les médicaments, les consultations, les actes paramédicaux, les transports sanitaires ». Là encore, les personnes âgées, qui sont celles qui ont le plus besoin de se soigner, seront les premières pénalisées.

    « On nous fait passer pour des nantis, des inactifs qui coûtent. La solidarité devrait donc passer par des sacrifices de la part des retraités. C’est inadmissible », s’agace Michel Andreu. D’autant que « la plupart des retraités qui ont un peu de moyens aident déjà leurs enfants et parfois leurs petits-enfants. Les jeunes retraités sont aussi régulièrement les aidants de leurs propres parents », souligne Jean-Yves Barbier. « Il y a une accumulation de charges sur le retraité moyen qui est une réalité quotidienne et qui n’est absolument pas prise en compte. Sans oublier tout le bénévolat qui remplace des services publics défaillants. »

  • Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Dernier exercice du mandat pour l’équipe de Franck Proust, le rapport d’orientation budgétaire (Rob) 2026 de Nîmes Métropole, présenté mardi 4 novembre, avait tout d’un baromètre politique. À quelques mois des élections municipales, la majorité communautaire a défendu un budget « de prudence. »

    « Nous avons choisi la stabilité et la rigueur », a souligné le président de Nîmes Métropole. L’agglomération, confrontée à un effort contributif estimé à 3,4 millions d’euros dans le cadre de la réduction du déficit public national, doit composer avec une pression budgétaire accrue. Malgré cela, le Rob affiche une épargne brute de 58,7 millions d’euros et un encours de dette de 487 millions, en légère hausse mais jugée « maîtrisée » par l’exécutif. La capacité de désendettement reste à 8,3 ans, sous le seuil de vigilance des 10 ans fixé par l’État. Aucun nouvel investissement d’ampleur ne figure au programme, « afin de laisser à la future majorité la liberté de ses choix ».

    La principale mesure annoncée reste la nouvelle baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Après -10% en 2025, elle devrait reculer de 0,5 point supplémentaire en 2026, passant de 10,54% à 10,01%. Pour une famille moyenne, la baisse cumulée atteindrait une centaine d’euros en deux ans. « C’est le contribuable qui doit en bénéficier, sans que les investissements en matière de modernisation ou de protection n’en pâtissent », a justifié Franck Proust. Côté investissements, l’agglomération mise sur la continuité : 44,7 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement, 14,9 millions pour les transports (achat de bus électriques, extension du réseau NemoVélo), et 13,4 millions pour la prévention des inondations.

    Un ROB de fin de mandat sous tension électorale

    Mais pour beaucoup d’élus d’opposition, cette prudence confine à l’immobilisme. Valérie Rouverand (Renaissance) dénonce une « ficelle électorale » à propos de la Teom : « On baisse de 10 % en 2025 et encore de 5 % en 2026, après l’avoir augmentée de 10 % en 2021. Au final, on revient au point de départ, mais la communication fait son effet. » L’élue a aussi regretté des « résultats économiques décevants » et une attractivité « toujours en panne. ». Julien Plantier (Nîmes Avenir) a, lui, adopté un ton plus nuancé : « Le Rob, c’est la visite médicale de notre agglomération : elle vit, elle respire, mais elle tousse un peu. Le bilan n’est ni glorieux ni catastrophique. » Le candidat à la mairie a reproché à la majorité de « laisser dormir des projets structurants » et relancé son idée de passage en communauté urbaine « pour donner une autre dimension au territoire ».

    À gauche, Vincent Bouget (PCF) a fustigé un rapport « autosatisfait, voire triomphaliste », estimant que « les grandes tendances cachent des fragilités structurelles ». Selon lui, « la pression fiscale n’a pas vraiment baissé », citant la taxe mobilités, la hausse de l’eau et de l’assainissement. Et de conclure : « Notre agglomération mérite mieux. Où est la vision d’ensemble, le projet partagé ? On a l’impression d’un empilement de décisions sans cohérence territoriale. » Un ultime rendez-vous budgétaire qui dessine les lignes de fracture d’une campagne municipale qui s’annonce tendue.

  • Le prix de l’eau devrait bien augmenter au Grand Avignon

    Le prix de l’eau devrait bien augmenter au Grand Avignon

    Il sait que le « sujet est électrisant ». Même si l’eau et l’électricité font rarement bon ménage, Patrick Sandevoir, vice-président DVD du Grand Avignon délégué à l’eau potable et à l’assainissement s’attend à un vif débat, le 8 décembre lors du vote du budget. Ce jour-là, pour la première fois depuis 2018 et la mise en place du contrat actuel de délégation de service public, la collectivité prévoit une hausse de sa redevance.

    « On va proposer un certain nombre d’options qui permettent de récupérer des recettes, c’est un impératif », nous indique Patrick Sandevoir, mercredi dernier à l’occasion de la livraison de deux nouveaux forages à Roquemaure (lire ci-dessous). Pour l’heure, impossible à quantifier sur la facture des habitants du Grand Avignon, le pourcentage de hausse étant encore en discussion. Dans le détail, la facture se compose d’une part fixe (abonnement) et d’une part variable (consommation) qui revient au délégataire [Suez pour l’eau dans 8 des 16 communes et Veolia pour l’assainissement dans l’ensemble de l’agglo], au Grand Avignon et à l’agence de l’eau. « Notre part, c’est un tiers de la facture », précise le vice-président.

    Un risque d’aggravation des impayés ?

    Cette hausse n’est qu’une demi-surprise. Il y a un mois lors du dernier conseil communautaire consacré notamment aux orientations budgétaires (notre édition du 8/10), le vice-président aux finances avait préparé les esprits. « Il n’est plus possible de poursuivre la même cadence d’investissements en gardant l’équilibre des budgets », alertait Xavier Belleville, posant « un choix à faire : modérer nos investissements ou augmenter notre taxe en suivant l’inflation ». Si rien n’est donc encore voté, la seconde option a donc été choisie.

    Il faut dire que les besoins sont criants, avec des fuites sur les réseaux et un quart de l’eau produite qui n’arrive pas jusque dans les robinets. « Aujourd’hui, notre capacité de travaux est de 1,4 million d’euros pour l’eau et 1,9 million pour l’assainissement, constate Patrick Sandevoir. Il faut impérativement que l’on remonte à 5 millions pour l’eau et 7 millions pour l’assainissement. » Car le Grand Avignon, qui sur ce budget annexe – contrairement à celui des transports – ne peut venir abonder par une subvention d’équilibre, fait face à une baisse de la consommation d’eau entraînant une « diminution de 10% des recettes ».

    Alors que le taux d’impayés (6%) de factures est déjà l’un des plus importants de la région, cette hausse fiscale ne risque-t-elle pas encore de pénaliser les ménages les plus fragiles ? « Pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer, il y a les chèques eau », répond Patrick Sandevoir. Un dispositif d’aide financière largement sous-utilisé, malgré « énormément de communication », assure-t-il. « Si cette augmentation n’était pas mise aux voix ou pas votée, de toute façon, les prochains qui seront élus dans 6 mois seront bien obligés de le faire », prévient le vice-président.

  • Les Atypiques : du théâtre là où on ne l’attend pas

    Les Atypiques : du théâtre là où on ne l’attend pas

    Fondé par les Amis du Théâtre Populaire d’Alès, en quelques années, le festival les Atypiques est passé maître dans l’art de dénicher les jeunes talents.

    « Nous programmons des compagnies qui ne pourraient pas être programmées par une scène nationale. Notre ambition a toujours été de nous démarquer du théâtre institutionnel pour montrer aux Alésiens et aux gens de la région quelque chose d’un peu différent, tant sur la forme que sur le fond », explique Michel Boissier, président des ATP, qui a souvent eu le nez creux. « Au fil des ans, on a eu les premières mises en scène de jeunes artistes prometteurs, comme Olivier Py, Jérôme Deschamps (les Deschiens), Sylvain Maurice, ou encore Jacques Osinski », ajoute le passionné.

    Avec huit de ses camarades, l’homme arpente les théâtres tout au long de l’année pour sélectionner, sur près de 120 représentations, les spectacles les plus adaptés à la ligne des ATP. Un travail pas si simple vu la conjoncture… « Les metteurs en scène hésitent à aller vers des productions irrévérencieuses ou en dehors des clous, parce qu’ils veulent être sûrs de pouvoir les jouer », confie Michel Boissier.

    En plus de ce flair remarquable, l’association s’est aussi donné pour mission de faire du théâtre hors les murs et de briser la distance entre le public et la scène. « Nous jouons dans les arrière-salles de café, à l’amphithéâtre de l’école d‘infirmière, dans le hall de la gare et les salles municipales… Tous les lieux où vont les gens qui ne vont pas au théâtre ! », détaille-t-il. Et à chaque fois, l’équipe fait en sorte de rester sous la barre des 130 places pour être certaine de conserver cette proximité entre les comédiens et leur public.

    Au programme

    Aidée par les moyens techniques de la scène nationale du Cratère, la 27e édition des Atypiques proposera donc sept spectacles du 7 novembre au 5 décembre.

    Les festivités démarreront avec « Les Cathares, un destin inachevé », par Olivier Robert (à l’espace Pelico, à Anduze). Le 12 novembre, l’auditorium de Rousson accueillera « Le retour aux souches », d’après Marc Favreau dit Sol. À Cendras, le 14 novembre, la salle Biosphera présentera « Rossignol à la langue pourrie », de Jehan Rictus. Suivront ensuite « On n’a pas pris le temps de se dire au revoir », de Rachid Bouali (le 19 novembre, à l’Espace La Fare Alais à Saint-Martin de Valgalgues), « Classement sans suite », de Luca Franceschi (Le 21 novembre à la Maison de l’eau, d’Allègre-les-Fumades), « Le repas des gens », de François Cervantes (les 27 et 28 novembre, deux dates exceptionnellement co-accueillies par le Cratère d’Alès), et « La dette », de Franck Chevallay (le 5 décembre au bar le Prolé).

    * Les spectacles ont lieu à 20h30. Billetterie disponible sur le site des ATP d’Alès. 6 à 10 euros.

  • Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Le constat est sans appel. Ce vendredi 17 octobre, à la Chambre d’agriculture du Gard, les responsables du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) du Gard, de l’Hérault et du Vaucluse ont tiré la sonnette d’alarme. Le millésime 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus
    catastrophiques pour la viticulture languedocienne. Sécheresse, maladies, effondrement des cours et incertitudes sur l’avenir : la filière viticole vacille. « Nous sommes à un tournant », a lancé Xavier Fabre, président du Modef Gard. Pour le syndicat, les réponses gouvernementales et les solutions portées par une partie de la profession, notamment les plans d’arrachage, relèvent de la fuite en avant. « Proposer l’arrachage aujourd’hui, c’est tuer la viticulture », martèle le viticulteur de Domazan.

    Dans un contexte où les rendements s’effondrent, parfois jusqu’à – 40% dans certaines caves coopératives, les vignerons dénoncent un engrenage économique et écologique mortifère. « Quand on arrache un hectare aujourd’hui, on ne sauve pas les dix autour, demain on arrachera celui d’à côté », insiste Xavier Fabre, rappelant que les vignes jouent aussi un rôle de coupe-feu dans les zones méditerranéennes. L’incendie meurtrier de l’Aude cet été reste dans toutes les têtes : « Là où les feux ont démarré, c’était dans des friches, des vignes arrachées ou abandonnées », souligne-t-il.

    Le Modef dénonce également le manque de vision politique sur l’avenir du vignoble. Selon Didier Gadéa, président du Modef Hérault et responsable de la commission nationale viticole, « les plans d’arrachage n’ont jamais résolu les crises ». La preuve : en vingt ans, le vignoble languedocien est passé de 240 000 à 180 000 hectares, sans que la situation économique ne s’améliore. « Ça prouve par A + B que ça ne fonctionne pas », tranche-t-il. À la sécheresse et aux feux s’ajoute la question cruciale des prix. Nicolas Olive, président du Modef Vaucluse, évoque une filière étranglée par la pression des négociants : « Ils nous mettent les prix d’achat à ras des pâquerettes, mais le vin dans le commerce n’a pas baissé. » Pour le syndicat, la survie des exploitations passe par l’instauration de prix planchers garantis par l’État, afin d’assurer un revenu minimum aux producteurs. « Tant que ça ne sera pas réglé, on aura des friches et des vignerons qui se pendent à la grange », avertit Didier Gadéa. Le Modef souhaite également un encadrement strict des marges, y compris dans la restauration, et une révision du cadre de la loi Egalim, jugée « trop incitative ». Le syndicat plaide pour une intervention directe de l’État afin d’empêcher tout achat en dessous du coût de production.

    Redonner du sens

    à la viticulture

    Au-delà des chiffres et des colères, les représentants du Modef appellent à une refondation du modèle viticole : miser sur les cépages résistants, soutenir davantage le bio, et réhabiliter le travail de la terre plutôt que l’arrachage. « Quand on va chez le médecin, il nous soigne ? Il ne nous euthanasie pas ! Pour les vignes, c’est la même chose », illustre Xavier Fabre, dans une métaphore applaudie par la salle. Pour le syndicat, la viticulture ne se résume pas à une question de production. C’est aussi une question de vie rurale, d’économie locale et de paysage. « Sans vignerons, il n’y aura plus d’œnotourisme, plus de paysages, plus de vie dans nos villages », rappelle Didier Gadéa.

    Alors que les chiffres de récolte s’annoncent historiquement bas et que les trésoreries sont exsangues, les viticulteurs du Modef ne cachent pas leur inquiétude. Faute de réponses concrètes, la mobilisation pourrait reprendre : « Si rien n’est fait, on reprendra la route des pavés et des actions », prévient Xavier Fabre. Le ton est donné. Le Gard viticole ne veut pas mourir en silence.

  • Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Grâce à son voyage en Cévennes avec son âne, dont il fera un célèbre livre en 1879, Robert Louis Stevenson a donné à Saint-Jean-du-Gard une renommée continentale. Chaque année des milliers (au moins 15 000) de randonneurs se pressent sur le
    « chemin de Stevenson », qui relie le Puy-en-Velay à Alès avec, comme avant-dernière étape, Saint-Étienne-Vallée-Française – Saint-Jean-du-Gard. Le pas des Huguenots (qui court jusqu’en Allemagne), célèbre parcours qui retrace l’exil des protestants, passe également par Saint-Jean-du-Gard.

    Dans ce village cévenol qui a aussi été touché par la désindustrialisation, l’essor économique passe donc désormais par le tourisme. Dès 1992, un festival de randonnée (le Fira se déroule chaque année début juin) a vu le jour. Mais le nouveau maire, Pierre Aiguillon, élu en 2023 après la démission de Michel Ruas, a l’intention d’aller encore plus loin. Ainsi, en 2026, ouvrira en face de la mairie un café rando qui devrait être accompagné, quelques mois plus tard, par une Maison de la randonnée, accolée au café. L’idée est de regrouper dans un même lieu l’office du tourisme, les associations de randonnée et des expositions.

    Le tracé de Stevenson bientôt dévié ?

    « La partie café sera de 108 m² plus une terrasse. Le lieu sera dédié à la restauration type café de pays avec des produits locaux, et tous les produits dérivés du chemin de Stevenson. Il y aura aussi la mise en avant de randonnées sur les thématiques locales, historiques, culturelles et tout ce qui est découvert du parc national des Cévennes… Nous avons aussi prévu un point accueil vélo pour les mobilités douces », détaille Nicolas Friedli, le porteur de projet.

    Financeurs d’une partie du projet, les élus régionaux Jean-Luc Gibelin (PCF), Aurélie Genolher (DVG) et Régis Bayle (PS) étaient à Saint-Jean-du-Gard pour suivre l’avancée du café, visiter les futurs locaux et échanger avec les porteurs du projet. Ils ont surtout été alertés par le maire et les associations d’un problème qui pourrait s’avérer fatal pour l’avenir de la randonnée dans ce village de plus de 2 500 âmes.

    « Il y a eu des inondations sur le parcours du GR en 2020. Nous avons trouvé un tracé de remplacement provisoire, jusqu’en 2027, qui passe chez un particulier. Il faudrait donc des travaux pour sécuriser 2,5 km à l’entrée du village, entre la route et la rivière. Cela coûterait 850 000 euros et le Département n’est pas prêt à investir cette somme. La solution avancée, c’est de prendre un autre chemin, qui ne demande aucuns travaux, mais qui rajoute 8 à 10 km de trajet et un énorme dénivelé. Nous craignons soit que les randonneurs prennent l’ancien tracé, qui ne sera pas sécurisé, soit qu’ils ne viennent plus jusqu’à Saint-Jean-du-Gard puisque cette dernière étape sera très longue », a prévenu Pierre Aiguillon qui ajoute : « C’est complètement paradoxal que le tracé ne passe plus par la commune au moment où un café rando et une maison de la randonnée vont ouvrir. »

    Les trois élus régionaux se sont engagés à porter cette question auprès du Département du Gard. Mais au vu des difficultés financières de la collectivité, il sera très difficile d’arracher le financement du projet. Sauf que pour Saint-Jean-du-Gard, cet investissement est jugé « vital ».

    « Les marcheurs ne viendront plus jusqu’à la commune »

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »