Tag: Front populaire

  • [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    Anthony Gonçalvès, chef de file des communistes aux municipales à Marseille

    « Une résonance avec le monde actuel »

    Chef de file des communistes pour les municipales à Marseille, Anthony Gonçalvès ne peut s’empêcher de dresser un parallèle entre la période du Front populaire et l’époque actuelle. « Même si c’est très loin de nous aujourd’hui, il y a beaucoup de résonance avec le monde actuel », pointe l’oncologue. Et d’énumérer une crise économique persistante, l’ambiance guerrière en Europe, la montée de régimes fascistes, autoritaires.

    « Mais 1936 représente aussi, pour moi, l’exemple flamboyant de la mobilisation massive, d’abord de la classe ouvrière, et puis de tout le monde du travail, devant laquelle plus rien ne peut résister », poursuit-il. En tête, il a ces photographies de la jeunesse, le poing levé, des occupations d’usines. « Et il y a ce rassemblement très large, dans lequel les communistes jouent un rôle très important, et qui en quelques semaines va faire adopter des lois qui construisent du progrès social. » De quoi en tirer des leçons pour le présent, pour le professeur de médecine. « Quand le rassemblement est aussi large, aussi massif, il n’y a rien qui peut lui résister, appuie-t-il. Et finalement, construire du progrès social comme cela a été fait en 1936, c’est une bonne façon de faire reculer le fascisme : il ne réussira pas à gagner en France jusqu’à la guerre. C’est le souffle du Front populaire et ses conquêtes sociales qui font reculer le fascisme ! »

    Offrir une autre vie

    Parmi ces conquêtes sociales justement, le militant communiste pense particulièrement aux semaines de congés payés, aux personnes qui enfourchent leurs bicyclettes, vont voir la mer pour la première fois. « à l’époque, ça devait paraître complètement fou de partir deux semaines, payées par le patron ! partage-t-il. ça devait paraître impossible aux ouvriers, le patronat devait leur expliquer que ça mettrait leurs usines sur la paille… » Une conquête particulièrement symbolique, « à une période où la plupart des travailleurs passaient leur vie à travailler sans faire autre chose que survivre ». « C’est le moment où l’on découvre que la vie peut être autre chose, une vie qui n’était pas autorisée, explique Anthony Gonçalvès. Cela paraît aujourd’hui quelque chose de tellement essentiel, cette possibilité de se reposer et faire autre chose que le travail, grâce aux richesses produites toute l’année ».

    Y.S.

    Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse

    « Un repère essentiel et un héritage vivant »

    « Le Front populaire est un repère essentiel : un moment de l’histoire où la mobilisation ouvrière et populaire a forcé le patronat et le gouvernement à concéder des avancées sociales majeures. La CGT a été au cœur de cette histoire », rappelle Laurence de Villèle. La secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse ajoute : « Les conquêtes issues du Front populaire sont un héritage essentiel, une mémoire fondatrice pour le monde du travail : des conquis à défendre, face à un patronat puissant et décomplexé ». Le Front populaire fait aussi écho à nos luttes d’aujourd’hui, selon la responsable syndicale : « Exigence d’augmentation de salaires, défense du droit syndical ou nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures. Pour porter nos revendications, notre lutte contre l’extrême droite, et transformer la société, notre organisation syndicale doit continuer à se renforcer. Il nous faut construire un rapport de force massif, par la grève dans les entreprises et services publics. Dans un contexte de crise sociale et démocratique, l’héritage du Front populaire nourrit la conviction qu’une autre répartition des richesses et des pouvoirs est possible, par la mobilisation collective. »

    F.C.

    Frédéric Rosmini, ancien élu socialiste et président de Vacances Léo Lagrange

    « C’est la dignité des travailleurs retrouvée »

    Pour Frédéric Rosmini, vice-président de la coordination nationale Parcours, ensemble d’associations de tourisme social, et ancien élu socialiste de Marseille, le Front populaire représente des jours heureux. « Cette période de l’histoire se résume en deux mots : revendications et fêtes. Car c’étaient des grèves joyeuses pour accompagner le gouvernement à aller plus loin sourit cet ancien ouvrier. C’est la dignité des travailleurs retrouvée ».

    Le militant des vacances pour tous affirme que les avancées sociales apportées par cette période sont également sociétales. « Les congés payés permettent à la société de s’ouvrir. Garçons et filles peuvent pour la première fois partir. Léo Lagrange disait d’ailleurs que les vacances sont un formidable outil pour l’émancipation des travailleurs. » Une période qui a aussi permis le développement de politiques culturelles importantes : « Le gouvernement a dit aux ouvriers que eux aussi avaient le droit au bonheur et les a encouragés à se cultiver. C’est redonner la fierté à toute la classe des ouvriers ».

    Eva Janus

    Olivier Masini, direction de la fédération varoise du Secours Populaire français

    « Un moment d’unité syndicale et politique »

    « Si on est arrivé à gagner des conquis sociaux en 36, c’est qu’on est arrivé à faire l’unité, aussi bien au niveau politique qu’au niveau syndical », commence Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise du Secours populaire. La prise de conscience de cette absolue nécessité s’est faite, rappelle-t-il, face à la menace fasciste. Et d’insister : « Il faut rappeler le coup de force du 6 février 34 où véritablement, l’extrême droite était décidée à prendre le pouvoir par la force ».

    Le militant associatif revient d’ailleurs sur les grandes manifestations de riposte du monde du travail des 9 et 12 février 1934, à Toulon notamment. « J’ai d’ailleurs une photo que je garde dans mon bureau de cet immense cortège qui défile devant la chambre de commerce, pour répondre à cette menace fasciste », ajoute-t-il. Il poursuit : « C’est pour ça que pour moi 36, même si la mémoire populaire retient essentiellement les congés payés, incarne des valeurs sur lesquelles on ne transige pas. Et avec la montée du fascisme, on ne transige pas. Je pense que ça a été vraiment le message qui a été lancé en 1936 » .

    L’occasion, aussi, pour l’observateur avisé du monde social et politique de mettre en avant la situation à laquelle la population est confrontée aujourd’hui aussi. Avec, pour y répondre, des forces progressistes qui avancent pour l’instant, malheureusement, en ordre dispersé.

    « 1936 c’est aussi l’année où le Secours rouge international devient Secours populaire de France et des colonies », ajoute-t-il. Et où, en cette période marquée par la guerre d’Espagne, « il s’impose comme un acteur majeur de la solidarité internationale, soutenant les combattants et les civils républicains ». « D’ailleurs, de nombreux dirigeants du Secours populaire s’engagent alors dans les brigades internationales », insiste Olivier Masini. De quoi redonner espoir et envie de résister.

    T.T.

  • Le Front populaire, quand la grève fait la force

    Le Front populaire, quand la grève fait la force

    Congés payés, réduction du temps de travail, augmentation des salaires, droit syndicaux… Il y a 90 ans, la coalition de gauche du Front populaire remportait, le 3 mai 1936, les élections législatives françaises. Son gouvernement, par la pression de la rue et d’un mouvement de grève massif, a voté des avancées sociales considérables. Cet élan progressiste n’a pas duré, mais a marqué l’imaginaire des mouvements sociaux et façonné le système social français instauré après la Seconde Guerre mondiale.

    Une alliance pas si évidente, puisque le mouvement ouvrier est divisé, avec la scission en 1920 entre communistes et socialistes et en 1921 de la CGT, avec la création de la CGTU. Mais la crise économique de 1929, qui fait exploser le chômage, et la crainte de la montée du fascisme pousse vers une union des gauches. Le 6 février 1934, une manifestation de ligues d’extrême droite, à Paris déclenche un sursaut dans les forces antifascistes et une alliance commence à se dessiner.

    Des forces locales unies

    à l’appel de la CGT puis de la CGTU, une grève contre le fascisme est organisée le 12 février dans toute la France. Alors qu’à Paris, deux cortèges s’organisent, à Marseille les syndicalistes et militants décident de n’en former qu’un seul. « C’est un défilé important, le deuxième après Paris, avec 100 000 personnes si l’on en croit Rouge midi [quotidien communiste, Ndlr], moitié moins si l’on s’en tient aux rapports de police », rapporte l’historien Jean Domenichino, dans son ouvrage Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire (éditions Des Fédérés).

    à l’échelle locale, de nombreux rapprochements se font avant le niveau national. Ainsi, la section communiste et la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) des Bouches-du-Rhône et du Var signent un pacte dès juin 1934, un mois avant les partis nationaux. De même, dans le Var, le rapprochement entre la CGT et la CGTU est entamé dès septembre 1934, alors qu’il n’est acté au niveau national qu’en 1936. Ce qui fait dire à Jean Domenichino, dans son livre, que « la région marseillaise semble jouer un rôle moteur dans le processus, voire précurseur en raison de la vitalité des luttes sociales ».

    Au niveau national, la coalition des partis de gauche se complète en juin 1935, après le ralliement du Parti radical au Front populaire. Les trois grands partis s’associent autour d’un programme assez vague. Le 3 mai, c’est la victoire pour le Front populaire, qui remporte les élections législatives. Les partis de cette coalition totalisent environ 386 sièges à l’Assemblée nationale, une large majorité.

    Mais, après cette victoire, les salariés « sont partagés entre l’espoir et la crainte : voir s’améliorer leurs conditions de travail et de vie, mais crainte que les changements promus par la gauche au pouvoir ne se heurtent au “mur d’argent” », précise l’historien. Un immense mouvement de grève se déclenche donc dans toute la France. Il débute le 11 mai, dans l’usine Bréguet au Havre et est suivi dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Une période de grève marquée par une ambiance festive : on danse, on joue aux boules ou on se baigne tout en prenant soin de l’usine, pendant qu’elle est occupée.

    Victoire syndicale

    Ce sont souvent des exigences très locales qui enclenchent ces mobilisations, mais elles s’accompagnent de revendications plus larges. Sur tout le territoire français, ce sont plus de 2 millions de grévistes qui obligent les patrons et le gouvernement de Léon Blum, formé le 4 juin, à signer avec la CGT les accords de Matignon, la nuit du 7 au 8 juin. Cet accord historique garanti l’augmentation des salaires, protège le droit à se syndiquer et créé les délégués du personnel pour les entreprises de plus de 10 salariés. Quelques jours plus tard, ce sont les lois des deux semaines de congés payés et de la semaine de 40h qui sont votées, alors que la majorité des mesures ne figuraient pas au programme du Front populaire.

    Malgré ces avancées importantes, c’est la désillusion en 1938, face à des patrons qui ne respectent pas les conquis sociaux et des grèves qui se soldent par des échecs. Mais la philosophie et l’espoir que le Front populaire ont fait naître ne disparaîtront pas et influenceront le programme du Conseil national de la résistance qui a façonné le système social français, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

    Des grèves dans la région

    Les métallurgistes marseillais ouvrent le bal

    À Marseille, ce sont les ouvriers de l’usine de tramway Coder qui entament la vague de grève départementale, le 29 mai. Ils se mobilisent d’abord contre le licenciement de sept employés ayant chômé le 1er mai et étant très impliqués dans la vie syndicale de l’usine.

    Une grande partie des salariés suit le mouvement de grève.

    Les fileuses italiennes de la Capelette sur le front

    Le mouvement national de grève a été suivi sur tout le territoire, et même par les travailleurs et travailleuses étrangères.

    C’est le cas des ouvrières italiennes de l’usine de filature La Marseillaise, située à la Capelette. Elles occuperont leur usine 20 jours. La reprise du travail créa des tensions, et en août, malgré les accords de Matignon, certaines ouvrières sont licenciées.

    Les dockers contre l’extrême droite

    Le 6 juin, ce sont 66 dockers permanents de la compagnie Fraissinet qui entrent en grève, dans les Bouches-du-Rhône. Ils réclament le licenciement de 6 dockers membres de l’association nationaliste Croix de feu. Jusqu’au 27 juin, les dockers occuperont les hangars de la compagnie.

    Les chantiers navals varois embrayent le mouvement

    Dans le Var, ce sont les forges et chantiers de la Méditerranée qui seront les premiers à débrayer au début du mois de juin. Plus de 2000 ouvriers occuperont les chantiers navals et de nombreuses grèves suivront dans l’ensemble du département.

    Vaucluse : une grève utilisée pour nourrir les divisions

    Le 10 juillet, le Syndicat des ouvriers du bâtiment lance une grève générale à Avignon. Le mouvement provoque des incidents avec des maraîchers dont les marchandises sont bloquées.

    Trois jours après, une rencontre a lieu, où les paysans auraient approuvé les revendications ouvrières.

    Mais elle est récupérée par la droite pour affirmer l’opposition paysans-ouvriers.

  • 90 ans du Front populaire : des conquis sociaux considérables

    90 ans du Front populaire : des conquis sociaux considérables

    Renforcement des libertés syndicales

    Les accords de Matignon réaffirment, dans son article 3, le droit à tous travailleurs d’adhérer à un syndicat. Cet article pose les débuts de l’interdiction de discrimination liée à l’engagement syndical des salariés. Une grande victoire pour les grévistes de mai et juin 1936, qui pour la plupart réclamait la réintégration de collègues licenciés en raison de leur engagement syndical.

    Augmentation des salaires

    L’accord prévoit une augmentation des salaires ouvriers, jusqu’à +15% pour les rémunérations les plus faibles, et jusqu’à +7% les plus élevées. De quoi répondre à l’une des principales revendications des ouvriers face à la crise économique.

    Création du délégué du personnel

    L’article 5 issu des accords de Matignon met en place les délégués du personnel pour toutes entreprises de plus de 10 salariés. « Ces délégués ont qualité pour présenter à la direction les réclamations individuelles qui n’auraient pas été directement satisfaites », précise l’article. Une mesure permettant de développer un meilleur dialogue social.

    Réduction du temps de travail

    Dans des lois votées quelques jours après les accords de Matignon, les députés du Front populaire ont acté la réduction du temps de travail, passant de 48h par semaine à 40h. Une réduction qui oblige les patrons à payer en heures supplémentaires les dépassements de ce temps légal.

    Congés payés

    C’est l’un des conquis sociaux les plus emblématiques de cette période. Bien que non présent dans le programme du Front populaire, les mouvements de grève ont poussé la loi des deux semaines de congés payés. Une réforme qui a permis le développement du tourisme pour les classes des travailleurs, autrefois réservé aux classes aisées.

  • L’esprit de 36

    L’esprit de 36

    90 ans après, le Front populaire reste un moment singulier de notre histoire, à la confluence d’une victoire électorale des forces de progrès et d’un mouvement social d’une ampleur sans précédent.

    À la source du Front populaire, rappelons-le, il y a un sursaut démocratique et antifasciste. Deux ans plus tôt, le 6 février 1934, un coup de force fasciste visant l’Assemblée nationale, orchestré par des ligues d’extrême droite, a fait vaciller la République tandis qu’en Allemagne, Hitler a pris le pouvoir l’année précédente, 10 ans après Mussolini en Italie.

    L’événement fait l’effet d’une déflagration chez les démocrates, les républicains et dans le mouvement ouvrier. C’est la base qui pousse à la réunification de la CGT et à l’union du PCF, de la SFIO et des radicaux. Bien au-delà, le Front populaire fut aussi un grand moment d’engagement des forces associatives, culturelles, citoyennes…

    En actes

    Ce sont les grandes grèves, les occupations d’usine qui ont permis d’arracher au patronat, en plus des augmentations de salaires, des conquêtes sociales inimaginables avant cela : les congés payés, la semaine de 40h, les libertés syndicales…

    Si l’on n’oublie pas le refus des socialistes et radicaux de porter secours à la République espagnole, l’expérience historique du Front populaire demeure une source d’inspiration à gauche. Ainsi, après la dissolution, lorsque le risque de voir le RN entrer à Matignon était maximal, les gauches se sont entendues dans un Nouveau front populaire. Barrant la route à l’extrême droite, il n’aurait pas tenu longtemps face aux ambitions présidentielles qui empoisonnent la Ve République.

    Il y a besoin, dans la France d’aujourd’hui, non pas d’une référence verbale, mais d’un Front populaire en actes, poussé par un monde du travail conscient de ses intérêts. C’est le meilleur remède
    à l’extrême droite.

    Puisse l’esprit de 1936 souffler sur l’année 2026.

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.