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  • Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Toujours soutenu par les collectivités, Barjac m’en chante porte la chanson française dans le nord du Gard. Dans un contexte où la culture est attaquée par les mairies d’extrême droite et où les subventions fondent comme neige au soleil dans de nombreux départements, le festival garde son identité et revendique sa capacité à ouvrir les consciences. « J’ai vraiment la chance d’être dans un endroit très privilégié car on est très soutenus par nos tutelles publiques. Par les temps qui courent, c’est assez rare », confirme Julie Berthon, directrice artistique du festival. « Maintenant, il faut que nous arrivions à donner envie au public de venir, de susciter la curiosité, de bien montrer que ce n’est pas un festival qu’on fait entre nous. La chanson est un vecteur populaire donc il faut franchir le premier pas pour ceux qui ne connaissent pas, et à coup sûr, ils reviendront. »

    Pour confirmer ce pari cette année, Julie Berthon s’est appuyée sur une programmation toujours aussi riche avec 30 concerts prévus tout en gardant les changements opérés ces dernières années qui ont bien fonctionné comme la dernière journée organisée exclusivement sous le chapiteau avec un concert surprise suivi d’un concert debout.

    Une édition féminine

    Côté programmation, c’est donc Vincent Dedienne qui ouvrira la première soirée samedi 25 juillet. L’acteur et humoriste, vainqueur de deux Molières de l’humour pour ses spectacles, s’est en effet essayé à la chanson en sortant un album l’an dernier intitulé Un lendemain soir de gala. « La démarche de Vincent Dedienne s’inscrit parfaitement dans l’histoire de Barjac m’en chante. Avec lui, la chanson a plein d’affinités avec le théâtre, avec l’écriture, avec la poésie. Cela montre aussi qu’il n’y a pas de frontières et que la chanson, c’est un moyen d’expression comme un autre. Vincent Dedienne parle beaucoup entre les chansons en y emmenant tout son savoir-faire d’homme de théâtre », précise Julie Berthon. Pour cette soirée d’ouverture, il sera accompagné de l’autrice compositrice et bassiste franco-québécoise, Marion Cousineau, qui allie chanson et slam.

    La directrice artistique du festival est aussi très fière pour cette 31e édition d’avoir pu composer une « programmation féminine » : « Il y avait la volonté d’arriver au moins à la parité concernant les artistes principaux. Mais l’équilibre homme-femme chez les musiciens est une catastrophe. Les femmes sont encore nettement minoritaires et ça va encore mettre des années avant que les musiciennes se sentent légitimes. »

    Lundi 27 juillet, Romain Didier, un habitué du festival, partagera la scène avec Alissa Wenz, « une chanteuse que j’aime beaucoup », reconnaît Julie Berthon. « Elle est aussi autrice, puisqu’elle a déjà écrit deux romans, dont un qui est paru assez récemment et que je conseille à tout le monde, qui s’appelle “Le désir dans la cage” ». La veille, Nicolas Moreau propose un spectacle original en reprenant les chansons les plus populaires du cinéma.

    Mardi 28 juillet, c’est au tour d’Hélène Piris d’occuper l’espace Jean-Ferrat, pour un spectacle engagé qui révèle l’absurdité de notre monde ultra-libéral et capitaliste. Cette critique se poursuivra avec le groupe « Les Goguettes, en trio mais à quatre », qui s’est fait connaître sur internet avec des reprises très politiques. Le 29, le double plateau accueillera l’univers musical et poétique de Louise O’sman puis le groupe Bonbon Vaudou, qui chante en français et en créole. « C’est une petite entorse mais on reste dans la francophonie. Je suis vraiment très contente qu’on ouvre tous nos oreilles à ces chansons », explique Julie Berthon.

    En plus de cette programmation d’artistes connus et reconnus, dix artistes « découverte » joueront sous le chapiteau durant les six jours du festival avec des styles éclectiques comme le slam de Lémofil ou la pop de Melba (les deux programmés le mercredi 29 juillet). Trois spectacles jeunes publics auront aussi lieu dans la salle Anne-Sylvestre de l’école municipale.

  • [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    Angry black woman » contre « white savior » … C’est à partir de ces concepts américains qu’ils ne se donnent même pas la peine de traduire en français que, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’anciens amis politiques de François Ruffin, des insoumis, l’attaquent allant jusqu’à le qualifier de raciste. Ces militants anticoloniaux ou décoloniaux ne se rendent même pas compte que leur imaginaire et leur conception politique sont eux-mêmes totalement colonisés par une pensée venue des USA et de l’idéologie libérale de ses campus, issue d’une société héritière de la ségrégation raciale alors que la France a, elle, été une puissance coloniale, avec d’autres tares et crimes à dénoncer. Oubliant l’approche de classes marxiste, tout aussi obsédés par la couleur de peau des gens que l’extrême droite qu’ils prétendent combattre, les auteurs de ces attaques en meute ne se donnent même pas la peine de regarder ce que dit cette BD et confondent les constats que dresse François Ruffin dans cette suite d’histoire prise sur le vif et les propres opinions de celui qui s’annonce aujourd’hui comme un futur candidat à l’élection présidentielle. Venu du journalisme indépendants, élu et réélu député de la Somme face à un Rassemblement National qui l’emporte partout autour, défenseur des travailleurs sous-payés du soin et du service, François Ruffin donne sans juger la parole à de nombreuses personnes dans cette BD et affiche son objectif : réparer une France atomisée afin que tous puissent vivre ensemble. Face aux attaques qui déchirent une gauche qui n’en a pas besoin, cette BD sous-titrée « Les aventures de François Ruffin député-reporter » est à lire pour faire sa propre opinion, positive ou négative, lui-même reconnaissant quelques erreurs.

  • Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Ces personnes, originaires de 23 pays différents, accèdent ainsi à la nationalité française. À cette occasion, La Marseillaise a été interprétée par les jeunes musiciens de Les petits Violons des Calanques.

  • L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    Après l’interception, lundi, de 40 des 52 bateaux membres de la flottille Global Sumud (résilience, ténacité, persévérance en arabe), partie la semaine dernière de Turquie pour apporter de l’aide humanitaire à Gaza, les forces israéliennes ont progressivement poursuivi les arrestations mardi. « Trois des dix bateaux restants ont déjà été arrêtés, ils vont tous être interceptés, ce n’est plus qu’une question d’heures malheureusement », se désole Florence Heskia, coordinatrice de Global Sumud France, ce mardi après-midi.

    176 militants interceptés en avril

    à bord de ce cortège humanitaire, près de 400 personnes, issues de 47 nationalités, dont 41 Français et trois Marseillais. Si les activistes ne peuvent plus communiquer avec les organisations à terre depuis leur arrestation, Florence Heskia dit avoir été informée par le consulat français d’un transfert des militants sur des « bateaux prisons ». « Nous sommes très inquiets. Au début, les interceptions se sont déroulées sans violence, mais on constate sur certaines vidéos que des coups de feu ont eu lieu. D’autant que, au-delà du moment de l’interpellation, nous ne savons pas comment sont traités nos camarades », poursuit la coordinatrice.

    Global Sumud insiste par ailleurs sur le caractère illégal de ces opérations, a priori opérées en eaux internationales, où aucun état n’est en droit d’intercepter un navire. Il existe deux exceptions : les actes de piraterie (criminalité de guerre) et la lutte contre l’esclavage.

    Fin avril, 176 militants de la Flottille, partis, eux, de Marseille, Barcelone et Syracuse, avaient été interceptés par Israël, au large de la Grèce, là aussi en eaux internationales. Thiago Avila et Saif Abu Keshek, activistes présents à bord, avaient ensuite été détenus durant 10 jours dans une prison israélienne, où ils ont été « maltraités et brutalisés ».

  • Le leader de l’énergie rapatrie ses productions en Europe

    Le leader de l’énergie rapatrie ses productions en Europe

    Notre projet Azur consiste à relocaliser, en Europe, nos entreprises basées en Chine. Nous allons mutualiser notre ligne de production avec un acteur historique du secteur, le fabricant autrichien, Sonnenkraftun. C’est une décision qui fait suite à la réduction de la TVA, l’an dernier, qui est passé de 20% à 5,5% en Europe », explique Jérôme Mouterde, directeur de Dualsun. Le PDG a cofondé l’entreprise en 2010, avec Laetitia Brottier, sur un concept de panneaux solaires hybrides.

    Trouver sa place

    Implantée à Marseille (13e), l’entreprise se démarque, dès son lancement, avec un prototype innovant. Un panneau solaire qui combine production d’eau chaude et stockage d’énergie. La société se hisse rapidement au rang de leader français dans le marché de l’équipement énergétique en région Paca, puis dans le pays. Son essor correspond à environ 25% de parts de marché dans la couverture en panneaux photovoltaïques des résidences. Cette première réussite lui a permis de se lancer dans un marché plus concurrentiel : celui du panneau photovoltaïque classique. Un secteur déjà largement dominé par les entreprises chinoises, qui représentent aujourd’hui 98% des panneaux solaires importés en Europe.

    Et si « une gamme des panneaux hybrides est aujourd’hui produite en Rhône-Alpes, rappelle Jérôme Mouterde, une partie des sites de production de panneaux solaires classiques a dû être installée en Chine, il y a six ans, pour résister face au géant chinois ».

    « Concurrence déloyale »

    Une délocalisation qui avait été motivée par des coûts de production « 50% plus élevés en France », précise le directeur. Un écart aujourd’hui finalement « rééquilibré » avec cette baisse de TVA à 5,5% au lieu de 20%. C’est cette récente réforme qui l’a poussé à tisser un partenariat avec la société autrichienne historique, une occasion de « participer à la souveraineté énergétique française, estime-t-il, à ce jour bien plus vulnérable que son concurrent chinois », dans le domaine des énergies renouvelables.

    Le PDG s’avoue malgré tout « dubitatif », quant à la durabilité de cette réforme, qu’il espère voir « s’ancrer dans le temps, avec des réglementations plus claires ». Avec toujours l’objectif affiché, à terme, de « s’implanter dans la région ».

  • « Gâté » entre dans le Larousse et dans le langage courant

    « Gâté » entre dans le Larousse et dans le langage courant

    En 2020, le tube Bande organisée est certifié single de diamant à une vitesse record. Outre ce succès remporté par les rappeurs Jul et SCH, accompagnés d’autres figures du rap local, ce morceau a contribué à démocratiser un mot typiquement marseillais : gâté. Ce terme, qui touche aujourd’hui les plus jeunes, est employé dès la première phrase du morceau : « Oui, ma gâtée, RS4 gris nardo, bien sûr qu’ils m’ont raté. » Depuis, l’expression est devenue emblématique. De plus en plus employé, de Marseille à Paris en passant par Grenoble, le parlé marseillais, tiré du Provençal, illustre « le rayonnement de la culture marseillaise », bien au-delà d’un simple mot, selon le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus.

    « On n’a jamais autant parlé marseillais »

    « Gâté » avait été également employé en littérature, notamment dans les nouvelles d’Eric Schulthess, dans Marseille, rouge sangs, paru en 2013. Polysémique, « gâté » signifie à la fois « câlin » et « petit chat », un terme largement utilisé dans les années 1950-60 avant d’être plus ou moins délaissé à la fin du siècle. Ce mot doit ce regain de popularité au rap, réel « catalyseur à échelle nationale », explique Médéric Gasquet-Cyrus, transcendant ainsi les générations et les classes sociales.

    L’histoire des mots marseillais a été célébrée dans son ouvrage À Marseille ça se dit comme ça, publié en 2024. La même année, il publie Va voir dans le dico si j’y suis, ce que les dictionnaires racontent de nos sociétés, ouvrage qui explique l’évolution de la société au regard des nouveaux mots intégrés dans les différents dictionnaires et des choix effectués par ces derniers. « Marseille n’arrête pas de produire de la musique, du cinéma, des sketchs humoristiques… Les expressions marseillaises ont été démocratisées via les réseaux sociaux, qui ont été un puissant vecteur de propagation de mots comme minots et tarpin, repris jusqu’en Suisse et même à Montréal », poursuit-il. « Marseille a ses codes et son propre langage, un réel dynamisme culturel qui fait qu’elle n’a pas besoin de passer par Paris pour exister. On n’a jamais autant parlé marseillais », souligne le linguiste.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

    C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

    G.R.-Q. : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13%. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

    Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

    G.R.-Q. : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

    Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

    G.R.-Q. : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

  • [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    L’extrême droite par la voix du porte-parole de Vox au Parlement catalan, Joan Garriga, estime qu’être espagnol c’est avoir les deux parents espagnols, ce que ne dit pas la loi. Une déclaration qui se situe dans le contexte du débat sur la priorité nationale que veut imposer le parti pro franquiste dans les régions.

    C’est au Parlement de Catalogne que le député d’extrême droite, Joan Garriga, porte-parole de Vox a affirmé récemment « est espagnol celui qui est né de père et mère espagnols ». Le Roi Felipe VI appréciera, lui dont la mère est Sophie de Grèce, elle-même fille de Paul Ier de Grèce et de la princesse Frédérika du Danemark. Plus sérieusement, ces héritiers idéologiques de Franco ne supportent pas la récente décision du gouvernement de régulariser plus de 500 000 étrangers dans des conditions très réglementées. Culturellement, économiquement, humainement l’Espagne a tout à gagner à régulariser les immigrés qui sont exploités par des patrons voyous proches de l’extrême droite. Régulariser ne veut pas dire naturaliser, mais quand bien même, un travailleur qui contribue à la prospérité d’un pays, devrait avoir les mêmes droits qu’un Espagnol « pure souche ». Mais pour ces partis de droite et d‘extrême droite, au service des exploiteurs de main-d’œuvre immigrée, l’étranger n’est bon qu’à permettre d’engendrer du profit et s’il est sans-papiers c’est encore mieux, car plus corvéable à merci comme dans la province de Castellon où un réseau de trafic d’êtres humains a été démantelé par la Guardia Civil courant avril. 70 travailleurs immigrés sans-papiers étaient logés dans des conditions indignes et travaillaient 12 heures par jour sur des exploitations agricoles.

    Pour revenir aux déclarations des députés catalans d’extrême droite, la palme revient à celle d’Alberto Tarradas du même parti que Joan Garriga qui, lui, a fait référence en séance parlementaire, au slogan raciste de supporters, lors du match amical Espagne Égypte : « Qui ne saute pas est musulman. » Ce triste sire de Vox, a ainsi interpellé la députée de Esquerra Republicana Catalana (ERC) Najat Driouech, qui est de confession musulmane au cours d’un débat parlementaire, le député devait ajouter « si vous ne sautez pas ce n’est pas grave, on ne vous déportera pas pour ça, tout au moins pour le moment… ». Pour le moment l’Espagne et son gouvernement de gauche ne sombrent pas dans l’ignominie trumpiste relayée par les sbires de Vox, elle fait preuve d’humanisme et de pragmatisme.

    La nationalité n’exige pas « la pureté du sang ». Si un étranger vient s’installer et répond aux critères légaux, il pourra prendre la nationalité espagnole, comme ça était le cas des parents du jeune et célèbre footballeur du Barça, Lamine Yamal, qui aujourd’hui est espagnol.

    Et puis, rappelons un point d’histoire qui a marqué ce pays. Ces étrangers qui sont venus de 53 pays pour défendre la République, il y a 90 ans, alors qu’elle était agressée par le fascisme, ces femmes et ces hommes des Brigades Internationales qui ont versé leur sang pour la paix, la justice, la liberté, fidèles à ces valeurs universelles, méritaient la nationalité espagnole. Elle fut accordée sous la pression des associations mémorielles, en 1996 par le gouvernement socialiste de l’époque, à 600 brigadistes survivants dont 80 Français. Une décision qui faisait écho 58 ans plus tard au discours d’adieu aux brigades internationales prononcé par Dolorès Ibarruri « la Pasionaria » le 1er décembre 1938 « … Camarades des Brigades Internationales ! (…) Nous ne vous oublierons pas ; et quand l’olivier de la paix se couvrira de nouveau de feuilles mêlées aux lauriers victorieux de la République espagnole, revenez ! ». Je ne sais pas vous, mais moi c’est cette Espagne humaine et chaleureuse que j’aime, vivement des lauriers victorieux pour une nouvelle République espagnole.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • La mixité du sport en débat à 100 jours du Tour féminin

    La mixité du sport en débat à 100 jours du Tour féminin

    Les pentes escarpées du sommet du Mont Chauve vont accueillir dans une centaine de jours, le vendredi 7 août prochain, l’antépénultième étape du Tour de France féminin. Une célébration pour le Département de Vaucluse qui a pour l’occasion organisé ce mercredi 29 avril une conférence « Femmes et sport » avec notamment la présence de Jeannie Longo, figure emblématique du cyclisme français.

    « Demain, une jeune fille, où qu’elle soit, ne doit pas se demander quelle est sa place dans le sport mais plutôt comment briller », résume ainsi Dominique Santoni, présidente (LR) de la collectivité.

    Une féminisation « extrêmement importante », comme le rappelle Magalie Dumontel, présidente de la Fondation Alice Milliat qui œuvre pour une meilleure visibilité et médiatisation du sport au féminin. « Des milliers de jeunes filles peuvent parfois douter. Cette étape spectaculaire est aussi une vitrine », plaide-t-elle.

    Même combat

    Jeannie Longo, figure emblématique du cyclisme français qui a notamment été championne olympique et triple vainqueur du Tour de France dans les années 80, était également présente dans ces débats. L’occasion d’illustrer les évolutions avec l’invitation également de Maëva Plagniol, jeune cycliste de l’équipe Dévoluy Région Sud. Questionnée par l’animatrice de la soirée sur les freins qu’elle a pu ressentir au cours de sa carrière, Jeannie Longo évoque le regard souvent négatif que portaient les professionnels du peloton masculin. En écho notamment la célèbre scène face à Marc Madiot, autre grande figure du cyclisme français, qui avait lancé à la championne en direct à la télévision en 1987 « qu’une femme sur un vélo, c’est moche », bien qu’il ait depuis fait son mea-culpa. « C’étaient les géants de la route contre les petites naines du macadam », se rappelle-t-elle. Maëva Plagniol, elle, se réjouit qu’il y ait eu beaucoup moins d’obstacles pour pratiquer le sport qu’elle aime, mais regrette que le parcours pour devenir professionnelle est bien plus compliqué que pour ses homologues masculins. « Les grandes équipes masculines ont des équipes jeunes, ce qui n’existe pas chez nous et complique notre parcours », pointe-t-elle.

    Les différentes intervenantes espèrent notamment que ces évolutions se poursuivent avec le retour du Tour de France féminin depuis 2022 et sa médiatisation.

  • La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    Traduire un petit mot n’a jamais été aussi simple, à l’ère de la multitude d’applications existantes, avec plus ou moins de réussite. Mais traduire une œuvre littéraire entière, avec ses tournures de phrases, ses subtilités et ses expressions qui ne se transposent pas mécaniquement d’une langue à l’autre, est une tout autre affaire. Un défi auquel s’attellent des milliers de traducteurs dans l’Hexagone. Et c’est cette pratique ancestrale que souhaite inscrire au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, entre autres, Laurent Lombard, vice-président de l’Université d’Avignon.

    « On s’est rendu compte, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de l’intérêt hallucinant qu’il y a pour la traduction », explique celui qui est aussi enseignant-chercheur et qui a traduit pas moins de 150 œuvres du français vers l’italien et vice et versa. « L’idée est de montrer l’importance de la traduction dans l’histoire de l’humanité. Cela a jalonné l’histoire de nos pays et créé un dialogue dans nos disciplines sans lequel on serait dans un monde bien différent », poursuit-il. L’expression italienne traditore o traduttore, en français « traître ou traducteur », illustre ainsi, pour l’universitaire, l’art qu’est la traduction.

    Les premières actions pour faire avancer le projet ont d’ailleurs déjà commencé. Plusieurs événements et colloques réunissant traducteurs, universitaires et scientifiques ont été organisés, tandis que les initiatives se multiplient. « Il faudra aussi que d’autres structures d’autres pays s’engagent pour renforcer le dossier », souligne Laurent Lombard.

    Ouverture d’esprit

    Une démarche lancée également avec la Cité internationale de la langue française. C’est d’ailleurs un discours du président de la République, prononcé lors de l’inauguration du lieu, qui a fait germer l’idée. « L’Europe est le continent dont la langue, pour paraphraser Umberto Eco [philosophe, sémioticien et écrivain italien, Ndlr], n’est ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand, ne cherchons pas la compétition. La langue de l’Europe est la traduction, disait-il, c’est-à-dire ce point de passage de l’une à l’autre », déclarait-il alors. Estimant que « la traduction du français dans des langues étrangères devient, dans beaucoup d’endroits, une forme de combat politique », Emmanuel Macron appelait notamment à « multiplier ces traductions, mais surtout à les rendre accessibles ».

    « Des gens sont morts et meurent encore aujourd’hui car ils traduisent. Cela symbolise aussi une ouverture d’esprit, ce que certains ne supportent pas », conclut Laurent Lombard avec passion.